Troisième chapitre ! Un nouveau personnage est introduit dans ce chapitre, c'est l'un de mes préférés Encore fois, n'hésitez pas à mettre une review pour donner votre avis ^^ Bonne lecture.

PS : Il y a une review de ce chapitre qui trouvait ça étrange que le terme Serpentard est présent dans ce chapitre. C'est une erreur qui a été depuis corrigée.

Chapitre 3 Voyage en Carrosse

Nathan de Clermont

Il y était, enfin il y était. Il avait attendu ce jour toute sa vie, et enfin il était devant ce foutu carrosse. La première chose qu'il remarqua était que la place était noire de monde et les vapeurs générées par la pluie abondante ne facilitait pas la vision de la place. Des dizaines d'élèves arborant la couleur de leurs familles respective allaient et venaient comme une succession de vagues. Beaucoup de parents disaient leurs adieux et d'autres encore vérifiaient la valise de leur enfant. Il aperçut aussi des joueurs de quidditch avec leurs balais, il y en même un qui essaya de voler avec jusqu'à ce que sa mère le gronde violemment. Toute cette agitation faisait plaisir à voir comparé à l'ambiance monotone à la maison.

Il essaya de voir son reflet sur un miroir et remit en place quelques un de ses cheveux roux. Pour aujourd'hui, sa famille et lui avaient mis leurs habits les plus luxueux, sa mère y avait tenu, le garçon se sentit un peu serré sans sa robe de soie égyptienne mais garda tout de même un maintien ferme.

-Nathan, appela sans tinte sa mère. Viens, j'ai des choses à te dire avant que tu partes.

Le plus jeune de la famille Clermont se tourna vivement vers sa mère. Celle-ci ressemblait à son fils comme deux gouttes d'eau, les mêmes yeux bleus, le même teint blanc, les mêmes cheveux roux à l'exception que les siens étaient longs. La différence était bien sûr que le visage de sa mère était crispé, comme toujours. Nathan ne sait même pas si sa mère connaissait le mot sourire. Elle lui fit un regard froid mêlé à de l'indifférence clairement perceptible. Machinalement, elle remit les plis de la robe de son fils et lui enleva ses derniers cheveux revêches. S'habiller correctement et être présentable était l'un des crédos les plus éternels de la famille Clermont, il se rappela la dernière ou il n'avait pas respecté cette règle et ferait tout pour éviter de l'avoir une seconde fois.

La mère Clermont se baissa, les genoux pliés, pour se mettre au niveau de son fils.

-Ecoute Nathan. Tu sais que la famille traverse une mauvaise passe, pas vrai ? Et tu sais aussi que notre famille n'a plus très bonne réputation, non ?

Le fils Clermont hocha la tête en signe d'affirmation. Que dire de plus ? Il est évident que les caisses de la famille Clermont étaient vides et que plus personne ne leur parlait à part quelque rares familles de sorciers. Nathan était au courant de ce fait à chaque fois qu'ils allaient à la Place Cachée, tous ces regards et ses reproches muets que supportait Nathan ne cesseraient jamais de le lui rappeler. La famille était en dérive et la famille Clermont ne révélait rien à Nathan sur les raisons de cette déchéance.

-Mais écoute, l'interrompit sa mère dans ses pensées. Malgré les insultes que les gens te donneront, malgré les regards qu'ils t'envoirons, tu restes un Clermont, et les Clermont ne se laissent pas intimider par ce genre de choses. Compris ?

Facile à dire pour elle, elle n'allait pas vivre avec des centaines de personnes autour d'elle qui détestent sa famille. Ce n'était pas elle que les gens allaient juger sans même la connaître.

La mère de Nathan claqua des doigts pour attirer son attention.

-Compris ? insista-t-elle sur une voix légèrement autoritaire.

Son fils acquiesça sans grande conviction, plus pour faire plaisir à sa mère qu'autre chose. Ce n'est pas comme si ça allait changer grand-chose à sa situation.

-Bon, fit-t-elle satisfait. Il est temps de partir.

Annarietta donna à son fils ce qui ressemblait à ses affaires.

Wouah ! pensa Nathan. Elle m'a apporté ma valise ! Je crois que c'est la première fois qu'elle s'occupe autant demoi.

Nathan n'avait pas l'habitude de ce genre de gestes d'affections. Sa mère était généralement assez distante avec lui pour une raison qui échappait au jeune garçon. Il avait parfois l'impression qu'elle faisait son travail de mère mais sans émotions. Résultat, la relation avec sa mère n'était ni affective, ni triste, elle existait, c'était déjà pas mal.

Les premières minutes d'attentes sont les plus longues. Nathan attendit patiemment sur un banc isolé de la place pour ne pas se faire remarquer. Il sortit de ses bagages deux sodas au citron que sa sœur lui avait préparé pour le voyage, ce soda disparaissait si on le faisait tomber sur un vêtement, pour éviter toute tâche éventuelle. Il sourit bêtement devant cette douce attention, sa sœur savait qu'il adorait le citron. Tandis qu'il dégustait tranquillement son soda, il entendit quelqu'un l'appeler.

-Excuse-moi, l'interrompit la voix.

Nathan se tourna et aperçut un jeune homme de à peu près son âge ayant des cheveux blonds brossés et des yeux bleus presque blanc. Le garçon semblait un peu anxieux et perdu.

Et voilà, il n'avait même pas encore commencé son année que déjà il s'était fait un ennemi, ça n'avait pas trainé.

Le fils Clermont souffla intérieurement et demanda d'une voix presque lasse :

-Oui ?

Son interlocuteur se gratta la tête de gêne et hésita à répondre.

-En fait… commença le garçon. Je suis né non-magique, c'est ma première année et je suis un peu anxieux. Je ne connais personne et comme je t'ai vu tout seul je me suis dit « Pourquoi pas faire connaissance ? ». Alors… Voilà. T'en dit quoi ?

Nathan ne savait pas trop quoi répondre il s'était attendu à quelque chose d'autre mais ce n'était finalement qu'un première année un peu perdu. Et en plus quelle chance ! Un non-magique ! C'étaient les seuls ne connaissant pas sa famille, il pourrait donc se faire des amis finalement, sa mère serait sceptique sur le fait que ce soit un non-magique, mais peu importe.

-Bien sûr ! S'écria Nathan en essayant de ne pas paraître trop heureux. Viens, assis toi.

Le garçon sourit et posa ses affaires sur le sol tout en s'asseyant sur le banc. Nathan lui présenta une main heureuse. Sa mère lui avait toujours appris que ç'était la première chose à faire lorsqu'on voulait avoir une bonne relation avec quelqu'un.

-Nathan Clermont, se présenta celui-ci. Le garçon lui serra fermement la main.

-William White. Mais appelle moi Will.

-Ma sœur m'a donné deux canettes de soda. T'en veux une ?

-Je veux bien, Merci.

Ils burent alors tranquillement leurs boissons et un silence pesant ce créa entre les deux garçons, aucun des deux ne savait comment commencer la conversation. Nathan comprenait bien l'hésitation de son camarade, c'était un non-magique et lui avait toujours connu le monde des sorciers, leurs mondes étaient trop différents pour briser la glace en quelques minutes, du moins c'était l'avis de Nathan.

-Alors, commença doucement Nathan. Qu'est-ce que ça fait de découvrir tout ça ? William hésita avant de répondre, essayant très certainement de trouver ses mots.

-Je ne saurais pas trop comment le décrire, avoua celui-ci. Imagine, c'est comme si d'un seul coup on t'enlevait tout ce monde et que tu devrais t'adapter au monde non-magique. Tu dois forcément être étonné devant toutes ces nouvelles choses que tu vois mais en même tu as peur car c'est un monde que tu ne connais pas. Alors je dirais que je me sens divisé entre la peur et l'excitation de l'inconnu.

Nathan resta bouche-bé devant une telle réponse. Il ne s'attendait à une réponse si honnête de sa part. Il comprenait maintenant un peu mieux ce que devaient ressentir tous ces non-magiques. Devant le silence de Nathan, Will demanda :

-J'ai dit quelque chose de bizarre ?

Le fils Clermont essaya de se ressaisir du mieux qu'il put.

-Non, non. C'est juste que c'est la première fois que je rencontre un né non-magique. Sinon, tu sais déjà quelle matière tu préféreras ?

Le non-magique haussa les épaules comme pour signifier qu'il s'en fichait.

-Je ne sais pas trop. Je n'ai pas l'impression que l'une ou l'autre matière soit meilleure.

-Je dois bien t'avouer que je suis dans le même cas que toi.

Oui, après tout, peu importe quelle matière lui irait le mieux, il ne sera pas apprécié de toute façon.

Une fois lancés dans la conversation, les deux nouveaux amis ne s'arrêtèrent pas, ils parlèrent des matières qu'ils étudieraient à Beauxbâtons et Will lui avoua être intéressé par toutes les matière et Nathan lui répondit que l'herbologie ne le tentait pas du tout, il lui raconta sa première expérience avec une mandragore et il s'était évanoui sous ses cris perçants, depuis, il détestait tout ce qui concernait de près ou de loin les plantes.

Nathan lui parla aussi de quidditch et lui confia son vœu d'intégrer une des équipes en tant que Batteur. Le fils Clermont s'aperçut vite du peu d'intérêt qu'accordait son ami à ce sport mais il avoua tout de même être intéressé de voir un match.

Nathan ne s'était pas imaginé que c'était si plaisant de parler sans contrainte ou arrière-pensée. Quand il était avec des amis de sa famille, il était obligé de parler avec un langage soutenu et de faire attention au choix de ses mots pour ne pas y voir des sous-entendus même non volontaires. Avec Will, il pouvait dire tout ce qui lui passait par la tête sans aucun problème.

Ils discutèrent bien une heure de tout et de rien en attendant le départ du Carrosse. Le temps passa tellement vite pour le fils Clermont qu'il n'entendit même pas la première alarme de ceux qui géraient cette place signalant que son départ allait se faire dans quelques minutes. Il vit également Will prendre rapidement ses affaires et lancer :

-J'ai des personnes de première année à aller rejoindre dans un compartiment du carrosse, tu veux m'y rejoindre ?

Nathan qui était gonflé d'espoir perdit vite son sourire intérieur et répondit :

-Merci, mais non, c'est bon.

Son ami fronça les sourcils.

-T'es sûr ?

-Oui, confirma le sang-pur. Vas-y, t'inquiète, j'ai moi aussi des gens à aller voir dans le train.

C'était un mensonge bien sûr, mais il ne voulait pas que les mauvais aprioris sur sa famille se collent à William.

-Ok, répondit le non-magique d'un air enjoué. Bon, bah j'te dis à la prochaine alors. On se revoit à l'école.

Nathan lui renvoya son au revoir d'un signe de la main et attendit patiemment qu'il parte et prit à son tour ses affaires pour rejoindre le carrosse.

C'est à ce moment ou Nathan comprit à quel point la magie devait être impressionnante pour les nés non-magiques lorsqu'il vit un des leurs presque s'évanouir en découvrant l'immense espace à l'intérieur du carrosse. Le premier étage faisait au moins la taille d'un terrain de Quidditch et était divisé par un couloir et diverses petites salles adjacentes. Le domaine s'étendait sur plusieurs étages tant le nombre de nouveaux élèves était immense, après tout, Beauxbâtons recueille les jeunes sorciers de plusieurs pays.

De petites bougies murales étaient sur le côté, cependant, les flammes semblaient voler et suivaient certains élèves qui avaient besoin d'un peu de lumière. L'ameublement était tellement similaire à chez-lui que le garçon aurait presque cru être à la maison : Il y avait ces meubles si caractéristiques que l'on pouvait voir dans les châteaux des nobles et de la royauté avec leurs sculptage et moulure très stylisés. La seule différence avec l'habitat de Nathan était la surabondance de dorures et d'argenteries, il y en avait tellement que les yeux du fils Clermont risquaient l'overdose : que ce soit sur les murs, sur les meubles ou encore les couloirs, tout avait au moins une once d'argent ou d'or. Beauxbâtons avait même poussé le vice jusqu'à rendre les flammes des bougies murales argentées. Le sol était lui fait dans une sorte de velours avec des fleurs de lys dorées.

-Décidément, se dit le garçon. C'est une vraie obsession.

Trouver un endroit où se mettre était d'habitude impossible mais en trouver un vide relevait de l'exploit. Il l'aurait bien aimé entrer dans un compartiment occupé par une ou deux personnes mais il allait très certainement se faire virer au bout de quelques secondes. Il défila donc rapidement dans les couloirs et aperçut des personnes en train de jouer aux échecs ou à la bataille explosive, il avait appris avec sa gouvernante à jouer aux échecs sorciers mais était malheureusement bien incompétent à ce jeu dont il ne comprenait pas toutes les subtilités.

Nathan défila dans le carrosse tellement vite qu'il avait à peine le temps d'apercevoir si des élèves étaient ou non dans le compartiment. Et puis tout à coup, il sentit quelque chose en travers de son pied qui le fit tomber violemment par terre, heureusement, la moquette amortit sa chute. Hormis la vague sensation de désorientation, il ne sentait pas de douleur particulière. Il se releva doucement et épousseta rapidement ses habits. Lorsqu'il voulut repartir, il sentit une forte poigne le tenir par la manche et le ramener par l'arrière.

Ce que vit le fils Clermont ne lui plaisait pas, c'était Grégory Garryn. Il avait des cheveux noirs frisés, des petits yeux de serpent verts et des lunettes que Nathan aurait bien voulu casser. Son visage était aussi gros qu'il pouvait l'être. Nathan ne l'avait rencontré que de rares fois lors des rendez-vous très rares eux aussi avec la famille Garryn, il va sans dire que la relation entre ces deux familles s'était refroidie, d'après sa mère, le père de Nathan et celui de Grégory étaient amis à l'époque de Beauxbâtons. Les rares fois où il avait eu l'occasion de lui parler, Grégory ne faisait que référence à quel point sa situation était meilleure que la sienne, il le faisait de manière sous entendue, bien-sûr, mais Nathan avait bien eu envie de lui casser la gueule malgré leurs trois ans de différence.

Grégory était entouré de trois personnes aussi massives que lui, sûrement prêts à casser le nez du petit Clermont au cas-où.

-Alors Clermont, fanfaronna Garryn. On essaye de corrompre d'autres élèves ? Je t'ai vu avec ce né non-magique tout à l'heure.

Lors de ces fameux rendez-vous, Nathan se retenait de lui rendre ses jérémiades, mais ici, il n'allait pas se laisser faire.

-Tu n'y es pas du tout Greg, commença Nathan du ton le plus dédaigneux qu'il put. Il m'a demandé ou était la vendeuse de sucreries dans le carrosse mais j'ai vu qu'elle avait plus de marchandises, va savoir pourquoi, j'ai tout de suite su que c'était toi.

C'était petit comme réparti, mais s'en prendre au physique était la chose la plus facile à faire.

Heureusement pour Clermont, le groupe d'élèves avait du mal à comprendre la vanne, surement le temps que ça monte au cerveau. Après avoir enfin comprit, Grégory répondit d'un ton acerbe :

-On va voir si tu vas faire le malin longtemps Clermont. T'inquiètes pas, on va s'occuper de toi pour faire en sorte que ta première année se passe bien. Hein les gars ?

Les deux gorilles derrière lui acquiescèrent et commencèrent à craquer leurs doigts, c'était d'un cliché… Cependant, malgré tout le courage qu'il pouvait donner, le garçon savait qu'il allait se faire mettre à terre. Ils étaient trois et il était tout seul, et puis ce n'était pas avec sa carrure d'épingle à cheveux qu'il allait réussir grand-chose. L'espace était exigu, ce qui allait peut-être aider Nathan, les trois quatrièmes années n'arriveraient pas à passer à trois, ils allaient devoir y aller un par un.

Grégory commença avec un crochet du droit que Nathan esquiva d'un mouvement leste, le jeune homme se cogna contre la paroi d'un meuble et grogna sous la douleur. Nathan en profita pour essayer de lui mettre un coup de genou, celui-ci fit mouche et coupa le souffle de son assaillant. Le jeune garçon ne s'était jamais battu de sa vie mais ça lui semblait être la chose à faire. Malheureusement, le coup ne mit pas Grégory K.O., celui-ci se ressaisit et attrapa Nathan par le col de sa robe et lui mit un violent coup de poing au visage. Le jeune sorcier sentit une vive douleur à la mâchoire et se sentit un peu vaseux. Le membre de la famille Garryn le regarda de toute sa hauteur, l'air heureux de sa supériorité.

Hé bah dis donc, ironisa Nathan. Ça n'aura pas duré longtemps avant que je me fasse casser en deux.

Grégory était sur lui et prépara le coup de poing final.

William White

William fut assez déçu par l'aspect du carrosse mais heureusement, ce qui le tirait était bien plus intéressant. C'était des énormes chevaux ailés qui devaient faire la taille de deux taureaux, leurs poils étaient d'un blanc d'une pureté incroyable et avaient une musculature bien trop imposante pour les rendre élégants. D'après Mr. Villier, ils ne buvaient que du whisky pur-malt.

Will avait entendu parler avec le professeur d'alchimie des objets bien plus grands à l'intérieur qu'à l'extérieur mais les voir en action était très différent. La sensation était très étrange, son esprit n'était pas habitué à un tel changement. Là où il se sentait aussi peu à l'aise, ce fut à l'intérieur du carrosse qui était beaucoup trop chargé de dorures à son goût. Il était allé une fois au château de Versailles et ressentait le même effet de surcharge que là-bas. A la limite entre l'admiration et le dégoût.

Il était finalement au milieu d'un couloir en train de réfléchir à cette question pendant que tout le monde prenait place dans les compartiments. Avant d'avoir eu le temps de dire ouf, presque toute la place disponible était occupée. William chercha donc longtemps un compartiment avec de la place en vain. Sa recherche fut interrompue lorsqu'il passa devant un compartiment d'où sortait une voix de jeune fille qui semblait très en colère. Le jeune homme ne put entendre un traître mot de ce qui

se disait à l'intérieur mais réussit tout de même à entendre le nom d'Éric de Hasbourg dans la

conversation ce qui éveilla sa curiosité, ça tombait bien, c'est lui que le garçon cherchait.

D'un coup sec la porte coulissante du compartiment s'ouvrit et la jeune fille apparût comme une furie dans le couloir poussant et dégageant tous les élèves sur son chemin. Arrivant au niveau de William, la jeune fille se tourna vers Will et sa valise qui gênaient son passage. Il put cette fois-ci la voir d'un peu plus près : elle avait des cheveux noirs de jais munis d'un visage blanc pâle parsemé de taches de rousseurs. Ses yeux noisette brillaient de colère ce qui renforçait les traits de son visage enfantin. Il aperçut un livre attaché à sa ceinture et tenta d'en lire le titre, sans succès.

-Pousse toi, intima-t-elle à William. Ta valise gêne.

Le jeune homme aux cheveux blonds brossés courts et aux yeux bleus se leva, bien décidé à apprendre les bonnes manières à madame. Retrouver Éric était une bonne chose, mais faire rabattre son caquet à cette fille en était une meilleure.

-Tes parents ne t'ont jamais appris à dire s'il te plait ?

Elle semblait surprise par la question. Visiblement, elle ne s'attendait pas à de la résistance.

-Pousse toi, répéta-t-elle seulement. Je suis en colère là, alors tu te pousses d'ici.

-Tu es peut-être en colère mais ce n'est pas une raison pour bousculer les gens comme tu l'as fait, j'aimerais au moins que tu t'excuse envers ces gens.

La fille fit la moue et regarda derrière elle. Les personnes qu'elle avait bousculées regardaient vers le sol tandis que d'autres la fixait en attendant des excuses. Il y avait surtout des personnes de son âge mais aussi quelques-uns ayant l'air un peu plus vieux qu'elle. Après un blanc de quelques secondes, elle s'excusa enfin et repartit vers son compartiment.

Will souffla de soulagement, il n'aimait pas vraiment les altercations de ce genre. Même s'il se faisait parfois boycotter dans les rues sordides de Paris, il préférait généralement éviter les conflits. Bien évidemment, les petites frappes des rues ne le voyaient pas sous cet angle et il fallait souvent faire parler les poings avec eux. Il aurait bien voulu que cette année commence autrement mais bon, tant pis.

Le jeune né non-magique décida donc de rassembler ses affaires afin de trouver une place lorsqu'une des personnes bousculées par la jeune fille s'approcha de lui : il avait les cheveux et les yeux tous les deux noirs et avait un visage de bambin couplé avec un ventre légèrement bedonnant. William le trouva tout de suite sympathique, il le faisait penser à un gros nounours. Il le remercia timidement et Will lui répondit rapidement en essayant de rattraper la fille, ce qui n'allait pas être facile du tout vu la vitesse à laquelle elle partait. William essayant donc de la rattraper, bouscula donc les personnes tout en essayant vainement de s'excuser auprès des personnes gênées.

-Hé ! Fit Will quand il put être à portée de voix.

La jeune fille ne s'arrêta même pas lorsqu'elle entendit sa voix et dit sans même le regarder :

-Encore toi. Tu as encore des leçons de vie à me donner ?

-J'en aurais bien encore quelques-unes, répliqua William. Mais ça attendra. J'ai entendu le nom d'Éric Hasbourg dans ta convers….

-Non, l'interrompit la jeune fille. Je ne te donnerais ni l'autographe d'Éric ni celui de son père.

Will avait entendu parler de la célébrité d'Éric, ou en tout cas, il l'avait deviné. Il avait lu dans un de ses bouquins empruntés à la bibliothèque de la Place cachée que le sorcier s'étant le plus distingué au 21ème en France était Arthur Hasbourg, il avait fait vite le lien avec le nom d'Éric.

-En fait, expliqua le né non-magique. Je m'en fiche de son autographe, c'est juste que je l'ai vu dans la Place Cachée et…

Pendant que Will parlait, la fille s'arrêta net, le garçon la percuta quelque peu, elle le regardait droit dans les yeux et lui dit avec un mépris palpable :

-Ah. C'est donc toi le gars qu'il a rencontré à la Place Cachée ? Éric n'a pas arrêté de me parler de toi pendant plus d'une heure.

Will se demanda ce qu'il avait bien pu faire pour laisser un tel souvenir au jeune sorcier mais mit vite de côté cette réflexion lorsqu'il vit Éric sur l'un des sièges du compartiment. Il n'avait pas changé depuis deux semaines, toujours les mêmes cheveux noirs crépus et toujours le même sourire lorsque celui-ci aperçut Éric.

-Regarde qui j'ai amené, dit-elle dans un ton faussement enjoué.

Will devina que la différence de ton qu'elle avait pris était dû à la présence d'Éric dans la pièce.

-Will ! s'exclama le jeune Hasbourg en se levant un peu trop rapidement de sa chaise. Comment tu m'as trouvé ?

William sourit. L'enthousiasme de son ami était presque communicatif.

-J'ai entendu ton nom lorsque ton amie se disputait avec un gars dans le compartiment plus loin.

Le visage d'Éric prit un air étonné et regarda assez durement son amie, visiblement, madame ne l'a pas prévenu de ce petit détail. L'intéressée eut l'air gênée de cette attention et jouait nerveusement avec ses cheveux. Éric souffla bruyamment et fit les présentations :

-William je te présente Amélie, ma sœur dont je t'ai parlé à la Place cachée. Amélie, tu connais déjà Will.

Le non-magique croisa le regard de la jeune sorcière qui n'avait rien de sympathique, la froideur avec laquelle elle considérait Will était palpable. Le garçon essaya le sourire le plus chaleureux qu'il ait en stock pour essayer de détendre un peu l'atmosphère.

-Alors, hésita-t-il. Stressée par la rentrée qui arrive ?

C'était la première chose qui lui était venue à l'esprit. Il maudissait son manque de tact et de sociabilité, mais à sa décharge, son interlocuteur n'était pas très ouvert à la conversation.

-Pas du tout, répondit-elle comme si c'était évident. Ma famille n'est pas du genre à être « stressée » comme tu dis. Ça a été le cas pendant des générations et ce n'est pas maintenant que ça va changer. Et toi ?

La jeune fille ne posait cette question uniquement par politesse, et très certainement pour qu'Éric ne se rende pas compte de l'animosité qu'elle avait envers lui.

-Je n'en sais rien, répondit Will. J'espère juste avoir une chambre cool.

-Ce serait bien que tu sois dans la mienne, exulta Éric. Comme ça on pourrait…

Il s'arrêta soudain devant l'agitation dans le carrosse. Will fronça des sourcils d'inquiétude et regarda ses deux camarades.

-C'est quoi cette agitation ? demanda William.

-Ce n'est rien, l'intima Amélie. Surement les plus âgés qui font des farces.

Éric, qui avait apparemment la même intuition que Will ouvrit la porte du compartiment pour voir ce qu'il en était, Will le suivit.

Il remarqua des élèves qui chuchotaient doucement en regardant dans les couloirs, il y avait en effet des masses noires et informes en train de bouger dans tous les sens, ils étaient malgré tout trop loin pour qu'il puisse distinguer quoi que ce soit d'autre. Will interpella quelqu'un en lui demandant ce qui s'est passé. Vu son emblème bleu, il devina que c'était un membre d'une famille noble, probablement plus âgé.

-Il y a deux élèves qui se battent ! C'est la première fois que je vois ça en 3 ans dans ce carrosse.

-Tu parles ! gueula un gars dans son compartiment. C'est un Clermont, c'était obligé qu'il allait se faire tabasser !

Will était subjugué par leur absence de réaction. Il regarda Éric qui avait le visage crispé et Amélie qui fit un visage nullement surpris, mais un visage plein de suffisance qui montrait bien que Nathan était un cas désespéré. C'en était trop.

-Et personne ne va l'aider, reprocha Will avec un calme surprenant. Vous allez tous le laisser se faire tabasser comme un chien ?

La plupart des sorciers eurent un visage crispé plus par l'audace de leur reprocher quelque chose que par le fait qu'ils ne fassent rien. Même parmi les plus âgés aucun ne se préoccupait du fait qu'ils laissaient un enfant de 11 ans se faire mettre à mal.

-C'est un Clermont ! rétorqua un élève. Vu ce qu'a fait son père, son fils mérite bien pire.

Le non-magique ne prit même pas en compte ce qu'il avait dit et se tourna vers Éric.

-Tu viens avec moi ou pas ?

Will vit bien que le sorcier était en proie au doute, il se pinça les lèvres de frustration et une de ses mains tremblait sous la confusion. Il ignorait totalement la raison de son doute, mais il fallait qu'il prenne une décision et vite.

-Alors ? questionna Will.

Éric ouvrit la bouche mais rien n'en sortit. Mince ! Tant pis, il fera sans lui, il avait maté des personnes pires que deux sorciers dans les rues de Paris, il saurait se débrouiller tout seul.

-Continue à réfléchir pendant qu'il se fait casser les jambes, reprocha William à Éric. Tu devrais savoir ce que c'est d'avoir un nom dur à porter.

La peau de l'enfant concerné prit une teinte blanche mais il n'eut pas le temps de voir ce qui s'ensuivit car il courut aussi vite qu'il put en bousculant plusieurs élèves et en shootant dans certaines valises. Maudits sorciers, ils sont tous plus bêtes les uns que les autres. Il allait si vite qu'il voyait à peine les obstacles arriver mais les deux formes noires commençaient à ressembler de plus en plus à deux élèves distincts. Il cria encore quelques « Désolé » dans le couloir jusqu'à arriver à une distance proche du combat. Il toucha rapidement son collier qu'il gardait toujours sur lui pour lui porter chance. Il vit Nathan par terre essayant de se protéger vainement le visage face aux coups d'un homme au corps gras et massif. Will continua sa course à toute vitesse dans le but de foncer sur l'assaillant de son ami et cria :

-Hé !

Les deux personnes se retournèrent et Will ne put savoir qui de Nathan ou de son adversaire était le plus surpris par son arrivée. Profitant de l'effet de surprise encore présent il prépara son coup de genou et cria la première chose qui lui vint à l'esprit :

-Beauxbâtons Express en approche !

Nathan de Clermont

Nathan eut à peine le temps de reconnaitre Will que Grégory essayait déjà de se dégager du fils Clermont pour éviter la charge du non-magique. Mais le garçon fut plus intelligent et bloqua les jambes de son assaillant, celui-ci resta figé quelques secondes par la surprise et eut tout juste le temps de voir le coup de genou de William lui arriver en plein dans les mâchoires. Grégory resta à terre tant le coup fut violent.

Will essaya de garder son équilibre et releva vite Nathan. Tous les deux regardèrent en face les deux gorilles qui se préparaient à attaquer. Le jeune sorcier hésitait entre la peur de sa première bagarre ou l'excitation du combat. Il ne s'était jamais battu de sa vie et savait très bien qu'il devrait foncer dans le tas. C'est donc ce qu'il fit, il se jeta tête la première sur le premier gorille et poussa de tout son poids pour essayer de faire tomber son adversaire, malheureusement, l'élève de quatrième année était massif et il ne réussit pas du tout à le faire tomber. Nathan reçut un coup de genou dans le ventre, le garçon crut qu'il allait vomir et cracha de la salive en essayant de reprendre son souffle.

C'est là où il se rendit compte de la futilité du combat, il n'était qu'un garçon de onze qui se battait contre quelqu'un de plus vieux et au moins deux fois plus fort que lui, et pour ne rien arranger, il n'avait aucune expérience au combat.

Il regarda quelques secondes Will qui semblait s'en sortir bien mieux que lui malgré le fait qu'il saignait du nez. Son camarade esquivait assez facilement les coups de son adversaire et fit tourner violemment la porte du compartiment qui arriva en plein dans la tête de son adversaire, il se reçut quelques éclats de verre dont il essaya de se protéger.

Nathan décida de prendre exemple sur Will, quitte à être déloyal autant l'être jusqu'au bout, son adversaire s'avança vers lui, étant sûr de sa victoire, Clermont profita de l'absence d'attention de son adversaire pour lui donner un coup surprise dans les parties sensibles, celui-ci se baissa de douleur en touchant ses bijoux de famille et le jeune sorcier lui mit un uppercut qu'il avait appris lorsqu'il était allé voir un match de boxe avec sa mère, le seul sport moldu qu'elle appréciait, et réussit à le mettre à terre. Il ne savait pas s'il s'était évanoui ou non mais il s'en fichait, la seule chose qu'il voulait maintenant, c'est être un peu au calme.

Il avait mal, sa joue lui brulait encore toute la mâchoire et l'envie de vomir n'était pas partie, il était fatigué. Il ne savait pas si c'était le fait d'avoir gagné ou si c'était l'adrénaline mais il se sentait mieux que jamais. Il regarda William qui lui aussi essayait de se remettre de ses émotions. Ses cheveux blonds en brosse étaient tout décoiffés, son nez saignait toujours, et il avait des éraflures sur le visage dut aux éclats de verres de la porte défoncée. Il lui sourit comme il n'avait jamais souri à personne. Le né non-magique s'avança devant lui et lui tendit son poing :

-Alors, proposa celui-ci. Amis ?

La réponse était évidente, il tapa dans le poing qu'il lui était tendu.

-Bien sûr, répondit Nathan. J'espère juste que je ne t'embarquerais pas dans une bagarre à chaque fois qu'on se verra.

-Si tu pouvais éviter ce serait cool, lui quémanda Will.

Ils se ressaisirent donc et sortirent du compartiment avec tous les élèves qui les regardaient très certainement bouche-bés. Nathan essaya de se faire tout petit face à tous les regards pesant sur lui. Lui qui ne voulait pas attirer l'attention on peut dire que c'est réussi, il s'était battu avec trois quatrième année et avait embarqué avec lui un né non-magique.

Will, lui, regarda avec presque un sourire extatique tous les élèves et les regarda un à un, faisant bien signifier qu'ils feraient mieux d'éviter de s'en prendre à eux. Nathan suivit son ami qui l'embarqua dans le fond du couloir. Il dévalait dans les couloirs, essayant de chercher un compartiment vide. Après près d'une demi-heure de recherches. Ils réussissent à en trouver un tout au fond du carrosse qui était vraiment isolé des autres. Ils entrèrent dans le compartiment.

-Voilà, s'exclama Will. Là au moins personne ne nous fera quoi que ce soit.

Nathan installa ses affaires qu'il avait repris mais vit que les affaires de quelqu'un d'autre y étaient déjà.

-Il y a déjà les affaires de quelqu'un, l'informa le jeune sorcier. Une certaine Linda Jyns

-Elle est surement partie voir quelqu'un d'autre, supposa le né non-magique. Elle reviendra chercher ses affaires plus tard.

Les deux élèves se posèrent sur les chaises et soufflèrent un bon coup, ça faisait du bien d'être au calme. Ils restèrent ainsi pendant de longues minutes, ne disant rien sinon des commentaires évasifs sur les blessures de l'un et de l'autre.

-Bon, fit enfin William. Tu me dois peut-être des explications après tout ça.

Nathan baissa les yeux et serra les poings, il devrait le faire un jour mais comment tout expliquer à Will ? Lui-même ignorait la raison de la haine envers sa famille.

-Attention je ne t'obliges à rien, le rassura Will. Si tu ne veux pas, il n'y a pas de problème, j'accepterais.

Le fils Clermont sourit face à la prévenance de son ami. Non. Il devait lui dire. Il lui devait bien ça.

-J'ai une condition, proposa Nathan. Je te dis tout ce que je sais et tu me dis comment tu as appris à te battre.

Son ami accepta et commença donc son récit et lui apprit la raison pour laquelle il avait appris à se battre. Finalement c'était quelque chose de très commun, il avait appris à se battre à cause des personnes voulant voler son porte feuilles dans les rues sordides de Paris. Il lui raconta aussi ses difficultés financières et lui parla également de son frère qu'il semblait aimer plus que tout. Mais il ne parla aucunement de ses parents et le jeune sorcier se dit qu'il n'était pas le seul à avoir eu une enfance difficile.

Le fait que Will s'était quelque peu ouvert à lui renforça sa décision de tout lui raconter, il lui conta la déchéance de sa famille et toutes les fois où sa famille et lui s'étaient fait insultés dans la rue, ou humiliés par un marchand. Parler de tout ça à d'autres personnes que sa mère ou sa sœur lui fit du bien. Ça le libérait d'un poids qui tenait sur ses épaules depuis bien trop longtemps. Pendant tout son récit, Nathan remarqua que son ami n'arrêtait pas de toucher son collier qu'il portait au cou.

Une fois ces conversations terminées, Nathan essaya de changer de sujet :

-Tu sais qu'on va surement avoir des problèmes avec ce qu'on a fait ?

-Je ne suis pas bien étonné, fit remarquer son ami. Quel genre de sanctions on aura ?

-Des heures de retenues, essaya de se rappeler le sorcier. Ma gouvernante m'a raconté une fois, elle avait dû aller dans les montagnes environnantes avec un professeur et elle m'a dit que même elle ne faisait pas la maline.

William fronça les sourcils et demanda ou l'école se trouvait réellement et il répondit que c'était dans les Pyrénées mais que l'endroit avait différents sorts pour empêcher les non-magiques d'entrer, William en profita pour lui poser plusieurs autres questions auxquelles il s'empressa de répondre. Le voyage passa ainsi bien plus vite et avec quelqu'un avec qui discuter et rigoler, le voyage fut même bien plus plaisant que ce à quoi il s'était attendu au départ.

Éric de Hasbourg

Tu devrais savoir ce que c'est d'avoir un nom dur à porter. Ces mots résonnèrent encore et encore dans l'esprit d'Éric. Il ne savait plus vraiment quoi penser et remarqua à peine la victoire de Will et Nathan qui importait bien peu pour le moment. Mais qu'est-ce qu'il lui avait pris à la fin ? Pourquoi il n'avait pas aidé Nathan ?

Malgré toute la réflexion du monde, il ne réussit pas à répondre à ces questions. Il avait été bloqué par quelque chose dont il ignorait la présence jusqu'à maintenant. Quelque chose qui l'empêchait visiblement de penser clairement.

Il se posa nonchalamment sur l'un des fauteuils du compartiment et regarda sa sœur visiblement inquiète pour lui puisqu'elle lui demanda :

-T'es sûr que ça va ? T'es tout pale.

Éric regarda Amélie quelques secondes, il devait lui en parler, elle saura peut-être quoi faire. Elle avait toujours été là pour lui peu importait la situation. Sa sœur le regarda dans les yeux et le fils Hasbourg était presque sûr qu'elle allait deviner ce qui n'allait pas, c'était presque comme une seconde nature pour elle, lire dans les gens.

-C'est à cause de Nathan, devina Amélie. Tu t'en veux de ne pas l'avoir aidé c'est ça ?

Toujours aussi perspicace, il s'étonnera toujours de la facilité avec laquelle elle lisait les pensées des gens.

-Tu penses que j'ai bien fait de ne pas l'aider ?

Amélie continua de triturer ses cheveux, une habitude qu'elle a lorsqu'elle réfléchissait, et répondit :

-Honnêtement ? Oui. Tu es un Hasbourg Éric, ce n'est à toi que je vais l'apprendre, ton entrée sera remarquée par tout le monde ici alors si tu t'engages dans une bagarre dans le carrosse, les choses n'auraient fait qu'empirer. Et puis, notre mère aurait détesté ça.

C'est sûr qu'elle aurait très certainement envoyé une beuglante ou au moins une lettre d'au moins dix pages ou elle l'incendierait de toutes les manières possibles et imaginables., du moins, si elle aurait encore été en vie.

Éric se gratta la tête en signe d'incompréhension et décida de laisser ça de côté pour le moment, c'était sa rentrée à Beauxbâtons après tout, il avait attendu ce jour si longtemps ! Ce n'était pas pour le gâcher maintenant. Mais avant il va devoir régler quelque chose avec Amélie, malgré les efforts de sa sœur pour ne pas le montrer, il avait bien vu avec quel mépris elle s'adressait à Will. Lorsque le fils

Hasbourg parla de ce problème à la jeune fille, celle-ci s'emporta quelque peu tout en se mordant les lèvres :

-Il faut que tu fasses attention à tes relations Eric, Papa t'as déjà prévenu que certaines personnes venant vers toi ne le feraient uniquement parce que tu es le fils de quelqu'un d'important. Peut-être que ce Will en fait partie.

Éric n'arrivait pas à y croire, si même sa sœur le protégeait de n'importe quelle personne qu'il rencontrait, il n'allait pas aller loin. On lui a répéter toute sa vie qu'il fallait qu'il fasse attention à cause de la célébrité de son père. Il avait bien compris le message mais malgré tout, on continuait de le lui rabâcher sans cesse, il en avait marre.

-Mais enfin ! S'emporta Éric. Amélie ! Ses parents sont des non-magiques !

-Et comment tu sais ça ? questionna sa sœur quelque peu suspicieuse. Il aurait très bien pu faire semblant.

était avec lui pour l'accompagner, rétorqua-t-il. Tu penses qu'il aurait eu une raison pour me mentir lui aussi ?

Le visage de fille Hasbourg se crispa devant la réponse évidente qu'elle allait donner :

-Aucune, lâcha-t-elle résignée.

Lorsqu'Éric alla rajouter quelque chose, il entendit une voix étouffée derrière la porte du compartiment et se retourna donc pour apercevoir la personne. Le fils Hasbourg n'arrivait qu'à reconnaitre une longue chevelure blonde à travers l'épais verre de la porte qui ne permettait pas une identification claire de la personne. Éric et Amélie se regardèrent, ils n'attendaient pas d'autres personnes.

Lorsqu'ils ouvrirent la porte, Éric reconnut tout de suite la personne qui se tenait en face d'elle, cette longue chevelure d'or, ces yeux noisette munis de lunettes rondes et ce nez aquilin ne pouvaient appartenir qu'à une seule personne :

-Alice ! s'étonna Éric. Ça fait longtemps qu'on ne s'est pas vu, deux trois mois c'est ça ?

La fille de Éric Villier se posa sur un des fauteuils et eut un sourire des plus chaleureux à Éric et sa sœur. Contrairement à son père, le corps de la jeune fille était quelque peu bedonnant.

-Un petit peu plus, répondit la jeune blonde.

-Qu'est-ce que tu fais ici ? demanda Éric qui maudissait sa propre bêtise. Enfin je veux dire, je sais ce que tu fais dans ce carrosse, mais pourquoi venir ici, je ne veux pas dire que tu me dérange attention mais…

-Éric, la prévint Amélie. Tu recommences.

Celui-ci arrêta son flot de parole. Éric avait la fâcheuse habitude à s'emmêler dans ces paroles et au final, ne dire que des choses incompréhensibles, et en temps de stress c'était encore pire. La jeune fille eut un rire tout en retenue devant la gêne d'Éric.

La famille Hasbourg rencontrait généralement une fois par mois celle des Villier. Pendant cette réunion, les parents discutaient entre eux et se donnaient quelques anecdotes pendant que les enfants allaient jouer dans leurs chambres ou au Quidditch. Éric avait toujours apprécié la présence d'Alice, elle était tout l'inverse de son père qui était parfois un peu maladroit et gaffeur selon les confidences de la fille Villier, elle était une jeune fille tout en retenue qui imposait son calme et sa prestance aussi naturellement que possible. Elle ne se moquait jamais de personne ou n'avait jamais de paroles mal venues. Elle était appréciée de toute la famille grâce à sa gentillesse légendaire, sa sociabilité et son calme. Éric était très heureux de la trouver ici. Tout à coup, le fils Hasbourg fut extirper de ses pensées grâce aux explications d'Alice de sa présence ici.

-J'ai remarqué la bagarre dans le couloir, comme tout le monde. Enfin, disons que ma situation fut quelque peu différente. J'étais dans le compartiment juste à côté.

A ce moment-là, Éric eut un déclic et demanda machinalement :

-Ils vont bien ?

Alice sourit à son ami.

-Bien sûr. J'ai remarqué que l'un d'entre eux saignait du nez mais le fils Clermont … euh …

-Nathan, lui rappela Amélie.

-Merci, remercia la blonde. Nathan, eh bien il n'avait pas l'air d'aller mal même s'il avait du mal à respirer. Le garçon qui était avec lui, c'est un de vos amis ?

Éric regarda sévèrement sa sœur qui essaya vainement de se cacher derrière sa masse de cheveux noirs.

-C'est un de mes amis pour l'instant, répliqua le jeune homme.

Alice regarda les deux personnes se regardant face à face et parut percevoir le léger froid entre le frère et la sœur.

-Vous m'expliquez ? demanda très gentiment la fille Villier.

Éric lui raconta donc le problème qu'il y avait avec Amélie et Will, il n'y avait pas meilleure qu'Alice pour désamorcer un conflit, c'est tout le temps elle qui réglait les discordes. Après son explication, Alice se gratta la tête pour réfléchir et proposa finalement qu'Amélie s'excuse envers William.

-Quoi ?! fit Amélie en entendant cela. Jamais de la vie je m'excuserais auprès de lui. On ne sait pas si on peut lui faire confiance.

Éric remarqua que sa sœur s'était une nouvelle fois mordue la langue, il regarda Alice et ils eurent un sourire complice.

-Amélie, prévint Alice avec prévenance. Tu mens, tu te mords toujours la lèvre quand tu mens. La fille Hasbourg bouda quelques secondes et lâcha finalement le morceau :

-D'accord. J'irai m'excuser.

-Et ? continua malicieusement Éric.

-Il m'énerve ! s'emporta Amélie. D'habitude avec n'importe lequel personne je sais si vous êtes en colère ou pas. Avec lui, je n'arrive à rien. Même pendant qu'il engueulait les autres élèves il gardait un visage neutre.

C'était donc ça qui l'énervait autant chez lui. Ce n'était pas si étonnant, un rien pouvait la contrarier. Une fois, la sœur d'Éric s'était énervée contre lui uniquement parce qu'il n'avait pas mis sa robe correctement.

-Pas de quoi en faire tout un fromage Amélie, lui conseilla Alice. C'est peut-être juste quelqu'un de fermé. Ou peut-être est-ce juste parce que tu n'as jamais essayé ça avec une autre personne que ceux de ta famille. Vraiment Amélie, les raisons sont nombreuses et tu ne devrais pas t'inquiéter de ça.

Comme à son habitude, les arguments de la blonde firent mouche et Amélie ne tarda pas à se calmer.

-Bon, fit Éric pour changer de sujet. Qui est partante pour une partie de Bataille explosive ?

-J'en suis, s'exclama de suite Amélie.

-Pareil, confirma Alice.

Alors Éric commença à distribuer les cartes et le voyage se passa tout de suite beaucoup mieux.