Chapitre 7 : Into The Light

(Dans la lumière)

Janvier 1978.

Dans l'ombre se trouvait la lumière et dans la lumière se trouvait l'ombre.

Hermione en faisait l'amère expérience durant ces dernières semaines et mois passés en cette époque. Sa lumière avait été ce retourneur de temps, lui offrant une chance de modifier le passé. Elle avait cru que tout irait bien. Elle avait essayé de s'en convaincre et aujourd'hui, elle sentait que l'ombre revenait faire son office.

Horace Slughorn était mort.

Son professeur de potion, le professeur qui avait permis à Harry et Dumbledore d'avoir enfin le fin mot de l'histoire sur les Horcruxes dans son époque. Seulement, là, aujourd'hui, il n'était plus. Son corps avait été retrouvé chez lui tandis que la marque des ténèbres flottait dans le ciel lugubre d'Angleterre. Il avait été torturé puis lacéré par les crocs de Nagini. Voldemort savait pour ses Horcruxes détruits, sinon, pourquoi aurait-il capturé son ancien professeur et directeur de maison ?

Seule, debout, dans le froid de l'hiver, la neige ne cessait de tomber tandis que des flocons venaient recouvrir doucement ses cheveux. Elle l'avait oublié. Elle avait cru qu'il ne serait en rien impacté dans sa quête. Horace était mort par sa faute, par ses choix.

Un sanglot mortifié sortit d'entre ses lèvres tandis que les larmes ne cessaient de ravager son visage engourdi par cette nuit glaciale. Elle le savait, il n'était que le premier d'une longue liste. La mort d'Horace lui rappelait douloureusement qu'elle ne pourrait pas sauver tout le monde.

Elle allait devoir en sacrifier pour en sauver.

Combien de morts allait-elle devoir endosser la responsabilité ? Combien de vie allait-elle briser pour sauver ceux qu'elle chérissait par-dessus tout ? Combien ? Il y avait tant d'existence, tant de destins à prendre en compte ; Severus Rogue, Franck et Alice, Lily et James, Remus, Sirius, Regulus et même Dumbledore, après tout rien n'était assuré qu'il vivrait encore dans le futur à venir.

Absolument rien.

Aucune certitude que tout ce dont elle allait sacrifier sert à quelque chose.

Elle s'accroupit soudainement dans la neige, plongeant son visage dans ses mains glacées, totalement anéanties par la cruelle vérité qui la frappait de plein fouet. Dumbledore avait, bien entendu, essayé de la déculpabiliser, mais en vain. Elle était lucide et ne souhaitait pas se voiler la face plus longtemps, ce voyage dans le temps allait avoir des répercussions effroyables sur l'avenir.

L'époque qu'elle avait connue ne serait plus la même.

Les gens, qu'elle y avait rencontrés, ne seraient sans doute plus les mêmes.

Elle déglutit passablement, inspirant profondément tandis qu'elle put sentir l'air glacial lui brûler les poumons et la revigorer. Elle devait se ressaisir, ce n'était que le début, si elle commençait à regretter pour ses actions entreprises, elle n'avancerait à rien.

Elle devait garder la tête sur les épaules.

D'autant plus qu'elle avait un autre problème à gérer, et celui-là était de taille ; son secret n'allait plus en être un. Regulus était sans doute celui qui l'avait surprise au plus haut point. Elle ne connaissait rien de lui et ne s'était jamais imaginé une telle personnalité. Il était l'exact opposé de Sirius, mais par certains côtés, il le lui rappelait. Il souhaitait avoir une conversation avec elle et quand son aîné lui avait montré le livre sur les diverses lois, elle en avait saisi tous les sens.

Elle avait eu beau y réfléchir durant ces quinze jours de vacances, elle n'avait d'autre choix que de l'affronter et de répondre à ses interrogations. Dumbledore lui avait conseillé de rester évasif sur son avenir, de ne rien révéler qui puisse encore plus interférer dans le cours du temps. Elle allait devoir obtenir sa confiance et son soutien par force de persuasion et d'honnêteté.

Si elle venait à échouer, le fait même que Regulus connaisse son secret, en devenant par la suite un Mangemort, serait tout bonnement catastrophique. Si Voldemort venait à apprendre qu'un intrus avait remonté le temps pour souhaiter le détruire, elle ne donnait pas chère de son propre futur. Dumbledore le lui avait bien fait comprendre, ou tout du moins, elle en avait compris l'allusion quand il lui avait demandé son année et mois de naissance.

Fixant l'horizon du lac, elle plongea par la suite son regard dans le ciel obscurci par les nuages, n'y trouvant aucune étoile. Un sourire mélancolique vint s'inscrire sur son visage avant de retourner sur ses pas tandis qu'elle se dirigea progressivement vers sa tour afin d'y retrouver un peu de chaleur et de sérénité.

Enfin, pour la sérénité elle repasserait, car en passant le portrait de la grosse dame, elle fut surprise d'y entendre des éclats de voix qu'elle put identifier en apercevant les Maraudeurs au complet. Ils se tenaient en bas des marches menant au dortoir des garçons. Peter paraissait tétanisé face aux regards furieux de Sirius et James qui l'observaient de haut tandis que Remus se tenait derrière le plus petit comme pour essayer de le protéger. Hermione s'interrompit aussitôt puis chercha un endroit reculé afin de ne pas se faire remarquer et les écouter. Que se passait-il ? Pourquoi étaient-ils tous réunis ? Curieuse, elle tendit l'oreille et écouta :

« Peut-être pourrions-nous essayer de la lui reprendre dans son bureau, après tout…

- La ferme Peter ! siffla Sirius le regard plus sombre que jamais. C'est toi qui avais la carte en ta possession avant les vacances, c'est entièrement de ta faute si nous en sommes là !

- Sirius, réprimanda Moony d'une voix grave en plissant les yeux.

- C'est strictement la vérité Remus ! répliqua le concerné qui observait Wormtail avec un agacement non feint. Si cet imbécile n'avait pas paniqué comme le lâche qu'il est, il n'aurait jamais abandonné la carte aux mains de Rusard ! cracha-t-il avec véhémence.

- C'est une erreur et je pense que Peter s'en veut suffisamment pour le lui reprocher et…

- Tais-toi Remus ! somma James en se pinçant les lèvres et l'arrête de son nez avec ses doigts. Cesse de le défendre ainsi ! Il est assez grand pour prendre une fois dans sa vie ses responsabilités ! décréta Potter en foudroyant Peter du regard qui se rapetissa. Comment, comment as-tu pu laisser la carte entre les mains de Rusard ? Nous y avions travaillé durement et…

- Mais, mais, se défendit Peter en baissant la tête n'osant pas affronter le regard accusateur de ses amis. Elle m'a échappé dès mains quand j'ai été poursuivi par Miss Teigne, je…

- Tu aurais dû t'arrêter et aller la récupérer, tu aurais dû faire preuve d'un peu de bravoure au moins pour une fois, stipula James d'un ton dur.

- Je me serais fait attraper et…

- Et tu aurais eu une retenue ? compléta Sirius furieux. Combien de fois t'avons-nous couvert ? Combien de fois avons-nous eues de retenues pour toi ? Combien de fois Peter ?! cracha Black en marchant d'un pas déterminé vers son camarade de chambre.

- Je, je, je, ne sais pas, bafouilla Wormtail se sentant de plus en plus mal sous le regard noir de Padfoot. Plusieurs fois, je…

- Tu ne les as pas comptés ? C'est cela ? Nous non plus, parce que tu es notre ami, mais cela semble bien trop compliqué à comprendre pour ta simple petite caboche qui te sert de cerveau, siffla Sirius en le regardant de haut.

- Sirius ! rappela Remus en serrant les poings. Tu vas trop loin, calme-toi ! Tu…

- Je quoi ? Tu juges que je vais trop loin dans mes propos ? Rétorqua Black. Pendant ces sept années, nous l'avons couvé, aidé, protégé et lui, précisa-t-il ne le pointant de son index quelque peu tremblant par la colère qui le submergeait. Lui n'a su que nous mettre à la traîne, continuellement ! Dans quelques mois nous serons tous dehors dans une guerre impitoyable et les faibles en son genre n'ont que peu de chance de survivre ! Il serait temps qu'il se réveille et cesse de compter sur nous ! finit d'ajouter Sirius. »

Un silence effroyable vint alors s'installer, chacun se regardant, réfléchissant aux propos énoncés par Sirius qui ne semblait pas pouvoir décolérer. Quant à Peter, celui-ci ne savait plus où se mettre. Il se sentait accablé de tous les côtés, il jeta un œil vers Remus totalement paralysé qui baissa la tête, s'avouant comme vaincu par les paroles de leur ami commun.

Alors voilà, lui aussi pensait exactement la même chose que Black et Potter. Il savait pertinemment qu'il n'avait rien d'un héros et d'une personne ayant suffisamment de caractère pour s'imposer, mais se l'entendre dire par eux, lui donnait un goût amertume dans la bouche.

Il déglutit ne sachant quoi dire ou quoi faire pour apaiser leur colère, ou plutôt si, il avait bien une idée ; récupérer la carte. Seulement, il s'en pensait incapable. Il craignait bien trop de croiser Rusard avec Miss Teigne puis d'en payer les pots cassés. Ils avaient raison ; ce n'était qu'un faible et qu'un lâche.

« Tu n'as rien à ajouter Peter ? Rien à dire par rapport aux propos de Sirius ? demanda James en le fixant intensément. »

Le concerné releva la tête, passant son regard de Sirius à James, de James à Remus. Que pouvait-il dire ? Que pouvait-il ajouter ? Qu'attendaient-ils de lui ? Ils avaient raison, il avait tord, point final. Pour seule réponse, il baissa à nouveau la tête, observant ses pieds sous le soupir exaspéré de Sirius qui s'en alla vers le dortoir en claquant la porte, tandis que James pesta de voir son meilleur ami partir ainsi, le rejoignant à son tour. Seul Remus resta quelques instants avec lui pour ensuite sentir la main réconfortante de Lupin sur son épaule.

« Ils sont en colère, mais demain ça ira mieux et ils t'auront pardonné, rassura Moony avec un sourire à son encontre. »

Peter ne put que hocher de la tête, néanmoins il fut incapable de dire à son ami que lui, par contre, ne pourrait jamais oublier. Cette soirée-là, Wormtail réalisa à quel point le fossé qui le séparait avec eux trois était énorme. Il n'était pas aussi courageux que James, pas aussi loyal que Sirius, pas aussi intelligent que Remus, non, lui, n'avait rien de tout cela et ne pourrait jamais l'obtenir, tout du moins, pas naturellement…

De là, où elle était, Hermione l'aperçut en train de lancer un sourire qui n'était en rien franc et droit, juste empli d'hypocrisie et de sournoiserie, bernant Lupin dans ses fausses idées. Elle vit alors Remus rejoindre les autres dans le dortoir, laissant Peter seul avec ses sombres pensées. Elle sursauta légèrement en l'entendant frapper dans une chaise pour finalement le voir passer devant elle et sortir par le portrait de la grosse dame.

Elle expira de soulagement d'avoir réussi à masquer sa présence jusqu'à maintenant, tandis qu'elle tentait d'analyser la situation. Peter avait perdu la carte, cette même carte que les jumeaux Weasley viendraient à récupérer pour la donner ensuite à Harry lors de sa troisième année. Était-ce l'élément déclencheur de sa trahison envers ses amis ? Sirius et James avaient particulièrement été durs avec lui, le faisant se sentir plus bas que terre.

Pouvait-elle remédier à la situation ?

Que devait-elle faire ? Son regard alterna entre le dortoir des garçons et le portrait de la grosse dame. Le souci, c'est qu'en intervenant, ici et maintenant, elle avouait littéralement avoir écouté leur conversation et alors, il y avait un risque qu'ils le prennent mal. Ce n'était pas le moment de se les mettre à dos, elle devait réfléchir et faire autrement.

« Réfléchis Hermione ! Trouve une solution ! C'est peut-être le moment pour empêcher Peter de basculer et ainsi sauver, James, Lily, Sirius et Harry, pensa-t-elle en passant une main nerveuse dans ses cheveux. »

Elle devait parler à Peter. Elle devait tenter le tout pour le tout ! Fière de sa décision et déterminée plus que jamais, elle prit la direction de son lit, sans savoir qu'elle se condamnait…

•o•o•o•o•o•o•o•o••o•o•o•

Une semaine.

Une semaine que Peter n'avait pas osé refranchir le pas de leur dortoir, qu'il ne cessait de les éviter et de dormir, ils ne savaient où. Jusqu'au bout, celui-ci n'assumerait jamais le poids de ses actes et de ses conséquences, préférant fuir. Cela avait le don d'agacer Sirius même si Remus et Lily essayaient de tempérer les choses. Il savait pertinemment que James viendrait à pardonner tôt ou tard Peter, et lui aussi, parce qu'on ne pouvait pas lui en vouloir bien longtemps.

Pourquoi ?

Sans doute parce qu'il se dégageait de Peter quelque chose d'inoffensif, d'enfantin, donnant l'envie irrépressible de lui passer n'importe quelle bêtise. Black savait qu'il n'en avait pas fait exprès de perdre la carte, cela aurait pu arriver à n'importe lequel d'entre eux. Non, ce qui avait le don de l'énerver chez lui ; c'était ce manque de hardiesse.

Il craignait qu'il ne se fasse tuer avec cette guerre, ce n'était pas avec ce genre de comportement qu'il pourrait sauver sa vie. Il voulait seulement lui en faire prendre conscience, le faire grandir afin de le protéger de ce qu'il l'attendait dehors. Peut-être que Remus avait raison en disant qu'ils y avaient été un peu trop violemment ?

Cependant, on ne corrigeait pas un enfant en lui donnant un bonbon ou un sourire de compassion. La vie était dure, Sirius ne le savait que trop bien en ayant pour famille la sienne, Peter, pas assez. Il devait apprendre et comprendre cela, malheureusement, à l'extérieur ils ne seraient pas toujours là pour l'y aider.

Black soupira une nouvelle fois, la tête plongée dans ce fichu bouquin que son cadet lui avait offert avant les vacances. Il était penché dessus depuis ce matin, néanmoins, son cerveau n'arrivait pas à imprimer une seule des lignes qui composait le chapitre sur ; le temps.

En ayant perdu la carte, il n'avait plus aucune possibilité de surveiller Hermione et cela avait aussi le don de l'irriter. Ils étaient près du but, ils savaient qu'en s'étant rendus chez les Granger, ils avaient découvert un indice capital.

Hermione était inconnue de cette famille et son père Wendell était le jeune fils de cette famille. En toute logique, il n'était pas encore père ou le deviendrait prochainement. Au simple fait d'y repenser, cela donnait des sueurs froides à Sirius qui n'arrivait toujours pas à y croire. Si ce qu'ils avaient découvert, était l'entière vérité, de combien d'années avait-elle remonté le temps ? Remus lui avait bien stipulé qu'il était impossible de remonter de plus de quelques heures en lui évoquant la loi de Funestar.

Cette fichue loi qu'il ne cessait de relire.

Cependant, une loi était faite pour être transgressée, combien de lois avaient-ils bafouées durant ces années ? Ils étaient devenus des Animagus Illégaux pour Remus, ils avaient visité la réserve de la bibliothèque un nombre incalculable de fois ou bien encore visité Pré-au-Lard en dehors des sorties autorisées.

Alors pourquoi n'aurait-elle pas pu remonter le temps de plusieurs années ? Il suffisait de trouver un Retourneur de temps qui en soit capable, qui aurait passé outre la loi, et ça Sirius savait pertinemment que c'était possible. Il savait que les Sangs-Purs pouvaient parfois conserver des objets illicites que le ministère recherchait activement par leur dangerosité.

Il n'avait qu'une seule envie ; la coincer entre quatre yeux et lui arracher les vers du nez, qu'elle crache enfin ce satané secret qu'elle couvrait comme si sa vie en dépendait. Il voulait savoir, comprendre son geste et connaître enfin le fin fond de ses attentions. Seulement Remus était partisan de la sagesse et de la paix des ménages, il voulait y aller plus en douceur pour ne pas la braquer au plus grand dam de Sirius.

Il finit par fermer brusquement le gros volume tout en soupirant tandis qu'il se redressa dans son lit tout en observant le lit de Peter qui était impeccablement fait, ressentant comme une certaine culpabilité vis-à-vis de son absence.

Au même moment, Hermione venait enfin de prendre la décision d'envoyer une lettre à Regulus pour lui fixer un rendez-vous.

Septième étage – Tapisserie Barnabas le Follet - Le 13 à Minuit.

Elle n'avait que trop tardé et devait prendre les devants avant qu'il ne soit trop tard. La lettre à la main, elle marchait d'un pas ferme en direction de la volière, laissant la trace de ses pas dans la neige. Il ne lui fallut que quelques minutes pour y parvenir et la surprise l'accueillit quand elle y vit Peter en train de donner une lettre dans le bec d'un hibou de l'école.

Elle n'aurait jamais cru avoir la chance de le croiser dans ce lieu propice à une conversation privée. Le seul point négatif était qu'elle ne savait toujours pas quoi lui dire. Elle ne connaissait rien de lui. Elle avait fait l'absurde erreur de ne pas le côtoyer durant ces derniers mois par crainte de trop laisser voir son ressentiment envers lui puis aux autres.

Elle l'avait jugé avant même de le connaître.

Elle l'avait désavoué avant même d'essayer.

Elle avait laissé ses sentiments la conduire, elle avait laissé la colère et la haine la diriger.

Seulement, elle avait oublié qu'ici, tout était encore possible. Peter n'avait pas encore trahi ses amis. II y avait encore une lueur d'espoir, une lumière au bout de ce tunnel interminable.

« Hum, salut, émit-elle à son encontre quand ses yeux se posèrent sur elle. »

« Bravo, Hermione, pour ton éloquence, continue ainsi et tu vas réussir à le convaincre ! pensa-t-elle rageusement. »

« Tu es tout seul, nota-t-elle en s'approchant des hiboux pour en choisir un qui posterait sa lettre.

- Comme tu peux le voir, répondit-il en haussant des épaules. Pourquoi ? Tu espérais voir Sirius ? rétorqua-t-il avec une certaine animosité.

- Non, pas du tout, se défendit-elle en haussant un sourcil interrogateur. Pourquoi voudrais-je voir justement Sirius ? s'enquit-elle curieuse.

- Peut-être parce que toutes les filles de Poudlard rêvent de l'approcher et qu'en général, elles aiment passer par le si gentil Peter pour y arriver, répondit-il avec ressentiment non dissimulé tout en évitant un hibou qui voulut lui mordre le doigt.

- Je comprends, admit-elle en cernant un peu plus le garçon qui lui faisait face. »

Il était jaloux, jaloux de l'attention que les gens pouvaient porter à Sirius et sans doute à James et Remus, tandis que lui n'était que l'unique voie qui permettait de les approcher. Il était l'ombre du groupe et la lumière uniquement quand cela arrangeait les gens. En dépit de cela, Peter se sentait sans aucun doute lésé et inférieur.

Elle ne pouvait s'empêcher de penser à Ron et ses nombreux coups de colères à l'encontre d'Harry et de sa célébrité. Combien de fois avait-il accusé Harry d'attirer l'attention sur lui ? Combien de fois avait-il ignoré puis abandonné Harry pour cela ? Lui, le dernier des frères d'une grande fratrie, lui qui ne brillait pas spécialement pour l'excellence, lui qui se sentait constamment inférieur et dans l'ombre d'Harry, jusqu'à douter d'eux durant leur quête aux Horcruxes.

Oui, quelque part Ron et Peter n'étaient peut-être en rien, pas bien différents dans leur façon de penser. Heureusement Ron avait eu une famille en or sur laquelle il avait pu compter en plus d'elle et de Harry qui était loin d'être arrogant, tendant toujours la main vers son meilleur ami.

Qu'en était-il de Peter ? Elle ne connaissait pas ses relations familiales et de ce qu'elle avait pu entendre l'autre jour soir entre les Maraudeurs, Sirius et James avaient une fâcheuse tendance à le rabaisser. Ils ne faisaient que confirmer ce qu'il pensait.

Depuis combien de temps durait ce petit manège ?

Depuis combien de temps Peter se sentait-il ainsi ?

Que pouvait-elle faire pour rattraper des erreurs commises, sans doute, à répétition ? Était-elle en capacité de faire quelque chose pour répondre à la détresse de Peter Pettigrow ?

« As-tu déjà dit cela à tes amis ? À Sirius, James et Remus ? lui demanda-t-elle avec précaution.

- À quoi cela servirait-il ? Ils ne comprendraient pas, Sirius est têtu et ne change que très rarement d'opinion, James est en ce moment même trop concentré à vouloir Lily et Remus doit le soupçonner, mais, mais…

- Mais ? insista-t-elle en s'approchant de lui.

- Il est beaucoup trop reconnaissant vis-à-vis d'eux pour certaines choses, répondit-il en plongeant son regard dans le sien. »

Hermione saisit toute l'allusion de Peter qui ne pouvait pas savoir qu'elle allait en comprendre le sens. Oui bien entendu, Remus leur était reconnaissant d'être devenu des Animagus et de l'avoir accepté dans le groupe malgré sa condition. Ils étaient tous en train de creuser leur tombe. Cette amitié était en train de les détruire de l'intérieur par leur comportement.

« Pourquoi est-ce que cela t'intéresse ? lui demanda-t-il soudainement en plissant les yeux.

- Euh, prononça-t-elle en sortant de ses pensées. Eh bien, on vous voit toujours ensemble et ces derniers temps, vous êtes souvent séparés alors je trouve ça un peu triste…

- Ah oui, et alors ? répliqua-t-il en la désarçonnant, quelque peu surprise de le voir attaquer. Tu n'es là que depuis septembre et tu veux déjà te mêler de nos petites histoires ! déclara-t-il abruptement. D'autant plus qu'il me semble que tu ne m'as jamais adressé la parole, tu m'as même souvent ignoré et maintenant tu veux me tendre la main comme ci de rien n'était, tu me prends pour un idiot toi aussi, siffla-t-ilavec méfiance.

- Non, non pas du tout Peter, tenta Hermione en agitant les mains, totalement paniquée de ce revirement de situation. C'est juste que…

- Cela suffit ! J'en ai marre de me faire avoir ! Tu es uniquement ici pour m'amadouer pour je ne sais quelles raisons ! Sans doute pour en obtenir plus de Sirius et Remus puisque tu sembles tourner autour d'eux, comme ils peuvent le faire avec toi ! lui fit-il remarquer en la contournant sous l'air surpris d'Hermione qui n'aurait jamais cru qu'il puisse être aussi fin observateur.

- Attend Peter, ce n'est pas ce que…

- Je crois, compléta-t-il en faisant volte-face. Étrange, toutes les filles m'ont dit cela après avoir obtenu ce qu'elles désiraient ! Ne m'approche plus Granger ! cracha-t-il en ouvrant la porte de la volière qui fit entrer la lumière avant que l'ombre ne refasse son office dans un claquement sourd. »

Les hiboux volèrent dans tous les sens face à autant d'agitation, leurs hululements retentirent tout autour d'Hermione qui paraissait pétrifiée. Elle ne pouvait détacher son regard de la lourde porte, la lettre entre ses doigts, elle avait comme la sensation de perdre pied avec la réalité.

Elle avait échoué.

Elle avait même empiré les choses, il se méfiait d'elle et il avait remarqué son intérêt pour Sirius et Remus ainsi que le leur pour elle. Merlin, qu'avait-elle fait ? Elle s'était trompée dès le départ. En l'ignorant, elle n'avait fait que confirmer un peu plus ses sombres pensées et en allant le voir, elle lui avait fait croire qu'elle se moquait de lui.

Qu'allait-il se passer maintenant ?

Que devait-elle faire ?

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Il tournait en rond dans son lit, n'arrivant pas à trouver le sommeil. Peter était soudainement revenu dormir au dortoir comme-ci de rien n'était, il n'y avait eu aucune excuse, aucun mot de dits entre eux comme souvent après une dispute. Demain, les choses reprendraient normalement son cours ; ils déjeuneraient ensemble, iraient en cours en ensemble puis riraient ensemble.

Alors pourquoi se sentait-il aussi mal à l'aise ? Qu'est-ce qui pouvait bien le gêner ? Qu'est-ce qui pouvait le tracasser ainsi pour l'empêcher de dormir. Sirius se redressa dans son lit, observant Remus et Peter dormir profondément. Habillé d'un simple pantalon de pyjama et t-shirt, il sortit prudemment de son dortoir, baguette à la main, pour ensuite prendre l'escalier qui menait à la salle commune.

Il fut à moitié étonné d'y retrouver une Hermione, assise dans un fauteuil près du feu en train de dormir profondément. Après Remus, voilà que c'était lui qui la retrouvait, était-ce fréquent chez elle de ne pas dormir dans son lit et dortoir ? Dormait-elle si mal ? Il s'approcha près d'elle avec douceur, l'observant posément tandis que le feu donnait des jolis reflets dans ses cheveux qui ressemblaient désormais plus à une crinière.

Elle semblait si accessible à cet instant.

Comme hypnotisé il tendit irrémédiablement une main vers son visage, déplaçant une mèche rebelle qui lui permit de mieux contempler son visage endormi. Il dessina alors de ses doigts le pourtour de son visage avant de s'arrêter au niveau de ses lèvres légèrement entrouvertes.

Il ne savait comment l'expliquer, mais là, à ce moment précis, il avait juste envie de goûter au fruit défendu. Il n'y avait aucun moyen qu'elle s'échappe ou bien qu'elle lui lance une petite phrase dont elle avait le secret. Elle bougea légèrement faisant descendre la couverture qui la recouvrait et ses yeux ne purent que fixer le haut de son décolleté qui laissait entr'apercevoir la naissance d'une poitrine.

Sirius déglutit, se sentant soudainement inconfortable et comme brûlé, il retira alors expressément sa main. Non, mais qu'est-ce qu'il allait faire ? Cette fille avait beau être mignonne et attirante, il devait aussi garder en tête qu'elle leur cachait bons nombres de choses. Il secoua énergétiquement la tête avant de remonter la couverture sur ses épaules afin qu'elle n'attrape pas froid.

C'est alors qu'il la vit soudainement s'agiter et son visage se crisper. De quoi pouvait-elle bien rêver ? Était-ce la raison de sa présence ici ? Sans savoir, une fois de plus Hermione rêvait du moment où ils s'étaient fait attraper pour ensuite rejoindre le manoir Malefoy. Le repère de Voldemort. Là où tout avait failli déraper, là où elle aurait pu tout perdre.

« Attends, coupa sèchement Bellatrix. Tout sauf… sauf la Sang-de-Bourbe.

Non ! s'écria Ron. Prenez-moi à sa place, gardez-moi si voulez ! »

« Ron, murmura presque silencieusement Hermione dans son sommeil, intriguant Sirius qui la regardait tout en l'écoutant marmonner. »

« Je repose la question ! Où avez-vous eu cette épée ? Où ? »

« Nous l'avons trouvée… nous l'avons trouvée… S'IL VOUS PLAIT ! hurla Hermione en gémissant tandis que Sirius commença à s'inquiéter de la voir crier de cette manière.

« Tu mens ! Immonde petite Sang-de-Bourbe, et je le sais ! Vous avez pénétré dans ma chambre forte, à Gringotts ! Dis-moi la vérité, dis-moi la vérité ! »

Elle cria encore et encore, déchirant le silence paisible de la salle commune. Merlin à cette vitesse, elle allait réveiller toute la tour. Sans réfléchir plus longtemps, il lança un sort d'insonorisation autour d'eux. Il posa alors ses deux mains sur ses épaules pour essayer de la réveiller tout en l'appelant par son prénom, en vain.

« Qu'est-ce que vous avez pris d'autre ? Qu'est-ce que vous avez emporté ? Dis-moi la vérité ou je jure que je te transperce avec ce poignard ! ENDOLORIS ! »

À nouveau, elle hurla à s'en déchirer les cordes vocales faisant frissonner de terreur Sirius qui n'osait même pas imaginer ce à quoi elle pouvait rêver. C'était juste effrayant, à glacer le sang. Il avait la sensation de revivre quelque chose qu'il avait pu connaître chez sa famille avant sa fugue ; la torture.

« Hermione ! Hermione ! L'appela-t-il plus durement qu'il ne le voulait, mais c'était juste à cause de la peur qui l'étreignait.

On l'a vu pour la première fois ce soir ! sanglota-t-elle. Nous ne sommes jamais allés dans votre chambre forte… ce n'est pas la vraie épée ! C'est une copie, une simple copie !

Hermione ! Ce n'est qu'un rêve ! Réveille-toi ! Ce n'est pas la réalité ! supplia Sirius ne sachant plus quoi faire pour la tirer de ce mauvais rêve. HERMIONE ! »

Elle hurla de nouveau, crispant tous ses doigts autour du fauteuil pour au final se réveiller en sursaut, comme en transe, son regard perdu et son corps tendu comme un arc. Hermione observa autour d'elle comme pour se rassurer puis sentit deux mains l'envelopper chaleureusement pour la faire se sentir en sécurité tandis que Sirius murmura à son oreille :

« Ça va Mione, je t'ai eu, je t'ai eu… »

Il sentit alors ses mains s'accrocher à son t-shirt et son visage se coller contre son torse, pouvant sentir ses larmes mouiller inostensiblement son haut. Son corps tressautait par moment de sanglots, lui frottant le dos pour tenter de l'apaiser. Il n'avait jamais été soumis à de tels cauchemars, tout cela paraissait si réel. Était-ce toutes les nuits ? De quoi pouvait-elle rêver ? Qu'elle était cette épée dont elle parlait ? Et cette chambre forte ? Était-ce Gringotts ?

Merde quoi ! Qu'est-ce que signifiait tout cela ?

Il fut sorti de ses pensées en la sentant relever sa manche et gratter son avant-bras où elle avait été marquée par Bellatrix Lestrange. Seulement rien ne transparaissait aux yeux de Sirius, puisqu'elle avait lancé un charme pour dissimuler les mots infâmes.

« Eh, eh, calme-toi, murmura Sirius en arrêtant brusquement sa main et ses ongles qui devenaient rouges de son sang. »

Il rencontra alors ses yeux qui suintaient d'une peur effroyable, pourquoi ? Pourquoi se grattait-elle ainsi le bras ? Il se souvenait maintenant que Remus lui en avait parlé après sa rencontre avec elle. Quelque chose lui échappait totalement, à moins que…

Impossible, pas elle.

Il se recula brutalement d'Hermione, comme dégoutée par son contact et les pensées qui l'envahissaient tandis qu'il ne cessait d'observer son bras. Les yeux gris de Sirius s'assombrirent littéralement sous le regard peiné de celle-ci. Il prit inconsciemment sa baguette et murmura d'une voix ténébreuse à son encontre :

« Retire ta main, maintenant ! »

Hermione lui lança un regard d'incompréhension puis la panique ressurgit en elle tandis qu'elle secoua la tête avant de se lever pour lui faire face.

« Non, répondit-elle, je n'ai d'ordre à recevoir de personnes et surtout pas de toi, Sirius, claqua-t-elle sèchement les yeux foudroyants.

- Ah oui, vraiment, répondit-il d'un ton sarcastique. Que crois-tu pouvoir faire sans baguette ? Remus a été trop clément avec toi, révéla Sirius en la pointant de sa baguette. Toujours à vouloir attendre, toujours à se montrer prudent, personnellement j'aime plutôt foncer…

- Oui, je l'avais remarqué, dit-elle le plus sérieusement du monde en contournant le fauteuil pour reculer. Seulement à toujours foncer tête baissée, tu vas finir par y perdre, le prévint-elle.

- Est-ce un conseil ou bien une prédiction ? répliqua-t-il en faisant froncer les sourcils d'Hermione. Ne fais pas celle qui ne comprend pas, cela serait insulter mon intelligence, Remus et moi-même pensons aussi avoir découvert ton petit secret, avoua-t-il en la dévisageant. Alors ? »

Quelle était déjà l'expression ? Ah oui, être fait comme un rat, en l'occurrence c'est ce qu'elle était, où tout du moins, c'est ce que Sirius lui faisait ressentir. D'accord, après Regulus, voilà que Sirius et Remus s'y mettaient, à cette vitesse tout Poudlard en serait prochainement informé. Que devait-elle faire ? Et pourquoi Sirius la pointait-il de sa baguette ? Pourquoi semblait-il aussi en colère après elle, alors qu'il y a encore quelques instants il tentait de la réconforter. Elle baissa ses yeux sur son avant-bras, essayant de suivre le cheminement de Sirius pour finalement réaliser…

Hermione releva doucement son visage vers lui, plus blanche que jamais. Bien sûr, il doutait d'elle, il doutait de son intégrité et il était en droit de se poser des questions, surtout s'il connaissait son secret concernant son voyage dans le temps.

« Je ne suis pas ce que tu crois, Sirius, souffla-t-elle douloureusement.

- Qu'est-ce que j'en sais ? Tu dis être une née Moldue de la famille Granger, seulement nous avons vérifié et sommes allés chez eux, devine ce que nous y avons découvert ? dévoila-t-il avec ironie en avançant vers elle.

- Vous n'auriez pas dû, jamais, vous n'auriez jamais dû savoir…

- Savoir quoi ? s'agaça Sirius en haussant la voix tandis qu'il la vit sursauter. Que la famille Granger n'a connaissance d'aucune Hermione ? Que cette même famille a un fils portant le nom de ton soi-disant père ? ajouta-t-il d'un ton sec, les yeux plus noirs que jamais. Alors, dis-moi Hermione, dis-moi pourquoi je ne songerais pas à ce que tu sois un Mangemort infiltré ?

- Réfléchis Sirius ! Crois-tu sincèrement que je vous aurais protégé durant l'attaque si je l'étais ? Crois-tu que j'aurais pu berner Dumbledore…

- Je ne crois plus en rien maintenant, je veux des faits et la vérité ! la coupa-t-il avec ardeur. Qui es-tu ? Et que fais-tu ici ? Soit tu nous mens sur tout ! Soit… soit tu as défié les lois du temps… »

Il plongea son regard gris ombragé par l'irritation de ces derniers jours entre la dispute avec Peter, son frère et les secrets d'Hermione. Il en avait marre de tourner en rond avec elle. Il en avait marre de cette odieuse plaisanterie avec laquelle elle semblait jouer. Il n'était pas connu pour sa patience et si Remus l'était, lui non et désormais, la coupe était pleine.

« Réponds-moi, maintenant ! ordonna-t-il. »


Je sais, je sais je suis impardonnable pour la longueur de publication, même si j'ai une bonne excuse... Mon projet perso, mes propres romans. J'ai toujours une pensée pour vous et je finirais les fanfictions commencées quoi qu'il arrive.

J'espère que ce nouveau chapitre vous aura plu ? Tout est en train de partir en twist pour notre Hermione...

Suite au prochain épisode !

Lia Sail