Chapitre 23 : O'Children

Eté 1977.

La pluie s'était établie depuis plusieurs jours sur l'Angleterre.

Le ciel était obscurcit, par moment orageux comme la guerre qui avait pris de l'ampleur avec l'assassinat du premier ministre de la magie, créant la panique dans la communauté sorcière qui ne se sentait plus à l'abri nulle part. On disait même que le ministère de la magie était désormais infiltré par les Mangemorts. Les meurtres sur les Moldus ne cessaient d'augmenter ainsi que les disparitions soudaines et inexpliquées, ne faisant qu'accentuer les doutes et la méfiance envers ceux qui leurs étaient proches.

Un climat de terreur et de paranoïa s'était mis en place sur tout le pays.

Voldemort avait gagné la première bataille, les gens se divisaient peu à peu, se montant les uns contre les autres, et lui, commençait à régner en maître. Autant dire que l'avenir qui se profilait ne s'annonçait pas rose, refermant brusquement la gazette du sorcier qu'elle posa sur la table basse de son salon, Fauve observa la pluie qui battait la fenêtre.

Le front posé sur la vitre, les yeux fixant un point invisible, un nuage de condensation se créa contre la paroi vitrée quand sa respiration vint l'atteindre. Elle avait peur. Elle avait un mauvais pressentiment. Ils allaient être en plein cœur dans cette guerre dès la fin de leurs études.

Elle savait que James prévoyait une formation d'Auror, il serait en première ligne, d'une par son métier, mais aussi par son nom et ces convictions. Remus allait être encore plus mis à l'écart par la communauté sorcière parce qu'il était un loup-garou et que certains d'entre eux, notamment Greyback, avaient participé à des attaques avec les Mangemorts. Peter, quant à lui, essaierait sans doute de suivre au mieux ses amis comme il pouvait déjà le faire à l'école. Il restait Sirius avec son impulsivité hors du commun, il rejoindrait sans aucun doute James au-devant du danger, avec passion et ardeur, sans penser aux conséquences.

Fauve sentit alors deux bras s'enrouler autour de sa taille et une douce chaleur l'envelopper, l'éloignant du froid de la fenêtre. Elle pouvait parfaitement voir leurs reflets dans la fenêtre Sirius ayant son menton posé sur son épaule droite tout en déposant un baiser dans son cou.

« A quoi penses-tu encore ? lui demanda-t-il en la serrant plus fortement contre lui.

- A l'avenir qui nous attend, dehors, précisa-t-elle en fermant les yeux de bonheur. Sirius, as-tu une idée de ce que tu veux faire plus tard ?

- A vrai dire, réfléchit-il, aucune, lui répondit-il en haussant tout simplement des épaules.

- Je pensais que tu rejoindrais James en tant qu'Auror, souffla Fauve surprise.

- Non, ce métier ne m'attire pas et je t'avoue que j'ai assez d'or dans mon coffre pour vivre sans travailler durant toute ma vie, dit Sirius en s'attirant un « O » de surprise par sa petite amie. Et toi, as-tu une idée ?

- Eh bien, j'aimerais travailler au ministère, lui avoua-t-elle en le sentant se tendre. Je sais que ce n'est pas le meilleur moment pour travailler là-bas, renchérit-elle devant son expression soucieuse, mais nous serons tous menacés, lui rappela-t-elle, peu importe notre métier.

- Je le sais bien, soupira-t-il en ne pouvant s'empêcher de repenser au fait que sa sœur allait prochainement se marier avec Rosier. Cependant, si je me fais du souci, c'est aussi parce que je tiens à toi, dit-il en la retournant face à lui.

- Je comprends Sirius, confia-t-elle en passant ses mains autour de sa nuque, mais je ne suis plus une petite fille, je sais aussi me défendre.

- Pas contre les poisons, lui rappela-t-il en fronçant des sourcils.

- En effet, avoua-t-elle le regard troublé face à ce douloureux souvenir.

- Je veux que tu sois prudente, dit Sirius inquiet son regard ancré dans le sien.

- Je le serais, mais ils nous restent un an avant de…

- Non, je ne parle pas seulement après notre fin d'année, je parle aussi pour maintenant et les mois à venir durant notre scolarité, l'avertit-il.

- Eileen est partit, je ne risque plus rien, que peut-elle me faire maintenant ? Rien, hormis…

- Il y a encore Rosier, prévint Black. Je me méfie des Serpentard comme de la peste, alors, je veux que tu sois prudente et méfiante, promis ?

- Promis, assura-t-elle en souriant. »

Sirius opina de la tête en signe d'assentiment, quelque peu rassuré. Cependant, il ne pourrait s'empêcher d'être sur ces gardes, continuant de la protéger d'un œil, au cas où, parce qu'il avait le sentiment que toute cette histoire ne s'arrêterait pas là. Il en était persuadé. Il avait failli la perdre une fois, il ne supporterait pas de revivre cela une seconde fois. Il avait parfois l'impression qu'elle ne se rendait pas compte de l'importance qu'elle pouvait avoir à ses yeux.

Cela faisait près de huit mois qu'ils étaient officiellement ensemble et il avait cette sensation que c'était encore hier qu'il lui avait déclaré ses sentiments. Entre les fêtes, cette affaire d'empoissonnement, son rétablissement et les examens, il n'avait pas vu les mois défiler. Heureusement, il pouvait profiter d'elle durant les vacances et aujourd'hui ne faisait pas défaut, James étant partit avec son père, il avait décidé de rendre une petite visite à celle-ci.

Face à face, seul le bruit de la pluie et de la radio venaient à rompre le silence entre eux.

Fauve observait Sirius avec délectation, n'arrivant toujours pas à réaliser qu'ils étaient un couple et qu'elle pouvait se permettre ce genre de familiarité, même s'ils étaient déjà devenus très proche auparavant. Etre dans ses bras, sentir sa chaleur, avoir ses baisers, tout cela lui semblait irréels et tellement merveilleux que parfois elle craignait que tout ce bonheur lui soit brutalement arraché.

Si elle venait à perdre Sirius, là maintenant, elle en serait effondrée.

Elle s'était attachée à lui et pourtant rien ne les prédisposait à ce qu'ils soient en couple. Ils s'étaient détestés, disputés durant plusieurs années pour en final en arriver là. Fauve ne regrettait rien, elle était juste heureuse avec lui, avec eux.

Elle fit alors pression sur la nuque de Sirius tout en se haussant sur la pointe des pieds, rapprochant son visage du sien pour finalement déposer ses lèvres sur les siennes avec douceur et timidité. Son petit ami fut quelque peu surpris par son initiative mais il ne se laissa pas distraire, enveloppant le visage de Fauve entre ses mains pour accentuer le baiser tandis que la musique « O'Children » commençait à retentir dans la pièce.

Lèvres contre lèvres, cela fut langoureux, leur respiration et leur langue s'entremêlant au rythme de la musique. Leurs mains cherchaient lascivement à prendre possession de l'un et de l'autre alors que des soupirs retentissaient. Au bout de plusieurs minutes, Fauve se détacha difficilement et lentement de lui, ses yeux ancrés dans les siens, ses mains dans sa nuque, elle lui murmura

« Je t'aime Sirius. »

Le concerné sentit alors son cœur faire un bond dans sa poitrine, ne s'étant pas attendu à une telle déclaration de sa part, surtout à cet instant. Encore une fois, elle le prenait au dépourvu. Encore une fois, elle le surprenait. Néanmoins, il se sentait transit d'un bonheur et d'une joie indéfinissable.

Elle était la première.

Elle était la première à lui prononcer son amour, à lui souffler un « je t'aime » emplit d'un amour incommensurable et débordant de ses yeux. Elle était la première à l'aimer tel qu'il était, le prenant tout entier avec ses défauts et ses qualités. Jamais, ô grand jamais ! Il avait eu le plaisir d'entendre ces mots magiques qui remplissaient le cœur et l'esprit d'un enchantement sans pareil.

C'était juste magique.

Elle l'avait touché en plein cœur, lui qui l'avait tant de fois désavoué, lui qui l'avait décrié, il était là, en face d'elle, heureux et perdu. Perdu, parce qu'il ne savait pas quoi lui répondre, parce que les mots n'arrivaient pas à sortir mais ses yeux gris, brillants de larmes et illuminés d'une étincelle d'amour, en disaient plus longs que tous les mots réunis sur cette terre.

Il l'aimait.

Merlin, seul, savait à quel point il l'aimait à la folie.

Sans un mot, sans attendre, il se pencha à nouveau vers elle, happant avec fièvre ses lèvres qu'il s'empressa de dévorer et de goûter avec fougue sous les gémissements de sa petite amie qui semblait se perdre dans l'exaltation du moment. Lentement, tout en s'embrassant, Sirius la dirigea vers le canapé du salon puis la poussa sur celui-ci tandis qu'elle tomba assise, ils s'observèrent quelques secondes, sans prononcer aucune parole, leur regard parlant pour eux-mêmes.

Il avait envie d'elle.

Elle avait envie de lui.

Sans lui laisser le temps de faire quoi que ce soit, il la rejoignit dans le canapé la basculant entièrement sur celui-ci tandis qu'il s'assit à califourchon sur elle. Il pouvait parfaitement voir ces pommettes prendre une légère coloration qui la rendait absolument craquante. Il prit ses mains qu'il fit remonter au-dessus de sa tête, les gardant prisonnières des siennes alors qu'il se pencha très près d'elle. Collé contre sa poitrine qui se soulevait au rythme de sa respiration, il pouvait sentir son souffle balayer son visage.

« Tu as peur ? lui demanda-t-il d'une voix étrangement rauque.

- Non, répondit-elle, juste de l'inconnu, ajouta Fauve en se mordillant les lèvres. »

Elle le vit alors hocher de la tête en signe de compréhension tandis qu'il frotta son nez contre le sien. Elle ferma les yeux à ce contact qui la fit se détendre, les lèvres de Sirius se déposant à nouveau sur les siennes, les dévorant graduellement et sensuellement. Les mains se firent baladeuses, découvrant le corps de l'autre avec une avidité non feinte.

Les vêtements commencèrent à valser avec empressement et maladresse, se retrouvant à moitié nu, les yeux de Fauve ne pouvaient s'empêcher de parcourir le torse nu de Sirius, marqué par des cicatrices. Ses doigts glissèrent dessus pour en dessiner les lignes blanches sous le regard hypnotisé de son partenaire qui lui retint sa main, embrassant le bout de ses doigts d'une douce caresse qui coupa le souffle à Fauve.

Les questions et les confidences seraient pour plus tard, là, à cet instant, ils avaient juste envie de continuer à se découvrir, de continuer à profiter du moment présent. Ils n'étaient que deux adolescents souhaitant, pour une fois de leur vie, vivre pleinement leur jeunesse, sans penser au lendemain, sans penser au passé.

Ils reprirent alors leur danse frénétique de mains se caressant, la bouche de Sirius vagabondant sur la poitrine dénudée de Fauve qui se cambrait sous les divines caresses de celui-ci. Les râles, les gémissements emplissaient la pièce d'une douce musique aux oreilles de l'un et de l'autre, perdant peu à peu pied avec la réalité environnante.

Chacun d'eux prenant du plaisir dans la luxure qui s'offrait à eux.

Chacun d'eux prenant le temps de s'aimer.

Le désir et le plaisir emplirent leur corps d'une joie et d'un bonheur éphémère tandis qu'ils s'abandonnèrent l'un à l'autre, dans une confiance absolue et un amour inconditionnel.

En cet été 1977, ils s'unirent comme jamais, leur laissant un souvenir impérissable et graver dans leur cœur. Ils n'étaient plus, désormais, des enfants, Sirius ayant fait d'elle une femme et elle, d'un homme, ils venaient d'entrer dans le monde des adultes. Un monde qui ne les épargnerait pas…

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Septembre 1977.

C'était le soir, il était tard et le repas n'allait pas tarder à commencer, néanmoins Fauve continuait de rédiger son devoir de Potion avec un sérieux à toute épreuve sous les yeux et les soupirs de Lily qui ne semblait pas avoir la tête à travailler sur son devoir, et pourtant ce n'était pas l'envie qui lui manquait. Seulement, depuis la rentrée, c'est-à-dire il y a maintenant deux semaines, elle ne cessait de ressasser l'événement majeur de cette dernière et ultime année à Poudlard la nomination de James Potter au poste de Préfet en Chef.

Autant dire que la jeune Evans était toujours sous le choc de la nouvelle. Il fallait dire qu'elle n'était pas la seule, même les Maraudeurs avaient paru surpris de cette nomination ainsi que l'ensemble des élèves dans ce château. Quant aux Serpentard, ils paraissaient haineux comme jamais.

Pourquoi donc les professeurs l'avaient nommé à ce poste ? Pourquoi ? Il n'avait jamais été Préfet, encore moins assidu dans les cours, créant toujours des blagues et des coups foireux, c'était le monde à l'envers. James Potter n'avait rien de l'élève model et encore moins, la figure d'une personne responsable. Enfin, peut-être que pour le dernier point, elle pouvait encore raviser son jugement au souvenir de l'attaque à Pré-au-Lard.

Cependant, ce qui tracassait par-dessus tout Lily, c'était le comportement de James Potter depuis l'obtention de son badge. Il était sérieux ! Oui, sérieux ! Elle aurait cru qu'après cela, il profiterait de sa position contre les Serpentard, abusant de son autorité et démontrant encore une fois son égo-surdimensionné. Mais non ! Rien de cela !

Elle ne l'avait plus vu faire de blagues aux Serpentards, il ne la draguait plus, il ne se pavanait plus auprès des filles, il était sérieux, il étudiait, il faisait ses rondes quotidiennes avec elle, sans aucun mot de déplacé, aucune allusion. Rien. Le néant et c'était bien cela qui la chamboulait. Elle voyait James Potter sous un autre jour.

Et c'était un problème épineux, très épineux car par moment, elle pouvait presque dire qu'elle venait à apprécier sa présence. Elle, Lily Evans, qui l'avait tant décrié, tant détesté, tant refusé ces demandes incessantes, voilà qu'elle se mettait à l'apprécier. C'était un comble, une horrible plaisanterie.

« Lily, tu n'écris rien ? L'interpella Fauve en ayant relevé la tête. »

La rouquine croisa le regard de sa camarade de classe avec qui, elle s'était bien rapprochée, se retrouvant régulièrement à la bibliothèque pour y faire les devoirs. Il fallait dire qu'entre Alice qui sortait désormais avec Franck Londubat, Mary qui bécotait son nouveau petit ami et ses fonctions de préfète en chef, elle n'avait pas trop le loisir de les voir et de bavarder avec elles.

Du coup, sans même s'apercevoir, elle venait à discuter souvent avec Fauve qui traînait avec Remus à la bibliothèque quand elle n'était pas avec Sirius.

« Quelque chose semble te tracasser depuis toute à l'heure, remarqua Grey en fronçant des sourcils.

- Oh, émit la concernée surprise que Fauve ait pu s'en apercevoir. C'est juste que, enfin, tu ne trouves pas que Ja-Potter a changé ? nota Lily en se reprenant sur le nom de son binôme.

- Changé ? répéta Fauve en haussant un sourcil interrogateur. Qu'entends-tu par-là ?

- Hum, prononça-t-elle en posant son index sous son menton tout en réfléchissant. Il parait plus mature, moins prétentieux, il prend son rôle à cœur et, enfin, tu vois…

- Voir quoi ?

- Il, enfin, il ne me fait plus des avances, je craignais qu'en étant avec lui, il ne cesse de me coller et m'enquiquiner, mais c'est tout le contraire, il est sérieux, il fait les rondes correctement et dans nos appartements, il respecte mon espace vital…

- Oui, je vois, répondit évasivement Fauve en souriant. Je ne pense pas que James ait changé, c'est plutôt ton regard qui change sur lui, mais James a toujours été quelqu'un qui prend soin de ceux qu'il aime, il les protège et mâture quand la situation l'exige, lui décrivit Grey. Peut-être est-il passé à autre chose et qu'il a admis que tu ne l'aimerais pas, sous entendit Fauve en s'attirant le regard de Lily qui semblait comme choquée et à la fois ennuyée.

- Vraiment, murmura-t-elle en baissant la tête sur son parchemin vierge. Tu crois qu'il ne m'aime plus, souffla Lily en remettant une mèche de cheveux derrière son oreille.

- Eh bien, c'est une supposition oui, sur le changement de son attitude envers toi mais, si c'est le cas, cela t'arrange non ?

- Je, je, bafouilla-t-elle perdue. Oui, sans doute, je n'y avais jamais réfléchis, avoua-t-elle ayant pour habitude que James lui cours toujours après. Je…

- Lily, l'interrompit sérieusement Fauve en croisant ses yeux vert amande, il n'est jamais trop tard, si tu doutes, tu peux toujours apprendre à le connaître pour avoir les réponses à tes questions, expliqua sa camarade.

- Oui, tu as raison, répondit la rouquine en hochant la tête, je te remercie Fauve.

- Tu n'as pas à le faire, c'est pour l'année dernière, dit la concernée en lui faisant un sourire. »

Pour seule réponse, Evans lui fit un grand sourire en comprenant le sous-entendu de sa nouvelle amie qui sortait désormais avec Sirius Black au plus grand malheur de toutes les filles dans Poudlard. Néanmoins ne disait-on pas, le malheur des uns fait le bonheur des autres ? Et dans le cas de Fauve, il était évident qu'elle était heureuse.

Lily ne l'avait jamais vu aussi réjouissante et vivante depuis son entrée à Poudlard. Peut-être que Fauve avait raison ? Peut-être était-il temps de mettre un peu sa rancune de côté envers Potter et d'apprendre à le connaître ? Après tout, ce n'était pas comme ci elle avait le choix, désormais elle vivait avec lui dans le même appartement. Il allait bien falloir faire des conciliations pour que cette cohabitation fonctionne. Elle vit alors Fauve ranger ses affaires dans sa besace.

« Tu as terminé ? S'enquit Lily en l'observant se relever.

- Oui, je vais déposer mes affaires au dortoir et me rendre à la grande salle, l'informa la jeune fille. Tu restes ?

- Je veux terminer ce devoir, à tout à l'heure, dit Evans en lui faisant un signe de la main tandis que sa nouvelle amie s'en allait de la bibliothèque. »

Refermant la porte de la bibliothèque derrière elle, Fauve remonta l'anse de sa besace sur le haut de son épaule, partant en direction de sa salle commune. Il était tard et la nuit commençait à tomber, l'automne n'allait pas tarder à arriver, l'un des dernier qu'elle allait vivre dans ce château. Elle n'avait pas l'impression que sept années s'étaient écoulées, elle y avait vécu tant de choses, de bonnes comme de mauvaises et pourtant, malgré tout, elle en garderait de bons souvenirs.

Accélérant le pas, elle avait hâte de retrouver Sirius au coin du feu, c'est alors qu'elle entendit des pas derrière elle qui semblèrent suivre son rythme de marche. Interloquée, elle s'arrêta et se retourna brusquement pour ne voir personne. A la lumière des torches, elle ne vit strictement rien, et pourtant elle n'était pas folle, elle avait bien entendu des bruits de pas. Fauve secoua la tête, resserrant son écharpe autour de son cou comme pour se rassurer, ne pouvant s'empêcher de repenser aux paroles de Black elle devait se montrer prudente.

Elle mit alors sa main dans la poche où logeait sa baguette, puis reprit sa marche, doucement, tout en étant à l'écoute du moindre bruit. Son cœur se mit alors à cogner violemment dans sa poitrine en entendant à nouveau des bruits de pas, ils étaient légers, mais bien présent. Grey déglutit passablement, se demandant qui cela pouvait bien être ? Etait-ce une blague de mauvais goût pour lui faire peur ? Ou bien était-elle en train de délirer ?

Il était hors de question, qu'elle se fasse à nouveau avoir, elle ne se laisserait pas faire ! Elle stoppa brutalement dans sa progression puis se retourna vers son poursuivant qui recula d'un mètre. Etonné, il mit ses mains devant lui quand il aperçut Fauve armée de sa baguette, ses yeux emplis d'une détermination sans faille. A cet instant, elle faisait réellement peur.

« Remus, souffla-t-elle en sentant un poids s'envoler de ses épaules, c'était toi, murmura-t-elle en baissant sa baguette, qu'elle rangea dans sa poche.

- Bien entendu, qui croyais-tu que c'était ? Pardonne-moi si je t'ai fais peur, s'excusa le concerné en posant une main sur son épaule.

- Ce n'est rien, j'ai juste paniqué, dit-elle en riant nerveusement. »

Remus l'observa quelques instants, sentant clairement la peur ancrée en elle. Il s'approcha alors de Fauve et l'enlaça tendrement, pouvant sentir son odeur et celle de Sirius. Un fin sourire s'étira sur ses lèvres à cette constatation, ces deux là ne se décollaient plus depuis les vacances d'été et Lupin était loin d'être bête. Il avait parfaitement compris qu'aux sourires béats de Sirius et ceux de son amie, qu'ils avaient dû concrétiser leur amour. Il remarqua alors qu'il faisait une bonne tête de plus qu'elle et paraissait si menue dans ses bras, lui rappelant à quel point ils avaient grandis et qu'ils n'étaient plus des enfants.

« Tu n'es plus seule maintenant, tu rentrais à la salle commune ?

- Oui, répondit-elle en rendant l'étreinte à son ami.

- Je te raccompagne, dit-il en se détachant de sa meilleure amie qui paraissait plus sereine. »

Il la vit alors opiner de la tête tandis qu'il se mit à ces côtés pour marcher, reprenant leur route. Elle paraissait songeuse et ne cessait de se mordiller les lèvres, se sentant observer, elle tourna la tête vers Moony qui lui fit un grand sourire.

« Je me rends compte à quel point nous avons grandis, souffla Remus en posant une main affectueuse sur la tête de Fauve.

- Oh, je me faisais la même réflexion avant que tu n'arrives, à quel point le temps était passé vite dans ce château, je n'ai pas la sensation que cela fait sept ans que nous nous connaissons, dévoila la concernée. Cela remonte à si loin et pourtant, j'ai l'impression que c'était encore hier que je te donnais mon devoir à la bibliothèque, confia Grey en croisant son regard ambré.

- Oh oui, je m'en souviens, c'est sans doute le premier contact que nous ayons eu, ria Remus au souvenir.

- Et quel contact, reprit Grey en se remémorant la scène. Tu sais, c'est grâce à toi si je suis ici, heureuse, lui révéla-t-elle en s'arrêtant face à Remus, surprit par une telle confidence.

- Je ne pense pas, Sirius est….

- Non, le coupa-t-elle en ancrant ses yeux dans les siens. Tu, tu ne comprends pas Remus, c'est toi qui est venu vers moi, c'est toi qui a appris à me connaître en premier, qui a pris soin de moi, qui m'a protégé, je, bien sûr Sirius m'a beaucoup aidé et je l'aime plus que tout au monde, assura-t-elle. Mais sans toi, je n'aurais jamais réussi à sortir de mon cocon et… »

Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase, qu'elle sentit deux bras s'enrouler chaleureusement autour d'elle, la serrant fortement contre lui, humant l'odeur de ses cheveux qui l'avait tant de fois apaisé dans les moments douloureux. Il se sentait touché et émue par sa déclaration à laquelle il ne s'était pas attendu. Comme toujours, elle arrivait encore à le surprendre. Elle le touchait en plein cœur comme elle savait si bien le faire. Lui aussi, pour lui aussi, elle était importante et resterait à jamais un trésor à ses yeux. Elle l'avait consolé de nombreuses fois, elle l'avait écouté, elle avait toujours été là pour lui.

Son amitié était un cadeau de la vie qu'il chérirait jusqu'à sa mort.

« Je ne regrette pas de m'être installé avec toi ce jour là, à la bibliothèque, lui chuchota-t-il tendrement à l'oreille. Je me souviens encore de cette petite fille sur le quai, tu paraissais si perdue et esseulée, mais aujourd'hui, je suis heureux de tenir une ravissante jeune fille entre mes bras, respirant la joie de vivre…

- J'ai peur Remus, j'ai peur de tout perdre, parfois je me dis que tout cela est trop beau pour être vrai et à l'extérieur, à l'extérieur cette guerre, cette guerre…

- Je sais, répondit-il la gorge serré. Sirius est avec toi, je serais là aussi, toujours, je te l'ai promis, assura Lupin en la serrant un peu plus fort pour la rassurer sur l'avenir qui se profilait devant eux. »

Il la sentit alors hocher de la tête contre son torse, ses mains s'accrochant à sa cape. Lui aussi avait peur, ce château avait été leur maison et un endroit sécurisant, bientôt, ils allaient devoir se débrouiller par eux-mêmes, se confronter à d'autres problèmes que la réussite de leurs examens. Il savait que des temps troubles les attendaient dehors. Il savait que cette guerre qui n'en finissait pas, viendrait à les mettre tous en péril…

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La porte du dortoir venait de claquer, faisant sursauter Peter qui se tortillait sur place tandis que Remus ferma les yeux face à ce bruit sourd. Il ré-ouvrit alors ses paupières et vit James avec Sirius totalement fou de rage. Lupin sentait que la dispute n'allait pas tarder à exploser et pour cause, ils venaient, à l'instant même, se faire prendre la carte des Maraudeurs par Rusard.

« Peut-être pourrions nous essayer de la lui reprendre dans son bureau, après tout…

- La ferme Peter ! scanda Sirius le regard plus sombre que jamais. C'est entièrement de ta faute si nous en sommes là !

- Sirius, réprimanda Moony en plissant les yeux.

- C'est strictement la vérité Remus ! répliqua avec ardeur le concerné qui observait Wormtail avec un agacement non feint. Si cet imbécile n'avait pas paniqué comme un lâche, il n'aurait jamais abandonné la carte aux mains de Rusard ! cracha-t-il avec véhémence.

- C'est une erreur et je pense que Peter s'en veut suffisamment pour le lui reprocher et…

- Tais-toi Remus ! somma James en se pinçant les lèvres et l'arrête de son nez avec ses doigts. Cesse de le défendre ainsi ! Il est assez grand pour prendre, une fois dans sa vie, ses responsabilités ! décréta Potter en foudroyant Peter du regard qui se rapetissa. Comment, comment as-tu pu laisser la carte entre les mains de Rusard ? Nous y avions travaillé durement et…

- Mais, mais, se défendit Peter en baissant la tête n'osant pas affronter le regard accusateur de ses amis. Elle m'a échappé dès mains lors de notre course poursuite et il y avait Miss Teigne, je…

- Tu aurais dû t'arrêter et aller la récupérer, tu aurais dû faire preuve d'un peu de bravoure au moins une fois, stipula James d'un ton dur.

- Je me serais fais attrapé et…

- Et tu aurais eu une retenue ? compléta Sirius furieux. Combien de fois t'avons nous couvert ? Combien de fois avons-nous eu de retenue pour toi ? Combien de fois Peter ? cracha Black en marchant d'un pas déterminé vers son camarade de chambre.

- Je, je, je, ne sais pas, bafouilla Wormtail se sentant de plus en plus mal sous le regard noir de Padfoot. Plusieurs fois, je…

- Tu ne les as pas comptés ? C'est cela ? Nous non plus, parce que tu es notre ami, mais cela semble bien trop compliqué à comprendre pour ta simple petite caboche qui te sert de cerveau, siffla Sirius en le regardant de haut.

- Sirius ! rappela Remus en serrant les poings. Tu vas trop loin, calme toi ! Tu…

- Je quoi ? Tu juges que je vais trop loin dans mes propos ? rétorqua Black. Pendant ces sept années, nous l'avons couvé, aidé, protégé et lui, précisa-t-il en le pointant de son index quelque peu tremblant par la colère qui le submergeait, lui n'a su que nous mettre à la traîne, continuellement ! Dans quelques mois nous serons tous dehors dans une guerre impitoyable et les faibles en son genre n'ont que peu de chance de survivre ! Il serait temps qu'il se réveille et cesse de compter sur nous ! finit d'ajouter Sirius. »

Un silence effroyable vint alors s'installer, chacun se regardant, réfléchissant aux propos énoncés par Sirius qui ne semblait pas pouvoir décolérer. Quant à Peter, celui-ci ne savait plus où se mettre, se sentant accablé de tous les côtés, il jeta un œil vers Remus qui paraissait mortifié, baissant la tête, s'avouant comme vaincu par les paroles de leur ami commun.

Alors voilà, lui aussi pensait exactement la même chose que Black et Potter. Il savait pertinemment qu'il n'avait rien d'un héros et d'une personne ayant suffisamment de caractère pour s'imposer, mais se l'entendre dire par eux, lui donnait un goût amer dans la bouche.

Il déglutit passablement, ne sachant quoi dire ou quoi faire pour apaiser leur colère, où plutôt si, il avait bien une idée récupérer la carte. Seulement, il s'en pensait incapable. Il craignait bien trop de croiser Rusard avec Miss Teigne et d'en payer les pots cassés. Ils avaient raison ce n'était qu'un faible et qu'un lâche.

« Tu n'as rien à ajouter Peter ? Rien à dire par rapport aux propos de Sirius ? demanda James en le fixant intensément. »

Le concerné releva la tête, passant son regard de Sirius à James, de James à Remus. Que pouvait-il dire ? Que pouvait-il ajouter ? Qu'attendaient-ils de lui ? Ils avaient raison, il avait tord, point final. Pour seule réponse, il baissa à nouveau la tête, observant ses pieds sous le soupir exaspéré de Sirius qui s'en alla du dortoir en claquant à nouveau la porte, tandis que James pesta de voir son meilleur ami partir ainsi, le rejoignant à son tour. Seul Remus resta quelques instants avec lui pour ensuite sentir la main réconfortante de Lupin sur son épaule.

« Ils sont en colère, mais demain ça ira mieux et ils t'auront pardonné, rassura Moony avec un sourire à son encontre. »

Peter ne put que hocher de la tête, néanmoins, il fut incapable de dire à son ami que lui, par contre, ne pourrait jamais oublier. Cette soirée là, Wormtail réalisa à quel point le fossé qui le séparait avec eux trois, était énorme. Il n'était pas aussi courageux que James, pas aussi loyal que Sirius, pas aussi intelligent que Remus, non, lui, n'avait rien de tout cela et ne pourrait jamais l'obtenir, tout du moins, pas naturellement…

Il fit alors un sourire qui se voulut sincère envers son camarade de chambre, mais se sourire ne fut en rien franc et droit, il était juste emplit d'hypocrisie et de sournoiserie, bernant Lupin dans ses fausses idées. Les bernant tous, jusqu'à ce jour fatidique…

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Novembre 1977.

C'était le jour de son anniversaire à lui.

Sirius venait d'avoir dix-sept ans, il était désormais majeur dans le monde des sorciers et libre de faire ce qu'il nouvelle fois, elle avait la chance de le passer à ces côtés. La soirée avait été mémorable entre la boisson, les victuailles récupérées à la cuisine de Poudlard ou bien les cadeaux qu'avaient reçu Sirius. Étonnement James n'avait pas trop fait de blagues et sans doute que la présence de Lily y était pour beaucoup. Elle avait pu le voir discuter avec elle sans qu'aucune dispute n'éclate.

Fauve n'avait pu s'empêcher de se sentir heureuse pour James et surtout contente que Lily ait pu écouter ces conseils. Ces deux-là s'étaient énormément rapprochés depuis la rentrée et son petit doigt lui disait que prochainement, ils allaient avoir une surprise de leur part. Tout du moins, elle l'espérait du plus profond de son cœur parce qu'elle considérait que Potter le méritait. Il aimait Lily comme un fou, il fallait vraiment être aveugle pour ne pas le voir ou l'ignorer.

Assise entre les bras de Sirius, comme chaque soir, elle soupira de sérénité ou presque en se souvenant de l'absence de leur ami commun Peter, lors de cette soirée festive. Elle avait remarqué que depuis plus d'une semaine, les garçons paraissaient en froid avec lui, ne lui accordant que quelques paroles ou regards. Généralement, elle avait pour principe de ne jamais s'en mêler, considérant qu'elle ne faisait pas réellement partit de leur groupe pour comprendre ou juger, mais, Peter n'était pas un mauvais bougre.

Elle trouvait étonnant que les garçons gardent une rancune aussi tenace vis-à-vis de lui. Elle avait bien vu Remus parler au maraudeur néanmoins il était bien le seul, Sirius et James semblaient l'ignorer avec une détermination sans faille.

Pourquoi ?

Elle sentit alors les mains de Sirius se resserrer autour de sa taille, la serrant un peu plus fortement contre lui tandis qu'il posa son menton sur son épaule droite, tout en fixant le feu qui brûlait dans l'âtre.

Fauve ferma les yeux, savourant ce moment de complicité dont elle se délectait à chaque fois. Sentir sa chaleur, son odeur, son souffle dans son cou, c'était quelque chose dont elle ne pourrait plus se passer. Elle passait pratiquement toutes ces soirées avec Sirius puisque James était constamment avec Lily pour faire leurs rondes ou devoirs de préfet en chef. Cependant, ce n'était pas pour lui déplaire, l'avoir juste pour elle, était un doux rêve auquel elle n'avait jamais trop osé y croire.

Pourtant, il était bien là et désormais lié comme jamais.

Aux souvenirs des vacances d'été et du corps nu de Sirius contre le sien, ses joues s'enflammèrent aussitôt sous le regard interrogateur du concerné qui lui murmura

« A quoi penses-tu ?

- Oh, à rien de… »

Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase, qu'elle sentit les mains de Sirius la repousser pour l'allonger sur le tapis, la faisant ainsi basculer sous lui. A cheval sur elle, maintenant ses mains au-dessus de sa tête, ses cheveux libres faisant une auréole autour de son visage, il plongea ses yeux dans les siens, un léger sourire en coin.

« Si je ne vous connaissais pas Miss Grey, je dirais que vous êtes une sacrée petite coquine, lui souffla–t-il en apercevant le visage mortifiée de sa petite amie.

- Je, NON ! s'exclama –t-elle en s'arrachant de sa poigne tout en lui donnant une tape sur l'épaule qui le fit d'autant plus sourire. A quoi penses-tu ?

- A toi de me le dire, lui rétorqua-t-il en n'étant plus qu'à quelques centimètres de son visage.

- Espèce de, de, de, bafouilla-t-elle en rougissant, d'accord, concéda-t-elle en digne Gryffondor qu'elle était, je repensais seulement à nos vacances d'été, avoua Fauve en faisant la moue.

- Seulement à nos vacances d'été, reprit-il en faisant mine d'être vexé, comment peux-tu dire « seulement », dramatisa Sirius avec une éloquence non feinte, c'était bien plus que de simples vacances, ajouta-t-il d'un air charmeur.

- Hum, oui sans doute, dit-elle gênée en détournant les yeux.

- J'ai particulièrement aimé le moment où tu m'as griffé le dos en gémissant mon prénom, la taquina-t-il en se retenant de rire quand il vit ses joues virer au rouge et son air outré. Est-ce que tu crois… »

Cette fois-ci, se fut à son tour d'être surpris en sentant les mains de Fauve s'enfouir dans ses cheveux et plaquer sa bouche contre la sienne pour le faire taire. Il la fit alors basculer sur lui, assise à califourchon sur ses cuisses, il pouvait admirer la rougeur de ses joues, l'amusant quelque peu. Elle portait vraiment bien son prénom, elle pouvait être si sauvage et si surprenante. Elle prenait de plus en plus d'assurance et ce n'était pas pour lui déplaire.

Il aimait ça.

Il aimait la voir aussi vivante, aussi taquine, aussi joueuse, des facettes de sa personnalité qu'il n'avait jamais connu jusqu'à lors. Quelque part, c'était une petite fierté personnelle, se disant que c'était sans doute grâce à lui.

« Sirius, l'appela-t-elle en le sortant de ses pensées. Je me mêle peut-être de ce qui ne me regarde pas, mais, Peter, que se passe-t-il avec lui ? »

Le concerné fronça des sourcils, absolument pas étonné qu'elle ait remarqué leur changement de comportement avec lui, après tout, elle était toujours aussi observatrice, beaucoup trop pour leur propre bien. Cependant, il était surpris par cette remarque, avant, elle n'aurait jamais osé leur poser directement une question sur leur groupe.

« Pourquoi cela t'inquiète –t-il ? lui demanda Sirius en caressant sa joue.

- Vous êtes toujours ensemble, même l'année dernière avec le saule cogneur n'a pas suffit à vous séparer, lui rappela Fauve en le sentant se tendre sous elle à ce souvenir douloureux pour lui.

- Tu as raison, admit Sirius en soupirant. Peut-être sommes-nous un peu trop dur avec lui, soumit-il en plongeant à nouveau ses yeux dans les siens. James est en colère après lui…

- Toi aussi, nota-t-elle, seul Remus semble encore lui parler, est-ce si grave ?

- Il a perdu un objet de notre fabrication personnelle, révéla Sirius. Nous, nous avions créé une carte, renchérit-il devant son air interrogateur.

- Une carte ?

- Elle nous permettait de suivre les mouvements de chaque personne dans ce château, ajouta-t-il en glissant une main dans ses cheveux. »

Elle comprenait mieux maintenant comment Remus et lui-même avaient pu la retrouver aussi facilement durant ces années. Ingénieux mais venant de leur part cela ne la surprenait que peu.

« Elle est impossible à récupérer ?

- Il l'a perdu et Rusard l'a ramassé, peut-être va-t-il la jeter ou bien même la garder dans son bureau, mais autant chercher une aiguille dans une meule de foin, confia Padfoot. Qu'il l'ait perdu est une chose sur laquelle nous aurions pu passer, c'est juste que Peter est trop…

- Couard ? compléta Fauve le visage grave. Ne nous sommes pas tous courageux, le sermonna-t-elle.

- Il est à Gryffondor pardi ! s'exclama Black en fronçant des sourcils.

- C'est simplement le nom d'une maison avec des qualités généralisées, que tu peux retrouver chez d'autres élèves dans d'autres maisons, c'est une étiquette, rien de plus, rien de moins, répondit-elle calmement. Peter n'est pas aussi fort et courageux que vous trois, il a besoin de vous pour cela, ajouta Fauve en lui tenant tête.

- Je le sais bien, mais il y a une guerre à l'extérieur de ces murs, et ce genre de comportement est à proscrire pour vivre, il pourra compter sur nous mais nous, pourrons nous compter sur lui ? rétorqua Sirius à l'encontre de sa petite amie qui comprit où il voulait en venir.

- Si vous commencez à douter des uns et des autres avant même d'être sortit, alors votre amitié ne tiendra pas, répondit-elle d'un air grave. »

Sirius en était conscient, il ne le savait que trop bien et cette perspective l'effrayait. Cependant, la réalité des choses était celle-ci, même s'ils étaient unis comme les doigts d'une main, leur amitié aussi forte soit-elle prenait une direction différente. James avait cessé les blagues, fréquentant de plus en plus régulièrement Lily qui ne tarderait pas à devenir sienne. Remus, lui, ruminait de plus en plus sa sortie du château, sachant par avance l'avenir sombre et compliqué qui l'attendait avec son statut de Loup-garou. Quant à lui, il sortait avec Fauve s'en savoir exactement quel avenir les attendait. Il restait Peter, le petit Peter qui ne paraissait pas vouloir grandir, se contentant de les suivre sans se poser de questions et c'était cela qui chagrinait James et Sirius.

Cependant, les paroles de Fauve avaient pour mérite de faire réfléchir, peut-être étaient-ils trop dur avec lui ? Peut-être devraient-ils aller le voir et lui reparler ? Après tout, ce n'était qu'une carte, il n'y avait pas eu mort d'homme.

« J'irais voir James pour le résonner et qu'on aille parler à Peter, déclara Sirius en passant sa main dans la nuque de Fauve pour l'obliger à se pencher vers lui et lui voler un tendre baiser. »

Pour seule réponse la concernée lui lança un grand sourire, se pelotonnant contre le torse de son amant, sans savoir que son intervention aussi anodine soit-elle, pouvait avoir des conséquences irréversibles sur l'avenir qui les attendait…


Tadam ! Alors, est-ce que ce nouveau chapitre vous a plu ?

Pas mal de choses, et surtout dans cette dernière ligne droite, je vais introduire Peter et les Maraudeurs qui inconsciemment prennent une distance, leur chemin commençant à se faire naturellement et à prendre des directions différentes...Qu'en avez vous pensez de cette dispute à cause de la carte perdue ? Nous savons par JKR qu'elle a été perdue lors de leur dernière année, ni comment, par qui, alors j'ai imaginé cette scène...

Sirius et Fauve qui commencent à se poser des questions sur l'avenir et un mini Lemon qui j'espère vous aura plus, je n'ai pas voulu aller dans les détails, pour garder un peu de cette magie et de cette innocence que l'on a quand nous sommes adolescent...

Scène entre Remus et Fauve qui ressassent le passé, celle-ci et la prochaine qui se tiendra dans le chapitre suivant, me tenait énormément à coeur, car le début de la fic, commence par l'amitié entre Remus et Fauve et il me paraissait logique, qu'entre deux, un lien s'était tissé, un lien différent qu'entre Sirius/Fauve, mais tout aussi fort. Remus jouera un rôle important...J'espère que les voir tous les deux vous aura touché...

A votre avis, est-ce que Fauve a rêvé quant à un poursuivant dans le château ? Si non, qui cela pourrait-il être ?

Je vous laisse réfléchir sur la suite...Le dernier chapitre de leur dernière année...

Et vu que j'ai tardé à publier celui-ci, je vous fais le cadeau de poster le prochain dès 5 reviews atteintes et peu importe les moyens employés...Agissez tel des Maraudeurs XD...

Merci pour votre lecture et soutien !

A bientôt.