Septième chapitre de la fanfic qui aura d'ailleurs bientôt atteint la centaine de lectures ^^ Ca peut paraître petit mais avec une histoire ne contenant que des personnages originaux, c'est presque normal. En tout cas merci de suivre mon histoire en ésperant que ce chapitre vous plaira.
La Descente
Alice de Villier
Alice étouffait. Elle étouffait dans cette chambre qui était censé être sa seconde famille. Les immenses étagères pleines delivre autrefois si accueillantes étaient devenues des barreaux de prison dont elle essayait de se libérer. Rien que voir la porte d'entrée de la chambre lui donnait des frissons.
Au début, ce n'était que des regards en coin, des ricanements envers elle ou bien quelques blagues simplettes. Elle avait décidé de laisser couler et s'était dit que ça s'arrêtera bien un jour, et puis ce n'était rien de bien méchant. Cependant, Aujourd'hui les choses étaient différentes, les petites blagues prenaient des proportions qu'elle n'arrivait pas à gérer. De la mise en lambeaux de ses robes de sorcier aux échanges de matériel en passant par quelques coups bien sentis, la jeune Villier en subissait plus chaque jour. Il y a même des nuits ou Kara Sanders et ses comparses mettaient subrepticement un oreiller avec des plumes oniriques noires au-dessus de son lit, ce petit objet provoquait des cauchemars atroces à sa victime ce qui voulait dire que même la nuit, elle n'était pas tranquille.
Cela devenait de plus en plus compliqué de cacher ça à ses amis, elle ne voulait pas paraître faible devant les autres mais ils se doutaient forcément de quelque chose. Elle ne voulait pas non plus en parler à son père, c'était peut-être ridicule, mais elle ne souhaitait pas passer pour la petite fille qui se cache derrière son papa professeur. Elle essayait donc de surmonter cette épreuve toute seule, malgré le fait qu'elle pleurait souvent dans les toilettes des filles, elle s'en sortait bien.
Lorsqu'elle se réveilla ce matin, elle avait encore fait une nuit de cauchemar. La première chose qu'elle vit fut les rideaux bleu et bronzes représentatifs de l'école, avant elle n'avait rien contre ces couleurs mais désormais elle les avait en horreur. Elle se leva donc péniblement de son lit et entama la première étape de sa journée : retrouver ses affaires. Les filles s'amusaient à cacher sa robe dans la salle commune. Elle enfila donc des vêtements rapidement et chercha pendant plusieurs minutes dans la salle sans que personne ne l'aide. D'après les rumeurs, le père de Kara serait un haut placé dans l'administration scolaire du ministère et personne ne voulait la contrarier en aidant son punching-ball. Après une bonne dizaine de minutes, elle finit par retrouver ses habits, cette fois, c'était pire que tout, elle vit sa robe en train de brûler dans le feu d'une cheminée. Elle essaya de l'éteindre comme elle put et soupira grandement. C'était sa dernière robe, elle allait donc devoir demander aux personnes s'occupant du lavage si une de ses robes n'avaient pas finies d'être lavés.
La deuxième était de vérifier si ses affaires de cours étaient en bon état, aujourd'hui, trois de ses bouquins étaient trempés et l'autre d'alchimie, des dizaines de messages qu'il serait inconvenant de citer ici étaient écrits dessus. Heureusement pour elle, elle connaissait un sort pour les remettre dans leurs états normaux, enfin, pour ceux trempés, celui d'alchimie, elle devra prétexter de l'avoir oublié ou perdu.
Elle sortit enfin de la salle commune et prit la direction des sous-sols pour aller voir les elfes de maisons, et heureusement pour elle, ils avaient une robe de rechange. Elle l'enfila donc rapidement et parti vers le Réfectoire qui était pour elle son Eldorado, l'endroit où elle se sentait elle-même, ou elle pouvait l'être sans aucune gêne. Elle vomissait intérieurement le fait de mentir à ses amis, elle qui détestait le mensonge. Elle vérifia une dernière fois que tout était nickel, hier, elle s'était habillée en vitesse et Amélie et Éric remarquèrent sa fatigue et son accoutrement. William, lui, n'avait rien dit, comme à son habitude, ce garçon était vraiment déroutant parfois.
Elle vit donc Éric et Amélie en train de discuter sans Will à leurs côtés qui était probablement avec le fils Clermont. Elle ne put s'empêcher de sourire lorsque ses deux amis la saluèrent.
-Salut, entonnèrent les deux frères et sœurs avec une synchronisation qui faisait presque peur. Alice essaya de contenir sa joie immense devant ses deux amis et se contenta de sourire.
-Salut ! répondit-elle. Alors bien dormi ?
Éric répondit par la positive mais Amélie bailla pour toute réponse.
-Pas vraiment, avoua-t-elle. Je me suis couché super tard hier soir.
-Et qu'est-ce que tu as fait exactement pour te coucher aussi tard ? Demanda Alice.
Celle-ci se renfrogna quelque peu et devant le sourire d'Éric qui se moquait clairement d'elle, il continua à sa place :
-Elle a été à la bibliothèque, précisa-t-il.
-Rien d'étonnant, commenta la fille Villier. Elle y va souvent.
-Non tu ne comprends pas, rigola son ami. Il y avait William qui passait ses heures de retenues là-bas.
-ça devient de l'obsession, se moqua Alice.
-Ce n'est pas ça ! s'emporta la rousse. C'est juste qu'il traine dans la bibliothèque tous les soirs avec Nathan. J'avais peur qu'ils préparent quelque chose de louche.
-Et ?
-Et au final ils ne font que regarder des journaux pendant toute la soirée et c'était chiant à mourir.
-Toi quand tu n'as pas confiance en quelqu'un on peut dire que tu peux faire presque peur.
-Arrêtez ! quémanda la fille Hasbourg devant les rires de ses camarades. C'est bon !
Alice s'étonna elle-même de son rire franc et de sa bonne humeur ce matin. Elle essaya de faire durer ses moments le plus longtemps possible, ils étaient devenus ses seules bouffées d'air dans cet environnement devenu pour elle hostile.
Après quelques minutes ils partirent donc en cours, aujourd'hui c'était métamorphoses, une matière ou elle ne brillait pas particulièrement, la dernière fois, elle devait transformer un objet en bois en objet d'acier mais elle ne réussit qu'à le transformer en aluminium. De plus, Mr. Minsley était tellement vieux et fragile qu'elle se demandait souvent s'il n'allait pas tomber sous le poids de sa robe. Sa fragilité et sa vieillesse apparente se sont apparemment manifesté que cette année, d'après des élèves plus vieux, il avait une toute autre allure l'année dernière. Par curiosité, elle avait demandé à son père la raison de ce changement et celui-ci répondit seulement que la
Métamorphose était une matière très complexe et très fatigante pour son utilisateur et le professeur était quelqu'un qui aimait expérimenter de nouvelles choses et son état n'était visiblement pas si rare parmi les spécialistes de cette matière.
Ensuite, il y avait le cours de potion pour laquelle cette fois elle avait un minimum de talent. La préparation de potion nécessitait de la précision et de la patience, exactement les qualités dont elle disposait. Elle recevait d'ailleurs parfois des points pour sa performance dans ce cours ce qui provoquait bien évidemment la colère du poulailler de Kara. Et bien tant-pis, ces cours étaient l'un des rares moments d'apaisement, elle n'allait pas cesser ses performances pour ça. Elle avait en plus parler à son père de cette facilité, il fut quelque peu déçu, puisque d'après sa mère, Le père Villier avait une certaine réticence face aux potions.
Les cours ont finalement passé assez vite et la présence d'Éric et d'Amélie aidait vraiment sa journée. Au milieu du couloir, en parlant de tout et de rien, Éric s'arrêta et eut l'air totalement dépité.
-Qu'est-ce qui se passe ? demanda Amélie.
Le garçon resta figé pendant quelques temps et dit enfin :
-Je crois que j'ai oublié de rendre le devoir pour Minsley.
Amélie s'exaspéra et Alice ne put s'empêcher de sourire, Éric était très tête en l'air et sa sœur ne cessait jamais de le réprimander à ce propos.
-Éric… bougonna la rousse. Tu ne peux pas faire un peu plus attention ? Tu ne l'as pas oublié dans ta chambre j'espère parce que là on n'aura jamais le temps de manger sinon.
En effet, les couloirs de Beauxbâtons paraissaient aussi grand qu'un terrain de quidditch si ce n'estplus.
-Non c'est bon, rassura le fils Hasbourg. Je l'ai sur moi.
Il plongea la main dans son sac et chercha quelques secondes en en retirant un parchemin tout froissé qu'il dépliât du mieux qu'il put, une fois terminé, il montra son papier avec une immense fierté.
-Éric…, s'exaspéra sa sœur. J'en peux plus de toi…
-Quoi ?! s'étonna celui-ci. Vous savez très bien que je ne piffe vraiment rien à cette matière. C'est déjà pas mal d'avoir fait le travail non ?
-Bon, intervint Alice qui savait qu'une discussion comme celle-ci pouvait durer des heures. On va le donner ce papier ou bien vous allez rester là à vous disputer ?
Amélie et Éric levèrent la main en signe de résignation et ils décidèrent tous les trois de partir vers la salle de Métamorphose. Le chemin fut bien plus long que prévu, Alice doutait même de leurs chances de pouvoir retourner au Réfectoire pour manger. Arrivés près de la salle, les trois amis reculèrent en entendant plusieurs voix adultes, ils ne voulaient pas déranger les professeurs pendant une discussion. La première voix qui parvenait à leur parvenir était cette de Mr. Minsley, tremblotante de peur :
-Je … Je ne vois pas du tout … ce … ce que vous voulez dire.
-Allons Professeur Minsley, disait l'autre voix qui était celle de Mr. Grayson. Vous ne pourrez pas résister longtemps, pensez un peu à vous. Regardez dans quel état vous êtes, vous arrivez à peine à tenir debout.
-Je *tousse* Je peux très bien … me débrouiller tout seul. Maintenant déguerpissez de ma salle de cours.
Le professeur de Métamorphose semblait se défendre mais sa voix était tellement fragile que son refus ne portait presque aucun poids. Il entendit des pas, sûrement Minsley, et celui-ci fut interrompu par son interlocuteur qui prit une voix plus ferme :
-Pensez aussi à Mademoiselle Jyns, à sa famille, à sa sœur à laquelle vous allez donner cours dans quelques heures.
-J'y pense chaque jour, se défendit l'enseignant. Ne croyez pas pouvoir penser à ma place.
-Vous savez qu'il y en aura probablement d'autres pas vrai ?
-Je ne … ne sais pas. Maintenant je vous en supplie partez d'ici ou des personnes pourraient nous surprendre.
Comprenant que la discussion allait bientôt se terminer, les jeunes enfants de onze ans partirent sans aucun bruit et une fois après avoir mis assez de distance entre eux et la salle, ils se mirent à courir le plus vite possible vers le Refectoire. Ils ne savaient pas vraiment ce qu'ils avaient entendu ni sa signification exacte mais ils étaient sûrs d'une chose, c'est que la seconde voix était celle du professeur Grayson.
Arrivés au Réfectoire, Éric commença à avoir une respiration saccadée et les trois élèves étaient fatigués par la course. Plusieurs dizaines de personnes se retournèrent, se demandant certainement ce qu'il se passait. Et là Alice oublia complètement la discussion de Minsley de son esprit et ne pensa qu'à une seule chose, que cet évènement allait encore aggraver sa situation. Elle sentit son cœur accélérer, avec la pensée que des choses encore pires pourraient lui arriver si des rumeurs se propageaient dans l'école à son propos. La panique montait à une vitesse hallucinante, elle tournait la tête furieusement afin de trouver de l'aide, quelque part, quel qu'elle soit, elle chercha son père vers la table des professeurs, il n'était pas là. Son frère, il était peut-être dans la salle, non, non, son frère n'avait même pas onze ans, il ne pouvait pas être là. Elle se sentait comme prisonnière alors que la salle était aussi grande que la Tour Eiffel.
-Que quelqu'un m'aide, pensa-t-elle. S'il-vous-plaît que quelqu'un m'ai…
-Alice ! l'interrompit une voix.
Elle sursauta et resta dans les vapes quelques secondes. C'était Éric, elle le voyait avec un visage inquiet envers elle. William était là, à côté de lui, comment était-il arrivé là ? Alice était tellement inquiète qu'elle en eût oublié la perception du temps et de l'espace. Cette fois, c'était toute le
Réfectoire qui la regardait elle, son état évasif a bien dû durer plusieurs minutes éveillant la curiosité des élèves et même des enseignants. Chaque regard qu'elle voyait étaient comme un coup de poignard, elle voulait sortir d'ici au plus vite. Elle devait sortir, elle en avait besoin. Elle perçut une voix qu'elle entendait à peine tant son esprit était perturbé. Celle d'Amélie.
-T'es sûr que ça va ? T'es toute pâle.
Elle allait devoir répondre, mais elle ne savait pas si elle en avait la force.
-O-Oui, réussit-elle à répondre d'une voix faible. Mais s'il te plaît il faut qu'on parte.
Alice ne comprenait pas vraiment ce qui lui arrivait, elle avait l'impression que son cerveau fonctionnait mais qu'elle ne prenait pas en compte les signaux qu'il lui envoyait. Elle sentit seulement quelqu'un la prendre par la main et marcher pendant de longues minutes dans les couloirs, elle reconnut vaguement la salle ou William et elles avaient discutés la dernière fois. Elle perçut la voix de ses amis en train de discuter et ne put à peine suivre le fil de la conversation, celle- ci continua un certain temps jusqu'à ce qu'un claquement de doigt fît encore une fois revenir la jeune blonde à ses esprits. Elle vit qu'elle était maintenant seule avec ses amis, dans une pièce bien plus exiguë. Se rendant compte qu'elle ne risquait plus rien ici, son cerveau redevint lucide.
-T'es sur une autre planète ou quoi ? exulta Amélie venant manifestement de claquer des doigts pour réveiller son amie.
-Excuse-moi, se reprit Alice. De quoi vous parliez ?
-De ce que vous avez vu là-bas, expliqua Will qui les avait manifestement suivis. Si je peux me permettre, c'est assez grave.
-Il faudrait prévenir un professeur proposa la sœur d'Éric. Je suis sûre qu'ils sauront s'en occuper. Mais attendez une minute, on est bien sûrs que ça a un rapport avec la disparition de cette certaine Linda ?
-ça me parait évident, concéda Alice. Ils ont clairement mentionné son nom et apparemment, sa disparition n'a rien de fortuit.
-Personnellement, intervint Éric, je ne pense pas qu'on devrait prévenir les professeurs.
-Éric, s'emporta Amélie. On parle d'un enlèvement là, pas d'un simple vol. C'est du sérieux !
-Non Amélie, interjecta William. On ne peut pas faire ça.
-Et pourquoi ? quémanda Alice. C'est clairement la meilleure chose à faire.
-Pour la bonne et unique raison que deux professeurs sont déjà impliqués dans le processus et que d'autres peuvent y être. Et si on prévient n'importe quel professeur, il y a un risque que l'info fuite et qu'ils puissent s'enfuir.
-Et Arthur ? proposa la fille Villier. C'est une personne importante, si Éric envoie une lettre à son père, je suis sûr que …
-Non, stoppa net le garçon concerné.
Tous se tournèrent vers lui, il était rare qu'Éric s'impose de cette façon.
-On peut s'en charger tout seuls de cet enlèvement, on peut enquêter, demander aux élèves mais quoi qu'il en soit, on n'a pas besoin de mon père.
-Je comprends ton point de vue, confia Alice en parlant doucement sachant que ce sujet état sensible pour le garçon. Mais là, il s'agit de la vie d'une personne de notre âge, de sa vie Éric, tu comprends ?
Celui-ci garda la mâchoire serrée et ne dit rien, évidemment, elle avait raison mais Éric était visiblement trop borné pour le reconnaître.
-Même si ce n'est pas pour les mêmes raisons, expliqua le William. On ne peut pas risquer d'envoyer une lettre à ton père maintenant, si ça se trouve, les professeurs peuvent intercepter les lettres et on ne peut pas prendre ce risque.
-Alors on fait quoi ?
-Il nous faut plus d'infos. Ce qui est sûr, c'est qu'on ne peut faire confiance à personne.
