Chapitre 6 : Theres Still Hope
(Il y a encore de l'espoir)
Dans deux jours, les vacances de Noël débuteraient, le château se ferait alors désert de tout élèves ou presque, puisqu'elle y serait présente. La salle commune était vide, comme à chaque fois qu'elle se réveillait tard dans la nuit suite aux cauchemars qui la tourmentaient. Elle prenait alors place sur le rebord de la fenêtre, assise, appuyée contre le recoin du mur, les genoux repliés contre sa poitrine. Seulement vêtue de son gilet et de sa nuisette, elle observait par la vitre le ciel étoilé et la lune qui décroissait, laissant à nouveau quelques semaines de répit à Remus.
Cela faisait plusieurs jours qu'elle était sortit de l'infirmerie après son saignement du nez et son altercation avec Carrow et Thorfinn. Une altercation que Lily ne semblait pas ce souvenir, encore moins de l'Epouvantard à sa plus grande surprise et soulagement. Depuis, elle avait fait exprès de croiser à nouveau Carrow et Thorfinn qui ne lui avaient même pas prêté d'attention alors qu'elle les avait combattus et humilié.
Elle en avait alors déduit que le seul et unique responsable de tout cela était ; Regulus Black.
Il avait modifié les souvenirs de ses propres camarades et de Lily, pourquoi ? Pourquoi avait-il fait cela ? La seule chose dont elle se souvenait était l'ombre venant s'interposer entre elle et l'Epouvantard, sur le moment elle avait cru à Lily mais maintenant elle doutait. Si cela était Regulus ? Peut-être l'avait-il aidé ? D'où le fait qu'il vienne à falsifier la mémoire de ceux qui étaient présent par crainte de représailles, mais dans ce cas précis, pourquoi ne pas l'avoir fait également sur elle ?
Pourquoi ?
Dans tous les cas, il avait vu son Epouvantard et elle craignait sérieusement de devoir ajouter une troisième personne à la liste de ceux qui essayaient de découvrir son secret. D'autant plus que Regulus ne devait pas particulièrement être un idiot. Le souci, c'est qu'elle ne pouvait pas l'approcher sans attirer les regards sur eux et elle ne souhaitait pas le mettre dans une situation délicate.
Alors elle attendait un moment propice, mais quelque part, cela la confortait dans sa décision de sauver Regulus et de le rallier à leur cause. Il l'avait aidé par deux fois et de sa propre initiative, cela indiquait qu'il y avait un espoir.
Oui, il y avait encore un espoir de pouvoir le convaincre d'être avec eux.
Comment ? Elle ne savait pas, mais sans doute que Sirius pourrait l'y aider, ils étaient frères et les plus à même de se connaître. Elle soupira une nouvelle fois, sentant un mal de tête se pointer face à toutes les questions qui rendaient son esprit confus. Elle avouait être fatiguée entre son manque de sommeil, son état de santé déplorable et ses réflexions qui n'en finissaient pas.
Elle se sentait terriblement seule.
Hermione posa alors sa tête sur le haut de ses genoux, enroulant ses bras autour de ses jambes, comme pour se protéger du froid environnant et de la nuit qui avait tendance à l'avaler. Elle avait hâte d'en finir avec tout ça.
Elle en avait marre de devoir mentir en continue, de paraître aller bien devant les autres alors que c'était tout le contraire. Elle en avait marre de douter en permanence et de craindre que la mort ne l'emmène bien trop tôt.
Elle voulait juste revoir Ron et Harry.
Seulement ils n'étaient plus là pour l'aider et la soutenir, elle n'avait que Dumbledore. Est-ce que cela suffirait ? Ces derniers temps, elle en venait à douter, peut-être parce qu'elle avait la sensation de tourner en rond avec les deux Horcruxes restant ? Ils n'avaient aucun moyen de les approcher, de savoir où ils étaient. Certes Bellatrix était l'une de ses partisans, mais lui avait-il déjà donné la coupe ? A l'heure actuelle, sans plan, sans aide supplémentaire, cela serait du suicide pur et simple de se rendre à Gringott pour s'en emparer.
Malheureusement, elle ne pouvait que compter sur elle-même, jusqu'à la fin.
« Hermione ? entendit-elle une voix sur sa droite, la faisant légèrement sursauter. »
Elle se tourna vers son interlocuteur qui n'était autre que Remus, vêtu de son pyjama, les cheveux en batailles, son regard se posant sur elle. Il paraissait surpris de la voir ici et Hermione devait avouer l'être aussi, elle qui se pensait tranquille jusqu'au petit matin.
« Remus, souffla-t-elle d'une voix étonnement basse. Que fais-tu ici ?
- Je te retourne la question, dit-il calmement en s'approchant. »
Il la vit alors grimacer et détourner les yeux, semblant embarrassée de devoir lui répondre. Il en profita pour la détailler un peu pour finalement s'apercevoir qu'elle était dans une tenue dès plus légère en cette saison, le faisant rougir plus que nécessaire. Il n'avait pas pour habitude de côtoyer la gente féminine avec son problème de poils, évitant tout contact avec elles, sauf Lily. Il baissa légèrement la tête pour essayer de reprendre contenance puis la réponse lui parut évidente en se souvenant des cernes qu'elles arboraient.
« Cauchemars ? proposa-t-il en s'attirant son regard noisette.
- Entre autre, répondit-elle en haussant des épaules.
- Je vois, alors nous allons pouvoir nous tenir compagnie, dit-il en prenant place sur le rebord de la fenêtre, à son opposé. »
Elle l'observa prendre place, se sentant quelque peu intimidée d'être ainsi vêtue face à son ancien professeur. Elle avait vécue durant une année complète avec deux garçons dans une intimité presque caduque et voilà qu'elle se sentait mal à l'aise d'être ainsi vu par Remus.
Oui, sauf qu'Harry et Ron étaient comme des frères pour elle.
Elle déglutit passablement en sentant sa gorge se serrer à nouveau aux souvenirs qui la submergeaient. Elle devait faire le vide dans son esprit. Elle devait se calmer, elle ne devait pas craquer devant Remus, ne pas lui donner plus de grain à moudre. Il avait suffisamment d'indice pour en ajouter. Sauf, que c'était plus facile à dire, qu'à faire. Elle déplia alors ses jambes et souffla :
« Je vais retourner me coucher, bonne nuit Rem… »
Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'elle sentit la main chaude de son camarade s'enrouler autour de son bras afin de la retenir, tandis qu'il murmura :
« Écoute, si tu crains que je n'en profite pour te poser des questions, je ne le ferais pas, alors reste…
- Je, je suis fatiguée, alors, alors…
- Sauf erreur de ma part, je ne pense pas que tu retrouves le sommeil, sinon tu ne semblerais pas aussi fatiguée, nota-t-il en plongeant son regard ambré dans le sien. Tu devrais apprendre à te reposer sur ton entourage, Hermione, reste, insista-t-il avec douceur en la sentant se détendre tandis qu'elle replaça lentement ses jambes dans la même position qu'elle était auparavant. »
Il finit alors par la lâcher puis s'appuya à nouveau contre le mur tout en l'observant du coin des yeux. Le silence se fit à nouveau et il ne savait pas quoi dire ou quoi faire pour le rompre sans la faire se sentir méfiante vis-à-vis de lui. Il fut alors surpris de l'entendre prononcer :
« La pleine lune, tu, est-ce que ça a été ?
- Oh, oui, répondit-il. J'ai l'habitude maintenant, ajouta Lupin quelque peu mal à l'aise. En plus, Mme Pomfresh est douée pour me prodiguer des soins, alors tu n'as pas à t'inquiéter…
- Il est normal que je me fasse du souci, après tout, tu es…non, rien, oubli…
- Oublier quoi Hermione ? reprit Remus en fronçant des sourcils. »
A nouveau, elle se plongea dans un silence total. Sirius avait raison, elle s'était construit une carapace en acier. Elle était méfiante comme lui lors de sa première année à Poudlard par sa condition de Loup-garou. Il avait fallu que Sirius et les autres viennent à découvrir son secret pour qu'il se livre et il avait l'étrange sensation qu'Hermione serait exactement pareille.
Sirius aurait su quoi faire pour la mettre à l'aise et il était certain qu'il aurait apprécié ce moment avec elle, il avait beau nier, il l'appréciait énormément, au point de s'inquiéter pour elle. La preuve en était, à chaque fois qu'elle allait à l'infirmerie, il s'y rendait pour aller la voir. Il avait aussi remarqué le fait qu'il lui glisse subtilement de la nourriture dans son assiette pour la forcer à manger.
Il veillait sur elle, à sa façon.
Il remarqua alors son index qui ne cessait de gratter son avant bras, la manche de son gilet remontant légèrement à chaque fois. Etait-ce un tic nerveux ?
« Il m'arrive souvent de faire des cauchemars, révéla Remus en s'attirant l'attention d'Hermione. La nuit ou j'ai été mordu par Greyback, restera à jamais l'un de mes pires souvenirs et…il arrive que j'en rêve encore, surtout après que la pleine lune soit passée, avoua Moony en espérant que cela lui donnerait envie de se confier à son tour.
- Je comprends, dit-elle en se pinçant les lèvres. Je, Ron et Harry sont souvent dans mes cauchemars, lui dévoila-t-elle.
- Vous, vous étiez amis de longues dates ? s'enquit-il prudemment.
- Depuis nos onze ans, répondit-elle avec un faible sourire.
- Je vois, comme moi avec Sirius, James et Peter, prononça Lupin. Je pense que si je venais à les perdre, je serais aussi dévasté, ils sont comme ma famille, révéla-t-il.
- Tu, tu n'as plus tes parents ? interrogea curieuse Hermione s'en savoir plus sur Remus.
- Oh, si, ma mère Espérance et mon père Lyall sont encore en vie mais depuis ce jour… ils…enfin, mon père s'en veut d'avoir provoqué Greyback, culpabilisant de ma condition, il se plonge dans le travail quant à ma mère, eh bien, je suppose qu'elle essaie de faire au mieux…elle veut me protéger, mais se montre parfois maladroite…
- Comme bons nombres de mère, sourit Hermione au souvenir de Mme Weasley ou de la sienne. Ce n'est pas pour autant qu'ils ne nous aiment pas, lui fit-elle remarquer.
- Sans doute, oui, approuva-t-il en un mouvement de tête. Et toi ? Tes parents ? Sirius m'a dit que tu restais ici durant les vacances, pas de fêtes en famille ?
- Elle est loin en ce moment même, je ne pourrais pas aller les rejoindre cette année, répondit-elle la gorge nouée. Ce n'est pas grave, je les reverrais bient… »
Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'elle sentit la main de Remus se poser sur la sienne tandis qu'il ancra ses yeux dans les siens. Elle cessa aussitôt de se gratter l'avant bras avec son index, sentant son cœur faire un soubresaut dans sa cage thoracique par crainte qu'il n'ait remarqué quelque chose d'autre.
« Cesse cela, tu te fais du mal inutilement, lui souffla-t-il. Je te vois gratter ton avant bras depuis tout à l'heure, à force tu vas te l'égratigner malgré ton gilet, la prévint-il. »
Elle baissa alors la tête vers sa main qui retenait la sienne, c'était un tic qu'elle avait développé depuis sa séance de torture au manoir Malefoy. Inconsciemment, elle grattait sa cicatrice, c'était sans aucun doute nerveux.
Elle se souvenait qu'Harry lui en avait fait la remarque.
Elle sentit alors quelque chose de mouiller sur le dos de sa main, avant qu'un doigt n'effleure sa joue pour y essuyer une larme solitaire.
« Désolée, murmura-t-elle en relevant la tête.
- De quoi es-tu désolée ? Tu n'as pas à l'être voyons, répondit Remus d'un ton qui se voulait apaisant. Tu devrais prendre soin de toi…
- Je, je n'ai pas le temps pour cela, dit-elle en ravalant ses larmes.
- Alors laisse les autres le faire pour toi, je peux comprendre que faire à nouveau confiance est difficile, mais tu sais, malgré tout, Sirius veille sur toi à sa manière, confia Moony avec tendresse. James à certes l'esprit occupé par Lily mais quand Sirius revient de l'infirmerie après t'avoir vue, il prend de tes nouvelles, ainsi que Lily, même Peter et moi, s'arrêta-t-il en cherchant ces mots. Moi, je me fais du souci, tu donnes cette sensation de vouloir protéger tout le monde jusqu'à t'en oublier, Hermione…n'en fait pas trop, nous sommes là, tu n'es pas toute seule, lui rappela-t-il. »
Il sentit alors ses doigts s'agripper fermement à sa main tandis qu'elle ne le lâchait pas des yeux pour finalement hocher de la tête en signe d'affirmation. Elle baissa aussitôt la tête, ses longs cheveux retombant de chaque côté de son visage, elle ferma douloureusement les yeux.
Les paroles de Remus résonnaient en elle comme un écho lointain.
A cet instant précis, elle comprit qu'elle avait été dans l'erreur depuis le départ à vouloir leur cacher la vérité. Leur mentir ainsi, était trahir le peu de confiance qu'elle obtenait de leur part. Elle les côtoyait quotidiennement, apprenait à les connaître sous un jour nouveau, elle devenait peu à peu leurs amis alors que prochainement, elle viendrait sans doute à disparaître.
Que leur laisserait-elle alors ?
Quelle trace, quelle image auront-ils d'elle dans le futur ?
Elle avait oublié l'essentiel, une chose qu'elle avait rappelé à Harry avant qu'il n'entreprenne sa quête des Horcruxes.
Seul, il n'arriverait à rien.
Elle avait souhaité accompagné Harry pour l'aider, le soutenir, parce qu'elle savait que dans un moment où un autre, il aurait eu besoin d'elle, et Ron en avait fait de même. C'était la force de leur trio. Sauf qu'elle avait fait la même erreur que son meilleur ami, elle avait cru avec arrogance s'en sortir seule, prenant la décision d'affronter ce combat avec pour unique aide Dumbledore.
Cela était impossible.
La preuve en était, elle n'avançait plus à rien. Elle tournait en rond.
Elle s'était trompée, seule, elle n'arriverait à rien.
A rien.
Elle inspira alors profondément et prit une résolution, à force de trop réfléchir, de trop calculer, elle pouvait aussi passer à côté de certaines choses. Elle devait admettre ne plus avoir la main sur les événements à venir et les gens qui l'entouraient.
Elle devait faire confiance en ce que son cœur lui dictait de faire et non sa raison.
« Remus, j'ai besoin de toi, déclara-t-elle d'une voix enrouée en serrant fortement de ses doigts sa main. J'ai besoin de toi et de Sirius, sinon, sinon, je n'y arriverais pas, avoua-t-elle d'une voix sourde tandis que pour seule réponse, Moony l'enlaça sans même réfléchir, heureux de sa prise de conscience. »
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C'était la veille au soir des vacances de Noël, il avait reçu un mot ce matin lors du petit déjeuner, d'un hibou venant de l'école. Au début, il avait cru à une plaisanterie puisque le parchemin était totalement vierge, jusqu'à ce souvenir d'un petit jeu entre lui et son frère quand ils étaient jeunes. Afin d'échapper à la surveillance de leurs parents, ils leurs arrivaient souvent d'écrire sur un même parchemin ensorcelé qui permettait que les mots s'effacent et reparaissent sous la prononciation d'un code.
Un code connu uniquement par eux. Un code qu'il n'avait pas oublié malgré les années, malgré le temps passé. Regulus son frère, son petit frère, s'en était souvenu et lui demandait de venir le rejoindre à la tour d'astronomie, ce soir.
Pourquoi ?
Que lui voulait-il ? Durant près de sept années, ils ne s'étaient pratiquement plus adressés la parole, hormis pour s'insulter, or, Regulus souhaitait discuter avec lui. Quelque chose de grave avait dû se produire. Peut-être dans leur famille ? Sauf que dans ce cas précis, il aurait été mis au courant par l'oncle Alphard ou sa cousine Androméda.
Il secoua alors la tête, chassant toutes les pensées qui tournaient en boucle dans son esprit, cela ne servait à rien de faire des hypothèses et des plans sur la comète, le mieux était de l'attendre calmement.
Il leva alors la tête vers le ciel quelque peu nuageux, laissant entre-apercevoir par moment les étoiles et la lune. Il n'eut pas le loisir de trouver son étoile qu'il entendit des pas gravir les marches. Il se mit légèrement aux aguets puisqu'il ne pouvait pas vérifier l'identité de l'arrivant du fait que Peter avait souhaité avoir la carte, sans doute pour faire un tour aux cuisines. Intérieurement, il croisa les doigts pour que cela ne soit pas Rusard ou pire James et Lily en train de faire leur ronde Il aperçut alors une masse de cheveux bruns et une silhouette qu'il reconnut très rapidement, le faisant expirer de soulagement, ou presque…
Il angoissait un peu à l'idée de discuter avec son jeune frère, après tout, cela faisait des années et voilà, qu'après le combat qu'ils avaient mené côte à côte, celui-ci faisait appel à lui, comme quand ils étaient enfants. Etait-ce une lueur d'espoir dans ces ténèbres ? Est-ce que Regulus revenait lentement mais sûrement vers lui ?
« Tu t'en es souvenu, souffla Regulus en se positionnant face à lui.
- Oui, comment pourrais-je oublier le code que nous avions créé ; Leonis Canis. Que se passe-t-il ? Pourquoi en avoir fait usage ?
- Poudlard est surveillé, crois-tu que je puisse t'envoyer un courrier sans que personne ne le sache, répondit Regulus en jetant un coup d'œil autour de lui, méfiant. Tu es bien seul ?
- Bien entendu, comme précisé dans ta lettre, approuva Sirius en s'approchant de son cadet.
- Comment se porte la nouvelle ? demanda-t-il de but en blanc en s'attirant l'incompréhension de son aîné par un froncement de sourcil. Granger, ajouta-t-il d'une voix impatiente et dure.
- Pourquoi t'intéresses-tu à elle ? répliqua Sirius curieux et étonné à la fois.
Il l'entendit alors rire, un rire sarcastique qui aurait presque pu le faire passer pour un fou. Etait-ce pour cela qui l'avait fait venir ? Pour lui parler d'Hermione ? Pour quelles raisons ?
« Tu ne vas pas me faire croire que tu ne l'ais pas, rétorqua Regulus en le vrillant du regard. Si tu me dis le contraire, notre conversation s'arrêtera ici et tu ne me reverras plus, alors ? prévint-il d'un air menaçant et agacé.
- Je le conçois, elle nous intrigue et nous…
- Nous ? reprit son cadet en fronçant des sourcils soucieux. Qui est de la partie ?
- Remus Lupin, précisa Sirius en ne comprenant pas l'inquiétude de Regulus. Putain Reg' accouche maintenant, qu'est-ce que signifie cette mascarade ? Pourquoi me fais-tu venir ici, à cette heure de la nuit pour discuter de Granger ? Tu as perdu les pédales où quoi ? s'énerva l'aîné des Black.
- Toujours aussi impulsif Sirius, tu ne changeras jamais, soupira son cadet en le contournant pour venir s'appuyer sur la rambarde. Que savez-vous sur elle ? Qu'avez-vous réussi à découvrir ? Etes-vous les seuls à vous intéresser à elle ? questionna-t-il en fixant l'horizon.
- Seul moi et Remus menons notre enquête, les seules choses que nous avons réussi à découvrir, c'est le fait qu'Harry et Ron étaient ses meilleurs amis, décédés, elle ne semble pas venir de France, et elle a avoué connaître la guerre. Nous avons enquêté sur sa famille et elle semble bien être une née moldue, avec Remus nous comptons rendre visite à celle-ci durant nos vacances de Noël, en trouvant leur adresse via une sorte d'annuaire, l'informa-t-il en fixant de dos Regulus qui finit par se retourner pour lui faire face, la mine grave. »
Il fouilla alors sous sa cape pour en sortir un bouquin qu'il déposa brutalement dans les mains de Sirius. Le concerné observa son cadet pour ensuite déposer ses yeux sur le titre du bouquin qu'il détenait : Les lois du Ministère de la Magie. Qu'est-ce que cela signifiait ? Pourquoi lui remettait-il un tel bouquin ? Il se souvenait peut-être en avoir entendu parler au cours d'un repas de Sang-Pur, mais lui et les lois, ce n'était pas sa tasse de thé, il préférait cent fois les enfreindre. C'était beaucoup plus palpitant.
« Lis-le, lui ordonna Regulus en ne le lâchant pas des yeux. Je lui ai sauvé la mise deux fois de suite à cette petite écervelée en la protégeant du Feudeymon et dernièrement contre un Epouvantard. Elle a attaqué Carrow et Thorfinn parce qu'ils ont agressé verbalement la préfète en chef et…
- Agressé ? Qu'est-ce que…Lily ne nous en a absolument pas parlé et ni…
- Normal, le coupa-t-il sèchement. Puisque j'ai du falsifier leur mémoire à tous, sauf à Granger, dis lui que je lui laisse une chance de s'expliquer, qu'elle me doit une dette, déclara le jeune Black en s'apprêtant à s'en aller.
- Qu'est-ce que, souffla Sirius sidéré d'être pris pour un hibou avant de réagir et de rattraper Regulus par le bras. Attend, je n'y comprends rien, pourquoi as-tu pris le risque de modifier la mémoire de tes camarades ? Pourquoi l'as-tu protégé de son Epouvantard ? Pourquoi ne nous a-t-elle…
- Je n'en sais rien, répondit-il d'un air confus en plongeant son regard dans celui de son aîné. Je n'en sais rien Sirius, tout ce que je peux te dire c'est que cette fille est capable du meilleur comme du pire, cette fille, est peut-être en train de se jouer de nous tous…
- Hermione est une fille en qui j'ai confiance, assura l'aîné. Et si tu l'as aidé, si tu l'as protégé de Carrow et Thorfinn alors…
- Je ne l'ai pas protégé d'eux, elle est suffisamment grande et capable de le faire, je me suis protégé moi, avant tout, siffla Regulus le regard noir en s'arrachant de la poigne de son frère. A cause d'elle, je risque tout…je risque de…laisse tomber, passe le message, et réponds-moi via le parchemin, stipula-t-il en se détournant de son frère, la mine basse, reprenant le chemin en sens inverse pour rentrer à son dortoir. »
Sirius resta plusieurs minutes pantois de cette conversation sans queue, ni tête et surtout interloqué par la réaction de son cadet, il paraissait totalement perdu et désarçonné. Que se passait-il donc dans sa petite tête ? Pourquoi disait-il qu'il risquait tout ? Pourquoi refusait-il d'admettre qu'il avait protégé Hermione des deux Serpentard ? Quel était l'Epouvantard d'Hermione pour que Regulus lui donne ce livre ? Quel rapport ? Et pourquoi se faisait-il autant de souci pour elle ?
Est-ce que lui aussi avait remarqué son état de santé préoccupant ? Sirius soupira longuement tout en rangeant le livre sous sa cape. Il passa une main fébrile dans ses cheveux qu'il ramena à l'arrière tandis qu'il leva les yeux vers le ciel, semblant y chercher des réponses à ses questions, en vain. Au même moment Hermione se réveilla en sueur dans son lit, portant son regard vers la fenêtre non loin de son lit, sans savoir que l'étau se resserrait doucement autour d'elle…
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Ils marchaient d'un pas vigoureux et alerte malgré la neige qui obstruait leur passage, en l'occurrence les trottoirs de Londres. C'était les vacances de Noël, cela faisait tout juste une semaine qu'Hermione lui avait finalement réclamé son aide, ainsi que celle de Sirius. Après cela, Remus n'avait pas osé la brusquer plus que nécessaire, il préférait attendre qu'elle vienne à eux, même si Padfoot doutait fortement qu'elle le fasse. Surtout depuis qu'il avait signifié à Hermione que son cadet souhaitait avoir une rencontre avec elle. Elle avait parue surprise et comme satisfaite jusqu'à ce qui lui explique que son frère lui avait donné ce fameux livre sur les diverses lois qui régissaient leur monde.
Il l'avait vu blêmir et paniquer pour finalement lui répondre un vague « je le rencontrerais » avant de s'enfermer en vitesse dans son dortoir pour ne plus la revoir de la journée jusqu'à leur départ pour chez eux. Cela n'avait fait que confirmer à Sirius, que son frère cadet avait découvert le secret d'Hermione et qu'il leur avait donné ce livre, dans le but d'y trouver la réponse à toutes leurs questions.
Remus le connaissait bien, pour l'avoir étudié au sujet des lois sur les créatures, tel que lui. Seulement, il ne comprenait pas quel rapport cela avait avec Hermione. Qu'était-il sensé y trouver et y chercher ? Il y avait des centaines de lois sur divers sujets les créatures, le temps, l'utilisation de la magie ou bien, les sortilèges interdits, ect…
Alors, en attendant, ils avaient pris la décision de continuer leur enquête sur Hermione Granger afin d'y trouver un indice supplémentaire qui leur permettrait de savoir dans quel chapitre du livre se pencher. Une enquête qui les avait finalement menés dans les rues Moldus de Londres, dans un quartier plus précisément, où une famille, du même nom que leur jeune amie, y résidait.
« Ralentit la cadence Sirius ! J'ai du mal à te suivre ! Gronda Remus en s'emmitouflant un peu plus dans son écharpe.
- Cesse de geindre Moony, c'est le seul moment que nous ayons puisque James est partit compter fleurette à Miss Evans, sincèrement, tu y crois toi ?
- Croire quoi ? soupira Remus en observant son ami de dos.
- Evans et James pardi ! Elle a accepté son rendez-vous ! lui rappela Black en s'arrêtant subitement.
- En quoi cela t'étonne, c'est toi-même qui a dit qu'ils s'étaient énormément rapprochés ces derniers mois, nous devrions au contraire en être heureux pour James, il lui court après depuis des années, souffla Moony avec un léger sourire. »
Sirius l'observa quelques instants, pensif, avant de reprendre fermement sa marche comme pour se défouler. Remus savait ce qu'il le tracassait, il avait peur que la cohésion de leur groupe n'en pâtisse avec une fille. Padfoot était quelqu'un de possessif et lui, qui avait fait les quatre cents coups avec James, son frère, avait comme la sensation de le perdre. Cependant, Moony savait aussi que Sirius était heureux pour Prong, malgré son angoisse, il savait que Sirius accepterait Lily par amour et amitié envers James.
Loyal et fidèle jusqu'au bout, sa forme de chien le représentait à merveille.
« Nous grandissons Paddy, il est normal que nous pensions à fonder quelque chose de plus sérieux, exposa Lupin à l'encontre de son ami.
- Je sais que tu as raison Moony, c'est juste que…
- Juste quoi ? reprit Remus en soupirant quelque peu agacé.
- Eh bien, cela ne t'effraie pas de te dire que cette année, est la dernière, cela sonne peut-être la fin des Maraudeurs ? Après tout, James en couple avec Lily, Peter qui semble s'éloigner peu à peu…
- Peter ne s'éloigne pas, le rabroua une nouvelle fois Lupin. Il est juste perdu, il vit en admiration pour James et toi, or, ces deux repères sont en train de grandir sans que lui ne puisse les suivre et…
- Arrête de le défendre Moony ! s'exclama Sirius en le foudroyant du regard. Le couver ainsi, ne l'aide pas et ne l'aidera pas, surtout pas en ce moment avec cette putain de guerre qui nous attends à l'extérieur ! ragea Black en faisant volte face vers son ami.
- Alors c'est ça qui t'inquiète en définitif ? La guerre ? déclara Lupin sachant qu'il avait touché juste en apercevant le trouble dans les yeux gris de Sirius.
- Nous serons tous exposés dehors, moi le traître à son sang, toi, par ton statut de Loup-Garou, James qui s'éprend de Lily, une née Moldue, quant à Peter, crois-tu qu'il aura les reins assez solides pour se battre ? confia Sirius soucieux. Quel avenir nous attend ? Sincèrement ?
- Moi, je me souviens d'un petit garçon me dire ; ne te souci de rien, il faut vivre l'instant présent, tant que nous serons unis, nous n'en serons que plus fort, prononça le loup-garou nostalgique face à souvenir. »
Il vit alors son meilleur ami touché puis sourire, légèrement, comme la brise hivernale qui vint les caresser. Sirius se rappelait très bien de ce jour et de cette phrase qu'il avait prononcé, cela était juste après avoir découvert le secret de Remus. Il avait voulu rassuré et consolé son camarade, son ami, son frère.
« Tu l'as dit toi-même Remus, nous avons grandis et nos angoisses avec, conclut-il en se retournant pour reprendre sa marche avec moins d'énergie. »
Il sentit alors une main se poser sur son épaule droite, Sirius tourna la tête et rencontra le regard de son meilleur ami, celui-ci lui offrant un sourire qui se voulait rassurant et réconfortant. Il se souvint alors des paroles d'Hermione, comme quoi, il devait croire en Sirius, le soutenir et naturellement les mots sortirent de sa bouche.
« Je serais toujours là pour toi Paddy, quoi qu'il arrive, ensemble, nous aborderons l'avenir, ensemble… »
Pour seule réponse, Sirius hocha la tête, semblant plus confiant. Néanmoins, Remus sentit son cœur se serrer sans trop en connaître la raison. Peut-être par peur de ne pas pouvoir tenir cette promesse ? Après tout, étant un Loup-garou, il savait d'or et déjà que le monde des sorciers lui serait hostile, trouver un travail, un logement décent, tout cela, il savait pertinemment que se serait un combat de tous les jours…
« Nous sommes arrivés, souffla Sirius en le sortant de ses pensées les plus sombres. »
En effet, ils se tenaient devant le petit portail en bois recouvert de neige, la boite aux lettres mentionnait le nom Granger. Sans attendre, Sirius pénétra dans l'allée tandis que Remus resta en arrière, ne sachant quoi faire, sentant son cœur pulser. Il vit son ami toquer à la porte puis s'ouvrir sur une femme plutôt élégante. Il put entendre son ami demander si Hermione Granger habitait ici, pour finalement apercevoir la femme froncer des sourcils, semblant perdue.
« Je suis désolée, mais vous devez vous tromper, nous n'avons aucune Hermione Granger, seulement un fils, mais il n'est pas là, répondit-elle en paraissant embêtée pour Sirius.
- Chérie, qui est-ce ?
- Un jeune homme qui cherchait une jeune fille portant le même nom que notre famille, cria-t-elle en réponse à son mari tout en maintenant la porte entrebâillée.
- Je vois, je suis vraiment désolé de vous avoir importuné Madame, s'excusa élégamment Sirius.
- Oh, ne vous excusez pas jeune homme, cela peut arriver à tout le monde, dommage que Wendell n'est pas ici, peut-être que…
- Comment avez-vous dit ? Votre fils s'appelle Wendell ? la coupa Black avec précipitation.
- Eh bien oui, vous le connaissez aussi ? s'enquit-elle en fronçant des sourcils. »
Sirius se retourna lentement vers Remus qui l'observait et qui avait tout entendu de la conversation. Black avait comme la sensation de recevoir une massue sur la tête, n'arrivant pas à en croire ses oreilles.
Wendell, comme le père d'Hermione.
Ce n'était possible, cela devait être une coïncidence. Seulement, le hasard n'existait pas, surtout aux yeux de Sirius. Une sueur froide coula le long de son échine, aux souvenirs des paroles de leur nouvelle camarade, aux souvenirs de ses larmes, de ses mots ambigües, de toutes ses connaissances sur leur entourage et le château.
Tous les éléments, les faits étaient en train de s'emboiter naturellement les uns dans les autres pour ne faire place qu'à une seule et unique réponse à toutes les questions qu'ils avaient pu se poser sur Hermione Granger. Si Wendell Granger était bel et bien le père d'Hermione, où plutôt le futur père, cela signifiait qu'elle venait d'une autre…
« Epoque, souffla Remus totalement estomaqué comme pour répondre aux pensées de Sirius qui semblait tout aussi abasourdit. »
Au même moment, Voldemort était assis là en bout de table, dans son repaire, ses sbires autour de lui, tous plus peureux les uns que les autres. Sa baguette tapait d'un rythme régulier sur la table, agacé. Il était d'une humeur massacrante, et pour cause, ces derniers temps il s'était sentit comme affaiblit.
Au début, il n'y avait pas prêté attention, pensant que cela était dû à tous ces derniers événements pour orchestrer son ascension, mais finalement, il en avait douté. Il avait pensé à ces Horcruxes, vérifiant les deux seuls dont il pouvait encore avoir la main dessus. Il avait eu alors l'amer surprise de voir qu'ils avaient disparu !
La bague et le médaillon sans aucun doute détruit.
Qui ? Qui avait pu découvrir leur cachette et ce qu'il avait pu faire ? Etait-ce possible que Slughorn ce soit montré un peu trop bavard ? Si oui, auprès de qui ? Il comptait bien le découvrir, cela n'en resterait pas là ! Il était hors de question que quelqu'un vienne mettre des bâtons dans son projet ! Ensuite, comment avait-il pu les détruire ?
Comment ?
Qu'il soit tous maudit ! A tous les coups c'était encore ce vieux fou qui venait se mettre en travers de sa route : Albus Dumbledore. Il lui restait au final deux Horcruxes en sa possession, il fallait les disperser, par plus de sécurité, au cas où …
« Bella ! Lucius ! Les appela-t-il brusquement en rompant le silence morbide des lieux.
- Oui, My Lord, dirent-ils en chœur.
- J'ai une mission pour vous deux, j'ai des choses à vous faire garder, en lieu sûr, prévint-il avec un fin sourire. Je vous les confierais en fin de soirée, je compte sur vous pour que personne ne puisse mettre la main dessus…
- Bien entendu, approuvèrent-ils ensemble, c'est un honneur que…
- SILENCE ! Amenez-moi l'otage, qu'on en finisse avec, trancha-t-il d'un ton sec. »
Sous les yeux de tous, Horace Slughorn fut amené à Voldemort, terrifié de voir son ancien élève Tom Jedusor tandis que Nagini rodait autour de lui, tel un vautour autour de sa proie…
Voilà ce nouveau chapitre que vous attendiez depuis...un an...maintenant... je m'excuse vraiment pour ce retard impardonnable, mais beaucoup de choses se sont produites au cours de ces mois un peu sombre...en attendant, je remercie tout ceux qui m'ont ajouté dans leurs alertes, favoris, merci énormément pour vos commentaires que j'ai lu et relu pour me redonner le moral et la motivation de continuer...
J'espère que cette suite vous a plu ?
Merci de votre soutien !
