Incroyable ! J'ai réussi à sortir mon chapitre le jour prévu Vous l'avez peut-être remarqué mais il y a certains parallèles à faire entre les évènement de cette fanfic et du premier tome d'Harry Potter. Ce n'est rien de particulièrement subtil mais j'aime bien faire ce genre de choses ^^
Chapitre 12 Sortie
Amélie de Hasbourg
Amélie en avait marre. Alors c'était génial, les bonnes nouvelles s'enchainaient. William a enfin réussi à éveiller sa magie, Nathan est déterminé à ne pas être lié avec son père d'après ce que celui-ci lui en avait dit. Mais personne ne pensait à une chose essentielle : Les disparitions. Depuis aujourd'hui deux semaines Amélie empruntait des dizaines de bouquins pour essayer de traduire le parchemin codé qu'ils avaient trouvé dans le bureau du professeur Grayson.
Elle était d'ailleurs sur le chemin de la salle ou se trouvait Mavra qui avait changé d'endroit ou se réfugier. Éric s'était dit que la réserve de nourriture n'était pas vraiment le bon endroit où dormir alors il chercha jour et nuit dans les couloirs du château un endroit isolé ou personne n'allait jamais et il l'a trouvé : C'était une très vieille salle de potion qui croulait sous la poussière que le garçon avait mis plusieurs jours à enlever. Mavra était bien contente du changement et pouvait enfin respirer.
Lorsqu'elle entra dans la petite salle, elle vit son amie en train de lire l'un des bouquins empruntés par la fille Hasbourg. L'allure de Mavra s'améliorait de jour en jour : ses cheveux reprirent leur forme d'origine, ses yeux pétillaient maintenant d'une bonne humeur qui était presque communicative et son visage avait repris des formes. Même la timidité maladive de la jeune fille disparaissait ce qui avait permis au groupe de lui introduire William qui n'avait pas eu réellement le temps de connaître Mavra à cause de ses cours particuliers avec les enseignants. Celle-ci demanda immédiatement à Amélie lorsqu'elle la vit :
-Tu l'as ?
La personne concernée lança le journal à Mavra qui le réceptionna d'un geste leste. C'est un service qu'Amélie lui rendait car la jeune réfugiée adorait « voir à quel point le monde va mal » avec son cynisme particulier.
-Tu remercieras William, lui informa la jeune fille de quatorze ans. C'est lui qui me l'a prêté.
-Comment ça se passe pour lui ? demanda la russe.
-Plutôt pas mal, l'informa Amélie. Il rattrape petit à petit le retard. Même si ça lui donne une autre raison pour fanfaronner.
-Tu ne l'aimes vraiment pas, hein ?
La jeune fille haussa les épaules. Elle n'y pouvait rien, le courant ne passait pas entre eux, c'est comme ça. Il y a de gens avec qui tu ne t'entendra jamais, il faut croire que c'est le cas avec William. Amélie commença à ouvrir l'un des nombreux livres présents dans la salle pendant que Mavra feuilletait Le cri de la gargouille.
-Tiens, s'exclama celle-ci. Un professeur a attaqué des élèves à Ilvermorny, l'école américaine.
La jeune sorcière leva la tête de ses bouquins quelques secondes pour en savoir plus :
-Apparemment c'était un Malédictus, tu sais, ces personnes qui plus elles se transforment en leur animal, plus la transformation devient définitive… Eh bah il y en a un qui n'a pas su se maîtriser et s'est transformé en lion. Il aurait attaqué et blessé plusieurs élèves.
-Super, ironisa Amélie. Tu veux bien m'aider à trouver le code de ce maudit parchemin ? Je te rappelle qu'un autre élève a disparu.
L'ainée dans la pièce posa le journal par terre et commença à chercher avec son amie. Effectivement, pendant ces trois semaines un autre élève avait disparu provoquant l'inquiétude générale. Désormais, les élèves se rassemblaient à la fin de chaque cours et diner et étaient accompagnés par un enseignant jusqu'à leur destination. L'école essayait encore de cacher ça au grand public mais ça n'allait pas durer longtemps. Amélie se demandait déjà comment l'école faisait pour les lettres qu'envoyaient les étudiants à leur famille qui risquait de faire fuiter l'information. Mais dès lors que les vacances de Noël commenceront et que certains rentreront chez eux, la supercherie prendra fin.
-Des infos sur le gars qui a disparu ? demanda Mavra.
-Pas vraiment, se renfrogna Amélie. C'est un quatrième année d'une famille noble, rien de bien particulier à son sujet.
-Des liens avec la première disparue ? Comment s'appelait-t-elle déjà…
-Linda ? Non, aucune. Ce serait même en fait tout l'inverse, la première est une né non-magique, l'autre est un sang-pur, les dieux viennent d'un milieu complètement différent… C'est à n'y rien comprendre.
La jeune Amélie se demandait chaque jour si ce dans quoi elle avait mis les pieds n'était pas bien au- dessus de ses bottes. Elle avait quelques fois demander à son frère d'en informer leur père mais celui-ci avait réussi à la convaincre d'atteindre au-moins jusqu'aux Vacances de Noël ou les parents d'élèves préviendront le Ministère qui enverra forcément un enquêteur.
Les recherches durèrent plusieurs heures pendant lesquelles Mavra s'impliquait énormément. Dès qu'elle avait appris que leur enquête n'avançait pas, elle avait tout de suite proposé son aide.
-Vous m'avez tant aidée, avait-t-elle dit. Je vous dois bien ça.
Maintenant, elle passait presque toutes ses journées à feuilleter les livres qu'on lui apportait. Les deux jeunes filles avaient tout essayé : Runes, Langages anciens, scribomancie etc. Rien ne semblait pouvoir être en mesure de traduire ce texte.
Cette fois-ci les filles s'étaient promis de trouver la solution aujourd'hui mais il fallait se rendre à l'évidence : ils n'allaient pas y arriver. Il était déjà dix-huit heures, cela faisait près de cinq heures qu'elles travaillaient et toujours rien.
C'est au moment où Amélie allait reposer son livre et abandonner que Mavra fit part d'une théorie :
-Et si on s'était trompé ?
Les deux interlocutrices posèrent leurs livres pour se placer l'une en face de l'autre.
-Trompé sur quoi ? la questionna la fille Hasbourg d'un air dépité.
-On est parti du principe que ce qui est écrit dessus était une langue ou un code mais si en fait c'était tout l'inverse ? supposa Mavra.
-Tu veux dire que… Le texte on s'en fout ?
-C'est ça ! Je pense qu'on s'est trop concentré dessus. Lorsque j'étais jeune, ma mère adoptive m'apprenait à faire de l'encre invisible avec du citron qui une fois chauffé devenait brunâtre.
-Je doutes que Mr. Grayson ait protégé son document pour au final cacher sa signification en sortant un presse-agrume.
Mavra se gratta la tempe et essaya de réfléchir, Amélie voyait presque de la fumée sortir de ses oreilles.
-T'as pas tort… Mais je pensais avoir eu une bonne piste.
Au moment où Amélie allait reprendre son livre, un éclair passa dans les yeux de son amie qui cria presque :
-C'est bon ! Je sais ! Je n'avais en fait que la moitié de la réponse !
Mavra se dirigea vers plein de notes qu'elle avait prise et farfouilla quelques secondes, prit une feuille et s'exclama avec joie :
-Ah ! Je savais que j'avais écrit ça quelque part. Tu te souviens quand je t'avais demandé de te renseigner sur ton prof de défenses ?
-Bien sûr, se souvint Amélie qui avait cherché pendant des heures les informations que lui demandait son amie. Son parcours, c'est ça ?
Mavra mit encore quelques secondes pour trouver le document recherché, elle le leva presque avec fierté.
-Voilà ! s'exclama-t-elle en jetant un coup d'œil à son papier. Il a été lauréat de plusieurs prix militaires avant de venir ici.
-Et ? la questionna Amélie qui commençait à perdre patience. Crache le morceau !
-J'y viens, essaya de la calmer la russe en prenant un livre à bout de bras pour l'ouvrir tout de suite après. J'ai jeté un œil aux cours de runes de cinquième année, il n'y a pas trop de détails là-dessus mais dans un passage, ils parlent d'une rune servant à faire passer des messages invisibles. Il faut que la personne impose une rune spécifique pour rendre le texte visible. Et ils parlent d'une variante militaire !
L'esprit d'Amélie mit quelques secondes à connecter deux neurones :
-Tu veux dire qu'il aurait utilisé ce genre de code pour brouiller son message ?
-Ce que je veux dire, précisa Mavra. C'est qu'il a peut-être utilisé un code militaire. Il y a très certainement des livres à ce sujet à la bibliothèque.
Voyant très bien ce que voulait dire son amie, Amélie essaya de couper court à la conversation :
-Non.
-S'il te plaît, la supplia la russe. Juste une dernière fois.
-Tu te rends compte du nombre d'aller-retours que j'ai fait entre ici et la bibliothèque ?
-Tu te rends compte que si on ne déchiffre pas ce message très vite, d'autres personnes seront kidnappées ?
Les deux interlocutrices se toisèrent, essayant de voir qui lâcherait en premier. Malheureusement pour elle, ce fut Amélie qui lâcha :
-Très bien... Je vais le chercher ton bouquin. Mais fait attention à toi. Si tu te...
-... fais remarquer on va avoir de gros problèmes, enchaîna Mavra. Je sais. Tu n'es pas obligée de me le rappeler à chaque fois tu sais ?
Peu importait à Amélie à quel point elle agaçait son amie, le principal, c'est que celle-ci soit en sécurité. Elle ne voulait surtout pas la perdre. Au fond d'elle, elle savait qu'elle aurait pu informer son père ou la Directrice mais si elle le faisait, Mavra serait certainement rentrée chez elle et Amélie ne voulait pas la perdre.
Celle-ci traversa plusieurs couloirs qui étaient maintenant devenus banals pour elle. De même que les armures vivantes qui étaient en fait considérées que comme élément du décor. Personne ne se souciait d'eux.
Amélie passa devant les douches des filles au deuxième étage que personne n'utilisait. A sa surprise, elle entendit de la vapeur sortir d'un compartiment. Visiblement, quelqu'un avait envie d'être seule.
Au bout d'une centaine de mètres parcourus, elle entendit un cri d'horreur venant de la salle de bain. Amélie courut immédiatement vers la pièce. Celle-ci avait une robinetterie apparente munies de fines moulures dorées, c'était une obsession chez les architectes de ce château. Quelques pointes de rouille et d'oxydation prouvait la vieillesse du système.
N'ayant pas vraiment le temps de s'attarder sur le décor, Amélie se dirigea vers la cabine pour demander si tout allait bien.
-Ça va, répondit la jeune élève dans la douche dont la fille Hasbourg reconnut immédiatement la voix.
-Alice ? s'étonna Amélie. C'est toi ?
-Amélie ? Oui. Ça va. L'eau est devenue trop chaude d'un seul coup. C'est bon, tu peux partir.
Elle mentait, n'importe qui aurait pu le deviner de sa voix tremblante, encore plus Amélie qui la connait depuis toute petite.
-Alice..., commença doucement la jeune fille pour ne pas brusquer son amie. Je te connais depuis qu'on a cinq ans... Tu sais comment je suis, je ferais tout pour découvrir la vérité. Alors s'il te plaît... Ouvre la porte.
Silence pendant quelque secondes pendant lesquelles on pouvait entendre l'eau couler.
-Non, répondit sèchement Alice.
-Ouvre cette porte, demanda Amélie.
-Non !
-Alice ouvre cette porte avant que je ne la force !
Amélie essaya d'ouvrir la porte mais son amie faisait tout ce qui était en son pouvoir pour la bloquer.
-Alice ! cria presque la jeune élève. Je veux seulement t'aider.
-Non ! implora celle-ci. Je t'en supplie n'insiste pas, je ne veux pas que tu me voies comme...
Après plusieurs minutes de combat acharné pour ouvrir la porte, Amélie réussit enfin à atteindre son objectif. Alice, elle, tomba à terre et mit immédiatement ses bras en position pour cacher son visage.
Amélie n'arrivait pas à en croire ses yeux. Alice avait des dizaines et des dizaines d'énormes boutons marronâtres purulant sur son corps. Ils la recouvraient de tout son long ne laissant pas un seul espace de peau vide et les rares bouts étaient rouges dû aux purulences. On voyait plusieurs os parcourir sa peau, en particulier ceux du visage et de l'omoplate. Ses yeux avaient des cernes immenses et ses cheveux d'une couleur immonde.
Alice, incapable de cacher plus longtemps son état, pleura de dépit tout en se blottissant dans les bras de son amie. Amélie ne savait pas quoi dire. Elle laissa seulement la fille Villier pleurer toutes les larmes de son corps. Elle ignorait totalement combien cela avait duré. Une minute ? Une heure ? Une journée ? C'était sans importance, Alice avait besoin de ce temps alors elle allait le lui donner. Elle ne posa aucune question, ne dit aucun mot rassurant, elle resta juste là avec une amie qui avait désespérément besoin d'aide.
Amélie, Éric, Nathan, William et Mavra étaient dans la salle ou ils se réunissaient d'habitude. La fille Hasbourg commença donc à déblatérer tout ce qu'elle savait sur la situation d'Alice.
-Tu es sûr qu'elle va bien ? répéta désespérément Éric.
-Pour la six-cents cinquantième fois Éric, répondit Amélie avec lassitude. Oui. Physiquement, elle va bien. On est allé voir l'infirmière qui s'est chargée de tout. Il se trouve que les personnes qui la harcèlent ont remplacé le gel douche par de la crème de furoncle. On a simplement dit à l'infirmière qu'Alice s'était trompé de produit sans faire exprès.
-Et elle y a cru ? demanda William.
-Pas vraiment. C'est possible qu'elle prévienne la directrice et Alice ne veut absolument pas ça. Déjà le fait que je vous aie prévenus pourrait me faire détester d'elle pour toujours, mais je ne savais pas quoi faire.
-Tu sais qui la harcèle comme ça ?
-Une certaine Kara Sanders. Elle est dans la même chambre qu'Alice à ce qu'elle m'a dit, ça fait des jours qu'elle dort dans la salle de stockage ou on est pour éviter cette sale pu...
-Amélie, la stoppa Éric.
-C'est bon Éric, intervint Mavra. A ce niveau je pense qu'on peut dire que c'est une pute. Au fait. J'ai des infos pour vous au sujet du message codé mais je pense mieux qu'il faut attendre d'avoir réglé le problème d'Alice.
A la surprise de tout le monde, ce fut Nathan qui s'exclama :
-Je vais le régler le problème.
-T'es sur ? le questionna William.
-Ouais. Dès ce soir, c'est réglé.
Le reste du groupe eut un moment de doute, ce n'était pas vraiment le genre de Nathan de faire ce genre de proposition. Il préférait rester discret en général.
William et le fils Clermont se regardèrent quelques secondes, ces deux-là avaient l'air de pouvoir lire les pensées de l'autre. Quelque part, maintenant qu'Amélie était amie avec Nathan, elle comprenait mieux l'agacement de son frère envers Nathan. Voir quelqu'un être plus proche que tu ne l'es avec un ami peut paraitre frustrant. Surtout si ce quelqu'un est William.
-Va pas trop loin, le prévint William.
-T'inquiètes, pour une fois que le nom de mon père peut me servir crois-moi, je ne vais pas me gêner
-Bon, enchaîna Mavra. Vous pensez que c'est le moment que je vous dise que j'ai peut-être un moyen de déchiffrer le message du professeur Grayson ?
Tout le monde se tourna vers elle en une fraction de secondes, ce n'est pas qu'ils avaient oublié la terrible situation d'Alice mais ça faisait deux semaines qu'ils essayaient chaque jour de trouver le contenu de ce message.
-Vas-y, l'intima William. Dis-nous tout.
-Ce matin, expliqua Mavra. J'ai supposé que votre prof utilise des runes militaires pour cacher son message. J'ai fait quelques recherches et devinez quoi ? Il se trouve qu'il existe des runes rouges qui une fois aspergées d'un certain ingrédient, fait disparaitre ces runes et en fait apparaitre de nouvelles, qui étaient invisibles.
-C'est malin, commenta Nathan. Comme ça, la personne se concentre sur la traduction des runes visibles alors que le vrai message, lui, est invisible. Vraiment retors comme truc.
-Et donc, continua Éric. Si on réussit à trouver la substance qu'il faut, on trouvera le message ?
-C'est ça, confirma Mavra.
-Je ne sais pas pourquoi, dit le fils White. Mais je sens qu'il va y avoir un mais.
-Mais l'ingrédient peut se trouver dans les Pyrénées, enchaina la russe. C'est une chance vue que le château s'y trouve mais c'est dans le territoire des trolls des montagnes.
-Super, ironisa William. Faudra qu'on y fasse un tour avec Amélie et Éric.
-Je ne pourrais pas venir, les informa Nathan. Je m'occuperais du problème d'Alice dès ce soir.
-Je viens avec vous, annonça Mavra.
-Non, refusa Amélie. Si on se fait prendre, on devra tout expliquer à la Directrice et on risque fortement de se faire renvoyer pour t'avoir aidé à te cacher pendant deux mois ici.
-Je connais les environs. Zacharias m'a donné une carte et plusieurs endroits ou me cacher à l'extérieur si ça tournait mal dans le château. Je pourrais vous guider.
-Si on ne veut pas se perdre dans les massifs, argumenta William. On n'a pas trop le choix que de l'emmener. Au pire si on se fait prendre on a qu'à inventer une version de l'histoire et s'y tenir.
Amélie n'aimait pas ça, mais ils n'avaient pas trop le choix.
-On part quand ? demanda Éric.
-Ce soir, enchaîna William.
Amélie aimait encore moins la situation dans laquelle ils étaient. Chacun avait dû se lever de son lit en pleine nuit pour quitter sa chambre, ne pas réveiller ses camarades et passer les armures vivantes. Heureusement pour elle, elle était du club de Morpho-Viticulture, elle avait donc un passe- droit mais ça a été une autre paire de manche pour les autres. William a dû attendre et passer dans l'angle mort des armures vivantes tandis qu'Éric avait utilisé un sort de Gluo-Sol pour ralentir les armures et passer tranquillement. Mavra avait réussi à sortir du château dieu seul sait comment.
Ils étaient tous là, à l'extérieur du château, habillés en noir comme l'avait demandé William. Amélie n'arrêtait de regarder le Tarasque, le dragon qui gardait l'école, elle n'arrivait toujours pas à croire que cette créature est plus grande que le château, ni même qu'elle avait plusieurs siècles.
D'immenses braséros illuminaient le château faisant refléter les diverses dorures de celui-ci. Les jardins étaient toujours aussi impressionnants avec les divers buissons taillés en toutes sortes de créatures qui parfois se mouvaient comme de véritables êtres vivants.
-Au fait, demanda Éric. Pourquoi est-ce que l'on porte ces trucs noirs ?
-On sera plus discret, l'informa William. Disons que notre uniforme bleu cobalt ce n'est pas ouf pour ne pas se faire repérer. On est tous prêts ?
Le groupe se regardaient l'un l'autre, à moitié apeuré et à moitié excité par leur entreprise. Ils s'apprêtaient à effectuer l'une des choses les plus dangereuses possibles : combattre un troll des montagnes qui mesurait plusieurs mètres de haut et pouvait aisément plier un arbre en deux était déjà du suicide pour des personnes de leur âge mais là, ils s'apprêtaient à aller dans leur propre territoire.
-C'est loin le territoire des trolls ? demanda William à Mavra.
-Non, répondit celle-ci. Une heure de marche à peu près.
-Ok. On reste groupés. Surtout gardez toujours votre baguette près de vous, on ne sait jamais. Tiens Mavra, Nathan te prête sa baguette.
-Faudra que je le remercie. Bon, suivez-moi.
Dès les premières minutes de marche, Amélie regretta sa décision de les suivre. Les rocheuses étaient sinistres la nuit et un silence pesant se faisait sentir si bien que l'on entendait plus que quelques bruits inquiétants. Les frères et sœur Hasbourg n'arrêtaient pas de se regarder l'un l'autre pour se donner du courage. Amélie ne voyait pas le visage de William et de Mavra vu qu'ils étaient en début de file mais elle espérait ne pas être la seule à mourir de peur.
Le chemin vers le territoire du troll des montagnes était sinueux et assez dangereux. La jeune élève ne comptait plus le nombre de fois où elle avait glissé ou était tombée se faisant par la même occasion des dizaines d'écorchures aux mains. Ils montaient, montaient et montaient tant qu'Amélie n'en voyait plus le bout et pour ne rien arranger, la pente devenait de plus en plus abrupte au fur et à mesure du chemin. Éric commençait à s'essouffler de même que sa sœur qui n'en pouvait plus tandis que Mavra illuminait le chemin avec la baguette de Nathan.
-Comment tu connais le sort Lumos ? demanda Amélie à son amie plus pour s'occuper l'esprit que par réel intérêt.
-C'est Zacharias qui m'a appris ça. C'est le seul sort que je connaissais avant de vous rencontrer.
Décidément cet homme à tout faire avait plus d'un tour dans sa manche.
-On est bientôt arrivé ? supplia Éric à l'assemblée.
-Par l'amour de dieu Éric, s'exhorta Amélie. Ça fait la centième fois que tu le demandes. On sera arrivé quand on sera arrivé et c'est tout.
Celui se tut devant la boutade de sa sœur mais celle-ci le comprenait, ses pieds commençaient à lui faire mal et son cœur se pressait contre sa poitrine, ça faisait quarante-cinq minutes qu'ils montaient sans discontinuer. Soudain, Amélie entendit une voix. Une voix dont elle n'aurait jamais cru pouvoir l'entendre une autre fois pour la simple et bonne raison que cette personne était aujourd'hui malheureusement décédée. La jeune fille dut faire un effort surhumain pour ne pas pleurer. C'était elle ! C'était bien la voix de sa mère qu'elle reconnaitrait entre mille. Elle l'appelait ! Elle l'appelait à l'aide. Au moment où elle voulut lui répondre, la main de Mavra l'en empêcha :
-Arrête ! lui ordonna-t-elle en murmurant. Tu ne dois pas lui répondre. C'est un hurleur. Il peut reproduire les voix des personnes que tu as le plus envie d'entendre. Si tu y réponds, tu seras hypnotisé et tu te dirigeras vers lui. Ensuite, soit il te mange soit il s'amuse à te faire mourir de faim. Alors s'il te plaît ne lui réponds pas. Vous avez tous compris ?
Éric dont les larmes lui montait aux yeux hocha la tête avec un effort non dissimulé. Amélie ne put s'empêcher de lui serrer la main, tous deux se regardèrent, essayant de passer cette épreuve ensemble. Ils voulaient tant revoir leur mère qu'entendre sa voix aussi distinctement avait quelque de ... magique. C'était bête de penser ça alors qu'ils étaient nés sorciers mais c'est pourtant ce qui traversait leurs esprits à ce moment-là.
William était toujours devant et continuait d'avancer. Sans savoir vraiment pourquoi, Amélie se demandait ce qu'avait bien pu entendre le garçon. La seule chose qu'elle put entrevoir fut qu'il tenait fortement le collier qu'il avait toujours sur lui. La curiosité l'avait piqué. Qu'y avait-t-il dans ce collier ? Éric avait expliqué à Amélie à quel point le fils White s'était énervé lorsque ce gros balourd de Grégory avait essayé de le lui piquer, il était sûr que c'était plus important que tout pour lui.
-On est arrivé, a annoncé Mavra. A partir de là, on ne parle qu'en extrême urgence et qu'en murmurant très doucement. La fleur qu'on veut devrait se trouver dans les alentours. Elle est bleue avec des petits symboles d'étoiles blanches sur les pétales. On y va.
Amélie était très impressionnée par la culture des trolls des montagnes. Elle les avait toujours trouvés monstrueusement bête mais en fait ce n'était pas vraiment le cas. Leurs grottes étaient taillées grossièrement mais d'innombrables écritures et gribouillis étaient peints dessus. D'immenses tables étaient dans certaines grottes dont les pieds de celles-ci faisaient presque le double de la jeune fille. Des feux de camps étaient posés au milieu de la grotte et d'énormes broches étaient déposées ici faisant cuire des énormes sangliers. Certaines lances étaient posées sur les murs et il y avait même quelques plantations et d'énormes coffres en bois puant très fortement.
-Beurk, ne put s'empêcher de dire Amélie. Qu'est-ce que c'est que ça ?
-Du fromage, répondit en murmurant William. Ils extraient ça de lait de chèvre et les plantations c'est des herbes médicinales.
-Comment tu sais ça ?
-"Habitants magiques et biomes des Pyrénées". Tu devrais trainer à la bibliothèque de temps en temps.
Amélie savait bien qu'il n'avait dit ça que pour l'énerver. Elle n'avait fait que ça pendant près d'un mois de trainer à la bibliothèque.
-Tu ferais mieux de te taire, rétorqua Amélie.
-Vous avez fini tous les deux ? leur implora Mavra. Vous avez de la chance que les trolls soient partis chasser, aucun d'eux ne semble être là. Alors on se dépêche de trouver cette fleur.
Le groupe chercha pendant bien une trentaine de minutes sans rien trouver, ils risquèrent même de rentrer dans une des grottes en profondeur pour voir s'il n'y avait aucune fleur. Au bout d'une heure, il n'y eut aucun résultat jusqu'à ce que soudain, Éric cria presque en montrant la fleur arrachée :
-C'est bon ! Je l'ai trouvé !
-Mais qu'est-ce que vous ne comprenez pas dans on ne parles qu'en extrême ur...
Elle n'eut pas le temps de finir car lorsqu'elle se retourna, elle vit trois énormes masses devant elle. Amélie se retourna avec son amie et vit trois trolls énormes mesurant plusieurs mètres hauts. Ils avaient la peau verte striée de cicatrices et des yeux marrons globuleux. Ils portaient également de la fourrure très mal entretenue et le plus "petit" d'entre eux tenait trois sangliers à bout de bras. Visiblement, les trolls étaient revenus de la chasse.
-Je peux parler maintenant ? demanda ironiquement Éric tout en regardant les trolls.
-Seulement si t'as une idée pour nous sortir de là, répondit Mavra.
-On se casse !
-Non ! les intima William. J'ai une meilleure idée. On s'approche et au moment où j'enclencherais mes artifices fuses-boums, là on se casse. Espérons juste que ça les distraira assez longtemps.
Le groupe s'avança donc devant les trolls qui venaient tout juste de comprendre que des intrus se trouvaient chez eux. L'un d'eux brandit son énorme massue pour l'abattre sur Mavra. Heureusement, c'est à ce moment que William déclencha ses fuses-boums. Des dizaines de feux d'artifices explosaient dans tous les sens illuminant la grotte de différentes couleurs. Le bruit était assourdissant. Visiblement, le plan fonctionnait. Deux trolls gesticulaient dans tous les sens essayant de faire partir les artifices en bougeant la main. Le plus petit, lui, tapait des mains et souriait de manière béate comme un petit enfant.
Les élèves profitèrent de cet instant pour sortir rapidement de la grotte mais deux trolls les attendaient encore, ceux-ci chevauchaient une sorte de créature étrange avec des genre de tentacules au niveau de la bouche, leur cuir paraissait incroyablement épais.
-On fait quoi maintenant ? demanda Amélie.
-Utilisez Alohomora sur la selle ! cria William.
Éric s'exécuta immédiatement et la selle se détacha sans pour autant faire tomber les trolls. Sur le coup, Amélie se dit que la stratégie de William avait échoué mais les créatures que chevauchaient les trolls commencèrent à s'agiter très fortement faisant perdre l'équilibre au troll. A ce moment-là, le groupe se rua vers les rochers où se trouvaient certains conifères. Amélie espérait que ces arbres permettraient de se cacher de leurs poursuivant dont on pouvait entendre les pas faire trembler le sol.
-Comment tu as su pour les montures ? demanda Mavra à William.
-C'est des Grapcornes, expliqua celui-ci. Elles détestent être utilisées comme monture et essayent de s'échapper dès qu'elles le peuvent.
-Encore ce bouquin ?
-J'ai lu quelques passages avant de venir ici, je me suis dit que ça pourrait être utile.
Effectivement, ça a été utile. Sans lui, ils n'en seraient peut-être pas là où ils en sont.
-Ils ne semblent pas abandonner pour autant, maugréa Amélie. T'as pas un moyen de s'en débarrasser dans ton bouquin magique ?
-L'acide et le feu, énuméra le fils White. C'est leurs faiblesses mais aucun de nous ne connait de sortilèges pour créer ce genre de trucs, pas vrai ?
-Alors on fait quoi ?
-J'ai bien une idée. Mais je vous préviens il faudra me porter parce que je serais plus en état de marcher quand j'aurais fini.
-Tu va utiliser un sort, s'inquiéta Éric. Mais je croyais que c'était dangereux pour toi ?
-Ça fait un mois que je m'entraîne, rétorqua William. Avant je m'évanouissait mais maintenant, ça va juste me fatiguer au point que je ne puisse plus marcher.
L'intéressé s'arrêta et sortit sa baguette argentée aux runes dorées. Il ferma les yeux et se concentra comme Amélie avait vu faire Nathan dans le bureau de Mr. Grayson. Près d'une minute plus tard qui donnèrent le temps aux trolls de se rapprocher de nous, il ouvrit les yeux tout en formant le mouvement de baguette du sort :
-Glamenzia !
Le sol en face de lui commença à prendre une texture proche de la colle. C'était un sort Gluo-Sol, l'un des premiers sorts que l'on ait appris. D'ordinaire, l'effet du sort ne s'étendait que sur un ou deux mètres sauf qu'ici, elle s'étendait sur plusieurs centaines de mètres et atteignait même les cavernes des trolls. Ceux-ci essayaient d'ailleurs tant bien que mal de sortir de ce guêpier mais sans résultat malgré leur force herculéenne.
Immédiatement après, William tomba à genoux. Sa respiration était irrégulière et son front tout transpireux. Il essaya de se lever mais ses jambes tremblaient tellement qu'il n'eut même pas la force de tenir debout.
-Ça va ? demanda bêtement Éric.
-C'est ... bon, essaya de répondre tant bien que mal le sans-limite. Par contre, il va falloir me porter.
Mavra, Amélie et Éric se relayèrent donc pour porter le garçon qui ne pesait heureusement pas bien lourd. La descente s'était avérée plus compliquée que la montée. Les étudiants risquaient à chaque pente de glisser et tomber dans un précipice, d'autant plus que le cas de William n'arrangeait pas les choses. Mais bon, c'était à grâce lui que les trolls les ont laissés tranquilles.
Après près d'une heure trente d'efforts, ils arrivèrent enfin au château. Qu'est-ce qu'elle était heureuse de retrouver son chez-soi. Enfin, son deuxième chez-soi.
-On se sépare ou on traduit le message maintenant ? demanda Mavra.
-On le traduit maintenant, répondit William dont la voix était encore chevrotante.
-Tu peux marcher ?
-Je crois... Mais ne vous attendez pas à ce que je tape un sprint.
Après plusieurs couloirs passés à essayer encore une fois d'esquiver les armures enchantées, le groupe arriva enfin dans la salle habituelle ou Nathan les attendait. Visiblement, il avait réussi ce qu'il avait prévu :
-Alors ?
Éric leva la main de manière triomphale :
-On l'a.
-Ça fait deux mois qu'on a trouvé ce message, informa Amélie. On va enfin savoir ce qu'il contient.
Mavra prit la fleur des mains du frère d'Amélie et commença à broyer la fleur jusqu'à obtenir une sorte de liquide bleuâtre qu'elle déposa sur le papier goutte par goutte. Tout le monde la regardait, voulant savoir le contenu du papier. La russe regarda le papier et cita à voix haute la lettre :
-"Je n'ai pour l'instant pas eu les résultats que j'attendais. Minsley ne se montre pas très coopératif malgré la pression que je lui mets. Je commence de mieux en mieux à connaître les passages secrets du château, ce qui peut s'avérer crucial pour plus tard. Je devrais peut-être accélérer le processus."
Quelques secondes de silence passèrent. Chacun se demandant ce que voulait bien dire ce message.
-Et c'est tout ? comment Éric.
-Tu t'attendais à quoi ? exulta Amélie. Des aveux ?
Son frère haussa les épaules. Non mais franchement... Amélie adorait son frère mais parfois, qu'est- ce qu'il pouvait l'exaspérer.
-Je partages quand même l'avis d'Éric, tempéra Nathan. Ce n'est pas grand-chose.
-"Minsley ne se montre pas très coopératif"..., cita William.
-Ce n'est pas étonnant, dit Amélie. On savait déjà qu'il était dans le coup.
-Personnellement ce que je veux savoir c'est en quoi consiste sa coopération...
-Pas faux, concéda Mavra. Qu'est-ce qu'un vieillard comme lui peut lui donner comme information ?
-Peut-être des passages secrets, supposa Nathan. Il en parle dans la lettre et puis il n'y a rien de mieux pour aller de l'un à l'autre bout du château sans se faire repérer.
-Ca fait sens.
-Peut-être, supposa William. Mais ça ne nous donne toujours aucune preuve que ce soit lui le responsable des enlèvements. Il nous faudrait du plus concret.
-Mais on a déjà fouillé son bureau, dit Éric. On peut faire quoi de plus ?
-On a débuté avec Grayson... Il manque plus que Minsley.
-Il reste deux semaines avant les vacances de Noël, informa Amélie. C'est juste pour trouver le coupable jusque-là.
-Et le truc c'est que si on ne le trouve pas avant cette date. On aura fait tout ça pour rien. Je me vois mal dire à qui que ce soit : "Hé salut ! J'ai enfreint plus d'une centaine de règles du règlement de l'école mais j'ai trouvé un indice qui ne prouve absolument rien. Ça vaut le coup non ?"
-C'est sûr que vu comme ça, maugréa Éric. On fait quoi du coup ?
-On fouille le bureau de Mr. Minsley, décida Amélie. De toute façon on a plus grande solution.
-Si ça ne vous dérange pas, commença William en baillant. On verra ça demain. Perso, je suis crevé.
Effectivement, il devait être une heure du matin et tous avaient interro de Métamorphoses demain. Chacun alla donc vers son dortoir.
-Je te raccompagne ? proposa Mavra à Amélie.
Celle-ci accepta avec facilité, elle avait bien besoin de quelqu'un pour l'empêcher de broyer du noir. Aucune des deux ne discuta de quoi que ce soit sur le chemin, chacune bien trop occupée à trouver un moyen de chopper le coupable. Malheureusement, sur le chemin, Amélie entendit une voix qu'elle n'aurait souhaité pour rien au monde écouter maintenant :
-Alors Mademoiselle Hasbourg, vociféra la Directrice. Pouvez-vous m'expliquer ce que vous faites ici à une heure du matin avec une inconnue ?
