Bon. Dans ce chapitre il y a un moment dont je ne suis pas très fier qui fait un parallèle avec HP1 avec zéro subtilité et différences. Bref, je m'excuse par avance pour ce passage. J'espère que le chapitre va quand même vous plaire. Ah oui ! J'ai aussi commencé l'écriture du Tome 3

Chapitre 13 Départs

Nathan de Clermont

Nathan n'avait pas eu la joie d'assister à tous les rendez-vous mais ce qui était clair c'est que ça avait bardé. Mme Monet a dû convoquer beaucoup de personnes pour régler le problème de Mavra : Un représentant du Ministère de la Magie française et russe, la mère adoptive de Mavra et le père d'Amélie. Etonnamment, Zacharias l'homme à tout faire qui avait caché Mavra n'était lui pas convoqué. Au réfectoire, tout le monde ne parlait que de la réfugiée russe. Ce bazar a mis près d'une semaine à être réglé. Au final, Amélie a reçu une semaine d'exclusion et l'interdiction de revenir chez elle pendant les vacances de Noël.

Mavra, elle, allait retourner en Russie et avait reçu une place à l'école de Dumstrang. Le départ a été dur pour tout le monde mais surtout pour Amélie qui lui avait promis de lui écrire chaque semaine. Depuis, la fille Hasbourg ne parlait plus beaucoup mais son frère était sûr que ça lui passerait vite, ce dont Nathan doutait quelque peu.

Le fils Clermont était dans le réfectoire en train de jouer aux échecs façon sorcier avec William. Plusieurs élèves regardaient d'ailleurs celui-ci avec un œil inquiet. Ils redoutaient certainement qu'une de ces crises se reproduisent. Ce que Nathan pouvait tout à fait comprendre même s'il n'avait pas été là, on lui avait bien fait comprendre à quel point ça a été le bordel.

La salle avait totalement été redécorée pour l'hiver. D'immenses statues de glaces trônaient tout autour de la salle et prenaient parfois vie. D'après Mr. Grayson, c'était des Nyades spécialement venues de l'Antarctique qui venaient chaque année spécialement pour l'école. Nathan n'avait eu l'occasion de n'en voir qu'une : elle ressemblait quelque peu à un fantôme sauf que là ou ceux-ci étaient généralement d'une couleur grise pas forcément très engageante, les Nyades avaient la "peau" blanche et portait des vêtements blancs pailleté d'argent et leurs traits étaient presque aussi fin que ceux de Mme Monet.

C'était déjà leur 20 ème partie d'échec de l'année et Nathan n'en avait gagné aucune. Heureusement qu'il n'avait pas parié d'écu sinon il aurait perdu le peu d'argent qu'il avait. Pendant la partie, les deux amis discutaient de ce qu'ils allaient faire pour Noël :

-Vous faites quoi généralement pour Noël chez vous ? demanda William. Je suis curieux de savoir ce que font les sorciers pour une telle fête.

-Ne me demandes pas à moi, l'informa Nathan. Chez moi, on ne fête jamais Noël. Ma mère n'a, d'après elle, "pas le temps de s'occuper de telles inepties".

-T'es sûr que tu ne veux pas venir chez moi ? Ce n'est pas le grand luxe mais mon petit frère sera heureux de te voir. Je lui parle de toi quelques fois.

C'était assez magique de voir à quel point à chaque fois que William parlait de son frère son visage s'illuminait. Il pouvait parler de lui des heures et des heures sans s'arrêter.

-Tu lui as acheté quoi pour Noël ?

William n'avait pas vraiment les moyens mais il avait gagné le concours d'échec dont il avait parlé la dernière fois, la récompense était finalement une somme rondelette d'écu et un jeu d'échec en or et en argent que William avait prévu de vendre pour aider les fins de mois. Nathan se sentait parfois vraiment mal devant la situation de son ami, qui lui au contraire, essayait de faire avec.

Le né non-magique sortit un énorme sac avec des cadeaux à l'intérieur dont un qui était gigantesque.

-Hé bah on peut dire que tu n'as pas fait les choses à moitié, commenta Nathan avec un sourire.

-Et encore là ce n'est rien, l'informa William. J'ai déjà donné leur cadeau au reste du groupe. J'ai d'ailleurs un cadeau pour toi.

-Non..., l'implora le fils Clermont. William... T'aurais pas dû, je n'ai rien pour toi. Je vais me sentir mal si je ne te donne rien.

Malgré ça, il était drôlement content d'avoir un cadeau, c'était la première fois de sa vie qu'on lui en offrait un à Noël. Le jeune garçon dut faire preuve de toute sa patience pour ne pas arracher des mains le cadeau aux mains de son ami.

William sortit un sac noir aux étoiles dorées :

-Tiens.

Nathan le remercia et pressa le sac pour s'apercevoir que le contenu était mou. Qu'est-ce que ça pouvait bien être ? Au moment de voir l'intérieur, le garçon n'en croyait pas ses yeux.

-Sérieusement ? demanda Nathan à son ami.

-Quoi ça ne te plaît pas ? répondit malicieusement William.

Nathan sortit du sac une peluche en forme de Fleur ouvrière. La fleur ayant craché sur lui pendant le cours de botanique lui ayant valu l'un des pires moments de honte de sa vie. Aujourd'hui, Nathan fuyait ces fleurs comme la peste. William prit rapidement la peluche et bougea sa tête en même temps de prendre une grosse voix faisant mine de faire parler la fleur :

-Grh ! Je suis Gérard ! La fleur ouvrière et je déteste les roux comme la famille Clermont... William le faisant tellement bien qu'on aurait cru la peluche vivante :

-Arrête, le supplia Nathan en essayant de contenir un fou rire. Tu fais ça trop bien ! J'ai l'impression que Gérard est vraiment vivant.

William lui envoya la peluche que Nathan remit précieusement dans son sac.

-Tu refuses toujours ma proposition de venir chez moi pour les fêtes alors ? répéta William. Avec l'argent que j'ai eu pour le tournoi d'échec, j'ai tout juste l'argent pour préparer un bon repas de Noël. Ça fait des années qu'on n'en a pas eu.

-Merci de la proposition, répondit Nathan. Mais j'ai besoin de parler à ma mère.

Les deux garçons savaient exactement sur quel sujet serait cette conversation, même si Nathan doutait fortement qu'il y en ait effectivement une.

-Et sinon, murmura William. Comment tu as fait pour régler le problème d'Alice ? Tu as bien fait ce que je pense ?

-Si tu veux dire menacer Kara et ses amies avec un mensonge éhonté disant que des amis de mon père allaient s'occuper de leurs familles si elles continuent à harceler Alice, répondit Nathan en parlant tout doucement. Alors oui.

-Tu y est quand même aller un peu fort, cette Kara a carrément quitté l'école pour aller à Poudlard.

Le fils Clermont haussa l'épaule. Honnêtement il s'en fichait. Au moins, plus personne n'allait s'en prendre à Alice. Comme quoi, la réputation de son père pouvait servir à quelque chose.

En rentrant dans son dortoir, Nathan eut une autre surprise : un autre paquet l'attendait sur son lit. Sur le coup, il s'était attendu à un cadeau de la part de sa marraine, Mme Monet, mais elle l'avait prévenu que son cadeau n'était pas encore arrivé. Il l'ouvrit et vit un manteau trop long pour lui, sa texture était étrange, une sorte de cuir souple et à l'intérieur une fourrure noire pailletée d'argent. Était également brodé dessus le symbole de la famille Clermont. Un message accompagnait le cadeau :

Cher Nathan,

J'espère que tout se passe bien pour toi à Beauxbâtons. Ce manteau appartenait auparavant à ton père, j'ai décidé que désormais il t'appartenait. Fais attention, c'est une pièce unique au monde qui te permettra de repousser la plupart des sorts envoyés sur toi.

Débrouille-toi pour que ta mère ne voit pas ce manteau. Tu as probablement des amis sur qui compter.

PS : Joyeux Noël

Un ami de ton père

Nathan regarda une dernière fois le manteau et le message. Un ami de son père ? Nathan ignorait que quelqu'un puisse encore être l'ami d'un criminel pareil. Et pourquoi le garder hors de vue de sa mère ? Ce ne serait pas un problème, il demandera à William de le prendre avec lui, mais tout de même. Qu'est-ce qu'il avait de si spécial ce manteau ? Apparemment il pouvait parer les sorts mais le garçon était sûr d'avoir vu des capes faisant la même chose avec des sortilèges mineurs. Il devait y avoir autre chose et ne pas savoir quoi le rendait fou, de toute façon, il ne comptait pas porter ce manteau. Le simple fait qu'il ait appartenu à son père était une raison suffisante.

C'était le week-end avant de partir et Nathan comptait bien passer le plus de temps possible des dernières journées pour en profiter avec ses amis. Il avait donc passé une partie de la journée avec William à travailler sur ses cours, même si ça ne paraissait pas passionnant comme ça, ils trouvaient toujours un moyen de rendre l'activité plus plaisante. L'autre partie du temps, il passait la journée avec Amélie à peaufiner leur Morpho-vin qui commençait enfin à prendre forme. Malheureusement pour lui, les heures avaient passées bien trop vite et avant même de s'en rendre vraiment compte, il était déjà arrivé chez lui.

Le décor de la maison était presque identique à celui du château sauf que l'or et l'argent était remplacés par du cuivre et de l'acier rendant le tout assez froid. Les murs étaient tapissés de noir avec des symboles argent que, même après onze ans, Nathan n'arrivait toujours pas à comprendre. D'énormes lustres pendaient au plafond du couloir, le garçon ne les avait jamais vu allumés, Nathan pensait même que le mot lumière devait être inconnu dans le vocabulaire de sa mère.

Un énorme écusson noir en forme de bouclier avec un scorpion argent au milieu se trouvait sur presque chaque mur. Le symbole de la famille Clermont, le même que portait Nathan sur son uniforme scolaire.

Evidemment personne ne l'accueilli. Pourquoi devrait-t-il en être autrement ? Les salles que savait côtoyer sa mère étaient la chambre de la sœur de Nathan et son propre bureau. Nathan n'était même pas sûr qu'elle savait où se trouvait la cuisine. La personne qu'il vit en premier était sa gouvernante entrain de cuisiner quelque chose, c'était très certainement la personne avec qui Nathan avait le plus de contact. Et puisque ceux-ci ne se composaient que d'un bonjour et au revoir, on peut facilement imaginer comment se passait certaines journées.

Nathan chercha un peu partout sa sœur mais elle se trouvait certainement dans la salle où il n'avait pas le droit d'aller, de toute manière, il n'avait pas le droit de lui parler plus de quelques minutes. C'est la règle et à la maison Clermont, il faut toujours respecter les règles.

Avant même qu'il n'ait eu le temps de déposer les affaires sur son lit, la gouvernante arriva dans sa chambre en annonçant :

-Madame Clermont veut vous voir Monsieur.

L'esprit du garçon s'arrêta quelques secondes. Sa mère ? Lui parler ? Wouah. Il ignorait si c'était noël qui déteignait sur sa mère mais ça devait faire presque un an qu'ils ne s'étaient pas parler en dehors de so départ du carosse. Il se dirigea donc vers le bureau de sa mère, qui était aussi une pièce dans laquelle il n'avait pas le droit d'aller. Il toqua à la porte et entendit une voix glaciale lui répondre d'entrer.

Le bureau de Mme Clermont était spacieux, très bien rangé et recouvert à ras-bord d'objets en tout genre en passant du couteau forgé aux étranges cailloux couleur pailletée. La mère d'Éric continuait d'écrire. Elle portait toujours des robes noires avec un énorme chapeau, le genre de choses que portent parfois les femmes lors des enterrements. Annarietta est une femme encore séduisante malgré son âge. Son visage fin et ses mensurations avaient de quoi faire chavirer encore plusieurs hommes mais elle n'en avait cure. Sa peau pâle et ses cheveux roux étaient les mêmes que ceux de son fils. Celui-ci maudissait parfois sa ressemblance avec sa mère qui continuait à écrire tranquillement, ne croisant même pas le regard de son fils.

Nathan attendit que sa mère ait fini. Il avait appris avec le temps que la conversation se passait bien mieux si c'est elle qui prenait l'initiative. Une fois fini elle posa sa plume et tritura dans ses papiers, évitant toujours de regarder son fils :

-Qu'apprends tu à l'école ? demanda-t-elle comme si elle parlait toute seule. Nathan mit quelques à répondre, il ne s'était pas attendu à cette question :

-Histoire de la magie, Sortilèges, Métamorphoses, Défenses contre les forces du mal, Potion, Alchimie, Botanique, Soins aux créatures magiques et Cours de balai mère.

-C'est tout ?

-Oui, mère.

-Tu es ami avec Amélie de Hasbourg.

-Oui, mère.

-Bien. Tu peux partir.

Nathan hésita. Il voulait poser toutes sortes de question à propos de son père...

-Oui ? intervint sa mère voyant bien que son fils ne partait pas.

-Puis-je ..., commença doucement Nathan. Vous poser une question mère ? Celle-ci soupira doucement :

-Fais-vite. Je n'ai pas de temps à te consacrer.

-J'ai appris pour notre père... Est-t-il vrai que c'est un criminel qui...

A ce moment Nathan n'eut même pas le temps de finir sa phrase. Annarietta pris froidement sa baguette, fit quelques mouvements avec sa celle-ci. Le fils Clermont vola de quelques centimètres et fut plaquer fortement contre le mur. Sans savoir comment, il commençait à s'étouffer, n'arrivant plus à respirer. La mère du garçon leva la tête et croisa le regard de son fils pour la première fois, mais celui-ci ne vit aucune colère dans son regard, elle semblait parfaitement sereine sur le fait de s'étouffer son fils aussi simplement.

-Ton père sera celui qui nous guidera vers la paix. Répète.

Nathan ayant du mal à articuler correctement à cause de son étouffement mis quelques secondes à répondre. Mais pour sa mère, ce fut visiblement quelques secondes de trop puisque la pression invisible sur sa gorge s'intensifia.

-M... Mon père sera ... celui qui nous guidera vers ... la paix.

-Bien. Ne t'avise pas de redire ce genre de chose, ordonna-t-elle tout en buvant tranquillement son café.

-Oui ... mère.

-Bien. Maintenant retournes dans ta chambre. Tu n'en sortiras pas pendant une semaine. Tu es également privé de nourriture pendant cinq jours.

Nathan retomba violemment par terre et cracha de la salive en grande quantité qui fut immédiatement nettoyé d'un coup de baguette par la mère Clermont. Il ne faudrait tout de même pas que le tapis soit tâché.

Le jeune garçon essaya de se relever comme il put et retourna dans sa chambre jusqu'à nouvel ordre...

Ça faisait déjà trois jours et Nathan n'en pouvait déjà plus. Il ne pensait pas que cinq jours sans boire ni manger seraient si durs. Heureusement pour lui, la neige était abondante ces jours-ci, il avait donc réussi à la fondre pour en boire un petit peu. Il priait juste pour ne pas tomber malade. Il essayait de s'occuper l'esprit en faisant ses devoirs ou en lisant quelques bouquins mais rien à faire... La faim le tenaillait trop.

Heureusement ou malheureusement pour lui, la gouvernante lui avait seulement apporté le journal d'aujourd'hui. Nathan l'avait lu jusqu'à le connaître par cœur tant il s'ennuyait mais un article en particulier avait attiré son attention :

Plusieurs élèves blessés gravement après un match de Quidditch

Il est clair qu'aujourd'hui le Quidditch est le sport préféré en Europe.

Comme vous le savez peut-être, chaque pays à ses spécificités mais c'est au Japon que les élèves participent aux matchs avec des troncs d'arbres entier et non avec des balais.

C'est pendant un de ces matchs qu'un des balais de la capitaine d'une équipe a dérivée emportant plusieurs membres de son équipe au passage. Les troncs ont malheureusement dérivé sur le public et provoqué plusieurs blessés. Pour l'instant aucun mort n'a été déclaré mais l'Association Internationale du Quidditch a d'ores et déjà demander une enquête pour en savoir plus.

"Nous ne savons pas encore comment une telle tragédie a pu se produire" a déclaré le directeur associatif de Quidditch japonais. "La seule chose que nous pouvons vous dire pour l'instant c'est que nous interrogeons les créateurs des sortilèges ayant apposés certains sorts sur ces troncs. L'enquête ne fait que débuter".

Evidemment, plusieurs parents d'élève ont été afférés de l'incapacité des professeurs à empêcher de simples troncs d'arbres de provoquer un tel évènement. "C'est un scandale !" exulta une mère. "Cet accident n'aurait jamais dû arriver. Certains sortilèges qu'ils apprennent aux élèves de première année aurait pu empêcher ça."

Le Directeur de l'école Mahoukotoro, Fukoshi Kurokawa n'a pour l'instant pas voulu donner de commentaire.

Finalement il se disait qu'il aurait dû accepter la proposition de William. Il n'aurait très certainement pas été dans cette situation. Il était déjà près de 20 heures... Il ne comptait plus le nombre d'aller- retour qu'il avait fait à réfléchir de tout et de rien lorsque soudain, il entendit la porte toquer. En se dirigeant vers la porte, Nathan se dit que c'était très certainement sa gouvernante mais qu'elle ne fut pas sa surprise lorsqu'il vit sa sœur sur le pas de la porte. Le jeune garçon essaya de contenir sa surprise, il regarda à droite du couloir, à gauche :

-Maman est partie ?

Lorsque sa sœur venait le voir, c'était généralement parce que Mme Clermont était partie, celle-ci n'autorisait presque aucun contact entre les frères et sœurs. Sa sœur avait la tête baissée, évitant toujours le regard de son frère. Nathan ignorait pourquoi mais sa sœur était d'une timidité maladive envers lui et évitait son regard le plus possible. Le garçon savait que ce n'était pas parce qu'elle le détestait, au contraire, il voyait que sa sœur faisait beaucoup d'efforts pour essayer de se rapprocher de lui. Mais généralement c'était de manière très indirecte, comme les canettes de soda au citron qu'elle avait mis dans sa valise avant de partir à L'Académie Beauxbâtons.

Sa sœur avait dans sa main un sac avec de la nourriture et une bouteille d'eau :

-C'est pour moi ? demanda doucement Nathan pour ne pas la brusquer.

La jeune fille hocha la tête et attendit près d'une minute sans rien faire. Nathan savait qu'il fallait prendre son temps avec elle. Malgré le fait qu'elle soit une année plus âgée que lui, il ne pouvait s'empêcher de vouloir la protéger.

-Je peux entrer ? demanda-t-elle timidement.

Le jeune garçon lui ouvrit la porte, chacun s'asseyant d'un bout à l'autre du lit. C'était nécessaire pour avoir une conversation avec elle, chaque fois qu'il avait essayé de la toucher, sa sœur se brusquait d'un seul coup. Plusieurs minutes de silence passèrent pendant lesquelles chacun essayait probablement de trouver les mots justes.

-Ça va ? s'enquit la sœur de Nathan.

-Tu veux parler ce qu'il s'est passé dans le bureau de Maman ? Nouveau hochement de tête de haut en bas.

-Ça va, l'informa Nathan. Tout va bien. Maman s'est juste énervée contre moi. Et toi, comment tu vas ?

Encore une fois, quelques longues secondes passèrent avant d'avoir une réponse.

-Ça va. Mais c'est dur.

C'est dur. C'est à chaque fois ce que lui répondait sa sœur lorsqu'il lui demandait ce qu'elle faisait avec leur mère chaque jour. Nathan aurait aujourd'hui tout donné pour savoir ce qu'elles faisaient mais il était sûr que sa mère ne la violentait pas. Il lui avait demandé quelques fois si elle avait eu mal quelque part avec sa mère et la réponse a toujours été non.

Maria pointa le doigt la peluche en forme de fleur ouvrière.

-Tu veux la prendre ? se questionna Nathan.

Maria hocha la tête et Nathan ne put s'empêcher de sourire. Malgré les 12 ans de la sœur de Nathan, celle-ci avait toujours son âme d'enfant. Mais en plus, elle n'a pas parlé à d'autres personnes que Nathan, sa mère et la gouvernante. Même quand des invités étaient à la maison, Maria n'avait pas de droit de sortir de sa chambre alors forcément, elle n'a pas pu se développer comme tous les enfants de son âge. Nathan ne savait même pas si elle avait appris à lire ou écrire. Il savait que cette situation n'était pas humaine mais avant l'école il ne pouvait rien faire. Aujourd'hui, il aurait pu demander à Amélie, son père aurait pu s'en charger mais la mère Clermont savait déjà que Nathan était ami avec elle, alors il est probable qu'il soit surveillé. Et si sa mère découvre que son fils l'a dénoncé, qu'adviendrait-t-il de sa sœur ? Non, il ne pouvait pas prendre ce risque et ça l'enrageait.

Nathan prit donc la peluche et essaya de faire la même chose que William la dernière fois. Il prit donc une plus grosse voix qu'il put et fit bouger la peluche en recroquevillant ses pétales vers l'intérieur :

-Coucou ! Je suis Roger ! Je suis une fleur ouvrière et je suis timide. Dis-moi c'est quoi ton nom ?

-Maria, répondit étonnamment vite la jeune fille.

-Hoooo ! C'est un joli nom ! Tu sais ce qui me ferais plaisir ? La jeune fit tourner sa tête de droite à gauche.

-Un sourire, s'exclama Nathan en continuant à jouer avec la peluche. Si tu me donnes un sourire, j'ouvrirais mes pétales et je lancerais pleins de jolis lumière. Tu peux faire ça pour moi ?

La jeune fille mit un peu de temps, mais elle réussit à sourire. A ce moment-là Nathan lâcha les pétales de la fleur simulant une éclosion et il envoya à ce moment un artifice fuse-boum que lui avait donné William. La jeune fille ria à pleine dent. C'était tellement rare que Nathan ne put que profiter de ce spectacle, essayant de le graver dans sa mémoire. Quelques secondes plus tard, la porte de la maison s'ouvrit, les deux Clermont reconnurent immédiatement les bruits de pas de leur mère. La sœur s'éclipsa dans la seconde tandis que le frère ferma silencieusement la porte pour n'éveiller aucun soupçon.