2016, AÉROPORT DE LEIPZIG, ALLEMAGNE
Lorsqu'ils arrivèrent sur le parking de l'aéroport, Clint était déjà arrivé. Il sorti de la camionnette blanche, qu'il avait probablement empruntée à son arrivée sur le sol allemand, Kate l'imita rapidement, elle s'extirpa de la banquette arrière comme un diable sorti de sa boite. Elle se dirigea à toute allure vers Barton qui esquissa un sourire en la voyant et écarta les bras. Elle ne se fit pas prier, elle enroula les bras autour de son cou tandis qu'il refermait les siens autour de sa taille.
- Katie. Sourit-il.
Il la souleva légèrement du sol, lui arrachant un gloussement amusé avant de la reposer et de s'éloigner juste assez pour l'observer.
- T'as l'air en forme. Nota-t-il.
- Pas autant que toi.
- J'ai fait pas mal de golf.
Elle esquissa un sourire amusé et se pencha vers lui pour déposer un baiser sur sa joue. Elle tourna ensuite les talons, Clint passa un bras autour de ses épaules et ils se dirigèrent ensemble vers Steve. Barton lui adressa un clin d'œil avant de retirer son bras pour saluer le Captain. De son côté, elle se tourna vers la jeune femme qu'elle identifia comme Wanda Maximoff.
- Tu dois être Wanda. Sourit-elle en se dirigeant vers elle. Je suis Kate. Steve m'a beaucoup parlé de toi.
La blondinette tendit une main dans sa direction et ne se formalisa pas du long regard méfiant de la jeune brune. Elle finit cependant par accepta sa main tendue.
- Steve nous a aussi parlé de toi. Sourit-elle.
- Rien de trop peu flatteur j'espère ?
- Non. Assura Wanda. Il a beaucoup de respect pour toi.
- Je suis contente de pouvoir te rencontrer.
- J'aurai préféré que ce soit dans d'autres circonstances.
- C'est pas si terrible. Sourit Katherine. Après tout ça on ira prendre un verre.
- Déjà en train d'essayer de la faire boire ? Plaisanta Steve.
- Tu me connais trop bien.
Kate lança un clin d'œil à Wanda et regagna la vieille voiture volée et ouvrit le coffre pour en tirer leur équipement respectif.
- Katie ? Interrogea Sam.
- Si tu m'appelles comme ça je serais obligée de te faire avaler les dents, Wilson. Siffla-t-elle.
- Barton vient juste de la faire.
- Barton fait ce qu'il veut. Pour toi c'est Kate.
- C'est ton vrai prénom ? Interrogea-t-il.
- Tu veux voir mon acte de naissance ?
Elle entendit Barnes ricaner dans le dos de Sam, elle attrapa son équipement et le lui fourra sans ménagement dans les bras.
- Fais attention avec ça. Maugréa-t-il.
Avant qu'elle ne puisse lui rétorquer quoi que ce soit, une voix dans le haut-parleur résonna dans le parking.
- Ils évacuent l'aéroport. Traduit Bucky.
- Stark ? S'enquit Sam.
- Stark ? Répéta la nouvelle recrue.
- On s'équipe. Conclut Steve en hochant la tête.
Kate tendit à Barnes une tenue d'équipement militaire qu'ils avaient embarqué de chez elle avant de s'emparer du costume du Steve.
- Toujours aussi déterminée ? S'enquit-il en se postant à ses côtés.
- Le nouveau à l'air raide dingue de toi, Rogers. Taquina-t-elle. Quel charmeur tu fais.
- Il est encore temps de faire marche arrière.
Elle lui fourra sa tenue dans les mains et attrapa son bouclier, elle était toujours étonnée que quelque chose d'aussi imposant soit aussi léger.
- Équipe-toi. Ordonna-t-elle en le lui tendant.
Il la jaugea encore un instant avant d'hocher la tête et de la contourner pour aller se changer dans un coin relativement tranquille. Kate tira du coffre son sac, contenant son ancienne combinaison du SHIELD et ses armes de prédilection et referma avec fracas le coffre de l'épave qui trembla violemment sous l'impact. Alors qu'elle allait trouver refuge derrière la camionnette de Clint, elle s'arrêta brusquement en trouvant Scott Lang sur son passage. Il l'observait d'un drôle d'air, la tête légèrement penchée sur le côté.
- Vous aussi je vous reconnais. Assura-t-il en hochant la tête. On s'est déjà rencontré ?
- Non.
- Si, je suis sûr de vous avoir déjà vu quelque part.
- Vous faites erreur. Répéta-t-elle en tentant de le contourner.
- Vous êtes l'espionne russe ?
- Je suis Kate.
Et puis quelque chose s'illumina dans le regard de Scott, il pointa son index vers elle et hocha vigoureusement la tête.
- Vous êtes Black Dove. S'écria-t-il. C'est vous ! Je vous reconnais, vous aviez les cheveux bruns et plus longs mais c'est vous.
- Je te l'ai dit. Siffla-t-elle en s'approchant un peu plus de lui. Tu fais erreur, Lang. Maintenant va t'équiper. Sinon il faudra qu'on se passe de tes services.
- Tout doux Katie. Intervint Barton.
Elle contourna Lang, non sans le bousculer sur son passage et rejoignit Wanda qui semblait l'attendre près de la camionnette.
- Le premier qui regarde je lui pète les phalanges ! Prévint-elle en lançant une œillade noire aux hommes.
- Je lui ferai pire que ça. Assura Barton.
Les deux jeunes femmes se changèrent rapidement, Kate enfila sa combinaison ultra moulante et laissa échapper quelques jurons en se rappelant à quel point cette chose ressemblait à une seconde peau. Elle boucla une ceinture autour de sa taille, un holster à sa cuisse gauche et toute une série de petite lame sur la cuisse droite. Elle choisit un petit Beretta qu'elle calla dans sa ceinture, elle se saisit ensuite d'un poing américain et d'une matraque télescopique qui rejoignirent l'arme de poing.
- Tu es sûre qu'on aura besoin de tout ça ? Interrogea prudemment Wanda.
- Rien de tout ça ne tuera qui que ce soit. Assura Kate en attrapant deux grenades incapacitantes et une grenade fumigène.
Elle lança un sourire qui se voulait rassurant à Wanda qui l'observait toujours avec précaution. Elle attrapa un élastique qu'elle portait au poignet et attacha ses cheveux en un petit chignon bien net.
- Tu veux attacher tes cheveux ? Proposa-t-elle.
- Tu as peur. Souffla la brune.
- Sympa ta veste. Il faudra que tu me donnes l'adresse.
Sans lui laisser d'autres occasions de jeter un autre coup d'œil à l'intérieur de sa tête pour voir ce qu'il s'y passait, elle quitta son maigre refuge et retrouva Clint qui semblait l'attendre.
- Au moins tu t'es abstenue de prendre une arme automatique. Plaisanta-t-il. Ou un sabre.
- Le jour où tu me verras avec une arme automatique. Rétorqua-t-elle en grimaçant. Les Kalashnikov, très peu pour moi.
- Je serai prêt à payer pour voir ça, tu ferai un malheur.
Elle lui donna un coup d'épaule qui arracha un rire à Barton, Steve les rejoignit et les observa tour à tour avant d'hocher la tête.
- Vous êtes prêts ? S'enquit-il.
- On t'écoute, Captain. Quel est le plan ? Répondit Clint.
- Clint, tu te trouves un perchoir pour me couvrir et tu y restes avec Wanda. Sam et Bucky vous irez à l'intérieur de l'aéroport, Sam tu dois localiser le quinjet de Tony. Scott et moi on va directement à l'hélicoptère.
- C'est pas exactement ce à quoi ils s'attendent ? Interrompit Lang.
- C'est une diversion. Lui expliqua Kate. L'hélicoptère c'est la première chose qu'ils détruiront, pendant que Steve essaiera de convaincre Tony de nous laisser partir, on aura le temps de localiser le jet.
- Évidemment. Marmonna Scott.
- Kate, tu restes à couvert, dès qu'on aura localisé le quinjet, tu fonces et tu t'assures qu'il soit paré au décollage.
- Mission quinjet. Compris. Assura-t-elle en hochant la tête.
- Au boulot. Ordonna-t-il.
Clint tapota l'épaule de Kate en guise d'encouragement et s'éclipsa avec Wanda tandis que Steve fit un pas vers elle.
- Que des tirs de dissuasion. Rien de plus. Ordonna-t-il en la regardant droit dans les yeux.
- Compris, Captain. Je te décevrais pas. Assura-t-elle.
Il hocha la tête avant de faire volte-face et de s'en aller avec Scott, elle le regarda s'éloigner et un sourire esquissa le coin de ses lèvres en laissant traîner ses yeux au sud de son anatomie.
- Tu sais où tu vas te planquer ? L'interrompit Sam.
- Je vais faire un bout de chemin avec vous, messieurs. Sourit-elle.
2014, MANAMA, BAHREÏN
Kate est envoyée en mission avec Steve et d'autres agents, dont Natasha. Kate tire sur un suspect en ayant reçu l'ordre de ne pas le faire.
Il était rare que Kate et Steve soient envoyés ensemble en mission, généralement, il était accompagné de Natasha et de quelques agents du STRIKE. Mais l'agent Romanoff était malade, ce qui n'arrivait pas plus de deux fois par an et c'est tout naturellement que Steve avait demandé à ce que Katherine la remplace.
La mission était relativement simple, ils devaient récupérer un agent biologique potentiellement dangereux qui avaient été volé quelques semaines auparavant du côté de Hong Kong. Sur le papier c'était simple. Arrivés sur le terrain, l'histoire était toute autre. Le bâtiment dans lequel se trouvait le colis, s'avérait être une véritable forteresse.
- Il est mieux gardé que la maison blanche. Soupira Kate.
- Qu'est-ce que tu vois ? Interrogea la voix Steve dans l'oreillette.
- Deux devant la porte d'entrée, deux derrière. Quatre hommes patrouillent autour de la maison. La porte arrière a été condamnée, c'est notre unique chance d'entrer.
- On va s'en créer une autre alors.
- Toujours pas de revendication pour Hong Kong ? S'enquit-elle.
- T'en attends une, Callender ? Railla la voix de Rumlow.
- Il y a toujours une revendication. C'est étrange qu'il n'y en ait pas eu.
- On te demande pas de penser. Rétorqua Rumlow.
- Ça, contrairement à toi, c'est quelque chose que je peux faire sans qu'on me le demande. Railla-t-elle.
- Ça suffit. Intervint avec autorité Steve. Concentrez-vous sur la mission ou retournez au jet.
Katherine soupira bruyamment mais ne pipa mot. Elle était stationnée quelques mètres plus loin, sur le toit d'un immeuble, l'œil collé à la lunette de son sniper. Sur cette mission, elle était les yeux du Captain et elle comptait bien se montrer exemplaire, malgré la présence désagréable de Rumlow.
- Kate, j'ai besoin de que tu me dises quand la voie est libre.
- Il va falloir la jouer fine, Captain. Répondit-elle.
Il aurait moins d'une minute pour mettre hors course les deux gardes devant la porte, entrer dans la maison et s'occuper des deux autres. Rumlow et les autres aurait alors le soin de s'occuper des quatre hommes en patrouille. Et ce, assez silencieusement pour ne pas alerter les autres gardes à l'intérieur.
- Pas encore. Souffla Kate.
- Kate ?
- Pas encore. Répéta-t-elle.
- La voie est libre. Assura Rumlow.
- J'ai dit pas encore.
- Katherine ? Interrogea encore une fois Steve.
- C'est bon Captain, tu as approximativement une minute pour te défaire des deux clowns à l'avant.
Depuis son perchoir, elle suivit avec attention la progression de Steve, mettre HS les deux gardes fut un jeu d'enfants pour lui, il poussa ensuite la porte, lança son bouclier sur l'homme à sa gauche et s'occupa de celui de droite. Steve avait la situation bien en main. Elle reporta alors son attention sur la patrouille.
- Rumlow a dix heures. L'informa-t-elle.
- Je l'ai. Assura-t-il.
Elle fit glisser son sniper et recommença à surveiller la maison, malgré l'important dispositif de sécurité, elle ne pouvait s'empêcher de trouver ce choix de planque un peu stupide étant donné les imposantes baies vitrées qui lui donnait un contact visuel sur à peu près toute la maison. Et puis quelque chose capta son attention, elle fronça les sourcils, bloqua sa respiration pour rester parfaitement stable et jura.
- Fais chier. Murmura-t-elle.
- Quoi ? Souffla Steve. J'approche du salon.
- On annule, sors de là.
- Quel est le problème ?
- Il y a un otage.
- On libère l'otage, on sécurise le colis. Rétorqua Rumlow.
- Combien d'homme avec l'otage ? S'enquit Steve.
- Deux.
- C'est jouable. Assura Rumlow.
- C'est un gosse. Il lui ont mis une ceinture explosive. Ils vont le faire sauter si Steve défonce la porte.
- On y va et on sauve l'otage. Répéta Brock.
- Il faut qu'on suspende l'opération. Insista Kate. C'est trop risqué.
- C'est Captain America nom de Dieu. Il peut entrer et sauver l'otage et toi tu as un putain de sniper pour le couvrir. S'agaça-t-il.
- C'est trop risqué, je pourrais toucher le gosse. On se replie. Ordonna-t-elle.
Mais Katherine ne supervisait pas cette mission. Sur le terrain c'était Steve qui donnait les ordres mais pas uniquement, les ordres venaient de plus haut. De bien plus haut. La voix d'Alexander Pierce s'éleva alors dans son oreillette, la faisant sursauter.
- Agent Callender, vous avez ordre de tirer à vue. Abattez les terroristes et sauvez l'otage.
- Monsieur...
- Vous avez une fenêtre de tir claire ?
- Oui Monsieur.
- Alors tirez nom de Dieu.
Ses mains moites glissèrent sur la crosse de son sniper. Elle prit une profonde inspiration et se concentra à nouveau sur la pièce dans laquelle le gamin était retenu.
- On peut peut-être négocier. Proposa-t-elle.
- On ne négocie pas avec les terroristes, Katherine. On les arrête ou on les abats. Rétorqua Pierce.
- Monsieur, c'est un enfant. Tenta-t-elle.
- Vous avez ordre de tirer, alors tirez.
- Ordre de ne pas tirer. S'écria Steve.
- Tirez, Kate. Contra Pierce.
- Kate, tu ne tires pas. Tu m'entends ?
- Bon Dieu appuyez sur la détente !
- Kate j'y suis presque, est-ce que tu me reçois ?
- Agent Tutmesheva, je vous ai donné un ordre. Alors tirez ! Rugit Pierce.
L'entente de son nom, le nom qu'on lui avait donné à sa naissance, celui qu'elle n'avait plus entendu depuis de nombreuses années, la fit sursauter à nouveau. Elle ignora l'ordre contraire de Steve, ajusta son fusil, approcha son doigt de la détente et prit une profonde inspiration qu'elle bloqua. Elle visa la tête de l'homme se tenant derrière le garçon, il tenait quelque chose dans sa main, elle ne parvenait pas à déterminer avec précision quel était cet objet mais elle pensa que c'était le détonateur, et elle tira. Sa balle se logea dans sa tête, elle entendit Steve rugir de colère au moment où il pénétrait dans la pièce, l'autre homme beugla quelque chose qu'elle ne comprit pas et ce n'est qu'à ce moment-là qu'elle vit ce qu'il tenait dans la main. Le détonateur, c'était lui qui l'avait. Steve se rua sur le gosse, arracha sans ménagement sa ceinture avant de l'empoigner par le bras et de se mettre à courir vers la fenêtre à travers laquelle il sauta juste avant que la maison n'explose. Il atterrit sur son bouclier, protégeant au mieux l'enfant qui se mit à hurler de douleur au moment où il toucha le sol.
- Putain, elle a merdé. Vociféra Rumlow.
Steve se releva, visiblement furieux, il se tourna vers le toit sur lequel elle était et lui lança un regard noir.
- Je t'avais dit de pas tirer ! Hurla-t-il.
- Pierce m'a dit de le faire.
- Pierce supervisait pas l'opération. Railla Brock.
Elle lâcha brusquement son arme et se laissa retomber en arrière, elle retira son oreillette et la lança d'un geste rageur sur le sol et elle ferma les yeux. Ses mains tremblaient, ses oreilles bourdonnaient, son cœur tambourinait sous sa cage thoracique. C'est ainsi que Steve la trouva, avachie sur le sol et clairement déboussolée. Il avait retiré son casque et avait les poings posés sur les hanches. Il fulminait.
- Pierce m'a donné l'ordre de le faire. Répéta-t-elle en levant les yeux vers lui.
Mais elle fut incapable de soutenir son regard, elle baissa la tête, honteuse de ses propres actions.
- La seule personne qui parlait dans cette oreillette c'était moi ! S'agaça Steve. Où est-ce que t'as entendu Pierce ?
- Il m'a dit de le faire ! Répéta-t-elle une nouvelle fois. Il m'a dit de tirer, il a dit : « je vous ai donné un ordre, alors tirez. » Il l'a dit ! Il m'a ordonné de le faire.
Lentement, elle se releva, elle se pencha vers le bas de l'immeuble et vit que le gosse était pris en charge par une unité de soin. Il était conscient, il était vivant.
- On a réussi. Souffla-t-elle.
- Je t'avais ordonné de ne pas tirer.
- Mais tout va bien, le gamin est vivant.
- Ça serait jamais arrivé avec Natasha.
Blessée par ses paroles, elle se tourna brusquement vers lui, les sourcils froncés, il vit sa lèvre inférieure trembler.
- Qu'est-ce que ça veut dire ? S'enquit-elle d'une voix tremblante.
- Natasha n'aurait pas tiré, bon sang. Tu te rends compte que t'aurais pu lui tirer dessus ? T'aurais pu le tuer ! S'écria-t-il.
- Natasha aurait fait la même chose.
- Natasha ne l'aurait pas fait parce qu'elle aurait pris en considération les risques. Ce que tu as été incapable de faire.
- Tu es injuste, j'ai réussi mon tir.
- C'est terminé, Katherine.
- Qu'est-ce qui est terminé ?
- Tout. Tout est terminé. Je ne te veux plus dans l'équipe, je ne te veux plus sur le terrain avec moi, je ne pense même pas que ta place soit sur le terrain. C'est terminé. Répéta-t-il.
Au-delà de parler du terrain ou de sa place au sein du STRIKE, elle savait que ces mots avaient une autre signification pour lui, elle savait qu'il venait tout bonnement de mettre fin à leur amitié. Il tourna alors les talons, la laissant seule sur le toit de cet immeuble et claqua la porte de la cage d'escalier derrière lui.
