2016, WAKANDA
La découverte du Wakanda avait été exactement comme Steve l'avait dit : surprenante. Kate s'était retrouvée dans un pays sur lequel elle ne connaissait quasiment rien et elle avait été surprise en découvrant l'étendue des richesses d'un pays pourtant réputé si pauvre. La technologie y était bien plus avancée qu'aux États-Unis et elle y avait vu des choses qui pourraient faire pâlir d'envie les plus grandes nations du monde. T'Challa lui avait expliqué pourquoi le Wakanda était un secret si bien gardé et elle comprenait. Mais l'excitation de la découverte de ce nouvel environnement retomba bien vite lorsque Steve la pris à part pour lui expliquer la suite des évènements.
- Bucky a décidé de rester ici. Lui avait-il expliqué.
- On peut pas le lui reprocher. Avait-elle sourit.
- Il veut être cryogénisé jusqu'à ce qu'on trouve un moyen de lui retirer ce qu'HYDRA lui a mis dans la tête.
Lorsque les dossiers du SHIELD et d'HYDRA avaient fuités, Kate, comme de nombreuses autres personnes, s'étaient penchées sur ces dossiers et elle avait lu celui du Soldat de l'Hiver, elle savait qu'il avait passé une grande partie de son temps entre les mains d'HYDRA dans un caisson de cryogénisation et le fait qu'il veuille y retourner, de son plein gré, la dépassait.
- Je comprends pas, pourquoi il voudrait retourner là-dedans ? Avait-elle demandé. Il pourrait simplement vivre en paix. On pourrait simuler sa mort, dire qu'il n'a pas survécu à la perte de son bras.
- Il a peur que ça recommence. Qu'une autre personne que Zemo trouve comment le faire basculer.
- On peut empêcher que ça arrive. On fait croire à la mort de Barnes et ensuite on se concentre sur le reste, on détruit toutes les informations sur le Soldat de l'Hiver, on détruit la base en Sibérie et puis on traque tous les membres de l'organisation encore en vie.
Un sourire avait étiré les lèvres de Steve en la voyant aussi passionnée. C'était quelque chose qu'il aimait chez elle, le fait qu'elle soit prête à se plier en quatre pour quelqu'un qu'elle connaissait à peine, uniquement parce que Bucky était son meilleur ami.
- Il a pris sa décision, et je crois qu'on devrait la respecter.
- Steve, ça peut prendre des années avant qu'on trouve un moyen de le guérir de ce qu'HYDRA a fait.
- Alors ça prendra des années.
- Tu viens à peine de le retrouver.
- J'attendrai. Avait-il assuré.
Depuis que Steve lui avait expliqué les intentions de Barnes la veille, Kate avait demandé au roi en personne de lui montrer l'installation dont il disposait pour prendre Bucky en charge. Elle avait longuement observé le caisson dans lequel il serait installé, ensuite elle s'était mise à poser tout un tas de questions.
- Comment vous allez vous assurer qu'il ne souffre pas ? Interrogea-t-elle en se tournant vers le médecin en charge de l'opération.
Le médecin lui avait montré sur une projection une simulation de ce qui allait se passer pour Barnes, comment le processus se déroulerait et la rapidité de celui-ci, mais elle ne semblait pas entièrement satisfaite des réponses qu'elle avait reçues, elle en voulait toujours plus.
- Qu'est-ce qu'elle fait ? S'enquit Bucky en désignant le blonde du menton.
- Elle s'inquiète. Rétorqua Steve.
- C'est plutôt moi qui devrait être inquiet.
- Mais comment allez-vous vous assurer que les sédatifs soient suffisamment puissants pour qu'il ne ressente rien ?
- Le Sergent Barnes va tout simplement s'endormir. Expliqua avec patience le médecin. Comme lorsqu'on vous anesthésie en vue d'une opération. Il va s'endormir paisiblement et la cryogénisation commencera.
- Est-ce que ce sera comme un coma ? Est-ce qu'il pourra entendre ce qu'il se passe autour de lui ?
- C'est difficile à dire.
- Donc, vous ne savez pas comment il va se sentir une fois qu'il sera gelé.
- Cryogénisé. Rectifia le médecin.
- Si vous ne savez pas comment il va se sentir pendant qu'il sera dans le caisson, comment pouvez-vous m'assurer qu'il ne souffrira pas ?
- C'est une information dont nous sommes sûrs.
- À peu près comme HYDRA lorsqu'ils s'amusaient à tester leur caisson bancal de cryogénisation. N'interprétez pas mal mes mots, votre matériel a l'air parfait mais ce sera pas son premier rodéo au pays des glaces et j'aimerais m'assurer qu'il n'y a aucune information que vous n'osez pas partager avec moi.
- Kate. L'interpella Steve.
La blondinette lâcha le médecin des yeux pour se tourner vers Steve. Elle remarqua que Bucky était déjà assis sur la table d'examen les deux hommes l'observaient avec attention et ce n'est que lorsque Steve lui fit signe d'approcher qu'elle se tourna à nouveau vers le médecin.
- Est-ce qu'on pourrait revoir une dernière fois la simulation ? S'enquit-elle.
- Si ça peut vous faire plaisir.
Le médecin retourna à ses écrans et Kate s'approcha de Steve et Bucky. Il portait un débardeur blanc, dévoilant la prothèse placée quelques jours plus tôt par le personnel médical.
- Tu devrais le laisser tranquille. Sourit gentiment Steve.
- Je m'assure, à ta place soit dit en passant, que tout est OK.
- T'Challa m'a assuré que tout se passerait bien.
- Oui à moi aussi. Mais je m'intéresse à des détails plus techniques.
- Parce que tu es médecin maintenant ?
- J'ai une formation basique en premiers secours. Ça veut pas dire que je suis trop idiote pour comprendre ce qu'un médecin diplômé me raconte.
- Combien de fois tu as regardé la simulation ?
- Trois fois.
- Tu me rends nerveux, et c'est moi qui ai décidé de le faire. Plaisanta Bucky.
Son regard se posa à nouveau sur Bucky avant de se poser sur le caisson. Elle semblait être aussi nerveuse que si c'était elle qu'on allait endormir pour une période indéterminée.
- Je sais que Steve va me faire les gros yeux, poser les poings sur les hanches et me dire de me taire mais, est-ce que tu as vraiment envisagé toutes tes autres options ? Interrogea-t-elle.
Avant que Steve ne puisse ouvrir la bouche, Bucky lui adressa un bref sourire avant de désigner T'Challa qui venait d'entrer dans la pièce.
- Tu devrais aller lui parler. Proposa Barnes.
Le blond savait que ce n'était qu'une excuse pour le laisser seul avec Kate et après avoir hésité de longues secondes, il finit par accepter de s'éloigner.
- J'ai des raisons d'être nerveux ? S'enquit-il.
- Plutôt, oui.
- Tu l'as dit, c'est pas ma première fois.
- Et c'est ce qui me dérange le plus.
- Tu sais qu'on se connait depuis moins d'une semaine ?
- J'ai lu ton dossier. En long, en large et en travers. Je sais ce qu'ils t'ont fait, tout ce qu'ils t'ont fait. Je sais que les premiers caissons n'étaient pas de première qualité. Ils disent que tu te réveillais, que tu souffrais.
- C'est différent. C'est un autre siècle.
- Je reste persuadée qu'il y a d'autres options.
- Pas pour moi.
- Tu fais ça uniquement parce que tu penses ne pas mériter d'être libre, Barnes. C'est une forme de punition que tu t'infliges pour te punir de tes actions passées. Qu'est-ce que tu feras quand ils te réveilleront et que tu seras toujours dans le même état d'esprit ?
- Ils ne trouveront peut-être rien avant des années.
- Mais ça ne changera rien à ta culpabilité. Elle sera toujours là. Même si tu restes endormi pendant un siècle. Il faut simplement que tu apprennes à vivre avec.
- Simplement. Répéta-t-il.
- Ça fait mal. Accorda-t-elle. Au début, quand tu penses aux atrocités que tu as commises ça t'oppresse tellement que tu as l'impression que tu n'arriveras plus jamais à respirer. Et puis cette sensation s'en va, c'est là que la vraie culpabilité prend le dessus, elle vient frapper à ta porte sans te laisser le choix de savoir si tu ouvres ou pas. Je vais pas te dire que tu ne la ressentiras plus jamais, elle t'accompagnera pour le reste de ta vie, mais avec le temps elle s'atténuera, elle deviendra plus supportable et te plonger la tête dans le sable, ça ne t'aidera pas à avancer.
- Kate, rien de ce que tu as pu faire dans ta vie n'est comparable à ce que moi j'ai fait.
- Tu as raison. Approuva-t-elle en hochant la tête. Toi tu étais un pantin entre leurs mains, dépourvu de tous droits, de tous souvenirs, de tout pouvoir de décision. Tu n'étais même pas libre de penser par toi-même. Moi on m'a jamais lavé le cerveau. Tout ce que j'ai fait, je l'ai fait pour la Mère Patrie. Pour mon pays. En étant pleinement consciente de mes actes. Et c'est bien pire que ce qu'HYDRA a pu te forcer à faire.
- Je crois que tout ce que tu as fait, tu l'as fait pour survivre. Contra-t-il.
- Je ne crois pas que tu mérites de retourner dans un caisson de cryogénisation.
- Et moi je ne crois pas que tu mérites de te comparer à moi.
- Tu l'as dit toi-même, on ne se connait pas.
- Mais je connais Steve. Et Steve pense que tu es une bonne personne. Une personne qui a été forcée de commettre des actes répréhensibles mais une personne qui essaie de se racheter pour ses actes. Une personne qui cherche la rédemption.
- J'ai une dette envers lui.
- Pas selon lui.
- Vous êtes prêt, Sergent Barnes ? Interrogea le médecin en s'approchant d'eux.
- Ça dépend de mon infirmière attitrée, qu'est-ce que tu en penses ? Plaisanta-t-il. Assez sécurisé pour que j'y aille ?
- Si c'est ce que tu veux.
- Mon pouvoir de décision. Sourit-il.
Elle resta en retrait tandis qu'elle observait d'un œil attentif l'équipe médicale préparer Barnes à son endormissement. Bucky adressa un sourire rassurant en direction de Steve et se mit en place dans le caisson. Avant que celui-ci ne se referme, il tourna la tête vers Kate.
- T'as jamais dit ton nom à Sam.
- Ekaterina. Sourit-elle. Ekaterina Tutmesheva.
Le caisson se referma sur lui avant qu'il n'ait le temps de lui répondre quoi que ce soit. Il ferma les yeux et s'endormit paisiblement, comme l'avait promis le médecin.
2009, MOSCOU, RUSSIE
Kate savait que quelque chose n'allait pas, que quelque chose n'était pas normal. Son agent de liaison, celui qui faisait l'intermédiaire entre elle et le SHIELD n'était pas arrivé à l'heure à leur rendez-vous et cet homme n'était jamais en retard. Il arrivait toujours trois minutes précises avant l'heure, toujours trois minutes avant. Cela faisait des mois que c'était comme ça, trois minutes avant l'heure. Pas une de plus, pas une de moins. Alors, quand il n'était pas arrivé trois minutes avant l'heure, Kate avait compris que quelque chose était arrivé, quelque chose d'assez important pour qu'il ne puisse pas la rejoindre dans leur restaurant habituel.
Elle adressa un sourire poli au serveur tandis qu'elle quittait le restaurant après avoir réglé son verre de vin, le vent fit virevolter ses cheveux et lui arracha un frisson qui la força à resserrer son manteau rouge autour d'elle. L'hiver était en avance cette année-là. Elle fit le même tour qu'elle faisait habituellement après son rendez-vous, juste pour s'assurer qu'elle n'était pas suivie. Mais avant de regagner son appartement, elle s'arrêta à une cabine téléphonique, enfonça quelques pièces de monnaie dans l'appareil téléphonique et composa à la hâte le numéro de son agent. Le combiné collé à l'oreille, la première tonalité résonna dans son oreille quelques secondes plus tard, ensuite une deuxième, une troisième, une quatrième. Elle replaça le combiné à sa place, ignora les pièces de monnaie qui retombèrent dans un bruit métallique et elle tourna les talons et avec la ferme intention de rentrer chez elle.
- Agent Tutmesheva. L'aborda-t-on.
Elle s'arrêta net et se tourna lentement vers l'individu qui venait l'interpeller en pleine rue. Il s'agissait d'un homme à l'aube de la quarantaine, son regard froid et calculateur la scrutait intensément et l'arme qu'elle distinguait dans la ceinture de son pantalon n'augurait rien de bon.
- Vous êtes en état d'arrestation.
Il fit quelques pas rapides dans sa direction tandis qu'elle esquissa un pas en arrière.
- Qu'est-ce que vous racontez ? Pourquoi ?
- Ne jouez pas à plus bête que vous ne l'êtes.
Elle esquissa un nouveau pas en arrière, tandis qu'il sortait des menottes de la poche de sa veste.
- Ne faites pas d'histoires, Agent Tutmesheva. Prévint-il.
- Vous n'avez pas le droit de m'arrêter.
Il esquissa un sourire mauvais et termina son avancée vers elle, il saisit ses mains avec rapidité et lui enfila les menottes.
- Vous deviez vous douter que ça ne durerait pas bien longtemps. Lui souffla-t-il.
- J'ignore de quoi vous m'accusez. Mentit-elle. Je n'ai rien fait.
Elle n'avait pas essayé de se débattre lorsqu'il l'avait conduite jusqu'à un fourgon tout comme elle ne fit rien lorsqu'elle fut conduite jusqu'au QG du FSB. Elle savait que sa meilleure défense c'était de clamer son innocence. Elle savait qu'ils n'avaient pas de preuve suffisante, si ça avait été le cas elle aurait été abattue. Elle connaissait la procédure. Elle était amenée pour être interrogée ce qui voulait dire qu'ils avaient des suspicions sur elle mais pas de preuves solides et concrètes.
- Agent Tutmesheva.
Kate releva les yeux vers l'homme qui venait d'entrer en salle d'interrogatoire. Il posa un dossier sur la table, tira la chaise faisant grincer les pieds de métal sur le sol et s'installa face à elle.
- Vous savez pourquoi vous êtes ici ?
- Non. Répondit-elle.
- Vous en êtes sûre ? Insista-t-il.
- Je n'ai aucune idée de la raison de mon arrestation.
- Alors, laissez-moi vous rafraîchir la mémoire.
Il ouvrit son dossier, scruta brièvement les pages qu'il contenait et en tira deux pages qu'il fit glisser jusqu'à elle. Il s'agissait de photographies, la première montrait son agent de liaison, ligotés à une chaise, la seconde, montrait le même agent toujours ligotés à cette même chaise, ensanglanté et visiblement mort.
- Qui est-ce ? S'enquit-elle.
- À vous de me le dire.
- Je ne comprends pas ce que vous attendez de moi. J'ignore qui est cet homme. Insista-t-elle.
- Les choses peuvent se passer de deux façons, Agent Tutmesheva, de la façon douce, comme elle est en train de se passer maintenant. Ou de l'autre façon, beaucoup moins douce et je doute que celle-là ne vous plaise beaucoup.
- J'ignore ce que vous me reprochez. Répéta une nouvelle fois Kate.
Alors ils employèrent l'autre méthode, celle qu'elle n'allait pas apprécier. Les premiers jours furent les plus simples. Elle fut enfermée en cellule, elle passa deux jours sans nourriture, on lui apporta du pain le troisième jour. À partir du quatrième jour, on l'empêcha de dormir, venant frapper à sa porte à intervalle régulier, l'obligeant à rester éveillée. Et cela dura un long moment. Pendant de longues nuits on la priva de son sommeil. Quand ils la jugèrent assez affaiblie, on la traîna hors de sa cellule pour la ramener en salle d'interrogatoire.
- Agent Tutmesheva. L'accueillit le même homme qui l'avait interrogée le premier jour. Vous avez mauvaise mine. Nota-t-il. Êtes-vous disposée à parler ?
- Non. Parce que j'ignore ce que vous me reprochez.
Ce petit manège dura un bout de temps, chaque jour elle était sortie de sa cellule, chaque jour il lui posait la même question. Chaque jour elle lui offrait la même réponse. Et puis ils changèrent de tactique. Si elle ne parlait pas face à la torture psychologique, alors ils allaient la briser physiquement jusqu'à ce qu'elle se décide à parler.
- Ne vous méprenez pas, Ekaterina. Commença son bourreau. Je n'apprécie pas ce que je dois faire. Mais vous ne nous laissez pas le choix.
Elle l'observa brièvement décider de son arme du jour. C'était un jeu, parce qu'elle savait qu'il se contenterait de la matraque, c'est toujours ce qu'il faisait. Il faisait mine d'hésiter entre les aiguilles et la matraque et il finissait toujours par prendre la matraque. Et quitte à choisir, Kate préférait la matraque aux aiguilles. L'homme n'était pas très inventif, c'était une brute épaisse et comme chaque brute, il essayait de la faire parler en utilisant la force brute. D'abord il s'en était pris à ses mains, brisant chacun de ses doigts, s'amusant du fait qu'elle aurait dû mal à rejouer du piano après ça. Ensuite ça avait été ses côtes, elle avait entendu le crac sonore de ses os se briser sous la violence de ses coups.
Elle tenta de ne pas grimacer tandis qu'elle le vit s'approcher d'elle, il avait cette lueur folle dans les yeux, ce sourire en coin qui trahissait tout le plaisir qu'il prenait à devoir la torturer. Il contourna la chaise d'auscultation sur laquelle elle était ligotée. Il s'arrêta à ses pieds et frappa une première fois la plante de son pied gauche, elle laissa échapper un hoquet de douleur et attendit patiemment que le second coup arrive.
- Ce serait plus simple si vous parliez. La poussa-t-il.
- Je n'ai rien à dire. Je suis innocente.
Un autre coup s'abattit sur son autre pied. Elle le vit lever le bras pour en asséner un troisième, mais la porte s'ouvrit à la volée, les faisant sursauter tous les deux. Elle tourna la tête pour voir deux gardes entrer en trombe dans la pièce, ils ne prononcèrent pas le moindre mot, l'un deux tandis un papier au bourreau tandis que l'autre s'afférait déjà sur les sangles qui la retenait prisonnière. Ils attrapèrent chacun l'un de ses épaules et la trainèrent dans le couloir. Ils marchèrent un long moment jusqu'à arriver dans une autre pièce. Ils la traînèrent jusqu'à une imposante boite, semblable à un cercueil.
- Je n'ai rien fait.
Mais ils l'ignorèrent. Ils la soulevèrent juste assez pour la déposer dans la boite et aussi vite qu'elle y fut allongée, un imposant couvercle se referma sur elle. L'exiguïté de la boite fit naître en elle un sentiment profond de détresse. Elle se mit à respirer plus fort, jusqu'à haleter. Chacune de ses respirations semblait littéralement lui brûler les poumons. Elle avait l'impression que chacune de ses inspirations serait la dernière et pourtant, elle continuait de respirer. Difficilement, péniblement. Mais elle survivait. Lorsque le couvercle de la boite se rouvrit brutalement, deux paires de mains la tirèrent de son cercueil, ses jambes flageolèrent lorsqu'elle fut remise sur ses pieds mais on l'empêcha de s'effondrer.
- Ekaterina.
Elle reconnut immédiatement cette voix, celle de son frère. Il était agenouillé sur le sol, tenu en joue par l'agent qui avait pris l'habitude de l'interroger. Alexei lui renvoyait un regard faussement terrifié, sa moue de terreur lui arracha presque une grimace. Elle avait envie de leur hurler de l'abattre, mais elle ne cilla pas.
- Ekaterina, tu dois leur dire. Pria-t-il.
- Je n'ai rien fait. Assura-t-elle d'une voix faible.
Elle entendit le cliquetis de la balle entrer dans la chambre, elle vit son doigt s'approcher de la détente et elle vit enfin une opportunité. Elle vit enfin sa chance de se sortir vivante de tout ça. Sa lèvre inférieure se mit à trembler, elle tenta, vainement, de se dégager de la poigne des deux agents qui la maintenait fermement et elle sentit ses yeux se remplir de larmes.
- Je n'ai rien fait. Répéta-t-elle précipitamment. Je vous le jure. Je suis innocente. Laissez-le tranquille. Je vous en prie, laissez-le. S'il vous plait. Supplia-t-elle. Laissez mon frère. Pitié, laissez-le en dehors de tout ça.
L'agent qui tenait le revolver la jaugea longuement, pendant ce qui lui sembla être de longues minutes mais ce ne fut pas lui qui parla. Alexei se releva, épousseta son pantalon et se tourna vers l'autre homme.
- Ce n'est pas elle. Approuva-t-il. On s'est trompés. Ce n'est pas elle l'agent double.
