Bon... J'ai compris. Je vais arrêter de faire des promesses en vous disant que tel chapitre arrive tel jour Vraiment désolé pour ça. En plus, ce n'est pas parce que mes chapitres ne sont pas encore écrits puisque le tome deux est déja terminé ^^ Bref, je vais me taire et vous laisser profiter du chapitre ;)

Chapitre 11 Révélations

Nathan de Clermont

Nathan courait. Il courait, courait et courait encore jusqu'à ce que ses poumons explosent. Les couloirs passaient à une vitesse telle que les murs devenaient flous. Il avait du mal à s'orienter. Mais peu importe, il ne savait même pas où aller. La seule chose qu'il savait c'est qu'il voulait être loin d'ici, de cette salle, de cette école, de ces menteurs, de cette vie. Courir l'aidait à ne plus penser à rien. Réfléchir sur les conséquences de ce qu'il venait d'entendre était la dernière chose dont il avait envie pendant ces quelques minutes. Il ne fit même pas attention aux dizaines de personnes qu'il bouscula ou même aux insultes qu'il prit. Il se laissa diriger par son instinct. Il voulait pleurer, mais il n'avait pas envie que quelqu'un le voit faire. La course effrénée continua jusqu'à ce qu'il arrive dans le dernier endroit où il aurait cru pleurer de tout son soûl : les toilettes. Heureusement pour lui, il était au troisième étage et presque personne ne venait là-bas tant le matériel était vétuste.

Le garçon déboussolé n'eut même pas le temps de reprendre son souffle lorsqu'il vit dans son propre reflet l'écusson de sa famille qu'il arracha d'un mouvement brutal. Il déboutonna rapidement sa chemise pour voir le même symbole mais cette fois-ci marqué au fer rouge. C'était une tradition dans la famille que de se faire marquer le symbole au scorpion sur son corps. Auparavant il en avait éprouvé une certaine fierté puisque c'était l'une des rares fois où sa mère s'intéressait à lui. Aujourd'hui il voit ce symbole comme une appartenance forcée, qu'il ne souhaitait pas, ou en tout cas qu'il ne souhaitait plus.

Nathan essaya d'enlever la marque avec de l'eau en frottant de manière impulsive. Il frotta et frotta encore contre la marque, essaya tous les sortilèges sachant bien qu'aucun d'eux ne servirait. Le garçon déchainait sa colère et sa frustration contre cette marque en griffant sans même remarquer la peau se déchirer ou le sang couler. Il s'en fichait, il voulait seulement extérioriser sa colère. La laisser s'en aller. Malgré la violence dont il faisait preuve, la marque n'avait même pas commencé à disparaître ne faisant qu'augmenter les sentiments du fils Clermont qui cria en implorant sans même attendre une réponse :

-Efface-toi ! Efface-toi ! Efface-toi ! Efface-toi !

Plus il répétait cette prière plus les larmes commençaient à lui venir. L'adrénaline retombait petit à petit lorsque Nathan vit quelqu'un qu'il ne souhaitait absolument pas voir.

-Partez d'ici Mme Monet, ordonna-t-il en sanglotant.

Le regard plein de compassion de la marraine rendait celle-ci encore plus belle mais Nathan le remarqua à peine, bien trop occupé à broyer du noir.

-Je ne peux pas, répondit doucement la Directrice. Tu as besoin de moi.

-Je n'ai besoin de personne. Et surtout pas de vous.

A cet instant, Nathan savait que ce n'était pas vrai. Il avait besoin de quelqu'un en ce moment de doute. De quelqu'un pour l'épauler, l'écouter, le rassurer… Il se sentait presque honteux de lui avoir répondu aussi sèchement. Louise était la seule personne à être là pour lui et qu'avait-il trouvé de mieux à faire ? La rejeter comme il l'avait été pendant toute sa vie.

Il repensait à tout ces moments où il avait tenté un dialogue avec sa mère, toutes ces fois ou le jeune garçon aurait donné n'importe quoi pour que sa mère ne lui donne ne serait-ce qu'une once d'intérêt. Il aurait voulu qu'elle exprime quelque chose envers lui, ne serait-ce que de la haine lui aurait suffi, au moins, il aurait une preuve que sa présence valait quelque chose, mais rien. La seule chose qu'il avait obtenu était de l'ignorance. Et combien de fois avait-t-il été insulté, frappé, humilié par des personnes qui ne connaissaient rien de lui ?

Non, pensa-t-il en raffermissant ses idées. Je jure de ne jamais être comme eux. Je ferais tout pour qu'aucune des personnes que je connaisse n'ait à subir ça.

Avec cette nouvelle idée en tête, Nathan pris appuies sur l'évier, regarda son reflet dans le miroir pour s'assurer de son assurance puis, souffla un grand coup pour définitivement se calmer. Mme Monet était toujours là, sur le devant de la porte, attendant patiemment de connaître la décision de son filleul.

-Excusez-moi, finit enfin par dire le garçon d'une voix plus assurée. Vraiment. Je m'excuse. C'est juste que …

-C'est compliqué ? proposa la Directrice.

Nathan hocha la tête. Le pauvre petit tremblait encore à cause des émotions fortes d'il y a quelques secondes. Louise s'approcha tout doucement, ne voulant brusquer encore plus le jeune homme qui évitait de la regarder dans les yeux, probablement de honte de l'avoir rejetée.

Quelques secondes passèrent pendant lesquelles on entendait seulement l'eau couler dans les tuyaux de la pièce.

-Tu veux qu'on s'assoie quelques minutes ? demanda la marraine de Nathan avec une gentillesse qui semblait infinie. Viens. Tu pourras me poser toutes les questions que tu veux.

-Aucun mensonge ? pria Nathan.

-Aucun mensonge.

Le fils Clermont s'assit donc à côté de Louise qui regardait le garçon avec un air étrange. Une sorte de mélange entre tristesse et mélancolie qui ne le rassurait pas vraiment. Nathan s'était dit qu'il avait assez eu d'émotions fortes pour aujourd'hui mais quitte à apprendre la vérité, autant l'apprendre dans sa totalité.

Une fois assis, le garçon dut réfléchir à quelle question poser. Il y en avait tellement… Mais après un instant de réflexion il y en a une qui lui vint en tête. Elle était futile comparé à toutes celles qui pourraient être beaucoup plus importante, mais elle lui taraudait depuis quelques temps déjà :

-Pourquoi je ne trouvais rien sur mon père dans la bibliothèque du château ?

Il était conscient que c'était une question bête mais bon, autant commencer par une question simple.

-C'est moi qui aie enlevé tout signe de ton père, expliqua Louise. Honnêtement, je ne sais pas moi- même pourquoi j'ai fait ça. Au fond de moi, je voulais peut-être que tu ne saches jamais qui était ton père. Je veux dire regardes-toi… Avec le recul, j'aurais peut-être du tout te dire depuis le début, j'ai l'impression que ce que tu vis est de ma faute.

Son cœur s'emplit de tristesse lorsqu'il vit le visage de la vélane plein de larmes. Et soudain, ce fut le déclic pour le garçon. Pendant sa course, il avait maudit toutes ces personnes qui ne lui avaient rien dit mais d'un seul coup, la vision qu'il avait eu devant le miroir de ruoma lui revint ainsi que les paroles de sa marraine sur celui-ci : Disons seulement que j'espère t'y voir un jour.

Il s'était demandé ce qu'il avait vu devant le miroir mais en voyant les larmes de Louise, c'était maintenant évident. Le miroir nous fait voir les personnes pour qui tu es important. L'idée que les personnes lui ayant menti étaient comme sa mère lui avait traversé l'esprit mais en fait c'était tout le contraire… Sa mère ne lui avait rien dit parce que Nathan ne représentait rien pour elle alors que Louise ne lui avait rien dit parce qu'elle tenait à lui.

Nathan mis la main sur la joue de sa marraine et essaya de la rassurer comme il put :

-Ne t'en veux pas pour ça, s'il te plaît. Tu n'y es pour rien. Je t'en prie, sèches tes larmes.

La vélane hocha la tête et essuya ses larmes du bout de sa manche. C'était la première fois que Nathan était aussi familier avec elle mais il s'était dit que c'était le moment ou jamais de se rapprocher d'elle.

-Merci Nathan, répondit-t-elle d'une voix légère. Rien que le fait que tu me pardonnes me fait aller mieux. C'est bon. On peut continuer, poses tes questions.

Le garçon n'était pas certain de vouloir continuer mais il continua malgré tout : Il fallait que ça se termine.

-Qui est réellement mon père ?

C'était la question à laquelle personne ne voulait répondre, celle dont il avait cherché la réponse pendant onze années de sa vie.

-Ton père…, commença la marraine. Est un mage noir. Le plus grand mage noir que l'on ait connu depuis Tu-sais-qui…

Même Nathan avait entendu parler de Voldemort. Mais pour lui et probablement beaucoup d'enfant de cette génération, ce n'était plus qu'un vieux mage noir aux idées tellement folles qu'elles en devenaient quelque part ridicule. Mais il savait que son souvenir était puissant chez beaucoup de personnes, aussi évita-t-il tout commentaire quelque peu véhément.

-Il est responsable de beaucoup d'évènements dans le monde… Tellement qu'il serait compliqué de tous les citer. Mais pour te dire les choses simplement, il a gagné beaucoup d'adeptes à travers le monde car il faut bien comprendre quelque chose, même si cela me fait mal de l'admettre, mais ton père est un génie de la magie noire. Je ne vais pas entrer dans les détails mais sache seulement que

cette magie a des rouages très flous et nécessitent généralement plusieurs années d'études. Mais ton père n'avait aucun de ces problèmes. Beaucoup de mages noirs ont vu en lui une personne à suivre. Avec ses adeptes, ton père a éliminé beaucoup de personnes…

-Combien ? intervint Nathan.

-Je ne sais pas vraiment…

-Louise.

-Quelques milliers.

Cette nouvelle donna le tournis au jeune garçon. Il avait déjà appris que son père était un meurtrier par sa marraine lorsqu'il avait interrompu sa discussion avec Mr Grayson, mais jamais il n'aurait cru que ça aille aussi loin…

-Désolé d'avoir à te dire tout ça, s'excusa Mme Monet.

-Non, refusa Nathan. A vrai dire, je pense que c'est la meilleure chose que vous auriez pu faire… Au fond de moi, je pense que je ne voulais pas savoir. En étant honnête avec moi, j'avais des dizaines d'occasions et de moyens de connaître la vérité, mais jamais à part cette année je n'ai fait de véritables efforts. Alors, merci de m'avoir dit la vérité.

Ce qu'il venait de dire était totalement vrai. Son père avait laissé une telle marque sur le monde des sorciers que la peur des parents des Clermont s'est répercuté sur leurs enfants et est même restée palpable une dizaine d'années après les évènements. Soudain, il se rappela de la Place cachée, de comment on l'y avait traité mais surtout, les pleurs de certaines personnes rien qu'en le voyant, les traces de brûlures visibles un peu partout…

-L'incendie de La Place Cachée, murmura le fils Clermont. C'est lui le responsable, pas vrai ?

Nathan voyait bien que parmi toutes les questions auxquelles elle avait répondu, c'était celle dont elle voulait le moins parler. Mais la vélane pris une grande inspiration et continua son récit :

-Oui. C'est effectivement lui le responsable. Il existe un sort appelé feudeymon, ce sont des flammes qui ne s'éteignent jamais. Ton père a lancé un incendie avec ce sort. Ce jour-là, non seulement beaucoup de marchands y ont perdu leur commerce, mais de nombreuses personnes sont également mortes… Il a fallu près de deux semaines au Ministère pour éteindre les flammes. Mais ce n'est pas le plus grave pour toi…

-Je doutes qu'il y ait plus grave que ça, tempéra Nathan.

-La mère d'Amélie et de d'Éric Hasbourg est morte dans cet incendie.

Le garçon aurait certainement dû être choqué de cette nouvelle mais en fait pas du tout, ça expliquait la raison pour laquelle le duo Hasbourg le détestait autant mais ce qui surprit Nathan était le cas d'Amélie qui, malgré le fait qu'il soit le fils du meurtrier de sa mère, ait acceptée sa présence. Même si une partie de lui se demandait comment il pourrait encore les regarder dans les yeux, une autre partie de lui s'imposa. Quitte à assumer, autant le faire jusqu'au-bout. Aujourd'hui, le jeune homme était bien déterminé à montrer aux gens que les actions du père n'ont pas à se répercuter sur le fils.

-J'ai juste deux autres questions, annonça Nathan.

-Je t'écoutes.

-Ou est mon père maintenant ?

-Dans une prison au large de la Bretagne. Crois-moi, ça fait 7 ans qu'il est ici et rien ne nous indique qu'il n'a ne serait-ce que tenter de s'échapper. Il est dans la prison la plus sécurisée d'Europe, tu n'as pas à t'inquiéter pour ça. Ta deuxième question ?

-Comment va William ?

Maintenant que Nathan avait gardé son calme et qu'on avait répondu à toutes ses questions, le garçon était bien plus inquiet par la condition de Will que par la sienne. La situation du fils Clermont ne pourra pas changer à l'intérieur de l'école. Le seul moyen pour lui de changer les choses, c'était de soit voir sa mère, soit voir son père. Et Nathan n'était près de rencontrer ni l'une et encore moins l'autre. Alors que la situation de son ami, elle, était bien plus préoccupante.

-Tu veux qu'on aille voir comment il va ? demanda Louise. Mr. Grayson devrait avoir bientôt fini.

Nathan hocha doucement la tête et essaya d'en savoir plus sur la situation concernant son ami :

-Je ne sais pas grand-chose pour l'instant, avoua la Directrice. Mais sa magie semble s'être manifesté, je n'ai pas encore eu tous les détails de la part du professeur Grayson mais il semble aller bien.

-J'ai appris qu'il avait réussi à faire valdinguer les meubles du Réfectoire comme des poupées de chiffon. C'est normal ?

La marraine répondit avec quelques secondes de retard, essayant probablement de trouver les mots :

-J'ai quelques idées mais honnêtement c'est au-delà de mon domaine de compétence. Mr. Grayson est le sorcier le plus compétent que je connaisse. Ne t'inquiète pas pour William, s'il y a un quelconque problème, je suis sûre qu'il saura le régler.

Pendant qu'ils discutaient sur le chemin de la salle où se trouvait William, ils rencontrèrent plusieurs élèves visiblement surpris de voir Nathan avec la Directrice de Poudlard. Comme d'habitude quelques regards noirs envers lui ou même un peu de dégoût mais sa marraine ne semblait clairement pas se soucier de ça, continuant la discussion comme si de rien était. Le fils Clermont essayait lui aussi de ne pas en prendre compte.

Finalement, ils arrivèrent à l'endroit voulu au bout de quelques instants pendant lesquelles Nathan appréhendait quelque peu d'y entrer mais passa la porte avec détermination. Il voyait William et Éric en train de discuter et le professeur de Défenses qui analysait les différentes runes sur les murs noirs. La salle avait quelque chose d'oppressant avec ses runes et ses squelettes mais Nathan s'y sentait étrangement à l'aise.

Les discussions s'arrêtèrent dès que la Directrice et lui entrèrent.

-Ça va ? demanda presque immédiatement William à Nathan. Si tu ne veux pas rester ici, je pourrais comprendre.

Ce dernier commentaire lui confirmait bien que Will savait depuis le début qui était son père. Le jeune né non-magique était loin d'être bête.

-Ce serait plutôt à moi de te demander si ça va, rétorqua Nathan. T'es tout blanc.

Effectivement, le visage de son ami était pâle à faire peur. Il ne l'avait jamais vu dans un tel état de fatigue.

-Honnêtement, avoua William. Je me sens plutôt bien, à part un peu de fatigue. On vous attendait justement pour parler de tout ça.

Mme Monet glissa ses yeux sur le mur en marbre froid, semblant faire un effort pour rester sereine puis demanda à Mr Grayson ou il en était. Celui-ci était toujours en train de regarder les runes. La lumière pâle des flammes du foyer lui donnant presque un air de fantôme.

-J'ai pu faire quelques tests sur Mr. White lorsque vous vous êtes absentée, expliqua-t-il en s'adressant à la Directrice. Il semblerait que ce soit exactement ce que l'on craignait.

Mme Monet passa la main sur son visage et s'appuya sur un mur de la salle tout en exclamant plus à elle-même qu'au reste du groupe :

-Cela fait presque deux siècles que l'on n'a pas vu de sans-limites dans notre école et il a fallu que ça tombe sur moi…

Les différents élèves se regardèrent les uns les autres essayant de comprendre ce qu'il se passait, Éric posant la question que tout le monde souhaitait poser :

-C'est quoi un sans-limite ?

Louise s'assit sur une chaise de la salle pour absorber l'information, laissant à Mr. Grayson le plaisir de répondre à la question :

-La plupart des sorciers Mr Hasbourg, contrôlent leur magie de manière instinctive dans le sens où celle-ci ne se manifeste que si le sorcier le souhaite. A part bien sûr pour leur première année ou ils découvrent la magie. Mais les sans-limites n'ont pas ce genre d'auto-contrôle, leur magie se perçoit de manière bien plus puissante et instable.

-C'est ce qui a provoqué tout ça dans le Réfectoire ?

-Oui et non. Comme vous le savez, il n'est pas rare que lorsqu'un jeune sorcier commence à découvrir ses pouvoirs, c'est souvent sous une émotion forte et cela peut prendre diverses formes, notamment la lévitation. Mais ici, le statut de sans-limites de Mr. White a amplifié le phénomène. Je ne pense pas qu'un tel événement puisse se reproduire.

Beaucoup se tournèrent vers la Directrice, ayant visiblement encore du mal à digérer l'information.

-C'est si grave que ça ? se questionna William. Ce que je comprends c'est que je vais devoir faire attention à ou j'utilise ma magie et c'est tout.

-Il ne s'agit pas que de ça, rétorqua l'enseignant. Quand je parlais d'instabilité tout à l'heure, je n'en parlais pas pour rien, la magie peut s'éveiller à n'importe quel moment et vu la puissance de celle- ci… Enfin, l'avantage si je puis dire, c'est que William est trop jeune pour supporter une telle surcharge, donc si manifestation de la magie il y a, elle sera assez limitée. Ensuite ce que je peux dire ne concerne que Mr. White.

Le professeur se tourna vers son élève qui répondit simplement :

-C'est bon professeur. Allez-y. Je n'ai rien à cacher de toute façon

Celui-ci hocha la tête et continua son monologue :

-Mais le revers de la médaille c'est que ces crises sont dangereuses pour son corps. Ça s'étend aussi à l'utilisation de sa magie qui sera limitée en nombre de sorts possibles par jour. Même si c'est compensé par une puissance immense dû à son statut de sans-limites encore une fois.

-Combien de sorts vous pensez que je puisse faire par jour ?

-Mmmh, pensa-t-il tout haut. Il va falloir faire bien sûr d'autres tests mais en prenant en compte sa taille, son poids et la puissance de sa crise de tout à l'heure… Je dirais un voir deux avec de la chance.

Un léger blanc se fit à cette annonce. Nathan avait du mal à y croire, lui qui utilisait parfois une vingtaine de sorts par jour, William ne pourrait en faire que deux…

-Mais alors, compris de suite Éric. Comment ça va se passer pour les cours ?

A l'étonnement de tous, ce fut Mme Monet qui répondit :

-Il est clair qu'il est impossible pour vous d'assister aux cours nécessitant des sortilèges. Cela mettrait votre vie ainsi que celle de vos camarades en danger. Vous pourrez aller aux autres cours sans problèmes cela-dit.

-Super, ironisa William. Je vais passer mon année dans une école de magie, sans cours de magie.

Vous avez d'autres bonnes nouvelles à m'annoncer.

-Normalement, continua la Directrice. Il existe un bâtiment spécialisé dans ce genre de cas en Italie, le mieux serait de vous envoyer là-bas…

-Vous savez, l'interrompit Will. Je plaisantais pour les mauvaises nouvelles.

-Mais heureusement Mr. Grayson a … Une autre idée.

Tous se retournèrent vers l'homme concerné qui, en glissant ses doigts pour toucher certaines runes, s'expliqua :

-Cette salle a été créée par le père de Nathan pour une chose, réguler la magie. On se doutes que les sorts qu'ils testaient ici n'avaient rien d'inoffensifs…

-Magnus, prévint Louise en ayant un regard pour son filleul qui lui assura immédiatement de continuer.

-Enfin bref, continua Mr. Grayson. Ce que je veux dire par là, c'est qu'il a dû créer cette salle pour réduire les effets des sorts qu'il testait. On va pouvoir utiliser cette salle mais il y a deux problème…

-Qui sont ?

-Le premier c'est que la salle est pour l'instant inactive. Romain Clermont est un petit malin. Il a modifié la salle pour que seul lui puisse y avoir accès. Mais heureusement, d'après ce que je perçois, la présence de son fils suffit amplement pour avoir accès aux pouvoirs de la salle.

-Vous voulez dire que…, commença William.

Mais presque immédiatement, Louise se plaça en face de son filleul, comme pour le protéger :

-Non ! contesta sèchement. Tu ne penses pas que ce garçon subit déjà assez de chose à cause de son pè…

Elle fut arrêtée par Nathan qui posa doucement une de ses mains sur celle de sa marraine tout en s'exclamant :

-C'est bon Louise. Si le fait que je sois son fils peut aider d'une quelconque manière, j'en suis. Surtout si c'est pour aider William.

-En gros, résuma celui-ci. Nathan va devoir rester ici pour que je puisse m'entraîner dans cette salle afin de mieux contrôler ma magie ?

-C'est ça Mr. White, confirma l'enseignant. Mais je dois vous prévenir d'une chose, cela va demander de très longues heures d'entraînement pour vous contrôler et malheureusement, ce n'est pas seulement cette année que vous n'allez pas pouvoir assister aux cours de sorcellerie mais probablement plusieurs années.