Chapitre 21 : Amis, amours, emmerdes

Six jours.

Parcourant les allées de la bibliothèque à la recherche d'un livre, cela faisait plusieurs minutes que son esprit était déjà partit vers d'autres horizons comme chaque jours passant depuis ce fameux baiser échangé.

Six jours.

Six jours qu'elle avait répondu au baiser de Sirius, qu'elle tentait par tous les moyens de fuir et étonnamment cela semblait fonctionner. Elle n'avait pas revu Sirius hormis durant les cours où elle ne pouvait pas s'empêcher de le couver du regard.

Comment en étaient-ils arrivés là ?

Fauve se toucha les lèvres, pouvant encore parfaitement se souvenir de ces lèvres chaudes et savoureuses contre les siennes. Elle pouvait se remémorer chaque seconde, chaque minute de cet instant tout simplement magique.

Comment allait-elle faire ?

Elle ne pourrait pas le fuir indéfiniment. Elle allait devoir prendre ses responsabilités et agir avec maturité. Elle avait répondu à son baiser, qu'en avait-il pensé ? Pourquoi avait-il tout simplement initié ce baiser ? Était-il sérieux ? Était-ce une erreur ?

Elle avait envie de savoir et à la fois, elle avait peur.

Peur d'être rejetée, peur qu'elle se soit miroitée des choses en vain. Peur de le perdre. Elle manquait de confiance en elle, trop, et du coup, elle doutait et pourtant, dans un petit coin de sa tête et de son cœur, elle avait envie d'y croire.

De croire que ce baiser était juste révélateur des sentiments de Sirius à son égard.

La main tremblante, elle s'arrêta soudainement, ne sachant plus le titre du livre qu'elle cherchait. Soupirant une énième fois face à son étourderie elle se retourna pour tomber face à Lily qui l'observait étrangement.

« Ça va ? lui demanda-t-elle en penchant légèrement la tête sur le côté. »

Fauve la jugea quelques instants du regard et celle-ci semblait parfaitement sincère, surprenant la jeune fille. Il était vrai que depuis la fin de l'année dernière, elles s'étaient un peu rapprochées, semblant réussir à mettre leur caractère, assez fort, de côté.

« Je, oui, répondit Grey avec hésitation qui n'échappa pas à Evans.

- Est-ce que tu te serais disputée avec Sirius ou bien même Remus ? soumit Lily comme idée en s'attirant à nouveau le regard étonné de sa camarade de chambre.

- Pourquoi me demandes-tu cela ? se défendit Fauve en se mordant les lèvres.

- Eh bien, tu ne sembles pas être avec eux ces derniers temps, alors, je me disais que peut-être…

- Je ne suis pas disputée avec eux ! trancha vivement Grey, regrettant un peu son ton dur.

- Oh, émit Lily ne sachant que dire de plus. Si ça ne va pas, tu sais, eh bien, enfin, je serais ravie de t'écouter, proposa Evans peu sûr d'elle en craignant de se faire à nouveau envoyer sur les roses par Grey. »

Fauve jugea à nouveau Lily, ne s'étant pas attendu à cela, au final les gens autour d'elle finissait par changer, sauf elle. Quand allait-elle finir de douter ainsi ? Quand allait-elle reprendre confiance en elle ? Quand allait-elle enfin cesser de se méfier de tout le monde ?

« Je, je te remercie Lily, prononça la concernée en s'attirant l'ébahissement de la rouquine. Je, c'est juste compliquée en ce moment, mais ça ira, avoua-t-elle difficilement.

- Vraiment ? s'assura la Gryffondor peu convaincue par les propos de Fauve qu'elle avait vu pensive depuis au moins un quart d'heure.

- Je suppose oui, je dois juste régler un problème, confia-t-elle gênée.

- Grave ?

- Non, enfin, je ne pense pas non, je, es-tu déjà tombée amoureuse ? demanda soudainement Grey en rougissant de sa bêtise. Pardonne-moi Lily, je suis un peu….

- C'est bon, la coupa-t-elle en souriant pour la rassurer. Non, pas encore, révéla la rouquine curieuse de savoir de qui Fauve était amoureuse. Je suppose que toi, oui, conclut-elle en voyant la concernée approuver de la tête. Oh, et serait-ce Remus ?

- Remus ? répéta Grey en fronçant des sourcils. Non ! Remus est comme un frère pour moi, je ne pourrais jamais, pas de cette façon, non, je….

- Excuse-moi, c'est juste que vous êtes toujours ensemble, depuis votre première année alors je m'étais dis que, exposa Lily dès à présent embarrassée

- Eh bien, dans ce cas là, autant pour toi avec Severus, nota Fauve en ne se laissant pas faire.

- Severus et moi ? répéta Lily en ouvrant grands les yeux. Non ! réfuta-t-elle à son tour en déclenchant un rire chez Fauve qui contamina Evans.

- Eh bien que de déduction vaine, souffla Grey en passant une main dans ses cheveux auburn tandis qu'elle cessa de rire.

- Fauve, si ce n'est pas Remus, est-ce que se serait par hasard… »

Lily n'eut pas besoin de prononcer son prénom que Fauve hocha de la tête sous le regard ébahit de la jeune fille qui n'arrivait pas à comprendre comment cela avait pu arriver, en sachant qu'ils s'étaient détestés durant trois années. Un peu comme elle avec Potter.

Est-ce que cela signifiait qu'elle aussi pouvait à tout instant tomber amoureuse de cet arrogant personnage ? Non, bien sûr que non ! Après tout, Sirius et Fauve s'étaient rapprochés durant ces dernières années, cela devait expliquer cela, enfin, c'est ce qu'elle essayait de se convaincre.

« Fauve, lui en as-tu parlé ? demanda timidement Lily ne sachant pas si elle était en position pour la questionner, n'étant pas les plus grandes amies du monde.

- Je, je devrais le faire, sans doute, répondit-elle en semblant réfléchir.

- Mais, vas-tu le faire ? insista une nouvelle fois Lily en croisant son regard.

- Je, je ne sais pas, après tout, Sirius peux trouver mieux et un baiser ne signifie rien, non ?

- Fauve ! s'insurgea Evans choquée. Vous vous êtes embrassés ?

- Eh bien, oui, un peu, mais c'était juste…

- Juste quoi ? Une erreur ? C'est ce que tu penses ? se scandalisa la rouquine devant les pensées de Fauve.

- Moi non ! répliqua-t-elle vivement. Mais lui, peut-être…

- Je n'ai pas une très grande estime de Black et Potter, la coupa Lily. Néanmoins, je, je dois avouer qu'ils savent prendre soin de toi, surtout Black. Il, il a réussi à mettre son égo de côté, vous êtes devenus amis malgré vos anciennes disputes et, la façon dont il te regarde et te protège, je doute qu'il se moque de toi Fauve, lui révéla la rouquine en plongeant ses yeux verts émeraude dans les siens. »

La respiration de Grey s'arrêta momentanément devant les propos de Lily, ne s'étant pas imaginé qu'elle lui confierait cela. Était-ce la vision qu'il donnait aux yeux des autres ? Elle n'avait jamais cru, elle n'avait jamais fait attention, elle avait toujours pensé que Sirius agissait de la même façon que Remus et pas différemment. Alors ce baiser ? Ces attentions ? Ces marques d'affections ? Tout cela, signifiait bien plus qu'elle ne l'avait réalisé ?

« Fauve, l'appela tendrement Lily en se rapprochant de sa camarade. Ais confiance en toi, fais lui confiance, ajouta-t-elle. »

Les lèvres tremblantes, les yeux brillants, elle hocha la tête, inspirant profondément pour calmer les soubresauts de son cœur battant. Elle allait devoir parler à Sirius…

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7 Décembre 1976.

Vingt trois heures trente.

Nous étions le week-end, plus précisément dans la nuit de vendredi à samedi, elle était assise en tailleur dans l'un des fauteuils de la salle commune, non loin de la cheminée, en train de lire un livre, encore et toujours. Il était là, depuis plusieurs heures maintenant, caché sous la cape de James, attendant patiemment que minuit sonne, annonçant le jour de son anniversaire.

Il voulait être le premier à lui souhaiter.

Il voulait être le premier en tout.

Il ne se lassait pas de la regarder, de l'observer, de la détailler sous toutes les coutures. Il l'avait vu parler avec Lily durant une bonne heure. Il l'avait vu sourire et rire en la compagnie de la rouquine, et il n'avait pas souvenirs de l'avoir vu parler à quelqu'un d'autre qu'eux depuis son entrée à Poudlard. Elle ne s'en rendait pas compte, mais elle était en train de changer, elle était en train d'éclore telle une chenille de son cocon pour devenir papillon.

Il y a encore quelques mois, elle n'aurait jamais adressé la parole à Lily.

Il y a quelques années, elle ne se serait même pas laissé approcher par lui.

Ces cheveux étaient libres et légèrement ondulés, cachant à moitié son visage penché sur la page de son livre. Il pouvait voir qu'elle dévorait chaque ligne, chaque mot de son bouquin.

Merlin qu'il aurait donné cher pour qu'elle lui accorde autant d'attention ! Voilà qu'il se mettait à envier un livre ! Sérieusement, où allait le monde ? Il devenait fou !

Fou d'elle, sans aucun doute.

Sirius observa à nouveau l'horloge dans la salle commune et vit les dernières personnes monter dans leur dortoir tandis qu'elle, restait là, imperturbable. En cet instant, il la trouvait belle à souhait et terriblement désirable. Il avait juste envie de glisser une main dans ces cheveux pour lui mettre derrière l'oreille puis se délecter de son visage. N'y tenant plus, il se débarrassa de la cape, encore habillé de sa tenue de journée, il s'approcha d'elle, à pas de loup, pour ensuite s'agenouiller à sa hauteur, posant ses mains sur l'accoudoir tout en la regardant, silencieusement.

« Témoin muet d'Agatha Christie, souffla-t-il en décryptant le titre de son ouvrage. Qu'est-ce ? »

Il la vit alors relever la tête brusquement, rencontrant les yeux gris de Sirius, elle se mit à rougir telle une pivoine avant de perdre bêtement son livre qui tomba sur le sol dans un bruit sourd.

« Sirius ! L'interpella-t-elle surprise en se mordant les lèvres. Est-ce un jeu pour toi ?

- De t'embêter durant ta lecture ? Compléta-t-il le sourire aux lèvres.

- Entre autre, répondit-elle en essayant de raisonner les battements désordonnés de son cœur.

- Eh bien, il faut avouer que lorsque tu lis, tu es si captivée que tu sembles faire abstraction de ce qui t'entoure, même moi, dit-il d'un air penaud.

- On t'a déjà dit, que ce n'était pas beau de faire des caprices ? nota-t-elle en se penchant pour ramasser son livre sans voir que Sirius s'apprêtait à faire la même chose tandis que leurs doigts se frôlèrent. »

Fauve releva alors la tête, croisant à nouveau ses pupilles qui la fascinaient tant. Ils n'étaient qu'à quelques centimètres de l'un et de l'autre. Chacun d'eux pouvaient sentir le souffle de l'autre sur leur visage. Elle se pinça légèrement les lèvres, se sentant à nouveau troublée par une telle promiscuité. Elle repensa alors à sa conversation avec Lily qui la déstabilisa quelque peu au point de se reculer soudainement, s'enfonçant dans le fauteuil comme pour se protéger. Surprit, Sirius ramassa lui-même le livre et lui tendit, l'observant avec une intensité qui la fit déglutir passablement.

« Tu ne m'as pas répondu, qu'est-ce ?

- Un livre Moldu, une enquête policière, c'est assez psychologique, répondit Fauve en remettant une mèche de cheveux derrière son oreille droite. »

Elle regarda à nouveau Sirius, attrapant fébrilement le livre tandis que le concerné en profita pour lui saisir le bras, s'agenouillant à sa hauteur tout en continuant de maintenir son avant bras dans sa main. Ils étaient à nouveau à quelques centimètres de l'un et de l'autre, se fixant dans le plus profond des silences.

Fauve savait le pourquoi de sa présence ici, il en avait sûrement assez qu'elle le fuit. Il voulait sans doute des réponses à ces questions, tout comme elle en avait vis-à-vis de lui. Elle avait cru que se serait Remus qui viendrait la voir en premier, afin de préparer le terrain, mais encore une fois, elle avait oublié l'impulsivité de Sirius. Il n'avait peur de rien. Il fonçait tête baissée mais c'est ce qu'elle aimait aussi chez lui.

Yeux dans les yeux.

Seul le crépitement du feu dans l'âtre venait troubler le silence, jusqu'à ce qu'elle vienne à le rompre.

« Sirius, que fais-tu ici ?

- Tu me manques, répondit-il sincèrement en ne la lâchant pas du regard tandis qu'il la vit légèrement rougir. Cela va faire une semaine, que tu restes seule dans ton coin, remarqua Sirius.

- Oh, émit-elle embarrassée. Je, eh bien j'avais remarqué une tension entre vous quatre après la pleine lune alors, je me suis dit qu'il valait mieux vous laisser tranquille, confia-t-elle en mentant à moitié.

- Ah, prononça Sirius qui paraissait soudainement bien attristé. C'est de ma faute, révéla-t-il. J'ai fait une connerie qui aurait pu causer du tort à Remus, mais James a réagi à temps et…

- Est-ce que cela à un rapport avec le secret de Remus ? demanda prudemment Fauve.

- Oui, avoua Black en lâchant son bras. J'ai envoyé Rogue sous le saule cogneur lors de la pleine lune, dévoila Padfoot en évitant le regard de la jeune fille. »

Il avait bien trop honte et peur d'être jugé par elle. Il ne s'était pas préparé à lui en parler, à vrai dire, il avait cru que cela resterait secret entre eux quatre, mais comme toujours, elle était fine observatrice. Elle l'avait à nouveau surpris et désormais, il craignait que tout cela mette en péril ses bonnes résolutions et son plan de la conquérir ce soir. Elle allait forcément lui en vouloir où peut-être même l'accabler d'être un idiot ?

« Pourquoi ? l'entendit-il murmurer en lui faisant tourner la tête, ne s'étant pas attendu à ce genre de questions.

- Je, je le déteste, il représente tout ce que je peux haïr la magie noire, les Serpentard, répondit-il avec sincérité. Je n'ai pas réfléchis aux conséquences et, je sais que cela n'a aucun rapport, mais si le lendemain je n'étais pas là, après notre baiser, ce n'était pas contre toi, c'est juste que, James m'a fait un sermon et puis Remus…

- T'a pardonné, compléta-t-elle avec douceur.

- Oui, dit-il à nouveau surprit qu'elle sache. Je ne le mérite pourtant pas, j'ai une nouvelle fois montré comme je pouvais être mauvais, souffla Sirius le regard torturé. Comme ma famille, comme avec toi avant, avant… »

Il sentit alors les mains de Fauve envelopper son visage avec une tendresse infinie qui lui fit perdre le fil de ses pensées. Plongé dans son regard, elle ne paraissait ni en colère, ni déçu, il y avait juste beaucoup d'affection.

« Je t'ai pardonné pour cela, tu t'en souviens ? déclara-t-elle avec bienveillance. Tout comme Remus l'a fait, ainsi que James et Peter, parce que nous t'aimons et nous savons ce que tu vaux Sirius bien mieux que ta famille. Nous croyons en toi, tu es quelqu'un de bien, loyal, affectueux et très impulsif, nota Fauve avec parcimonie. L'erreur est humaine, nous en faisons tous et nous savons parfaitement que tu ne le referas jamais, c'est aussi pour cela qu'ils t'ont pardonné. Tu le mérites, tu nous mérites, appuya-t-elle forcement sur ses dernière paroles.

- Je, je pensais que tu m'en voudrais si tu venais à le savoir, confia Sirius abasourdit et touché. Que tu te mettrais du côté de Remus, que…

- Alors tu as oublié l'essentiel Sirius, le sermonna-t-elle un peu plus durement qu'elle ne l'aurait voulu. Remus est mon meilleur ami, mon premier et véritable ami, mais toi, tu es aussi très spécial à mes yeux, dévoila-t-elle en se mordant les lèvres. Je vous fais confiance autant à l'un que l'autre, je ne douterais jamais de l'un de vous. Jamais ! stipula-t-elle avec abnégation. »

Pour seule réponse, Sirius hocha la tête, joignant ses mains aux siennes, à la fois étonné, ravit et touché par les confidences de Fauve. Elle avait ce don de trouver les mots pour l'apaiser, encore une fois, c'est elle qui était là pour lui.

Elle lui avait confié, qu'il lui était spécial à ses yeux, qu'entendait-elle par-là ? Pouvait-il espérer ? Pouvait-il croire que ce baiser était la révélation de ses sentiments pour lui ? Est-ce que Remus avait raison de penser qu'elle avait simplement fuit par peur ? Après tout, elle n'avait pas eu l'air de broncher quand il avait évoqué précédemment leur baiser ? Cependant, comment aborder le sujet avec elle sans qu'elle ne reprenne la fuite ? Il jeta alors un coup d'œil à l'heure qui lui indiqua prochainement minuit.

« C'est bientôt ton anniversaire, lui murmura-t-il.

- Oh, répondit-elle en tournant la tête vers l'horloge pour constater à son tour l'heure. Tu seras sans aucun doute le premier à me le souhaiter, ria-t-elle nerveusement.

- C'est pour cela que je suis aussi ici, déclara Sirius avec un sourire en déclenchant un nouveau rougissement.

- Pour me le souhaiter ? lui demanda-t-elle en chuchotant.

- Oui, mais pas seulement, révéla-t-il en s'attirant un regard curieux de sa part. Je veux te donner mon cadeau, dit Black en lâchant son visage.

- Mon cadeau, répéta-t-elle incrédule en le voyant se mettre debout tout en lui tendant sa main droite. Quel genre de cadeau ? demanda-t-elle en se relevant à son tour, quelque peu méfiante tandis qu'elle fronça des sourcils en fixant sa main tendue.

- C'est une surprise, dit-il d'un regard déterminé. »

Il pouvait parfaitement voir son dilemme, elle paraissait hésiter, ne cessant d'observer sa main tout en se mordant les lèvres. Était-ce à cause du baiser de la dernière fois ? Cette fois-ci, il était hors de question de la laisser s'échapper, alors sans prévenir il enroula sa main droite autour de son bras pour la ramener contre lui, s'attirant son regard étonné.

Il pouvait voir sa respiration s'accélérer au rythme de sa poitrine qui se soulevait. Il savait qu'il lui faisait de l'effet. Il savait qu'elle en avait envie autant que lui. Il comprenait ses craintes, parce qu'il avait appris à la connaître. Il ne pouvait pas lui certifier qu'il ne la ferait jamais souffrir, se serait juste lui mentir.

Cependant, il voulait son bonheur et il voulait l'aimer comme elle le méritait, il la voulait juste elle et pas une autre. Glissant ses lèvres à la base de son cou, il déposa un baiser, puis deux, puis trois, attendant de voir si elle le repoussait, mais cela ne fut pas le cas. Alors il remonta jusqu'à la ligne de sa mâchoire puis posa ses mains autour de sa taille, se pressant contre elle avec avidité et sensualité.

Il l'entendit soupirer tandis qu'elle glissa ses mains dans son dos, déclenchant en lui une envie irrésistible d'happer une nouvelle fois ses lèvres, ce qu'il fit sans plus attendre. Le baiser ne fut pas aussi tendre que la première fois, cette-fois, il fut possessif et sauvage.

Lèvres contre lèvres.

Ils se dévorèrent l'un à l'autre dans une passion sans demi-mesure.

Souffle contre souffle.

Ils s'arrêtèrent juste quelques secondes pour mieux reprendre, ayant la soif de l'autre.

Ses mains remontèrent graduellement le long de sa taille tandis qu'il caressa de sa langue le contour de sa bouche qu'il pénétra sans même en demander l'ouverture. C'était animal, c'était exalté. Leurs langues se caressèrent, se frôlèrent, mordillant par moment ses lèvres pour lui arracher un gémissement qui avait de quoi faire perdre la raison à Sirius.

Il pouvait sentir ces mains dans ses cheveux.

Elle pouvait sentir ces mains glisser sous son haut, caressant sa peau de son pouce.

Il s'arracha alors de ces lèvres tandis que sa bouche reprit le chemin de son cou, descendant à la naissance de sa poitrine. Il pouvait sentir son odeur, son effluve c'était doux, c'était sucré. Sa peau était d'une douceur incomparable et il avait juste envie de la marquer, de la faire sienne.

Il mordilla légèrement sa peau tendre et si chaude tandis qu'il la repoussa doucement mais sûrement vers le mur à côté de la cheminée. Sans attendre, il se glissa entre ses jambes entrouvertes, abandonnant ses mains sous son corsage pour la soulever et qu'elle puisse enrouler ses jambes et ses cuisses autour de son bassin. Diantre, combien de fois avait-il rêvé de cela ? Cette fois-ci se fut à son tour de gémir, ressemblant à un grognement. Il pouvait sentir la bouche de Fauve parcourir son cou, son nez frôler sa joue et son bassin cogner contre le sien, comme pour chercher plus.

Elle le rendait fou. Il avait juste envie d'elle.

« Fauve, réussit-il à murmurer entre deux baisers. Je, calme-toi, je… »

La concernée s'arrêta et il vit son visage ses lèvres boursouflées de leurs baisers enflammés, ses cheveux en bataille, ses yeux emplis de désir, ses pommettes rouges. Elle était juste un appel à la luxure.

« Je, j'ai fait quelque chose de mal, s'inquiéta-t-elle. »

Il ne savait pas s'il devait en rire ou pas, merlin cette fille n'était pas croyable.

« Non, c'est bien là le souci, à ce train là je vais te faire l'amour et je t'avouerais que j'aimerais que cela soit un peu plus romantique pour toi, confia Black avec un sourire charmeur.

- Oh, émit-elle embarrassée. Je, oui, pardon, je n'avais pas réalisé, chuchota Grey en enfonçant son visage dans son cou pour cacher sa soudaine gêne. Sirius, débuta-t-elle avant de s'arrêter quelques secondes puis reprendre, est-ce que cela signifie que tu ne regrettes pas notre baiser de la fois passée ?

- Ais-je l'air de regretter ? rétorqua-t-il avec douceur en se reculant, pressant fortement ses mains autour de son visage. Pourquoi m'as-tu fuis après que l'on se soit embrassé ?

- Je suis désolée, j'ai juste pensé, enfin, que c'était une erreur, tu vois…

- Oui, je vois, répondit-il en fronçant des sourcils. J'étais sérieux cette soirée-là, quand je t'ai dit que je te trouvais belle et désirable, je le pense encore ce soir. Je suis sérieux quand je te dis que j'aime passer du temps avec toi et en apprendre plus, souffla Sirius en posant son front contre le sien. Et toi Fauve ? Que penses-tu de tout cela ? Que penses-tu de moi ?

- Je, j'ai peur d'y croire, c'est trop beau pour que cela soit vrai, avoua-t-elle désemparée. Peut-être qu'aujourd'hui tu ressens cela mais que demain tu finiras par te rendre compte qu'il y avait mieux ailleurs, que tu te trompais et…

- Que penses-tu de moi ? la coupa Sirius en pressant un peu plus son corps contre elle, son nez frottant contre le sien.

- Tu le sais, j'ai répondu à ton baiser, tenta-t-elle en se sentant intimidée tandis que son cœur tambourinait fort dans sa poitrine, l'assourdissant.

- Répondre au baiser, ne me dit pas ce que tu penses et ce que tu souhaites réellement, reprit-il en la fixant avec intensité.

- Je, j'aime être avec toi, je me sens bien, confia Fauve en sentant la chaleur envahir ses joues. Je n'aime pas quand les filles s'approchent de toi, j'aime ton humour, ton intelligence et aussi les moments que l'on passe ensemble au coin du feu le soir. J'aime être là pour toi, pouvoir te soutenir et j'aime quand tu le fais avec moi, tu me redonnes cette confiance et cette force qui parfois me manque, je…Sirius, s'arrêta-t-elle en cherchant les mots appropriés. J'ai peur, peur de souffrir, peur de l'avenir, je…

- Moi aussi, j'ai peur de te faire souffrir, ne pas être assez bien pour toi, lui confia-t-il en s'attirant son regard ébahit. Je ne veux pas te faire du mal, je veux juste t'aimer Fauve, je veux juste prendre soin de toi, profiter de la vie à tes côtés, mais aussi t'embrasser, te toucher, lui murmura-t-il en glissant ses doigts le long de ces bras pour remonter jusqu'à la base de son cou. Je veux juste pouvoir t'appartenir et que tu m'appartiennes, chuchota-t-il, ses lèvres aux abords de son oreille. »

Elle pouvait sentir sa bouche et son souffle frôler son oreille puis la base de son cou. Il la rendait folle. Elle était en train de perdre pied. Elle avait l'impression de rêver et pourtant, il était bien là, contre elle. Elle pouvait sentir son odeur musquée, si masculine. Elle pouvait sentir ses mains dans son dos qui lui donnait un sentiment de sécurité. Elle était bien là et ne souhaitait plus bouger.

Pouvait-elle considérer qu'ils étaient ensemble ? Qu'ils étaient désormais un couple ?

Est-ce que ce baiser signifiait tout cela ? S'appartenaient-ils l'un à l'autre ?

« Sirius, murmura-t-elle à nouveau en osant rompre ce doux silence. Sommes nous un couple ?

- Le souhaites-tu ? interrogea-t-il en ne se détachant pas d'elle. J'en ai terriblement envie mais toi…

- Moi aussi, avoua-t-elle en agrippant ses doigts autour de sa chemise. Je veux juste être avec toi, alors…

- Alors, nous pouvons considérer que la question est close, décréta Sirius en déposant un baiser dans ces cheveux. »

Merlin qu'il n'avait pas envie de retourner dans son dortoir et dans son lit. Il n'arriverait jamais à dormir. Il était bien trop excité et ce, dans tous les sens du terme. Il se sentait tellement bien dans ses bras, il ne voulait pas la quitter. Là, maintenant, il voulait juste goûter à nouveau à ses lèvres. Il voulait sentir la chaleur de son corps contre le sien et l'entendre gémir parce que c'était le plus beau son qu'il lui a été donné d'entendre au cours de sa courte vie.

Il la voulait rien que pour lui, à jamais.

Il ne la lâcherait plus, plus jamais.

Elle était sienne.

« Fauve ? L'appela-t-il en entendant un « hum ». Joyeux anniversaire, dit-il tandis que l'horloge sonna minuit, déclenchant un rire chez la jeune fille qui ne s'était jamais sentit aussi heureuse de sa vie »

C'était son plus bel anniversaire. Elle s'en souviendrait toute sa vie, quoi qu'il arrive…

8 Décembre 1976.

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Une semaine.

Cachée derrière un pilier, elle les regardait tout en s'assurant qu'elle ne soit pas vue par eux. Une semaine que tout Poudlard les savait en couple, une semaine qu'elle les voyait se pavaner dans les couloirs, dans le parc, à la bibliothèque, se murmurant des mots doux, ayant des attentions l'un pour l'autre et cela l'écœurait.

Elle était juste révulsée de la voir au bras de Black, de la voir sourire et rayonnante. Elle ne le méritait pas. Leur mère était morte, et elle, elle se permettait de vivre. C'était juste impensable.

« Eileen, si tu continue de l'observer de cette manière, Grey va finir par être tuer sur place, murmura Rosier en posant une main sur la sienne.

- J'aimerais juste qu'elle soit morte, qu'elle souffre comme notre mère à souffert et comme moi je souffre, tu m'avais promis que tu t'occuperais d'elle, lui lança –t-elle en se retournant vers lui.

- Oui, en effet, approuva-t-il, et je le ferais mais…

- Quand ? demanda-t-elle en plissant ses yeux. Après tout, tes petits camarades se sont bien occupé de Mary MacDonald, alors pourquoi pas elle ? C'est une honte à son sang ! cracha avec véhémence la blonde.

- J'aime quand tu parles ainsi, dit-il d'un ton doucereux au creux de son oreille. Je sais que ta sœur n'est qu'une petite bâtarde mais nous sommes à Poudlard, nous ne pouvons pas agir si librement, ajouta Rosier en glissant ses lèvres non loin des siennes.

- Tu n'as qu'à demander à Rogue qu'il prépare une potion dont il a le secret, soumit comme idée Eileen.

- Hum, je pourrais en effet, mais non, j'ai une meilleure idée beaucoup plus simple et beaucoup moins intrusive, sous entendit-il d'un sourire sadique. »

Néanmoins, cela ne satisfaisait pas complètement la Serdaigle qui voulait réellement voir sa sœur souffrir. Si cela continuait, elle allait s'en occuper elle-même et savait très bien comment faire, après tout, les vacances étaient pour bientôt, un petit détour par l'allée des embrumes ne serait sans doute pas de trop pour aller chercher ce dont elle avait besoin.

Observant une nouvelle fois sa cadette qui riait aux éclats, on pouvait sentir toute la haine qu'elle lui vouait et pourtant, pourtant cela n'avait pas toujours été ainsi. Elle avait souvenir que plus petite, elles étaient assez proche, ce n'était peut-être pas les meilleurs amies du monde, mais Eileen se rappelait bien l'avoir défendu une ou deux fois contre ses parents.

Elle se souvenait l'avoir consoler certaines nuits quand elle la retrouvait en pleurs.

Elle se souvenait bien de cette petite fille joufflue avec ces nattes de chaque côté et puis, tout avait changé, le jour où sa mère avait eu son premier malaise. Elle avait surpris une conversation entre ses parents, où plutôt une violente dispute, son père accusant sa mère, sa mère accusant Fauve. Un cercle vicieux, qui depuis ce jour là, n'avait jamais cessé, ne faisant qu'amplifier au fur et mesure des années. Elle s'était alors éloignée de Fauve, préférant garder l'estime de ses parents plutôt que de devoir les affronter. La maladie de sa mère n'avait fait que continuer à s'aggraver renforçant sa tristesse, tristesse devenant colère pour finalement devenir de la haine.

Il était tellement plus simple de haïr que faire taire cette tristesse qui lui rongeait les entrailles. Elle était alors entrée à Poudlard faisant la fierté de ses parents et depuis lors, elle avait joué le jeu avec eux, prenant plaisir à voir s'accumuler ce chagrin dans ses yeux. Se délectant de la voir souffrir sinon plus qu'elle. N'était-ce pas juste ? Après tout, n'était-ce pas elle qui avait privé consécutivement la vie de leur mère ?

Et puis, Fauve avait rencontré Lupin et maintenant Black. Elle n'était pas seule, toujours entourée de ses amis et d'amour malgré le décès d'Elvira, alors qu'elle, que lui restait-il ?

Rien. Le néant. Ce n'était pas juste.

Contractant la mâchoire quand elle vit Sirius embrasser langoureusement Fauve, elle se fit la promesse de se venger. Rosier pouvait faire ce qu'il voulait dans son coin, elle ferait de même de son côté. Et si cela ne réussissait pas, elle aurait bien d'autres occasions à l'extérieur, d'autres moyens de se débarrasser d'elle et alors, peut-être arriverait-elle à faire taire cette sourde douleur qui vrillait son cœur ?


Tadam ! Voilà, nos deux tourtereaux sont enfin ensemble, ce n'était pas trop tôt hein ? Alors, vous avez aimé ?

J'espère que tout cela vous a plus, ainsi que le rapprochement Lily/Fauve, beaucoup s'attendaient à ce que ce soit Remus qui aille la voir, mais il reste un garçon, et je pense que Lily était la plus à même de comprendre Fauve et de la bousculer un peu. Remus l'aurait trop dorloter, alors que Lily avec son caractère, n'hésite pas à dire les choses telles qu'elle le pense.

Petit passage avec la soeur aînée de Fauve, je souhaitais le mettre en avant pour que vous compreniez un peu sa façon de voir et de penser...Bien entendu, tout cela annonce quelque chose de potentiellement tragique...Mais j'en dis pas plus...

En attendant la suite, des commentaires, des réactions ?

Lia-Sail.