Chapitre 15 : Animagus !

Été 1975, la chaleur était telle qu'elle rendait l'atmosphère étouffante. Il n'y avait pas un brin d'air, le ciel était aussi limpide que de l'eau, la plupart des maisons avaient leurs volets de fermés afin d'y garder la fraîcheur. En robe blanche et sandalette, sa sacoche en bandoulière, Fauve marchait à travers les rues. Sa peau d'ordinaire si blanche commençait à prendre une belle teinte halée.

Cela faisait un mois qu'elle était en vacances ou plutôt qu'elle était retournée dans cette maison. Sa mère était toujours hospitalisée, ses fonctions vitales défaillaient peu à peu et il était évident qu'elle ne rentrerait plus jamais. Non, tout était terminée, Fauve le savait et Eileen le lui faisait bien sentir à chaque fois qu'elle revenait de sa visite quotidienne, allant au chevet de leur mère. Quand à cet homme, qu'elle avait considéré un temps comme son père, était d'une humeur exécrable, n'hésitant pas à la calomnier. La dernière fois il avait même faillit lui balancer son assiette à la figure.

Il était certain que si l'ambiance à l'extérieure était devenue étouffante, il en était devenue de même à l'intérieur de cette maison. Elle ne respirait plus, elle se sentait continuellement oppressée, mal à l'aise, ne souhaitant qu'une seule chose ; retourner à Poudlard, sa seule maison à l'heure actuelle. Oh bien sûr, elle se rendait souvent chez Remus, voir y dormait quelques fois, mais elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'il en faisait déjà beaucoup pour elle et ne pouvait pas empiéter sur son espace vitale tous les jours.

Alors aujourd'hui, elle avait décidé de flâner dans le quartier et dans le parc en ayant pris un roman qu'elle comptait lire à l'ombre d'un arbre. Il ne lui fallut que quelques minutes pour trouver son endroit et s'installer dans l'herbe, ouvrant son livre à l'endroit de son marque page. Elle se plongea de nouveau dans sa lecture qui la passionnait, dévorant chaque mot et chaque ligne, oubliant tout du monde qui l'entourait ou presque…

Elle vit alors une main lui arracher son livre, la faisant se retourner aussitôt pour apercevoir avec surprise James, Sirius et Remus derrière elle.

« Toujours aussi rêveuse Miss Grey, dit Black en souriant.

- Rends-moi mon livre Sirius ! S'offusqua Fauve en se relevant pour essayer d'attraper son bien.

- Glen se rapprocha doucement d'elle, tout en lui murmurant ces mots à l'oreille, reprit-il en lisant tant bien que mal avec une tigresse en train d'essayer de lui reprendre son roman. »

C'est alors qu'il referma brusquement le livre tandis qu'il passa un de ses bras autour de la taille de Fauve, la rapprochant de lui, se penchant à son oreille, il lui murmura ces mots :

« Tu sais que tu es mignonne quand tu t'agites dans tous les sens ? »

La concernée piqua un fard monstrueux sous les yeux malicieux de Sirius qui se fit repousser par la jeune fille avant qu'elle ne s'accapare à nouveau de son livre, le serrant contre sa poitrine comme dans une tentative de défense. Sirius croisa alors le regard curieux de Remus et de James, se trouvant tout à coup idiot d'avoir taquiné ainsi son amie, mais ça avait été plus fort que lui.

Il l'avait réellement trouvé adorable à sauter ainsi pour lui reprendre le livre.

Non, c'était même plus que ça.

Il l'avait trouvé attirante quand il l'avait vu assise sous cet arbre dans cette robe qui lui allait à ravir.

Il l'avait trouvé belle à être ainsi concentrée dans sa lecture.

Le silence était désormais palpable, à vrai dire Sirius était perdu par ce qu'il avait ressentit et ce qu'il avait fait, ne sachant plus comment se comporter et quoi faire pour dissiper ce malaise. Heureusement, Remus vint à son secours en s'approchant de Fauve, il lui posa une main sur la tête puis lui murmura :

« Pardonne-le Fauve, tu connais Sirius, c'est un petit chien fou, dit-il en regardant le concerné qui réagit quelque peu.

- Excuse-moi de t'avoir taquiné, promis je ne recommencerais plus ! Attesta -t-il en mettant une main sur sa poitrine. »

Fauve ne put s'empêcher de rire devant le ton formel de Sirius qui ne lui correspondait pas, rassurant ainsi les trois Maraudeurs. Cependant, il semblait qu'ils n'avaient pas réellement compris sa réaction, cela ne l'avait pas vexé en outre mesure que Black la taquine.

Non, elle n'était pas blessée, juste troublée.

Pourtant, ils s'étaient énormément rapprochés, ils avaient dansé ensemble au bal de noël, mais là, elle s'était réellement sentit confuse. Les paroles de Sirius l'avaient gêné et à la fois, cela avait fait bondir son cœur, ne sachant pas comment l'interpréter.

Bien sûr, elle l'admettait Sirius était beau garçon, plus il grandissait et plus son charme s'affirmait. En plus de cela, il avait l'art et la manière d'utiliser les mots et d'être très tactile. Il avait des défauts mais Fauve devait lui reconnaître des qualités qui commençaient à la toucher à force de le connaître.

Néanmoins, Sirius était son ami, rien de plus. Certes, un très bon ami peut-être pas de la même façon que Remus, mais un ami quand même. Alors pourquoi n'arrivait-elle pas à le regarder dans les yeux ? Pourquoi continuait-elle de le fuir ? Allez un peu de courage ! Elle était à Gryffondor !

Au moment où celle-ci vint à croiser ses yeux gris, elle se sentit chamboulée.

Il était sérieux.

Il l'avait réellement trouvé mignonne, ce n'était pas juste de la taquinerie.

Non, décidément quelque chose ne tournait pas rond dans sa tête aujourd'hui. Elle avait dû mal voir ou comprendre son regard fixe sur elle. Il fallait qu'elle pense à autre chose, qu'elle réfléchisse à tout ça plus tard. C'est alors que ses yeux furent attirés par l'insigne que portait Remus à son T-Shirt, ébahit elle lui dit :

« Tu as été nommé Préfet !

- Ah ! Enfin, elle l'a vu ! S'écria victorieux James en sautillant. Faut dire que Sirius t'avais pas mal déconcentré, dit-il à son encontre en lui faisant un clin d'œil qui fit rougir la jeune fille.

- Pas du tout ! S'exclama-t-elle en faisant la moue. Félicitation Remus ! Tu le mérites, je suis contente pour toi, ajouta Grey en l'enlaçant tendrement.

- Merci Fauve, j'avoue que je n'en reviens toujours pas, avoua Lupin en observant son insigne de préfet. Les deux zigotos, ici présent, ne tenaient plus en place et souhaitaient absolument que tu le vois, c'est pour cela qu'on est ici, je savais que tu serais dans le parc, expliqua Remus en souriant.

- Ils n'auraient pas pu mieux choisir, soutint-t-elle avec conviction en prenant ces mains dans les siennes.

- Un loup-garou, murmura-t-il sombrement.

- Et un Maraudeur avant tout ! S'exprima Sirius avec vigueur, en ayant le soutien de James.

- Je ne serais pas le meilleur des exemples, ajouta Lupin en grimaçant quelque peu.

- Tu te trompes, tu es le meilleur des exemples pour l'avenir Remus, certifia Grey en le regardant avec intensité pour lui transmettre ses sentiments. S'ils t'ont nommés Préfet, c'est qu'ils ont confiance en toi parce que tu as réussi à t'intégrer à Poudlard, à te faire des amis et à te faire respecter d'eux malgré ton petit problème de poil. Tu es LA personne qui, un jour, fera peut-être changer l'opinion des sorciers sur les loups garous, tu es le meilleur des exemples Remus, n'en doute jamais, souffla Fauve avec un doux sourire. »

Dire que Remus était touché, aurait été un euphémisme, sa gorge était étrangement serrée, ne pouvant ajouter ou répliquer quoi que ce soit face à la détermination de Fauve, il la serra fort dans ses bras, ému. Il sentit alors les mains de James et Sirius se poser sur son épaule, le regard bienveillant et rassurant. Il était sans aucun doute le loup-garou le plus chanceux au monde d'avoir fait la connaissance de tels sorciers et sorcières, lui permettant de croire en l'avenir. Tout du moins, il osait, il voulait espérer qu'un jour le monde magique change son point de vue sur les lycanthropes. Ils n'étaient pas tous mauvais, comme les moldus et les sorciers.

« Allons fêter cela dignement en allant acheter une bonne glace sur le chemin de traverse ! Déclara James enthousiaste.

- Comment comptez-vous y aller ? S'enquit Fauve. Et Peter n'est pas avec vous ? Remarqua-t-elle au bout d'un moment.

- Peter est encore en vacances avec ces parents pour la France, répondit James. Quant à la façon dont nous allons nous y rendre, se sera en Magicobus bien évidemment ! Ajouta le concerné en regardant autour de lui pour sortir sa baguette. »

Bien sûr, pourquoi n'y avait-elle pas pensée ? Il ne fallut que quelques secondes pour que le bus arrive à leurs pieds suite à l'appel de James. C'est ainsi qu'ils montèrent tous les quatre dans le moyen de transport, en route pour le chemin de traverse et une après-midi de détente.

Encore une fois, ils avaient bouleversé ses plans, arrivant de manière inopinés dans sa vie et son quotidien. Arrivés à destination, Sirius l'aida à descendre en prenant sa main, les autres l'emmenant joyeusement vers la terrasse de Florian. Fauve se surprit à penser qu'il était bon de vivre à leurs côtés et celle-ci ne souhaitait qu'une seule chose que cela dure pour l'éternité…

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Nous étions la veille du 1er Septembre, demain elle rentrerait à Poudlard pour une nouvelle année, en conséquence elle avait prit cette résolution d'aller voir sa mère à l'hôpital.

Elle n'avait prévenu personne de cette décision plus que soudaine, souhaitant garder cela pour elle et ne pas les enquiquiner une fois de plus avec ces problèmes familiaux.

A vrai dire, cela l'avait travaillé durant tout l'été, à savoir si elle devait rendre une visite à sa mère ou pas. Elle avait longuement pesé le pour et le contre pour au final aboutir à ce choix, typiquement idiot. Elle le savait. Elle allait au devant des problèmes. Elle n'allait pas en ressortir indemne.

Sauf qu'elle avait peur d'avoir des regrets.

Si elle venait à mourir sans l'avoir jamais revue, elle allait le regretter et Fauve ne souhaitait pas cela. Elle ne voulait pas se torturer l'esprit avec des si, elle le faisait suffisamment à l'heure actuelle sur le comportement à adopter chez elle avec son beau père et sa demi-sœur.

Qu'en penserait sa grand-mère ? Une grand-mère dont au final elle n'avait aucun lien de sang et pourtant, elle l'avait aimé, chérit comme jamais, alors qu'elle devait savoir, elle devait connaître ce terrible secret de famille. Elle aurait eu toutes les raisons du monde de la détester comme son beau père et sa mère, mais non.

Et puis, quelque part Fauve s'interrogeait, qui était son véritable père ? Était-il encore vivant ? Connaissait-il sa naissance ? Sa mère ne lui avait rien dit, mais elle voulait savoir. C'était plus fort qu'elle, Grey ne pouvait plus rester dans l'ignorance. Elle avait ce besoin de savoir, peut-être pour arriver à tourner cette page ? Seulement arriverait-elle à aller de l'avant ? A ne pas ressasser ? Elle n'en savait rien, peut-être qu'avec le temps cette blessure finirait par ce tarir ? Elle l'espérait fortement, parce que par moment elle avait l'impression de se sentir oppressée, d'étouffer par toutes ses émotions qui la traversaient.

La main sur la poignée de la porte. Elle prit une grande inspiration pour calmer les tremblements qui la parcouraient de par en par. Elle enclencha la poignée puis entra, cherchant le lit de sa mère, caché derrière un paravent.

« C'est toi, Eileen ? Entendit-elle tandis que Fauve déglutit passablement. »

Elle pouvait faire encore demi-tour, oui elle le pouvait mais elle ne le fit pas, avançant irrémédiablement vers sa mère, allongée dans son lit.

« Oh ce n'est que toi, dit-elle en laissant apercevoir la déception sur son visage à Fauve. »

On y était, la phrase martela le cœur de la jeune fille qui tenta de la mettre dans un coin de sa tête pour ne pas se laisser submerger par le chagrin, d'être encore une fois, une gêne.

Fauve observa attentivement sa mère dont le visage s'était amincit voir creusé, ses yeux étaient cernés, sa bouche gercée, sa peau si pâle. Oui, elle était malade à n'en point douter. Elle n'était plus la femme qu'elle avait connue quelques années avant. La maladie était en train de la ravager et de la tuer à petit feu, était-ce une punition pour ce qu'elle avait pu faire ? Était-ce cela qu'on appelait le destin ?

« Tu es venue voir celle qui t'a mise au monde, si tu espères avoir mes regrets ou mon pardon parce que je suis mourante, tu te trompes, asséna-t-elle durement en regardant froidement Fauve qui encaissa.

- Je sais, répondit-elle en serrant sa sacoche de ses doigts. Je ne suis pas venue pour cela mais uniquement pour ne pas avoir mes propres regrets quand j'apprendrais votre décès, claqua sèchement sa fille.

- Je vois que tu n'as pas changé, tu es toujours aussi garce, Eileen ne m'avait pas menti, j'aurais cru que la vérité t'aurais un peu plus assagit, révéla sa mère en toussant.

- Assagit ? Changé ? Ricana Fauve en regrettant amèrement d'être venue. En quoi ? Rien n'a changé, je suis toujours le vilain petit canard, Eileen la princesse et vous mes bourreaux ! Lança-t-elle sans détour. Vous l'avez stipulé vous-même ! Vous n'avez aucuns regrets et vous continuez de me faire porter le fardeau de vos fautes !

- Si tu avais été de John, je ne serais pas sur ce lit d'hôpital, je n'aurais pas eu cette éclampsie, dit-elle avec rancœur.

- Oui en effet, pour cela aurait-il fallu que vous ne le trompiez pas avec un autre homme, mon père, déclara avec vigueur Fauve.

- Ton père n'était qu'un homme à femme, dit la sorcière en foudroyant du regard sa fille. Il s'amusait d'elles, nous n'étions que passage, ce n'était même pas un sorcier, juste un vulgaire Moldu !

- Avec lequel vous avez couché en toute connaissance de cause, répliqua Fauve. Vous étiez deux pour le faire, ne l'accusez pas inutilement pour vous défendre, déclara la jeune fille.

- Ne te fait pas d'illusion, il ne sait pas pour ta naissance et encore moins que j'étais une sorcière, je l'ai quitté après que John ait commencé à prendre conscience de son rôle de père de famille, avoua sa mère en essayant de se relever pour prendre un verre d'eau. Tu n'aurais pas dû venir, ajouta–t-elle à son encontre.

- Sans doute, mais je voulais savoir, s'il y avait un espoir que…

- Tu ne pense pas que je te donnerais son nom, la coupa-t-elle brusquement. Tu ne le sauras jamais, ta naissance est déjà de trop dans notre vie pour qu'en plus tu viennes à déterrer les fantômes du passés à notre détriment !

- Il fallait y penser avant, c'est trop facile, targua Fauve en sentant la colère parcourir son corps.

- Petite ingrate, je t'ai mise au monde malgré les complications qui ont suivies ! Soit un peu plus respectueuse !

- Je le suis autant que vous l'êtes avec moi ! Etre ma mère ne vous donne pas le droit d'agir de la sorte avec moi ! S'exclama Fauve qui se leva brutalement de la chaise sur laquelle elle était assis. J'ai un cœur et des sentiments quand cesserez-vous de me punir pour vos erreurs ? Je n'ai rien fait pour mériter cela ! Ajouta-t-elle avec ferveur en retenant ces larmes.

- Ce jour là, après avoir fait mon éclampsie suite à la grossesse, ils t'ont sortit en urgence de mon ventre parce que tu étais en insuffisance respiratoire et j'ai prié, prié pour que tu sois de John, que tu lui ressembles, murmura sa mère en la fixant avec intensité. Seulement quand ils t'ont montré à moi, imagine ma douleur de voir les cheveux auburn de cet homme, imagine mon ressentit, mon désespoir, l'accablement de John, de voir la trahison dans son regard à chaque fois qu'il posait tes yeux sur toi ? Cela fait quinze années que je souffre, quinze années que je me dis si seulement ce jour-là tu n'avais pas pu survivre ? Tout aurait été différent… »

Fauve crut avoir le souffle coupé, sentant son esprit se vider, sa vision se troubler. Non, finalement elle n'aurait jamais dû venir. A quoi s'était-elle encore attendue ? Sa mère la haïssait au point qu'elle aurait préféré la voir morte plutôt que vivante. Elle n'était qu'une entrave. C'était une discussion de sourd, chacun restant campé sur ces positions.

Rassemblant le peu de courage qu'il lui restait, elle rétorqua

« Rien n'aurait été différent, il aurait quand même su pour votre adultère, mais vous savez quoi ? Je vais exaucer votre vœu mère, vous ne me verrez plus jamais dans aucune de vos vies, plus jamais. Je quitte le domicile familiale, c'est finit et sachez une dernière chose je vous ai aimé comme vous me haïssez, adieu … »

Sortant de la pièce puis de l'hôpital, elle se laissa tomber sur les marches menant à l'établissement de Saint Mangouste. La pluie tombait comme jamais, trempée de la tête aux pieds, elle pleura encore et encore, anéantie par cette rencontre. A quoi s'était-elle attendue ? Bon sang, pourquoi était-elle si stupide ? Pourquoi ? Pourquoi continuait-elle d'aimer cette femme ? Pourquoi avait-elle pensé recevoir un seul instant un peu d'amour de sa part ?

Peut-être parce qu'elle était sa mère, et qu'une mère était irremplaçable dans le cœur d'un enfant, tout simplement…

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Octobre 1975.

Assisse à la table des Gryffondor, en train de prendre son petit-déjeuner tout en regardant les actualités dans la gazette du sorcier, Fauve s'horrifia devant l'ampleur que prenaient les attaques des Mangemorts. Cette fois-ci, se fût la mort des frères Prewett que le journal annonça. Il n'y avait pas une journée sans mort. Pas une seule. Jusqu'à où cela irait-il ? Quand allait-on mettre un terme à la folie de ce monstre que l'on ne nommait plus par peur d'avoir des représailles ? Le monde des sorciers était en train de plonger doucement mais sûrement vers des heures sombres.

Quel avenir allaient-ils avoir ? Parfois Fauve se le demandait, parfois, elle avait peur de l'après Poudlard. Il était si sécurisant d'être dans ce château, loin de la réalité et de la cruauté de la vie. Grey sentit alors une personne s'installer à côté d'elle, qui n'était autre que Sirius, regardant par-dessus son épaule ce qu'elle était en train de lire. Il ne changerait jamais celui-là, ne pouvant s'empêcher de la taquiner, elle lui souffla à l'oreille ;

« Tu sais que la curiosité est un vilain défaut.

- Tu sais que ruminer dès le matin c'est mauvais pour la santé, dit-il avec un sourire en ignorant sa remarque.

- Je ne rumine pas, réfuta –t-elle en fermant le journal. Je m'informe, là est toute la nuance, ajouta Fauve en buvant son chocolat chaud.

- C'est du pareil au même, rétorqua Sirius en se servant de tout sur la table. Hormis apprendre que quelqu'un est décédé, il n'y a rien de plus à savoir, c'est juste déprimant, conclu –t-il en croquant dans sa tartine de confiture. »

Il n'avait peut-être pas tords, d'autant plus qu'à chaque fois cela lui rappelait la mort de sa grand-mère Elvira, bientôt deux ans. Oui, décidément Sirius avait raison, il n'y avait rien de bon à regarder ce journal chaque matin. Fauve sentit alors une main se poser sur le haut de sa tête comme pour la rassurer, elle regarda Sirius qui lui déclara ;

« Ne t'inquiète pas, d'ici que nous sortions, la guerre sera finit et même si ce n'était pas le cas, nous serons là, tous ensemble, assure-t-il en enlevant sa main pour voler un petit pain dans l'assiette de Fauve.

- Eh ! S'insurgea-t-elle en le voyant prendre son petit déjeuné. C'était mon pain !

- Il n'y en avait plus sur la table, se justifia Sirius en croquant dedans à pleine dent.

- Cessez de vous chamailler, dit Remus en arrivant avec Peter et James à la table.

- On ne se chamaille pas ! Dirent-ils en chœur en se regardant. »

Lupin roula des yeux amusé par leur comportement, plus les jours passaient et plus ces deux-là développaient une affinité hors du commun. Il n'était pas certain que Fauve et Sirius réalisent pleinement l'osmose qui s'installait entre eux, les moments de complicités se faisaient toujours plus nombreux et plus insolites. Si on le lui avait dit deux ans plus tôt que ces deux-là s'entendraient à merveille, il n'y aurait jamais cru et pourtant c'était le cas.

Cette nouvelle amitié était bénéfique pour tout le monde et surtout pour Fauve qui semblait reprendre progressivement goût à la vie et confiance en elle. Il la voyait assisse à chaque repas, mangeant, riant, discutant et cela lui allait terriblement bien. Bien entendu, il avait remarqué les cernes sous ces yeux, démontrant qu'elle dormait mal, sans doute à cause de sa famille.

Il était vrai que Fauve dormait mal, ressassant la discussion avec sa mère et les vacances d'été mais il n'y avait pas que ça. Depuis son retour à Poudlard et surtout depuis le bal de noël, certaines filles se plaisaient à lui faire des remarques acides quand elle se retrouvait seule, sans les Maraudeurs. Elle le savait, c'était le revers de la médaille, les garçons étaient populaires auprès des élèves tandis que la moitié des filles bavaient sur James et Sirius. Lupin et Pettigrow étant plus discrets et en retraits. Cependant, si cela l'agaçait, ce n'était pas le point le plus épineux, il était hors de question qu'elle courbe l'échine devant des petites pimbêches vident de cervelles.

Non, ce qui l'inquiétait de plus en plus, c'était ces crises d'angoisses qu'elle avait développé en secret. Elles se faisaient de plus en plus accrues et parfois, ne sachant comment en sortir, elle se griffait les avants bras pour tenter d'émerger de toute cette angoisse qui la submergeait. Elle ne souhaitait pas inquiéter Remus et encore moins Sirius, alors elle se taisait, espérant trouver une solution à ces angoisses nocturnes. C'était une mauvaise passe, il suffisait juste de la surmonter, comme les autres.

C'est ce qu'elle essayait de se convaincre pour ne pas perdre la face, et puis être avec eux, lui apportait déjà beaucoup. Tout en étant dans ces pensées, mangeant tranquillement sa dernière tartine, elle sursauta légèrement en entendant son prénom dans la bouche d'un garçon qu'elle ne connaissait ni d'Adam, ni d'Eve. La concernée se retourna tandis que les Maraudeurs le regardèrent d'un œil avisé, surtout Sirius qui commençait à froncer des sourcils.

« Euh, je voulais te parler, dit-il en passant une main fébrile dans ses cheveux blonds. »

Sirius n'aimait pas les blonds, encore moins les blonds aux yeux bleus et dans la maison de Serdaigle. Bref, à peine fût-il arrivé et qu'il eut prononcé le nom de son amie, qu'il ne l'aimait déjà pas. Que voulait-il à Fauve ? En observant la Gryffondor, il s'aperçut qu'elle semblait se poser la même question.

« Oui, je t'écoute, répondit Fauve en fronçant des sourcils.

- En privé, si possible, demanda à nouveau le jeune homme paraissant embarrassé de se faire ainsi observer.

- En privé, répéta-t-elle d'un ton méfiant. Pardonne-moi, mais j'accorde uniquement des audiences privés à mes amis, en l'occurrence, nous ne connaissons pas, déclara-t-elle un peu froidement surprenant le Serdaigle tandis que Sirius dut se retenir de rire face à son air décontenancé.

- C'est à dire que, commença t-il agaçant de plus en plus Grey qui s'impatientait et ne voyait aucunement où voulait en venir ce garçon. Je suis en sixième année de la maison Serdaigle, Andréas Smith et je me demandais si tu accepterais de sortir avec moi ? »

Alors autant dire que les paroles d'Andréas assommèrent tous ceux présents à la table. Sirius crut s'étrangler avec son verre de jus de citrouille tandis que Peter avait la bouche grande ouverte, James tentait de réanimer son meilleur ami en train de s'étouffer et Remus, eh bien Remus semblait le seul des quatre à ne pas être surprit par cette demande audacieuse.

Quant à Fauve, elle ne disait rien, ne laissant rien paraître et Sirius crut un court instant qu'elle allait accepter et sans savoir pourquoi, à cette simple pensée, son cœur se tordit violemment. A cet instant, il avait une envie folle de lui dire de ne pas y répondre, qu'ils étaient là, que lui, était là pour elle. Black déglutit passablement, allait-elle répondre maintenant ? Ou bien réfléchir ?

Ce matin d'octobre 1975, il eut l'impression de vivre les plus longues minutes de sa vie.

Son cœur manqua un battement quand il vit Fauve passer une main dans ses cheveux auburn et poser son regard noisette sur Andréas avec une détermination sans faille.

« Je te remercie mais ma réponse est non, je ne te connais pas, cela en est de même pour toi, tu te bases uniquement sur le physique et moi, ce n'est pas le genre de relation que je recherche, répondit-elle tandis que Sirius se sentit à nouveau respirer.

- Mais on peut apprendre à se connaître et…

- Mes amis ici présents me connaissent, et cela me suffit, trancha-t-elle d'un ton un peu sec en soutenant son regard. »

A ce moment précis Sirius se sentit revivre et surtout fier d'être compté parmi ses amis. Heureux qu'elle ait refusé. Black la trouvait vraiment impressionnante, par moment elle avait ce petit quelque chose en elle, comme-ci rien ne pouvait l'atteindre et pourtant, il savait que ce n'était pas le cas. Peu de filles auraient refusés ce genre de proposition parce qu'il avait le physique et qu'il était plus âgé.

Pourtant, elle l'avait fait.

Il avait envie de la prendre dans ses bras et de la remercier de ne pas l'abandonner. Il ne voulait pas la perdre, maintenant qu'elle était là, sa présence lui était indispensable comme celle de ses amis. Il était hors de question que quelqu'un vienne lui voler Fauve.

Arborant un grand sourire, il croisa les yeux de Remus qui lui lança un drôle de regard qui fit tiquer Sirius. Pourquoi l'observait-il de cette manière ? Comme s'il souhaitait lui dire quelque chose ?

« D'accord, je comprends, murmura sombrement le jeune homme, n'appréciant pas de se faire repousser. Eh bien, bonne journée à toi et désolé de t'avoir dérangé, dit-il d'un ton sarcastique. »

Fauve ne prit même pas le temps de lui répondre, se retournant vers la table pour finir sa tartine. Peut-être était-elle idiote d'avoir refusée ? Peut-être était-elle trop méfiante à l'égard des gens ? Mais sincèrement, ce garçon devait être tombé sur la tête pour lui avoir fait ce genre de demande qu'elle n'aurait jamais cru entendre un jour. Il la trouvait jolie ? Peut-être se moquait-il d'elle ? Peut-être était-ce un pari ? Après tout, il était plus âgé, que pouvait-il bien rechercher à vouloir sortir avec elle ? Il était à Serdaigle, peut-être était-ce une manigance de sa sœur ?

« Il était sincère, entendit-il en face d'elle, lui faisant relever la tête pour y rencontrer les yeux ambrés de Remus. Tu as eu peur de lui, qu'il se moque de toi, mais il ne l'était pas, assura Lupin en s'attirant le regard assassin de Sirius qui ne voulait pas voir Fauve revenir sur sa décision.

- Il ne me connaît pas, dit-elle tout simplement. Pourquoi voudrait-on sortir avec moi sans me connaître ? Ajouta Fauve en étant des plus sérieuses, sidérant les garçons.

- Peut-être parce que tu es jolie ? Soumit James en remontant ses lunettes. Tu sais, le bal est sans doute la cause de ce genre de demande, on t'a vu et certains garçons ont dû te trouver à leur goût, comme moi avec Lily.

- Ce n'est pas pareil, siffla-t-elle en s'arrêtant de manger, la mine sombre. Lily était juste magnifique et tu la côtoies, que là, on ne s'est jamais adressé la parole et je ne suis pas jolie, affirma Fauve d'un regard qui glaça le sang à Sirius.»

Ce n'était pas bon de la voir ainsi, il la sentait basculer. C'était absolument terrifiant comme elle pouvait lui ressembler dans sa façon d'agir. Il la comprenait parfaitement. Elle était en train de se mettre en auto-défense, et mécaniquement, elle allait devenir acide dans ces propos puis se dénigrer. Ses yeux, auparavant brillants et rieurs, se voilaient progressivement, devenant sombre. Ils la virent alors se lever et repousser son assiette tout en prenant sa besace.

« Je n'ai plus faim, je vais en cours, dit-elle d'un ton équivoque en surprenant les Maraudeurs. »

Sirius sentit alors un coup de pied donné par Remus qui d'un mouvement de tête lui ordonna d'aller la rejoindre tout en lui disant ;

« Apprends à la rattraper ou bien elle finira par t'échapper, sous entendit Remus en s'attirant l'incompréhension de son ami qui ne voyait pas où voulait en venir le loup-garou. »

N'attendant pas plus longtemps, il se leva à son tour de la table avec son sac de cours, pour tenter de rattraper la jeune fille avant qu'elle ne rentre dans en salle.

Pendant ce temps là, Remus soupira, tout en passant une main dans ses cheveux, s'attirant l'attention de Peter et James. Quant est-ce que ces deux là allaient comprendre que quelque chose de plus profond qu'une simple amitié était en train de se mettre en place ? Cela se voyait comme le nez au milieu de la figure, seulement Remus craignait qu'ils ne se ressemblent de trop pour s'en apercevoir.

Lupin l'avait parfaitement comprit ce jour d'été où ils avaient rejoint Fauve dans le parc. Il était évident que Sirius éprouvait plus que de simples sentiments d'amitié envers Grey. Remus ne s'était jamais conduit ainsi avec son amie. Jamais. Bien sûr, ils avaient des moments de complicités, mais cela restait purement fraternel, bon enfant, alors qu'entre Sirius et Fauve, il y avait une sorte d'alchimie.

Malheureusement, Sirius allait devoir s'accrocher pour que Fauve en prenne conscience et l'accepte, d'où son petit message ambiguë.

« Qu'as-tu voulu dire à Sirius ? S'enquit Peter n'ayant absolument pas comprit les propos de Lupin ainsi que les différentes réactions de Sirius et Fauve.

- C'est pourtant évident Peter, cela s'est vu et confirmé à cet instant, Sirius est amoureux, révéla James avec un petit sourire malicieux. Qui l'aurait cru, je sens que ça va être compliqué entre ces deux là, conclu le jeune Potter en regardant Sirius sortir de la grande salle.

- A qui le-dis-tu, soupira Remus. »

Durant ce temps, Sirius courrait pour la rattraper, elle marchait relativement vite, ayant prit une avance considérable sur lui. Cependant Black n'était pas du genre à baisser les bras et fonça comme jamais, attrapant son poignée pour la faire s'arrêter. Seulement, il sût que la partie n'était pas gagnée quand elle s'arracha de son contact, ne se retournant aucunement vers lui, murmurant

« Fiche-moi la paix Sirius ! »

Le concerné fut surprit qu'elle l'ait reconnu sans même avoir prit le temps de le regarder. Avait-elle le don de troisième œil ? Seulement, encore une fois c'était mal le connaître, Sirius n'abandonnait jamais, surtout pour ces amis et encore moins pour elle. Il la vit alors reprendre sa marche et celui-ci accouru à nouveau, la rattrapant une seconde fois, par sa main cette fois-ci.

« Ecoute, débuta-t-il maladroitement.

- Je n'en ai pas envie, les cours vont commencer, se défila-t-elle en retirant sa main de celle de Sirius. »

Non d'un chien, ce qu'elle pouvait être têtue, mais il la savait surtout morose, il l'avait entendu dans sa voix. Prenant le taureau par les cornes, pour la troisième fois consécutive, il la rattrapa et l'enlaça par derrière, la retenant contre lui, posant son menton dans le creux de son épaule. Cette fois là, elle n'avait aucun moyen de se sauver.

Seulement c'était sous estimer Fauve qui se retourna brusquement face à lui, levant la main, prête à l'abattre sur la joue de Sirius. Black fut plus rapide qu'elle en retenant son bras, la poussant contre le mur du couloir se situant derrière eux. , elle était bloquée et à sa merci.

Elle était en colère, il le voyait dans ses yeux où découlait une tempête de sentiments à l'intérieur d'elle. Il comprenait son emportement et ne lui en tenait pas rigueur, elle cherchait à avoir la paix mais il insistait, il la poussait dans ces derniers retranchements, uniquement pour son bien.

« Tu vois, j'ai encore gagné, dit Sirius en la fixant intensément. Tu sais que ce n'est la bonne direction pour le cours de Métamorphose ?

- Je faisais un détour, répondit-elle en se mordant les lèvres.

- Ce n'est pas beau de mentir, de me mentir, ajouta le concerné en la maintenant plus fermement. Tu sais que c'est plus amusant de sécher les cours à deux ? Proposa t-il en surprenant Fauve qui s'était attendue à ce que son ami lui soutire ces états d'âmes.

- Je n'ai jamais séché les cours, dévoila-t-elle.

- Il y a une première fois à tout, rétorqua Sirius en desserrant légèrement la pression autour de ses poignets.

- On va se faire punir, répondit Fauve en ne le lâchant pas des yeux.

- Sans doute, mais on sera ensemble, confia Black avec un grand sourire. »

La proposition était forte alléchante, elle n'avait pas la tête à faire les cours ayant trop de choses dans la tête. A vrai dire, de multiples sentiments la submergeaient.

La surprise et l'incompréhension de cette demande par ce Serdaigle qu'elle trouvait farfelue.

L'agacement et la colère parce que Remus avait touché là ou ça faisait mal.

Parce que James avait soutenu son meilleur ami dans ces propos.

Parce que Sirius l'avait poursuivit et qu'elle ne souhaitait pas lui montrer ce visage, qu'elle savait torturée.

Non pas à lui, parce qu'il faisait énormément pour qu'elle refasse surface.

L'amertume et la tristesse d'être ainsi, de ne pas arriver à changer malgré tout.

L'angoisse, cette angoisse perpétuel de le décevoir, de le perdre, de tous les perdre.

Que deviendrait-elle ? Rien. Une coquille vide.

Maintenant, elle avait besoin d'eux et ça lui faisait peur, c'était juste effrayant.

Elle vit alors Sirius se détacher d'elle, lui proposant sa main, qu'elle regarda une fraction de seconde avant de la prendre, sentant ces peurs et ces angoisses s'envoler.

Il était là, encore, et c'était le plus important, le reste attendrait.

A ces côtés, la journée s'annonçait douce, espérant que l'avenir en serait de même…

•o•o•o•o•o•o•o•o•o•o•o•o•

Deux semaines étaient passées depuis que Sirius et Fauve avaient séché les cours ensemble, s'attirant les foudres de Mac Gonagall qui les avait punit durant trois soirées à nettoyer la salle des trophées. Sirius avait eu raison, qu'importe la punition, ils étaient encore ensemble. Elle ne regrettait pas d'avoir accepté sa proposition, passant la journée à lui faire visiter le château comme elle ne l'avait jamais vu, en découvrant des lieux insolites et des vues exceptionnelles. Il avait réussi à la tirer de sa morosité et à la faire rire.

Elle s'était rendu compte à quel point Sirius lui était devenu précieux ainsi qu'un fidèle ami sur lequel elle pouvait faire confiance et compter sur lui, peu importe les circonstances.

Elle n'était plus seule, il ne lui avait pas mentit pendant le bal.

Cela avait quelque chose de réconfortant et de rassurant à la fois. Elle allait juste devoir apprendre à se reposer beaucoup plus sur eux, cela viendrait sans doute avec le temps.

Fauve fut alors sortit de ces songes et releva la tête en entendant son ami Remus soupirer pour poser sa plume en signe de défaite.

« J'abandonne pour ce soir, dit-il en fermant les yeux, tout en se maintenant l'arrête de son nez.

- Va te reposer à l'infirmerie, conseilla Grey en rangeant ses affaires.

- Non pas toute suite, je voudrais au moins repasser au dortoir pour me changer, répondit Remus en prenant sa besace pour à son tour y ranger parchemins, livres, plumes et encre. »

Sortant de la bibliothèque, ils partirent en direction de leur tour. Fauve ne cessait de jeter des coups d'œil à son meilleur ami qui paraissait mal en point et pourtant ce n'était que la veille de la pleine lune. Qu'est-ce que cela serait demain ? Arrivés dans la salle commune, avant qu'il ne monte l'escalier menant au dortoir des garçons, elle l'attrapa par la main, le faisant se retourner tandis qu'elle l'enlaça tendrement, caressant ses cheveux. Remus ferma les yeux pour mieux apprécier le contact, ce genre de moment devenait de plus en plus rares entre eux. Était-ce parce qu'ils grandissaient ? Ou bien parce que Sirius s'immisçait peu à peu dans la vie de Fauve au point de se l'accaparer ?

Lupin ne savait pas trop mais il sentait bien que sa meilleure amie se rapprochait énormément de Sirius, au point de faire des escapades durant les cours, choses dont il ne l'aurait jamais cru capable de faire. Elle pouvait parfois le surprendre par son côté téméraire. Cependant, il ne pouvait s'empêcher d'être heureux pour elle, pour eux deux. Remus n'était pas jaloux, comprenant parfaitement que la relation entre Black et Grey était différente de la leur. Combien de temps mettront-ils à s'en rendre compte ?

D'un point de vue extérieure, cela avait un côté amusant de les voir ensemble, se taquiner, se comprendre, se protéger, mais Remus avait aussi peur. Il appréhendait que cela ne doive durer trop longtemps et qu'ils finissent par passer à côté de quelque chose. Alors il attendait patiemment mais il se l'était promis, si d'ici la fin de l'année, rien ne s'était produit entre eux, il parlerait à Sirius, pour leur bien à tous.

« Tu veux que je te rapporte quelque chose du dîner ? Cela te permettrait de te reposer dans ta chambre, proposa Fauve en le câlinant.

- Ça ira, ne t'inquiète pas, garantit Remus en se détachant d'elle à contre cœur. Pars devant, je te rejoins, dit-il. »

Pour seule réponse, elle hocha de la tête, faisant demi-tour pour aller prendre le dîner dans la grande salle tandis que Remus prit le chemin menant au dortoir, ne se doutant absolument pas y trouver ses trois amis qui l'attendaient patiemment. Autant dire que Lupin fût surprit et surtout soucieux de les voir dans le dortoir, silencieux et la mine sérieuse. Que se passait-il ?

Il vit alors James se lever de son lit et s'avancer vers lui, tout en posant deux mains sur ses épaules. Un sourire s'étendit jusqu'à ses yeux malicieux, avant qu'il ne lui déclare

« Tu ne seras pas seul demain soir, nous avons trouvé une solution pour ton problème mensuel, avoua le jeune Potter en regardant Sirius et Peter qui le rejoignirent.

- Une solution ? S'enquit Remus d'un ton inquiet, craignant le pire.

- Tu ne devineras jamais ! S'écria Sirius impatiemment.

- C'est quelque chose d'illégal ? Demanda Lupin en sentant une sueur froide couler le long de sa colonne vertébrale. Est-ce que cela à un rapport avec vos escapades et vos petits secrets ?

- En quelque sorte, Moony, répondit énigmatiquement Peter.

- Moony ? C'est quoi ? Répéta incrédule le concerné de plus en plus paumé.

- Ton surnom, répondit Sirius qui sautillait sur place. Moi c'est Padfoot, en rapport avec mes pattes.

- Tes pattes ? Émit Remus en haussant un sourcil interrogateur.

- Oui, répondit James, tu vas comprendre, ne t'inquiète pas, ce n'est pas dangereux, nous maîtrisons de mieux en mieux nos formes et il est temps pour nous de t'accompagner ! Déclara solennellement le Gryffondor.

- Justement, tout ce que vous me dîtes me rend nerveux, confia Remus en déglutissant passablement. Vous savez bien que vous ne pouvez pas m'accompagner pendant une pleine lune au risque d'être mordu et je ne veux surtout pas de ça ! S'emporta-t-il.

- Allez ! Allez ! On lui dit Prong, je ne tiens plus moi ! S'exclama Sirius envers James.

- D'accord, d'accord ! Céda le brun à lunette en regardant Peter et Black. On le fait maintenant, ensemble !

- Qu'est-ce que… »

Remus n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'il vit le corps des trois garçons se transformer sous ces yeux en trois animaux distincts

James un cerf magnifique avec ces hauts bois.

Peter un rat qui couina quand Sirius lui marcha sur la queue.

Sirius, si fidèle à lui-même, un gros chien noir, comme l'étoile de sa constellation.

Merlin, Morgane ! Par tous les saints, ils étaient devenus des Animagus ! Ils étaient fous ! Qu'avaient-ils fait ? Remus s'avança doucement et fébrilement vers les trois animaux, s'agenouillant à leur hauteur, les observant avec attention. Les mots n'arrivaient pas à sortir de sa bouche. Il était juste subjugué, abasourdit par ce qu'ils venaient de faire. Ils n'avaient que quinze ans et étaient devenu des Animagus pour lui ? Il sentit ses yeux lui piquer et une larme couler tandis que Sirius la lécha de sa grosse langue pâteuse, déclenchant un rire nerveux chez Remus.

Ils étaient fous ! Ils risquaient énormément pour lui !

Mais que pouvait-il leur dire d'autre ?

Rien.

Rien parce qu'ils l'avaient fait pour lui, pour le soutenir, par amitié et par amour.

C'était sans doute le plus beau cadeau jamais reçu après leur amitié. Que feraient-ils sans eux ? Pas grand-chose. Ils étaient plus que des amis pour lui. Ils étaient comme des frères. Ils étaient incroyables.

Cette soirée là, Remus ne put les réprimander face à leur dévotion. Il ne le pouvait pas et ne le souhaitait pas, parce qu'au fond, il était heureux. Heureux de ce cadeau. Ils avaient dû travailler dur, des soirs, des semaines et des mois juste pour lui. Il ne serait plus seul, plus jamais. Un poids était en train de s'enlever de ces épaules, sa malédiction semblant tout à coup moins lourde à porter. Bien entendu qu'il avait encore peur pour eux, mais il savait d'or et déjà qu'ils arriveraient à dissiper ses doutes et qu'ils ne pourraient pas résister face à leurs propos et détermination.

Parce qu'il leur devait tout. Ils étaient juste exceptionnels.

Il les enlaça tous, pleurant à chaude larme dans le pelage noir ébène de Sirius qui mit ses grosses pattes sur les genoux de son ami. Il ne savait pas s'il méritait leur amitié, mais ce dont il était sûr, c'est qu'il ne les trahirait jamais ! Il ne les décevrait jamais et les protégerait au dépend de sa vie parce qu'ils étaient les Maraudeurs.

Unis dans la vie et dans la mort.


Voilà pour ce nouveau chapitre et cette nouvelle année, qui s'annonce encore sur quatre chapitre au final, au lieu de trois.

J'espère que les deux parties entre Sirius et Fauve vous auront plus ? Comme vous l'avez remarqué c'est notre Sirius national qui prend conscience de ces sentiments en premier. Cela me paraissait évident, Fauve est trop dans sa bulle pour se rendre de certaines choses, mais vous allez voir, Sirius va l'y aider.

Confrontation entre la mère de Fauve et sa fille, au début cette partie ne devait pas figurer, et en faite, je l'ai quand même écrite, parce que je voulais montrer toute la haine qu'elle pouvait avoir pour son enfant. La maladie de la maman de Fauve, existe bel et bien. Cela donne beaucoup de complications qui peut mener à la mort de la mère dans les cas très sévères si le bébé et le placenta n'est pas retiré à temps. Dans le cas de la mère de Fauve, c'est ce qu'il lui est arrivé et peut mener à des complications pour l'après accouchement/césarienne. Je ne suis pas allée dans les détails des explications sur sa maladie, car personnellement, cela ne justifie aucunement son comportement avec sa fille. Se sont ces erreurs, pas celles de son enfant.

Le dernier passage sur la révélation de leurs formes animales, est le moment touchant pour notre Mumus qui va enfin pouvoir souffler.

En attendant, des commentaires d'encouragements ? Bon ou mauvais ?

Merci à vous tous.

Lia-Sail.