2016, ÎLE D'IBIZA, ESPAGNE

Quelques coups frappés à la porte de la chambre d'hôtel la fit sursauter, réveilla la douleur dans son épaule. Elle se releva immédiatement, le combiné lui échappa et alla cogner bruyamment contre la table de nuit avant qu'elle ne le rattrape pour entendre Steve l'interroger.

- On a frappé à la porte. Chuchota-t-elle.

- Regarde par le judas, je reste en ligne.

Elle déposa délicatement le combiné sur la table de nuit et se remit sur ses pieds. Elle avança prudemment jusqu'à la porte et se hissa sur la pointe des pieds pour regarder à travers le judas qu'y se cachait derrière. La vision qu'elle eut lui arracha un juron. Elle posa le front contre le bois, fit volte-face pour reprendre son appel.

- De toute les personnes que tu aurais pu envoyer tu l'as choisi lui ? Se lamenta-t-elle.

- C'est le seul en qui j'ai confiance.

- Je ne porte même pas de t-shirt.

- Ça devrait être le cadet de tes soucis. S'amusa-t-il.

- C'est un roi !

- Il ne te dénoncera pas. Et il passait dans le coin.

- Je ne porte pas de t-shirt. Répéta-t-elle.

- Appelle-moi quand tu es en lieu sûr.

- D'accord. Marmonna-t-elle.

- Promets-le.

- Je te le promets.

- Sois prudente, Kate. Souffla-t-il avant de raccrocher.

On frappa à nouveau à sa porte et elle lança un regard circulaire à la pièce, elle vit une chemise abandonnée sur une chaise et l'enfiler tout en retroussant le nez lorsque des effluves de cigares lui parvinrent aux narines. Elle déverrouilla à la hâte le loquet et ouvrit la porte de la chambre.

- Roi T'Challa. L'accueillit-elle.

- Je pensais que nous avions abandonné le titre ? Sourit-il.

- Je suis vraiment confuse que Steve vous ai dérangé pour moi. Vraiment, je... Ça n'en valait pas la peine, je suis...

- Vous êtes blessée. La coupa-t-il.

- Je suis désolée.

Le roi fronça les sourcils avant de secouer la tête, il retira à la hâte sa veste et la passa autour des épaules de la jeune femme et Kate sentit ses joues s'échauffer légèrement.

- Venez. L'invita-t-il avec douceur. On va vous mettre en sécurité. Promit-il.

Elle laissa le roi l'emmener jusqu'au toit de l'hôtel où elle y découvrit un jet similaire à celui avec lequel Steve était venu la secourir, elle et les autres, du RAFT. La rampe d'accès était baissée et une Dora Milaje attendait patiemment le retour de son roi.

- Okoye, elle a besoin de soins.

Une fois montée à bord de l'appareil, Kate fut prise en charge par une autre femme, une femme qu'elle n'avait jamais rencontré auparavant.

- Il faut la sédater. Annonça-t-elle en observant attentivement la plaie. Shuri pourra la traiter une fois qu'on sera rentrés.

Kate lança un regard perplexe au roi qui sembla comprendra sa réticence à être endormie. Elle observa d'un œil attentif la femme se mouvoir autour d'elle, elle sortit une petite seringue, remplie d'un liquide transparent.

- Vous pouvez avoir confiance. Assura-t-il.

- Vous ne sentirez plus rien. Promit la femme en lui lançant un sourire bienveillant.

Elle sentit une brève pique dans son épaule valide et immédiatement ses paupières lui semblèrent lourdes. Sa tête partit sur le côté et des mains puissantes attrapèrent ses épaules pour l'empêcher de chuter lourdement.

- On va prendre soin de vous.

Ce fut la dernière chose qu'elle entendit avec de s'endormir.

Son réveil fut beaucoup plus brutal que ce à quoi elle s'était attendue. Elle ouvrit brusquement les yeux, immédiatement les évènements passés lui revinrent en mémoire, son esprit était déjà vif, loin d'être embrumé comme lorsqu'on l'avait gavée d'anti-douleur après sa capture. Elle fixa un long moment le plafond gris et fronça les sourcils.

- Tu es réveillée.

Elle tourna brusquement la tête en direction de la voix et ses yeux trouvèrent les pupilles glacées de Bucky Barnes. Elle l'observa un long moment sans parler. Elle plissa les yeux, leva une main pour la porter à son épaule qui, dans ses souvenirs, était blessée mais qui maintenant semblait parfaitement guérie. Elle tapota sa peau et fronça à nouveau les sourcils.

- Ils t'ont guérie.

- En quelle année est-ce qu'on est ? S'enquit-elle d'une voix rauque.

Un rire s'échappa de la gorge de Bucky, s'attirant un regard noir de la part de Kate qui se releva brusquement pour se mettre en position assise. Elle écarta les pans de son haut et observa avec attention sa peau maculée, elle n'avait même pas une cicatrice.

- On est en deux-milles vingt-quatre. Lui annonça Bucky.

- Quoi ? S'écria-t-elle.

Il la vit relever brusquement la tête, ses yeux s'écarquillèrent, la panique visible dans son regard.

- On est toujours en deux-milles seize. S'amusa Barnes.

Les lèvres de la jeune femme se pincèrent et elle esquissa une grimace dans sa direction avant de s'intéresser à nouveau à sa peau dépourvue de cicatrice.

- On dirait que tu as réussi à t'attirer des ennuis.

- Ça fait combien de temps que je suis ici ? L'ignora-t-elle.

- Une nuit.

- Et Mary Poppins est descendue du ciel pour me guérir miraculeusement ?

- La Princesse n'est pas du genre à croire aux miracles.

Kate sentit sa tête se mettre à tourner et elle porta une main à sa tempe, attirant l'attention de Bucky qui quitta sa chaise pour attraper le verre d'eau posé sur la petite table basse et le lui tendre.

- Tiens, bois.

- J'ai la tête qui tourne. Marmonna-t-elle.

- Excuse-moi, je n'aurais pas dû plaisanter. S'excusa-t-il sérieusement. Tu as besoin de quelque chose ?

- D'explications.

- J'en ai pas énormément à te donner.

- J'ai l'impression de planer.

- Probablement le sédatif. Expliqua Bucky.

Il l'observa boire l'entièreté de son verre d'eau, le récupéra et le redéposa sur la table avant de reprendre sa place sur sa chaise. Kate laissa son regard glisser dans la pièce. Ce n'était clairement pas une chambre d'hôpital. Elle lança un coup d'œil à la porte uniquement fermée par un rideau et tourna à nouveau la tête vers Bucky qui l'observait.

- Où est-ce qu'on est ? Interrogea-t-elle.

- Chez moi.

Kate arqua un sourcil et examina d'un peu plus près son environnement. Après avoir vu la splendeur du Wakanda lorsqu'ils avaient fait escale au pays quelques mois plus tôt, elle s'était attendue à trouver quelque chose d'un peu plus sophistiqué qu'une hutte. C'était rustique mais assez étonnement, ça n'en restait pas moins confortable. Elle avait en tout cas logé dans des endroits bien pire que celui-ci.

- Tu es ici depuis à peine huit mois et on t'a déjà donné une maison ?

- En quelque sorte.

- Tu as un portable ?

- Non. Sourit-il.

- Un ordinateur ?

Bucky soupira et secoua la tête répondant à sa question par la négative, il se leva ensuite et elle le fit se diriger vers ce qui semblait être le salon, il souleva le tapis posé au sol, dévoilant une planche en bois qu'il retira aisément, il glissa son unique main dans le renfoncement du sol et en sorti un téléphone satellite.

- Steve a demandé des nouvelles ? Interrogea-t-elle.

- Non.

- Et Natasha ?

Elle le regarda remettre la planche et ensuite le tapis pour finalement se tourner vers elle.

- Personne n'a appelé et je n'ai appelé personne.

Elle fit de son mieux pour ne pas afficher un quelconque sentiment et pourtant, Bucky la vit tiquer. Elle détourna le regard et il la vit se mettre à jouer silencieusement avec ses doigts.

- Tu peux les appeler maintenant. Proposa-t-il en lui tendant le téléphone.

Elle observa un long moment le téléphone tendu vers elle, semblant hésiter et puis d'un revers de la main, elle le repoussa et secoua la tête. Elle se mit sur ses pieds et se dirigea vers la porte d'entrée, elle écarta le rideau d'un geste un peu brusque et fit un pas à l'extérieur. Ses pieds nus entrèrent en contact avec de l'herbe et elle s'immobilisa. Elle jeta un coup d'œil à ses orteils avant de se mettre à les bouger doucement, caressant l'herbe délicieusement tiède. Elle releva la tête et découvrit une seconde hutte sur sa gauche et encore d'autres un peu plus loin. Son regard trouva l'imposant cours d'eau qui s'étalait sur sa droite, mangeant une bonne partie du paysage. Elle fit quelques pas avant de s'arrêter à nouveau en entendant des gloussements dans son dos. Elle tourna la tête et vit des enfants l'observer à la dérobée à travers les hautes herbes. Elle plissa les yeux dans l'espoir de leur offrir son meilleur regard noir et les faire détourner les yeux mais il n'en fut rien. Elle esquissa une moue blasée se détourna des enfants et s'assit sur le sol, le regard fixé sur le paysage magnifique qui s'offrait à elle. Bucky l'observa faire sans rien dire. Il vit ses yeux se voiler légèrement, ses épaules tressauter. Il ne vit aucune larme rouler sur ses joues et pourtant la tristesse semblait émaner de tout son corps. Il resta longtemps à l'observer, menant la même bataille silencieuse contre sa propre tristesse, parvenant tout comme elle à la maîtriser et à la faire taire.

2013, WASHINGTON D.C. USA

Ils étaient resté un long moment dans la salle où ils avaient visionné un film montrant notamment Peggy Carter parler des exploits de Captain America. Ils étaient restés même après que le film soit terminé et que tout le monde ait quitté la salle. Elle avait vu l'expression triste de Steve. Et une part d'elle pouvait comprendre ce qu'il ressentait, elle avait perdu toutes les personnes auxquelles elle avait tenu. Elle était une immigrée russe dans un pays qui ne serait jamais entièrement le sien, totalement déracinée. Un peu comme lui qui avait quitté un monde qu'il connaissait pour se réveiller dans un monde étranger dans lequel il n'avait plus aucun repère.

- Sortons d'ici. Proposa-t-elle en se penchant vers lui.

- L'exposition n'est pas terminée.

- On s'en fiche. Tu n'as pas besoin de voir une exposition sur ta propre vie.

- Tu trouves ma vie à ce point ennuyeuse ?

- Ta vie n'est pas ennuyeuse. Mais je préfère t'entendre me raconter tes anecdotes sur la guerre plutôt que d'entendre une voix pré-enregistrée les relater.

Elle attrapa les mains de Steve dans les siennes et se releva, le tirant à sa suite. Ils se frayèrent un passage entre les visiteurs et parvinrent à s'extirper du Smithsonian pour se retrouver dans la rue.

- Je te ramène ? Proposa Steve.

- J'ai une meilleur idée.

- Je ne te laisserai pas conduire.

Un sourire étira les lèvres de Kate et elle secoua la tête tout en enfilant son casque. Elle grimpa sur la moto et désigna la place libre devant elle.

- Grimpe et conduis. Ordonna-t-elle.

- Pour aller où ?

- N'importe où. À New York, à Boston ou à San Francisco. On s'en fiche.

- On ne peut pas aller à San Francisco.

- On peut faire absolument tout ce qu'on veut. Grimpe et roule, Rogers, emmène-moi quelque part.

- D'accord, allons-y.

Il s'installa devant elle et fit bruyamment rugir l'engin avant de s'engouffrer dans le trafic et elle attrapa les pans de sa veste et colla sa joue contre son dos tandis qu'il zigzaguait entre les véhicules. Il roula un long moment en ville avant d'emprunter Constitution Avenue et d'emprunter le pont qui passait juste au-dessus du Potomac. Il longea un long moment le fleuve, suivant la route sans trop se poser de question. Kate ignora combien de temps ils roulèrent comme ça, en silence, sans prononcer le moindre mot, profitant simplement de cette sensation de liberté.

- Prends cette sortie. Cria-t-elle en relevant la tête.

Sans la questionner, il emprunta la sortie et ralentit l'allure, elle lui désigna un bar de l'index et il se gara sur le parking avant de couper le moteur.

- Un bar ? Questiona-t-il.

- Un bar karaoké. Nuança-t-elle en descendant de sa moto.

Elle enleva son casque et de nombreuses mèches vinrent se poser sur son visage, lui masquant presque totalement la vue. Les grandes mains de Steve vinrent se poser sur chacune de ses joues et il chassa ses cheveux, les coinçant derrière ses oreilles tandis qu'elle était déjà occupée à les aplatir de sa main libre.

- Je suis présentable ? S'enquit-elle.

- Quand est-ce que tu ne l'es pas ?

- Je suis pas sûre que mes pyjamas puissent être qualifiés de présentables.

- J'aime bien le rose, celui avec les froufrous.

- Si tu es sage, je pourrais envisager de te le prêter.

Un rire rauque s'échappa du torse de Steve, arrachant un sourire à Kate qui lui tendit son casque et lui fit signe de la suivre à l'intérieur. Elle leur dénicha une table dans un coin de la pièce, avec une vue imprenable sur la scène sur laquelle deux jeunes femmes, complètement ivres, hurlaient à tue-tête un tube des Spice Girls. Elles étaient complètement hors rythme et braillaient tellement fort que les mots qu'elle prononçait semblait intelligibles.

- Si je bois au point d'être dans cet état, ne me laisse pas me ridiculiser à ce point. Quémanda Katherine.

- Parce que tu comptes boire ?

- Et manquer une occasion de noyer ton chagrin dans l'alcool ?

- C'est moi qui devrais le noyer dans l'alcool.

- Mais toi tu ne peux pas être ivre.

Une serveuse vint leur déposer une bière et Katherine esquissa une grimace en lançant une œillade presque dégoutée à la bouteille. Kate aimait les cocktails, elle adorait le vin, qu'il soit rouge, blanc ou rose, elle était capable de descendre de la téquila sans ciller, mais elle avait un amour modéré pour la bière, sauf une marque précise qu'elle parvenait à apprécier assez pour en acheter et en avoir chez elle, mais la plupart du temps, elle réservait les bières aux invités.

- Tu veux que je la boive pour toi ? Plaisanta Steve.

- Absolument pas. Réfuta-t-elle. Trinquons Rogers.

Elle saisit sa propre bouteille et la tendit en direction de Steve.

- À ton exposition, qui aura eu le mérite de te déprimer, et de me faire regretter de ne pas être née dans les années vingt pour avoir la chance de rencontrer Bucky Barnes et sa fossette au menton.

- Vous auriez fait la paire tous les deux. Sourit Steve en entrechoquant sa bouteille avec la sienne.

Une autre personne succéda au duo ivre, un homme qui devait avoir la trentaine se posta derrière le micro et la musique se mit en route. Kate reconnut les premières notes comme étant Uptown Girl et elle leva les yeux au ciel.

- Je connais. S'émerveilla presque Steve.

- Félicitations. Railla Kate.

- Il est plutôt bon.

- Prince, il faut que tu écoutes Prince. C'est un véritable chef d'œuvre.

- Prince ?

- Purple Rain, Little Red Corvette, Kiss. Ce sont des musiques que tu dois entendre.

Sous le regard amusé de la jeune femme, il sortit un petit carnet brun et un crayon de la poche intérieure de sa veste. Il l'ouvrit et gribouilla les titres qu'elle venait de lui citer.

- Je peux ? S'enquit-elle en désignant son carnet.

- Je t'en prie.

Elle saisit son bloc-notes et passa en revue la liste qu'il y avait inscrite.

- Tu n'as quasi pas de jazz dans ta liste. Reprocha-t-elle.

- Louis Armstrong.

- Il te manque des références non négligeables. Donne-moi ton crayon.

Sans lui laisser le temps de réagir, elle se saisit de son crayon et se mit à rajouter quelques noms à sa liste.

- Et pas de classique. Marmonna-t-elle.

Elle lui lança un regard, presque noir, et secoua la tête, lui signifiant son mécontentement.

- Je ne t'imaginais pas fan de classique. S'étonna Steve.

- Je suis musicienne.

- Tu es musicienne ? Répéta-t-il.

- Je l'étais. Avant. En Russie.

- C'est ce que tu faisais avant de travailler pour les services secrets ?

- Non. C'était un hobby.

- De quel instrument tu joues ?

- Du violoncelle et du piano.

- Du violoncelle. Répéta-t-il.

- C'est comme un gros violon.

- Je sais ce qu'est un violoncelle. Je suis juste étonné que tu joues.

- Je suis une femme pleine de surprise.

- Tu en caches beaucoup d'autres ?

- Des tonnes, Rogers, des tonnes.

- Est-ce que tu danses ?

- Seulement avec un partenaire et ça m'arrive de me dandiner quand je suis ivre. Rit-elle. Mais ce n'est pas réellement de la danse.

- Je pensais que la danse classique c'était comme une institution en Russie.

- Ma mère aurait bien voulu que j'ai hérité de ses talents, mais moi mon truc c'était la musique.

- Ta mère était danseuse ?

- Au ballet du Bolchoï.

- Comment elle était ?

Depuis qu'ils se connaissaient, Kate ne lui avait que très peu parlé de ses parents. Il ignorait tout sur eux, même leurs prénoms. Il la vit esquisser l'ombre d'un sourire et elle but une gorgée de sa bière et La lueur dans ses yeux se teinta de mélancolie.

- Elle était parfaite. Répondit-elle doucement. Elle était magnifique. Grande et fluette, elle dégageait tellement de grâce. Et elle était douce. Elle était très douce. Je ne me souviens pas de l'avoir un jour entendu crier. Sauf contre mon père. Se souvint-elle. Mais jamais sur nous.

- Sur nous ? S'enquit Steve.

Son regard changea brusquement, la mélancolie s'effaça pour laisser place à un regard sombre. Elle détourna les yeux et se racla la gorge.

- Je pensais que tu étais fille unique.

- Non. Ce n'est pas le cas.

Elle but rapidement de longues lampées de bière et fit signe à la serveuse de lui en apporter une autre. Le sujet la mettait visiblement très mal à l'aise.

- J'avais un frère. Finit-elle par avouer. Il est mort.

- Je suis désolé.

- Ne le sois pas. Rétorqua-t-elle précipitamment. Ne sois pas désolé. C'est une bonne chose.

Elle ignora le regard étonné de Steve pour s'intéresser au nouvel idiot qui entonnait Say My Name.

- Mon frère n'était pas une bonne personne. Finit-elle par poursuivre. Il mérite ce qui lui est arrivé. C'était le karma.

- Tu veux en parler ?

- Non. J'ai assez parlé de mes démons pour une soirée.

Il la vit grimacer lorsque le type au micro tenta d'atteindre des sons bien trop aigu pour sa voix rauque.

- Qu'est-ce que tu vas nous chanter Steve ?

- Moi ? Sourit-il. Je ne chante pas.

- Tout comme tu ne danses pas et pourtant tu t'en sors pas si mal.

- Tu n'as pas envie de m'entendre chanter.

- Ça reste à débattre.

- Et toi ? Qu'est-ce que tu vas nous chanter ?

- Je vais tout donner sur "Holding Out For A Hero".

- Jamais entendu.

- Ce sera entièrement en ton honneur, Steve. Une dédicace spéciale.

- Je suis flatté.

- Mais avant ça, il faut que je descende quelques bières supplémentaires. Et après, je t'éblouirai avec une représentation que tu n'es pas prêt d'oublier Rogers, je te le garantis.