Comme à son habitude, Genuaus marchait à travers Dendlion. Le village entourant Tempesta ne pouvait pas être décrite comme agitée. La plupart de ses habitants étant des membres de la guilde, et donc au cours de la journée, seule quelques âmes erraient dans les rues, c'était donc peu commode pour le vieil homme de faire son travail. Mal à l'aise, il monta donc dans l'un des nouveaux bus, qui étaient en fait les mêmes que ceux qu'il avait connu dans sa jeunesse, le même moteur magique déficient, le même plancher gondolé laissant voir le sol par endroit, et les mêmes sièges en bois mal poncés, si bien qu'il préféra rester debout.

L'arrivée à Crocus se fit plus d'une heure plus tard. Le journaliste prit le temps de se reposer les jambes sur les bancs de la ville, le temps d'en admirer les immeubles de métal qui avaient remplacés les vieilles bâtisses du centre ville. Seul le Palais Mercurius avait été conservé, bien qu'il avait perdu de sa superbe, entouré de bâtiments presque aussi hauts que lui. Malgré lui, le regard de Genuaus se figea sur le perchoir, un étage ajouté au sommet de l'aiguille du Mercurius. L'endroit où logeait l'Empereur.

- T'as vu la gare d'Hargeon ?

Au loin, un couple approchait du mage de Tempesta, le sortant de sa rêverie.

- Ouais, c'est dingue qu'elle ait explosé, c'est fou.

- Mes parents étaient partis là-bas pour leur retraite, mais maintenant ils veulent revenir sur Crocus.

- Avec l'Échiquier, y'a moins de risques mais bon, les mages sont fous, on sait jamais où ça va tomber.

Genuaus ne put s'empêcher d'étouffer complètement son rire, ce qui fit trembler ses lèvres. L'"Échiquier". Sans doute que Dark Chess n'était pas assez rassurant, simplement renommer une ancienne guilde noire suffisait à faire croire que c'était une force pour le bien maintenant. Le pire c'est que ce n'était même pas une information confidentielle, tous ceux qui cherchaient pouvaient le savoir, mais apparemment, les gens ne s'informaient pas, lui oui.

- Y'a pas de quoi rire. Y'aurait pu avoir des morts. l'interpella le jeune homme, assez jeune pour être son petit-fils.

- Oh non, ce n'est pas pour ça. Mais est on sûr que ce sont des mages qui ont fait le coup ? demanda le journaliste.

- Qui d'autre ça pourrait être ? En plus l'Échiquier a trouvé des fragments de lacrima sur les lieux. dit la jeune femme.

- Tout le monde peut se procurer une lacrima, même vous.

- Mais pourquoi on en achèterait une ? répondit la jeune femme en secouant sa tête grimaçante.

- Et pourquoi eux le ferait ? Pourquoi des mages feraient exploser la gare ?

- Pour faire peur. J'en sais rien.

Genuaus afficha un sourire compatissant et haussa les sourcils.

- Voilà. Peut-être qu'ils n'ont rien fait.

Décidant qu'ils avaient déjà perdu trop de temps, le jeune homme tira sa compagne et quitta les lieux pendant que les yeux de cette dernière restèrent sur le vieil homme.

Ses forces retrouvées, il se leva et prit le chemin des vieux quartiers, délaissés par le Dark Chess, certains qu'au fond de ces ruelles on parlerait plus librement. Parmi toutes les enseignes de la vieille ville, il y'en avait une que le mage connaissait bien, puisque c'était lui-même qui avait suggéré à Laudriz de mettre un place un relai ici, car l'Occultis n'était accessible qu'à peu de personne, l'Atelier.

A l'extérieur, Genuaus entendait l'agitation au sein du café. C'était loin d'être rare, mais à ce point, c'était exceptionnel. La cause de ce bruit était un jeune homme aux cheveux couleur paille attaché par un cerf-tête en cuir.

- Il y a bien quelqu'un qui les connaît non ? Une brune qui s'appelle Nephilim et un mage de feu qui s'appelle... Elyon ?

Certains essayaient de le faire taire, bien conscient qu'il allait s'attirer des ennuis, mais avec l'énergie du désespoir, il se défit sans mal de ses agresseurs, même des plus imposants. Le plus grand des clients, un géant dépassant le blond de plus de trois têtes. Aleam passa ses bras sous ceux de l'agitateur et le leva du sol, mettant fin au chaos. Genuaus observa, comme au ralenti, le géant faire une lune et se retrouver le dos sur le sol dans un fracas qui fit taire l'ensemble de la pièce. Seule la respiration haletante de l'inconnu emplissait la salle.

Profitant de la confusion, Genuaus attrapa la main du blond et le tira hors de l'Atelier, lui évitant des représailles. Fatigué de s'être débattu, il se laissa faire et les deux se retrouvèrent vite loin des regards et oreilles indiscrètes.

- Laissez-moi, j'ai besoin d'aide.

Le vieil homme lui mit les mains sur les épaules.

- Qu'est-ce qu'il t'arrive mon garçon ?

Les yeux verts du jeune homme se remplirent de larmes, il avait pourtant entendu dire qu'ici, il trouverait de l'aide, mais jamais personne n'avait daigné l'écouter.

- On est attaqué, aux Monts du Silence, le Dark Chess a envoyé une troupe chez nous, mon père m'a ordonner de chercher du secours, mais je n'ai personne qui…

- Calme-toi. Je connais Nephilim, je peux t'aider.

La respiration saccadé du jeune homme se calma enfin, et il accepta de suivre Genuaus. Le trajet du retour fut tout aussi long et inconfortable qu'à l'aller, ce qui était le dernier des soucis du blond.

- Tu ne dois pas hurler que tu recherches des mages sur tous les toits. Ca pourrait se passer bien plus mal qu'aujourd'hui. dit Genuaus

- J'étais sûr qu'il y en aurait un et j'ai paniqué quand personne n'a voulu m'aider.

- Ce n'est pas qu'ils n'ont pas voulu, même s'ils le pouvaient, personne n'aurait avoué être un mage sans savoir à qui il avait à faire.

le jeune homme resta silencieux pendant le reste du voyage, se triturant les mains pendant de longues minutes avant qu Genuaus ne lui dise de descendre. Le plus discrètement possible, ils entrèrent dans la guilde, et se dirigèrent vers le bureau de Laudriz, le vieil homme préférant laisser l'invité en arrière, par précaution.

- Haze a des capacités exceptionnelles. Il fait semblant pour éviter certains exercices, mais il a des capacités qui dépassent de loin celles de certains soldats. Et son talent avec les armes de jets est incroyable, je doute fort qu'il n'ait pas eu une formation auparavant. dit Vazchel.

- Que prévois-tu ? lui demanda Laudriz.

- J'ai des manoeuvres prévues dans les montagnes demain, s'il fait partie de ceux qui le termine, je ne vois pas l'intérêt de le garder avec nous.

- Bien, pour les autres, comment se–

Genuaus entra sans s'y être fait inviter.

- Monsieur, j'ai quelqu'un qui nous demande de l'aide. Eleyon, Nephilim et les autres l'ont apparemment rencontré lors de leur mission aux Mont du Silence. Ils ont subi une attaque du Dark Chess et semblent en mauvaise posture. J'ignore si c'est vrai, mais je préférais vous en parler avant.

Laudriz prenait la question au sérieux. Tempesta et Fairy Tail étaient isolées, elles avaient besoin d'alliés, et ce qui restait de l'Inquisition aurait été le bienvenue. Cependant il était également possible que tout cela n'était qu'un piège.

Pendant ce temps, Eleyon, revenu la veille de sa réunion avec Akamura croisa le jeune homme, perdu, qui faisait les cents pas dans le hall de la guilde.

- Danir ?

Le dénommé tourna la tête vers le mage de feu, heureux de trouver enfin un visage familier.

- Elyon, j'ai besoin de toi.

- Qu'est-ce qu'il t'arrive ?

Après lui avoir expliqué la situation, Eleyon fit signe à Danir de le suivre. Une fois dans le quartier des mages, il fit signe à Shaporo de le suivre. Tous trois prirent la direction du Griffon, et, en quelques minutes, ils se trouvèrent dans le semi-désert, aux pied des monts du silence.

- On a pas de temps à perdre. dit Danir.

Laudriz quittait alors son bureau, préférant rencontrer le jeune homme avant de prendre une décision, il avait envoyé Genuaus chercher Eleyon, afin de savoir si Danir était bien celui qu'il prétendait. Après de longues minutes, le Directeur ne trouvait toujours pas celui qui correspondait à la description qu'en avait fait le journaliste. Il revint sur ses pas, espérant avoir plus de chance avec Eleyon et le vieil homme à ses côtés. Cependant, Genuaus revint lui aussi bredouille, Danir et Eleyon restaient introuvables. Il ne fallut pas longtemps à Laudriz pour comprendre ce qu'il s'était passé.

- Ils sont déjà partis.

Il sentait son coeur battre dans ses tempes et du s'appuyer contre un mur pour ne pas s'effondrer. Au moins cette fois, il savait exactement où ils étaient. Mais il n'y pouvait rien. Il n'avait personne à envoyer, sa seule idée était d'envoyer une troupe, mais c'était impensable. Le temps qu'ils arrivent, tout serait terminé, et utiliser le Griffon pour des soldats n'était pas envisageable, enfin, ce serait une véritable déclaration de guerre contre le Dark Chess, et c'était bien trop tôt. Pour cette même raison, il ne pouvait pas y aller lui-même, d'autant que personne ne pouvait diriger la guilde en son absence et celle de Lioran.

- Un problème ?

Khēlā, ayant aperçu les allers-retours de Laudriz, l'avait suivi, curieux de savoir ce qui se passait.

- Eleyon est parti porter secours à l'Inquisition aux Monts du Silence. Mais je n'ai personne à envoyer en renfort. dit Laudriz en reprenant ses esprits.

- Et j'imagine que si Eleyon est parti, il a emmené Shaporo avec lui.

- Probablement. En temps normal, je n'aurai aucune raison de m'en faire pour Eleyon, mais depuis quelques temps… dit le Directeur en commençant à faire les cent pas.

- Il n'est plus lui-même ? dit le Maître.

- Comment le savez-vous ? dit Laudriz en s'arrêtant, les yeux levés vers Khēlā.

- C'est quelque chose que je peux ressentir.

Laudriz enleva ses lunettes pour se frotter les yeux, cela ne réglait aucun de ses problèmes, même s'il avait maintenant une solution, bien qu'il n'osa pas demander.

- Ne vous inquiétez pas, je vais m'occuper d'eux.

- Vous feriez ça ? dit Laudriz, bouche bée, en remettant ses lunettes en place.

- Je dois veiller sur ces jeunes gens, c'est autant ma responsabilité que la votre. J'y vais.

Le Directeur s'empressa de rattraper le Maître, afin de lui montrer la salle du Griffon.

- Avec ça, vous n'aurez pas besoin de leur courir après, je vous enverrai directement où ils sont.

Loin d'être impressionné, Khēlā passa un regard vide d'émotion sur la plaque de verre au sol où Laudriz lui dit de se placer. Il vit ensuite le Directeur s'affairer dérrière une console et y taper sur un clavier. La plaque de verre se mit à émettre une lumière blanche aveuglante et, l'instant d'après, Khēlā était sur une terre aride, où seules quelques herbes poussaient.

Eleyon, Shaporo et Danir se trouvaient déjà au coeur des Monts.

- Ici le moindre bruit résonne, si on se fait repérer, il faudra foncer. dit Danir, caché avec les deux mages derrière un rocher, leur donnant une vue sur le tunnel lourdement gardé menant au Bastion.

Du tunnel sortit un groupe de Pion entourant des hommes en armure, entravés et rangés. Les pions les firent s'asseoir, attendant le reste des prisonniers avant de les faire entrer dans ce qui ressemblait à un camion pénitentiaire. Eleyon entendit les ongles de Danir racler sur la roche, bien que rien ne laissait présager de la colère sur son visage.

- Une troupe de ce genre doit être menée par une Tour ou un Fou. Combien sont-ils à peu près ?

- Une trentaine je dirais.

- Et vous avez été battus malgré vos armures de l'Inquisition. dit Eleyon, les sourcils froncés.

- Quand on les enfilait, c'était impossible de bouger, on a du combattre sans, et on a pas fait le poids.

- Comment ça "vous ne pouviez pas bouger" ? dit Eleyon.

- Une fois qu'on les avait enfilé, c'est comme si on était bloqué, et plus moyen de les enlever.

- Il y a donc une magie qui marche sur les armures. réfléchit Eleyon.

- Y'a quelqu'un de bizarre qui sort. dit Shaporo.

Précédé par un nouveau convoi de prisonniers, un homme qui ne portait pas l'uniforme noir et blanc du Dark Chess fit irruption. Vêtu d'un manteau sable et d'un pantalon couleur acier, il retira sa capuche et laissa tomber ses longues tresses noires jusqu'à ses coudes, entourant son visage à la peau d'ébène.

Eleyon fut prit d'un tremblement, il n'avait pas peur, mais il sentait bien que celui là était bien plus dangereux que tous les autres, peu importe à quel point il pouvait sembler chétif. Il se focalisa tellement sur l'homme aux dreads qu'il ne vit même pas le Fou qui le suivait.

- C'est lui qui menait la charge, l'autre ne me dit rien. dit Danir.

- Eleyon, maintenant qu'ils sont tous dehors, on devrait y aller, tu ne crois pas ? demanda Shaporo, déjà à moitié debout.

Eleyon le retint par l'épaule, le ramenant au sol à ses côtés.

- Non, pas encore, on va attendre qu'ils se séparent, et tous les deux, vous irez dans le Bastion après le Fou, ne vous approchez pas de l'autre.

Shaporo et Danir hochèrent la tête et, dès qu'ils en eurent l'occasion, avancèrent prudemment à couvert des roches et des parois. Une nouvelle troupe de Pion sortit du tunnel, portant sur leurs épaules des statues en armure qui vacillaient, comme si quelque chose à l'intérieur se débattait.

- C'est donc ça que tu disais. Ils sont bloqués à l'intérieur. dit le mage de Fairy Tail.

- Oui, et ça ne s'est pas dissipé depuis le temps.

- Tant qu'on ne se sera pas occupé de l'invocateur, je pense qu'on pourra attendre longtemps. dit Eleyon.

Enfin, le Fou retourna à l'intérieur, suivi d'une escouade entière de Pion, laissant à l'extérieur une troupe réduite, et le jeune homme sans uniforme.

- Je passe devant, Danir ferme la marche. On s'approche le plus possible sans être agressif, et dès qu'on est à distance, on fonce et on riposte. dit Eleyon en se levant comme si de rien n'était.

En file indienne, les trois intrus avancèrent vers la troupe, ils furent rapidement repéré et une avant-garde fut envoyée pour les intercepter à une cinquantaine de mètre.

- Vous ne pouvez pas avancer, l'Échiquier est en intervention. Je vais vous demander—

Le Pion fut percuté par le poing d'Eleyon et projeté jusqu'à la paroi de pierre ou il s'écrasa avant de tomber au sol. L'autre eut le souffle coupé par une attaque de Shaporo et resta couché sur le sol. Le reste des Pions se mit en branle et chargea les trois inconnus. Eleyon posa ses mains sur le sol et y fit apparaître un cercle magique.

- Mur de Flammes !

Une vague de flammes immense se répandit en direction des pions. Surpris par l'amplitude de l'attaque, ils s'arrêtèrent pour tenter de se mettre à l'abri. La plupart furent rattrapés par la vague et engloutis par les flammes, lâchant des cris de douleurs pendant qu'elles léchaient leurs uniformes et continuaient leur avancée. Il ne restait d'intact que quelques Pions, protégés par l'homme étrange. D'un bond, Eleyon jaillit au dessus de la muraille de feu, bien décidé à mettre hors d'état ceux qu'ils restait. Le bras entouré d'un tourbillon de feu, il fut cependant figé dans les airs. En contrebas, celui qui ne portait pas d'uniforme protégeait les Pions les plus proches. Il rassemblait les flammes dans ses mais avant de les porter à sa bouche et, en mettant les pouces entre ses lèvres, avala la matière jaune, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien de la vague, libérant les Pions du brasier.

- Merci monsieur Gagola. dit le Pion le plus proche, tombé à la renverse en essayant d'échapper à l'attaque.

- Vous devriez partir, ce sera trop dangereux pour vous ici. dit l'homme aux dreads.

Le pion le plus proche hocha la tête frénétiquement avant de faire signe aux autres de le suivre et de retourner dans le Bastion. Eleyon, les yeux écarquillés, fixait Gagola du regard. C'était impossible. Comment pouvait-il avaler toutes ses flammes si facilement ? Eleyon ne connaissait qu'une magie qui permettait ça, et il ne pouvait pas l'avoir, c'était impossible. Mais il n'avait qu'une seule manière d'en être certain.

- Poing Embrasé Vorticiel !

Une vrille venant du poing d'Eleyon fonça s'écraser sur Gagola qui réitéra le même exploit et fit disparaître les flammes en les avalant. L'explosion permit cependant à Shaporo et Danir d'entrer dans le Bastion à la poursuite du Fou, laissant Eleyon face à Gagola.

- Tu es un Chasseur de Dragon ? dit le mage de Tempesta, faisant hausser les yeux de Gagola.

- Peut-être, peut-être pas. Et vous, vous êtes ? Vous me dites quelque chose, mais je sais pas où je vous ai vu.

Eleyon ne lui laissa pas le temps de réfléchir, il fit pleuvoir les orbes de flammes sur sa cible. Un large nuage ardent entoura Gagola qu'il englouti rapidement. Eleyon vit une veine luire d'une couleur framboise quelques secondes dans le cou du glouton. Le mage de feu fondit sur son adversaire, peu importe qu'il absorbe sa magie, il n'en avait pas besoin pour le battre. Son poing trancha l'air, laissant une trace dans la poussière en se dirigeant vers le visage de Gagola.

Il se protégea derrière son bras, arrêtant net l'attaque dans un choc sourd, soufflant le reste des débris flottant dans les airs et soulevant les cheveux de l'homme à la capuche. Son bras semblait ne pas lui appartenir, lui qui était si frêle, voilà qu'il était maintenant massif, faisant passer Eleyon pour un gringalet. L'autre était dans le même état, et Gagola l'envoya en arrière, se préparant à frapper.

- Merci pour le repas

Un coup puissant chassa l'air des poumons d'Eleyon et le fit décoller du sol. Un second le repoussa au loin bien qu'il l'ait bloqué avec son bras. Raclant le sol sur plusieurs mètres, Eleyon mis quelques instants à sentir son bras, engourdi par le choc. Gagola en profita et chargea le mage de feu. Il se baissa pour éviter le premier coup et frappa son adversaire au ventre. Dans le même mouvement, le mage aux dreads cogna le dos du mage de feu, le clouant au sol. Avant son adversaire ne puisse l'attaquer, Eleyon se propulsa hors de portée dans un torrent de flamme. Encore une fois, son adversaire l'avala en mettant ses mains devant sa bouche.

- Mais tu me reviens maintenant, t'étais dans le rapport d'Hortens. T'étais celui qui avait les meilleurs stats. dit Gagola, un entrain dans la voix. Du coup si je m'occupe de toi ici, ça nous fera un sacré problème en moins.

Eleyon ne l'écoutait pas, il cherchait toujours à savoir s'il faisait bien face à un Chasseur de Dragon. Lui et Shaporo étaient tous deux des mages de feu, et venir à bout de Gagola pourrait être extrêmement compliqué si sa théorie était juste. Il devait l'acculer, l'inonder dans les flammes jusqu'à ce qu'il n'ait d'autre choix que de tout avaler, et pendant qu'il le fera, le frapper avec un sort puissant. S'il recevait des dégâts, ce n'était pas un Chasseur, sinon, Eleyon devrait changer de plan. Il créa une large sphère de flamme entre ses mains et l'envoya dans les airs.

- Qu'est-ce que tu fais ? dit Gagola.

- Pluie de météores infinie.

La boule de feu ne cessa de grossir en s'élevant dans le ciel, jusqu'à atteindre une taille gargantuesque avant d'exploser. Une pluie de boule de feu, aussi grosses que celle d'origine se déversa sur la zone, sous le regard inquiet de Gagola. Après quelques secondes, il n'y avait plus un endroit qui n'était pas recouvert de flammes. Il devenait difficile pour les deux mages de respirer. Eleyon se fraya un chemin à travers les orbes qui continuaient de tomber pendant que Gagola absorbait le brasier autour de lui, se donnant un espace pour respirer. Le mage de Tempesta le frappa au visage, l'attrapa par le col et le jeta derrière lui, à nouveau dans le brasier. Le mage de feu vit à travers les flammes que Gagola s'apprêtait à les avaler. Le prenant à revers, Eleyon fit apparaître deux cercles magiques devant lui.

- Conflagration.

Gagola parvint à aspirer le plus gros de l'attaque et en ressortit presque indemne, mis à part sa veste qui commençait à prendre feu. Il ne voyait maintenant plus d'issues, tout autour de lui était en feu, comme si les roches brûlaient. Il manquait d'air, et Eleyon ne cessait de le harceler, ne lui laissant pas le temps d'engloutir suffisamment de flammes pour se mettre à l'abri.

- Rouleaux de flammes.

À même le sol, un tapis de feu avançait vers Gagola. D'un grand bond, il évita l'attaque. Il fut attaqué dans les airs par Eleyon, le bras entouré de flammes. Le mage aux dreads lui attrapa le poignet des deux mains et le projeta vers le sol. Le mage de feu revint à la charge, Gagola semblait maintenant trop grand pour ce qu'il portait, et les traces de doigt sur le poignet d'Eleyon lui laissait dire que ce n'était pas qu'un changement cosmétique.

Le coup de pied du mage de feu mit son adversaire à genoux. Il prépara deux cercles magiques, mais il fut chargé par son adversaire, dissipant les cercles et envoyant Eleyon au loin. Enfin débarrassé, Gagola mit ses pouces à sa bouche et avala une grande quantité de flamme face à lui. Elles furent aussitôt remplacées par un sort d'Eleyon et par les boules de feu qui continuaient de pleuvoir.

Gagola était maintenant plus résistant, plus fort et plus rapide, les coups d'Eleyon peinaient à lui infliger de vrais dégâts, et ceux qu'il se prenait manquaient de lui faire perdre connaissance. A la suite d'une de ces attaques, Gagola lui attrapa le visage et serra sa prise. Malgré tous ses efforts, le mage de feu ne parvint pas à lui faire lâcher prise. Il approcha sa main du visage de son agresseur.

- Feux Follets.

De multiples billes de flammes allèrent s'écraser sur le visage de Gagola, lui faisant lâcher sa proie, portant ses mains à ses yeux éblouis. L'aubaine était trop belle. Eleyon prit une profonde inspiration et posa ses mains sur le sol et les écarta violemment, créant un cercle magique qui entourait tout le champ de bataille.

- Embrasement éclair.

L'air prit feu, on ne pouvait plus faire la différence entre ce qui était en train de brûler et ce qui n'était que flammes. La détonation souffla les deux mages, malgré les précautions d'Eleyon pour se protéger. En apnée, il cherchait son opposant du regard et le trouva, cherchant à s'enfuir du brasier. Dès qu'il en fut sorti, il déchira sa veste brûlante et se mit en position pour absorber la totalité des flammes.

Le mage de feu jaillit sur le côté de Gagola, un pieu de feu à la main. Le mage aux dreads se tourna vers lui pour avaler son attaque, mais il fut trop lent. En un éclair, Eleyon lança son sort qui vit s'écraser sur le torse de son adversaire, envoyant son corps imposant au sol. La fumée dissipée, Gagola apparu, l'épaule visiblement brûlée et ensanglantée

- Tu n'es pas un Chasseur de Dragon. dit Eleyon, le sourire aux lèvres, presque soulagé.