2016, ALLEMAGNE

« Si ça ne te semble pas juste, alors refuse. » Dès qu'il avait entendu parler des Accords de Sokovie, Steve avait su que les signer serait une terrible erreur. Et pourtant, l'espace d'un bref instant, il avait pensé à le faire. Il ignorait si la mort de Peggy l'avait conforté un peu plus dans son choix de ne pas céder à la pression de ses équipiers et amis. Les mots prononcés par Sharon ce jour-là l'avaient définitivement décidés à refuser de signer.

Et voilà maintenant où il en était. Il était passé de héros national, et même international, à fugitif en cavale. Il était traqué par les autorités et par ses propres amis. Il en avait été réduit à appeler du renfort, à appeler un ami qui avait choisi sa famille plutôt que son travail et qui se retrouvait aujourd'hui à tout risquer pour lui venir en aide.

- Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? L'interrogea Sam.

- Maintenant, on se cache jusqu'à ce que les renforts arrivent.

- Plus facile à dire qu'à faire. Railla-t-il. On va pas pouvoir rester ici.

- Je sais. Assura Steve.

- Alors qu'est-ce qu'on fait ? Interrogea Bucky.

- Je connais quelqu'un qui pourrait nous aider.

- Et elle est de quel côté cette personne ? Du côté des Accords ou du tien ?

- J'en ai aucune idée. Confessa Rogers. Mais c'est la seule dans ce pays susceptible de nous aider.

2014, WASHINGTON D.C. USA

Steve se réveilla brusquement en entendant frapper à sa porte. Il jeta un coup d'œil à son réveil, l'informant que la nuit était déjà bien entamée, les coups portés à sa porte semblèrent s'intensifier un peu plus, trahissant une certaine urgence qu'il peinait à comprendre. Il enfila son pantalon de jogging et quitta sa chambre pour aller à la rencontre de la personne qui venait de perturber sa nuit.

À peine eut-il ouvert qu'une tornade brune s'engouffra dans son appartement, le bousculant sur son passage, elle le poussa d'une main tandis qu'elle s'empressa de refermer la porte à clé de l'autre. Il fallut une demi seconde à Steve pour comprendre de qui il s'agissait.

- Mais qu'est-ce que tu...

Avant qu'il ne puisse terminer sa question, les deux mains de la brunette se nouèrent autour de son cou pour attirer son visage contre le sien, elle se hissa sur la pointe des pieds et posa ses lèvres sur celles de Rogers, elle le sentit tenter de se défaire de son étreinte mais elle l'empêcha de s'éloigner en attrapant sa lèvre inférieure entre ses dents, lui arrachant un hoquet de surprise, profitant de son étonnement, elle fit glisser ses paumes le long de son cou jusqu'à son torse nu et le poussa brusquement, le plaquant ainsi contre la porte de son appartement. Elle mordit un peu plus fort sa lèvre, semblant le prévenir de ne pas essayer de la repousser, avant de finalement la libérer. Ses lèvres glissèrent le long de la mâchoire de Steve, l'une de ses mains attrapa à nouveau sa nuque pour l'obliger à se baisser un peu plus, jusqu'à ce que sa bouche soit à la hauteur de son oreille.

- Tu es sur écoute. Souffla-t-elle.

Elle sentit le corps de Steve se raidir sous ses doigts, mais il n'essaya plus de la repousser.

- Emmène-moi dans ta chambre. Poursuivit-elle dans un souffle.

Elle sentit les mains de Steve frôler ses hanches avant qu'il n'attrape l'arrière de ses cuisses et qu'il ne la soulève du sol, immédiatement, elle enroula ses jambes autour de sa taille, son dos heurta la porte à demi-close, lui arrachant un souffle de douleur et ils pénétrèrent dans la pièce en silence, d'un coup de pied, Rogers ferma la porte derrière eux et la jeune femme remua jusqu'à ce qu'il ne la repose sur le sol.

Elle leva la main dans sa direction et secoua la tête, lui indiquant de ne pas parler. Il la vit sortir de la poche de sa veste un petit dispositif qu'il reconnut comme étant de la technologie Stark, elle appuya sur l'unique bouton et une lumière verte se mit à clignoter.

- Ça va brouiller les micros un moment. Expliqua-t-elle en relevant les yeux vers lui.

- Tu peux m'expliquer ce que c'était ? S'enquit-il.

- C'était le seul moyen de t'empêcher de parler.

- Tu ferais bien de...

- Tu ferais bien de m'écouter. L'interrompit-elle fermement. Ton appartement est truffé de micros et j'ai vu une voiture d'agent en planque devant chez toi et je pense qu'il y a un quelqu'un qui te surveille depuis l'immeuble d'en face. Annonça-t-elle. Tu es surveillé, Steve. Et ça n'a rien avoir avec la routine banale de l'agent sur écoute pour s'assurer qu'il soit fidèle au SHIELD.

- Mais qu'est-ce que tu racontes, Kate ?

La dénommée Kate émit un soupir agacé et se passa une main dans les cheveux, elle détourna le regard et s'avança vers la table de nuit où elle alluma la lampe de chevet, éclairant d'une lumière tamisée la chambre de Steve. Il remarqua alors pour la première fois l'état dans lequel se trouvait la jeune femme. Un large hématome s'était formé sur sa pommette, sa lèvre inférieure était fendue et un autre hématome s'était formé sur sa gorge, bien plus impressionnant que celui sur son visage.

- On a essayé de me descendre. Expliqua-t-elle.

- Katherine. Souffla Steve en s'approchant d'elle. Assieds-toi, je vais chercher la trousse de secours.

- On n'a pas le temps, Rogers. Il faut que tu m'écoutes.

- Explique-moi tout.

- Il y a trois semaines, un de mes contacts russe m'a affirmé qu'il se tramait quelque chose au sein de SHIELD. C'est un ex agent russe qui est entré illégalement aux États-Unis et c'est aussi un camé alors je ne l'ai pas pris au sérieux. La semaine dernière, il a été retrouvé mort dans une chambre d'hôtel avec une prostituée. Apparemment d'une overdose, sauf que ça a attiré mon attention.

- Tu as dit qu'il se droguait.

- Sauf qu'il n'aurait pas fait appel aux services d'une prostituée, parce qu'il était gay. J'ai repensé à ce qu'il m'a dit et j'ai fourré mon nez dans les dossiers du SHIELD.

- Kate. Se lamenta-t-il.

- Ces dernières années, le SHIELD a couvert tout un tas d'assassinats apparemment commis lors de mission menées par divers agents. Notamment Grant Ward, Jack Rollins, Brock Rumlow, Natasha Romanoff et par moi.

- Je ne vois pas où...

- Il y a cinq ans, j'ai tiré une balle dans la tête de Jason Colton. Il avait effectué un stage chez Stark industries avant d'être embauché au SHIELD, au fil du temps il avait développé un attrait particulier dans l'élaboration de systèmes explosifs, d'après les informations que j'ai reçue, il planifiait une grande attaque au sein de New York en y planquant des dispositifs qui au moment de l'explosion diffuserait du gaz Sarin. Ma mission était de l'éliminer, ce que j'ai fait. Sans poser de questions. Expliqua Kate. Sauf que j'y ai repensé et que j'ai fait des recherches sur lui, il n'était pas fana de bombes, il avait simplement trouvé des informations compromettantes.

- Quelles informations ?

- Sur le Soldat de l'Hiver.

- C'est qui le Soldat de l'Hiver ?

- Une légende. Une histoire qu'on raconte aux petites filles russes pour leur faire peur. Quand j'étais entraînée pour entrer dans les services secrets, il y avait une instructrice qui adorait nous raconter ce que le Soldat de l'Hiver aimait faire aux filles qui ne rentraient pas dans le rang. On lui attribue des dizaines d'assassinats mais c'est un fantôme. Personne ne sait qui il est ni pour qui il travaille. La seule chose que je sais c'est qu'il est affilié aux russes.

- Pourquoi est-ce que tu me racontes tout ça ?

- L'ordre de tuer Colton venait de Pierce. Alors si l'ordre venait de lui ça veut dire qu'il sait pour le Soldat de l'Hiver. Je pense qu'il est affilié à lui. Et donc surement aux russes. D'une certaine façon.

- C'est Alexander Pierce.

- Je sais qui c'est. S'agaça-t-elle. Il faut que tu t'éloignes de Pierce et du Strike, Steve. Ils ont essayé de m'éliminer quand j'ai commencé à poser des questions. Je crois qu'ils pourraient s'en prendre à toi.

Steve se passa une main sur le visage et lui lança un regard dubitatif. Visiblement, malgré toutes les informations qu'elle était parvenue à récolter, Rogers doutait encore de ses propos. Lentement, elle s'approcha de lui, attrapa sa main dans la sienne et serra ses doigts sans sa paume.

- Tu n'es pas obligé de me croire. Souffla-t-elle. Promets moi simplement que tu seras prudent.

- Katherine...

- Il faut que je m'en aille, ils me pensent morte pour l'instant mais ils s'inquièteront de ne pas revoir leurs hommes revenir. Je ne voulais pas partir comme une voleuse sans rien te dire, parce que tu es mon ami. Parce que je ne veux pas qu'il t'arrive quoi que ce soit.

- Tu es mon amie, Kate. Assura-t-il.

- Mes amis, je peux les compter sur les doigts d'une main, je n'ai pas envie d'avoir à revoir ce nombre à la baisse alors promets moi que tu seras prudent.

- Je te le promets.

Petit chapitre un peu court pour débuter l'histoire mais les autres seront plus long, promis !

J'espère que ce premier chapitre vous aura plu !