Petit chapitre ce coup-ci mais j'espère qu'il va vous plaire ^^ Petite question pour ceux qui sont arrivés jusque là : Vous aimez le personnage de William ? Parce qu'un de mes bêta lecteurs ne l'apprécie pas trop

Chapitre 6 Premiers soupçons

William White

Heureusement pour William tout se passait comme prévu, et même les choses qu'il n'avait pas prévus, elles n'étaient pas si grave que ça. Comme par exemple le fait qu'il ne puisse pas utiliser de magie, peu importe comment c'était possible, la seule chose qu'il avait remarqué par rapport à cet évènement étaient les regards que les élèves posaient sur lui. Visiblement, les personnes qui ne maîtrisaient pas la magie n'étaient pas très bien appréciés, et ça, encore une fois, il s'en fichait. Qu'ils le dédaignent autant qu'ils veulent.

Juste après le cours, Alice, Nathan et l'aîné Garryn avec lequel il s'était battu dans le train étaient dans la salle de la Directrice Monet. Will comprit tout de suite quel genre de personne était cette femme rien qu'avec son bureau. Tout était rangé parfaitement avec une précision chirurgicale et un bouquin apparemment du règlement de l'école sur son bureau. Quelqu'un d'intègre, droite et sérieuse en tout point. Cela le faisait penser à certains professeurs non-magiques qu'il avait eu quand il était plus petit. Son apparence était toujours aussi envoutante et William dut faire un effort surhumain pour ne pas bégayer. Elle était assise le dos droit et le regard hameçonné sur chacun d'entre eux à part Alice.

La salle ou la directrice travaillait était surchargé de tableaux, de livres et de babioles en tout genre, un tas de mécanismes et de crans tournaient sans que Will puisse les voir et tout avait presque une teinte dorée, ce qui rendait la vision de la pièce difficile.

-Bien, commença Monet d'une voix ferme. Je suppose que vous savez pourquoi vous êtes ici, on m'a communiqué que Mr. Clermont, White et Garryn s'étaient battus dans le carrosse et s'étaient blessés. Ceci est inacceptable et une sanction sera donné au responsable. Maintenant j'aimerais que l'un d'entre vous me décrive ce qu'il s'est exactement passé pour qu'ensuite vos camarades confirment que votre histoire soit vraie. Qui veut commencer ?

Will leva directement la main sans aucune hésitation en regardant Nathan, le pauvre faisait peur à voir, son visage était blanc et le stress palpable sur son regard. Il ne voulait visiblement pas avoir une encore plus mauvaise réputation qu'avant et ça se comprenait. Ça tombait bien puisque c'est exactement ce qu'allait empêcher Will. Il commença donc son mensonge :

-Ce qu'il s'est passé est très simple Madame la directrice. J'ai voulu accompagner Nathan dans un compartiment, cependant, j'ai poussé Mr. Garryn sur le chemin d'un coup d'épaule. Voulant des excuses pour ce que j'ai fait, ce qui est tout à fait normal, il m'a interrompu et je l'ai ensuite frappé par réflexe. Le combat s'est ensuite engagé et Nathan m'a suivi dans le combat pour me protéger. Ce n'est la faute ni de Mr. Garryn ni celle de Nathan. Tout ce qui s'est passé est ma faute.

Une fois que le récit du non-magique fut fini, la Directrice le regarda d'un air sceptique, ce qui est tout à fait normal, même lui savait qu'un mensonge si gros n'allait pas passer aussi simplement. Heureusement pour Will, il avait tout prévu.

-Mademoiselle Villier, appela la directrice. Confirmez-vous cette version des faits ?

Et voilà ce qui allait lui assurer la victoire. Alice. Will s'était demandé pourquoi Monet avait en particulier demandé à Alice de venir en tant que témoin. La réponse était simple et évidente. Alice est la fille de Éric Villier, La directrice a confiance en son père, donc elle a aussi confiance en Alice. Après tout, elle aurait pu choisir n'importe qui d'autre comme témoin, il y en avait des dizaines d'autres qui ont vu ce qu'il s'est passé. Mais elle a choisi Alice simplement parce qu'elle avait confiance en elle. Si Alice confirmait sa version des faits, la victoire était assurée.

-Effectivement, mentit Alice. Tout s'est passé comme Will l'a décrit. Monet souffla d'exaspération et dit :

-Monsieur White, j'aimerais que vous preniez conscience de ce que vous avez fait et pour cela vous allez avoir de nombreuses retenues. Vous ferez un service rendu à l'école.

-Serait-ce possible que je m'occupe du rangement de livre dans la bibliothèque ? demanda Will. On m'a dit que celle-ci était dans un mauvais état depuis quelque temps, je pourrais peut-être aider là- bas ?

Sur ce coup il remercia Alice de lui avoir donné cette information sans faire exprès, ça lui évitera de passer des jours dans un endroit inutile à nettoyer un quelconque endroit.

-Très bien Monsieur White, concéda Monet. Mais je vous préviens que si un évènement comme celui-ci survient de nouveau, les sanctions seront bien plus sévères. Suis-je bien claire ?

-Limpide Madame la directrice, répondit le concerné.

C'était presque trop facile. Tout se passait comme prévu, à espérer que la suite de son plan se passe aussi bien.

-Maintenant que cette histoire est terminée, j'aimerais parler seule avec Monsieur White je vous prie.

C'était évident que ça aussi allait se produire, après tout ce n'est pas tous les jours qu'un élève ne peux pas utiliser de magie. Alice partit avec un regard accusateur sur Will, elle n'avait visiblement pas apprécié le fait de mentir, tant pis, elle s'en remettra. Nathan, lui partait avec un visage inquiet envers son ami qui lui ne semblait nullement inquiet. Une fois les autres sortis, la Directrice lui posa certaines questions :

-En ce qui concerne le fait que vous ne puissiez pas utiliser de magie, ne vous inquiétez pas, l'école a déjà eu des cas similaires et a réussi à s'en charger correctement. Mais sachez que…

A ce moment-là, un portrait sortit de nulle part et cria un grands « BRAAAH ! » juste en face de Will qui, lui, restait de marbre, le portrait restait en lévitation. La peinture représentait une vieille femme à la chevelure grisonnante mais assez enrobée, elle avait l'air d'une Mamie gâteau.

-Arianne ! s'énerva quelque peu la directrice. Je suis en train de parler avec un élève, enfin ! Le tableau se tourna tout seul vers Monet, il semblait presque vivant.

-Veuillez m'excuser, je voulais lui faire peur pour voir si cela n'avait pas créer de réaction chez lui.

Mais il faut croire que ce jeune homme a des nerfs d'acier.

-C'est mes parents qui m'ont appris à être aussi calme, ils me disaient que lorsque l'on prenait une décision avec calme, elle n'en sera que meilleure.

Le tableau se tourna vers le né non-magique :

-Des personnes bien sages, vos parents.

-Je trouve aussi, confirma Will.

-Que pensez que l'on doit faire ? questionna Mme Monet au tableau.

-Je pense que des cours supplémentaires avec Mr. Grayson sur la théorie vous ferait le plus grand bien, conseilla Arianne. Mais ne vous inquiétez pas, votre magie arrivera sous peu, du moins je l'espère pour vous.

-Je vous fais confiance, mentit le garçon. Mais j'aimerais vous parler de quelque chose d'autre avant de partir. J'aimerais vous demander l'autorisation de rendre visite à ma famille chaque week-end. J'ignore si Mr. Villier vous a renseigné sur ma situation familiale mais je vais tout de même vous l'expliquer pour que vous compreniez ma demande.

Will lui expliqua ainsi toute sa situation et les problèmes que cela impliquerait, il détestait s'ouvrir comme ça aux autres mais il devait le faire pour la convaincre de pouvoir voire sa famille, et qu'il doive s'agenouiller devant elle ou lui mettre un couteau sous la gorge, peu importait la manière tant qu'il pouvait voir ses proches. Monet écouta donc son discours pendant quelques minutes et semblait attristée par cette nouvelle, tant mieux, qu'elle s'apitoie sur son sort, la convaincre n'en sera que plus facile. A la fin de son discours, la directrice répondit calmement :

-Mr. White, je comprends que votre situation familiale soit complexe mais je ne peux pas vous permettre ces sorties hebdomadaires, cela vous mettrait dans un retard considérable dans vos études d'autant plus que votre magie ne s'est pour l'instant pas révélée à vous. Excusez ma dureté mais si je vous concède cette demande, je serais harcelée de personnes voulant la même chose et je ne peux pas me le permettre.

Aïe, petite complication sur ce coup-là, il n'avait pas pensé au fait que la rigidité de Monet était visiblement plus forte que sa sensibilité. Il aurait bien voulu la faire chanter en menaçant de balancer au Cri de la Gargouille2 la disparition de cette certaine Linda mais il se ravisa, le poids de la menace d'un enfant de onze ans ne pèserait pas bien lourd. Ça l'embêtait un peu d'en arriver là, mais bon, tant -pis. Il croisa les mains et baissa la tête le plus humblement possible et dit avec une voix mielleuse :

-Je vous en prie professeur, je suis le seul qui puisse s'occuper de mon petit-frère. Sans moi, il est perdu ! Je vous promets que mes notes seront les meilleures de toute l'histoire de cette école et je ne vous poserais plus jamais aucun problème comme celui-ci. S'il-vous plaît !

Le directeur hésita, puis, souffla très légèrement puis s'exaspéra :

-Très bien, Monsieur White. Très bien. Je vous autorise à aller voir votre famille le week-end à condition que vos notes soient exemplaires ainsi que votre comportement soit identique. Comprenez bien que cette mesure est exceptionnelle et que je souhaite que votre attitude le soit tout autant.

-Merci Professeur ! s'exclama Will. Merci de tout cœur vraiment !

Un silence se fit pendant quelques secondes jusqu'à ce que la directrice invitât Will à partir. Le garçon s'était promit à rejoindre Nathan à la Grande Salle où il allait le rejoindre pour manger un petit peu. Il aurait bien aimé aller avec Éric et les autres mais Alice avait l'air très suspicieuse et il ne pouvait pas se permettre d'avoir de mauvaises relations avec eux.

Perdu dans ses réflexions, William ne se rendit pas compte qu'il était déjà arrivé au Réfectoire ou les élèves commençaient à manger. Il n'appréciait pas réellement cet endroit bien trop bruyant à son goût ou il avait du mal à se concentrer et à réfléchir correctement. Une fois qu'il aperçut Nathan, il le rejoint et eut quelques regards haineux envers lui, tant pis, il allait faire avec. Le fils Clermont se pencha doucement et demanda :

-Alors ? Comment ça s'est passé ?

-Je t'expliquerais plus tard, répondit le concerné. Quand on sera dans un endroit plus calme.

Will commença donc à manger et s'attendait à ce que Nathan lui fasse la conversation comme il avait eu l'habitude de le faire mais le jeune sorcier remarqua qu'il y avait une certaine tension dans la salle que William ne comprit pas vraiment. Il se tourna donc vers son ami pour lui demander la raison de ce malaise. Il a fallu attendre que le duo soit dans une autre salle pour pouvoir en discuter tranquillement. C'est bien une chose ce qu'il appréciait chez le fils Clermont, sa discrétion. Même s'il faut dire que l'ambiance dans cette autre salle plus discrète n'étaient pas bien meilleure. La présence du fils de famille noble rendait tout le monde tendu, ce qui rappela à William la situation dans laquelle il était et décida de lui demander comment pour lui, ça se passe après lui avoir expliqué ce qu'il s'est passé chez la directrice.

-Disons seulement que je fais avec, minimisa Nathan. Hier, je me suis levé en retard et en préparant mes affaires pour mes cours, une immense fumée noire était apparue, je ne pouvais rien voir et j'ai mis plus d'une heure à trouver mes livres de cours.

-Tu veux qu'on utilise la même technique qu'avec Garryn ? Elle avait bien marché.

-Merci Will, mais non. Si on faisait ça, on serait obligé de tabasser la moitié des étudiants ce qui ne me dérange pas dans l'absolue mais, je ne voudrais pas aggraver mon cas ni le tien, sinon, tu ne pourras plus voir ta famille le week-end.

Bien sûr, il avait raison. Le né non-magique ne pouvait pas se permettre ça. Mais il répondit tout de même que si Nathan avait besoin de quoi que ce soit, il serait là pour lui.

-En fait, profita le fils Clermont. Il y a effectivement quelque chose. J'aimerais t'accompagner pendant tes heures de retenues si ça ne te dérange pas.

-Heu… s'étonna le garçon. J'avoue que je ne vois pas vraiment en quoi ça te rendrait service.

-Je pense avoir trouvé un moyen de savoir pourquoi tout le monde hait tant ma famille. Dans la bibliothèque, il y a les registres de tous les Cri de la Gargouille parues depuis le début de ce journal. Je pense que si ma famille ait fait une chose ayant une telle répercussion ce sera forcément dans la Gazette.

C'est une bonne idée, s'était dit William. Lui-même n'y avait pas pensé.

-Tu te rends bien compte que tu vas devoir éplucher une dizaine d'année de journaux et lire les articles un par un, prévint-il à son ami. Ça va te prendre des mois voire l'année entière si tu es malchanceux.

-Je sais, assura Nathan. Mais je préfère agir au lieu de passer sept années de ma vie à me faire détester pour rien.

C'était logique, si Will avait été dans la même situation, il aurait certainement fait pareil.

-Je ne vais pas cracher sur un peu d'aide, avoua William.

S'il y a une chose à laquelle William ne s'attendait pas, c'est la difficulté des matières à Beauxbâtons. Plusieurs semaines avaient passé et certaines choses restaient encore floue pour le non-magique comme la Métamorphose ou le cours de sortilèges, en plus, beaucoup de professeurs donnaient des devoirs chaque semaine et si on ajoute à ça les cours particuliers avec Mr. Grayson et les heures de retenues avec Nathan, on peut dire que les journées étaient chargées. Et pour en rajouter une couche, lui qui pensait que les cours particuliers de Défenses allaient devenir plus pratique, il s'avère qu'il n'y avait derrière uniquement de la théorie approfondie, même si le professeur était très compétent, il n'en était pas moins déçu. Il ne devait pas se faire d'illusions, il restait un sorcier sans magie. Enfin, pour l'instant.

Les semaines passèrent petit à petit et le retour à la maison le week-end étaient tout aussi chargé. Entre préparer les repas pour son frère, s'occuper de son père ou même faire les tâches quotidiennes d'une semaine en deux jours, non, ce n'est pas non plus lors de ces moments où il pourrait trouver le calme. Avec Nathan, les recherches avançaient mais aucun résultat convaincant ne venait, même s'il devait bien l'avouer, ces journaux l'aidaient à comprendre de mieux en mieux le monde des sorciers.

Aujourd'hui était une journée comme les autres, il avait passé sa matinée avec Éric, Amélie et Alice. Cette dernière avait d'ailleurs un comportement étrange ces derniers temps. Un jour, ses vêtements étaient tout débraillés et elle prétexta s'être habillé avec hâte, un autre son livre d'alchimie avait été abimé, là aussi, elle se justifia en disant que ce n'était qu'un accident. William n'était pas dupe, il voyait que quelque chose perturbait la jeune fille mais elle ne voulait visiblement pas que ça se sache. Amélie et Éric se doutaient eux aussi de quelque chose mais ne piffaient mot.

Après les cours, il se retrouva donc avec Mr. Grayson pour son cours particulier. Le professeur l'invita dans son bureau ou étaient fixés pleins d'objets entreposés sous vitrine dont il ignorait la provenance mais qui se doutait bien être des artéfacts magiques ou quelque chose du genre. Il y avait principalement, une plume bleue aux reflets argentés, une petite boule dorée avec de petites ailes, plusieurs papiers officiels de concours et des bizarreries dont il n'essaya même pas d'en découvrir le sens. Will avait au début quelques appréhensions mais le professeur se révéla en fait très efficace, ouvert et il en connaissait bien plus sur les non-magiques que la plupart des sorciers.

Le rapprochement entre l'élève et le maître se fit petit à petit. Ils discutaient de la relation entre le monde moldu et sorcier, des cours, ou simplement de banalités. Au final, L'enseignant se révéla comme Will, méthodique et précis dans sa manière de parler, facilitant ainsi les discussions ouvertes et le rapprochement entre ces deux personnes. A un moment dans la discussion, l'ainé de la famille White ne put s'empêcher d'évoquer le cas de Linda Jyns, la fille disparue. Avant de répondre, il épousseta simplement son tee-shirt.

-Cette affaire se révèle plus compliquée que prévue, confia Mr. Grayson. Croyez-moi Mr. White quand je vous dis que les professeurs font tout retrouver cette jeune fille.

-Vous y compris ? demanda Will.

-Disons seulement que je mène mon enquête de mon côté.

-Mais je ne comprends pas, pourquoi vous n'appelez les autorités compétentes ou ce genre de choses ?

-C'est assez gênant à aborder …. Je suppose que vous savez qu'il y a très longtemps, l'école a eu pendant quelques années de suite, pas mal de problèmes de sécurité. Et … Eh bien disons seulement que le ministère de la magie a fini par avoir à l'œil l'école de Beauxbâtons. Et une affaire comme une élève disparue pourrait mettre l'école dans une situation très difficile.

William en avait en effet entendu parler dans les revues de journaux avec Nathan. C'était une réaction sensée de la part de la directrice même si quelque chose tracassait toujours le jeune homme.

-Attendez…, repris le garçon. Vous ne pensez pas que ça pourrait être, je ne sais pas, disons, un enlèvement ?

-Nous avons déjà envisagé cette possibilité, acquiesça Mr. Grayson. Mais si c'est le cas…

Il n'eut même pas besoin de finir sa phrase, même un enfant de onze ans tel que Will savait ce que ça signifiait, si effectivement il s'agissait d'un enlèvement cela voulait dire que la personne était à l'intérieur du château. Vivre à Beauxbâtons devenait tout de suite beaucoup moins intéressant mais surtout plus dangereux. Voyant le stress naissant de son élève, Mr. Grayson le rassura :

-Mais ce sont seulement des hypothèses. Rien ne nous dit que tout ceci est vrai.

Il avait bien sûr raison, mais le fait que les professeurs faisaient tout pour le cacher n'aidait pas. Heureusement pour lui, le professeur est assez laxiste pour lui révéler de telles informations. Il faudra désormais faire attention dans l'enceinte de l'école, les couloirs sont devenus d'un seul coup bien plus dangereux.