Oui, deux chapitres en peu de temps ^^ Prochain chapitre mardi, premier cours pour nos élèves de l'Académie avec, bien évidemment un cours de Défense contre les Forces du mal Je me répète mais n'hésitez vraiment pas à laisser une review même pour dire ce que vous n'aimez pas dans l'histoire, ça peut être intéressant.
Chapitre 5 Premiers cours
Alice de Villier
Alice se réveilla très tôt le matin pour se préparer avant d'aller en cours mais surtout parce qu'elle ne voulait pas rencontrer ses camarades de chambre dès le matin, en effet, celles-ci n'avaient pas parler à la fille Villier pendant toute la soirée malgré les tentatives de la jeune fille de communiquer.
Pourtant tout s'était bien passé dans le Réfectoire, les gens parlaient avec elle avec entrain et elle s'était sentie bien pendant tout le début de soirée, c'est plutôt après que les choses ont commencer à se corser. A peine était-elle entrée dans la chambre qu'on avait dédié à elle et ses camarades de chambres que celles-ci avaient apparemment pris la décision de la laisser seule, Alice leur avait tellement peu parler qu'elle connaissait à peine leurs noms. Il y avait Kara Sanders, qui était apparemment la cheffe de groupe, avait des cheveux châtains virant vers le roux avec quelques taches de rousseurs, des petits yeux bleus semblables à ceux d'une vipère et un corps tellement fin qu'on aurait pu croire qu'elle était victime d'anorexie. Les autres groupies étaient au moins aussi minces qu'elle et avaient toutes du maquillage à un âge ou, avait supposé Alice, il n'était clairement pas nécessaire d'en mettre. Ces personnes étaient si différentes d'Alice que la discussion aurait été inutile, ce n'est pas le genre de personne avec lesquelles elle discute.
C'est donc seul qu'elle rejoignit le Réfectoire qui était toujours aussi impressionnant à ses yeux. Heureusement pour Alice, la directrice est aujourd'hui plus laxiste sur l'emplacement des élèves dans le Réfectoire. Aujourd'hui les élèves étaient libres de manger sur n'importe quelle table et grand bien en fasse à la jeune fille car elle pourrait déjeuner avec Amélie et les autres sans aucun problème. Alice reconnut tout de suite Amélie avec sa chevelure noire et vint la rejoindre sur le champ, elle vit qu'Éric était comme d'habitude à ses côtés en train de manger un énorme plat de frites. Elle s'assit donc en saluant ses deux amis.
-Alors ? demanda directement Amélie. Comment étaient tes camarades de chambres ?
La jeune blonde ne voulait pas que ses amis s'inquiètent à cause de son problème de rien du tout, ce n'était pas bien grave.
-Plutôt pas mal, mentit Alice. Même si ce n'est pas la grande amitié, on a réussi à avoir de bons rapports. Et vous ?
Les deux frère et sœur soupirèrent avec une coordination presque totale.
-Pas génial, commença la fille Hasbourg. Elles n'ont pas arrêté de me poser des questions sur Éric moi, et Papa bien sûr. Je peux t'assurer que ce n'était pas simple.
-Moi, intervint Éric. Ce n'était pas mieux, ils ne m'ont même pas adressé un regard, j'ai l'impression qu'ils ont peur de la notoriété de mon père.
La fille Villier regarda à droite et à gauche et se dit qu'il manquait quelqu'un.
-William n'est pas là ? questionna-t-elle.
Éric reprit une portion de frites et pointa du doigt en direction de la table à côté :
-Il est avec Nathan. On lui a proposé de rester avec nous mais il a dit qu'il mangerait avec nous une autre fois.
Alice avait clairement senti que son ami était jaloux de Nathan, ça peut se comprendre, Will est le premier ami qu'il ait réussi à se faire sans l'influence de son père et il souhaitait le garder, en plus William était ami avec un Clermont, ce qui n'arrangeait pas les choses.
Le trio discuta généralement de leurs cours et de d'autres élèves étant parti à la volière pour envoyer une lettre à leurs parents. Apparemment, Éric avait appris de la part de son père que le professeur de défenses contre les forces du mal de ce matin était assez particulier. Il n'en avait pas dit plus très certainement pour laisser la surprise à son cher fils. C'était typique de leur père, il adorait faire des surprises et des blagues à sa famille.
-Mon père m'a parlé un peu de lui, confia Alice. Il m'a dit que c'était quelqu'un de très compétent. Il semblait avoir beaucoup d'estime pour lui.
Son père lui parlait très peu de son travail mais il lui avait tout de même confié quelques informations par ci par là.
-Vous pensez qu'on va voir quoi ? s'excita Éric pour qui cette matière était sa préférée. J'espère qu'on va vite apprendre nos premiers sorts de combat.
-Éric ! s'écria Amélie. On est a à peine commencer que tu veux déjà apprendre des sorts ! Je suis sûre qu'aujourd'hui, nous apprendrons que de la théorie.
Le frère de Amélie semblait faire la moue ce qui fit rire intérieurement la jeune blonde, Éric et Amélie n'arrêtaient pas de simuler des combats de sorciers pour rigoler lorsqu'ils étaient petits et Éric semble avoir amené cette attirance pour les combats avec lui. Elle se souvenait encore du jour où ils avaient joué dans le bureau d'Arthur Hasbourg et que celui-ci les avait à peine engueulés.
La matinée passa beaucoup trop vite pour Alice alors qu'ils étaient partis vers le chemin de la salle de cours. Malheureusement pour Alice et les autres, les professeurs n'avaient pas donné de carte de l'école. Tous les murs et les couloirs se ressemblaient et les étages étaient tellement grands qu'il était compliqué d'en faire le tour. Ils tournèrent en rond près d'une demi-heure avant de trouver un élève plus âgé afin de demander le chemin, après près de dix minutes de marches, ils réussirent enfin à trouver cette maudite salle de cours. Alice se demandait comment William s'en était sorti et espérait qu'il n'avait pas trop perdu de temps non plus. Croyant être en retard, le trio entra en trombe dans la salle et Éric cria presque :
-Pardon Monsieur, nous sommes désolés de notre retard on était…
Le fils Hasbourg laissa sa phrase en suspens lorsque lui et ses amies étaient seuls dans la salle de classe avec seulement une personne ayant l'air d'un quarantenaire. Il n'avait pas de robe de sorciers, il portait seulement un jeans bleu marine tout simple avec un tee-shirt pourpre ou était écrit « VOUS NE PASSEREZ PAS ! » avec un sorcier dessus, Alice ne comprit pas vraiment le sens de ce tee-shirt mais elle s'en fichait. Elle regarda plutôt le visage de l'homme qui n'avait presque aucune ride, une peau légèrement bronzée, des cheveux poivres et sels courts et une barbe de trois jours. Alice aperçut tout de suite l'intelligence dans les yeux gris de celui qui semblait être le professeur de défenses contre les forces du mal et celui-ci souriait très légèrement en voyant les trois élèves :
-Hé bien Monsieur Hasbourg, je vous remercie pour votre venue mais comme vous le voyez, il n'y a personne dans cette salle à part moi. Je pourrais vous donner un cours particulier mais comprenez bien que je préfèrerais attendre l'arrivée des autres élèves vous ne pensez pas ?
Les élèves se regardèrent et comprirent soudain qu'ils étaient arrivés en avance et rougirent presque tous à l'unisson. Devant la gêne visible, Mr. Grayson dit :
-Vous pouvez rester jusqu'à ce que les autres élèves arrivent, de toute manière, ils ne devraient pas tarder.
C'est donc ce qu'ils firent et pour s'occuper pendant l'attente, Alice regarda rapidement la salle. Il n'y avait aucune chaise ni table et seulement un promontoire en longueur servant très certainement aux duels de magie. Le bureau du Professeur Grayson était parfaitement rangé, elle ne voyait rien qui trainait, même pas un crayon étant non rangé ou quoi que ce soit, ce bureau était nickel ce qui fit sourire un peu Alice : En comparaison, celui de son père était une vraie porcherie. Pendant ces quelques minutes d'attentes le professeur ne fit rien à part jouer avec une technologie moldue qu'Alice ne connaissait pas.
Lorsqu'ils entendirent les élèves arriver, il rangea immédiatement son objet moldu et ouvrit la porte pour laisser entrer les élèves. Alice vit Kara Sanders et ses acolytes qui la regardaient d'un air supérieur, la blonde décida de les ignorer. Il y avait aussi Will et Nathan, William regarda vers sa direction et la questionna du regard sur sa présence ici, elle baissa la tête et rougit un petit peu face à la honte de sa réponse, le né non-magique donna un pouce levé pour signifier qu'il avait compris et la fille Villier remercia intérieurement le garçon pour ne pas s'être moqué d'eux. Les élèves furent un peu perdus par le manque de chaises et ils s'assirent donc sur le sol puisqu'il n'y avait pas d'autre endroit où s'asseoir. Lorsque le silence se fut Mr. Grayson prit la parole :
-Merci de votre attention. Bonjour à tous, je suis le Professeur Grayson et je serais votre professeur de défenses contre les forces du mal à partir d'aujourd'hui. Je vais d'abord vous expliquer certaines règles et explications sur le fonctionnement de ce cours tout au long de votre scolarité ici. Si vous avez la moindre question, n'hésitez surtout pas à me la poser. La première chose à savoir est que, vous vous mélangerez avec des élèves d'autres que ceux de votre connaissance. La deuxième chose à savoir est que vous allez faire autant de théorie que de pratique car ce sont avant tout les connaissances qui feront de vous un bon combattant. Et ensuite, la dernière chose à savoir est que vous allez faire à partir de maintenant des exercices physiques pendant ce cours afin d'améliorer vos capacités de combat à mains nue. Des questions ?
Un élève leva la main et posa sa question :
-Quelle est l'utilité de faire ça s'il vous plait ?
Plusieurs approbations venaient des élèves et même de Amélie et d'Éric autour d'Alice. Le professeur sortit sa baguette et s'exclama :
-Laissez-moi deviner. Vous vous dîtes que parce que vous avez votre baguette comme arme il est
inutile d'apprendre le combat à mains nues n'est-ce pas ?
Mr. Grayson ne reçut presque que des réponses positives à part de la part de quelques élèves dont William et Alice faisaient partis.
-Une démonstration vous convaincra peut-être, admis l'enseignant. Bien, Monsieur Garryn, veuillez- vous placer à une extrémité du promontoire de duel s'il vous plait. Monsieur White, veuillez faire de même je vous prie.
Un élève qu'Alice ne connaissait pas se leva et se plaça sur l'estrade. William se leva et monta sur l'autre extrémité du promontoire, celui-ci semblait soucieux de la raison pour laquelle il avait été appelé ici. La fille du professeur Villier demandait la même chose, Will était un né non-magique et il ne connaissait aucun sort. Le professeur se plaça au milieu des deux adversaires :
-Merci, messieurs. Je suppose, Mr. Garryn, que comme toute famille de sang-pur qui se respecte, celle-ci vous a appris un ou deux sorts forts simples pour avoir de l'avance sur vos camarades n'est- ce pas ?
C'était à peine perceptible mais la jeune blonde ne put s'empêcher de voir un peu de reproche dans la phrase du professeur. Le jeune garçon concerné baissa un peu la tête et répondit par la positive.
-Et, continua Mr. Grayson. Je suis sûr que vous avez entendu parler de la magnifique performance de ce jeune homme dans le carrosse.
Ici, beaucoup d'élèves rirent à gorges déployés tandis qu'Éric et Alice se regardaient un peu tristes pour leur ami tandis que Nathan baissait la tête de honte lui aussi.
-Vous confirmez bien Mr. White, demanda l'enseignant. Que vous ne connaissez aucun sort ? Le non-magique répondit par la positive.
-Bien, fit l'homme âgé. Vous allez faire un duel, le premier qui tombe à terre a gagné prêts ?
Alice était sûre qu'ils n'étaient pas prêts mais les deux garçons répondirent par l'affirmative.
-Trois, cria Mr. Grayson. Deux, Un, Go !
L'adversaire de William jeta tout de suite un sort sans attendre, un éclair de lumière sortit de sa baguette pour se diriger vers Will. Celui avait à peine eut le temps d'enlever sa cape de sorcier qu'il la lança en avant, la cape se prit le sort et ne reçut aucun dégât. L'adversaire du né non-magique ne s'était pas attendu à ça et fut surpris pendant quelques secondes et William en profita pour foncer sur lui aussi vite qu'il put. Le fils Garryn tenta un autre sort mais le Will l'esquiva d'une roulade en avant, il était à présent à un mètre de son adversaire. L'adversaire voulut jeter un troisième sort mais le jeune blond lui mit un coup circulaire avec sa jambe et lui enleva la baguette des mains. Ensuite, il faucha les pieds de son adversaire qui tomba et le réceptionna pour ne pas qu'il se fasse trop de mal. Will avait gagné.
Les autres élèves étaient bouche-bés devant ce spectacle qui avait à peine duré quelques secondes.
Le Professeur applaudit et les élèves firent de même de manière mécanique. Will s'excusa auprès de son adversaire et l'aida à se relever. Le fils Garryn prit l'aide mais Alice voyait bien que le sorcier avait très mal prit sa défaite. L'enseignant se tourna vers le groupe et dit :
-Je vous remercie tous les deux de votre démonstration messieurs et maintenant place aux explications, mais celles-ci viendront de vous. Très bien, d'après vous, pourquoi Mr. White a-t-il brillamment remporté ce match ? Et s'il vous plaît Mr. White et Mr. Garryn, jouez le jeu, laissez vos camarades trouver la réponse.
A la surprise générale, se fut Nathan qui prit la parole :
-La première différence est qu'William à l'habitude des combats, je pense que ça me parait évident qu'il s'est déjà battu plusieurs fois, notamment dans le carrosse.
-Bien vu Mr. Clermont, fit Mr. Grayson. Voici la première chose dont vous devez tenir compte dans un combat, l'expérience de votre adversaire, si vous tombez sur quelqu'un de bien meilleur que vous, n'hésitez pas à fuir, il n'y a aucune honte à cela. Mais ce n'est pas vraiment le sujet de ce cours, le but était de vous convaincre l'utilité du combat au corps-à-corps dans un duel. Les sorciers pensent qu'ils sont en sécurité parce que ce sont des magiciens, c'est un raisonnement débile ! Les jeunes sorciers européens ne peuvent faire que de la magie à travers leurs baguettes alors s'ils en sont privés, ils sont aussi utiles qu'un enfant de six ans. Dans un combat, les choses vont dans tous les sens et la chance que votre baguette s'échappe de vos mains est élevée, il vous est donc nécessaire d'avoir ne serait-ce que les bases du corps-à-corps.
Devant cette explication pleine de bon sens, les élèves n'eurent plus rien à redire devant cette logique implacable ne purent qu'acquiescer devant la nécessité de cet entrainement. Visiblement satisfait, l'enseignant reprit son discours avec un sourire :
-Mais aujourd'hui, pas d'entrainement physique, nous allons faire beaucoup de théories avant de faire de la pratique. Vous verrez au moment de l'apprentissage du sort que cela vous sera bénéfique.
Le reste du cours se fit sans quoi que ce soit qui perturbe l'heure de cours. Mr. Grayson se révélait être un excellent professeur car il expliquait ici les origines du sort qu'ils allaient apprendre et il réussissait à rendre le sujet un minimum intéressant.
Le cours se finit tellement vite qu'Alice ne s'était pas rendu compte du temps qui passait. Le Professeur les remercia de ce cours et permit aux élèves de sortir.
-Je tiens juste à préciser à Mr. White, Mr. Clermont et Mme. Villier que vous êtes attendus chez la directrice Monet, informa l'enseignant.
Alice fronça les sourcils d'incompréhension et regarda William qui fit des mouvements rotatifs un peu étrange et la blonde comprit que c'était l'évènement du carrosse dont il 'agissait. On l'avait surement convoquée parce qu'elle était proche de l'incident.
Une fois que le groupe d'amis sortit avec Will le suivant, ils parlèrent immédiatement du cours pendant qu'ils marchaient jusqu'au cours de Sortilèges. Ce fut Amélie qui commença le sujet :
-Vous ne trouvez pas les méthodes de Mr. Grayson bizarre ? Il ne respecte pas du tout le programme de base des élèves de notre âge. Je n'ai jamais entendu parler de cours d'auto-défense.
-En même temps, rétorqua William. Ce n'est pas très étonnant que tu n'apprécies pas son cours, c'est en dehors des normes écrites et tu déteste ce qui ne respecte pas les règles.
Alice et Éric ne purent s'empêcher d'avoir un regard complice, le non-magique avait cerné le personnage en une demi-seconde, c'était exactement pour ça qu'Amélie n'aimait pas ce cours et aussi pour cela qu'elle n'aime pas William, il n'était même pas entré dans le train que Will avait déjà enfreint plusieurs règles de Beauxbâtons.
-Je trouve juste dommage qu'on n'apprenne pas de sort aujourd'hui, se plaignit Éric.
-Vois les choses du bon côté, conseilla Alice. Au moins le professeur est compétent.
Sur ce point, aucune des personnes présentes ne pouvaient le nier, Mr. Grayson allait être un excellent professeur pendant leur scolarité. Même si ces méthodes allaient très certainement être différentes des autres professeurs, il respirait la compétence et la confiance en lui. Lorsqu'Alice avait demandé à son père comment étaient les professeurs, il lui avait parlé de Mr. Grayson qu'en bien et elle comprenait pourquoi désormais.
Pendant la marche, Alice remarqua que William marchait un peu plus lentement et n'arrêtais pas de toucher son épaule. Elle ne put s'empêcher de demander :
-Ça va ? T'as l'air d'avoir mal à l'épaule.
Le groupe s'arrêta pendant un instant et tous dont Alice regardèrent Will qui souffla presque d'ennui et répondit :
-Ce n'est rien Alice, je t'assure. Arrête de me regarder comme ça, j'ai l'impression d'être un homme ayant une maladie incurable.
Éric et Amélie rigolèrent à la pique qu'il lui avait été faite. Ce n'était pas sa faute, Alice avait tendance à se préoccuper trop des autres et à s'inquiéter à la moindre égratignure. Elle s'était déjà faite donner quelques piques à cause de ça. Elle n'arrivait pas à s'en empêcher. La fille Villier essaya d'avoir un visage dur mais elle savait d'expérience que son talent dans ce domaine était moindre et qu'elle devait faire aussi peur qu'une loutre en ce moment même.
-Peu importe, rétorqua Alice. Est-ce que tu à mal à l'épaule ou pas ?
Pour toute réponse il remonta le haut de sa robe afin de faire apparaître son épaule, celle-ci était rouge et du sang en coulait quelque peu. Alice fut étonnée qu'il ait pu se faire une blessure dans un duel de première année. Elle ne savait pas comment regardaient les autres la blessure de Will mais ils devaient être aussi étonnés qu'Alice.
-Ce n'est pas si grave que ça en a l'air, précisa William tout en remontant sa manche. J'ai connu pire, vous pouvez me croire.
-Il faut faire soigner ça à l'infirmerie, conseilla Alice.
-Je ne vais pas aller à l'infirmerie pour quelque chose comme ça, prévint le né non-magique. En plus le cours va bientôt commencer.
-L'infirmerie est proche de la salle de classe, se souvint Éric. Tu peux y aller, on va communiquer la raison de ton retard au professeur de sortilèges. On te prendra des notes si tu veux.
-Il te prendra des notes, précisa Amélie. Pas question que je prenne des notes pour toi.
-ça fait plaisir à entendre, ironisa Will. Très bien je vais y aller, j'essayerais d'être assez rapide pour ne pas être trop en retard. Et je suppose que Maman poule vient avec moi ?
Les deux frères et soeurs rirent sous capes et Alice donna un petit coup sur son épaule pour le faire taire. Le fils White eut un petit hoquet de douleur.
-Aïe. T'étais obligée de faire ça ?
Alice regretta tout de suite d'avoir fait mal à son ami, elle ne pouvait même pas être en colère plus de quelques secondes contre quelqu'un tant elle était gentille.
-Ne m'appelles plus comme ça, conseilla-t-elle. Sinon tu en auras droit à une autre.
C'était une menace vide bien sûr et Will le savait très certainement. Alice et Will partirent donc vers l'infirmerie. Au bout de quelques temps de marche, Will s'arrêta et chercha quelque chose et lorsqu'Alice lui demanda quoi, le jeune homme ne lui répondit pas. Enfin, le visage d'William s'illumina et il prit la main de son amie pour la diriger vers une porte, Will ouvrit la porte et les fit rentrer tous les deux dans ce qui ressemblait à un endroit de stockage.
-T'es malade ou quoi ? Questionna la jeune fille. Tu penses vraiment que c'est le moment de visiter les salles vides du château ?
Will lui fit un sourire qu'elle ne connaissait pas encore, mais on aurait dit un sourire d'amusement ou de victoire. Il enleva la poussière de ses vêtements et fit des mouvements d'articulation au niveau de ses épaules sans aucune réaction de sa part. Et soudain, Alice comprit :
-En fait tu n'avais pas mal à l'épaule, pas vrai ?
-Tu pensais vraiment que quelque chose comme ça me ferait mal ? Je te l'ai dit, j'ai connu bien pire.
Soudain, Alice eut peur, elle ne savait pas pourquoi mais le fait que Will avait menti aussi aisément lui faisait peur. En plus, il avait utilisé sa gentillesse pour la manipuler. Devant le regard quelque apeuré d'Alice, Will mit ses deux mains paumes en avant en signe de paix :
-N'aies pas peur. Je souhaitais juste te parler tranquillement.
-Et tu avais besoin de m'emmener dans un endroit comme ça ? C'est encore moins bien rangé que la Bibliothèque de Beauxbâtons.
-Il y a surement beaucoup d'élèves qui passent par ici et je n'aurais pas voulu que des élèves entendent ce que l'on dit.
-Et qu'à tu de si important à me dire que les élèves ne doivent pas entendre ?
-Je voudrais juste te demander une faveur, c'est à propos de ce qu'il s'est passé dans le carrosse.
Will avait réussi à capter l'intérêt d'Alice, que pouvait-il bien lui demander à propos de ce qu'il s'était passé là-bas ? Voyant qu'il avait réussi à capter son attention, le jeune homme continua :
-Tu te souviens du rendez-vous avec la directrice qu'on aura après la fin du cours de sortilèges ?
J'aimerais que tu fasses quelque chose pour moi pendant la discussion.
Alice écouta donc pendant plusieurs minutes ce qu'il attendait d'elle pendant le rendez-vous. Alice remarqua que ces explications étaient très détaillées, il n'avait visiblement rien laissé au hasard. Cependant il y avait quelque chose qui l'embêtait beaucoup :
-En gros tu me demandes de mentir ?
-Ecoute, répondit-il immédiatement. Je sais que c'est très certainement contre tes principes de mentir à tes « supérieurs » mais tu vois bien que ce n'est pas pour moi que je fais ça.
Non, effectivement, vu ce que Will voulait qu'Alice dise, ce n'était clairement pas pour lui qu'il le faisait.
-Donc tu fais ça pour Nathan si je comprends bien ? commenta la Alice.
-Sa situation est déjà assez complexe comme ça, rétorqua Will. Tu veux vraiment que ses sept années d'étude se passent comme ça ?
-Tu essayes encore de me manipuler, insista Alice. Tu joues encore sur ma compassion envers les autres pour avoir ton objectif.
-Je crois que tu te méprends sur moi Alice, se défendit le né non-magique. Si j'avais voulu te manipuler je ne t'aurais pas laissé le choix. Ici, c'est ta décision.
Même si ce que disait Will faisait sens, au fond d'elle, Alice ne trouvait pas ça bien. Elle ne peut éviter maintenant de douter des intentions de Will. Et s'il essayait encore de manipuler les gens comme il 'avait fait ? Il avait menti avec une telle facilité ! Et tout le monde était tombé dedans. Elle ne pensait pas que ce garçon quelle avait rencontré aurait été capable de ça.
-Alors, l'interrompit Will dans ses pensées. Tu acceptes ou pas ?
Alice souffla d'exaspération. Avait-t-elle vraiment le choix ?
-J'accepte. Mais je te préviens tu me refais un coup comme ça, je ne sais pas si je te ferais encore confiance.
-Compris Mère poule, le taquina-t-elle.
Il essaya de remettre en place maladroitement ses cheveux blonds en brosse mais ne réussit pas. Il fit un sourire, le même sourire que celui qu'il faisait d'habitude, comme si rien de tout ça ne s'était passé. Sur le chemin du retour, elle ne lui parla pas du tout et essaya d'oublier ça, elle se faisait des idées, la seule chose que voulait Will c'était protéger Nathan, il n'y avait rien de mal à ça.
En entrant dans le cours, Alice remarqua qu'il avait déjà commencé et que les élèves s'entrainaient déjà sur le sortilège Wingardium Leviosa. C'était le sort le plus simple de tous et très souvent le tout premier que l'on nous enseignait. Alice s'excusa de son retard et se mit à côté d'Éric tandis que Will se mettait à la droite de Nathan. Celui-ci murmura des choses au fils White, surement ce qu'il avait raté pendant le cours. Alice se demandait la raison pour laquelle Will voulait absolument protéger Nathan : C'était son ami d'accord, mais ce que s'apprête à faire William pendant le rendez-vous avec la Directrice était ridicule !
-Hé ! intervint une voix.
La fille Villier se retourna et vit Éric qui regardait dans la même direction qu'elle, vers Will.
-Il n'a pas de bandage, commenta le fils Hasbourg. Vous n'êtes pas allés à l'infirmerie ?
-Elle était fermée, mentit honteusement Alice.
Elle ne voulait pas mentir comme ça à Éric mais c'était le problème des mensonges, pour en garder un, tu dois en créer de nouveaux, c'est pour ça que la jeune fille ne mentait jamais.
-Arrête de le regarder, conseilla Éric. Il ira bien, ne t'inquiète pas.
Heureusement pour elle, Éric pensait qu'elle s'inquiétait pour Will et non qu'elle se méfiât de lui. Elle voulut en parler à Éric mais se ravisa finalement. Éric était presque en admiration devant son premier « vrai » ami et ne lui trouvait que des qualités. Si elle lui en parlait maintenant, Éric ne croirait aucun mot sortant de sa bouche. Elle en parlerait peut-être à Amélie, elle a douté de lui depuis le moment de leur rencontre. Le professeur de sortilèges qui était un gobelin qui paraissait très jeune et qui bizarrement n'avait pas le visage en colère. Tous les gobelins qu'avaient connu ou vu Alice étaient énervés contre les sorciers, celui-ci paraissait inhabituellement heureux. Il portait une robe de sorcier à sa taille d'une sobriété unique et portait une sorte d'insigne doré sur sa robe. Ses cheveux étaient à mi- épaule et d'une couleur noire de jais.
-Bon, je pense que vous savez maintenant tout ce qu'il faut savoir sur ce sort. Passons maintenant à la pratique. Bien faites un tourniquet avec votre poignet vers la droite formez une courte ligne et remontez en faisant un autre tourniquet cette fois vers le haut tournant à gauche. Et prononcez
« Wingardium Leviosa », insistez bien sur le « o » de Leviosa et faites-le un petit peu plus aigu que les autres syllabes. C'est la clé pour avoir un sort réactif. Maintenant, essayez, je vous prie.
C'est ainsi que tous les élèves essayèrent et des dizaines de Wingardium Leviosa furent prononcés, devant le bruit que cela provoquait, le professeur fit un mouvement de sa baguette et les bruits provoqués par les élèves furent moins élevés. Nathan réussit étonnamment après ces premiers essais et commença à conseiller d'autres élèves. Amélie, elle, s'évertuait à essayer le sort mais n'y arrivait désespérément pas devant un sourire vainqueur de son frère. Alice essaya mais n'arrivait pas à prononcer l'incantation correctement, après quelques conseils d'Éric, elle arriva à faire soulever la plume de quelques centimètres seulement.
Finalement, presque la totalité des élèves avaient réussi à apprendre le sort même s'ils ne l'utilisaient pas à la perfection. Cependant il manquait quelqu'un que tout le monde regardait en train d'essayer sans jamais réussir. William prononçait pourtant le sort à la perfection et ses mains reproduisaient le geste identique à celui du professeur. Cela faisait au moins vingt minutes qu'il essayait ce sort sans succès, et pourtant il restait d'un calme exemplaire, tous ses échecs semblait ne rien lui faire et encore moins le fait que tout le monde le regarde. Au bout d'une demi-heure, il leva la tête vers le professeur, toujours aussi calme, et dit simplement :
-Il semblerait qu'il y ait un problème professeur.
Certains élèves rigolèrent, d'autres se regardèrent légèrement inquiets dont Alice et Éric. Celui-ci murmura d'ailleurs doucement à la fille Villier :
-On peut dire que Will sait se faire remarquer, il se bat dans le carrosse, bat un sorcier en utilisant aucun sort et maintenant il est le seul à ne pas pouvoir utiliser ce sort.
-Je crois que c'est plus grave que ça. J'ai l'impression qu'il ne peut pas utiliser de magie du tout.
