Si le climat de Fiore n'était pas paradisiaque, celui d'Iceberg pouvait être décrit comme infernal. La température était à plusieurs dizaines de degrés sous le zéro et le vent hurlant ne faisait rien pour alléger la peine des mages perdus dans la neige. Mal préparés, ils n'avaient envisagés qu'un séjour de deux, voire trois jours au plus. Bien que n'étant qu'en plein mois de novembre, il était difficile d'imaginer qu'il puisse faire plus froid sur Earthland, si bien que les habits de voyage choisis par les mages semblaient bien fins alors que le vent s'engouffrait entre les couches de tissu.

Tsura, vidé par le Griffon et nauséeux à cause de la téléportation, gisait maintenant face contre terre, sa capuche remontée sur sa tête dans la chute. Evan était déjà recroquevillée sur elle-même, incapable de bouger, de même que Ryuu, dont la main devant la bouche était le signe de haut-le-cœur la laissant à genoux. Nathaël tapait le dos de la jeune femme, sa main la traversant parfois. Seule Nephilim parvenait à se tenir debout tant bien que mal. Elle engloba alors ses amis dans une large bulle afin de les protéger du vent et passablement du froid.

- Bon, d'accord, on a connu meilleur départ. Mais c'est que du blizzard, ça va se calmer et ça ira mieux après.

Nephilim ne perdait pas son humeur joyeuse et tentait de la transmettre à la troupe, si possible sans magie. Après que le groupe ait repris ses esprits, il se dirigea vers les ruines se trouvant non loin de là. Protégé par le dôme de Nephilim, la marche était lente, mais soutenue et ils ne mirent que quelques minutes à accéder au bâtiment dont seule une petite tour était apparente. Alors qu'ils s'attendaient à pouvoir se mettre à l'abri, les mages firent face à un rempart de bois, bricolé à la va-vite, et obstruant le passage vers l'intérieur. Cet ancien bâtiment semblait donc occupé, ou fraîchement abandonné. Le groupe marqua ainsi un temps d'arrêt, incertain de comment procéder.

- Si on n'entre pas, on va devoir marcher un moment, je vois rien aux alentours. dit Tsura après un rapide regard.

Le groupe fut soudain pris d'un frisson ne devant rien au froid. A leur insu, un garde avait prit place auprès de la porte, conscient de l'arrivée d'intrus venus de nulle part. Avant même d'avoir pu décider quoi faire de cette nouvelle situation, les mages se découvrirent encerclés par une escouade complète surgissant de sous la neige.

Recouverts d'une peau de bête blanche, les embusqués étaient invisibles jusque là. De leurs épées et leurs haches, ils menaçaient les mages, sans pour autant s'en prendre à la bulle protectrice de Nephilim.

- "Ca ira mieux après". dit Tsura d'une voix exagérément aiguë.

- Ho toi, zut !

Seule la situation empêchant Nephilim de dire le fond de sa pensée au dragon du ciel, d'autant que sa voix ne ressemblait pas du tout à l'imitation peu flatteuse du jeune homme. L'attention de tous revint vite sur le groupe armé, des mouvements se faisant voir dans leurs rangs.

Une lance et un bouclier dans le dos, le premier garde se présenta devant les mages, ces derniers s'étant mis en cercle pour garder en vue tous les assaillants. Emmitouflé de la tête au pied dans des fourrures oscillant entre le gris et le marron, il se plaça devant l'imposante bulle de Nephilim. Il abaissa ensuite son cache-col, révélant sa barbe blonde, et s'adressa d'une voix calme et posée.

- Qui êtes-vous ? Pourquoi êtes-vous là ?

Tapant sur l'épaule de Nephilim, Ryuu lui parla à voix basse.

- S'ils sont autant à l'extérieur, ils doivent être encore plus nombreux dans la tour. Il vaudrait mieux ne pas chercher le conflit et leur dire directement pourquoi nous sommes là.

Acquiesçant, Nephilim se tourna vers le garde dont elle jurait qu'il avait hoché la tête, comme s'il avait entendu Ryuu.

- Nous sommes archéologues, et vous occupez des ruines que nous aimerions explorer. Si vous pouviez nous laisser…

Levant la main, le barbu blond leur fit signe de se calmer.

- Vous êtes tous archéologues ? De quel institut venez-vous ?

Cherchant une réponse dans le regard de Ryuu et Nathaël à ses côtés, c'est finalement la femme aux cheveux roses qui s'avança.

- Cet homme et moi sommes archéologues. Mes trois autres amis sont des mages engagés pour notre protection.

Hochant la tête, le blond chercha une confirmation.

- Des mages ?

- Oui, de Fiore.

Acquiesçant, l'homme à la lance se retourna longuement vers la tour. Il poussa ensuite un profond soupir en faisant de nouveau face aux mages.

- Y'a t-il parmi vous des mages maîtrisant des sorts de soin ?

Inconsciemment, Nephilim se tourna vers Tsura, lui-même se tournant vers Evan. D'un hochement de tête, ils décidèrent de la réponse, et c'est le dragon du ciel qui s'avança.

- Cette jeune femme et moi-même en sommes.

- Bien.

D'un rapide geste de la main, le blond indiqua aux embusqués de ranger leurs armes.

- J'ai une requête pour vous. Si vous l'exécutez, je ferai en sorte qu'on vous laisse explorer les ruines, sous surveillance.

Après concertation, les envoyés de Tempesta tombèrent d'accord sur le fait que d'être chaperonnés, en plus d'être un faible prix à payer, pourrait être utile si loin de la guilde et sans espoir de renforts.

Escortés par les guerriers aux fourrures blanches, tous entrèrent dans la tour. En bas d'un large escalier, ils arrivèrent dans une salle remplie de soldats en armures de cuir. De nombreux blessés rendaient la tâche des soigneurs difficiles et la plupart se contentaient de bandages rudimentaires pour empêcher le sang de couler. S'approchant du blond, Nephilim lui parla de manière à ne pas se faire entendre de tous.

- Si vous voulez tous les soigner, ca nous demandera un temps fou.

Regardant la mage, le garde nia.

- Ceux-là s'en sortiront sans vous. C'est quelqu'un d'autre que je veux que vous regardiez, il est plus loin.

Au fond, certains avaient allumé des feux de camp afin d'y faire cuire ce qui ressemblait à un large tigre. Une brume semblait s'être formée dans la salle, indisposant Tsura et Ryuu. Ces derniers pouvaient parier que les odeurs de sueur et de viande grillée n'étaient pas étrangères à cet air opaque. Les nombreux feux de camp avaient comme avantage de rendre la température supportable, si bien que les personnes auparavant dehors pouvaient abandonner leurs lourds habits.

L'homme à la lance se découvrit alors jusqu'à ne plus porter qu'une veste de cuir sans manche, ses cheveux blonds étant tenus en une multitude de tresse se rejoignant à l'arrière de sa tête.

- Suivez-moi.

Accompagné du blond et d'une paire de guerrier blanc, les mages se dirigèrent loin des blessés et des affamés, dans une salle plus silencieuse et plus vide. Le moral des troupes était en berne, à tel point que la plupart n'avait même pas remarqué l'arrivée des invités.

Se tenant les bras, Evan murmura d'une voix tremblante, autant à elle même qu'à Ryuu.

- Qu'est-ce qu'il leur est arrivé ?

- Ils ont certainement combattu il y a peu, et se sont repliés ici en urgence. Mais aussi loin du front ?

Ayant eu vent de la conversation, le blond haussa la voix de manière à être entendu par les deux jeunes femmes.

- Je ne sais pas ce qui se dit à Fiore, mais vous êtes loin d'être en sécurité ici. Le front est à une centaine de kilomètres de la capitale, et à peine trois jours de marche d'ici.

- J'ignorais que la situation était aussi désespérée.

- C'est bien pour cela que j'ai, que nous, avons besoin de votre aide.

Arrivés devant une arche où un grand drap sale tenait lieu de porte, le blond se mit en travers du chemin, empêchant le passage.

- Désolé, mais à partir d'ici j'aimerai que seuls les soigneurs entrent.

Être ainsi séparé ne plaisait à personne, particulièrement pas à Ryuu. Elles ne connaissaient pas les intentions des soldats d'Iceberg et voir Evan isolée ne lui disait rien de bon.

- Puis-je entrer avec eux ?

Les yeux clos, le blond nia d'une mouvement de tête.

- Je sais ce que vous pensez, et je suis dans le même cas. Je ne peux pas me permettre de tous vous faire entrer à l'intérieur, dites vous simplement que si vous soignez la personne qui se trouve derrière moi, tout se passera sans complications.

Ryuu s'apprêtait à négocier davantage lorsqu'elle sentit la main de Tsura sur son bras.

- Ne t'inquiète pas. Je serai à l'intérieur avec elle, s'il y a un problème, on serra vite dehors. murmura le Chasseur pour ne pas être entendu.

Le timide sourire sur le visage du dragon céleste ne faisait rien pour rassurer Ryuu. Une fois déjà elle avait cru perdre son amie lors de leur première mission, elle ne souhaitant donc pas que cela puisse se reproduire. Elle était la seule suffisamment rapide pour sortir Evan d'ici en cas d'attaque et ignorait si Tsura pourrait en faire de même.

Faisant fi des remarques infantilisantes de ses camarades et afin de prouver qu'elles étaient infondées, Evan fit un signe de tête au blond et entra seule dans la salle derrière lui. Elle n'y vit qu'un homme allongé sur un drap sale. Ce dernier était recouvert de bandages d'appoint faits d'habits déchirés, et ils n'étaient pas suffisamment pour couvrir les blessures de ses épaules ou de son visage recouvert d'une épaisse barbe noire.

Alors qu'elle regardait la lente respiration de l'endormi menacer de faire s'ouvrir la moindre plaie, Evan fut sortie de sa rêverie par une voix cristalline.

- Ver ert zhu ?

Une femme aux longs cheveux blonds était adossée dans le coin de la salle. Elle s'avança vers la mage du vent, la dominant d'une tête en plus d'être plus large d'épaule. Incapable de communiquer avec la blonde, Evan commença à reculer lorsqu'elle la vit brandir son épée à la lame de pierre et le bouclier qui tenait à ses pieds. La mage de Fairy Tail se figea sur place, refusant de faire un pas de plus en arrière et tenta, du mieux possible, de paraître inoffensive.

Voir l'intruse immobile fit douter la guerrière blonde. Elle se contenta donc pendant quelques instants de la tenir en joue, jusqu'à ce qu'un visage familier n'entre dans la salle.

- Kavlin ! Fara ì sverd.

D'une voix forte, le garde fit signe à Kavlin de se calmer. Cette dernière ne l'entendait pas de cette oreille et continuait de pointer son épée vers Evan.

- Vi ókunnig-folker buar in ùr stadr Sigvid ?

Montrant Evan de la main, Sigvid, s'avança, de manière à passer devant la brune et la protéger d'une attaque.

- Zerr wiljarun laekna Stahird. Ég gaeta zéi.

La tension retombait dans le silence. Le regard de la blonde hésita entre l'alité et le garde pour finalement s'arrêter sur Evan, puis l'épée regagna son fourreau en même temps que sa propriétaire retournait dans son coin en faisant non de la tête.

- Zhu takt sikr.

Signifiant une dernière fois sa désapprobation, la femme à l'épée resta à l'écart, ne lâchant pas Evan et Tsura des yeux. Sigvid se retourna finalement vers les deux soigneurs.

- Ne vous inquiétez pas pour elle. Kavlin est l'aide de camp du Stahird, et elle n'est pas très rassurée de savoir que des étrangers sont là. Elle sera avec moi pour vous surveiller.

Evan s'attelait déjà à la tâche, lentement, afin de ne pas éveiller de soupçons chez Kavlin qui, bien qu'ayant les bras croisés, avait l'air prête à bondir. L'homme qu'elle s'apprêtait à soigner était pâle, couvert de sang, de pus et de bandages, si bien qu'elle ne savait pas où commencer. Lui retirant doucement ses bandes de lin, Evan se mordit les lèvres, comme pour s'empêcher de crier. Le sang collait au tissu et il devenait difficile de les retirer sans arracher une partie des plaies qui cicatrisaient déjà. Avec tant de dégâts, la jeune femme peinait à comprendre comment il avait pu survivre jusque là. Elle remarqua alors que sur certaines plaies, une pellicule de glace s'était formée, empêchant le saignement, et permettant au blessé de rester étanche et de respirer.

Tsura pensait que l'aide qu'il pourrait apporter ne serait que morale, aussi s'agenouilla-t-il auprès de la brune. Ses sorts de soin n'étaient prévus que pour lui. Il aurait pu se guérir de l'assaut qu'avait visiblement subi le chef de guerre, mais soigner autrui était différent et le dépassait. Il se tourna donc vers Sigvid, curieux d'en apprendre plus.

- Pourquoi parlez-vous fioréen ?

- J'étais noble avant la guerre. On m'a donc envoyé dans les plus grandes écoles d'Iceberg et d'ailleurs. J'ai fini par faire un triennat à Tempesta, une école militaire de Fiore.

Ses yeux grands ouverts, Tsura voulait s'assurer qu'il s'agisse bien de la même école

- Vous avez été à Tempesta ? La guilde au bâtiment blanc ?

Pris d'un certain intérêt, Sigvid afficha un éphémère sourire et se tourna vers Tsura. Il sentit sur lui un regard froid lui faisant changer d'avis. Droit et la tête haute, il demeura de marbre pendant qu'il continuait sa discussion à voix basse, conscient que Kavlin ne comprendrait pas ce qu'il dirait.

- Ça fait longtemps que tu es dans cette guilde ?

- Trois ans dans quelques mois.

- Ah ? Donc tu as bientôt fini ta formation. Tu sais déjà où tu seras affecté ensuite ?

Étouffant un léger rire, Tsura leva la tête vers Sigvid.

- Non, je vis là-bas. Le Directeur a accepté de m'accueillir quand ma guilde a été… dissoute.

- Quel dommage. Pour quelle raison ?

- L'Empereur ne semble pas apprécier que des mages qui ne l'écoutent pas se rassemblent. Alors il a envoyé ses chiens du Dark Chess pour s'occuper de nous.

Le ton d'abord moqueur de Tsura se remplissait de plus en plus de haine, si bien qu'il attirait malgré lui le regard de Sigvid.

- Donc il a révoqué votre loi interdisant les mages pour n'autoriser que ceux qui lui ont juré fidélité? Habile. Pas étonnant qu'il ne suscite aucune rébellion avec une telle armée personnelle.

La bouche entrouverte, Tsura regardait fixement Sigvid. Ce dernier s'assurant de la réaction du dragon par de furtifs regards en coin.

- Vous admirez un homme comme lui ?

Réprimant un sourire Sigvid se contenta d'observer la guérison du Stahird, les cicatrices encore humides laissant place à de la peau qui commençait à reprendre des couleurs.

- Mais qu'a-t-il fait pour s'attirer autant de haine ? S'il s'agit de votre guilde, ne saviez vous pas que la loi vous l'interdisait ? Il n'a rien fait de mal en vous empêchant de continuer...

Tsura cherchait ses mots, les dents serrés par les horreurs dont il avait entendu parler. Le nombre de persécutés, de prisonniers, de morts était trop grand. Peut-être qu'en égratignant un peu l'image de l'Empereur à l'extérieur, cela pourrait lui nuire. Il n'eut cependant pas à le faire, Sigvid se tournant vers lui, lui montrant un sourire compatissant.

- Votre guilde n'a pas été dissoute, n'est-ce pas ?

Le mage de Tempesta se limita à faire non de la tête, les yeux vers lui une couverture qui lui servirait de coussin, Sigvid s'assit auprès du Stahird et fit signe à Tsura d'en faire de même. Ce dernier prit cependant place auprès d'Evan. Les mains tremblantes de la jeune hésitaient, ne savaient plus sur quel blessure s'attarder.

- Quelque chose ne va pas ?

Niant de la tête, Evan n'était pas rassurante pour autant. Elle oscillait entre Tsura et son patient, le visage se décomposant peu à peu.

- Il a trop de blessures grave, j'ai pas le temps de toutes les refermer, et en plus il était gelé avant, mais la le sang va recommencer à couler, et en plus j'ai même pas encore regardé les plaies dans le dos.

- Recule tes mains, imagine que tu les poses sur un dôme et que tu dois le remplir avec ta magie.

- Tu dis ça comme si c'était simple.

Le dragon du ciel savait bien à quel point c'était difficile, il avait mis des jours avant de parvenir à le faire, il se tenait donc prêt à prendre le relai lorsque Evan allait le lui demander. Elle aurait d'autres occasions de tenter sa chance.

Les yeux clos, la jeune femme mit doucement ses mains en place selon les indications de Tsura. Un courant d'air qui ne pouvait venir de nulle part caressa sa peau. Ce qui n'était autrefois qu'un pressentiment devint un frisson, un murmure. Elle sut alors que Sigvid s'était approché pour les superviser, et que Kavlin avait desserré les bras pour mettre une main sur son épée, ses pas hésitant l'amenant tout juste derrière elle.

Elle sut que ses compagnons se tenaient toujours debout derrière le rideau, que les hommes d'Iceberg continuaient de souffrir en silence. Elle vit où se trouvait les escaliers qui menaient à la surface, et ceux s'enfonçant dans les profondeurs. De ce gouffre ne provenait pas de murmure, mais un grondement, une plainte qui semblait ne pas cesser. Elle sut alors que quelque chose se trouvait dans les profondeurs. Elle sut qu'il ne fallait pas y aller.

- Evan ?

Reprenant ses esprits, la jeune femme femme ne savait pas comment raconter ce qu'elle avait ressenti dans les ruines en contrebas et fixa ses bras, horripilés.

- Tu es sûre que tout va bien ?

Tsura s'attendait à ce qu'Evan échoue, mais il n'avait senti aucun essai malgré la tension qui se lisait sur le visage de la mage de Fairy Tail.

- Oui pardon, j'ai eu un blanc.

Les mots échappant à la jeune femme, elle tentait de se concentrer sur sa tâche actuelle. Les souterrains étant la prochaine destination du groupe, elle pourrait parler de ce qu'elle avait senti plus tard. Cependant, dès lors qu'elle fermait les yeux pour , elle se trouvait de nouveau dans les souterrains. A détecter les mouvements de ce qui s'y trouvait. De forme vaguement humaine, elle semblait errer dans les couloirs, sans but précis.

Après quelques secondes, l'entité commença à s'agiter et devint frénétique, somme si elle se savait observée. Lançant dans toutes les directions ce qui ressemblait à de larges tentacules, elle fit s'écrouler une partie des murs, secouant l'entièreté de la bâtisse.

- Vad erta tet broati ?

Branle-bas de combat, tous les iceberis se saisirent de leurs armes, y compris Kavlin. D'un rapide signe de la main, elle signifia à Sigvid de rester à l'intérieur avec les deux mages du vent. Le blond n'eut pas le temps d'acquiescer que l'aide de camp était déjà dans la pièce principale, criant des ordres à ceux qui s'y trouvaient.

- Attendez ! Ce n'est rien !

Tous sourds aux remarques d'Evan, les soldats quittèrent la tour et firent des rondes pour découvrir l'assaillant. La salle du blessé envahie par un profond silence, Sigvid fit signe à Evan de continuer.

Soulagée du regard de la blonde, Evan se trouvait étrangement mieux. Les yeux clos une ultime fois, la mage de vent s'imagina les mais posé sur une cloche de verre. Elle fit apparaître un cercle magique qui éclaira le corps du Stahird d'une douce lumière blanche. Du cercle se déversa une fine brume blanche qu'Evan fit tourbillonner pour la garder dans le dôme, au grand étonnement de Tsura. La brise créée soulevait les vêtements que portait encore le guerrier au sol pendant que ses plaies se refermaient de concert. Tsura demeurait bouche-bée, Evan réussissant du premier coup ce qu'il avait mit plusieurs jours à accomplir. Il préféra donc minimiser son échec, se disant que les sorts curatifs ne sont pas son atout majeur.

Après quelques instants sous le dôme blanc, les plaies n'étaient plus que des cicatrices et seul un soupir de Sigvid amenait du bruit dans la salle. Bien que toujours dans le coma, le Stahird semblait maintenant dormir plutôt qu'être aux portes de la mort. Posant une main sur la joue du blessé, le blond hocha la tête en se tournant vers Evan.

- Il est encore froid, mais je pense que le danger est écarté.

Il se leva ensuite et s'empara des quelques couvertures qu'il plaça sur le grand brun, un éphémère sourire satisfait s'immiscant sur son visage.

- Voilà qui est fait. Maintenant occupons nous de ce qui se passe dehors. Si vous voulez bien me suivre.

Hâtif, Sigvid était bien vite redevenu sérieux et tenait écarté le rideau menant à l'extérieur. Les seuls encore présents dans la pièce adjacente étaient le reste des mages entourés de gardes, au cas où l'attaque serait une diversion. D'un mouvement de tête, Nephilim demanda à Tsura comment tout s'était passé. Ce dernier, d'un pouce levé, rassura la jeune femme qui à son tour le fit savoir aux autres mages.

Donnant l'ordre aux gardes de le suivre, Sigvid menait la troupe à l'extérieur. Il fut cependant vite rejoint par Evan, qui, en courant, avait surpris les soldats qui l'arrêtèrent donc manu militari.

- Monsieur, excusez-moi, mais la secousse ne vient pas de l'extérieur, mais des ruines en dessous.

Marquant un temps d'arrêt, Sigvid se retourna vers la jeune femme puis fit signe aux gardes de la lâcher.

- Comment le sais-tu ?

Le regard inquisiteur de l'homme à la lance fit s'évanouir la confiance d'Evan, d'autant qu'elle était sûre que ses arguments seraient balayés.

- Je l'ai senti, avec ma magie.

Sigvid commença alors à se frotter le pourtour de la bouche en regardant vers le plafond, pensif.

- Cela expliquerait pourquoi les sentinelles n'ont rien vu. Suivez moi tout de même, ne les laissons pas chercher dans le froid.

A l'extérieur, il était difficile de ne pas voir Kavlin et ce malgré le blizzard. La blonde supervisait les recherches, pointant les zones à vérifier. Arrivant auprès d'elle, Sigvid l'appela afin de lui faire part des découvertes d'Evan.

- Ta iuner venna geta sà broati ert in undirjard.

Acquiesçant, Kavlin ordonna à tous de rentrer. Les recherches infructueuses et l'extérieur de la tour intacte rendaient la jeune épéiste plus encline à croire les dires d'Evan. Une fois rentré, Sigvid alla chercher deux hommes et leur demanda de se préparer à descendre. De retour auprès des mages, Sigvid emporta avec lui sa lance bleue.

- Je vais descendre avec vous. Botvar et Iogeff sont les hommes en qui j'ai le plus confiance, si danger il y a, restez derrière eux et ne les gênez pas. dit le blond en pointant deux personnes du doigt.

Le premier, Botvar, était un homme carré à la tête chauve mais dont la fierté se tenait dans sa drue barbe noire ornée de multiples rubans, signes de ses victoires en combat. Dans sa main se tenait le pommeau d'une épée longue reposant le long de son bras et dépassant son épaule d'une coudée. Il portait également à sa ceinture une épée courte en plus d'un bouclier attaché dans son dos. Iogeff, visiblement plus jeune et plus fin était coiffé d'un duvet roux et d'une unique tresse, partant de son front et arrivant entre ses épaules. Il ne portait qu'une épée courte et d'un bouclier et menait le groupe dans la descente.

Les escaliers imposants avaient permit aux soldats de placer leurs quelques bêtes de trait dans les étages inférieurs. Enfin débarrassé des relents de bois brûlé, les mages furent ensuite attaqués par les exhalaisons de ce qui ressemblait à d'énormes boucs aux pattes trapues. Leurs cornes noires, pareils à des arbres morts parés de cordes et de bagages, laissaient croire que l'arrivée était récente ou le départ imminent.

Fermant la marche, la mage de vent se triturait les doigts et regardait fixement le bas de l'escalier, pensant voir la créature surgir à chaque instant. Voyant bien qu'elle était troublée, Ryuu la rejoignit et entama la conversation.

- Evan ? Est-ce que tu sais ce qui a causé les secousses ?

- Ca ressemblait à un homme, mais il avait l'air agité. Il s'est énervé et a commencé à attaquer les piliers.

- Il y a un mec au fond des ruines ?

Grâce à son ouïe fine, Tsura n'avait rien raté de la conversation.

- Si quelqu'un se trouve ici-bas, il doit y être depuis plusieurs jours. Personne n'est allé plus bas que les étables.

- Je ne sais pas si c'est un humain, c'était bizarre…

- De toute façon, nous verrons bien une fois en bas. Pressons !

Bien aidé par une lumière d'origine inconnue, la descente fut rapide. Les escaliers laissèrent place à ce qui semblait être une avenue. De part et d'autre, des maisons étaient taillés à même la roche cendrée. Les habitations superposées s'étendaient jusqu'au plafond, à plusieurs dizaines de mètres du sol, l'accès étant permis par des escaliers sur la façade.

Comme à son habitude, Nathaël arborait ses yeux d'enfants tout en gardant une façade digne.

- Bien, c'est ce que nous avions prévu. Ce sont des habitations. Espérons que nous trouverons leur temple plus loin.

- Je t'en supplie, dit-moi qu'il n'y pas d'énigmes ou de labyrinthe.

Après avoir tenté d'attraper les épaules de Nathaël, et d'être passé à travers, Nephilim fit de même avec Ryuu, espérant que cela ne se remarque pas. Le mauvais souvenir des ruines précédentes était encore présent chez la mage aux bulles et elle espérait que cette sortie soit plus excitante.

Après un vif regard vers le revenant Ryuu parvint difficilement à articuler quelques mots en fixant les yeux verts de la mage brune.

- N-Normalement non, il ne devrait rien y avoir de spécial.

- Oh merci !

Prenant Ryuu dans ses bras, Nephilim la sera autant qu'elle put. Ne sachant pas comment réagir, Ryuu se contenta de lui tapoter le dos en attendant d'être libérée. Ne prêtant pas attention au reste du groupe, Tsura humait l'air. Il tentait de faire abstraction de l'odeur de pierre humide, mais c'est vite une autre senteur qui lui bouchait les narines. De la chair pourrie, du souffre également, l'odeur était si horrible que Tsura se retrouvait à genoux, des hauts le cœur le paralysait et ses poumons semblèrent vouloir se vider de tout l'air malsain.

- Evan. J'ai trouvé ton gars.

- Dans quelle direction ?

Tsura luttait pour reprendre sa respiration, il ne pouvait pas parler. Il avait les deux mains sur le sol pour ne pas s'écrouler, il ne pouvait même pas pointer l'origine de l'odeur.

- Je pense qu'il est par là.

L'odeur avait fait son chemin jusqu'à Ryuu, elle se chargea donc d'orienter le groupe vers la cible, ou la zone à éviter.

- Maintenant c'est à vous de choisir messieurs dames. Soit nous explorons, soit nous réglons le problème dès maintenant.

Par précaution, Sigvid avait déjà sorti sa lance et son bouclier. Il attendait maintenant les instructions des mages. Evan et Nephilim se regardait mutuellement, de même que Ryuu et Nathaël.

- Si nous trouvons le temple, nous n'aurons peut-être pas à croiser cette entité.

L'archéologue se voulait prudent, de même qu'Evan qui, bien que restant silencieuse, remerciait le ciel que Falcon ne soit pas là, car il aurait certainement voulu voir de quoi il s'agissait.

- Il faudra bien s'en occuper. Tôt ou tard. Alors autant le faire quand nous sommes nombreux.

Ses forces lui revenant peu à peu, Tsura se montrait moins précautionneux. Une fois débarrassé du problème, ils auraient tout le temps nécessaire pour explorer, sans avoir peur d'être attaqué par un être inconnu.

- Si on pouvait rentrer à la guilde sans combattre, ça ne serait pas plus mal.

- On ne sait même pas à quoi on a affaire. Qui nous dit qu'on pourra s'en occuper ?

Tentant du mieux possible de répondre à Nephilim et Ryuu, Tsura ne démordait pas que détruire ou neutraliser le problématique monstre serait une meilleur solution, autant pour les mages que pour les soldats.

- On ne va pas laisser un truc pareil alors qu'ils vivent trente mètres au-dessus.

- Si vous êtes si inquiets pour nous, on pourrait pour le moment chercher ce temple. Si nous le trouvons, nous pourrons ensuite nous occuper du problème, si nous ne le trouvons pas, il faudra de toute façon aller vers lui.

Sous l'impulsion de Sigvid, le groupe s'éloigna de la créature et s'enfonça entre les maisons-piliers. L'endroit était monotone, les mêmes tours se succédaient constamment et seules quelques décorations apportaient du changement dans le paysage. Des arches entre les piliers portaient de larges inscriptions démarquant les différents quartiers.

- Nous ne devrions pas tarder, nous avons pris le bon chemin.

D'une voix enjouée, Nathaël menait les mages et soldats comme un professeur menait ses élèves à une sortie, se targuant d'un commentaire dès qu'une pierre sortait de l'ordinaire. Il comprit vite qu'il était le seul à s'y intéresser et ne continuait de parler qu'à Ryuu.

- Qu'a t-il bien pu leur arriver ?

- Mon père pensait qu'ils avaient simplement quitté les tunnels et s'étaient installés à la surface.

- Ca ne tiens pas, pourquoi une telle régression ? Je ne crois pas qu'ils soient partis, il leur est arrivé quelque chose.

- Et quoi ? Pas de maladie, pas de guerre. Tout est en parfait état. Il n'y a même pas de cadavre. On dirait qu'ils ont simplement disparus

- Je l'ignore, je me pencherai plus tard sur la question, même s'il me semble que rien n'indique cela dans ce que j'ai recopié.

La discussion des deux jeunes gens les mena jusqu'au pied d'un large escalier. Sachant leur destination proche, Nathaël et Ryuu l'empruntèrent, suivi du reste du groupe, jusqu'à passer au dessus des tours. Peu à peu, la lumière naturelle qui régnait jusque là laissait sa place à une lumière blanche, bien plus austère. L'escalier était surmonté par un imposant chaudron et encadré par deux gigantesques statues qui semblaient se prosterner devant la procession. La lumière, jusque là d'origine inconnue se faisait de plus en plus intense durant l'ascension, si bien qu'au sommet, c'est un aveuglant soleil aux rayons d'argent qui se chargeait de plisser les yeux des explorateurs.

Flottant a une centaine de mètre de haut dans un puit creusé au plafond, l'orbe de lumière était admiré par deux nouvelles statues qui lui présentaient des offrandes. Les sculptures de pierre s'appuyaient sur un épais bâtiment de pierre blanche.

Un large sourire aux lèvres, Nathaël fixait le soleil d'argent des yeux.

- Nous y voilà.

- Cet endroit pourrait abriter la moitié d'Iceberg, les réfugiés, les soldats, les nobles.

Tournant sur lui même en regardant ce qu'il l'entourait, Sigvid tentait d'imaginer le nombre de place disponible ici-bas. Des centaines, des milliers de personnes pourraient trouver refuge dans les ruines. Il pourrait même créer un autre pays, annexe à Iceberg.

- S'il vous plaît, n'utilisez pas ces ruines pour vos besoins militaires.

Quittant sa transe, Nathaël s'était tourné vers l'homme à la lance. Le fantôme se voulait ferme, aussi fixait-il le blond, attendant que ce dernier se tourne vers lui.

- Et pourquoi pas ? Son emplacement est idéal, l'endroit est facilement défendable, et personne ne s'attendrait à de telles ruines en sous-sol.

Ne remarquant pas le regard de l'archéologue, Sigvid continuait de regardait les alentours, imaginant déjà où pourraient se poster les gardes, où siégerait le roi et les généraux. La lumière du soleil d'argent pourrait même servir aux cultures, les remontées ne serviraient donc qu'à attaquer Pergrande. Assurément, ils seraient pris par surprise en voyant une véritable armée sortir de nulle part.

- C'est pour ça que vous ne pouvez pas vous en servir, personne ne sait qu'elles existent, ce qui explique qu'elles soient encore en si bon état. Quand vous les habiterez, vous attirerez les yeux sur elles, et elles seront détruites, à petit feu.

D'un lent mouvement, Sigvid se mit face à Nathaël, baissant simplement les yeux pour le regarder.

- Si c'est le prix à payer pour qu'Iceberg survive, alors soit !

Bien que Nathaël n'ait pas baissé les yeux, ils avaient maintenant comme un air de détresse. Le sourire de l'archéologue s'était fait compatissant, comme s'il prenait pitié de son interlocuteur.

- Ces ruines ont survécus à tous les empires, elles continueront ainsi.

- Vous ne comprenez pas à quel point elles peuvent nous rendre service.

- Elles ne vous appartiennent pas, vous n'avez pas à décider quoi en faire.

- Ces ruines sont sur le territoire d'Iceberg, elles sont à nous et nous en feront ce que nous voulons.

- Je me demande bien ce que peux vous amener d'être si égocentrique.

- Je veux sauver mon pays, j'utiliserai les moyens qu'il faut.

Inconsciemment, les deux hommes s'étaient rapprochés à chacune de leurs répliques, si bien qu'ils se trouvaient maintenant à portée de main.

- Iceberg se meurt, et vous n'entraînerez pas cet endroit dans votre chute.

C'en était trop pour le lancier. Son arme dégainée, il la projeta vers Nathaël alors qu'elle s'entourait d'éclairs bleus. Trop lent pour éviter, l'archéologue se cacha derrière ses bras, espérant que les sacrifier lui permettrait de survivre. Un fracas de tonnerre emplit la salle et la lance de Sigvid s'arrêta nette.

Ryuu tenait la base de la pointe dans sa main, sa foudre se mêlant à celle de la lance, ce qui n'avait pas échappé à Sigvid.

- Vous êtes quoi ? Archéologues ou mages ?

Le blond ne lâchait pas la jeune femme aux cheveux rose des yeux. Les soldats l'accompagnant s'étaient eux aussi mis sur leurs gardes et avaient sorti leurs armes. En réponse à cela, Tsura et Evan tendait leur main vers l'adversaire le plus proche, attendant le moindre mouvement pour générer un cercle magique et attaquer. La situation bien trop tendue pour elle, Nephilim s'approcha de Sigvid, et le fixa de ses yeux luisant d'un éclat rouge.

- On va se calmer, et on va discuter un peu, d'accord ?

D'un geste de tête, Nephilim fit lâcher prise à Ryuu et laissa Sigvid ranger sa lance.

- Est-ce qu'on pourrait d'abord s'assurer que les ruines sont sûres avant de décider ce qu'on en fait ?

Le risque de conflit n'étant plus immédiat, la mage aux bulles pouvait entamer la discussion entre les deux parties.

- Vous nous aviez promis votre aide pour notre exploration. On a fait ce que vous aviez demandé en contrepartie.

- Vous nous avez menti, combien d'entre vous sont mages ? Sur quoi d'autres ne m'avez vous pas tout dit ? Y'a t'il seulement la moindre personne autre que nous dans les ruines ou bien est-ce un mensonge pour nous manipuler ?

- Dans notre pays, les mages sont illégaux.

- Oui, je suis au courant. dit Sigvid en jetant un regard vers Tsura.

- Ce n'est pas que nous voulions vous le cacher, mais c'est une habitude.

Le blond fit alors signe à Nephilim d'attendre avant de faire quelques pas en arrière, rejoignant les soldats qui ne comprenaient pas la discussion.

- Vous êtes tous mages ?

- Oui, sauf celui à lunettes que vous avez voulu embrocher. Mais c'est un fantôme.

Après un léger mouvement de recul, l'homme à la lance passa son regard sur Nathaël de haut en bas, s'attendant certainement à voir que ses jambes n'étaient que fumée. Voyant que ce n'était pas le cas, il se tourna de nouveau vers Nephilim.

- Je vous demande pardon ?

Ryuu passa sa main au travers du torse de l'archéologue. La déception envahit alors le visage de Nathaël, comme s'il s'attendait à ce que tout redevienne comme avant. Pantois, l'iceberi se tourna vers Nephilim.

- D'accord. Bien. Concernant la créature, existe-t-elle réellement ? Un simple hochement de tête fut la seule réponse offerte par Nephilim. Tsura étant visiblement le seul au courant, il s'adressa au blond en se couvrant le nez.

- Elle semble se tenir tranquille pour le moment.

Sigvid se retourna vers les deux gardes et leur expliqua la situation. Nephilim poussa un profond soupir et baissa la tête, les pierres auparavant blanches comme neige étaient maintenant tachées de rouge. Ryuu était en train d'enrouler sa main dans un bandage qui était déjà imbibé du liquide chaud et collant.

- Tu ne veux pas que je m'en occupe ? Dit Evan d'une voix douce.

- Ne t'inquiète pas, garde tes forces pour plus important.

La mage de foudre n'avait même pas accordé un regard à sa camarade, occupée à nouer son pansement, bien trop serré pour le confort. Elle ne remarqua donc pas Nephilim s'approcher d'elle.

- C'aurait été mignon si c'était pas un fantôme que tu avais sauvé.

- Il vaudrait moins que nous parce qu'il est déjà mort ?

- Non, pas du tout.

Une bulle dans les mains, Nephilim la lança vers Nathaël qui fut traversé de part en part avant que la sphère n'éclate sur le mur au loin.

- Mais bon… Oublie ce que j'ai dit.

Après un sourire malicieux, Nephilim se retourna vers la porte du temple, prochaine destination du groupe.