Petit mot de l'auteure : je suis enrhumée.


Jour 10 : Parfum

Contexte : pre canon. Warning : agression sexuelle

Merci à Angelica, Marina et MissMPREG pour leurs review !


Enfoncée dans sa robe, Andromeda peine à respirer.

Malgré la beauté du vêtement, elle ne rêve que d'une chose – pouvoir l'enlever. C'est que si la robe est magnifique et la met en valeur, elle marque surtout une occasion que la jeune femme aurait préféré oublier : son bal de présentation. Officiellement, ces derniers sont organisés pour mettre à l'honneur la jeune fille qui fête son quizième anniversaire. Dans la société sang-pur, c'est l'âge charnière, celui qui marque l'entrée dans le monde adulte. Certes, ce n'est pas encore le jour de la majorité, mais à quinze ans, le jeune se voit confier de nouvelles responsabilités et un nouveau rôle dans la famille. du moins, c'est ce qui est dit, car ce discours n'est valable que pour les garçons. Le bal des filles, lui, n'est là que pour les exposer aux regards, montrer leur beauté et leurs atouts, alors que leurs pères tâchent de leur trouver le meilleur des partis.

Alors oui, Andromeda n'a aucune envie d'être ici. Elle aimerait passer le soir de ses quinze ans avec ses amis, ou avec ses sœurs, en petit comité. Mais la tradition étant ce qu'elle est, elle se contente de sourire et de saluer les convives.

Au bout d'une heures de discussions hypocrites, Andromeda manque d'exploser. Elle n'en peut plus ; les faux rires, l'odeur des corps sur-parfumés, les regards qui la détaillent sans retenue... C'est trop pour elle. Bien sûr, elle a toujours rêvé de fonder une famille, mais comme ça, vraiment ? Hors de question. Son mari, elle veut le rencontrer par elle-même, avec une vraie discussion, et pas parce que son père aura donné de l'argent dans la main d'un autre homme. Pour éviter de créer un scandale qu'on ne lui pardonnerait pas, elle décide de sortir prendre l'air.

Le vent était frais, mais lui fit du bien. De plus, elle savourait le plaisir d'évoluer dans la douce obscurité du soir, loin des projecteurs de l'intérieur.

Mais alors qu'elle commençait à se détendre un peu, elle entendit quelques pas derrière elle. En se retournant, elle constata qu'il s'agissait de Arthur Wilrook, un Sang-Pur d'un an son aîné. À son grand agacement, celui-ci semblait décidé à venir lui parler.

- Alors comme ça, tu fuis ta propre soirée ? Lui lança-t-il.

- J'ai simplement pris l'air, répondit Andromeda. Il commençait à faire un peu chaud. Mais ça va mieux, maintenant.

Se disant, elle fit un pas pour rentrer dans le manoir, mais le blond l'arrêta en lui prenant le bras.

- Ne soit pas si pressée voyons. Reste discuter avec moi.

- C'est gentil, mais j'ai faim, répondit la jeune femme avec autant de fermeté qu'elle pouvait.

Elle fit un geste pour se dégager de l'étreinte, mais le jeune homme la plaqua contre le mur. Il était beaucoup plus fort qu'elle, si bien qu'elle se retrouva piégée entre ses bras.

- Laisse moi partir, s'affola-t-elle.

- Et pourquoi donc ? Répondit-il en faisant parcourir négligemment sa main sur son sein droit. Après tout, nous sommes tous ici pour tes futures fiançailles. Tu permettes donc qu'on évalue la marchandise avant de faire une offre, non ?

Il venait de poser ses lèvres sur les siennes lorsqu'un bruit d'os brisé se fit entendre. Médusée, Andromeda le vit porter ses mains au visage, afin d'éponger le sang qui coulait de son nez cassé. Tout aussi rapidement, elle vit passer devant elle un pied, qui vint rencontrer avec force son bas-ventre.

Arthur se trouvait maintenant au sol, gémissant de douleur. Andromeda, elle, était toujours contre le mur, stupéfaite. Et devant elle, un bras protecteur pour l'éloigner de son agresseur, Bellatrix.

- Écoute moi bien, connard, déclara celle-ci d'une voix tranchante. J'ai peut-être pas encore le droit de faire de la magie en dehors de l'école. Mais j'ai pas besoin d'un sort pour te faire mal. Alors tu retouches à ma sœur une seule fois, et tu feras connaissance avec mes poings et mes couteaux. Maintenant, je te conseille d'aller pleurer dans les jupes de ta mère en disant que tu t'es blessé en tombant comme un imbécile, sinon je ferai de ta vie un enfer. Compris ?

La forme pleurant ne se le fit pas répéter deux fois, et Andromeda ne put que le comprendre. Elle n'avait jamais vu Bellatrix dans un tel état de fureur, mais une chose était sûre, elle aussi aurait fuit devant son ton.

Plus tard, la brune se dit que déjà à l'époque, sommeillait en Bellatrix une capacité à frapper fort. Elle se demanda aussi si cette violence n'était pas en partie née du fait que comme elle, sa sœur avait été confrontée aux mêmes mains baladeuses, et qu'elle n'avait pas eu à apprendre à se défendre.

Mais pour l'instant, elle se contenta de pleurer sur son épaule, espérant que les larmes permettent de chasser les souvenirs de cette soirée.