Disclaimer : Tous les personnages appartiennent à JK Rowling, à l'exception de certains que j'aurai inventé pour le besoin de l'histoire.
Dans certains chapitres, le rating s'élèvera à M.
Pour les noms et prénoms, j'utilise la version française, à savoir : Drago, Rogue, Londubat, etc.
Chapitre 17 : Malefoy et la Salle sur Demande
Arrivés à la Bibliothèque, Harry et Lucy racontèrent discrètement à Ron et Hermione que Malefoy souhaitait parler à Lucy en seul à seule mais qu'ils avaient pu négocier la présence d'Harry à ce rendez vous. Ces derniers semblaient sceptiques quant aux raisons qui pourraient pousser Malefoy à se comporter ainsi.
-Tu penses que cela pourrait avoir un rapport avec la dispute qu'il a eue avec Zabini ? Demanda Ron.
-Je pense que oui, dit doucement Hermione. Et comme Dumbledore l'a affirmé il n'y a pas si longtemps, beaucoup de Mangemorts se font arrêter, l'Ordre commence à affirmer sa supériorité en matière de moyens. Malefoy a dû ouvrir les yeux et doit être en ce moment même en train de perdre tous ses repères. Je ne l'aime pas beaucoup…mais j'admets que j'ai pitié de lui.
-Pitié ? Siffla Ron. Après tous les sales coups qu'il a fait ?
-Je le sais ! Rétorqua la brune aussi sec. Mais essaie de te mettre à sa place ! J'ai toujours entendu dire que les nouvelles recrues de Vous-Savez-Qui étaient marquées pendant leur 7eme année à Noël. Si c'est vrai alors il ne lui reste plus beaucoup de temps pour profiter de sa liberté, aussi peu qu'il puisse en avoir eu un jour. Et il doit subir une pression intense de la part de ses « amis », de ses parents et surtout…de Vous-Savez-Qui ! Tu sais, il est peut-être riche, mais souviens-toi du traitement qu'il a reçu de son père !
Ron ne répondit pas, trop ancré dans sa rancœur. Cette tirade fit néanmoins réfléchir Harry. Encore une fois, son amie avait raison. Malefoy s'était souvent comporté comme un salaud, c'était vrai. Mais s'il venait à être marqué, qui sait ce qui pourrait lui arriver après ? Étrangement et bien malgré leur passé, Harry ne voulait pas qu'il lui arrive quelque chose. Malefoy était Malefoy, mais il était aussi un camarade de classe de son âge.
Lucy quant à elle, était également de l'avis d'Hermione. Elle n'avait pas été élevée selon les préceptes des sangs-pur mais elle en connaissait quelques « procédés » par le biais d'un autre cousin. Si les filles étaient conditionnées à être soumises à leur mari, qui leur était imposé, les garçons eux, étaient élevés à la dure. Coups, cravache, fouet et dans le pire des cas, le sortilège Doloris en cas de désobéissance. Jamais de douceur, de compliments. Néanmoins, ils avaient le « droit », selon la famille, de choisir leur fiancée. Et encore fallait-il que son rang soit suffisamment intéressant pour que les parents acceptent.
-Je pense que l'on devrait écouter Malefoy et l'aider, s'il le demande. Ron, je sais que tu ne l'aimes pas, mais qui serions nous si on le laissait aux mains de ce taré ? Je ne donne pas cher de sa peau.
-Sincèrement je m'en fiche, claqua le roux. Il a toujours traité ma famille comme des moins que rien, alors je ne lèverai pas le petit doigt.
-Monsieur Weasley, souhaitez vous être banni de la bibliothèque ? Asséna soudain Mme Pince.
-Inutile, je m'en vais.
Et sans laisser le temps à ses amis de le retenir, il prit son sac et s'en alla à grande enjambées, laissant les trois autres gênés.
-Mince…, fit Lucy, mal à l'aise. Qu'est-ce qu'on va faire ?
-Le laisser se calmer, dit Hermione. Il n'apprécie pas que l'on aide Malefoy et quelque part, je le comprends. Néanmoins, on ne peut pas le laisser tomber non plus.
-Allons écouter ce qu'il a à nous dire, décida Harry. Nous aviserons après. Mais je pense que nous ne sommes pas loin de la vérité.
Sur ce, le trio finit ses devoirs et alla dans la Grande Salle pour le dîner. Ils y retrouvèrent Ron qui semblait calmé, mais qui éluda fermement le sujet quand Hermione tenta de l'aborder. Ils parlèrent alors des petits chatons Fléreurs d'Hagrid auxquels Lucy semble s'être fortement attachée, notamment celui qui est venu se coucher dans ses mains.
Mais il fut vite l'heure pour Harry et Lucy de se diriger vers la Salle sur Demande. Ils prirent congé de leurs amis et se dirigèrent vers cette salle qui attisa à nouveau l'impatience et la curiosité de la jeune nymphe. Quand ils furent sûrs de ne croiser aucun élève ni professeur, Harry sortit de sa poche la Carte des Maraudeurs et la tendit à Lucy en souriant.
-À toi l'honneur.
-Merci.
Tenir la célèbre carte créée par son père et son parrain, ainsi que le père d'Harry lui fit un drôle d'effet.
-Tout va bien ? S'enquit Harry, conscient du trouble de son amie.
-Oui. C'est juste que ça me fait bizarre d'avoir cette carte entre les mains. Ça rend les choses tellement plus réelles… Jamais je n'aurais pensé pouvoir m'en servir ni même la tenir un jour…
-Eh bien…, sourit encore plus le jeune homme. Il va falloir t'y habituer. Car en tant qu'héritière des Maraudeurs, elle t'appartient également.
-Oh Harry ! Merci !
Et sans s'en rendre compte, elle lui sauta dans les bras. Ce dernier la réceptionna maladroitement d'abord puis l'étreignit un peu plus franchement. Elle sentait la vanille. Ce n'était pas un parfum donné par un savon ou un gel douche, c'est comme si elle dégageait le parfum d'elle-même. Il se sentait si bien dans cette étreinte.
Lucy aussi était parfaitement à l'aise. Elle voudrait que ce moment ne s'arrête jamais, afin de profiter au maximum de ce moment. Pourtant…
-Besoin d'une troisième personne ? Persifla une voix.
Harry et Lucy se détachèrent et aperçurent Malefoy, appuyé contre le mur, un léger sourire en coin sur le visage.
-Désolé de vous interrompre mais il va être l'heure. Tiens, c'est quoi ce parchemin ?
Il avait aperçu la Carte des Maraudeurs. Lucy, mal à l'aise ne sut quoi répondre.
-Nous t'en parlerons sans doute un jour, si on peut te faire confiance, dit Harry.
Malefoy hocha la tête et prit les devants : il passa trois fois devant la Tapisserie de Barnabas le Follet et la porte apparu. Il ouvrit la porte et invita les Gryffondors à entrer. Harry et Lucy ne furent pas étonnés du contenu : fauteuils et canapés de luxe, desserte avec de l'argenterie et de la porcelaine, tapis en peau de bête…
-Eh bien, se moqua gentiment Lucy, on ne se refait pas, hein Malefoy.
Ce dernier hocha les épaules, l'air de dire : « Que veux tu ? Les habitudes sont tenaces ! ». En bon hôte, il servit une Bièraubeurre dans une chope en cristal pur aux Gryffondor qui le remercièrent et se servit un Whisky Pur Feu. Il pressentait qu'il en aurait besoin.
-Bon, commença Lucy. Pourquoi souhaitais-tu me voir ?
-Je ne vais pas y aller par quatre chemins…Je veux mieux te connaître. Avoir une cousine à Poudlard m'intrigue, surtout quand on sait qu'elle ne partage pas les mêmes idées avec lesquelles j'ai grandi. Depuis que je me suis disputé avec Blaise, mes repères s'effondrent un à un. Mon père est sur une corde raide depuis quelques temps, le Manoir a été perquisitionné plusieurs fois, et de ce fait, le Seign…enfin, Vous-Savez-Qui le prend pour un espion alors qu'il n'en est rien. De plus, ma mère a demandé le divorce.
-Hein ? S'exclamèrent Harry et Lucy.
-Quelle éloquence ! Se moqua Malefoy, ce qui les ramena à la réalité.
-Et Rogue ? Demanda Harry. Tu en as parlé avec lui ?
-Oui, il est mon parrain, et je lui ai parlé de tout ça. Et il m'a révélé qu'il était un espion pour L'Ordre du Phénix depuis environ seize ans. Ça m'a encore plus ébranlé dans mes convictions. Mais j'ai été touché qu'il me fasse confiance, qu'il ne pensait pas que j'en parlerais à mon père pour qu'il le dénonce ensuite. Mais le plus surprenant, c'est que c'est lui qui m'a dit de venir vous voir. J'ai d'abord hésité puis j'ai fait des recherches sur toi (il désigna Lucy) pour savoir à quel degré nous étions cousins. Et quand j'ai su que tu étais la fille de Sirius Black, ce que Rogue avait omis de me dire, je me suis dis qu'il était temps que je sache ce que voulait dire « être libre ». Et tu es, à mon sens, la meilleure personne pour cela.
-Et Harry ?
-Pour Potter, c'est différent, il n'est pas de la famille. Et il y a tout de même 6 ans d'inimité derrière nous. Alors que toi…je te connais à peine.
-C'est vrai, admit le brun. Mais tu sais que ce que tu demandes n'est pas sans risques pour toi. Si jamais un de tes camarades découvre que tu hésites à suivre Tu-Sais-Qui, voire que tu es prêt à retourner ta veste, tu vas avoir des problèmes.
-Je sais. Mais quelque part, je sais que Blaise a raison, que vous avez raison. C'est vraiment la débandade chez les Mangemorts.
-Oui, dit Lucy. Beaucoup se sont fait arrêter et interroger, entrainant de plus en plus de nouvelles arrestations. Certains doivent être vite jugés et condamnés au Baiser du Détraqueur pour faire de la place à Azkaban.
-J'imagine que ce sont les Généraux qui y seront condamnés, ajouta Malefoy, pensif. Les nouvelles recrues, comme je serai devenu, ne font qu'assister aux raids, ils ne font rien, sauf si c'est vraiment nécessaire, mais c'est vraiment rare qu'ils agissent vraiment. En général, il faut attendre quelques années avant de commencer à agir. Le temps de sortir du système scolaire, de s'effacer et de construire sa petite vie parfaite et sans histoire, autrement dit, se faire une place de personne bien sous tout rapport alors que derrière le masque, la vérité est toute autre.
-Ingénieux comme système, avoua Lucy, approuvée par Harry. Mais toutes ces infos, tu les a où ?
-Mon père, dit amèrement Malefoy. Il place tellement d'espoir en moi qu'il me raconte tout.
-Je n'aurais pas aimé être à ta place. Quand je vois mon cousin Edward, l'éducation qu'il a reçu…Ça me fait froid dans le dos.
-Edward ? Le fils de Regulus ? Il est encore plus endoctriné que moi !
-Regulus a eu un fils ? S'étonna Harry. Mais… sur la Tapisserie au Square Grimmaurd…
-Il n'apparait pas, n'est ce pas ? Dit Lucy. Et c'est normal. La famille Black a volontairement passé sous silence sa naissance. Comme ils l'ont fait pour moi, mais pas pour les mêmes raisons.
-S'il est endoctriné, ils auraient dû être fiers et donc l'afficher, non ? Dit Harry.
-Oh ils l'étaient. Mais il le cachent parce qu'ils savent qu'il va intégrer les Mangemorts aux vacances de Noël et que s'il se fait choper, son ascendance le condamnera d'office. Je voyais régulièrement Edward, ma mère et la sienne s'entendaient bien, donc elles avaient gardé contact. Et il me racontait toujours à quel point il était couvert de cadeaux parce qu'il était un « parfait petit garçon ».
-Attends, Dit Harry. La femme de Regulus, elle ne partageait pas les idées des Sang-Pur ?
-Absolument pas, sourit Lucy. Elle était à Serdaigle et était héritière d'une vieille famille de sang-pur, donc elle a vécu le système du mariage imposé. Et quand Regulus est mort, ma Tante, Ludmila Fawley de son nom de jeune fille, était déjà enceinte d'Edward. Mais malgré sa liberté de penser, elle était malheureusement soumise à ses obligations d'épouse, et mon cousin a été élevé a la dure, comme Mal…Drago l'a été. Et si je ne me trompe pas, c'est Bellatrix et son mari qui lui donnaient quelques leçons, car ils n'avaient pas d'enfants donc ils ont été désignés comme ses précepteurs.
-En effet, confirma le Serpentard. J'ai dû moi aussi assister à des leçons, et nous étions ensembles. C'était horrible…
-J'imagine bien, dit amèrement Harry en finissant sa chope de Bièraubeurre.
Il haïssait cette…pourriture, cette raclure de la première espèce.
-Tu l'as revu, Edward ? Demanda Drago.
-Non et moins je le vois, mieux je me porte. Il est insupportable à se vanter de ses exploits de torture sur les première année.
Elle ajouta à l'attention d'Harry qu'il étudiait à Durmstrang.
-Les professeurs sont aveugles, ou ferment les yeux parce qu'il est le meilleur élève et qu'une bourse conséquente leur tombe dans les poches. Merci « Tatie Bella », fini-t-elle hargneusement en se levant. De plus, ça va être mon anniversaire, et comme tous les ans, je vais avoir droit à sa saloperie de demande en mariage !
-Quoi ? Rugit Harry, sans qu'il ne s'en rende compte.
-Ah c'est de toi qu'il parlait ! Ajouta Malefoy en s'esclaffant. Il me parlait sans cesse de sa « promise » mais je n'ai jamais su de qui il s'agissait.
-Mais…tu…balbutia Harry, perdu.
-Non, je ne me marierai pas avec lui, ça ne va pas la tête ! S'exclama Lucy. Je n'ai jamais voulu de lui, il m'insupporte ! De plus, je t'ai reconnu comme mon compagnon, donc c'est impossible.
-C'est officiel alors ? Demanda Drago en souriant.
-Oui ça l'est, répondit hâtivement Harry, se souvenant du sourire du Serpentard à la cérémonie de Répartition et en se rapprochant de Lucy.
Son regard hurlait « chasse gardée Malefoy ! », faisant rire ce dernier plus franchement.
-Tout doux Potter, j'ai saisi le message !
Il regarda l'heure à sa montrer et vit qu'il était bientôt vingt deux heures.
-Le couvre feu est dépassé, dit-il. On va devoir se quitter maintenant. Partez en premier et je rentrerai aux cachots dans dix minutes.
-D'accord. Merci de ta sincérité, Drago. Et fais attention à toi.
-Merci à vous de croire en moi.
-Nous sommes humains, Malefoy. Rien de plus. Bonne soirée.
-Vous aussi. Et ne trainez pas, c'est Rusard qui tourne ce soir.
-Merci.
Sur ce, Harry et Lucy, sortirent de la Salle sur Demande et rentrèrent sans ennuis grâce à la carte des Maraudeurs.
