*REFUGE DU MENTEUR*

LA CREVASSE

ALLIANCE DES VODAHMIN

« Repliez-vous ! Repliez-vous dans la grotte ! »

Rahd Longmaillet trébucha en arrière, sous le choc. L'Argonien de l'autre côté du mur bondit, balayant les deux épées en avant dans un déploiement tapageur. Il dégaina simplement sa dague, s'immobilisa et… maintenant.

La poussée porta sa lame à travers la parade de l'homme-lézard, et l'Argonien s'effondra avec un son, comme si quelqu'un lui avait donné un coup de poing dans les côtes. Toutefois, avant qu'il ne puisse libérer la lame, une autre silhouette monta sur l'échelle et par-dessus le mur. Celle-ci était petite, légère, mais l'armure qu'elle portait était aussi noire que la nuit, et polie comme un éclat de miroir.

Une Armure Daedrique, l'informa une partie de son esprit. Qui, par les dieux, possède une Armure Daedrique ?

La silhouette pivota et Rahd relâcha sa dague, la laissant à son ennemi déchu, et s'écarta de la trajectoire de la masse ridiculement surdimensionnée. Le bruit SOURD que la masse fit lorsqu'elle toucha le sol lui indiqua qu'il avait pris la bonne décision. Désespéré, il tendit une main vers l'arrière et sa poigne trouva ce qu'il cherchait : le manche de son marteau de guerre qui lui avait donné son nom. Il le dégagea et le fit tournoyer au-dessus de sa tête, le marteau de guerre s'arrêtant sur le visage de l'attaquant. Mais désormais, il y avait cinq silhouettes sombres arrivant d'au-dessus du mur, chacun avec épée et bouclier prêts à l'emploi.

« Repliez-vous ! » rugit-il à nouveau par-dessus son épaule, et suivit ce qu'il restait de sa compagnie. S'ils pouvaient parvenir à aller à l'entrée de la grotte, ils pourraient la clore. Ensuite, leurs ennemis en supériorité numérique compteraient pour du beurre. Puis ils pourraient…

FUS RO DAH !

La vague d'énergie le frappa entre les omoplates, l'envoyant pieds par-dessus tête. Etourdi, il se releva, encore suffisamment conscient pour balayer les deux premières silhouettes arrivant à lui en courant, armes levées. Il sentit les os se briser sous son coup, et le cri de guerre du second personnage se fit couper avec un grognement étranglé.

Par Oblivion, qu'est-ce que C'ÉTAIT que ça ?

Puis, il y eut à nouveau le premier ennemi, arrivant à lui avec cette Masse et… était-ce un bâton ?

Un mage, survint à nouveau la réponse, droit depuis son subconscient, et il remercia Shor pour la protection qu'il avait placée sur son armure. Elle avait couté chère, mais elle lui avait sauvé maintes fois la vie. Mais aucun sort ne sortit de la pointe de la longue arme, et aucune parole magique ne s'échappa de... ses lèvres à elle. Oui, c'était sans aucun doute une femme, il pouvait le voir à présent. Elle venait engager le combat, arme contre arme, avec lui.

Stupide fillette, sourit-il, sentant le goût du sang sur ses dents. Elle aurait dû être plus intelligente et se contenir, afin que ses compagnons mènent le combat avec elle, ou au moins le tenir à distance avec une arme plus longue. Tout ce qui était à portée de main pendant qu'il tenait Longmaillet était... était mort, purement et simplement.

« QUE SOVNGARDE VOUS PRENNE » beugla-t-il, balançant son arme dans un arc de cercle qu'aucun Homme, Mer ou Bête pourrait réussir à bloquer ou y survivre.

Mais cette fois, la fine silhouette se rapprocha de lui, et balança sa masse relativement petite dans un mouvement qui rencontra son arme, l'interceptant.

CAH-CHUNNNNNNNNG Piiiiiiiiiiiiiiiiing

Avec une secousse à couper le souffle, les deux armes se rencontrèrent... et seule celle de la femme resta intacte pour une seconde frappe. Rahd Longmaillet fixa la scène d'un air d'incrédule d'horreur et de stupéfaction, son arme brisée dans ses mains, et ne vit jamais le second coup arriver.


« Saletés de bandits… » grommela Skoberth Chant-Noir, enjambant un corps encore en train de gémir pour lui délivrer le coup fatal.

« Bon, bon, » soupira Tala, secouant ses cheveux après avoir retiré son casque. « Ils ont échafaudé un beau combat, tout compte fait. S'ils étaient arrivés dans les grottes, nous aurions eu plus de mal à les déloger. »

« Pourtant, ils ne valaient pas la peine de nous faire perdre notre temps, » grogna Borkul, attrapant un torque d'argent du bras de l'un des bandits tombés.

« Les colons de Hamugsthal en diraient autrement, » répondit Tala. « Ils harcelaient leurs cargaisons depuis des semaines maintenant. Nous étions juste trop occupés avec les patrouilles frontalières pour faire quoi que ce soit… jusqu'à présent. »

« Ma Reine ! »

Le cri attira Tala et son entourage vers la jeune vampiresse qui retournait un corps. L'éclat de bronze du métal Nain brillait même dans la lumière déclinante. Tous les visages devinrent sinistres.

« Par les Daedra, comment… ? » souffla Skoberth.

« Un déserteur de l'armée, peut-être, » dit Tala en haussant les épaules, s'emparant de l'Arbalète Dwemer et examinant l'arme de plus près. « Mais vu le peu de soin apporté à l'arme, il est plus probable qu'ils l'aient volée à un des gardes de la caravane qu'ils ont prise en embuscade. »

« Troublant, » déclara Borkul la Bête, secouant la tête. Le Gardien du Nord était chargé de maintenir la paix dans la Crevasse et la pensée de bandits aussi bien armés que ses patrouilles était inquiétante. « Nous devons augmenter la taille de chaque patrouille et caravane, du moins pour l'instant. »

« Pas si nous faisons un exemple fort et suffisant, » les rires de Tala firent sursauter le groupe. « Rassemblez les corps et pendez-les par les pieds le long de la route. Laissez savoir aux gens ce qui arrive aux bandits insignifiants dans l'Alliance des Vodahmin. »

Le sourire de Borkul derrière le Masque de Zahkriisos eut une allure prédatrice. « Comme ma Reine le commande. »

Une silhouette sombre de Rougegarde, vêtue de noir et d'écarlate, désigna une rangée de personnes agenouillées et ligotées. « Et quant est-il des prisonniers, ma reine ? »

Tala jeta un regard vers la ligne.

« Gloire à Sithis. »

Nazir sourit alors que la plupart des survivants commençaient à supplier, gémir, ou ouvertement pleurer. Leurs gardes, arborant tous une capuche noire couvrant leur visage, dégainèrent des dagues et d'un mouvement rapide et sans effort, les balancèrent sur la gorge des prisonniers. Durant quelques instants, ils furent aussi immobiles que les autres cadavres du fort improvisé.

La porte menant aux passages à l'intérieur de la montagne s'ouvrit, et une petite silhouette s'avança, suivie par de nombreuses silhouettes semblables. Chacune d'entre elles étaient vêtue dans une armure grossière et armée de lance rudimentaire. Quelques-unes parmi elles, cependant, empoignaient des dagues de fer et d'acier, les portant à leur hanche comme des épées de taille normale.

« Nous combattons, » dit le chef Riekelin d'une voix rauque. « Nous aidons la Dame Sombre. Plus de méchants Nordiques. »

« Vous et votre peuple avez combattu vaillamment, Chef Bogwog-throgdog, » acquiesça Tala, accordant une petite révérence à la tribu rassemblée, qui apprécia ce geste. « Que pensez-vous de cet endroit ? »

Le Riekelin lança un regard critique aux murs soutenus par des charpentes, à la porte en fer, et aux passages qu'elle gardait.

« Un endroit robuste, » lâcha-t-il finalement. « Un bon endroit. Beaucoup de pièces. »

« Alors agenouillez-vous, Puissant Chef, » déclara sérieusement Tala, replaçant la Masse de Molag Bal sur son dos, et étendant la Rose de Sanghin à sa forme la plus grande. Le Riekelin se reposa lentement sur ses genoux devant la Haute-Mère des Vodahmin, qui plaça le long bâton sur son épaule.

« Moi, la Reine Tala Niwot de l'Alliance des Vodahmin, accorde au Chef Bogwog-throgdog et à son peuple la propriété du… » elle s'arrêta pour regarder tout autour d'elle. « Refuge du Riekelin, pour toujours, à lui et aux chefs Riekelins qui suivront. »

Elle tapota le chef Riekelin sur l'épaule, puis ramena son bâton à ses côtés.

« Vous occuperez cette forteresse pour votre peuple, imperturbables, au nom de la Paix de la Reine, » poursuivit-elle. « Et si la Bannière Noire est levée, vous et vos guerriers combattrez dans les rangs des Vodahmin, au nom de la Guerre de la Reine. »

« Nous nous battons, » sourit Bogwog-throgdog, exposant une rangée de dents pointues. « Nous servons. La Tribu Sangliogre suit Bogwog. Bogwog suit la Dame Sombre. »

« Qu'il en soit ainsi, » acquiesça Tala en approuvant, puis fit un signe aux combattants de l'Alliance de la suivre hors de la nouvelle maison des Riekelins pour porter les corps des bandits tombés.

« Il est difficile d'imaginer comment ces... petites créatures ont pu faire tout ce chemin depuis Solstheim, » dit Sérana en secouant la tête. « En regardant leurs coracles, on aurait pu jurer qu'ils ne seraient même pas capables de flotter dans une flaque d'eau. »

« Des peuples braveraient beaucoup de grandes choses pour échapper à l'extermination, » déclara Tala avec tristesse. « Au cours de l'année écoulée, nous avons eu des Minotaures de Cyrodiil, des Centaures du Val-Boisé, les rares géants qui sont parvenus à survivre en Bordeciel… et sûrement tous les adorateurs des Daedra en Tamriel. »

« Ils ne sont même pas tous des adeptes des Daedra, » s'émerveilla Sérana. « Les Minotaures sont de fanatiques adorateurs des Aedra, pour l'amour de Sithis. »

« Et les Centaures prient les Anciennes Méthodes, comme les Parjures, » acquiesça Tala. « Mais ils ne correspondent pas à la limite de l'acceptable pour les Hommes, Mers, et Hommes-Bêtes que l'Empire et le Domaine ont dressée. Ils ressemblent à des monstres, ils doivent donc être des monstres. »

« Et c'est précisément pourquoi l'Alliance des Vodahmin est si importante, » répondit Sérana, un bras enveloppant son amante pour une étreinte rapide avant qu'ils n'arrivent à l'endroit où ils avaient laissé leurs chevaux. Tala frappa du doigt son poignet, et la silhouette d'Arvak, d'un autre monde, surgit du maelström magique du Cairn de l'âme.

« Montrez-vous, » railla Sérana, mais le sourire sur son visage démentait ses paroles. Tala monta son cheval et se tourna vers la personne encore à terre.

« Nous pourrions toujours vous trouver une monture, Teyrn'garwch, » dit-elle au guerrier Drémora. « Vous pourriez rester sur ce plan, vous savez. »

« Teyrn'garwch purge une peine de prison, Madame, » déclara le serviteur de Sanghin avec une révérence. « Il n'est pas en vacances. »

Avec un brin de magie de Conjuration, il disparut, son essence retournant dans la fleur au bout de la Rose de Sanghin.

« Toutes ces années, » commença Sérana en souriant. « Et il est toujours aussi grincheux que lors du premier jour où son maître nous l'a donné. »

« Non, » ricana Tala. « Je pense qu'il s'est vraiment adouci. On est peut-être en train de percer sa coquille. »

« Devrions-nous vous escorter jusqu'à la capitale, votre Majesté ? » demanda Borkul la Bête. L'expression sur le visage de Tala devint contemplative, puis elle secoua la tête.

« Non, Borkul, » répondit-elle. « Vous retournez à Hamugstahl et garderez un œil sur la frontière avec Solitude. Je n'aime pas les nouvelles forteresses que le Haut-Roi a construites à Pondragon, et je veux m'assurer qu'aucun autre de ses espions franchisse notre frontière en toute impunité. »

« A vos ordres, » acquiesça l'Orque géant, et agita son bras vers l'avant. La colonne de Vodahmin se sépara du corps principal au petit trot, se tournant vers le nord, le long de la route. Le reste du groupe arborait tous une armure Daedrique rutilante, leurs chevaux également parés d'un blindage en métal Nain, protégeant leur poitrine et leur tête. En temps de guerre, les Cataphractaires Royaux étaient les cavaliers lourds conçus pour pouvoir affronter même la cavalerie lourde de Blancherive dans un combat frontal.

« C'est une bonne journée, après tout, » fanfaronna Tala, soupirant avec contentement, et elle leur fit signe de retourner vers la capitale, au sud. « Une bonne journée, en effet. »


*JEHANNA*

HAUTEROCHE

ALLIANCE DES VODAHMIN

« OÙ EST-IL !? »

Les serviteurs royaux se dispersèrent à la fureur de Telstar, roi de la cité de Jehanna. Le jeune homme éparpilla des papiers et des encriers, renversant des tables et chaises lors de ses recherches dans les appartements royaux.

« OÙ EST-IL PASSÉ ? » rugit-il à nouveau, avec une voix plus grave qu'à laquelle on s'attendrait de son si jeune corps. « JE CRUCIFIERAI LE VOLEUR QUI L'A PRIS ! »

« Mon roi ? » demanda l'un des servants les plus âgés, plus courageux que les autres. « Vos serviteurs pourraient assister le roi, s'il daignait nous dire ce qu'il cherche… urkgh ! »

La phrase du servant fut coupée par la poigne de fer du jeune roi, serrée autour de sa gorge.

« MON… masque, imbécile ! » souffla Telstar, ses yeux s'écarquillèrent, déstabilisés. « Qu'avez-vous fait de mon MASQUE ? »

« Il… il a été rangé dans l'armoire, avec le reste de votre équipement de guerre, » parvint à dire le serviteur entre deux halètements sifflants. « Cela a été… cela a été fait selon vos ordres, seigneur. Vous ne vous en rappel- »

« BAH ! » Telstar projeta l'homme à travers la pièce avec une force qu'un jeune garçon de sa taille ne pourrait posséder, disparaissant dans le couloir avant même que le malheureux serviteur ne heurte le mur du fond avec un craquement écœurant de chair et de pierre solide.

La vision de Telstar s'embua de rouge et son souffle devint saccadé, des halètements douloureux survenant alors qu'il courait dans les couloirs de sa forteresse, avec un seul objectif en tête, sans cesse répété :

Dois le trouver. Dois le trouver. Dois le garder en sécurité. Elle ME l'a donné. JE DOIS L'AVOIR. Dois le garder en sécurité. Dois le garder en sécurité pour elle. Dois le trouver. Dois le trouver. Dois le garder en sécurité. Elle me l'a donné. Elle ME l'a donné. JE DOIS L'AVOIR. Dois le garder en sécurité. Dois le garder en sécurité pour elle. Dois le trouver. Dois le trouver. Dois le garder en sécurité. Elle me l'a donné. Elle ME l'a donné. JE DOIS L'AVOIR. Dois le garder en sécurité. Dois le garder en sécurité. Dois le garder en sécurité pour elle. Dois le trouver. Dois le trouver. Dois le garder en sécurité. Elle me l'a donné. Elle ME l'a donné. JE DOIS L'AVOIR. Dois le garder en sécurité. Dois le garder en sécurité pour elle.

OÙ EST-IL !?

Les pauvres gardes aux portes de l'Armurerie eurent seulement le temps de se jeter sur le côté avant que les portes massives ne se fassent ouvrir d'un coup de pied et que Telstar ne se retrouve en face de l'armoire émaillée d'or qui contenait l'armure Naine qu'il portait en temps de guerre. Ouvrant violemment la porte, il chercha frénétiquement pendant une demi-seconde avant que les mains ne se referment sur la surface en bois lisse et sculptée du masque du Prêtre-Dragon Rahgot.

Rejetant la capuche attachée au masque sur sa tête, il plaça la surface sculptée sur ses propres traits, et sentit la panique rouge, frénétique, alimentée par la rage, ainsi que les battements de son cœur, s'apaiser.

Je l'ai trouvé. Je l'ai. Louée soit la Reine Tala.

Je l'ai trouvé. Je l'ai. Louée soit la Reine Tala.

Je l'ai trouvé. Je l'ai. Louée soit la Reine Tala.

Lentement, il retourna à la salle de son trône, une main se levant à moitié pour s'assurer que son bien le plus précieux, le cadeau inestimable que lui avait fait Tala la Belle, Tala la Parfaite, Tala la Bien-Aimée, repose toujours sur son visage.


Deux Masques remis en main de Femmes

Souveraines de la Terre et de la Mer.

Quatre Masques remis en main de Mers

Souverains par Décret de la Reine.

Six Masques remis en main d'Hommes

Pour Soutenir les Desseins de la Reine.

Tous les Masques gravés de Runes secrètes

Pour tordre et déformer l'Esprit.

Tous doivent s'incliner devant la Reine !

Tous doivent s'incliner devant le Loup !

Une Alliance dirigée par la Volonté d'Une seule

Par-delà les Montagnes, le Désert et le Golfe.


Nous avons donc un aperçu de ce que Tala et ses compagnons ont fait de l'autre côté de la frontière, et de la façon dont elle et la Reine-Louve ont l'intention de garder leurs vassaux sous contrôle.

Je ne garantis pas de pouvoir poster régulièrement, étant donné que mes études ont repris cette semaine. J'essaierai toutefois de publier le plus possible !

Merci à tous et à la prochaine !

Nephariel

Cette fanfiction appartient à Tusken1602.