Bon... Là j'avoue que je n'ai pas tenu ma promesse et j'en suis désolé ^^ Quoi qu'il en soit, voilà un nouveau chapitre, on est bientôt au dixième ^^
Chapitre 9 Cambriolage
Nathan de Clermont
Nathan détestait vraiment les cours de Métamorphoses. Ce n'était pas forcément du fait que personne ne voulait effectuer les activités en groupe à part William, non, ça il avait l'habitude. C'est plus du fait qu'il ne comprenait absolument rien à cette matière.
L'amphithéâtre où se passait les cours contrastait avec les dorures et tableaux qui étaient dans les couloirs du château. Les immenses bancs faisant le tour de la salle étaient tapissés d'une sorte de velours bleu ciel. Malgré le fait que les cours étaient ouverts aux élèves des autres années, peu venaient assister aux anciens cours, bien trop occupés à réviser leurs propres cours. L'amphithéâtre servait pour presque tous les cours, à part ceux de Défenses contre les forces du mal. Les tables servant de bureaux aux élèves s'adaptaient aux besoins des cours, ayant par exemple un espace plus grand lors des cours de Potion. De grandes tapisseries ornaient les murs jusqu'à la seconde moitié qui, elle, recelait tous les livres des élèves qui volaient vers leur propriétaire dès le début de leur cours. La salle recelait aujourd'hui plusieurs centaines d'élèves représentant à peine le quart de ce que pouvait contenir l'endroit. Nathan se disait que les enseignants avaient bien du courage de donner cours à un tel nombre d'élèves en même temps.
Pour l'instant, le Professeur Minsley leur avait appris que des connaissances basiques sur les différentes matières et la difficulté pour les transformer mais rien de transcendant. Ce cours était malgré tout attendu par beaucoup d'élèves car ils allaient enfin passer à de la pratique concrète. Malheureusement, l'enseignant n'avait pas encore terminé son discours. Sa voix était particulièrement faible dû à sa fatigue conséquente, mais, cette fois-ci, sa voix portait de manière forte et précise :
-Avant de passer à la pratique. J'aurais quelques règles de sécurité à vous indiquer. Veuillez, s'il- vous-plait, écouter attentivement celles-ci car il peut en aller de votre vie.
Le brouhaha habituel aux cours s'arrêta instantanément, il n'était pas rare que les enseignants annoncent que certaines choses soient dangereuses, mais jamais que cela puisse attenter à leur vie.
-Veuillez s'il-vous-plaît, continua le vieil enseignant en remettant ses lunettes en forme rectangulaire. Ouvrir votre livre à la page 31.
Nathan fit ce que conseilla le professeur. Une illustration d'une sorcière était en double page, celle-ci avait une expression de terreur totale, sa bouche était entrouverte pouvant faire penser que la femme criait. Une partie de son visage était couvert d'or.
-Que pensez-vous, demanda Mr. Minsley. De la situation de cette jeune femme ? Terrifiant n'est-ce pas ?
Les élèves se turent presque tous, provoquant un silence oppressant dans la salle. L'enseignant avait visiblement réussi à éveiller l'intérêt du corps étudiant.
-Je vois que ça vous intéresse, constata le professeur Minsley. Permettez-moi donc de vous raconter sa malheureuse histoire qui a été une leçon pour les sorciers par la suite. Cette jeune femme était une noble connue pour sa grande richesse à tel point qu'elle voulut un jour prouver que son trésor était tel qu'elle pouvait se permettre de boire cet or. Cette femme a simplement transformé son or en vin, qu'elle but par la suite. Mais voilà la question : Une fois que la magie a arrêté de nourrir la métamorphose et que celle-ci s'arrête, que devient le vin une fois retransformé en or ?
Quelques élèves eurent un visage blême ayant très probablement la réponse que Nathan avait lui aussi.
Ça doit être horrible, pensa le fils Clermont.
-A voire le visage de certains, constata le professeur. Vous avez compris les conséquences de ce que je vous aie présenté. Effectivement, lorsque le vin s'est intégré à l'organisme via le sang, ses nutriments ont passés par le sang pour fournir de l'énergie à tout le corps humain. Et une fois le sort de Métamorphose stoppé, les nutriments venant du vin se transforment un or. Certains organes ont ainsi été transformé en partie en or. Sachez pour votre gouverne que cette personne est morte dans d'atroces souffrances et personne n'a pu rétablir son état. Et même aujourd'hui personne ne l'aurait pu. Voici la règle que je voulais vous apprendre aujourd'hui et que vous allez répéter plusieurs fois en début de cours de Métamorphoses pendant toute votre scolarité : Je ne transformerais rien en gaz ou en liquide ! Répétez après moi.
Les centaines d'élèves répétèrent unanimement cette règle faisant presque trembler les murs. Après ça, les élèves se rendirent compte que lorsqu'on leur disait que la Métamorphose était l'une des matières les plus complexes, ce n'était pas pour rien.
Nathan était après le cours de Métamorphoses dans la bibliothèque de l'école ou il continuait à cherches des indices sur sa famille. C'était à rendre fous, le jeune garçon avait cherché dans tous les livres possible et imaginable mais il n'avait rien trouvé. Pourtant, ce qu'avait fait son père avait visiblement eu des conséquences sur tout le pays alors comment était-ce possible de n'en avoir aucune trace nulle part ? Son seul espoir restait ces journaux qui commençaient sérieusement à lui sortir des yeux. Il devait avoir au moins lu plus d'une centaine de journaux. Il avait même lu celui d'aujourd'hui, ce que William faisait tous les jours. Etonnamment, il y avait sur celui-ci quelque- chose qui intrigua Nathan :
Depuis aujourd'hui plusieurs années, il semblerait que les élèves de Poudlard aient quelques difficultés à passer leurs examens d'années en année. Si je prends quelques chiffres, il y a cinq ans le nombre d'élèves ayant passé leurs examens est de 92%.
Aujourd'hui, ce chiffre a atteint leseuil alarmant de 77%, faisant monter la gronde des parents.
Pour avoir quelques réponses, nous avons demandé au directeur actuel de l'école, Mickael Cook, également ministre de l'éducation magique et prétendant au poste de Ministère de la magie. «Je comprends la suspicion des parents d'élèves,» commenta-t-il. «Mais je tiens à dire que les nombreuses modifications que j'ai apporté au programme y sont très probablement dû. Nous n'avons pas encore déterminé la manière optimum d'enseigner ces matières spécifique». En effet, le ministre Cook a reçu beaucoup de mérites de la part de la communauté magique grâce aux actions qu'il a menés avec différents pays pour intégrer leur culture à l'enseignement apporté aux étudiants.
Nous lui avons demandé si ces évènements remettent en questions sa position en tant que principal candidat au poste de Ministre de la Magie. «Je penses avant tout que c'est au Conseil Magique d'établir si j'ai les compétences nécessaires à ce titre. Ces résultats inquiétants sont dus à des évolutions, et comme toute évolution, cela nécessite un équilibrage. Tout cela prend du temps et de l'argent. Je suis sûr que le Conseil saura faire la part des choses.»
Le ministre Cook ne semble clairement pas inquiet de ces résultats, reste à savoir quelles sont les actions qu'il mènera à l'avenir concernants nos école et sa carrière politique.
Cet article lui semblait assez étrange car même lui avait entendu parler de Poudlard, étant considéré comme l'une des meilleures écoles de sorcellerie au monde. Ce titre était disputé entre Beauxbâtons et Poudlard, après-tout, ce n'était pas pour rien que le Tournoi des trois sorciers existait. Il comprenait que les changements de programme baissaient les résultats, mais pas à ce point. Même s'il savait que son avis valait autant que du jus de citrouille. Qu'est-ce qu'il en savait après-tout ?
Juste après avoir terminé ses recherches qui ne donnèrent malheureusement aucun résultat, il prit le coffre que lui avait donné la bibliothécaire qui l'appréciait étonnamment. Ce coffre était assez spécifique : il avait sur ses quatre côtés différents verrous d'une complexité grandissante. Cet objet était fait pour s'entraîner au sort Alohomora.
Il avait emprunté le coffre dans l'heure ou William lui avait expliqué la raison pour laquelle lui et ses amis avaient besoin de lui. Ils voulaient apparemment cambrioler le bureau de Mr. Grayson qu'ils suspectaient d'être le responsable de la disparition de Linda Jyns. Nathan avait immédiatement accepté. Comment refuser ? En plus, Nathan ne l'aurait jamais avoué mais il espérait secrètement se faire bien voir par Éric en acceptant de les aider. Puisque William était déjà son ami, il était presque certain qu'Amélie ne la détestait pas autant qu'elle essayait de le montrer et Alice avait l'air de s'en foutre complètement. Éric était donc la seule personne à convaincre pour qu'il puisse éventuellement rejoindre le groupe.
Nathan avait déjà réussi à maitriser ce sort au bout de deux essais mais il remarqua qu'avec des serrures plus complexes, il était nécessaire d'être bien plus précis sur l'incantation et le mouvement de baguette. Il voulait être sûr et certain de pouvoir utiliser ce sort dans n'importe quelle situation, tous avaient fait l'effort d'aller au-delà de leurs griefs, il devait s'assurer qu'ils ne l'avaient pas « engagé » pour rien.
Pour une raison étrangère au garçon, la bibliothécaire lui annonça que la Directrice Monet souhaitait le rencontrer dans son bureau. Légèrement inquiet, il se dirigea vers la seule tour attachée au château ou vivait en fait tout le corps enseignant. Les couloirs du château étaient toujours aussi ridiculement gigantesques. Certains tableaux étaient bien plus grands que Nathan et les armures vagabondant lui foutaient toujours autant la frousse. Autant dire qu'il n'attendait pas vraiment que la nuit tombe pour infiltrer le bureau de Mr. Grayson.
Après quelques minutes, il arriva enfin devant le bureau de la Directrice. Avec une certaine appréhension, il toqua et entendit un « Entrez ! ».
Lorsqu'il entra, il ne put s'empêcher d'être béat d'admiration pour Mme Monet qui resplendissait presque d'une beauté naturelle. Sa stature accentuait encore plus cette impression de noblesse avec sa peau incroyablement délicate et ses cheveux blancs. Etant bien conscient que la vélane lui faisait de l'effet, il espérait juste ne pas trop rougir devant elle.
Son bureau était toujours aussi intriguant avec ces machineries étranges et les différents artéfacts étranges dont Nathan ignorait l'utilité. Mme Monet était sur celui-ci en train d'écrire calmement sur un parchemin. Une fois son travail terminé, celle-ci leva la tête et fit un sourire plein de tendresse envers Nathan. Un sourire qui contrastait avec la froideur qui avait émané d'elle lorsqu'elle avait interrogé William, lui et Alice sur l'évènement du carrosse.
-Ah ! s'exclama la Directrice. Nathan ! Heureuse de te voir mon garçon. Assis toi je t'en prie, assied- toi.
-Pourquoi m'avez-vous demandé ?
Mme Monet se leva de son bureau et fit les cent pas. Même stressée comme elle était à l'instant, ses pouvoirs de vélane étaient toujours aussi saisissants. Nathan ne savait pas ce qui la rendait aussi anxieuse, mais ça ne lui disait rien de bon. Un silence gênant s'installa et permit d'entendre les rouages mécaniques de la salle. Après un ou deux allers-retours, elle se tourna enfin vers son élève et lui demanda :
-Comment se passent les cours ?
L'étonnement devait se voir sur le visage de Nathan car il s'était attendu à tout sauf à ça. Ce n'était très certainement pas pour lui demander ça qu'elle l'avait invité ici parce que si elle devait faire ça pour chaque élève de l'école, elle n'aurait pas assez de l'année entière pour en gérer ne serait-ce que le tiers du corps étudiant.
-Ça se passe bien, commença Nathan. J'ai quelques matières ou j'ai un peu de mal mais je pense que c'est le cas de beaucoup d'élèves.
-Bien, répondit Mme Monet en étant quelque peu évasive. C'est bien…
Voyant que la Directrice hésitait à aborder le véritable sujet de sa venue ici, il annonça d'une voix fluette :
-Mme la Directrice. Excusez-moi, mais j'ai l'impression que ce n'est pas pour ça que vous m'avez envoyé ici.
La vélane regarda le jeune garçon avec une tendresse étrange. Et s'assit sur son siège tout en soufflant un grand coup.
-Pardon, s'excusa-t-elle. Tu as raison. Je ne t'ai pas fait venir ici pour ça. Je voulais juste te dire que je sais que ce n'est pas William qui est responsable de l'évènement du carrosse.
C'est à ce moment que le sourire de Nathan apparut. Lui-même s'en voulait énormément d'avoir laissé son ami se donner en pâture au lion malgré le fait que Will l'avait convaincu que c'était nécessaire pour ne pas aggraver sa situation. Malgré tout, il avait parfois espéré pouvoir rétablir la balance et c'était visiblement l'occasion :
-Ce n'est pas de la faute de William Madame. Il a seulement voulu me protéger. S'il vous plaît ne lui donner pas de punition supplémentaire pour ça !
Voyant bien que la protection de son ami lui tenait à cœur, la Directrice le rassura dans les secondes qui suivirent :
-Non ! Tu te méprends sur mes intentions. Je souhaite seulement te dire que je suis contente que tu aies trouvé un ami sur qui compter malgré ta condition. Je comprends tout à fait la raison de ce mensonge. Ne te préoccupe plus de ça, je t'en prie.
Le cerveau du garçon mit quelques secondes pour percuter ce qu'impliquait le commentaire de son interlocutrice :
-En gros… ça veut dire que vous me donnez une sorte de laisser-passer ?
-Je suis bien consciente de ta situation, continua Mme Monet. Lorsque j'ai envoyé une lettre à Annarietta pour t'inviter à venir dans cette école, j'étais bien consciente du fait que beaucoup de personnes ici te haïraient. Bien sûr, tu n'y es pour rien. Alors oui, je te donne un laisser-passer concernant cet évènement.
-Alors vous pouvez enlever la punition de William ? quémanda immédiatement Nathan.
-Si tu le souhaites…
Cette manière qu'avait la vélane de discuter avec lui perturbait Nathan. Il avait l'impression d'être une personne que Mme Monet connaissait le garçon depuis longtemps. Soudain, un déclic se fit dans son esprit entre le commentaire qu'il se faisait et le fait que la Directrice avait appelé sa mère par son prénom.
-Vous connaissez ma mère, constata-t-il.
Le visage de la vélane paraissait encore plus hésitant, il y avait même peut-être … une certaine honte :
-Je connaissais même très bien ta mère. Elle et moi on a passé la majeure partie de notre scolarité ensemble. Je t'ai tenu dans mes bras, tu sais ? J'étais là lors de ta naissance…
-Attendez, l'interrompit Nathan. Il y aurait une chance que vous soyez…
-Tu as compris Nathan. Je suis ta marraine.
Cette nouvelle ne bouleversa pas vraiment le garçon. Après tout, il devait il y avoir bien des choses qu'il ne connaissait pas sur sa famille tant les discussions étaient rares alors une marraine « cachée », ce n'était pas grand-chose à supporter. La seule chose qui le dérangeait était surtout :
-Mais pourquoi je n'ai jamais entendu parler de vous ?
-Ta mère et moi, répondit Mme Monet avec une tristesse qui brisa le cœur à Nathan. Avons pris des directions très différentes… Anna ne t'as jamais parlé de moi ?
-Mère et moi… Nous ne nous parlons presque pas…
Et c'était vrai. La mère de Nathan passe généralement ses journées soit en dehors de sa maison, soit avec la sœur du fils Clermont.
-Je vois… Excuses-moi. Je sais que tout ça doit te perturber. J'aurais seulement un autre service à te demander… ça pourra te paraître bête mais, j'ai un cadeau pour toi. Tu veux bien le recevoir ?
Le visage de sa marraine était tellement empli d'espoir que le garçon n'eut pas le cœur à refuser.
-Super ! s'exclama la Directrice. Attends ! Je reviens tut de suite !
Il était étonnant de voir ainsi la directrice de l'école qui avait habituellement une stature si noble se ruer ainsi vers l'escalier donnant accès au deuxième étage de son bureau.
-Donne-moi quelques minutes, lui demanda-t-elle. J'avais acheté ce cadeau à ta naissance pour te le donner quand tu serais plus grand. Si tu t'ennuies, il y a plein de livres qui t'intéresseront peut-être. Je t'en prie, fais comme chez toi.
Nathan ayant toujours autant de mal avec cette familiarité partagée, resta les premières minutes bien assis sur sa chaise. Cependant, au bout d'une dizaine de minutes à trouver le temps long, il commença à fouiner dans la bibliothèque comme lui avait conseillé sa marraine. Malheureusement, aucun livre ne semblait l'intéresser. Ce fut le reflet d'un miroir qui reflétait la lumière du soleil. Par curiosité un peu bête, Nathan ouvrit la petite pièce fermée par un rideau et ce qu'il vit à l'intérieur l'étonna. C'était un immense miroir faisant deux fois sa taille dont la partie miroir semblait prendre une légère teinte bleutée. Les ornements autour de ce miroir semblaient vieux de plusieurs siècles et représentaient principalement des pattes araignées en dessous et un énorme serpent au-dessus de ceux-ci. On aurait que le serpent poursuivait les arachnides. Tout le long du serpent était gravé :
Le fils Clermont avait une immense envie de regarder son reflet dans ce miroir, il ne savait pas pourquoi. Il avait la même impression qu'avec Éric ou sa marraine, la même attirance inexplicable. Lorsqu'il regarda en face du miroir, quelque chose d'étrange se produisit, ce n'était pas son reflet qu'il vit, mais celui de plusieurs personnes : Ce fut celui de Mme Monet qui apparut en premier, avec celui de William et ensuite celui de la grande sœur de Nathan qui lui donna un sourire teinté de tristesse. On lui avait toujours dit que sa sœur ressemblait à leur père avec ses cheveux anormalement gris aux reflets argentés et ses yeux totalement noirs sans aucune iris. Mais ce qui choqua le plus le garçon était son expression : elle souriait avec une gentillesse et une tendresse très inhabituelle qui contrastait avec la retenue dont elle faisait preuve avec lui. Toutes les personnes devant lui portait des habits totalement blancs et lui souriait de la même manière que la sœur de Nathan.
Celui-ci resta quelques secondes ébahi devant le miroir, il ne savait pas ce que tout cela signifiait mais cela avait quelque chose d'obsédant. Il était tellement concentré sur le miroir qu'il n'entendit même pas Mme Monet qui revenait avec son cadeau. Celle-ci dû lui donner une petite tape dans le dos pour que le garçon se ressaisisse :
-Ça va ? lui demanda-t-elle avec prudence.
-Plus ou moins, avoua Nathan essayant de retrouver ses esprits. Mais Directrice, qu'est-ce que c'est que ce miroir ? Ce n'est pas mon reflet que j'ai vu là-bas, j'ai vu le vôtre et … Pourquoi ?
La vélane posa ce qu'elle avait dans les bras pour s'accroupir au niveau de Nathan et essayant de remettre en place quelques-uns des cheveux roux du garçon :
-Disons seulement que j'aimerais un jour te voir dans ce miroir. Le miroir de ruoma fait partie de ce que l'on appelle des miroirs célestes, généralement, ils permettent de voir au plus profonds de tes sentiments mais celui que tu vois là est quelque peu différent. Vois-tu, ce miroir te montre toutes les personnes pour qui tu représentes beaucoup.
A cette nouvelle, Éric ne s'étonna guère de ne voir ni sa mère, ni son père qu'il n'avait vu qu'en photo. La mère Clermont l'avait toujours considéré comme s'il n'avait jamais existé, le départ du carrosse avait été le seul moment où elle avait fait preuve d'un minimum d'amour maternel. Et son père ? Lui-même ne l'avait jamais vu alors pourquoi l'aurait-il vu ? Mais ce qu'il impressionna ce fut de voir William et Mme Monet, William ne le connaissait que depuis quelques semaines et il semblait déjà important pour lui et ne parlons même pas de sa marraine qui n'avait eu une réelle discussion avec son filleul qu'il n'y a que quelques minutes.
Ayant complètement oublié le cadeau, il se tourna vers le bureau de Mme Monet pour voir ce qu'elle lui réservait : c'était un balai volant au bois noble de chêne et aux poils étranges, rêches. Les doigts du garçon parcoururent le bois sans aucune callosité :
- C'est un Excalibur W, expliqua Mme Monet. Un modèle expérimental créée dans les années 2000. Il était malheureusement trop rapide pour la vente, certains ayant du mal à gérer cette vitesse anormale. J'ai entendu dire que tu étais doué avec un balai alors je ne pense pas que ça te posera de problème même si tu auras besoin de pratique.
Nathan lui-même était étonné de son habileté à utiliser un balai volant puisqu'il n'en avait jamais touché un de sa vie. Les divertissements ce n'était pas trop le truc de la famille Clermont.
-Merci, remercia Nathan. Je vous promets d'en prendre soin.
La marraine de Nathan regarda l'immense pendule au-dessus de son bureau, le garçon se demandait comment elle réussissait à connaître l'heure puisque l'horloge avait presque une dizaine d'aiguille :
-Oh mais tu as vu l'heure, s'exclama-t-elle. Mince, moi qui voulais ne pas te faire perdre trop de temps…Si tu n'as pas d'autres questions, tu peux partir, je ne vais pas te retenir plus longtemps.
Merde ! Lui qui s'était promis d'arriver à l'heure pour le rendez-vous, avec tout ce temps passé avec la Directrice, il allait arriver en retard pour participer au cambriolage de Mr. Grayson. Nathan traversa rapidement la pièce pour rejoindre la sortie mais lorsqu'il commença à ouvrir la porte, la voix de sa marraine l'interrompit :
-Nathan…
-Oui, répondit-t-il. Mme la Directrice ?
-Je t'en pries appelles moi Louise. Cela te dérangerait-t-il de venir ici quelques fois ? Je comprendrais que tu refuses mais j'aimerais … tu comprends, rattraper le temps qu'on a perdu.
L'esprit du fils Clermont n'hésita pas une seconde au souvenir de la vélane devant le miroir de ruoma :
-Bien sûr … Louise. Avec plaisir.
Nathan courrait tellement vite dans le couloir qu'il voyait à peine les élèves qui passaient dans les couloirs. Sa robe de sorcier était couverte de sueur malgré les enchantements présent sur celle-ci. En quelques minutes, il réussit à atteindre la petite salle de stockage dans laquelle Amélie et Éric l'attendait déjà. Le garçon ouvrit la porte avec un fracas et cria presque :
-J'espère que je ne suis pas en retard !
Lorsqu'il vit Amélie le garçon ne put s'empêcher de sourire, sourire qui disparut au moment où il vit le visage des frères et sœurs Hasbourg qui le regardait avec un mépris palpable. Lui qui était presque sûr qu'Amélie l'appréciait au moins quelque peu, peut-être s'était-t-il trompé ? Non. Ce n'était pas vraiment ça pour Amélie, c'était à peine perceptible mais il voyait bien qu'elle se forçait. Visiblement elle voulait donner le change auprès de son frère ce que Nathan pouvait facilement comprendre.
-A croire que tu as attrapé le virus de William à force de traîner avec lui, commenta la fille Hasbourg.
Ça fait dix minutes qu'on t'attend.
Lui qui détestait être en retard comparé à son ami il était servi.
-Vraiment désolé, s'excusa-t-il. On part tout de suite ?
-Ouais, répondit le fils Hasbourg. Il ne faut pas perdre de temps. On ne sait pas combien de temps Will réussira à retenir le prof.
-On peut supposer qui le fera tenir au moins une heure, supposa Amélie. Quand il commence à blablater, il ne s'arrête pas.
Il était vrai que William ne parlait pas souvent mais lorsqu'il parle, ses monologues pouvaient durer parfois plusieurs minutes et personne dans cette pièce ne doutai de la capacité du fils White à retenir l'enseignant.
-Allons-y, décréta le frère d'Amélie en se tournant vers celle-ci. Et sœurette, si quelqu'un nous voit, essayes d'agir normalement.
Nathan oubliait parfois qu'Éric était adopté tant ces deux-là se comportait comme des frères et sœurs. Éric ayant une peau noire et un visage fin et Amélie ayant presque l'exacte inverse avec sa peau blanche et ses traits anguleux, même physiquement, la différence était évidente.
Nathan ne put s'empêcher de rire intérieurement en entendant le commentaire d'Éric. Il était clair qu'Amélie était du genre à agir bien plus par l'instinct que toute autre personne dans le groupe. Elle avait du mal à cacher ses sentiments qu'elle qu'ils soient tant elle est honnête.
Le chemin vers le bureau de Mr. Grayson s'est passé sans aucun problème mais c'est au moment d'ouvrir la porte que les problèmes commencèrent. Le verrou semblait extrêmement compliqué à déverrouillé puisqu'il a fallu près d'une dizaine d'essais. La pression avait monté lorsque les voix de plusieurs élèves étaient audibles vers un tournant. Heureusement pour eux, Nathan finit enfin par ouvrir le verrou après sa douzième tentative. Ils eurent tout juste le temps d'entrer dans la salle avant que le groupe soit assez proche pour voir les cambrioleurs.
L'intérieur était couvert de noir si bien que Nathan et les autres durent utiliser un sortilège de lumière pour y voir quelque chose. Quand la luminosité fut suffisante pour y voir quelque chose, la détermination de Nathan s'affaissa immédiatement. Les étagères étaient remplies à ras-bord de papiers, parchemins et livre à tel point que la vibration provoquée par la fermeture de la porte fit tomber une pile de papier qui ne demandait que ça.
-Bon, fit Éric. Au moins on ne manque pas d'endroit à fouiller.
-On reste trente minutes maximum, annonça Amélie. Fouillez principalement les endroits qui ont l'air sécurisés. Nathan, prends le bureau. Éric, les étagères de gauche et moi celles de droite.
-Bien chef, ironisa son frère.
Nathan se dirigea donc vers le bureau ou il évita de regarder les affaires trop privées du professeur. C'était déjà assez malsain de cambrioler un bureau comme ça, ce n'était pas pour s'immiscer en plus dans la vie privée de l'enseignant. Il fouilla dans les tiroirs et ne trouva que quelques papiers mentionnant apparemment des histoires concernant la Roumanie et d'autres encore sur des écrits de créatures fantastiques. La plupart des choses sur lesquelles il tomba étaient de la même trempe mais il vit aussi quelques copies d'élèves plus âgés. Et à regarder Amélie et Éric, ils devaient eux aussi avoir des informations futiles.
Le fils Clermont crut à un moment donné qu'ils n'allaient rien trouvé mais en ouvrant l'un des tiroirs, il vit un petit coffre sur lequel gravé la lettre G et lorsqu'il essaya de l'ouvrir, quelque chose l'empêcha de l'ouvrir.
-J'ai quelque chose, annonça-t-il aux autres.
-C'est quoi ? demandèrent-ils dans une synchronicité presque totale tout en venant vers lui.
-Un petit coffre, assez grand pour contenir quelques parchemins.
-Tu peux l'ouvrir ?
-Je vais essayer. Alohomora !
- …. Mouais, ça n'a pas l'air de marcher des masses.
-On fait quoi ? On l'emporte ? proposa Nathan.
Amélie avait l'air de réfléchir quelques secondes, cherchant ses mots :
-On l'emporte. On n'aura pas le temps de…
-Non, l'interrompit sèchement Nathan. Je peux l'ouvrir.
Les yeux du garçon continuèrent de fixer le coffre mais il se doutait que les deux membres de la famille Hasbourg le regardait avec étonnement. Après tout, ce n'était pas vraiment son genre de s'imposer de cette façon. Mais il s'était entrainé pendant plusieurs heures, ce n'était pas pour abandonner au moindre obstacle.
Il raffermit sa prise sur sa baguette, ferma les yeux tout en respirant un grand coup essayant de faire le vide dans sa tête. Son esprit se ferma, ne restait que pour Nathan sa baguette, lui, et le coffre. Il avait complètement oublié la présence de ses collègues cambrioleurs ou la raison de sa présence ici. Il imagina le coffre s'ouvrir délicatement tout en incantant la formule avec sa voix intérieure : Alohomora.
Nathan n'eut même pas besoin d'ouvrir les yeux pour voir si le coffre s'était ouvert. Il savait qu'il l'était.
-Wouah ! s'exclama Amélie. Tu l'as ouverte sans même prononcer l'incantation. Il y a quoi dedans ? Éric déplia rapidement le parchemin à l'intérieur et poussa un juron :
-Merde ! C'est une sorte de code. Je n'ai jamais vu un truc comme ça. Amélie ?
-Moi non plus, répondit celle-ci. Ce n'est ni des runes ni un langage ancien. Éric, si tu peux recopier le parchemin ce serait cool. Parce que si le prof revient et qu'il voit que le parchemin n'est plus là, ça le rendra suspicieux.
-Et le coffre alors ? demanda Nathan. Parce que la magie pour le fermer n'est plus là, ça aussi il va le remarquer.
-Je ne penses pas que ce soit un problème, annonça Amélie en regardant le coffre. C'est de la glue perpétuelle, elle est presque impossible à enlever sans magie. Il en reste encore dessus, il suffira juste de le refermer et la glue fera le reste. Éric, ça en est ou cette copie ?
-T'es au courant que ça fait trois pages ce truc ? Donnez-moi un coup de main au lieu de me regarder.
Amélie et Nathan recopièrent donc les différents symboles des différents parchemins. Au bout de quelques minutes, ils recopièrent les papiers, remirent les originaux en place pendant qu'Éric regardait en dehors du bureau pour voir s'il n'y avait personne. Heureusement pour eux, le chemin était libre et ils ne rencontrèrent personne sur le chemin pour arriver à la salle de stockage ou ils virent William qui les attendait.
Les cinq élèves se regardèrent avec un regard complice. Ils venaient de réussir leur cambriolage.
