Dixième chapitre ! Enfin. Bon, après ça on repassera à un chapitre par semaine. Il y a en tout 22 chapitres donc il faudra être patients pour arriver jusqu'à la fin ^^
Chapitre 10 Libération
Éric de Hasbourg
Éric commençait à devenir de plus en plus comme Amélie et il n'aimait pas ça. Il suspectait un peu partout des secrets qu'on lui cachait. Il y avait par exemple le fait qu'Amélie et Nathan passaient du temps beaucoup de temps ensemble. Il savait qu'elle était dans le même club du fils Clermont, mais tout de même. Et puis il y avait Alice qui restait la plupart du temps toute seule. Il ne comprenait pas son comportement récent. Le garçon avait essayé de lui parler mais elle le rembarrait d'une manière particulièrement rude à chaque essai.
Mais pour l'instant, la priorité du fils Hasbourg et de ses amis était de traduire le parchemin volé à Mr. Grayson. Malheureusement, cela faisait plusieurs jours qu'Amélie et lui cherchaient dans la bibliothèque de l'école les différents codes possibles et imaginables mais pour l'instant, il n'y avait aucun résultat probant en vue.
S'ennuyant tout seul dans le Réfectoire, Éric se dirigea vers les cuisines du château ou Amélie passait beaucoup de ses soirées pour terminer son projet de club.
Arrivé dans les cuisines, il ne vit qu'étonnamment personne n'était là. Le repas du soir étant fini depuis une heure, plus personne ne travaillait ici et le club de cuisine n'était pas ouvert aujourd'hui, il s'était donc attendu à voir sa sœur travailler seule. Il la chercha quelques secondes mais entendit derrière une des entrées de la salle la voix de sa sœur étouffée par le mur :
-Ne t'inquiète pas. A cette heure, tout le monde est déjà parti et de toute façon il…
Éric attendit que sa sœur entre, mais à sa grande surprise, elle était accompagnée d'une amie qui avait le visage caché et qui se rua derrière Amélie. Celle-ci semblait d'ailleurs aller dans ce sens puisqu'elle ferma immédiatement la porte essayant de cacher la présence de son ami.
-Tiens…, commença-t-elle avec une anxiété palpable. Éric. Qu'est-ce que tu fais ici ?
Elle cachait quelque chose, c'était évident. Bien décidé à savoir ce qu'elle lui cachait, le fils Hasbourg lui demanda :
-C'était qui derrière toi ?
-Personne.
Rien que l'idée que sa sœur lui mente mettait le garçon dans une colère noire. Il ne comptait plus le nombre de fois où ils s'étaient promis de ne jamais se mentir. Quand il s'apprêtait à s'énerver contre elle, il vit le visage de sa sœur se décomposer, visiblement elle était bien consciente de l'avoir déçu. Comment aurait-t-il pu être en colère contre elle ?
-Amélie… S'il te plaît. On ne va pas se mentir maintenant, si ?
La fille Hasbourg souffla d'un seul coup, probablement pour s'enlever une quelconque pression.
-Non, s'exclama-t-elle presque en murmurant. Tu as raison. Viens je vais tout t'expliquer.
Honnêtement, Éric avait du mal à croire à tout ça. Une réfugiée slave qui se cache depuis près de deux mois dans le château ? Sans que personne ne le remarque ? C'était insensé ! Mais en voyant Mavra qui avait apparemment toujours peur de lui, le garçon ne pouvait que la croire. Cependant, il y avait une question qui le turlupinait toujours :
-Pourquoi ne pas m'en avoir parlé ? J'aurais pu t'aider, tu n'aurais pas eu à gérer ça toute seule.
-En fait, répondit-t-elle. Il y a une dernière chose que je ne t'ai pas dit…
A ce moment, Éric entendit une autre voix qu'il ne reconnut pas. La pression monta quelque peu de peur que quelqu'un découvre le secret d'Amélie. Il resta béat pendant quelques secondes mais réussit tout de même à entendre ce que disait la voix :
-Désolé du retard Amélie. C'est juste que j'ai vu un prof trainer autour de la cuisine et je ne voulais pas nous poser des prob…
Au moment où Éric vit Nathan, son sang ne fit qu'un tour :
-Qu'est-ce qu'il fait là lui ?!
-Nathan sort s'il te plaît, demanda Amélie à celui-ci. On se voit plus tard.
Voyant bien que sa présence énervait le jeune garçon, Nathan s'exécuta pendant que le frère d'Amélie continua de déverser sa colère en se tournant vers celle-ci :
-Alors c'est ça que tu faisais à chaque fois dans ton club ?! Hein ?!
-Calmes-toi, lui conseilla Amélie. Je vais t'expliquer.
-Qu'est-ce qu'i raconter ? Tu as oublié ce que sa famille nous a fait ou quoi ?
-Non ! Mais…
-Mais rien du tout ! Je ne sais même pas comment tu as pu collaborer avec lui.
-Tu l'as bien fait il y a quelques jours.
-Mais ça n'a rien à voir ! On n'avait pas le choix cette fois-là ! Je ne lui faisais pas confiance pour autant.
-Et pourquoi tu le hais autant ?
-C'est toi qui dis ça alors que tu le détestais autant que moi ?
-J'ai changé d'avis ! Et je suis sûre que tu peux en faire autant.
-Je ne veux pas ! Je ne peux pas…
Au fur et à mesure que la conversation continuait, la colère montait petit à petit, colère se transformant lentement en tristesse. Lorsque les larmes commencèrent à couler de ses joues il comprit enfin pourquoi il détestait tant Nathan. Regarder le visage d'Amélie empli de gentillesse malgré son ton dur fut le déclic… Elle lui ressemble tellement…
-Quand je le regarde, sanglota Éric. Je pense à Maman. A combien les choses auraient pu être différentes si elle avait été là. Papa n'aurait jamais été aussi … Enfin, tu vois ce que je veux dire.
Amélie mit une main sur la joue du garçon comme le faisait leur mère il y a des années plus tôt.
-Elle me manque aussi, le rassura sa sœur ayant les yeux humides. Mais tu es bien placé pour savoir que les actions de nos parents n'ont pas à se répercuter sur ses enfants, non ?
Mince. Sa sœur trouvait toujours un moyen pour la convaincre. Il était vrai que si des élèves de cette école pouvait comprendre ça, c'était bien eux. Combien de fois on les avait comparés à leur père ? Combien de fois des inconnus les avait reconnus dans la rue seulement parce qu'il était le fils de leur père ? En se mettant du point de vue de Nathan, Éric ne put s'empêcher d'avoir un élan de sympathie pour lui mais…
-Je ne suis pas sûr de pouvoir surmonter ça, avoua le fils Hasbourg. Je suis désolé mais…
-Non, l'interrompit sa sœur. Je ne te demande pas d'être ami avec lui. Je te demande seulement d'accepter le fait que Nathan et moi puissions l'être.
Éric du faire un effort certain pour répondre :
-Je peux au moins faire ça…
Amélie sourit à son frère et enleva les larmes sur son visage :
-Allez. Viens. Il faut qu'on rentre dans nos chambres, il est déjà tard. Mais avant, on s'occupe de Mavra.
Éric se retrouva avec William dans le Réfectoire puisque Nathan et Amélie étaient parti aider Mavra.
Mais ce qui inquiétait le plus le garçon était la situation d'Alice. Son amie devenait de plus en plus réticente à non seulement venir avec son groupe d'ami, mais aussi de venir tout simplement en cours certains jours. Il se doutait bien aujourd'hui que son amie se faisait harceler. C'était évident à en juger par les innombrables affaires qu'elle « perdait » et le nombre de fois ou la jeune fille venait le matin avec les yeux rouges. Éric aurait bien envoyé les responsables en enfer mais il avait préféré référer ses suspicions au père d'Alice qui lui assura qu'il s'en occuperait.
-Regardes qui se pointe, l'interrompit dans ses pensées William en pointant du doigt derrière lui.
Le fils Hasbourg se retourna et vit quelque chose qui ne lui plaisait pas. Grégory Garryn, la personne avec qui Will s'était battu dans le carrosse se dirigeait vers eux. Le garçon n'avait pour l'instant eu que quelques regards noirs envers l'ami d'Éric mais le fils White n'arrêtait pas de lui répondre avec un sourire médisant qui semblait énerver Garryn de plus en plus, qui aujourd'hui semblait être à sa limite vu la colère non dissimulée enveloppant visage.
Il s'approcha de William rapidement, le souleva par le col et enchaîna avec violence :
-Je commence à en avoir marre de tes petits jeux.
Will, comme à son habitude, resta parfaitement calme et répondit avec une véhémence qui aurait même énervé Éric :
-Je ne vois pas de quoi tu parles.
-Tu as battu deux fois notre famille. Une fois dans le carrosse et l'autre pendant le cours de Défenses… On en a détruit pour moins que ça.
-Je suis pressé que tu essayes en tout cas.
Encore une fois, l'objectif de l'ami d'Éric était clairement de mettre à bout Grégory. Stratégie débile du point de vue du garçon puisque presque aucun des professeurs à part Grayson n'était présent à cause d'une réunion faites chaque trimestre pour statuer des nouveaux objectifs. Devant la condescendance effarante du première année, le fils Garryn mit un énorme coup de poing à son adversaire qui tomba violemment à terre provoquant l'attention de quelques élèves aux alentours. Éric vit également une sorte de collier avec un pendentif en forme de triangle tomber à côté de son ami, collier qui, avait remarqué également le garçon depuis quelques jours, ne quittait jamais son propriétaire. Immédiatement après être tombé par terre, William essaya de ramasser son pendentif et Grégory voyant bien que cet objet semble être important pour le garçon, se rua vers celui-ci et l'ouvrit sans perdre une seconde.
Éric devait bien avouer que malgré lui, il était curieux de savoir ce que contenait ce collier. William n'étant pas le genre de personne à s'étendre sur lui et vu qu'il portait cet objet jour et nuit, connaître son contenu lui aurait permis d'en savoir un petit peu plus sur Will.
-Lâche ça, ordonna William d'une voix d'outre-tombe.
Le ton que prit Will fit presque peur à son ami tant il était dénué d'émotions. Le fils White gardait généralement un visage réservé mais il lui arrivait parfois de sourire à une blague, de s'offusquer d'une quelconque situation ou encore d'ironiser comme il sait si bien le faire. Mais maintenant, sa voix ne contenait rien, ça en était presque effrayant.
Grégory, étant probablement bien trop occupé à apprécier sa « victoire », remarqua à peine le changement de ton dans la voix d'Éric qui commençait à se relever doucement.
Petit à petit, une sensation étrange parvint à Éric, sensation que partageait apparemment tout le monde dans la salle puisque la plupart des brouhahas s'arrêtèrent pour regarder ce qui en était la cause. Une sorte de pression étrange envahissait la salle, comme lorsque l'orage approchait et que l'air devenait de plus en plus lourd sauf que la force était ici bien plus palpable. Elle donnait presque la nausée au fils Hasbourg qui essaya de se tenir sur la table pour ne pas vaciller. Visiblement, le professeur Grayson aussi ressentit cette énergie puisqu'il sortait sa baguette sur le champ. Le seul à ne pas percevoir tout ceci semblait être William qui continua de s'avancer vers Grégory pour récupérer son collier.
-Que vous êtes mignons, se moqua sans gêne le fils Garryn en regardant l'intérieur du pendentif.
Comme tu es jeune sur cette photo ! Regarde-moi ça, un vrai petit boutchou.
Pour une personne ne l'ayant jamais côtoyé pourrait penser que William gardait un visage neutre mais Éric qui avait appris à discerner quelque peu les différentes émotions de son ami sous son masque de neutralité voyait bien qu'il était dans une colère noire qu'il essayait désespérément de contenir.
-Je te le demanderais une dernière fois, intima-t-il. Rends-moi ça. Si tu veux des excuses, tu les auras. Mais rends-moi le collier.
La jubilation se voyait sur le visage de Grégory qui fit mine de réfléchir et qui répondit d'un air faussement compatissant :
-Bon. Je vois bien que ce truc est important pour toi. Mais j'ai une meilleure idée, je crois bien que je vais le casser.
L'objet tomba des mains de Grégory pour tomber par terre dans un cliquetis métallique. Le quatrième année leva sa jambe pour exploser le pendentif mais il s'interrompit lorsque vit quelque chose passer devant son champ de vision ainsi que devant celui. Une assiette qui se leva verticalement devant ses yeux. Puis deux, puis trois assiettes bientôt accompagnées de dizaines de couverts. Les élèves commencèrent à s'inquiéter en quittant très vite leurs tables. Bientôt toute la vaisselle du Réfectoire lévitait à plusieurs mètres au-dessus du sol. Tous regardaient Mr. Grayson en espérant qu'il fasse quelque chose mais celui-ci restait debout en regardant fixement William qui semblait être sous une sorte de transe remarquant à peine tout ce qui se passait autour de lui. Il se tenait la tête avec les deux mains, le visage crispé par la douleur. Éric aurait voulu l'aider mais il ne savait pas quoi faire, qu'est-ce qu'il détestait être aussi impuissant !
Il essaya de se mettre à genoux pour l'aider mais avant qu'il puisse poser genou à terre, la vaisselle en lévitation passa en toute vitesse devant pour venir se planter dans le mur d'en face. Les verres éclataient en centaines de bouts pointus s'expulsant à toute vitesse. Cette fois, même les chaises et les tables commencèrent à voler autour des élèves si vite qu'elles se confondaient en une masse marron informe. Les élèves essayaient de partir du réfectoire mais ils furent vite arrêtés par un meuble les percutant de plein fouet. Certaines personnes parmi les plus jeunes sanglotèrent de peurs alors que Mr. Grayson agissait enfin en incantant des sortilèges de protection autour des jeunes sorciers. Il réussissait à dévier la plupart des projectiles mais il n'y arriverait pas tout seul, il y avait plusieurs centaines de personnes à protéger et le Réfectoire s'étendait sur plusieurs étages. C'est pour ces raisons que devant le vacarme que produisait les objets en lévitations se percutant violemment contre le mur, l'enseignant mit la pointe de sa baguette contre sa gorge, sa voix s'amplifia d'un seul coup :
-Les premiers deuxièmes, troisième et quatrième année rassemblez-vous dans les coins de la pièce. Tous les autres, utilisez des sorts de protection sur vous mais surtout sur les jeunes élèves. On se dépêche !
L'esprit d'Éric paniquait devant tant d'évènements. Il resta paralysé quelques secondes, paralysie qui disparut bien vite lorsque sentit une sorte de brûlure au niveau de son avant-bras. Il poussa un léger cri de douleur et toucha instinctivement la partie touchée : un peu de sang coulait sur ses doigts. Heureusement pour lui, il n'eut pas le temps de paniquer puisqu'un élève de quatrième année l'amena vers un coin de la pièce comme l'avait ordonné le professeur. Une fois rassemblé avec les autres élèves, le fils Hasbourg regarda encore une fois William qui était à l'épicentre du phénomène, les objets semblaient tourner autour de lui à la manière d'une tornade. Plusieurs meubles se cognèrent contre les sortilèges placés par les élèves plus vieux provoquant des cris de panique de quelques élèves. Heureusement pour eux, les sortilèges avaient l'air de tenir.
Au bout de quelques minutes à prier pour que les sortilèges fassent leur travail, Éric regarda vers l'enseignant qui tendait sa baguette vers William. Mr. Grayson avait les yeux fermés et incantant en murmurant à une vitesse telle qu'il était compliqué de comprendre ne serait-ce qu'un seul mot. Il mit un certain à réussir à calmer Will qui s'évanouit sur le coup. Petit à petit, la déferlante se calma et le professeur réussit à faire léviter les plusieurs centaines de meubles afin de les amener calmement sur le sol à leur emplacement originel. Tous les débris de verre et de vaisselles se reformèrent au-dessus des tables pour s'y poser et même les divers trous dans les murs se rebouchèrent. Éric ne se rendait pas vraiment compte à ce moment-là, mais ce que venait de faire Mr. Grayson était bien au-delà du niveau d'un simple professeur de défenses contre les forces du mal. Une fois le sort terminé, personne n'aurait pu deviner en regardant la salle qu'une armée d'objets l'avaient déchiquetée.
Du côté d'Éric, la pression mit un bout de temps à disparaitre, certains élèves se regardant les uns les autres d'appréhension de peur que l'évènement se reproduise. Éric les comprenait, lui-même n'avait aucune envie de revivre cet évènement, la seule chose qui lui avait permis de ne pas trembler de tout son long était la situation de William qui l'inquiétait bien plus que la sienne.
Mr. Grayson ordonna immédiatement aux personnes blessées de se diriger vers l'infirmerie qui sera très certainement remplie pour quelques jours. Même s'il s'était blessé au bras, le fils Hasbourg voulait absolument rester avec William qui avait été amené dans une salle adjacente au cas où il recommence à jouer les apprentis sorciers.
La pièce était assez étrange. Toute sa surface, du sol au plafond était faite d'un marbre noir sinistre donnant à la salle une température glaciale. A part une cheminée au fond de la salle diffusant une lumière bleu pâle rendant la salle encore plus sinistre. D'énormes squelettes d'équidés pendaient au plafond n'aidant bien sûr pas à rassurer le jeune garçon qui évitait de regarder vers le haut car chaque qu'il le faisait il avait l'impression que le squelette le fixait du regard. D'immenses inscriptions parcouraient le sol prenant une forme de cercle que le corps de William coupait parfaitement en deux. Mr. Grayson prononça quelques formules que le jeune sorcier ne compris évidemment pas, mais il ne put s'empêcher de lui demander :
-A quoi servent ces sorts ?
Le professeur lui répondit tout en continuant de lancer des sortilèges :
-A éviter qu'une telle chose se reproduise. Je sais que tu as beaucoup de questions mais retiens les pour lorsque la Directrice arrivera.
-Elle arrive quand ?
-Dans pas longtemps.
Éric déglutit à l'idée de rester dans cette place plus longtemps. Il ne savait pas pourquoi mais quelque chose le rendait mal à l'aise, et ce n'était pas l'apparence glaciale de la salle qui provoquait ça. Il ressentait une sorte de mal-être inexplicable dans cet endroit. Visiblement, le garçon n'était pas le seul le ressentir puisque Mr. Grayson lui expliqua :
-Tout le monde ressent ça en entrant dans la pièce. C'est normal. Si tu veux sortir tu peux, je te ferais un résumé de ma conversation avec Mme Monet si tu tiens tant à en savoir plus.
L'idée de partir ne déplaisait pas à Éric mais celui-ci serra les poings et décida de prendre sur lui. Heureusement, la directrice arriva très vite rassurant quelque peu le jeune homme. Même si lui- même était demi-vélane, la beauté resplendissante de Mme Monet avait quelque chose de galvanisant dans cet endroit sinistre. Cependant dès qu'elle commença à entrer dans la pièce elle s'arrêta net, fronça les sourcils de dégoût et regarda la pièce dans son entièreté d'un mouvement de tête gracile.
-Magnus…, annonça-t-elle froidement. Quelle est donc cette diablerie ?
N'ayant l'air d'absolument pas prendre en compte le ton pris par la directrice, l'enseignant argumenta simplement :
-Ce n'est pas en fermant cette salle que les évènements d'il y a quelques années cesseront d'exister.
-Je pensais qu'on en avait déjà discuter Magnus, insista la vélane. Il est strictement interdit d'utiliser cette monstruosité.
-Cette « monstruosité », comme vous dites Louise, peut servir à ce garçon.
-Je refuse d'utiliser quelque chose ayant appartenu à ce monstre…
-Peut-être mais vous devez bien admettre que Romain Clermont est un génie.
-Un génie qui a tué des centaines de personnes !
D'un seul coup, les deux professeurs se rendant compte qu'ils parlaient du meurtrier de la mère du jeune garçon qui était dans cette salle, s'arrêtèrent en se tournant vers lui. En tout cas, c'est ce que croyais Éric, jusqu'à ce que celui-ci se retourne et voit Nathan sur le devant de la porte, le visage empreint d'une colère noire. Au début, le fils Hasbourg ne comprit pas vraiment la raison de cette colère mais il comprit dans un moment de clarté que le fils venait de découvrir que son père était le plus grand mage noir vivant à ce jour. Amélie lui avait expliqué que le garçon ne connaissait pas les actions effectuées par son père mais le frère de celle-ci ne l'avait pas cru. Aujourd'hui, avec le regard que présentait Nathan, il n'eut aucun mal à réviser son jugement. La composition de son visage passait par une palette d'émotions bien trop vaste pour toutes les saisir : Colère, surprise, incompréhension, tristesse… Aucune des personnes dans la pièce à part Mme Monet se rendait pleinement compte de ce que cette situation impliquait pour le fils Clermont : c'était littéralement toute sa vie qui prenait sens à ce moment précis. Compréhensiblement, la personne concernée s'enfuit devant cette situation très vite poursuivi par la directrice qui avait le visage empli de larme pour une raison qui échappait aux deux autres personnes restantes dans cette pièce.
Pour la première fois de sa vie, Éric avait pitié pour un Clermont.
