Nos personnages arrivent enfin à Beauxbâton ! Encore un autre point de vue pour ce chapitre, oui je sais ça fait beaucoup Il y a le point de vue de cinq personnages différents dans cette fan-fic. Bref, j'espère que le chapitre va vous plaire même si la véritable intrigue débute doucement. N'hésitez pas à me dire quel personnage vous plaît pour l'instant ^^
Chapitre 4 L'inconnue
Amélie de Hasbourg
Amélie ne savait pas vraiment comment se comporter en sortant du train. Elle savait qu'elle devrait s'excuser envers Will en voyant mais sa fierté lui interdisait de le faire. Après tout ce n'était pas de la faute d'Éric ? Il aurait dû lui expliquer que William était un né non-magique ! Comment aurait-elle pu deviner ?
C'est avec une colère contenue qu'Amélie sortit du carrosse qui était finalement arrivé avec Éric et Alice. Tout se passa comme sa mère le lui avait décrit, les premières et deuxièmes années se regroupaient tous autour d'une personne rachitique, les yeux cernés avec un air fatigué. Il portait également un bonnet de laine et un épais manteau pour se protéger de la fraîcheur. Sa posture n'avait rien d'engageant, la jeune fille se demanda même s'il n'allait pas s'écrouler d'un instant à l'autre. Il avait dans ses mains une sorte de bocal avec des petites créatures à l'intérieur émettant une forte lumière et une bouteille de Cola en verre qu'il buvait machinalement grâce à sa paille. Une fois la plupart des élèves regroupés, Amélie vit William et Nathan sortant du train, tous les deux avaient leurs cheveux dans un état pitoyable et leurs vêtements étaient plutôt sales. Malgré cela, les deux compères avaient l'air de bien s'entendre. Au moment de partir vers William, la personne avec son cola commença son discours d'un air monotone :
-Bienvenue à Beauxbâtons, l'une des meilleures écoles du monde, ayant eu 62 lauréats du Tournoi des Trois sorciers et a abrité en son sein des personnalités prestigieuses telles que Olivia Tournefleur et Paul Folenbois. Les règles sont simples : vous me suivez calmement jusqu'au lac que vous pouvez voir d'ici. Vous allez ensuite être présenté aux autres élèves. La Directrice fera un discours afin de vous expliquer l'intégralité de ce que vous aurez besoin de savoir. Et au cas-ou certains d'entre vous souhaitent connaître mon prénom, ce dont je doute, je suis Zacharias, l'homme à tout faire de ce château.
Le prénommé Zacharias avait déclaré son discours d'une manière si automatique et monotone qu'il avait dû le répéter des centaines et des centaines de fois auparavant pour être sûr de ne pas l'oublier. La fille Hasbourg souffla intérieurement et partit en direction de l'ami d'Éric. Celui-ci ne fut nullement surpris de la voir se diriger vers lui au contraire de Nathan qui baissa la tête et recula de quelques pas.
-Oui ? Demanda Will.
-Bon, commença-t-elle tout doucement. Je n'ai pas vraiment envie de le faire mais je pense que je te dois quand même des excuses. Alors je m'excuse de m'être comporté comme ça. Pour ma défense je pensais que tu voulais profiter de la popularité d'Éric et je ne savais pas que tu étais né non-magique.
Son interlocuteur sourit de plus belle et pointa le doigt vers Éric.
-J'accepte ton excuse, l'informa le né non-magique. Mais ce n'est pas à moi que tu devrais dire ça, je pense qu'il sait choisir ses amis, il n'a pas vraiment besoin que tu le couvres comme ça.
Le visage de Amélie devint rouge de colère. Comment osait-il ? Elle était venue auprès de lui pour s'excuser et lui, il se donnait l'air d'un donneur de leçons. Comment Éric a pu devenir ami avec un gars pareil ? Il n'arrêtait pas de juger les gens sans savoir ! Ici, avec elle et dans le train avec les élèves. Ce gars se croyait meilleur qu'eux ou quoi ? Et le pire c'est qu'il se permettait de rire de son énervement.
-Pardon de te dire ça, s'excusa Will. Mais ton visage est rouge de colère ou de frustration. Je ne sais pas pourquoi tu ne m'aimes pas, mais visiblement tes excuses n'ont pas changé ton avis sur moi.
Amélie ne prit pas en compte le commentaire du garçon et repartit avec un « Mphm ! » le plus méprisant qu'elle put. Elle aura beau faire des efforts, elle ne pense pas qu'un jour Will et elle puisse s'entendre. Elle partit donc rejoindre son frère et la fille d'Éric Villier.
-Alors ? demanda directement Éric.
-Je me suis excusé, raconta-t-elle. Il a accepté mes excuses.
-Et ? questionna Alice.
-Et je ne l'apprécie pas pour autant ! Ce garçon m'exaspère, il pense tout savoir sur tout !
-Il faut dire que tu es dans la même catégorie, commenta Éric. Niveau Mademoiselle je-sais-tout, tu es en haut du panier.
La fille Hasbourg donna un regard noir à son frère lui faisant signifier que ce n'était pas du tout la même chose.
Pendant qu'Amélie était partie s'excuser, Zacharias avait presque fini de vérifier si tout le monde était là. Il fronça les sourcils et recompta une nouvelle fois, il vérifia sa liste d'élève et cria :
-Est-ce qu'une certaine Linda Jyns est ici s'il vous plaît ?
Les élèves se regardaient tous entre eux, cherchant cette certaine Linda. Personne ne l'avait apparemment aperçue mais des murmures inquiets se firent entendre.
-Bon, est ce que l'un de vous aurait au moins aperçut ses affaires ? demanda l'homme à tout faire.
Cette fois-ci se fut Will qui leva la main, tout le monde se tourna vers lui.
-Nous monsieur ! On a vu sa valise et deux sacs, ils sont à l'extrémité droite du premier étage, tout au fond.
Zacharias eut un froncement de sourcils devant la peur grandissante des enfants.
-Ne vous inquiétez pas, les assura-t-il. Ce n'est pas la première fois qu'un élève se perd dans ce carrosse, on retrouvera cette jeune fille et ses affaires seront acheminées dans l'école en attendant qu'elle soit retrouvée. Maintenant, suivez-moi s'il-vous plaît.
Amélie, Éric et Alice ne semblaient pas si inquiets que ça, leurs parents les avaient prévenus que nombre de choses bizarre se passaient à l'école de sorcellerie et que les professeurs avaient l'habitude de gérer ce genre de problèmes.
Les élèves marchèrent quelques minutes jusqu'au lac qui avait plusieurs petites embarcations sur sa côte. Les élèves ayant déjà été prévenu du processus s'engagèrent dans les barques tandis que d'autres attendaient les instructions de Zacharias.
-Montez dans les barques et ne touchez pas aux rames, un sort a été jeté sur elles pour qu'elles vous emmènent à l'école. Il ne faut pas que vous soyez plus de quatre par barques. Croyez-moi vous ne voudriez pas rencontrer le calamar géant qui se trouve dans ce lac.
Pour la première fois, les trois élèves et amis se regardèrent presque de peur.
-Il plaisantait hein ? espéra Éric.
-Je ne pense pas, le contredit Amélie. Ce n'est pas le genre de trucs sur lequel il plaisanterait.
Amélie commença à entrer dans la barque lorsqu'elle s'aperçut qu'ils ne seront pas quatre lorsqu'Alice cria soudain :
-Hé William ! Tu veux venir avec nous ?
Amélie se tourna vers son amie qu'elle regardait d'un air méprisant. La blonde, elle, lui fit un grand sourire.
-Quoi ? fit-elle. Il faudra bien s'entendre avec lui un jour ou l'autre.
Le né non-magique fit quelques signes à l'embarcation du trio et répondit :
-Ouais ! Attendez deux secondes.
Puis il se retourna vers Nathan et eut quelques mots avec lui, Amélie ne savait pas sur quoi était la conversation mais Nathan fit un non vigoureux de la tête. Son ami lui sourit et lui donna une petite tape sur l'épaule et se dirigea vers elle.
Génial, se dit-elle. Il va falloir se le coltiner pendant tout trajet. Une fois arrivé, Alice commença les présentations avec William :
-Moi, c'est Alice Villier. Mon père m'a parler de toi, il m'a dit que tu étais quelqu'un d'intéressant.
-Eh bien, répondit Will en regardant la robe d'Alice. Merci de l'invitation en tout cas. Et très sympa l'emblème. C'est celui de ta famille ?
-Effectivement, confirma l'intéressée. C'est une règle obligatoire de l'école depuis quelques années :
« Les élèves appartenant à une famille noble se doivent de porter l'écusson de leur famille sur leur robe de sorcier ».
En commençant le chemin vers Beauxbâtons, les deux garçons, Éric et Will, commencèrent à discuter et rigoler ensemble à l'avant de la barque laissant Amélie et Alice entre filles.
-Il ne m'a pas l'air si méchant que ça, lui murmura Alice.
-Ne te fais pas avoir, la prévint Amélie. Il pensait peut-être tout le contraire.
-Tu te fais peut-être des idées. Quelqu'un qui sauve un élève d'une bagarre ne peut pas être mauvais.
-Il voulait juste faire son intéressant.
Amélie savait qu'elle ne faisait que s'entêter à essayer de lui trouver le moindre défaut seulement parce qu'elle ne l'appréciait pas. Elle regarda Éric en train de rire à plein poumons sur une blague que lui faisait certainement Will. En voyant son frère si heureux, elle se dit que ça valait bien quelques efforts de sa part.
Les élèves étaient arrivés à destination et commençaient enfin à voir le château de près. Amélie en resta bouche-bée. C'était une chose de voir une photo mais le voir en vrai en était une autre. Elle se sentait toute petite face à l'immensité des tours du château, elle vit qu'une brique faisait le tiers de sa taille et en eut le vertige. Si le château était si haut que ça, elle n'avait pas envie d'aller dans la tour d'astronomie ! L'architecture typique des châteaux français était présente sauf que celui-ci était trois fois plus grand avec très probablement plusieurs étages. Amélie put même apercevoir que les bordures de fenêtres étaient dorées.
En entrant dans le château, la fille Hasbourg reconnu cet endroit comme étant chez elle tant ses parents lui en avaient parlés. La première chose qui lui sauta aux yeux était la lumière. Les bougies et les braseros donnaient une lumière chaleureuse à l'ensemble qui se reflétait sur la vieille pierre blanche du château. Les tableaux et les Tapis étaient légions, certaines peintures commençaient déjà à vouloir discuter avec les élèves mais certains reculaient devant ce phénomène. A la maison, il n'y avait qu'une seule peinture qui parlait et bougeait et Amélie avait toujours évité de lui parler. Même aujourd'hui devant toutes ces peintures, elle hésitait encore. Éric et Alice étaient en train de discuter de leurs informations communes sur le château tandis que William répondait aux tableaux avec une aisance remarquable tout en essayant de remettre en place ses cheveux blonds brossés. Amélie se demandait presque qui des deux était nés dans un monde moldu.
Les feux-follets présents dans le carrosse étaient également ici, au grand dam de plusieurs personnes qui crièrent de peur en voyant de petites flammes argentées foncer sur eux. Cependant ce qui surprit la jeune fille fut les deux énormes braséros ayant deux fois la taille de leur accompagnateur Zacharias. Les flammes de ce braséro étaient dorées mais il y avait quelque chose qui la gênait lorsqu'elle regardait cette flamme. Elle en ignorait la raison, mais la vue de cette flamme la mettait mal à l'aise. Visiblement, ce sentiment fut partagé par l'ensemble des élèves car la foule s'arrêta au moment de passer au milieu de ces deux braséros. Zacharias passa cet obstacle sans même ralentir et les informa :
-Ne vous inquiétez-pas. Ces flammes ne vont feront aucun mal. Vous ressentez un malaise uniquement la première fois que vous passez devant. C'est un système de sécurité créée par un ancien professeur de sortilèges, si une personne passe en ayant des intentions malveillantes, les flammes deviennent argentées. C'est seulement pour éviter les intrusions.
Après ces explications, les élèves se regardèrent anxieux à l'idée de traverser le feu mais un élève commença et lorsqu'il passa, les autres lui emboitèrent le pas. Sur le chemin, certaines personnes rencontrèrent des armure complètes qui semblaient animées de vie et faisant des rondes. D'après
Zacharias, ces armures servaient de vigile et Amélie se disait qu'avec leurs immenses épées, elle n'avait pas intérêt à les énerver.
Une fois la série d'escaliers montés, les élèves arrivèrent en face d'une énorme porte qui est surement celle du Réfectoire décrite par le père d'Amélie. On voyait bien que la porte avait été restaurée récemment puisque certaines dorures brillaient de mille feux et le bois de la porte avait été changé.
Un homme d'une soixantaine d'années avec le crâne muni de seulement quelques cheveux blancs se tenait devant eux. Il avait des lunettes de forme rectangulaire, des petits yeux marrons et il était tellement maigre qu'on voyait certains de ses os. En plus de cela l'homme tenait un papier dans sa main qui devait surement être la liste des élèves, cependant, ses mains tremblaient tellement qu'Amélie eut peur qu'il fasse tomber son parchemin.
-Bien, dit-il d'une voix chevrotante mais malgré tout assez forte pour qu'on l'entende. Bonjour à tous, je suis le professeur Minsley, j'enseigne la métamorphose. Derrière cette porte se trouve le Réfectoire, c'est ici que vous mangerez avec tous les autres élèves. Malheureusement, à cause du nombre d'élèves, notre salle n'est pas capable de contenir tout le corps étudiant vous ne verrez donc pas tout le monde aujourd'hui. Ceci-dit, tous les professeurs sont présents. Après ceci, vous irez dans vos chambres respectives, les chambres ont cinq places chacune et la répartition des élèves a déjà été faite. L'un de vous a-t-il des questions ?
A cette nouvelle de nombreux murmures se sont faits parmi les élèves, Amélie, Éric et Alice, eux, n'étaient pas surpris puisque leurs parents les avaient prévenus auparavant. La fille Hasbourg aperçut aussi Nathan perdre son sourire suite à cette nouvelle.
-Bien, déclara le professeur. S'il n'y a aucune question, veuillez me suivre dans ce cas.
Lorsque Mr. Minsley se retourna, la porte du Réfectoire s'ouvrit et un grand « Wouah ! » unanime se fit entendre. La première chose qui étonna Amélie fut le nombre d'élèves. Sur chacun des quatre étages, des centaines et des centaines d'élèves étaient assis sur leurs tables et les regardait défiler dans le couloir de la salle. Chaque étage contenait au moins une cinquantaine de tables munies de huit places chacune. Sur les tables reposaient des nappes dont les motifs semblaient se déplacer sur la nappe à la manière de certaines photos sorcières, la vaisselle était en porcelaine et de l'argenterie coutant probablement très cher était posée sur les côtés. Au plafond se tenaient d'immenses voutes donnant le vertige tant elles sont imposantes et d'immenses lustres y étaient fixés illuminant de manière chaleureuse la place.
L'attention d'Amélie fut quelques secondes concentrées sur les immenses vitraux sur le côté du mur, les personnages et créatures représentées dessus se baladaient de vitrail en vitrail à la manière des tableaux vivants qui pouvaient visiter d'autres tableaux que le leur.
Elle oublia vite ce petit détail car elle était tellement occupée à admirer la salle qu'elle ne s'était même pas aperçue qu'ils étaient déjà arrivés proche de la table des professeurs qui étaient en surélévation de manière à avoir un point de vue sur l'étage entier. Amélie sentait le stress monter à l'idée d'être devant ces centaines de personnes.
La jeune fille avait entendu parler de la Directrice de Beauxbâtons mais la voir en vrai était tout autre chose. La fille Hasbourg ne s'intéressait pas vraiment à la mode mais même elle avait entendu parler de Louise de Monet. La femme subjugua les garçons aux alentours qui la regardait d'un air ahuri, même pour Amélie sur qui l'effet de séduction est moins puissant dû à son statut de femme, elle avait beaucoup de mal à ne pas la regarder avec admiration. Sa peau semblait encore plus douce que de la soie et ses yeux scintillaient tels des diamants, ses cheveux longs et blanchâtres sublimaient ce visage anormalement fin et sa posture noble et droite amplifiait son apparence presque divine. Amélie avait l'habitude de vivre avec Éric qui était un demi-vélane mais la différence entre lui et une véritable vélane était tout autre.
La Directrice Monet visiblement consciente de l'effet qu'elle faisait à ses jeunes élèves attendit quelques minutes pour commencer son discours d'une voix forte :
-Bienvenue à Beauxbâtons mes chers élèves. Je me présente je suis la Directrice Monet et moi ainsi que tous les professeurs ici présents somme très heureux de vous voir. Mais avant de commencer le banquet j'aimerais tout d'abord vous annoncer quelques règles très importantes : Première règle, vous verrez lorsque vous sortiraient du château que différentes tours et bâtiments sont adjacents au château. Je vous prierais de ne pas entrer dans ces endroits, ce sont des lieux ou des étudiants ayant fini leur formation ici se spécialisent dans différents domaines. Aucun dérangement ne sera toléré.
-La seconde règle concerne votre emploi du temps, pour ceux qui l'ignorent, vous n'aurez cours que lors de la matinée. L'après-midi sera consacrée au club ou à l'association à laquelle vous adhérerez. Vous avez jusqu'à la fin du premier mois pour choisir quelle activité sera la vôtre.
A cette nouvelle, beaucoup d'élèves eurent un sourire extatique.
-Troisième règle, continua Mme Monet. Il est interdit de sortir du château et d'explorer le massif montagneux sans l'assistance d'un professeur. Les Pyrénées contiennent de nombreuses créatures très dangereuses qui vous tueraient sans hésiter. Et enfin dernière règle, ne vous introduisez pas la nuit à l'intérieur de cette demeure autre que vos chambres, les armures vivantes que vous avez vues sont là pour protéger l'endroit et sont également chargées de vous capturer s'ils vous voient.
Une fois le discours fini, certains élèves se regardèrent légèrement apeurés, rapidement rassurés par la Directrice :
-Mais je vous assure que tout se passera bien tant que vous respecterez ces règles. Quoi qu'il en soit, je vous invite à profiter du banquet qui vous sera servi dans quelques minutes.
Effectivement, le banquet avait de quoi engaillardir n'importe qui. D'immenses plateaux de nourritures commençaient à sortir de diverses embouchures au sol sur lesquels il y avait de tout : de grands animaux à la broche assortis avec divers légumes, une montagne de frites qui pourraient nourrir un régiment entier, des gâteaux de toutes les couleurs donnant l'eau à la bouche et une sorte de soupe qui ne donnait clairement pas envie.
-Pouah ! fit Amélie se pinçant le nez en sentant la soupe et s'asseyant sur une table avec ses amis. Qu'est-ce que c'est que ça ?
Alice regarda la marmite et dit d'une manière dédaigneuse :
-C'est de la bouillabaisse. Une sorte de soupe de poisson, je ne te conseille pas d'en manger c'est tout bonnement infect.
Le reste du repas se passa sans problème malgré les nombreuses personnes qui souhaitaient engager la conversation avec Éric et elle en posant des questions sur leur père. Et heureusement pour eux, Alice et William les rembarraient rapidement. Les conversations allaient bon train tout en étant interrompue par plusieurs personnes essayant de les recruter dans l'un ou l'autre de leurs clubs. Devant l'insistance de certains, elle leur promit d'aller voir le club de cuisine avant ce soir. Éric discutait lui avec un membre du Club d'alchimie tandis qu'Alice évitait cette discussion autant que possible, elle avait assez entendu parler d'alchimie chez elle pour en avoir aussi à l'école.
Après le repas, Amélie se sépara de ses amis afin de rejoindre le club de cuisine comme elle l'avait promis tandis que les autres allaient vers d'autres personnes pour découvrir diverses activités. Le visage d'Amélie se crispa lorsqu'elle s'aperçut que Nathan Clermont la suivait pour se présenter au club des Morpho-viticulteur qui, visiblement, était obligé d'accueillir n'importe quel élève voulant venir au club puisque leurs visages montraient clairement le dégoût qu'ils avaient d'accueillir un Clermont en leur sein. Amélie elle-même était réticente à l'idée.
Malheureusement pour Nathan et la fille Hasbourg, le château était un vrai labyrinthe. Amélie arrêta de compter le nombre de couloirs et de porte qu'ils passaient au bout d'une vingtaine. Heureusement que les élèves plus grands leur indiquaient le chemin car sinon elle aurait pu se perdre pendant des heures jusqu'à trouver le bon chemin. La jeune fille se demanda la nécessité de faire tout ce chemin alors que la cuisine était juste en dessous du Réfectoire.
La cuisine n'était pas du tout comme elle s'y était attendu, chez elle, sa mère étant né non-magique elle faisait de la cuisine sans aucune magie. Amélie appréciait souvent l'aider lors de diverses préparations aussi s'était-t-elle dit que le club de cuisine lui irait parfaitement. Malheureusement, sa déception fut immense lorsqu'elle vit la cuisine du château. Les tables étaient certes très grandes avec d'immenses étagères de nourriture variée avec un tas d'ustensile sur les murs et des fours immenses en terre cuite certes, mais lorsqu'elle vit que la cuisine se faisait via la magie, son envie de rejoindre ce club la quitta.
N'ayant pas envie de quitter seule la cuisine pour se perdre dans les couloirs, elle décida avec une certaine appréhension de rejoindre Nathan et le Président du club de Morpho-viticulture qui commençait à expliquer les activités du club :
-… et donc voilà un exemple de ce dont vous avez bu ce midi. Ce que je tiens dans la main est une bouteille de Morpho-vin à la framboise. Mais vous trouverez ici certaines bouteilles que vous pourrez goûter pour votre plus grand plaisir. Notre activité consiste à produire ces bouteilles de vin via une plante unique au monde appelée la morpho-vigne, la particularité de celle-ci est qu'elle peut produire diverses matières pour du vin qui peut avoir n'importe quel goût. Cela peut aller du Marshmallow jusqu'au citron. Si vous vous demandez l'intérêt de rejoindre ce club les voici : Premièrement, les membres de ce club ont une autorisation de la direction afin de venir ici même la nuit. Comprenez que ce club finance une grande partie de l'école. Ensuite, ce club vous permet de vous améliorer dans diverses matières comme l'alchimie, la botanique la métamorphose et les sortilèges. Beaucoup de nos adhérents sont parmi les meilleurs élèves du château. Et maintenant je vous invite à goûter certains de nos mets, ne vous inquiétez pas, beaucoup sont sans alcool.
Plus le Président expliquait les matières de club, plus Amélie souhaitait rejoindre ce club et son impression se renforça lorsqu'elle goûta une bouteille de Morpho-vin à la rose qui la rendit presque amoureuse de ce club, elle dut faire un effort conséquent pour ne pas finir la bouteille.
L'après-midi passa aussi rapidement que le dîner, les discussions allaient bon train et Amélie fut rapidement amenée vers sa chambre qui était bien trop grande pour les quelques personnes qui y résidaient. Le problème, c'était surtout les énormes lits à baldaquins qui prenaient toute la place. Il y avait à peine la place pour placer un coffre heureusement sous un sort d'Expansion permettant de stocker toutes les affaires des élèves. Malheureusement pour elle, la notoriété de son père la suivait partout, en atteste les trop nombreuses questions que lui posaient ses camarades de chambre qui ne donnait pas envie à la fille Hasbourg de mieux les connaître.
La seule personne qui ne lui posait pas de questions a finalement réussi à écarter ces filles d'Amélie avec une tirade :
-Allez les filles ! Ouste ! Elle n'a pas que ça à faire que de répondre à vos questions. Allez plutôt ranger vos affaires tiens, rendez -vous utile.
Les filles concernées se rembrunirent face à cette remontrance qui ne leur a visiblement pas plu mais la personne leur ayant parlé avait l'air de s'en foutre complètement. Elle haussa les épaules et sourit avec malice à Amélie. La personne devant elle ressemblait presque à un arc-en-ciel tant son style n'avait aucun sens : Ses cheveux étaient à mi-épaule et coloré en mauve, son pantalon et son tee- shirt était en fluo d'une couleur différente chacun et ses lunettes avaient une monture blanche munies de strass violets. Elle faisait presque mal aux yeux de la fille Hasbourg qui commença la conversation :
-Merci. Je ne pensais ne jamais me débarrasser d'elles. Je me présente, Amélie de Hasbourg, même tu dois déjà le savoir.
-A vrai dire non, l'informa la jeune fille. Je suis né non-magique donc je n'ai aucune idée de qui tu es. Mais bon, ravi de te rencontrer, moi c'est Harmonie, Harmonie de rien du tout vu que je ne fais partie d'aucune famille noble.
-Crois-moi, c'est mieux comme ça.
-Je veux bien te croire. Même si je dois bien avouer qu'avoir son symbole sur son uniforme c'est la classe. Enfin bref, tu as déjà choisi un club ?
Amélie regarda le groupe de filles qui les regardaient maintenant avec une certaine distance. La fille Hasbourg n'allait pas s'entendre avec elles de sitôt.
-Tu n'aurais peut-être pas dut intervenir, confia Amélie. Maintenant, elles vont nous détester.
-Je m'en fous, dit Harmonie. Si elles se vexent pour si peu alors je me passerais de leur amitié. Et donc, tu ne m'as pas répondu. Tu vas dans quel club ?
-Celui des Morpho-viticulteurs.
-Quoi ? Tu vas vraiment aller rejoindre ces rois de la picole ? J'ai goûté leur vin au Banquet. Pouah, ça a un goût de pisse…
-Tu exagères, tu devrais goûter leur…
Amélie s'interrompit soudainement. Elle fronça les sourcils en essayant de se remémorer quelque chose et soudain, ce fut l'éclair. Elle regarda rapidement ses poches et sa robe de sorcier, puis voyant qu'il n'y avait rien, elle regarda avec frénésie dans ses affaires.
-Tu cherches quoi ? demanda Harmonie.
-Ma baguette, répondit précipitamment Amélie en continuant de cherche l'objet.
-Tu l'as peut-être perdue dans la cuisine, supposa sa camarade de chambre.
Mais oui ! Elle se souvint de l'avoir posé sur la table au moment d'avoir goûté quelques vins.
-Mais quelle idiote je suis, annonça Amélie. Je vais devoir la récupérer demain…
-Pas forcément, contesta Harmonie. Tu as tout juste le temps avant le couvre-feu. C'est juste, mais ça passe.
La fille Hasbourg souffla bruyamment, elle allait devoir y aller, elle n'avait pas le choix. Harmonie-lui souhaita bon courage pour ne pas se perdre dans les couloirs.
Le moins puisse dire, c'est que le château ne facilitait pas la tâche, il y avait des dizaines et des dizaines de couloirs avec deux ou trois embranchements de chaque. La jeune fille hésitait à chaque tournant, essayant de se souvenir du mieux possible du chemin prit ce midi. Au bout d'une bonne demi-heure, elle finit finalement par retrouver la cuisine, elle était heureuse d'enfin trouver un endroit un minimum familier. Les couloirs du château n'avaient rien de rassurant la nuit avec son silence oppressant et son ambiance froide en plus des bruits de pas métalliques d'armures censées protéger la demeure.
Une fois entré dans la cuisine elle aperçut quelqu'un qu'elle ne s'attendait pas à voir, et qu'elle ne voulait pas voir : il s'agissait de Nathan Clermont. Dès qu'elle le vit, le sang d'Amélie ne fit qu'un tour et elle l'interpella d'un ton incroyablement froid :
-T'es là pourquoi, hein ? Je parie que tu es en train de voler des bouteilles de vin pour toi seul.
Le visage de Nathan avait pali, à la pénombre, le jeune garçon ressemblait à un fantôme tant son teint était blanc. Il n'y avait que ses cheveux flamboyants qui contrastait avec le tout. Le fils Clermont avait un visage hésitant entre tristesse et honte.
Qu'il soit triste, pensa Amélie. Lui et sa famille le méritent bien.
Elle n'oubliera jamais pas les paroles de son père concernant la mort de leur mère apparemment provoqué par le père Clermont. Quand Amélie voyait Nathan, une vision de la tombe de sa mère s'insinuait dans l'esprit de la jeune fille, elle n'y pouvait rien. Elle détestait ce garçon et tous les mauvais souvenirs qu'il lui rappelait.
-Je ne suis pas ici pour ça, rétorqua Nathan.
Effectivement, Amélie s'aperçut que divers ustensiles du club étaient sur la table avec un livre concernant la production de Morpho-vigne. Le garçon essayait visiblement de s'avancer dans le programme du club. Essayant de l'éviter, elle commença à chercher sa baguette sans discuter plus que nécessaire avec lui. Elle essaya de retrouver sa baguette pendant plusieurs minutes jusqu'à ce que Nathan intervienne :
-Ta baguette est sur un tonneau. A côté de la réserve à bouteilles vides.
La jeune fille alla à l'endroit indiqué sans même répondre à Nathan, récupéra sa baguette et se prépara à sortir puis se ravisa, voulant donner une leçon au garçon.
-Tu sais, commença-t-elle. Que tu ne te feras jamais d'amis ici peu importe les efforts que tu fais ? Tu auras beau être le meilleur Morpho-viticulteur de tout le pays que personne ne t'acceptera. Tes efforts ne servent à rien.
Nathan n'eut même pas l'air surpris ou désappointé. Son visage garda une composition totale.
-Je sais, répondit le fils Clermont. Je sais. Mais j'ai toujours le droit…
-d'espérer ? finit Amélie.
Le garçon hocha la tête de manière presque imperceptible et ajouta :
-Mais de toute manière, j'ai toujours…
Nathan s'interrompit lorsqu'ils entendirent tous les deux un cri et un bruit puissant. Les deux personnes en pleine conversation se regardèrent et se dirigèrent toutes les deux vers le bruit lorsqu'une personne encapuchonnée apparut tel un fantôme par une des portes de la cuisine. La silhouette allait tellement vite qu'elle aperçut à peine la présence d'Amélie et de Nathan qui, essayant de surmonter la surprise, interpellèrent la personne. Amélie tenta e l'appeler mais la personne s'enfuit en direction de la première sortie qu'elle vit, mais fut stoppé par Nathan qui essaya de l'arrêter avec un :
- Doucement ! Qu'est-ce qui…
Mais il n'eut pas le temps de finir sa phrase car, voyant qu'elle était bloquée, l'inconnu se retourna rapidement pour atteindre la trappe ou était entreposée la nourriture du château. La personne entra rapidement dans le sous-sol talonné de près par Nathan et Amélie qui trouvaient ça de plus en plus louche.
La première chose que perçurent les sens de la fille Hasbourg fut la forte odeur de viande fumée envahissant ses narines. Instinctivement, elle mit sa main devant sa bouche afin de diminuer l'impact. Lorsqu'elle se retourna vers Nathan elle vit que lui aussi avait du mal à supporter l'odeur. La jeune fille ne souhaitait pas vraiment sa compagnie mais elle n'avait pas le choix, elle n'allait pas non plus l'obliger de partir en le frappant ou quoi que ce soit de ce style. Elle ne voulait pas devenir comme les Clermont.
La personne en fuite était recroquevillée entre deux pièces de viande. Sa capuche empêchait de voir son visage mais tout son corps tremblait pour une raison qui était inconnu aux deux élèves de Beauxbâtons. Amélie tenta de s'approcher mais Nathan la retint d'un geste sur l'épaule. La jeune fille repoussa la main du garçon lui faisant comprendre qu'elle n'appréciait pas ce geste. Nathan resta neutre face à ce regard, il devait avoir l'habitude de recevoir ce genre d'expression.
-Attends, lui intima le fils Clermont. Il ou elle est terrifiée.
Amélie s'en était elle aussi aperçue mais elle ne savait pas pourquoi. Elle était bien consciente que le ton qu'elle employait avec les gens était assez virulent la plupart du temps et qu'elle partait au quart de tour. Ainsi, lorsque quelqu'un était triste ou quoi que ce soit de ce genre devant elle, elle évitait d'intervenir pour ne pas risquer une phrase malheureuse pouvant aggraver la situation. Même si ça ne lui plaisait vraiment pas, elle n'avait pas d'autre choix que de laisser faire Nathan qui s'accroupit devant l'inconnu et entama la discussion :
-Salut. Moi, c'est Nathan. Et elle c'est…
Le garçon se tourna pour lui demander le prénom d'Amélie, la jeune fille avait complètement oubliée que lui, ne connaissait pas son prénom qu'elle donna à l'inconnu avec toute la gentillesse dont elle disposait.
-Tu n'as pas à t'inquiéter, continua le fils Clermont. D'accord ? Je te promets qu'on ne te fera aucun mal, on n'est pas là pour te surveiller ou te punir de quoi que ce soit, on souhaite connaître la raison pour laquelle tu t'es enfuie. Tu comprends ?
La personne encapuchonnée hocha la tête pour signifier qu'elle avait compris. Le ton de Nathan était incroyablement doux et apaisé. Il parlait avec elle prudemment et faisait attention à ne pas la mettre dans un état de tension.
-Bien, continua Nathan. Maintenant je vais poser tout doucement ma main sur ta capuche pour l'enlever. Dis-moi si ça te va.
La personne attendit quelques et finit par assentir à la proposition du garçon qui lui enleva le capuchon avec une délicatesse extrême. Une fois son visage révélé, la personne eut un instant de recul et cacha instantanément son visage avec ses mains. Amélie et Nathan durent attendre plusieurs minutes pour bien voir le visage de la personne.
C'était une fille âgée de quelques années de moins qu'Amélie. La pauvre petite était rachitique, ses vêtements étaient en lambeaux et elle sentait la viande séchée signe qu'elle était restée pendant quelques temps dans cet endroit. Ses cheveux noirs étaient longs et rêches, ses yeux marrons assombris par la fatigue et son visage aux traits anguleux creusé par le manque de nourriture. La jeune fille tenta de parler mais malheureusement, ses mots étaient mâchés par un accent de l'est très fort.
-Es … que vu allez faire ?
C'était une évidence que la jeune inconnue était étrangère.
-Tu comprends notre langue ? demanda Amélie.
-as beaucoup, répondit la jeune fille.
Nathan se gratta la tête en regardant Amélie qui haussa les épaules. Elle ne savait vraiment quoi faire dans cette situation mais proposa tout de même :
-On en parle aux professeurs ?
A peine eut-t-telle finit sa phrase que la réfugiée agrippa le pantalon d'Amélie et sanglota presque :
-Non ! i ous plaît, as paler, as paler !
La jeune fille semblait dans une telle détresse en cet instant avec son visage embué de larmes qu'Amélie oublia immédiatement cette idée. Heureusement pour elle, Nathan réussit à rassurer la jeune fille :
-D'accord… D'accord. On ne va pas te dénoncer, Ok ? On va devoir partir, mais ne t'inquiètes on va revenir dans un ou deux jours. Tu penses avoir assez de nourriture en attendant ?
-Ui, répondit timidement la jeune fille.
Le fils Clermont sourit et quitta la réserve de nourriture en compagnie d'Amélie qui voulut quitter le garçon immédiatement mais Nathan ne l'entendait pas de cette oreille :
-Je ne sais pas pour toi, mais perso je compte l'aider. Sans avertir les professeurs.
-L'aider ne changera pas mon avis envers toi, la prévint la fille Hasbourg. Et puis je me fiche de ton avis. Si tu penses que je ne vais pas en parler à la Directrice Monet juste parce que tu veux le contraire alors tu te trompes.
-Je sais, répondit Nathan. Mais avoues quand même que ça t'a intrigué. Tu ne souhaites pas en savoir plus toi ? Et puis on ne peut pas faire ça alors qu'on ne connaît même pas sa situation.
Amélie devait bien avouer être étonnée devant l'aide que voulait apporter Nathan. Elle se disait qu'il avait peut-être un intérêt là-dedans mais n'en trouva aucun, à part essayer de redorer le blason de sa famille ce qui relevait de l'impossible. Et puis, même si ça lui faisait du mal de l'avouer, elle ne souhaitait pas gérer ça toute seule. Elle aurait bien demandé de l'aide à Éric ou Amélie mais si l'inconnue était découverte par les professeurs alors ils auraient des problèmes et elle ne souhaitait pas ça. Peu importe après-tout le pourquoi il l'aidait, le principal c'était d'avoir de l'aide, même si elle aurait mille fois préféré avoir l'aide de quelqu'un d'autre que lui.
-Je te préviens que si tu fais quoi que ce soit de suspect, avertit Amélie. Je n'hésiterais pas à te dénoncer, c'est clair ?
La réaction ne fut pas celle attendue, au lieu d'acquiescer ou de répondre timidement comme il l'avait fait auparavant, le garçon eut un petit rire de satisfaction.
-Et ça te fait rire ? se vexa Amélie. Non mais je n'y crois pas !
-Non, tempéra Nathan. Non. Tu te trompes, je rigole juste parce que peu de personnes sont aussi honnêtes avec moi, la plupart me regardent seulement avec dégoût ou colère. Elles sont rares les personnes à me cracher leur haine aussi sereinement. Je préfère qu'on soit honnête avec moi plutôt que de se cacher derrière son manque d'honnêteté. Ça doit te paraître bizarre.
En fait, pas du tout. Amélie comprenait parfaitement le raisonnement du garçon. Etant elle aussi soumise à la notoriété de son père, les regards insistants étaient légions et la jeune fille devait bien avouer qu'elle préfèrerait que toutes ces personnes viennent lui parler en personne au lieu de se cacher derrière leur lâcheté. Jamais elle n'aurait cru à une telle conclusion venant d'elle, mais elle et Nathan avait visiblement quelques points communs. Même si cette notoriété était du fait que son père soit un meurtrier pour Nathan et que celle du paternel d'Amélie était du fait d'être un auror ayant arrêté des dizaines de mages noirs mais bon, ça restait un point commun.
Evitant de trop réfléchi à ça, Amélie répondit à peine à Nathan avec un « Hmph ! » méprisant et se retourna. Elle ne voulait pas ne serait-ce que le faire espérer qu'une amitié soit possible entre eux. Elle-même savait que c'était impossible. Pas avec quelqu'un parlant de manière aussi sereine en étant conscient que sa famille a tué certainement des dizaines de personnes.
-On fait quoi du coup ? demanda la fille Hasbourg avec un ton acerbe.
-Me demander ça à l'air de t'arracher la gueule, constata le garçon.
-C'est parce que c'est le cas, lui confirma Amélie.
-Quoi qu'il en soit, je propose qu'on se procure d'autres potion auto-traductrices. Elle a l'air clairement d'origine des pays de l'est. Tant qu'on n'arrivera pas à la comprendre, on n'avancera pas.
-On fait comment ?
-Tu te souviens qu'on a pris cette potion au moment du buffet ?
Effectivement qu'elle se souvenait de ça. Cette potion avait eu un goût de pisse mais ils étaient obligés de la boire car l'école accueillait des personnes de plusieurs pays, d'où la nécessité de boire cette potion dès le début d'année.
-Je vais dire aux profs que j'ai un problème à comprendre d'autres élèves et que la potion ne fonctionne pas très bien et ils m'en donneront un autre.
-Pas con, avoua Amélie.
-Wouah ! s'étonna Nathan. Un compliment de ta part.
-Une bonne idée reste une bonne idée que ce soit toi ou Merlin en personne ne change pas le fait que ce soit une bonne idée. Maintenant si tu veux bien, j'aimerais aller me coucher.
Amélie entendit le garçon lui souhaiter une bonne nuit avant de partir mais elle ne prit même pas la peine de lui répondre.
