*SALLE DU CONSEIL DU HAUT-ROI*

HELGEN

BORDECIEL

Llewellyn Né-Dragon n'était pas encore habitué au rassemblement qui se trouvait autour de la table : chaque jarl de Bordeciel était là, ainsi que quelques autres :

Le Jarl Balgruuf le Grand de Blancherive,

La Jarl Elisif la Juste de Solitude,

La Jarl Maven Roncenoir de la Brèche,

Le Jarl Dengeir d'Épervine,

Le Jarl Kraldar de Fortdhiver,

La Jarl Idgrod la Jeune de Hjaalmarche,

Le Jarl Brunwulf Libre-Hiver d'Estemarche,

La Jarl Brina Merilis du Clos,

La Générale de la Légion Rikke,

La Commandante des Lames Delphine,

Le Seigneur-Chancelier Esbern le Sage,

Et l'Imperator Tullius.

« Une fois de plus, nous sommes rassemblés ici pour la guerre, mes amis. »

Les regards se tournèrent vers lui, alors qu'il avait réussi à entrer dans la pièce sans se faire remarquer. Les sièges se repoussèrent, et les quelques personnages assis se levèrent à la vue de leur Haut-Roi. Il était sûr que, derrière lui, le visage de l'Archi-Mage de l'Académie de Fortdhiver affichait un sourire éhonté. Il se dirigea vers le trône situé en bout de table et s'assit, ce que les autres prirent comme le signal pour retourner à leur propre siège.

« Quelle est notre force actuelle ? » demanda-t-il.

La Générale Rikke se pencha la première, après avoir reçu l'assentiment de Tullius.

« La 9ème et la 12ème avec nous, nous avons deux légions à pleine puissance : 12'000 homems prêts à marcher, » rapporta-t-elle. « Mais de nombreuses cohortes de la 12ème sont des bleus. Cela sera leur première réelle opération. »

Llewellyn acquiesça et reporta son attention sur l'homme à ses côtés. Balgruuf bougea sur son siège, et Llew remarqua avec une sensation de choc que les cheveux dorés avaient commencé à devenir gris au-dessus des oreilles, et parsemé dans la barbe qui couvrait le visage du Jarl.

« Blancherive rassemble trois milles cavaliers lourds, sire, » déclara-t-il. « Et environ cinq cents autres légers. »

Autours de la table, les autres jarls formulèrent leur propre rapport, chaque châtellerie selon leurs forces : Solitude, tout comme Vendeaume, possédaient près de deux milles fantassins lourds, entrainés à la manière classique des Nordiques. Brina Merilis n'en avait que cinq-cents et Kraldar de Fortdhiver encore moins. Ces châtelleries étaient les plus pauvres, mais toujours déterminées à faire leur part. Les Roncenoir de la Brèche avaient mis leurs richesses mal acquises au service du Haut-Roi, et les deux milles soldats de leur armée le montraient bien. La Jarl Idgrod était la plus jeune parmi les dirigeants présents ici, mais était tout de même vêtue d'une armure et résolue à diriger ses soldats de Hjaalmarche. Ils étaient équipés plus légèrement que les autres détachements, mais néanmoins braves. Le peuple de Dengeir d'Épervine était des archers accomplis, des gens des bois qui avaient grandi toute leur vie dans les épaisses forêts autour de leur foyer. Pour la plupart, chacune des forces des châtelleries était au moins hautement spécialisées ou bonnes à une chose. Mais pour cette chose-là, ils étaient très bons. Unis, les Nordiques de Bordeciel formaient une formidable puissance sur laquelle compter.

Esbern replia ses mains dans sa robe et soupira avant de leur répondre :

« Nous avons du ravitaillement de la trésorerie royale pour nourrir l'armée pour une campagne de trois mois complets, » rapporta-t-il. « Si elle dure plus longtemps que cela, nous devrons commencer à chercher beaucoup de nourriture dans la zone que nous occupons. »

La porte de l'autre côté de la pièce s'ouvra, et Llew sentit un sourire se répandre sur son visage alors que les têtes se tournaient pour voir un jeune homme en armure rouge entrer.

« Alesan, » acquiesça-t-il en guise de salutations à son fils adoptif.

« Père, » hocha-t-il de la tête, puis il leva le parchemin qu'il tenait dans sa main.

« Comme nous le craignons ? »

Le jeune garçon… non, corrigea le subconscient de Llew, jeune homme maintenant, acquiesça.

« Les forces Argoniennes ont traversé la frontière en nombre. Elles ont pris Narsis il y a cinq jours, et la Lande de Kragen est en état de siège. Le Roi Lleril est en train de rallier les autres Maisons Dunmers, mais ne pense pas qu'il aura suffisamment de forces pour briser le siège. »

Des murmures parcoururent la table et de suggestions survinrent, rapides et furieuses, allant de ne rien faire à déplacer l'armée en force vers la frontière Dunmer.

« Si les Argoniens ont commencé l'attaque, nous devons considérer que Tiberius en fera de même, » parla fermement Tullius, une fois l'attention de la pièce regagnée. « Son armée est toujours massée à Bruma, prête à partir, et surmène nos forces à deux contre un. »

« C'est pourquoi nous ne pouvons pas diviser nos forces maintenant, » les terres de Dengeir d'Épervine étaient les plus proches de la menace, et cela serait donc son peuple qui souffrirait le plus de la guerre à venir. Il était logique que la voix de la prudence soit la sienne.

« Nous le devons, ou risquer d'envoyer le message à nos alliés qu'ils sont livrés à eux-mêmes, » répliqua Sarai Gellarus avant que Llew n'y parvienne. « Si cela est vrai, alors ils pourraient aussi bien plier le genou devant Tiberius maintenant, plutôt que de verser du sang pour préserver les lames Argoniennes de Faillaise et Vendeaume. »

« Jarl Balgruuf. »

Le tumulte de la conversation cessa à l'intervention de la voix du Haut-Roi, et le dirigeant de Blancherive tressaillit sur son siège.

« Vous commanderez nos forces de l'ouest. » Il n'y avait ni question ni d'hésitation, et l'incertitude dans la pièce se calma légèrement lorsque les différents guerriers reconnurent la voix de la décision incontestable. « Déplacez l'armée à la frontière et combattez si Tiberius tente de la franchir. »

« A vos ordres, mon roi, » hocha Balgruuf de la tête, puis il fronça les sourcils. « Quelles, euh… quelles forces aurai-je sous mon commandement ? »

« La Générale Rikke et la 12ème formeront le noyau de votre armée, » répondit Llewellyn, acquiesçant à la femme Nordique. « Et vous aurez le soutien des châtelleries. Le Général Tullius et la 9ème viendront avec moi et les Lames pour libérer la Lande de Kragen. »

« Mon roi, » protesta Tullius. « Si vous dites de marcher, je marcherai. Nul besoin que vous accompagniez la force de secours. »

Il y eut un léger grognement de la part du reste des jarls Nordiques, que leur Haut-Roi soit ainsi contredit, mais Llew leva une main pour les faire se taire.

« Mais c'est là que vous avez tort, mon ami, » sourit-il. « Les Lames viendront avec moi, et je pense que nos nouvelles armes feront beaucoup pour équilibrer notre infériorité numérique. Delphine ? »

« Les Lames se tiennent prêtes avec le… nouveau décret, Majesté, » rapporta la grande commandante.

« Jarl Kraldar, le contingent de Fortdhiver accompagnera également la bannière du Haut-Roi. »

Kraldar hocha la tête en signe d'assentiment, se redressant inconsciemment devant l'honneur fait à sa châtellerie et à son foyer. Llewellyn se leva, une action copiée par tous les occupants de la salle, et commença à bouger les pièces sur la carte en face de lui.

« Nous allons repousser les Argoniens, et espérons frapper un coup assez fort pour les tenir à l'écart du reste de cette guerre inutile, » déclara-t-il gravement, déplaçant deux figurines vers Cyrodiil. « Puis, nous marcherons vers l'ouest, directement vers Cheydinhal et Bruma. »

Il y eut un moment de silence alors que les commandants et dirigeants étaient pris dans le plan de la campagne à venir.

« Un coup risqué, votre grâce, » intervint lentement la Jarl de Faillaise. « Cela dépend beaucoup de ces, hmmm, nouvelles armes. »

« En effet, Jarl Maven, » concéda Llew à sa supérieure d'autrefois. « Mais ce sont des temps risqués. Et le vieil adage reste d'actualité : Qui ne tente rien n'a rien. »


*CAMPEMENT DE L'ARMEE DES VODAHMIN*

PERIPHERIE D'ELINHIR

LENCLUME

« Ahh… »

Sérana se reposa sur les coussins, haletant, la sueur donnant à tout son corps un éclat brillant à la lumière des bougies. Sous les couvertures, un autre corps se mit à bouger, jusqu'à ce que le visage de Tala apparaisse à côté d'elle, également scintillant.

« Je suis si bonne que ça ? » sourit malicieusement la Haute-Mère des Vodahmin.

« Je me demandais combien de fois encore nous pourrons faire cela. »

« Que voulez-vous dire ? »

« Eh bien, » répondit lentement Sérana. « Nous partons pour une grande campagne. Ça tend à réduire le temps libre pour faire, vous savez... ça. »

« Attendez, donc guerre rime avec plus de sexe ? »

Les sourcils de Tala se froncèrent et ses yeux s'écarquillèrent, moqueurs, d'horreur. Elle se leva et commença à se déplacer de manière très suggestive sur le sol de la tente.

« Pas grave ! J'ai changé d'avis ! Passez le message à l'armée, elle rentre à la maison. Il n'y aura plus de guerre, la Reine le commande… hé ! »

Tala esquiva un coussin et commença à rire alors que la vampiresse l'attaquait au niveau de la taille, se laissant emporter sur les couvertures. Ainsi perdues dans l'affection de l'une et de l'autre, elles manquèrent de peu le cliquetis du métal sur le métal lorsque les gardes à l'extérieur se saluèrent et que la porte de la tente fut tirée.

« Ma reine, » débuta la voix. « Je suis navré de vous déran- OH PAR LES DIEUX… Je suis désolé ! »

« Peu importe, » rit Tala. « Venez, Nelkir ! »

« Tala !? » s'insurgea Sérana, essayant d'attraper dans la pénombre une robe, ou au moins une couverture pour couvrir sa nudité.

« Quoi ? » gloussa Tala. « Pensez-vous que le garçon n'a jamais vu de poitrines ? »

Une jeune silhouette ré-entra dans la tente, et Nelkir Balfruugson dirigea immédiatement ses yeux sur une parcelle du sol très intéressante, bien loin des deux personnages nus qui se rallongeait sur le bas canapé.

« J'ai reçu un message, ma reine. Euuuuuh, de mon père, je veux dire. Le Seigneur Icando a dit que c'était, euh… il pensait que c'était mieux que je… euh… »

Tala prit pitié du messager et s'empara d'une robe, nouant la soie autour de sa taille avant de se retourner vers le garçon au visage très rouge.

« Quel était le message, Nelkir ? »

Nelkir eut l'air comiquement soulagé alors qu'il tendait un menu parchemin à la Reine-Sorcière de l'Alliance des Vodahmin.

« C'est la guerre, votre Majesté, » expliqua-t-il. « Les Argoniens ont envahi Morrowind, et le Haut-Roi s'est déplacé avec une petite portion de son armée pour assister les Dunmers. Mon père et le reste de l'armée se tiennent sur la défensive à Épervine, prêts à repousser toute invasion de la part de Cyrodiil. »

Tala baissa son regard sur l'écriture griffonnée et bougea jusqu'à la table à proximité pour mieux y voir grâce à la petite bougie. Puis elle se redressa lentement et le rendit au garçon.

« C'est le moment que nous attendions, » dit-elle d'un ton posé.

« Vraiment ? »

Le garçon rougit à nouveau, à la fois parce qu'il n'avait pas réussi à contenir son emportement et parce que la jeune voix s'était brisée au dernier mot, trahissant ainsi le moment difficile qu'il traversait actuellement.

« Je veux dire » éclaircit Nelkir sa voix. « Vraiment, votre Majesté ? »

« Passez le message aux Seigneurs Borkul et Piquine, » répondit Tala, sans prendre en considération la question. « Dites-leur de mettre cette armée en marche. Nous partons à l'aube. »

« Votre Grâce. »

Nelkir Balgruufson offrit un salut militaire formel tandis qu'il battait une retraite précipitée de la tente, et Tala se tourna vers Sérana.

« Ça leur prendra au moins vingt minutes pour démonter cette tente, » ronronna-t-elle, suggestive, déboutonnant la robe et la laissant tomber au sol alors qu'elle se redirigeait vers sa consort.

« Ce qui est suffisant pour nous mettre en armure, et ne pas scandaliser la moitié de l'armée, » rit Sérana, repoussant l'étreinte affamée.

« J'ai eu une terrible influence sur vous, mon amour, » soupira Tala, secouant la tête en mimant la douleur. « Je vous ai rendue horriblement responsable. »

« Et je vous ai rendue horriblement incorrigible, » gloussa Sérana, s'arrêtant suffisamment longtemps pour planter un autre baiser sur les lèvres de son amante.

« Je ne sais pas combien de temps durera cette guerre, » souffla silencieusement Tala, le ton de sa voix devenant soudainement bas et sérieux tandis qu'elle verrouillait son regard dans les yeux de son amour.

« Mais nous connaissons notre destination, » répondit Sérana, en prenant le visage de Tala dans ses mains. « Et nous connaissons notre ennemi. Comment pourrions-nous perdre, mon amour ? »


Eh bien, comme le titre du chapitre le suggère, le Temps Est Venu. Cela sera le dernier chapitre avec un « conseil » pendant un moment, et il y aura probablement de nombreuses batailles et conflits dans les prochaines publications.

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A plus !

Nephariel

Cette fanfiction appartient à Tusken1602.