Chapitre 1 : Overcome

(Surmonter)

Le soleil, la chaleur, cette odeur, elle aurait pu la reconnaître entre mille, lui rappelant tellement de souvenirs. Hermione bougea difficilement un doigt, puis deux, puis sa main avant de pouvoir ouvrir ses paupières lourdes. Ses yeux noisette virent alors l'infirmerie de Poudlard, elle dût se forcer à cligner des yeux pour appréhender cette lumière si blanche. Elle tenta de se relever mais elle sentit une douleur parcourir son corps qui la cloua à nouveau dans son lit.

Hermione ne put s'empêcher de se mordre les lèvres, tournant la tête de droite à gauche, cherchant ses affaires et sa baguette qu'elle ne vit pas. Le lieu était silencieux, bien trop calme pour que les cours aient repris, est-ce que cela signifiait qu'elle était arrivée durant les vacances ? Peut-être était-ce l'été au vu du soleil qui baignait la pièce de ses doux rayons ?

Combien de temps était-elle là ? Combien de temps avait-elle dormit ?

Elle entendit alors des bruits de pas, ne pouvant s'empêcher de remettre ses sens en alerte et son corps se tendre, suspicieuse, méfiante. Le paravent s'ouvrit brusquement sur Mme Pomfresh qui lâcha son plateau quand elle vit sa patiente parfaitement réveillée.

« Doux merlin ! Je vais prévenir le professeur Dumbledore ! Je reviens ! »

Il n'en fallut pas plus pour qu'Hermione soupir de soulagement, ayant soudainement l'appréhension de s'être trompée dans ses calculs. Elle reposa sa tête sur l'oreiller, fermant les yeux, appréciant ce moment de calme et de repos après tant de combats et d'horreurs. Malheureusement, aussitôt les yeux fermés, aussitôt son esprit fut assaillit d'images et de visions qui lui retournèrent l'estomac, en quelques secondes, elle vomit le peu qu'elle avait dans le ventre.

« Ma pauvre enfant ! Restez calme ! Conseilla l'infirmière en lançant un Recurvite et la replaçant doucement dans son lit. Le professeur Dumbledore est ici, vous sentez-vous capable de répondre à ces questions ? Sinon, nous reporterons la séance à plus tard, vous avez encore besoin de beaucoup de repos, prévint-elle avec douceur en lui tendant un verre d'eau.

- Ça ira, répondit seulement Hermione en avalant difficilement l'eau mais ne pouvant s'empêcher d'apprécier le liquide rafraîchissant qu'elle pouvait sentir glisser dans sa gorge et son estomac.

- Bien, je le fais venir, approuva Mme Pomfresh en s'apprêtant à partir.

- Attendez, combien, combien de temps suis-je ici ? s'enquit la Gryffondor curieuse.

- Deux semaines, dévoila la sorcière en se retournant. Vous avez eu beaucoup de chance de vous en sortir, vos blessures étaient profondes, vous aviez perdu beaucoup de sang et…Mais peu importe, vous êtes réveillée et je vais faire en sorte de vous remettre sur pied, déclara-t-elle avec un doux sourire. »

Deux semaines, deux semaines de perdues, le temps était contre elle. Désormais, ce n'était plus un combat pour sa vie mais un combat contre le temps qui s'écoulait. Elle n'avait pas le loisir de se reposer. Non, trop de vies étaient en jeu. Trop de morts.

« Merci, encore une dernière question, en quelle année sommes-nous ?

- Avez-vous perdu la mémoire ? s'inquiéta Mme Pomfresh en fronçant des sourcils, les mains jointes.

- Non ! assura Hermione avec vigueur et assurance. C'est juste que, c'est juste pour confirmer mes pensées, tenta-t-elle pour ne pas paraître suspecte. »

Moins de personnes étaient au courant de son voyage dans le temps, mieux les gens s'en porteraient. Elle devait essayer d'influencer le moins possible l'avenir de ceux qui n'étaient pas concernés. Elle ferait bien assez de chamboulement ainsi.

« Nous sommes le 31 Juillet 1977, l'école reprend ce 1er Septembre, l'informa-t-elle, mais le directeur vous en dira plus, à toute à l'heure, termina l'infirmière en sortant par le paravent pour y laisser entrer Dumbledore dans toute sa splendeur. »

Le revoir, là, bien vivant face à elle, lui serra le cœur. Il était plus jeune mais il n'avait pas changé, son regard pétillant et malicieux par-dessus ses lunettes en demi-lune, sa longue barbe et ses cheveux blancs. Il avait toujours cette prestance qui faisait qu'on lui donnait sa confiance. Certes, elle avait bien lu l'autobiographie de leur ancien directeur de Poudlard, mais cela ne changeait en rien son opinion sur lui. Désormais, elle comprenait que dans la vie tout n'était fait que de choix, bons ou mauvais, tout cela dépendait du point de vue.

« Je suis ravi de vous voir enfin réveillée, déclara-t-il en prenant place sur la chaise qui se situait sur sa gauche. Miss ?

- Miss Granger, Hermione Granger, professeur, révéla-t-elle sans mentir.

- Nous nous connaissons ? demanda-t-il d'un ton plus où moins curieux.

- Eh bien, oui, mais pas à cette époque, dévoila-t-elle de but en blanc en le fixant avec intensité.

- Je vois, c'est bien ce que je redoutais, murmura-t-il sombrement.

- Comment ? interrogea-t-elle à la fois étonnée et soucieuse que d'autres personnes puissent découvrir son secret sans qu'elle n'ait rien dit.

- Voyez-vous Miss Granger, une jeune fille qui semble avoir combattu pour arriver dans l'enceinte du château alors qu'il y ait impossible d'y transplaner, conta Dumbledore serein. Pour ensuite reprendre connaissance deux semaines plus tard sans l'once d'une surprise en nous voyant, ne semblant pas perturbée outre mesure par les lieux, continua t-il d'expliquer. Ajoutant à cela, que la seule question que vous ayez posé à Mme Pomfresh, c'est l'année dans laquelle vous vous trouviez…

- Oui, je comprends que cela fait beaucoup de points convergeant, admit Hermione en hochant la tête.

- Pourquoi ? questionna t-il plus grave que jamais. Connaissez-vous les risques d'un tel voyage ?

- Je, c'est la guerre à notre époque, souffla-t-elle douloureusement en serrant les mains autour des draps.

- Ici aussi, l'informa le vieux sorcier en la jugeant calmement.

- Nous l'avons perdu, ils ont gagné, il a gagné, précisa-t-elle en croisant ses yeux bleus.

- Je comprends, soupira t-il en se sentant plus vieux que jamais, lui qui avait espéré que cette guerre finirait en leur faveur. Pourquoi cette époque ? Vous auriez pu remonter quelques heures avant que la guerre ne soit gagnée ?

- Parce que cette époque est la clé de beaucoup d'événements, expliqua Hermione. Il y a un groupe d'amis, ici même qui se font appeler les Maraudeurs.

- Je vois parfaitement de qui vous parler, quel rapport avec Voldemort ? s'enquit Dumbledore en soutenant son regard dans le sien.

- Tout, décréta-t-elle amèrement. L'un d'entre eux aura un enfant qui sera concerné par une prophétie en rapport avec Tom Jedusor, lui révéla-t-elle en s'attirant l'attention du sorcier par l'emploi du vrai nom de Voldemort. Cette prophétie lui sera confié et il aura dans l'idée de tuer cet enfant, il essaiera de le faire, mais sa mère se sacrifiera pour lui et le sort de la mort rebondira sur le bébé pour atteindre le mage noir, c'est ainsi que la première guerre finira, dit-elle en reprenant un peu sa respiration pour calmer les tremblements de sa voix. Ce soir là, une partie de l'âme de Tom Jedusor s'est attachée dans le corps de l'enfant et cela à créer un …

- Horcruxe, compléta t-il lui permettant ainsi de confirmer ces propres soupçons.

- Oui, cela ne sera pas le seul, il y en aura six autres, disséminés un peu partout ayant un rapport avec l'histoire de Poudlard, nous les avons retrouvé puis détruits, mais cela n'a servit à rien, l'enfant à grandit, il est devenu mon meilleur ami et il est mort, acheva-t-elle en déglutissant.

- Vous ne pouvez pas allez contre cette naissance, prévint-il inquiet.

- Je ne comptais pas le faire, rétorqua-t-elle furibonde, mais les parents de mon meilleur ami ont été vendu au mage noir par l'un de leurs amis, je veux empêcher cela ! Je veux empêcher que cette famille ne meure et que mon meilleur ami devienne un Horcruxe contre son grès.

- Si vous faites cela, peut-être que la prophétie n'aura plus aucun sens, peut-être que le temps en sera tellement bouleversé qu'il se distordra ?

- Alors retrouvez ces Horcruxes, détruisez-les et tuez-le avant qu'il n'agisse sur cette famille et cet enfant ! déclara-t-elle d'une voix emplit de désespoir et de rage contenue.

- Modifier le court du temps n'est pas sans impact, l'avertit le plus grand mage de tous les temps.

- Je sais, répondit-elle avec détermination. Je n'ai plus rien à perdre, dans mon époque, ils sont tous mort, l'espoir est vain et votre phénix, Fumseck m'a apporté ce Retourneur de temps, j'ai saisie l'occasion peu importe les conséquences, déclara Hermione en enfonçant ses ongles dans la paume de ces mains.

- Vous risquez votre vie, votre naissance et votre futur, dit-il posément.

- Qu'importe, si cela permet au monde magique de survivre, décréta-t-elle avec assurance. Si cela permet à mon meilleur ami d'avoir enfin une famille et que Tom Jedusor soit vaincu, je suis prête à tout, ajouta Granger en le regardant avec résolution. »

Dumbledore l'observa longuement par-dessus ces lunettes, semblant la juger. Elle était décidée, il le sentait, qu'importe ce qu'il pourrait lui dire, qu'importe s'il essayait de l'en dissuader elle le ferait. Il valait mieux aller dans son sens et d'être à ses côtés plutôt que d'être contre elle, qu'avait-il à y gagner ? Rien. Alors que collaborer avec elle, lui permettrait de mieux combattre dans cette guerre sordide. Il se leva de sa chaise puis déclara promptement :

« Bien, si mon phénix vous a donné ce Retourneur de temps c'est qu'il vous a jugé digne de confiance, dans ce cas nous mènerons cette bataille ensemble Miss Granger, décida t-il en lui souriant d'un air malicieux. Dès que vous serez rétablit, nous partirons à la recherche de ces Horcruxes.

- Merci, merci professeur, souffla Hermione émue et à la fois soulagée.

- Oh, une dernière question, quel âge avez-vous ?

- Dix sept ans, lui apprit-elle avec un léger sourire.

- Parfait, vous rentrerez faire votre dernière année à Poudlard et subirez la répartition du Choixpeau Magique dès votre rétablissement. J'informerais les professeurs d'une nouvelle élève arrivant de Beauxbâtons, tout cela reste entre nous, moins de personnes auront connaissance de votre secret et mieux se sera, affirma Dumbledore.

- Bien entendu, assura Hermione en hochant la tête. Pensez vous que je subirais le contre coup de ce voyage dans le temps comme Eloïse Rouley Boulet ?

- Je ne puis vous dire mon enfant, suite à cet échec cuisant, la loi Funestar a été mise en place sur les Retourneurs de temps et personne n'a plus jamais tenté de voyager aussi loin, l'informa-t-il en pesant ses mots. A vrai dire, vous n'auriez même pas pu remonter aussi loin dans le temps si le retourneur que vous aviez en votre possession était protégé par cette loi...

- Etes-vous en train de me dire que ce retourneur de temps était illégal ? s'effraya Hermione en se demandant comment l'animal avait pu se le procurer.

- En quelque sorte oui, qu'est-il devenu ?

- Il s'est détruit à mon arrivée, je ne peux faire le voyage contraire, révéla Hermione soucieuse.

- Je vois, nous discuterons de cela plus tard, en attendant, profitez de ces instants pour vous reposer et prendre soin de vous, entre ces murs, vous êtes en sécurité, Mme Pomfresh va venir vous donnez votre traitement. On se revoit bientôt, conclut-il en partant. »

Elle ne pouvait plus reculer, le sablier s'était brisé, elle était prisonnière de cette époque. Quand bien même elle souhaiterait repartir en 1998 que cela lui serait impossible à moins de ne retrouver un autre retourneur de temps non soumis à la loi Funestar. Seulement ça signifiait aller en voler un au département des mystères.

Impossible.

Elle savait que le cas d'Eloïse Rouley Boulet avait été terrible puisqu'elle avait passé cinq jour en 1402 et à son retour, elle avait vieillit de cinq siècles. Serait-ce son cas aussi ? Comment allait-elle trouver la solution de disparaître avant sa naissance sans créer une distorsion ? Devrait-elle mourir ? Devrait-elle se suicider ?

Cette simple idée lui glaça le sang.

Non, elle ne devait pas y penser, pas maintenant, elle devait se concentrer sur son objectif premier détruire les Horcruxes, sauver les parents d'Harry, par la même occasion Sirius et éviter au professeur Lupin de subir des années de solitude.

Elle y arriverait.

Quoi qu'il arrive, elle se fit la promesse intérieure d'y arriver, avec Dumbledore à ces côtés, elle ne pouvait qu'y croire. Peu à peu, elle sentit ces yeux se fermer progressivement par la fatigue et les émotions qui l'avaient submergé. Sans savoir que le cours du temps était déjà en marche sur son corps qui vieillissait beaucoup plus vite que la moyenne…

•o•o•o•o•o•o•o•o••o•o•o•

31 Août 1977.

Un mois, un mois qu'elle était arrivée dans cette époque. Un mois qu'elle avait régulièrement des conversations avec Dumbledore pour lui parler des Horcruxes à détruire et leur cachette. Retrouver le diadème, la coupe, le médaillon et la bague ne seraient pas un souci, l'endroit où ils se trouvaient ne devait pas différer de son époque.

Non, par contre le journal intime c'était une autre histoire. Elle savait que Ginny était entrée en possession du journal par le biais de Malfoy, est-ce que cela signifiait que le journal se trouvait déjà au manoir ? Si oui, comment allait-elle faire pour y entrer et ensuite le retrouver ? Il pouvait être n'importe où dans le manoir et des souvenirs qu'elle en avait, ils étaient grand, voir très vaste.

Il y avait aussi une autre question qui s'était posée, Tom finirait par ressentir les effets néfastes de la destruction des Horcruxes, allait-il en créer d'autres dont elle n'aurait pas la connaissance ? Et à ce moment là, la boucle se répéterait indéfiniment sans jamais pouvoir s'en sortir.

Non, elle ne devait pas y penser, c'était dans le pire des cas. Après tout, à son époque, il n'en avait pas recrée d'autres malgré la destruction consécutive des Horcruxes, il n'y avait donc pas de raison pour douter.

Soupirant une énième fois, la tête plongée dans un énorme livre de la bibliothèque, elle replaça une mèche rebelle derrière son oreille.

Elle devait bien avouer qu'elle se sentait perdue. Plus les jours passaient, plus les jours se rapprochaient de la rentrée et plus elle doutait que son idée soit la bonne. Avait-elle raison de modifier ainsi le temps ?

Elle était nerveuse à l'idée de rencontrer son ancien professeur de défense contre les forces du mal, ou bien le parrain d'Harry. Comment allait-elle réagir en voyant Peter Pettigrow celui-là même qui avait causé tous les maux aux Maraudeurs ? Comment allait-elle pouvoir s'intégrer dans leur groupe ? Elle qui n'était qu'un petit rat de bibliothèque.

Après tout, c'était Harry et Ron qui étaient venus à sa rencontre, c'était eux qui étaient venus la sauver du Troll pour ensuite l'intégrer. Sans eux, elle serait sans doute restée seule, comme toujours.

Elle ne savait plus.

Si seulement, ils étaient là. Si seulement, ils avaient pu l'accompagner.

Harry aurait été si heureux de voir ses parents et Ron aurait toujours eu le mot pour rire, pour dédramatiser la situation.

Qu'allait-elle faire sans eux ? Comment allait-elle se débrouiller ? Elle était certes le cerveau du groupe mais elle n'avait pas l'impulsivité et le courage d'Harry. Elle n'avait pas l'humour et la joie de vivre de Ron.

Sans s'en rendre compte, elle vit une tâche humide se dessiner sur l'une des pages de son livre, puis une deuxième, une troisième. Elle porta aussitôt ces mains sur son visage ruisselant de larmes.

Pleurer, elle ne savait faire que ça ces derniers temps et cela l'enrageait d'être ainsi. A quoi bon pleurer ? Cela ne lui servirait à rien dans sa quête. Elle devait rester maîtresse d'elle-même.

Elle se devait de surmonter cette épreuve aussi dure soit-elle.

Seulement plus facile à dire qu'à faire. Elle était seule contre tous, contre le temps.

Un hoquet traversa ses lèvres, où était l'ancienne Hermione ? Où était-elle ? Quand allait-elle retrouver enfin un semblant d'espoir ? Quand allait-elle cesser de cauchemarder toutes les nuits, se réveillant en hurlant ? Quand allait-elle pouvoir vivre ?

Sa seule satisfaction était d'être répartit à nouveau chez les Gryffondor, le Choixpeau l'avait sans hésitation replacé chez les Lions alors que la toute première fois, il avait longuement hésité avec Serdaigle. Dumbledore lui avait acheté toutes les fournitures et vêtements nécessaires à son année scolaire. Physiquement, elle était prête pour cette nouvelle et dernière année mais moralement, c'était tout autre chose.

D'un revers de main, elle sécha rageusement ses larmes, dégageant ses cheveux vers l'arrière pour s'apercevoir avec horreur que quelques cheveux blanc lui étaient restés dans la main…

•o•o•o•o•o•o•o•o••o•o•o•

1er Septembre 1977.

Elle n'avait pas prit le train, elle avait sagement attendue que Dumbledore annonce sa venue lors de son discours de début d'année. Elle avait été présentée à tous les élèves de Poudlard sur l'estrade surplombant les quatre tables des quatre maisons. Elle avait été présentée sous son véritable nom et prénom, par choix, elle aurait bien assez à mentir pour en plus tromper les gens sur son propre nom.

La table des lions l'avait accueillit sous un grand tonnerre d'applaudissement quand sa maison fut révélée. Elle s'était installée à côté d'une rouquine et préfète en chef qu'elle reconnue en la mère d'Harry grâce à ses yeux verts tandis que sur sa droite, une grande brune aux cheveux longs discutait avec un autre jeune homme tout aussi brun et qui avait un air de déjà vu. Elle fut alors détournée de ses pensées par la voix de Lily :

« Alors Hermione, comment trouves-tu Poudlard comparé à Beauxbâtons ?

- Très beau, ce n'est bien entendu pas comparable, mais le château est magnifique, répondit la concernée avec un grand sourire.

- Tu as déménagé avec tes parents ? s'enquit quelque peu curieuse la rouquine.

- Oui, on va dire cela, je n'ai pas eu le choix que de venir ici, soucis personnels, conclu la jeune fille.

- Oh, désolée de m'être montrée indiscrète, s'excusa Lily, en tous cas tu parles remarquablement bien l'anglais, nota la Gryffondor tandis qu'Hermione s'arrêta quelques secondes dans la découpe de sa viande. Oh oui, ma mère est d'origine anglaise, mentit-elle en sentant son cœur se serrer face à ce premier mensonge.

- Et du coup, les françaises sont toutes aussi jolie que toi ? demanda une voix masculine qui s'installa en face d'elle accompagné de trois autres garçons. »

Sirius. Sirius Black en personne. Si jeune, si beau, si souriant, si vivant.

Hermione déglutit passablement tandis que son regard passa ensuite sur James à ces côtés, ayant les mêmes cheveux en bataille que son meilleur ami, puis Remus possédant toujours ce sourire si mélancolique, ses yeux laissant transparaître tant de maturité pour son âge. Le dernier n'était autre que Peter, rondouillard, observant les autres avec admiration, ne lâchant pas James du regard.

Voilà, elle y était, ils étaient là, tous réunis autour d'elle en cette année 1977. Elle qui ne devrait pas être là, elle qui interférait déjà par sa seule présence dans le cours du temps.

Il était trop tard pour renoncer.

« Tu ne peux jamais t'empêcher Black, sermonna Lily en le foudroyant du regard. On croirait d'un chien en chaleur !

- Eh ! s'insurgea le concerné en faisant mine de s'offenser.

- Sirius voulait seulement se montrer sociable avec notre nouvelle camarade, défendit James à l'attention de Lily qui le regarda pour au final poser ses yeux sur le badge que portait le jeune Potter sur sa robe de sorcier.

- A croire que les professeurs sont tombés sur la tête en te nommant Préfet en Chef, souffla Evans en détournant brusquement la tête.

- On se moque de ça, nous ne sommes pas venus là pour débattre sur l'éligibilité de James à ce poste qui lui scier à merveille Evans, va falloir t'en remettre ! déclara Sirius. A moins que cela ne soit dût au fait que tu vas devoir le fréquenter tous les jours en ayant votre propre appartement, soumit Black d'un sourire goguenard tandis que Lily le foudroya du regard. Alors, très chère Hermione, pas trop le mal du pays ?

- Non, ça ira, répondit-elle de manière détachée ou tout du moins, elle essayait.

- J'ai toujours aimé la France, c'est un très beau pays, confia Sirius en se servant de poulet.

- Tu aimes la France pour les filles ou pour la culture et ses monuments ? s'informa Hermione en haussant un sourcil interrogateur quelque peu surprise de découvrir un Sirius quelque peu dragueur.

- Hum, bien entendu pour tout, cela forme un ensemble mais s'il y a des jolies filles c'est d'autant mieux, avoua t-il avec un franc parlé qui arracha un éclat de rire à Granger. »

Elle aurait peut-être dû le trouver don juan et ne pas apprécier qu'il soit aussi séducteur mais, le ton qu'il employait et la manière dont il se comportait, elle voyait parfaitement qu'il ne se prenait pas au sérieux. Il profitait de la vie comme elle venait.

« Tu restes longtemps en Angleterre ? se renseigna Lupin en se servant de pomme de terre.

- Eh bien, mon voyage n'est pas fixe, une année sûr, peut-être deux, dit évasivement Hermione en buvant un peu de jus de citrouille.

- Tu retourneras en France ? demanda Peter la bouche pleine.

- Non, trancha froidement Hermione en souhaitant qu'il s'étouffe avec sa nourriture.

- Ne parle pas la bouche pleine Peter, on te l'a dit maintes et maintes fois, réprimanda James agacé.

- Oh oui, désolé, continua-t-il de parler en mâchant son repas sous le soupir exaspéré de Prong.

- Relax James, souffla Sirius en lui donnant un coup de coude dans les côtes, ne fait pas attention à lui Mione, il manque d'éducation notre pauvre Peter, l'informa t-il en remarquant qu'elle avait tiqué à son surnom. Désolé, tu n'aimes peut-être pas que je te surnomme ainsi ? se renseigna t-il soucieux. »

Il était observateur, plus qu'elle ne l'aurait cru, mais quoi de surprenant puisqu'au final ils avaient découvert le secret de Remus, c'est qu'ils étaient loin d'être des idiots. Bien entendu, l'appeler ainsi, faisait remonter des souvenirs en elle. La gorge serrée, elle réussit à murmurer un « non » avant de replonger dans son assiette. Ils étaient si familier avec elle, comme-ci elle avait toujours été là, présente avec eux. Agissaient-ils de la même manière avec tous leurs camarades ?

« Hey ! Félicitation à toi Franck ! cria Sirius en le voyant aux côtés d'Alice qui rougit jusqu'à la racine des cheveux. »

Franck et Alice Londubat, voilà pourquoi elle avait une impression de déjà vu, c'était les parents de Neville. Eux aussi, bien vivant et si elle réussissait, lui aussi pourrait avoir des parents sains d'esprits et non dans un lit d'hôpital, élevé par sa grand-mère.

« Si Peter manque d'éducation, tu en aurais grandement besoin, toi aussi, déclara Lily énervée en tirant Hermione de ces songes. Tout le monde n'a pas besoin de savoir qu'ils se sont mis en couple, ajouta la préfète en chef.

- Ne fait pas ta rabat-joie de première Evans, décréta Black en la fixant droit dans les yeux. Toi aussi ton tour viendra, sous entendit-il en lui faisant un clin d'œil qui consterna la jeune fille. »

Oui, décidément il n'y avait aucun doute la dessus, Sirius Black était un bon vivant, bien différent de l'image qu'elle avait de lui à son époque. En même temps, quoi de plus surprenant après avoir passé douze ans emprisonné avec les Détraqueurs. Elle croisa alors son regard gris et ne put s'empêcher de sentir son cœur bondir dans sa poitrine sans en comprendre réellement la raison. Il n'y avait pas de fantômes du passés dans ses yeux gris. Il n'y avait pas encore de tatouage gravé sur sa peau.

Non, rien de tout cela.

Le voir ainsi, lui réchauffait le cœur et lui donnait raison sur son choix.

La voilà sa réponse. La voilà sa confirmation sur ces choix.

Oui, elle avait raison de vouloir préserver tout cela

Préserver leur sourire, leur bonne humeur et leur vie.


Voilà, les bases sont posées, comme vous avez pu le voir notre Hermione est bien décidée à tout changer, seulement, changer le temps (à mes yeux) n'ait pas sans conséquence, et je ne parle pas du fait que cela puisse changer le destin de certains personnages mais aussi avoir un impact sur elle à proprement parlé.

Je pense que vous l'avez deviné au deuxième paragraphe avec ses cheveux blancs qui commencent à arriver et à tomber...Elle n'a rien à faire à cette époque, elle n'est qu'un élément nuisible dans le cours du temps qui va vouloir se débarrasser d'elle. J'espère que vous avez désormais compris mon petit message précédent à la fin du prologue qui disait qu'elle ne resterait pas longtemps...

L'histoire va être sombre et surtout beaucoup de prises de tête pour Hermione qui se rend compte que changer le temps n'est pas aussi simple qu'elle l'avait cru. Changer certains éléments, va de suite apporter de nouveaux éléments qu'elle n'avait pas pris en compte et qui n'existait pas dans son époque...Terrible, du coup, quoi faire ?

Elle fera des erreurs. Elle gagnera par moment, mais elle perdra aussi beaucoup.

J'espère aussi que l'entrée des Maraudeurs aura pu vous plaire ? Ainsi que celle de Lily ?

J'ai décidé de faire jouer un rôle à Dumbledore, car pour moi, il reste un bon guide pour Harry et il en sera un pour Hermione.

Je vous laisse réfléchir et faire vos théories que j'attends avec impatience.

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