Chapitre 17 : Les Miroirs
Hiver 1975, un mois était passé, c'était le matin des vacances de Noël, tout le monde commençait à prendre ces valises pour rejoindre le Poudlard Express et leur famille respective, ou presque. Au vu de la situation, Fauve avait décidé de rester au château, une nouvelle année, heureusement Remus restait avec elle, sa mère n'ayant pas d'autres choix que de travailler. Quant à James et Peter, ils retournaient avec plaisir chez eux pour y fêter Noël en famille, au contraire de Sirius qui aurait préféré rester au château plutôt que de devoir retourner au square.
Il allait encore devoir répondre aux obligations familiales, si étouffantes, il aurait tant donné pour passer un Noël en compagnie de Fauve et Remus, ou bien dans la famille de James. Néanmoins, il se consolait en se disant que c'était une opportunité pour effectuer ses recherches concernant son idée ; celle de trouver un appartement pour Grey.
Debout sur le quai, à côté de James et Peter, il observait Fauve et Remus en train de dire au revoir. La neige tombait à gros flocon, se déposant dans leurs cheveux. Quand se fût son tour, qu'elle se positionna en face de Sirius, celle-ci hésita longuement sur quoi lui dire, pour au final s'approcher et l'enlacer fortement.
Elle savait qu'il n'avait aucune envie de partir.
Elle savait que Noël ne serait pas une fête pour lui.
Elle savait qu'il reviendrait d'humeur morose avec les cheveux plus longs.
Sirius referma ses bras autour d'elle, s'imprégnant de l'odeur de ses cheveux tandis qu'elle glissa son nez dans son cou, rapprochant ses lèvres de son oreille, lui chuchotant :
« Prend soin de toi.
- C'est moi qui devrais te dire cela, répondit Black à la fois amusé et touché.
- J'aurais Remus, je ne serais pas seule, toi oui, dit-elle inquiète.
- Je suis un grand garçon, je saurais me débrouiller, la rassura-t-il en se décollant d'elle, à regret. Allez, rentre, où tu vas bientôt ressembler à un bonhomme de neige avec tout ces flocons dans tes cheveux, ria-t-il en passant sa main sur sa tête pour le lui enlever. »
Fauve baissa la tête, rougissant mais se laissa faire, c'était une chose qu'elle avait appris à faire ces derniers temps ; se laisser choyer par Sirius et Remus. Elle apprenait à se reposer sur eux, à leur faire confiance, à les écouter, comme pour aller à l'infirmerie au sujet de ces crises d'angoisses et son manque de sommeil. Désormais, elle prenait des potions calmantes et de sommeils, même si cela ne pouvait pas être tout le temps, au risque de devenir dépendant, ça lui avait fait du bien moralement comme physiquement.
Elle lui déposa un baiser sur la joue avant de s'en aller, laissant sa place à Remus qui fit une accolade à son ami, Sirius lui murmura à l'oreille de bien veiller sur Fauve tandis que Lupin hocha de la tête sous le sifflement du train qui prévenait les derniers retardataire de son prochain départ.
C'est ainsi que quelques minutes plus tard, Remus et Fauve se retrouvèrent seuls, sur le quai, regardant le train s'éloigner à toute vitesse. Moony prit la main de sa jeune amie dans la sienne puis lui dit :
« Allez viens, rentrons au chaud, ne te fais pas de soucis, tout ira bien pour Sirius, essaya de rassurer Moony. James l'invitera chez lui au bout de la deuxième semaine, le temps qu'il puisse faire sa bonne action de l'année chez les Black. »
Pour seule réponse, elle hocha de la tête sans pour autant arriver à se retirer ce sentiment d'angoisse. Oui, elle avait peur pour lui, parce qu'elle avait compris que Sirius cachait énormément de secrets sur sa famille qui était, sans aucun doute, pire que la sienne.
Elle avait peur de ce qu'il pouvait se passer dans cette maison.
Elle avait peur de ce que Sirius pouvait leur cacher.
Elle avait peur, parce que le silence de Sirius en disait beaucoup plus que de simples mots.
Fauve avait raison de se faire du souci, car une fois arrivé chez lui, à peine eut il franchit le pas de la porte que Walburga l'attendait de pied ferme dans le hall d'entrée, accordant un signe de tête à Regulus qui s'engouffra dans l'escalier menant à l'étage pour y déposer sa valise. Sirius, quant à lui, était resté à la même place, défiant ouvertement sa mère d'un simple regard et là, la première gifle tomba.
« Une bâtarde ! Siffla-t-elle dangereusement. »
Sirius fronça des sourcils, ne relevant pas l'insulte envers Fauve, trop étonné qu'elle sache pour la situation familial de son amie. Comment le savait-elle ? Comme pour répondre à sa question, Walburga lui révéla par elle-même.
« Eileen Grey a été fiancée par son père au fils Evan Rosier, ils se marieront à leur sortit de Poudlard et toi, dit-elle férocement, la mâchoire serrée, tes fréquentations sont de plus en plus douteuses !
- Pas plus que les vôtres, mère, signifia Sirius en ne baissant pas les yeux quand il vit pour la seconde fois sa main se lever pour s'abattre violemment sur son autre joue.
- Espèce de petit insolent ! Je vais sévèrement te rappeler notre devise, cingla-t-elle avec un sourire sournois. Dans le salon, précisa-t-elle en l'observant avec hargne. MAINTENANT ! Cria-t-elle en ne le voyant pas bouger. »
Sirius lâcha sa valise, se dirigeant droit et fier vers le salon, serrant les poings en prévision de ce qu'il allait recevoir comme punition. Qu'allait-elle faire cette fois-ci ? L'Endoloris ? Le battre ? Le priver de nourriture durant les vacances ? L'enfermer ? Tout à la fois ?
« Assis-toi ! Ordonna-t-elle en arrivant derrière lui, cherchant quelque chose dans son tiroir de bureau. »
Assis en face du bureau, elle finit par sortir une plume et un parchemin vierge qu'elle posa devant lui, sous le regard incompréhensible de Sirius.
« Tu vas me copier 100 fois « Toujours pur », et cela, une fois par jour jusqu'à la fin de tes vacances, dit-elle pas peu fière d'elle, les bras croisés. »
Black observa sa mère, trouvant cette punition très bénigne par rapport à ce qu'il avait déjà pu recevoir. Qu'est-ce que cela pouvait cacher ? Il connaissait bien sa mère, elle n'était pas douée pour donner de l'affection, par contre, elle l'était pour les sévices. Une véritable sadique, sournoise. Il observa à nouveau la plume devant lui, ainsi que le parchemin quand il se rendit compte qu'il n'avait pas d'encre pour écrire.
« Je n'ai pas d'encre, releva-t-il.
- Ecrit ! Exigea-t-elle de sa forte voix. »
S'exécutant, il prit la plume qu'il pensait ensorceler avec de l'encre mais quand il commença à rédiger « Toujours Pur » sur le parchemin blanc, il fut surprit de voir les lettres se teinter de rouge.
Une, deux, trois, quatre fois, au bout de la cinquième fois, il ressentit une vive douleur sur le dessus de sa main droite dont il vit les mots s'inscrire avec horreur « Toujours Pur ». Son regard s'alterna entre le parchemin, la plume et sa main et il comprit, que ce n'était pas de l'encre, mais son sang.
Il écrivait avec son propre sang.
Il se retourna brusquement vers sa mère, cherchant quelque chose dans son regard, mais quoi ? Que croyait-il y trouver ? A part du mépris et de la haine. N'est-ce pas lui-même qui avait dit à Fauve qu'elle avait été idiote d'aller chercher de l'amour vers sa propre mère ?
Au final, ils étaient semblables.
Deux idiots, espérant avoir un jour de l'affection par leurs parents.
Espérant, en vain, que leurs existences signifiaient quelque chose à leurs yeux.
« ECRIT ! Imposa-t-elle. »
Sirius reposa son attention sur le parchemin, reprenant l'écriture de leur devise, jusqu'à ce que les mots se gravent dans sa chair rougeoyante. Les vacances s'annonçaient sanglantes…
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Trois jours plus tard, c'était le matin de Noël, allongé dans son lit, le regard fixé sur le plafond, réfléchissant à tout ce qui s'était produit ces derniers jours et ce que sa mère avait pu lui révéler. Eileen allait se marier à Evan Rosier, actuellement Serpentard et fréquentant toute la clique Avery, Mulciber, Rogue. Est-ce que la demi-sœur de Fauve se rendait compte dans quel guêpier elle tombait ? L'avait-elle accepté en connaissance de cause ? Si oui, cela signifiait que sa famille partageait les idées actuelles de tous ces fanatiques. Devait-il en informer Fauve ? Non, non, c'était une mauvaise idée de lui reparler d'Eileen et de son beau père, elle semblait se remettre doucement de la mort de sa mère alors ce n'était pas pour en ajouter une seconde couche.
Néanmoins, cette nouvelle ne lui plaisait guère, Eileen détestait Fauve et elle allait se marier à un futur Mangemort en herbe. Sa mère était désormais au courant de sa relation avec Fauve, heureusement pour lui, elle ne savait pas encore les sentiments qu'il avait à son égard et pour sa sécurité, leur sécurité, elle ne le saurait jamais. Il ferait tout pour protéger Fauve de sa famille.
Il fût alors sortit de ses songes, par un hibou qui frappa contre la fenêtre de chambre de Sirius, suivit de trois autres hiboux qui transportaient des cadeaux. Il ne lui fallut que quelque secondes pour se lever de son lit et détacher les quatre cadeaux qui lui étaient destinés. Un cadeau par chacun de ces amis Remus, Peter, James et puis Fauve.
Ne sachant pas lequel ouvrir en premier, il prit celui de James, se serait sans doute encore un kit de chez Zonko dont il se ferait un grand plaisir d'essayer sur son adorable famille. Cependant, quand il finit de retirer le papier, il fut surprit d'y voir un miroir avec un petit mot qui l'accompagnait écrit par la main de Prong « Murmure le prénom de la personne que tu souhaites voir ». La personne qu'il souhaitait voir ? A vrai dire, à cet instant, il avait envie de voir et de parler à tous ces amis.
Etre loin de cette maison de fou.
Etre loin de sa mère et de sa plume ensorcelée.
Etre près de Fauve.
Il toucha sa main droite bandée qui le faisait souffrir puis inspira profondément, quelque peu tremblant et souffla « Fauve ». Il attendit, mais rien ne se passa. Il ne put s'empêcher de soupirer, déçu, encore une mauvaise blague de James.
« Sirius ? Entendit-il en sursautant tandis qu'il faillit lâcher le miroir.
- Fauve, répondit-il en apercevant le visage de son amie via le miroir.
- Oui, c'est James qui m'a envoyé ce cadeau, annonça-t-elle, il m'a laissé un mot avec pour instruction de...
- Murmurer le prénom de la personne que l'on souhaitait voir, complétèrent-ils en chœur, dès à présent gênés d'avoir pensé à l'un et à l'autre.
- Comment vas-tu ? Finit par demander Fauve pour rompre le silence.
- Bien, mentit-il en détournant le regard.
- Ce n'est pas beau de mentir Mr Black, révéla Grey en souriant à moitié. C'est quoi ce bandage autour de ta main ? S'enquit la concernée soucieuse.
- Ne t'inquiète pas, je me suis juste éraflé…
- Reviens, le coupa-t-elle en sidérant Sirius.
- Je vais bien, je t'assure, écoute…
- Reviens, dit-elle à nouveau la voix tremblante. Tu mens et je le sais, décréta-t-elle d'un ton plus ou moins ferme. Ils te torturent, c'est ça ? »
Sirius ouvrit la bouche puis la referma, trop stupéfait par les fines déductions de Grey, il ne pouvait rien lui cacher. Comment faisait-elle ? Comment faisait-elle pour les cerner ?
« Je ne peux pas partir d'ici, ma mère ne me laissera pas avant la fin des vacances, avoua Padfoot en jetant un œil vers sa porte de chambre.
- Je croyais que tu devais aller chez James, je croyais que…
- Ce n'est pas aussi simple Fauve, ajouta Sirius en l'arrêtant dans ces paroles.
- Ouvre mon cadeau, décida-t-elle brusquement plus grave que jamais. »
Padfoot jeta alors un regard sur le cadeau qu'avait apporté le hibou de Fauve. Il n'était pas très gros et ni très lourd. Il posa le miroir et le prit entre ces mains, le déballant sous les yeux de la jeune fille qui attendait patiemment. Il y découvrir une bague avec une pierre en onyx. Une pierre noire comme son nom.
« Qu'est-ce que, murmura-t-il agréablement étonné. Fauve, s'insurgea-t-il, tu as dû la payer une fortune et…
- Actionne là, dit-elle, c'est un Portoloin, la pierre, précisa-t-elle.
- Un Portoloin ? Répéta-t-il ébahi. C'est un sortilège compliqué à effectuer et…
- Je l'ai fait, trancha-t-elle avec assurance, il me semble que dans un autre genre, vous n'êtes pas mal non plus, soumit-elle avec un léger sourire. »
Sirius déglutit passablement, qu'est-ce qu'elle sous entendait ? Elle n'avait tout de même pas découvert qu'ils étaient des Animagus ? Impossible ! Quoi que, venant de Fauve, cela ne lui paraissait pas si impossible que ça. Elle en était tout à fait capable. Elle était incroyable ! Quand est-ce qu'elle allait cesser de l'éblouir et de le surprendre ?
« Le Portoloin, où va-t-il m'emmener ? Interrogea Sirius.
-A Pré-au-Lard, rassemble tes affaires et rejoins-nous, on t'attend là-bas avec Remus, confia Fauve avec vigueur. »
S'il fuyait, là maintenant, sous les yeux de sa mère, elle allait devenir une véritable furie. Les prochaines vacances d'été n'en seraient que pire, cependant, celle-ci s'annonçait très douloureuse et il ne se pensait pas capable de supporter encore douze jours et mille deux cent fois à écrire « Toujour Pur », sa main finirait en lambeau. Alors, il hocha de la tête, affirmant sa décision de partir pour les rejoindre. Le reste attendrait.
« Dans une heure, à Pré-Au-Lard, nous nous occupons de prévenir le Professeur McGonagall, souffla une dernière fois Fauve à travers le miroir. »
Autant dire que Sirius se dépêcha de rassembler ses affaires dans sa valise, il n'avait qu'une seule hâte retrouver ces deux camarades et fuir ce lieu maudit. Une fois fait, il enfila la bague de Fauve et toucha la pierre, il se sentit alors happé à travers un tourbillon, lui donnant envie de vomir avant d'atterrir lourdement sur le sol, à moitié par terre. Heureusement la neige atténua sa chute.
Il se releva, regardant autour de lui, pour voir l'entrée du village Pré-au-Lard puis entendit un raclement de gorge qui le fit retourner, apercevant Remus et Fauve emmitoufler dans leurs capes, bonnets et écharpes. C'est alors qu'il vit Grey courir vers lui et lui sauter dans les bras, le faisant à nouveau tomber dans la neige. Il l'enlaça fortement, heureux de la retrouver, heureux d'être là, avec eux, même s'il avait froid.
« Merci, souffla Sirius en humant les cheveux de la jeune adolescente, merci.
- Je suis si contente de te revoir, tu m'as manqué, déclara Fauve en se reculant pour regarder sa main droite qu'elle prit délicatement.
- Ce n'est rien, certifia-t-il embarrassé, ça va Moony ? Demanda l'Animagus en essayant de changer de sujet de conversation. Désolé de bouleverser tes plans romantiques avec notre charmante petite Fauve, blagua Sirius.
- Imbécile, répondit Remus en ne cachant pas son air grave et soucieux. Ne fait pas semblant d'aller bien, quand vas-tu cesser d'agir de la sorte ? »
Padfoot ne sut quoi répondre face à la réprimande de Moony qui s'avança vers lui, tendant une main pour l'aider à se relever.
« Rentrons, une discussion nous attends au chaud, McGonagall va sans doute te questionner sur ton retour prématuré, prévint Remus en aidant Sirius à se relever tandis que Fauve observait toujours la main de son ami avec une inquiétude non dissimulée. »
Le retour vers Poudlard se déroula dans le plus profond des silences, chacun étant dans leurs pensées, chacun se posant des questions. Sirius était content d'être revenu, d'avoir échappé à la folie de sa mère, mais à la fois anxieux.
Il savait qu'il allait devoir répondre aux questions de Remus, puis à celle de Fauve.
Il doutait pouvoir leur mentir. Ils en savaient désormais trop. Ils étaient loin d'être des idiots.
Franchissant les portes du hall d'entrée, ils tombèrent nez à nez avec leur directrice de maison qui jugeait Sirius du regard, l'observant de la tête aux pieds avant qu'elle ne déclare :
« Vos vacances chez votre famille se sont écourtées rapidement, constata la sorcière.
- Un différent, répondit Black avec un léger sourire, c'est commun chez les familles aux sangs-purs, stipula –t-il en haussant des épaules afin de paraître moins affecté qu'il ne l'était.
- Avez-vous besoin de soin ? Demanda-t-elle en le détaillant par-dessus ces lunettes.
- Non, mentit-il en cachant sa main droite dans son dos sous le regard curieux de Remus et Fauve.
- Parfait, eh bien, bon retour à Poudlard, installez vous dans votre dortoir, le repas est dans deux heures, informa-t-elle en s'en allant, non sans jeter un regard suspicieux vers son élève. »
Autant dire qu'une fois qu'ils furent arrivés dans la salle commune de Gryffondor, désertique de tout élève puisqu'ils n'y avaient qu'eux de présent, Fauve et Remus se jetèrent sur lui, tels deux lions sur leur proie.
« Pourquoi as-tu menti à McGonagall ? Se renseigna Lupin en fronçant des sourcils. Tu es blessé à la main, tu dois te rendre à l'infirmerie !
- C'est juste une égratignure, trois fois rien, assura Sirius d'un ton détaché.
- Alors montre-là nous, ordonna Fauve en surprenant Remus et Black.
- Fauve, marmonna Padfoot en la regardant droit dans les yeux, ça va maintenant, ne te tracasse pas pour des futilités.
- Tu n'es pas une futilité, lui rappela-t-elle d'un ton ferme en s'avançant vers lui. Montre-moi ta main, demanda-t-elle à nouveau, sinon, je te lance un Stupéfix et je me chargerais dans tous les cas d'en voir l'état pour la soigner, avertit Grey effrayant quelque peu Sirius qui ne lui connaissait pas cette facette. »
Black regarda Remus dans l'espoir d'avoir son soutien, mais en vain, celui-ci paraissait en accord avec Fauve. Il soupira profondément, ayant le sentiment de s'être fait avoir comme un débutant. Il avait pensé que se serait Remus qui aurait mené les hostilités, au lieu de ça, c'était Fauve qui se trouvait face à lui, le menaçant et au vu de son regard enflammé, elle ne plaisantait pas. Depuis quand avait-elle trouvé cette assurance pour le faire fléchir ? A cet instant, même en étant au pied du mur, il ne pouvait s'empêcher de la trouver belle.
Il était indéniable que plus elle vieillissait et plus elle s'embellissait.
Elle n'était plus la petite fille joufflue, avec ces couettes, non.
Elle était une jeune fille qui était en train de s'épanouir physiquement.
Elle avait un charme indéfinissable en plus d'une personnalité hors du commun.
« Assis-toi, dit-elle en posant sa main sur son torse pour le pousser gentiment dans le fauteuil se trouvant derrière lui. »
Sirius se laissa faire, comprenant qu'il était inutile de mentir ou d'esquivé.
Il avait passé des années à cacher sa situation familiale.
Il avait passé des années à subir sans se plaindre.
Désormais, le temps était venu de mettre carte sur table, même s'il se doutait que Fauve avait deviné ainsi que ses amis. Après tout, James lui en avait bien parlé peu de temps après l'attaque à Pré-au-Lard.
Ils avaient vu les marques sur son corps. Ils avaient vu sa morosité à retourner chez lui.
C'est lui, qui avait ignoré ces états de fait. C'est lui, qui avait toujours repoussé ce moment.
Son regard baissé sur Fauve, agenouillée à sa hauteur, en train de dérouler le bandage autour de sa main droite, il avait peur de sa réaction.
Peur de la perdre.
Peur de les perdre.
Remus s'était déplacé à côté d'eux, observant à son tour, le cœur battant, craignant le pire, tout comme Fauve. Il savait que la famille Black n'était pas connue pour sa douceur. Il savait que les vacances de Sirius ne devaient pas être une partie de plaisir depuis son entrée à Poudlard. Néanmoins, rien ne l'avait préparé à voir ça.
Sa main était ensanglantée par les mots « Toujour Pur », gravés dans la chair.
C'était de la torture datant d'une autre époque.
Horrifié, Remus releva la tête vers Sirius qui semblait pâle comme un linge, ne pouvant détacher ses yeux gris de Fauve qui paraissait tétanisée sur place. Ses mains étaient en suspens au dessus de la sienne, n'osant pas le toucher par crainte de le briser plus qu'il ne l'était déjà.
« Qu'est-ce que…? Chuchota-t-elle en fixant les mots, choquée.
- Notre devise, répondit-il en la coupant, ma mère à un goût particulier pour les sévices, dit-il d'un ton sarcastique pour essayer de détendre l'atmosphère.
- Pourquoi ? Demanda-t-elle à nouveau en avalant difficilement sa salive.
- Parce qu'elle est folle, parce que je suis l'héritier des Black, un traitre à son sang qui doit revoir les principes et les valeurs de notre maison, mon héritage, mentit à moitié Sirius, souhaitant la protéger de la véritable raison. »
Fauve haussa légèrement la tête, rencontrant son regard sombre et voilé, que pouvait-elle lui dire ? Elle ne s'était pas imaginée ce genre de torture. Qu'avait-il subit d'autres durant toutes ces années ? Comment faisait-il pour rire, pour profiter de la vie, pour prendre soin d'elle alors que lui-même, souffrait en silence ?
Comment ?
Grey enveloppa alors la main de Sirius dans les siennes, chaleureusement, tendrement, posant sa tête contre, aucun mot ne fut prononcé, il n'en avait pas besoin, cela aurait été dérisoire par rapport à sa blessure, par rapport à son courage et sa force mentale.
Elle fit alors ce qu'elle savait le mieux faire, elle prit son visage en coupe, posant son front contre le sien, surprenant Sirius qui ne pouvait détacher ses yeux des siens.
« Vous n'êtes qu'un idiot Mr Black, souffla-t-elle, tu croyais sincèrement que tu allais nous perdre si nous voyions tes blessures ?
- Fauve, murmura-t-il difficilement en fermant les yeux pour mieux apprécier sa douce chaleur.
- Elle a raison Sirius, affirma Remus en s'agenouillant à la hauteur de son meilleur ami. Combien de fois as-tu été là pour nous ? Combien de fois avons-nous pu compter sur toi ? Aujourd'hui, c'est à notre tour d'être là pour toi alors regarde nous, ajouta Lupin en posant une main sur son épaule tandis que Sirius ouvrit les yeux pour voir qu'il n'était pas seul. »
Et sans prévenir, sans réussir à contenir toutes les émotions de ces derniers jours, il sentit sa gorge se serrer douloureusement tandis qu'ils pouvaient sentir les larmes arriver. Évacuant tout le stress, la peine et la rage accumulée, pour la première fois depuis ces cinq premières années Sirius Black, réussit à pleurer. Il était revenu à la maison, chez lui, dans la tour des lions, entouré et aimé, c'était sans doute le plus cadeau de noël jamais reçu dans sa courte vie…
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14 Février 1976.
C'était l'effervescence dans Poudlard, autant dire que Dumbledore et les professeurs avaient littéralement craqué en ayant crées des petits angelots volant ici et là, des petits cœurs tombant du plafond de la grande salle tandis que des fontaines à chocolat étaient déposées sur les quatre tables des maisons pour le petit déjeuné.
Oui, Fauve en était persuadée à voir cette scène dans la grande salle ce matin de Saint Valentin, ils avaient tous perdu la tête ! Elle devait sans doute rêvée ou bien était arrivée dans une dimension parallèle ? Les filles donnaient, pour certaines des boites de chocolats au garçon qu'elles aimaient, tandis que d'autres donnaient des gifles en guise de réponse au garçon qui se moquait de ses sentiments.
Autant dire que l'ambiance était aux antipodes entre la joie et les pleurs.
L'avantage, était que cette année, ce jour tombait un samedi, en conséquence une sortie à Pré-Au-Lard avait été organisée. Grey s'épargnerait alors le loisir de tomber sur des couples en pleine embrassade au détour d'un couloir désert.
Assise à la table des Gryffondor en train de prendre son petit déjeuné, tournant sa cuillère dans son bol de chocolat, elle sursauta quelque peu en entendant des éclats de voix provenant de l'entrée menant à la grande salle. Elle tourna alors la tête vers l'endroit et vit sans grand étonnement James en train de courir après une Lily Evans hors d'elle.
« Evans ! L'appela le grand brun à lunette, une boite de chocolat à la main et une rose rouge dans l'autre. Accepte ce modeste présent de ma part pour marquer mon amour éternel en ce jour de Saint Valentin, récita James tandis que Remus, qui était derrière son ami, roulait des yeux sous les rires de Sirius et Peter. »
La concernée s'arrêta alors dans sa marche furibonde et se tourna de manière plus doucereuse vers Potter, surprenant quelque peu le sorcier qui ne put garder sa joie grandissante pour lui, l'exprimant d'un sourire jusqu'aux oreilles. La rouquine prit alors la boite de chocolat et la rose que lui tendait James sous les regards ahuris des Maraudeurs et Fauve avant que celle-ci ne lui claque sèchement
« Merci Potter pour ces chocolats, je me ferais un plaisir de les faire partager à tout le monde quant à ta rose, elle s'accordera magnifiquement bien avec ma poubelle de chambre ! Décréta Evans en le fusillant du regard. La prochaine fois avant de me déclarer ton amour éternel, évite d'accepter les chocolats des autres filles !
- Mais, mais, bafouilla James tout penaud, je les ais uniquement accepté par respect pour leurs sentiments, je n'y peux rien si ma beauté et mon intelligence fait craquer toutes les filles de Poudlard, mais je t'assure que mon cœur n'appartient qu'à toi, ne soit pas jalouse Evans, dit-il en lui lançant un regard langoureux.
- Je ne suis pas JALOUSE ! Fulmina-t-elle en le faisant rapetisser sur place.
- Alors pourquoi t'énerves-tu, reprit James avec un petit sourire malicieux, et…
- Je ne m'énerve pas, siffla-t-elle en écrasant la rose entre ses mains, et si tu continues je vais finir par te la faire bouffer ta fleur Potter !
- Tu sais que tu es sublime quand tu t'emportes ainsi, j'aime te voir… »
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'un bruit de gifle résonna dans la grande salle sous les éclats de rires de Sirius et Peter et le regard compatissant de Remus.
« Et celle-là ? Tu l'as vu Potter ? Déclara furieuse Evans. J'espère que tu l'as bien sentit ! Que je ne te revois plus de la journée dans mon champs de vision ! Décréta-t-elle en se retournant tandis qu'elle balança la fleur et déposa la boite de chocolat sur la grande table pour que tous ceux présents puissent se servir. »
Sirius finit par poser une main sur l'épaule de son meilleur ami pour tenter de le consoler mais en apercevant le sourire idiot sur son visage, il se dit que James était définitivement perdu.
« Est-ce que tu te rends compte qu'elle vient de te gifler ? Nota Black inquiet pour son état mental.
- C'est le début d'une grande histoire d'amour Padfoot, elle est jalouse, elle se voile la face mais elle est en train de tomber amoureuse de moi, souffla James en la regardant s'éloigner.
- Euh, je ne crois pas non, hésita Sirius en fronçant des sourcils. Je crois surtout que tu l'as mise en pétard et qu'il vaut mieux que tu ne l'approches pas à moins d'un mètre pour… »
Il ne put finir sa phrase, voyant son ami repartir à l'attaque sous le regard désespéré de Black qui se frappa le front avec sa main, tout en secouant la tête. Il avait définitivement perdu la santé mentale de son meilleur ami juste à cause de cette rouquine. Quand allait-il comprendre qu'elle ne l'aimait pas ?
« Tu crois qu'on devrait aller l'aider et le conseiller de se calmer, souffla Peter en craignant pour son ami qui allait se reprendre une seconde gifle en à peine quinze minutes.
- Ne t'inquiète pas Wormtail, je crois que pour aujourd'hui on va le laisser se débrouiller, peut-être finira-t-il par comprendre, espéra Sirius en se dirigeant vers la grande table en ayant aperçut Fauve au loin.
- Moi, je pense qu'il est accro, décréta le concerné en observant le couple se chamailler de nouveau.
- J'approuve aussi, dit Remus en soupirant quand il vit James se prendre la deuxième gifle de la matinée.
- Il peut avoir n'importe quelle fille et il a fallu qu'il jette son dévolu sur Evans, gémit Sirius totalement découragé par l'attitude de Prong. Je vais vraiment finir par croire qu'il est tombé sur la tête ou que les Serpentard lui ont glissé un filtre d'amour, confia Black en prenant place sur le banc à côté de Grey. »
Sirius jeta un coup d'œil à son amie qui tourna la tête vers lui avec un léger sourire aux lèvres. Depuis plusieurs semaines, elle semblait aller mieux, ses yeux étaient moins cernés, le teint plus rayonnant, il ne faisait aucun doute que cela était grâce aux potions données par Mme Pomfresh.
Il avait aussi pris cette habitude de la rejoindre régulièrement le soir, au coin du feu dans la salle commune. Dans ces moments-là, dans les bras de l'un et de l'autre, ils se parlaient peu, ne se posaient aucune question sur la raison de leur présence tardive dans la salle commune, appréciant seulement le moment présent. Néanmoins, il lui était de plus en plus difficile de l'avoir contre lui, sentir son effluve, sa chaleur, sa peau, tout cela l'émoustillait au plus haut point.
Combien de fois avait-il rêvé de ses lèvres ?
Combien de fois avait-il rêvé de pouvoir la caresser ?
Combien de fois avait-il gémit son prénom en se masturbant ?
Il ne les comptait plus.
L'aimer en silence était devenu une torture pour lui. Elle était là, à sa portée, mais si loin à la fois.
« Joyeuse Saint Valentin My Lady, souffla Sirius avec un grand sourire à son encontre, réussissant à déclencher un rougissement chez Fauve.
- Crétin, murmura-t-elle. »
La concernée détourna aussitôt la tête, retournant à son activité favorite, tourner la cuillère dans son bol de chocolat, pensive.
Sirius prenait un malin plaisir à la surnommer ainsi ces derniers temps, non pas que cela la dérangeait, mais, cela avait quelque chose de possessif.
Elle avait comme la sensation de lui appartenir, or, ce n'était pas le cas.
Elle était juste une amie.
Certes, une très, très bonne amie, mais rien de plus.
Non pas qu'elle trouvait Sirius moche, bien au contraire, elle devait reconnaître que par moment il faisait battre son cœur plus vite que la normale. Il la faisait souvent rougir en la taquinant de cette façon, mais, Fauve avait cette tendance à tout refouler dans un petit coin de sa tête et de son cœur. Préférant ignorer, pour ne rien gâcher entre eux, parce qu'il méritait mieux, parce qu'elle avait peur…
« Sirius ? Appela une fille de Poufsouffle, tenant une boite de chocolat entre ses mains. »
Le concerné se retourna en même temps que Fauve qui sentit son cœur se serrer douloureusement en apercevant les chocolats.
Encore une fille qui allait déclarer ses sentiments à Sirius.
Encore une.
La quatrième, rien que depuis ce matin au réveil, en ayant juste traversée la salle commune de Gryffondor et les couloirs menant à la Grande Salle. Grey serra fortement sa besace contenant deux boites de chocolats, l'une pour Remus et l'autre pour Sirius. Il allait encore l'accepter, elle le savait, il était ainsi, fière comme un coq qu'autant de filles puissent lui en offrir, faisant le compte de ce qu'il avait pour comparer avec James.
Elle ne le changerait pas et ne le voulait pas.
Il était très bien ainsi.
Il était juste Sirius Black.
« Je te remercie beaucoup d'avoir pensé à moi, dit-il en prenant les chocolats, mais je ne peux répondre à tes sentiments, conclut Black avec un sourire charmant qui fit fondre la sorcière sur place, rougissant comme une effarouchée avant de partir comme une sauterelle vers sa table, commérant par la suite avec ces amies.
- Ne me dis pas que tu en as encore reçu une ? S'exclama James en arrivant à la table, se massant la joue rouge.
- Et si mon cher Prong ! Répondit enthousiaste Padfoot. Je crois que je vais te battre cette année !
- La journée n'est pas encore finit ! Elle ne fait que commencer ! Rétorqua Potter en s'asseyant tout en prenant de quoi déjeuner.
- Vous êtes stupides, souffla Lupin, vous devriez avoir honte d'agir ainsi, ces filles ont des sentiments pour vous.
- Elles n'ont que des sentiments basés sur le superficiel, déclara Sirius en observant Moony. Elles ne nous connaissent pas.
- Alors vous devriez refuser leurs chocolats, décréta Lupin quelque peu mécontent des agissements de James et Sirius.
- Pourquoi devraient-ils les refuser ? S'étonna Peter en mangeant une tartine. Cela serait du gâchis !
- Exactement Wormtail, bien répondu, affirma James en lui donnant une tape dans le dos. D'ailleurs, peut-être que Fauve en a une pour nous ? S'enquit le jeune Potter tandis que toute l'attention se reporta sur la jeune fille qui sans prévenir, se releva brusquement, attrapant son verre de jus de citrouille qu'elle renversa sur James.
- Bonne Saint Valentin ! Dit Fauve en rassemblant ces affaires afin de partir sous les rires de Sirius, le petit sourire en coin de Remus et l'air ébahit de Peter. »
Pour qui la prenait-il ? Elle n'était pas comme toutes ses filles leur offrant des chocolats dans l'espoir de s'attirer un sourire ou un petit mot doux. Non, si elle le faisait, c'était dans le but de les remercier, par simple amitié. Alors pourquoi n'arrivait-elle pas à les sortir de son sac pour les offrir à Remus et Sirius ? Pourquoi hésitait-elle ?
Elle savait pertinemment que Remus n'y verrait rien de sentimental et qu'il les accepterait avec grand plaisir, mais Sirius, lui, il en avait déjà reçu plusieurs. Qu'allait-il y comprendre ? Peut-être les mettrait-il dans le tas avec les autres boites ? Cela lui en ferait une autre dans son compteur et quelque part, elle n'avait pas envie d'être mise au même niveau que toutes ses filles. Non, elle avait envie de…
« Fauve ? L'Appela Moony en fronçant des sourcils devant son silence tandis qu'elle ne bougeait plus, il rencontra alors ses yeux marron et la vit rougir sans en comprendre la raison. Quelque chose ne va pas ? S'enquit Lupin inquiet alors que Sirius l'observait à son tour.
- Désolée, je, je, j'ai oublié quelque chose à mon dortoir, je, je reviens, bafouilla-t-elle en détalant comme un lapin sous les yeux surpris de Black et Remus. »
Comme par hasard, ils ne revirent pas Fauve de la matinée et ni lors du déjeuner du midi. Remus commença à se poser des questions sur son étrange comportement et le pourquoi de son soudain rougissement ? Avaient-ils fait quelque chose qui aurait pu la blesser ? Non, il en doutait fortement, hormis James qui avait eu une phrase mal placée mais qu'elle avait justement remis à sa place, rien d'autre n'aurait pu la chagriner. A moins que…
Une idée traversa l'esprit de Lupin qui sauta aussitôt de son fauteuil, posant son livre sur la table basse pendant que James jouait à la bataille explosive avec Peter et Sirius.
« Je prends la carte, déclara Lupin en se dirigeant vers le dortoir, sans même attendre une réponse de ses amis. »
Arrivé dans leur dortoir, il prit la carte, cherchant Fauve dans le château. Il la trouva alors sur le stade de Quidditch. Que pouvait-elle faire là-bas ? Sans attendre plus longtemps, il referma la carte qu'il reposa sur la table de chevet, prit sa cape et son écharpe, direction le stade ! Quand il passa devant les Maraudeurs, il se fit interpeller par Sirius, mais ne prit pas le temps d'y répondre, l'esprit occupé par Fauve.
Il ne lui fallut que quelques minutes pour la rejoindre dans les gradins du stade, elle était seule, assise dans le froid de l'hiver, tenant fermement sa besace entre ses mains. Il s'approcha doucement vers elle avant de prendre place à ses côtés, attirant son attention.
« Comment as-tu su que j'étais ici ? Souffla Fauve surprise de voir Remus.
- Secret de Maraudeur, répondit-il avec un tendre sourire à son encontre.
- Oh, je vois, que fais-tu ici ?
- Et toi ? Rétorqua-t-il curieux. Nous ne t'avons pas revu depuis ce matin, est-ce que quelque chose t'aurait déplu ?
- Je…Non, ce n'est pas ça, enfin, bafouilla-t-elle à nouveau en rougissant, ses doigts jouant avec la lanière de son sac. Est-ce que Sirius a reçu d'autres boites de chocolat ? S'enquit-elle en n'osant pas rencontrer les yeux ambrés de son meilleur ami.
- Alors c'est ça qui te tracasse, dit le concerné, c'est bien ce que je pensais.
- Non ! Se défendit-elle en secouant ses mains devant elle, le visage relevé. Ne crois pas que je…
- Que tu, quoi ? La coupa Remus en haussant un sourcil interrogateur à son encontre, étonné par son engouement. Que dois-je croire ? Interrogea-t-il à nouveau d'un ton un peu plus insistant. »
Grey soupira profondément pour finalement ouvrir son sac afin d'en sortir une boite de chocolat qu'elle tendit à Lupin, quelque peu surprit.
« C'est pour toi Remus, je, c'est pour te remercier de ton amitié, pour tout ce que tu fais et… »
Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase que Remus déposa une main sur sa joue qu'il caressa affectueusement, surprenant à son tour son amie, ce n'était pas son genre de réagir ainsi, ça l'était plus de Sirius. Néanmoins, elle se laissa faire, l'entendant lui souffler :
« Merci beaucoup Fauve, même si tu n'avais pas à le faire, je suppose que la deuxième est pour Sirius ? »
A sa question, il la vit se tendre avant qu'elle ne détourne à nouveau la tête, s'arrachant de son contact tandis qu'elle referma son sac, puis lui répondit :
« Il n'en a pas besoin, la mienne ne serait que de trop, marmonna-t-elle d'un ton monotone.
- Qu'est-ce qui te fait penser cela ? S'enquit Lupin en penchant légèrement la tête sur le côté.
- Eh bien, la discussion de ce matin, et puis, Sirius n'y verrait qu'un chiffre à ajouter pour battre James, avoua-t-elle en haussant des épaules.
- Et toi, que voudrais-tu que Sirius y voit à travers cette boite de chocolat ? »
Fauve ouvrit et ferma la bouche plusieurs fois, aucun son ne sortant d'entre ses lèvres rosés par les températures hivernales. Elle ne savait pas quoi lui répondre, ne sachant pas elle-même, ou peut-être que si, mais se l'avouer serait trop gênant. La main de Remus se leva pour aller à la rencontre d'une de ses mèches rebelles qu'il remit derrière son oreille, Fauve suivit son geste avec attention, laissant reposer sa tête dans le creux de sa main tandis qu'elle pouvait sentir sa chaleur réchauffer sa joue.
Remus n'avait pas besoin de réponse, son silence en disait plus long que des mots. Elle était en train de comprendre et de réaliser que l'attachement qu'elle avait pour Sirius n'était pas le même lien qu'avec lui.
« Moi, je pense qu'il serait ravit de recevoir cette boite de chocolat, confia Lupin avec douceur. Tu devrais lui faire plus confiance, ainsi qu'en toi-même, s'il est spécial à tes yeux, il en est tout autant pour lui, révéla le loup-garou en fixant son amie dans les yeux.
- Je sais, je suis sa meilleure amie, répondit Fauve en déclenchant un rire chez Moony.
- Fauve, sermonna-t-il gentiment, tu es ma meilleure amie, quant à Sirius, tu es…
- On parle de moi ? Dit une voix qui fit sursauter les deux concernés.
- Sirius ! Crièrent-ils en chœur.
- Oui, moi-même, répondit-il d'un ton solennel sous le regard désespéré de ces deux amis. Je me suis inquiété de ton départ précipité et je t'ai suivi, je peux savoir ce que vous faites ici par ce temps hivernal ?
- Eh bien, je suis certain que Fauve se fera un plaisir de te l'expliquer, décréta Remus en se levant, cachant sa boite de chocolat sous sa cape, prêt à partir.
- Attend Remus ! S'écria Grey horrifiée par les propos du loup-garou. Tu ne peux pas…
- Bien sûr que si, fais-le, tu ne seras pas déçu, prévint-il, à tout à l'heure, ajouta Lupin en passant à côté de Sirius, à qui, il lui murmura dans l'oreille « bonne chance ». »
C'est ainsi que Grey et Black se retrouvèrent seul à seul, en tête à tête. Sirius avait les mains dans les poches de sa cape, tandis que Fauve, toujours assise, la tête basse, réfléchissait à toute allure à ce qu'elle était censée faire. Devait-elle réellement lui donner cette stupide boite de chocolat ? Elle savait qu'il ne se moquerait pas d'elle, non, maintenant ils étaient bien au dessus de ça, néanmoins, elle voulait qu'il accueille ce présent différemment de tous ceux qu'il avait pu recevoir.
Qu'il lui montre un certain intérêt.
Elle inspira puis ouvrit à nouveau son sac, glissant ses mains à l'intérieur sous le regard curieux de Sirius qui vit une petite boite rectangulaire lui être tendu. La tête basse, elle lui souffla du bord des lèvres, la peur au ventre ;
« Je les ais fait moi-même, bonne Saint Valentin Sirius, merci d'être là, merci pour… »
Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase, qu'elle sentit la main de Sirius se glisser sous son menton pour lui relever la tête, agenouiller en face d'elle, la regardant avec délectation, il se pencha doucement vers elle, déposant ses lèvres chaudes sur sa joue froide, tout en lui soufflant à l'oreille :
« Merci à toi, bonne saint valentin My Lady »
Et là, elle sut, elle sut que c'était ce qu'elle attendait en sentant son cœur faire un bon dans sa poitrine. Remus avait eu raison, elle avait bien fait de l'écouter quand elle vit Sirius attraper la boite pour l'ouvrir et glisser un de ces chocolats entre ses lèvres.
Une bouche qu'elle trouvait attirante.
Elle aurait bien aimé être un de ces chocolats.
Elle rencontra ses yeux gris si insondables, dans lesquels elle aimait tant si perdre.
Il lui fit un sourire, tout en posant sa main sur sa joue qu'il caressa de son pouce.
Il se rapprocha très doucement vers elle, n'étant qu'à quelques centimètres de son visage.
« Ils sont merveilleusement bons tes chocolats, souffla-t-il tandis que Fauve ne bougea pas, trop perturbée par le regard et la bouche de Sirius.
- Tu pourras l'ajouter à ton compteur, réussit-elle à formuler en déglutissant passablement.
- Non, répondit-il en la surprenant.
- Non ? Répéta-t-elle en fronçant des sourcils.
- Non, reprit-il en souriant à nouveau, parce que cette boite de chocolat surpasse toutes les autres et puis, tu n'es pas comme toutes les autres, conclut-il en la fixant avec intensité. »
Et cette fois-ci, la vérité la frappa de plein fouet.
Elle comprit les paroles de Remus et le sens qu'il souhaitait y donner.
Elle comprit les palpitations de son cœur en sa présence.
Elle comprit son agacement à voir d'autres filles lui offrir des chocolats.
Oui, Sirius lui était spécial.
Oui, très spécial, indéniablement, à cet instant, elle était en train de tomber amoureuse de lui…
Voilà pour ce nouveau chapitre qui est quand même super important, puisque ça y est ; Fauve s'est rendu compte de ses sentiments pour Sirius, une avancée légendaire ou presque, parce que le pauvre il a encore du pain sur la planche...
Est-ce que la partie Saint Valentin vous a plus ?
Un peu de James et de Lily, j'espère que l'échange vous a plus ? Je le plains notre pauvre James mais bon, ce n'est que pour une courte durée..
Quant à la partie avec les Miroir à double sens, la mère de Sirius et sa torture, elle me tenait un peu à coeur, déjà d'une pour montrer la cruauté de sa mère mais aussi, et de deux, parce que cette partie à son importance pour le chapitre 19...et de trois pour réutiliser ces miroirs...
Et puis, quelque part, cela rapproche aussi nos deux personnages favoris, Sirius et Fauve. Ils ont murmurer le prénom de l'un et de l'autre...
En attendant des Reviews ? Des réactions ? Bonnes ou mauvaises...
Lia-Sail.
