Chapitre 26 : Time Turner
Été 1993.
Il était tard, la nuit venait de tomber, au loin on pouvait voir une petite chaumière illuminée et dont de la fumée sortait par la cheminée allumée. Il était vrai que la soirée était particulièrement fraîche et humide pour un 31 juillet.
Avançant d'un pas régulier dans la pénombre de la nuit, il ne fallut que quelques minutes au sorcier pour pénétrer dans le petit jardin délimité par une petite clôture. Il devait reconnaître que les sortilèges apposés autour de son habitation, pour le garder loin des gens, étaient particulièrement bien réalisés. Remus Lupin lui démontrait une fois de plus son intelligence et sa maîtrise de la magie.
Il ne faisait aucun doute qu'il était le plus apte à prendre le poste vacant de Professeur contre les forces du mal. Maintenant, il allait falloir réussir à le convaincre et cela, c'était une autre paire de manche. Néanmoins, il avait un atout non négligeable. Un atout qui lui permettrait de le faire revenir dans le monde des sorciers.
Il porta sa main contre la porte en bois, toquant plusieurs fois avant de se voir ouvrir la porte en question pour y laisser apparaître Remus, suspicieux, la baguette en main.
« Remus, souffla Albus avec un léger sourire. Quel plaisir de vous revoir, me permettez-vous d'entrer ? La nuit est fraiche et mes articulations me le rappellent douloureusement, confia le directeur en plongeant son regard dans celui de son ancien élève.
- Qui me dit que c'est bien vous, professeur ?
- Oh oui, je vois, répondit le concerné. On n'est jamais trop prudent, eh bien, si je vous dis vous avoir offert une part de gâteau au chocolat pour votre amie Grey à Poudlard, est-ce que cela ira ?
- Quelle année ? déclara Lupin les yeux plissés.
- Deuxième année, précisa Dumbledore en attendant que le jeune homme en face de lui veuille bien le laisser rentrer dans sa demeure.
- Pardon Professeur, c'était juste par mesure de précaution, je me méfie depuis que…enfin…Entrez, finit-il par dire en ouvrant la porte. »
Il suivit alors Remus jusqu'à la cuisine où celui-ci semblait se préparer un thé, la bouilloire commençant à siffloter dans le silence taciturne de la maison. Albus laissa son regard vagabonder sur les lieux, découvrant un ou deux cadres photos représentants ses amis morts.
« Voulez-vous un thé Professeur ?
- Pourquoi pas, accepta-t-il en se retournant vers Remus qui lui montra, de sa main droite, une chaise où s'installer. »
Sans tarder Dumbledore prit place tandis que le jeune Lupin versa le liquide chaud dans les deux tasses qui s'opposaient. Remus jeta un coup d'œil au directeur de Poudlard venant lui rendre visite. Il n'était pas étonné de le voir ici, ce soir, sans doute à cause de l'évasion de Sirius, tout comme il n'était pas surpris qu'il ait réussit à le retrouver malgré ces sortilèges de protections et manque d'investissement dans le monde des sorciers.
Cela allait faire douze années qu'il s'était rendu à cette vie monotone et placide. La mort de Lily et James avait fini par lui casser tout espoir de revoir Fauve. Cette époque révolue lui broyait le cœur. Les souvenirs trop douloureux, trop de regrets, trop d'amertume.
« Que me voulez-vous Professeur Dumbledore ? S'enquit Remus en prenant place face au sorcier qui, accoudé sur la table, croisa ses mains, posant son menton contre.
- Je suppose que vous avez lu la gazette sur sorcier ?
- Il m'arrive de le faire encore, en effet, approuva Lupin. J'ai lu l'évasion…
- Oui, bien sûr, je serais curieux de savoir comment il a pu réussir cet exploit, mais je suppose que vous en avez aucune idée ? demanda Albus d'un ton où se sentait l'ironie.
- Non, en effet, je suis comme vous tous, je ne sais pas, mentit Remus en baissant la tête pour voir son reflet dans le liquide ambré de sa tasse. »
Comment lui dire ? Comment lui avouer que Sirius, James, Peter étaient devenus des Animagus illégaux, juste pour lui, sous les yeux de tous. Impossible. C'était comme s'il avait trahis la confiance du directeur qui lui avait offert les portes du château et son enseignement malgré son statut.
Trop de culpabilité.
Trop de mensonges.
« Je suis venu pour vous parler d'un poste libre au sein de Poudlard, notre professeur contre les forces du mal, nous à malheureusement quitté fin juin…
- Est-ce que cela à un rapport avec les enfants pétrifiés dont parlait la gazette ? interrogea Remus curieux.
- Oui, en effet, voyez-vous, Harry est Foucherlang et grâce à ce don, si je puis dire, il a réussit à découvrir l'endroit de la chambre des secrets, y pénétrer, tuer le basilic ayant pétrifiés plusieurs élèves et sauver la jeune Weasley, expliqua rapidement Albus en s'étant attiré toute l'attention de son ancien élève. Il ressemble à James…
- Je…Je sais, je, j'ai vu une photo de lui dans la gazette l'année dernière avec Gilderoy Lockhart, déglutit Remus en serrant fortement sa tasse entre ses doigts.
- Ne souhaiteriez-vous pas le rencontrer en personne ?
- Je, je ne suis rien pour lui, seulement une image du passé, murmura douloureusement Lupin.
- Moi je suis certain que vous auriez à apprendre de lui, tout comme il serait ravi de rencontrer un ami de ses parents, ajouta le directeur en plongeant ses yeux bleus dans le regard torturé de Lupin.
- Que voulez-vous que je lui apprenne d'autre sur ses parents ? Cela remonte à si loin maintenant et les regrets n'ont jamais été aussi amers…
- Douze années, déclara Albus. Je sais, c'est difficile, mais Harry à besoin d'une protection et vous êtes doué en défenses contre les forces du mal, vous auriez beaucoup à lui apprendre…
- Il est à Poudlard, que peut-il craindre ? rétorqua abruptement Remus.
- Sirius, soumit Albus d'un air posé. Il peut très bien vouloir finir le travail qu'il a commencé en assassinant ses parents… »
Un éclair de douleur traversa le regard de Remus qui baissa aussitôt la tête face aux souvenirs amers. Sirius, son ami le chien, si au début il n'avait pu se résoudre à croire en sa culpabilité, le temps avait fini par faire son effet. Maintenant, il en était tout autre, Lupin s'était persuadé du contraire, croyant comme tout le monde en la trahison de Sirius Black. Pourquoi ? Parce qu'il avait eu beau retourner la situation dans tous les sens, il y avait ce fait indiscutable ; il était le gardien secret des Potter.
« Remus, pourrais-je compter sur votre soutien ? L'interpela le directeur en le sortant de ses sombres pensées. Le château va être entouré et surveillé par des Détraqueurs, vous savez qu'on ne peut compter sur une telle protection, répliqua-t-il en buvant une gorgée de son thé.
- Je, je suis désolé Albus, bafouilla Moony ne sachant pas comment lui dire qu'il n'en avait pas envie. »
Bien entendu, il se rendait compte de la proposition du directeur, avoir un poste, un travail à temps plein en tant que Professeur à Poudlard était une occasion rêvé pour lui : loup-garou qu'il était.
Depuis combien d'années n'avaient-ils pas eu un emploi fixe ?
A vrai dire, jamais. Il avait dû enchaîner les petits boulots dès lors sa sortie de Poudlard, parfois obligé de s'expatrier loin, enchaînant les absences longues et injustifiées, n'osant pas le spécifier à ses anciens amis. Il n'avait jamais voulu les inquiéter de son sort. Seule Fauve savait, c'était la seule à qu'il s'était confié parce que, encore une fois, malgré l'éloignement, elle avait vu. Elle avait lu en lui comme dans un livre ouvert. Elle l'avait obligé à lui parler, à lui dire la vérité.
Elle avait voulu l'aider, essayer de lui trouver un travail au ministère mais il avait refusé, ne voulant pas empiéter sur sa carrière. Fichue fierté de Gryffondor. Peut-être aurait-il dû ? Peut-être que cela lui aurait permis de garder un œil sur elle ? Peut-être aurait-il pu la sauver lors de cette nuit de Juin 1981 ? Peut-être que les choses en auraient été différentes ?
« Remus, vous n'êtes pas seul, prononça calmement Albus en sortant le concerné ces sombres pensées. Elle est vivante… »
Lupin lâcha aussitôt sa tasse, sentant son cœur faire un bond dans sa poitrine face à l'allusion du vieux sorcier. Qu'était-il en train de lui dire ? De qui lui parlait-il ?
« Vous savez bien de qui je veux parler, votre amie de toujours, cette petite fille à qui vous avez offert votre amitié et cette part de gâteau au chocolat…
- Fauve, osa souffler Remus comme s'il craignait que prononcer son nom ne rende tout cela moins réel.
- Oui, elle-même, elle a survécu, Severus a réussi à la sauver du guêpier où elle était prisonnière, grâce à l'intervention de sa sœur aînée…
- Eileen, non, non, impossible, elle, elle l'a détesté, elle n'aurait, jamais, jamais…
- La haine se rapproche sensiblement de l'amour, il n'en reste pas moins, qu'elles étaient reliées par les liens du sang. Etant la femme d'Evan Rosier, elle a pu contribuer à sa libération dès cette soirée fatale à Lord Voldemort, mais peut-être voudriez-vous lui demander vous-même ?
- Moi-même, la, la revoir ? Vrai-vraiment ? murmura Remus les yeux pleins d'espoir.
- Oui, bien sûr, sachez qu'elle vous cherchait depuis douze ans, mais vous ne nous avez pas rendu la tâche facile en vous éloignant ainsi du monde des sorciers, abandonnant la magie et votre nom, répondit le vieux sorcier en le fixant intensément. Alors ? Souhaitez-vous la voir ? »
Fauve.
Le dernier souvenir qu'il avait d'elle, c'était peu de temps avant sa disparition. Qu'avait-elle pu avoir vécu ? Qui l'avait capturé ? Pourquoi ? Et Sirius, son emprisonnement, la mort de Lily et James, ainsi que celle de Peter, comme l'avait-elle vécue ? Elle s'était à nouveau retrouvé seule, il avait abandonné tout espoir de la revoir un jour et voilà, qu'on lui annonçait qu'elle était vivante.
Après tant d'années, après tant de larmes de versées.
Il avait peur de la revoir, peur que cela ne remonte trop de mauvais souvenirs en lui, ces derniers temps, il préférait fuir plutôt qu'affronter le passé. D'autant plus, qu'elle aussi avait dû souffrir, pleurer, comment s'en était-elle sortie tout au long de ses années ? Elle qui pouvait être si forte et si fragile à la fois. Cependant, l'évasion de Sirius, puis la révélation sur son amie lui donnait envie de la revoir, de lui parler, de retrouver ce sentiment de quiétude à ses côtés.
Il voulait s'assurer de ses propres yeux qu'elle était en vie et en bonne santé.
Il voulait la serrer à nouveau dans ses bras et ce fondre dans son odeur.
Il voulait retrouver son affection et sa tendresse, parce qu'il en avait cruellement besoin pour avancer.
« Oui, répondit Lupin plus déterminé que jamais.
- Elle habite dans une petite maison, retirée comme vous, la chaumière Twinkle Star, en écosse sur l'île de Skye, je suis certain qu'elle sera ravit de vous revoir, elle possède une cheminée qui communique avec le réseau sorcier, l'informa-t-il. Quant à ma proposition, réitéra-t-il en appuyant son regard.
- Je vais y réfléchir, confia Moony.
- Je vois, eh bien, il ne me reste plus qu'à me retirer et vous laisser tranquille mon cher Remus, j'attends avec impatience votre réponse par hibou, ajouta Dumbledore en se relevant de sa chaise.
- Professeur, comment…comment, m'avez-vous retrouvé ?
- Oh, ça, même dans la pénombre, la lumière survient toujours pour y guider celui qui en a besoin, répondit mystérieusement Albus avec un léger sourire. Au revoir Remus, je vous dis à bientôt mon ami, la rentrée se fait toujours le 1er septembre… »
Et sans un mot de plus, sans pouvoir ajouter quoi que ce soit d'autre, le directeur de Poudlard disparut dans un « flop », laissant à nouveau Remus seul et plus désemparé que jamais. Il porta une main devant ses yeux, pourquoi fallait-il qu'il soit toujours aussi persuadé que les choses allaient se dérouler comme il se l'imaginait ?
Il avait parfois la sensation de se faire manipuler et Lupin savait pertinemment que s'il était venu ce 31 juillet 1993, c'était pour lui rappeler l'anniversaire d'Harry. Tout comme, lui annoncer que Fauve était vivante, n'était pas du tout anodin, il attendait de lui une sorte de compensation. Dumbledore ne faisait rien au hasard et c'était ce qui dérangeait Remus.
Dans quoi s'embarquait-il ? Il devait aller rendre une visite à son amie. Il devait revoir Fauve et lui parler, remettre le passé au goût du jour et peu importe la souffrance…
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Assis à la terrasse de Florian, Hermione, Ron et Harry discutaient vivement de l'école et des achats pour l'année qui s'annonçait. Il pouvait bien les entendre converser de là où il était ; dans la poche de son maître Ron.
Cela faisait douze années qu'il se trouvait être dans cette famille de sorciers au sang-pur. Douze années qu'il se cachait sous cette forme et à vrai dire, il commençait à bien s'en accommoder. Personne ne pouvait le retrouver, ni les partisans de Voldemort et encore moins ceux qui pourraient avoir des soupçons sur sa prétendue mort ; ses anciens amis.
D'autant plus qu'il avait eu cette chance que son maître soit ami avec le fils de Lily et James, comme quoi, le destin était à nouveau en sa faveur. Il pouvait ainsi écouter et s'informer sur Harry, qui sait, peut-être qu'un jour cela lui serait-utile ? Et peut-être beaucoup plus vite qu'il ne l'aurait cru ? Jusqu'à maintenant, il s'était cru en sécurité mais maintenant, il ne pouvait définitivement plus se reposer sur ses acquis…
Pourquoi ?
La réponse se résumait en un seul mot, en un seul prénom qu'il redoutait plus que tout ; Sirius.
Sirius Black venait de s'évader de prison, son ancien ami, celui-là même qu'il avait trahit et fait envoyer injustement en prison. Cependant, dire qu'il éprouvait une once de regret aurait été mentir, encore une fois, mais il en avait l'habitude maintenant.
Néanmoins, au fond de lui, une petite partie de son âme en était satisfait, heureux de ce qu'il avait réussi à faire. Le pauvre, faible et benêt Peter avait trompé ses amis sans qu'ils ne s'aperçoivent de rien, sauf peut-être l'autre, mais tout cela était la faute de Rosier qui n'avait pas su tenir sa langue.
Imbécile, sombre crétin. Sinon, il les aurait tous bernés jusqu'à la toute fin et si Voldemort n'avait pas été défait, il aurait enfin eu son moment de gloire. De l'ombre, il serait passé à la lumière, surpassant James et cet imbécile de Sirius. C'est alors qu'il sentit la main de Ron le prendre puis le montrer à Hermione et Harry tout en disant :
« Il faudrait que je le fasse examiner, dit-il en le posant sur la table. Je crois que l'Egypte ne lui a pas fait du bien, constata Ron. »
Ce n'était pas l'air de l'Egypte qui lui avait fait du mal, c'était seulement l'évasion de Black qui lui donnait du souci. Il savait qu'il allait se lancer à sa poursuite pour rétablir la vérité, pour venger la mort de Lily et James. Et un Black enragé était cent fois pire qu'une horde de partisans à ses trousses, il pouvait rivaliser avec Voldemort.
Une nouvelle fois, il se sentit déranger par Ron qui le posa sur le comptoir de la ménagerie magique afin qu'il se fasse examiner. Idiot de maître. Il n'avait pas besoin de remède ou de quoi ce soit d'autre, tout ce qu'il souhaitait, c'était rester dans cette poche bien à l'abri.
C'est alors qu'un énorme monstre orange vint lui bondir dessus tout en lui lançant des sifflements furieux. Merlin, ce chat avait comprit qu'il était un Animagus. Saleté bestiole ! Ce n'était pas le moment de lui mettre des bâtons dans les roues surtout par un chat aussi monstrueux que lui !
« NON ! CA SUFFIT, PATTENROND ! s'écria l'amie de son maître Ron. »
Il était hors de question qu'il reste plus longtemps, il allait se faire bouffer par la bestiole ! Il lui fallait fuir ! Il devait se trouver un endroit où il serait plus en sécurité et surtout pas avec ce chat dans les pattes. Sans prévenir, il glissa des mains de Ron pour atterrir sur le sol et s'enfuir vers la porte de la boutique, entendant Ron l'appeler :
« Croûtard ! S'exclama-t-il en se lançant à sa poursuite avec Harry à sa suite. »
Grâce à sa petite taille, il se faufila à travers la foule avec une rapidité exemplaire, malgré les années passées à ne rien faire d'autre que manger et dormir. Il trouva alors une poubelle non loin du Magasin d'Accessoires de Quidditch. Il lui fallut attendre une bonne dizaine de minutes avant de revoir Ron qui le reprit, ne pouvant s'empêcher encore de trembler au souvenir de l'affreux chat.
Il sentait que cette année allait particulièrement être difficile et ne pas être de tout repos, il ne manquait plus que Grey et Lupin ressurgissent pour clôturer ce mois d'Août totalement désastreux pour sa santé morale…
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La gazette du sorcier entre les mains, ses yeux parcouraient les lignes de l'article signalant l'évasion de Sirius Black tandis que sa photo était affichée en grand et en première page du journal. Sa main glissa doucement sur celle-ci, comme pour vouloir s'imprégner à nouveau de ces traits qu'elle avait tant de fois parcourus.
Il était là, dehors, de nouveau libre.
Elle déglutit passablement tout en déposant le journal sur sa table de cuisine, posant une main sur front, les traits de son visage tirés et emplit de désespoir.
Douze ans qu'elle menait cette vie de solitude, rongée pas le passé.
Douze années à ruminer et à ressasser ce passé, continuant à s'en vouloir, pensant les protéger pour au final avoir vu James et Lily mourir, Sirius emprisonné, Peter tué et Remus disparu, seul, semblant parcourir le monde. Sans doute avait-il cru qu'elle était morte ?
Fauve se pinça douloureusement les lèvres pour empêcher un sanglot franchir ses lèvres, comme à chaque fois qu'elle pensait à tout ce funeste gâchis.
Elle avait tout perdue.
Elle entendit alors quelqu'un arriver par sa cheminée, sachant pertinemment qui cela devait-être. Celui-là même qui avait essayé de la convaincre de se cacher, de se mettre à l'abri parce qu'elle travaillait au département des mystères, parce que les événements commençaient à dégénérer. Seulement, elle avait refusé. Il était hors de question pour elle de fuir, de les abandonner ! Jamais.
Elle aurait préféré mourir.
Elle était devenue une langue de plomb réputée au ministère malheureusement cela lui avait valu d'être attaquée par Augustus Rookwood puis poursuivit une nuit en juin 1981 par les Mangemorts pour être capturée puis torturée au point d'en mourir.
Pourquoi ?
La prophétie.
La prophétie qui avait été faite sur le fils de Lily et James, c'est elle-même qui l'avait mise sous sphère sur l'étagère 97 après que Dumbledore soit venue la voir pour lui raconter l'évènement.
Elle avait voulu protéger Sirius, Remus, Lily, James de ce sombre secret qu'elle détenait et elle avait misérablement échoué. Nerveusement, elle porta ses doigts autour de la chaine dorée qui cachait un pendentif sous son chemisier, croisant les yeux bleus d'Albus Dumbledore.
Elle le savait, elle le sentait.
Le passé allait resurgir, les secrets allaient tomber.
« Sirius s'est évadé, débuta-t-il en la fixant. J'ai fait appel à Remus en tant que Professeur de Défense contre les Forces du Mal, lui avoua-t-il calmement en continuant de la regarder.
- Remus, souffla-t-elle d'une voix emplit d'un espoir retrouvé. Vous, vous avez retrouvé sa trace ?
- Oui, approuva le sorcier. Cela a été difficile, et pour cause, il s'était littéralement retiré dans le monde des Moldu, ne faisant usage de sa baguette seulement le soir de pleine lune pour se mettre en sécurité, lui et les autres, expliqua posément Albus. Il n'a pas accepté le poste, bien entendu, sa condition le tourmente et les souvenirs liés au château…
-Où se trouve-t-il ? demanda vivement Fauve en se relevant de sa chaise si brusquement qu'elle se renversa.
- Fauve, débuta le directeur calmement. Je me suis permis de lui parler de vous, je lui ais dis que vous étiez vivante, ainsi que donné votre adresse, lui révéla-t-il.
- Il…Il va venir me voir ? prononça-t-elle d'une voix étranglée en sentant l'émotion la submerger.
- Je ne sais pas, déclara-t-il avec honnêteté. Il est accablé par le passé mais, quand j'ai prononcé votre nom, il a réagit, j'ai bon espoir qu'il vienne vous voir et je compte sur vous, ajouta Dumbledore en posant son regard perçant sur Fauve qui fronça des sourcils.
- Que souhaitez-vous encore me demander ? cracha-t-elle d'une voix emplit d'amertume.
- Qu'il accepte le poste de professeur à Poudlard, répondit-il tout simplement en ignorant l'expression du visage féroce de son ancienne élève.
- Pour quelles raisons ?
- Sirius, il s'est évadé, lui rappela-t-il en apercevant un éclair de douleur traverser ses pupilles.
- Je ne le sais que trop bien et vous savez aussi ce que je pense de l'emprisonnement de Sirius, il a été mon ami, mon amant et encore aujourd'hui, je l'aime et je crois en son innocence. Il ne nous aurait jamais trahis, jamais ! dit-elle avec une abnégation.
- Alors faites preuve de persuasion avec lui, s'il retourne à Poudlard, il pourra veiller sur Harry, il pourra aussi découvrir la vérité…
- Je connais la vérité ! Il ne les a pas trahis ! répéta-t-elle d'une voix aigüe trahissant l'émotion qui l'envahissait.
- Peut-être que Remus ne pense pas comme vous, peut-être que Remus à besoin de connaître ce qu'il s'est réellement passé afin de tourner la page, soumit Dumbledore les mains dans le dos.
- Tourner la page, reprit-elle d'un air perdu. Pensez-vous qu'on puisse tourner la page, s'étrangla-t-elle en portant une main devant sa bouche pour étouffer le hoquet qui la traversa. Sirius, emprisonné durant douze années, James et Lily mort, Remus esseulé, nous avons tout perdu, tout…
- Vous oubliez Peter, lui aussi a…
- Ne me parlez pas de Peter, siffla-t-elle dangereusement d'un regard mauvais.
- Je sais ce que vous pensez, mais Sirius était leur gardien secret, pas Peter, résuma Dumbledore en appuyant longuement son regard sur Fauve. A moins que vous n'ayez des choses à me dire, des choses qui pourraient me permettre de…
- Aucune, mentit-elle en détournant la tête. »
Trop de secrets, trop de non dits, créant des situations complexes et des quiproquos. Comment lui dire ? Comment lui expliquer qu'elle pensait que c'était Peter le traître ? Et cela, uniquement dut à un incident qui s'était déroulé lors de leur jeunesse à Poudlard. Un incident qui avait été rapporté à Rosier, un incident dont seuls eux cinq avaient connaissance.
Elle avait toujours eu une confiance absolue et aveugle en Remus et Sirius, toujours, éternellement. Et quand Sirius avait commencé à penser que c'était Lupin le traître, elle avait tenté de lui soumettre l'idée que c'était peut-être quelqu'un d'autre dont il ne se méfiait pas. Seulement, elle s'était faite rattrapée par les partisans de Voldemort, plus vite qu'elle ne l'aurait cru et la suite de l'histoire appartenait à Sirius.
A moins que Remus n'en sache plus qu'elle ?
« Fauve, tenta à nouveau Albus en essayant de poser une main sur son épaule, mais celle-ci recula aussitôt.
- J'ai votre retourneur de temps, dit-elle en sortant le pendentif de sous son chemisier.
- Et Remus ? soutint-il.
- Je protégerais Remus, je m'en moque de vos plans et je jugerais moi-même en lui parlant ! cracha Fauve en posant le bien dans la main du directeur. Je n'écouterais plus personne, peu importe les conséquences, dit-elle le poing fermé sur le retourneur de temps dans la main tendue du directeur.
- Les conséquences peuvent avoir un goût d'amertume, murmura Albus en refermant sa main sur le retourneur de temps.
- Pas autant que les regrets, Remus a sûrement dû vous dire la même chose, confia Grey en défiant ouvertement l'homme en face d'elle. »
Albus ne put s'empêcher de sourire intérieurement devant la femme qui se tenait face à lui. La petite fille perdue, seule et mal aimée était bien loin dans ses souvenirs. Elle avait sans équivoque une assurance à faire pâlir n'importe qui. Elle n'avait pas froid aux yeux, par moment il avait comme cette étrange sensation de revoir un peu Lily en Fauve. Peut-être que les deux amies avaient fini par déteindre l'une sur l'autre ?
Il baissa les yeux sur le bien que lui offrait temporairement son ancienne élève, afin qu'Hermionne Granger puisse assurer tous ces cours avec sérénité. Il savait qu'il venait du département des mystères. Il savait aussi, qu'en ce moment, elle étudiait fortement sur le temps au vu de tous les livres exposés autour d'elle, les sabliers et les formules sur le tableau noir.
« Toucher au temps, est-quelque chose de complexe et de dangereux, prononça Albus en observant le sable fin s'écoulant.
- Oui, sans doute, mais pas autant que l'être humain, décréta Fauve. Le temps peut se maîtriser et se contrôler, l'homme non. Je vous l'ais toujours dis, je n'aurais jamais plus de regrets, plus jamais… »
Pour seule réponse, il hocha la tête, comprenant parfaitement où elle voulait en venir. Il sentit clairement que sa présence n'était plus désirée, alors il lui offrit un dernier remerciement avant de s'en aller. Elle se retrouva à nouveau seule, face à ses souvenirs, face au passé. Elle fixa le sablier qui s'écoulait graduellement au fil des secondes et minutes. Sa main droite balaya rageusement l'objet en question qui se cassa en morceaux sur le sol dans un bruit assourdissant.
Sirius évadé, Remus réapparaissant.
Elle le savait, son retour n'allait pas tarder et elle craignait déjà sa réaction. Lui qui la croyait disparue comme l'avait longuement cru Remus, et au vu des informations que lui avait livré Dumbledore, son meilleur ami n'allait sans doute pas tarder à venir la voir.
Seulement, aurait-il l'envie de venir la revoir ? Aurait-il la force de revoir une personne liée à leur passé si douloureux. Qu'allait-il lui dire ? Lui demander ? Lui confier ?
Elle avait peur.
Elle avait peur de le revoir, qu'il se cloître dans le mutisme et le passé face à ses révélations. Qu'il ne veuille pas accepter ce qu'elle allait lui avouer. Elle avait peur d'accentuer sa culpabilité et sa souffrance par ses propres mensonges, trop nombreux, trop infecte. Elle avait peur de le perdre définitivement…
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L'orage grondait dehors, les éclairs zébraient le ciel nuageux et noircit tandis que la pluie était diluvienne en ce mois d'Août. Il était là, dehors, son manteau de pluie ne le couvrant même plus, trempé de la tête aux pieds. Il fixait inlassablement la petite chaumière qui se profilait en haut de la colline. Il ne savait pas très bien si c'était le bon moment pour venir, il ne connaissait pas ses habitudes, si elle travaillait encore ou pas ? Si elle sortait ? Il y avait un tas de questions qui s'entremêlaient dans son esprit, le rendant confus.
La pleine lune venait de passer et tout ce dont il savait, c'est qu'il en avait eu envie. Il voulait la revoir, il ne cessait d'y penser. Il était un Gryffondor pardi ! Où se trouvait son courage d'antan ? Il devait trouver la force de le faire, sinon, il n'avancerait jamais.
Alors, il fit un pas supplémentaire, puis deux, le rapprochant inexorablement de la petite chaumière. Twinkle Star, cela fit sourire Remus au nom de l'habitation de son amie. C'était tout elle. Petite étoile, il était évident que cela faisait référence à Sirius et quelque part cela lui retourna une fois de plus les entrailles. Est-ce que cela signifiait qu'elle était toujours autant attachée à lui malgré ses actes ?
Il craignait réellement la discussion à venir.
Au bout de plusieurs minutes laborieuses, il réussit à se tenir face à la porte d'entrée, sa main enserrant le loquet qu'il frappa trois fois contre le bois. Sans attendre, il entendit des pas puis le déverrouillage de la porte en question pour finalement voir Fauve, en face de lui, comme dans ses souvenirs.
Douze années s'étaient écoulées, mais elle n'avait pas changé. Elle était toujours la même, ces mêmes yeux tourmentés, ces mêmes cheveux attachés en une longue natte rabattue sur le côté. Elle avait vieillit, oui, mais à ses yeux, elle restait encore cette jeune femme qu'il avait quitté durant de trop longues années. Sa bouche était étrangement sèche, sa gorge serrée et curieusement, il se sentit très idiot.
Que devait-il dire ? « Hey ! Salut, comment vas-tu ? ».
Non, bien sûr que non. De l'eau avait coulé sous les ponts, beaucoup trop d'eau, comme en cette journée pluvieuse. Et comme pour répondre à son angoisse, il vit la jeune femme ouvrir soudainement la porte en grand, lâcher la poignée avant qu'une masse de cheveux vint lui obstruer la vision.
« Remus, c'est bien toi, l'entendit-il souffler d'une voix douloureuse. »
Il pouvait sentir sa chaleur l'envelopper, chassant le froid et lui faisant oublier ses membres engourdit, naturellement, il resserra ses bras autour de son corps qui lui paru bien frêle. Il put à nouveau sentir son odeur bien à elle, celle de Sirius ayant logiquement disparu. Il fourra son nez dans son cou, inspirant profondément pour essayer de calmer l'émotion qui était en train de le submerger. Elle était là, dans ses bras.
« Fauve, réussit-il à murmurer en ne pouvant empêcher les larmes de glisser sur ces joues, cachées par la pluie qui dégoulinait sur eux. »
Pour seule réponse, elle hocha la tête, celle-ci paraissant toute aussi émue que lui de leur retrouvaille si inespérée. Ils étaient là, l'un contre l'autre, ne pouvant arriver à se défaire de leur embrassade comme par crainte de se perdre à nouveau après tant d'années.
Seul le coup de tonnerre qui gronda au dessus de leur tête vint à les ramener dans la réalité environnante, leur rappelant le froid, la pluie et l'orage. Il sentit Fauve se reculer légèrement puis lui prendre sa main pour l'emmener chez elle, sans un mot, mais le sourire qu'elle avait aux lèvres signifiait tout aux yeux de Remus.
A ce moment précis, toutes ses angoisses s'envolèrent, toutes les questions finirent par se dissiper graduellement. La confiance retrouvée, il avait l'impression de replonger des années avant la mort de James, Lily et Peter, avant l'emprisonnement de Sirius. Ils étaient à nouveau ensemble, à nouveau unis dans l'adversité qui les attendait, et c'était tout ce qui comptait…
Je sais, ne soyez pas furieux après moi, je coupe au mauvais moment, je refais ma sadique, promis vous aurez la suite rapidement et la fin de cette discussion entre Remus et Fauve...
J'espère que vous avez apprécié l'entretien Dumbledore/Remus, je me suis bien éclaté à l'écrire, bon un peu moins celui sur Peter et ces vils pensées...Faut dire que j'ai juste envie de l'étriper quand je pense à lui...
Comme vous avez pu le voir ou vous doutez, j'inclus des passages du Tome 3 mais d'un autre point de vue, en l'occurrence Peter sous sa forme de Rat...Il y aura pas mal de moments ainsi...Est-ce que cela vous a plus ?
Rencontre Dumbledore/Fauve, et là, franchement je vous délivre le plus gros indice de cette fanfiction, si vous ne l'avez pas saisi...A votre avis de quoi je parle ? J'espère que vos petits esprits sont en ébullition sur la suite à venir et sur ce que Fauve va bien pouvoir faire...
Pour Hermione et son Retourneur de temps, je me disais que Dumbledore avait dû bien l'avoir de quelqu'un du département des Mystères, ça tombe bien, Fauve est une langue de Plomb XD.
Retrouvailles enfin entre Remus/Fauve...Malheureusement, vous ne serez que la suite au prochain chapitre qui est écris, et prêt à être posté, il ne tient qu'à vous de me faire parvenir vos impressions...
Reviews please ?
Lia-Sail.
