Allez, petit chapitre entre les membres de la famille White et puisque le chapitre est petit et qu'en plus je n'ai pas mis de chapitre la semaine dernière (désolé pour ça) je vais mettre un nouveau chapitre demain. Bref, je vous souhaite un bon chapitre ^^

Chapitre 14 Joyeux Noël

William White

A peine était-t-il rentré qu'il entendit déjà son petit frère descendre les escaliers quatre par quatre. William le comprenait. Au fur et à mesure de ses week-ends, Ethan s'améliorait de plus en plus pour gérer les affaires quotidiennes avec les aides sporadiques de son père. Will avait donc décidé de laisser sa famille seule un mois pour voir comment ça allait se passer.

Ethan arriva enfin en bas de l'escalier qui ne demandait qu'à se briser, il regarda vers l'entrée et fonça droit sur son frère en courant de toute sa vitesse. En à peine une seconde, le garçon avait atteint William qui le prit immédiatement dans ses bras :

-Alors, comment ça va champion ?

-C'est toi hein William ? C'est toi hein ?

Will essaya de tenir par les épaules son frère pour essayer de le calmer. Quand il s'y mettait, il pouvait devenir une vraie pile électrique.

-Calmes-toi, l'intima l'ainé. Je suis là. C'est bon, va donc prévenir papa.

A sa grande surprise, son père sortit du salon tout seul. Sa barbe était toujours aussi mal rasée, ses vêtements sales et ses doigts toujours tremblotants. Comme ça, n'importe qui aurait dit que rien n'avait changé mais William voyait bien que si. Son père n'avait dû boire qu'un ou deux verres aujourd'hui. C'était déjà trop, mais il avait visiblement réussi à baisser drastiquement ses consommations d'alcool. Les effets de son addiction resteront bien longtemps après avoir arrêté de boire.

Le père et le fils échangèrent un regard, puis, William se dirigea vers son père qu'il prit dans ses bras. Chacun profita de ce moment de proximité. William en profita pour lui murmurer à l'oreille :

-Je suis fier de toi Papa.

Quelques secondes plus tard, Ethan revint à la charge :

-C'est quoi tous ces sacs que tu as ?

William s'agenouilla vers son frère, lui recoiffa quelques touffes de cheveux tout en lui disant :

-J'ai fait les courses. On va préparer un repas de Noël incroyable avec tout ce que t'aimes : des poivrons farcis, des frites et même un énorme gâteau aux fruits de la passion avec plein de crème chantilly. J'ai même pris une ou deux choses de mon école pour que tu puisses y goûter.

-C'est vrai ? s'enjailla le petit frère le plein d'étoiles dans les yeux.

-Bien sûr que c'est vrai. Aller vient. Prends ces sacs et commence à tout mettre dans le frigo.

Le jeune garçon s'exécuta dans la seconde en fonçant vers la cuisine. Le père de William regarda celui-ci avec un œil inquiet :

-Ne t'inquiètes, le rassura Will. J'ai gagné à un concours d'échecs à l'école. Ils m'ont donné une jolie somme. Tu nous rejoins ? Ça fera plaisir à Ethan.

Le père de la famille sourit timidement :

-J'arrives dans quelques minutes. Je finis juste ma commande.

Il ne fallut que quelques secondes pour que la cuisine ne transforme en vrai capharnaüm. Au départ, William avait donné un rôle à chacun. Mais Ethan n'en faisait qu'à sa tête essayant de faire rire un maximum la galerie. Au moment de faire la crème chantilly, le petit frère ne put s'empêcher de mettre de la crème sur le visage de son frère :

-Ah tu veux jouer à ça ? Viens là que je t'attrape !

A son tour le grand frère prit de la crème dans sa main et pourchassa Ethan dans toute la maison, il finit enfin par le rattraper dans le coin d'une chambre pour lui barbouiller la crème. Les deux frangins rigolaient franchement :

-Arrête, supplia Ethan en rigolant. J'en ai plein le visage.

-C'est toi qui l'as cherché, l'asticota William. Allez, on va se débarbouiller le visage.

Ensuite, Ethan finit enfin par se calmer et la famille put enfin cuisiner tranquillement. Les aliments passaient de l'une à l'autre main sans même que chacun le demande. La joie et la bonne humeur emplissait chaleureusement la cuisine, chaque membre de la famille avec un sourire au coin des lèvres. William ne se souvenait même plus quand était la dernière fois qu'il avait passé un aussi bon moment avec sa famille.

Le calme pouvait enfin se poser maintenant que toute la nourriture était prête. William décida d'aller passer du temps avec son frère. Il lui racontait les quelques aventures qu'il avait eu au château.

-Vous avez vraiment affronté un troll ? s'excita Ethan.

-Bien sûr, confirma l'ainé. Et je me tenais devant mes amis et le troll commençait à courir vers nous et c'est ce moment que j'ai...

-...lancé une boule de feu, l'interrompit son petit frère en imitant un sort avec de grands mouvements.

-Hé, fit William en mettant une petite pichenette à son frère. On n'est pas dans un jeu-vidéo. Non, j'ai simplement transformé le sol en glue et les trolls ne pouvaient plus bouger ! Alors on a tous courus comme des fous et on a réussi à s'enfuir.

-Tu peux me raconter d'autres trucs ?

-Ca fait déjà la troisième histoire Ethan. Peut-être quand on aura fini de manger. Il faut que j'ailles parler à papa.

-D'accord...

Will quitta donc avec regret son frère pour rejoindre son père qui était dans la cuisine en train de vérifier la cuisson des poivrons farcis :

-C'est bientôt prêt ?

-Presque, répondit le père. Dans une vingtaine de minutes.

-Je peux te parler avant qu'on mange ?

-Bien sûr. Viens, asseyons-nous.

Rien que le fait que son père puisse suivre une conversation correctement était très encourageant pour le garçon.

-Comment ça se passe avec Ethan ? demanda William.

-Ça va, répondit le père de celui-ci. Ethan... Il se débrouille très bien. Il me rappelle-toi lorsque tu étais plus jeune.

-Tu es aller le voir pour ses matchs de foot ? Le père White évita le regard de son fils.

-Pas toujours, avoua-t-il. Les gens me regardent. Ils me jugent. Lorsque je vous vois toi et Ethan... J'ai honte d'être ce que je suis.

-Hé ! le rassura son fils ainé en posant sa main sur la sienne. Tu n'as pas à avoir honte Papa. Tu traverses une mauvaise passe et tu fais de ton mieux pour en finir avec tes démons. Tu as déjà fait un grand pas vers la guérison. Au contraire, gardes la tête haute la prochaine fois que des gens te montrent du doigt.

-J'essaye... Je te promets que j'essaye fils. Sinon, comment ça se passe dans ton école, tu n'étais pas très expansif dans tes lettres.

William voyait bien qu'il essayait de changer de sujet de conversation. Tant pis, il ne voulait pas le brusquer lors de Noël :

-Je ne te caches pas que ça a été compliqué au début. Ça fait peur et en même temps c'est incroyable de découvrir toutes ces choses...

-Fais juste attention à ne pas trop t'embourber dans ce monde... N'oublie pas d'où tu viens. A ce moment-là, le four sonna, indiquant que le repas est prêt :

-Ah ! fit William. Je pense qu'il est temps de manger sinon Ethan va commencer à devenir Grognon. Ethan ! Viens descendre, on mange !

C'était l'un des meilleurs repas qu'eut mangé William cette année. Les repas servis à l'Académie pouvaient être délicieux mais rien ne pouvait remplacer l'ambiance spéciale de Noël avec sa famille. Tout avait le goût d'un repas de menu cinq étoiles : même les frites qui étaient légèrement trop cuites. Le moins que l'on puisse dire c'est qu'Ethan se faisait plaisir, ça faisait déjà sa deuxième portion de frite et son quatrième poivron farci. Lorsque le gâteau pointa le bout de son nez, tout le monde se fit plaisir et chacun prit deux parts de gâteau. William en laissa une troisième pour son frère mais celui-ci décida de la laisser :

-Je la garde pour plus tard, avait-t-il expliqué.

Une fois le gâteau terminé, Ethan sautillait partout essayant de voir ses cadeaux mais William faisait tout ce qu'il pouvait pour le cacher. Mais à un moment donné il céda et donna ses deux cadeaux à son petit frère et un à son père.

-Qui c'est qui ouvre ses cadeaux en premier ? demanda William.

Son petit frère leva la main plus vite que son ombre et commença à déballer son premier cadeau. A l'intérieur se trouvait une petite galette de jeux-vidéo bleu avec dessus une image de tortue.

-Wouah ! s'exclama le cadet. Pokémon Bleu sur Gameboy ! Tu l'as trouvé.

Le père et William ne purent s'empêcher de sourire. La famille n'ayant pas vraiment les moyens de s'acheter une console de jeux, William avait gardé sa vieille Gameboy et l'un de ses jeux favoris était Pokémon Rouge. Etant petit, il y passait parfois plus de dix heures par jour. Ethan avait toujours voulu s'y essayer mais il avait seulement réussi à trouver une autre Gameboy dans une brocante sans le fameux jeu. A chaque brocante, le pauvre Ethan regardait s'il n'y avait pas la cartouche tant désirée pour combattre contre son frère.

-Je vais chercher immédiatement la console, s'extasia Ethan.

William n'eut même le temps de lui dire d'ouvrir son deuxième cadeau que le petit garçon était déjà en haut des escaliers.

-Si tu me piques mon Dracaufeu ça va barder, le prévint William.

Les personnes restant dans la pièce croisèrent le regard avec un sourire non dissimulé, la bonne humeur d'Ethan était communicante.

-Je doutes que tu aies pu acheter tout ça avec la somme gagnée par le concours, maugréa le père.

-J'ai aussi gagné un jeu d'échec en or et argent, expliqua William. Je l'ai vendu, il me reste d'ailleurs un peu d'argent pour arrondir les fins de mois. J'avoue que je dois plusieurs services à Mr Villier, c'est lui qui s'est déplacé pour acheter tout ça. Mais ouvre donc ton cadeau.

Le paquet faisait plusieurs mètres de long si bien qu'il avait du mal à tenir sur la table.

-Tu n'aurais pas du..., commença le concerné.

-Ouvre le, tu verras.

Le père de William mit quelques secondes à ouvrir son paquet mais lorsqu'il eut fini, son visage s'embua de larmes à la vue de ce qu'il voyait. Pour n'importe quelle personne, les cordes à l'intérieur de la boîte ressemblait à n'importe quelle corde mais pour un œil expérimenté comme celui du père White, il n'y avait aucun doute sur leur valeur.

La mère de William et d'Ethan était pianiste et elle avait acheté l'ancêtre de cet instrument, il datait au moins de plusieurs siècles mais il était malheureusement trop vieux pour être utilisé. Son mari lui promit de le réparer mais entretemps, sa femme était décédée. Réparer ce piano avait été pour lui un objectif de vie et un moyen de surmonter le deuil. Malheureusement, il lui restait une partie de l'instrument à trouver. Il avait beau suer sang et eau il n'y avait rien à faire, cette pièce était introuvable. Sans elle, il savait qu'il était impossible de faire le deuil et d'être un bon père sans ça. Aujourd'hui, il avait cet objet qu'il convoitait tant devant ses yeux.

-Will..., pleura presque son père. Comment tu as...

-Il y a pleins de trucs vieux de plusieurs siècles en parfait état à l'Académie l'interrompit le fils White. J'ai négocié avec la directrice et elle a accepté.

L'homme prit dans ses bras la boîte qui était devant lui en versant plusieurs larmes :

-Je vais enfin pouvoir avancer Chérie... désolé d'avoir été si long.

William avait lui aussi les larmes qui commençaient à couler sur son visage, il savait à quel point c'était important pour son père.

Ethan revint quelques minutes après ayant tout juste donné le temps aux autres membres de la famille de se ressaisir. Les deux frères jouèrent ensemble pendant que le père profitait tranquillement du spectacle. Le temps passa très vite jusqu'à ce que le moment qu'ils attendaient tous arrivait. Minuit approchait. Il n'y avait même pas besoin de prévenir qui que ce soit, chacun était déjà prêt à partir.

C'est avec une appréhension mutuelle que la famille White sortit affronter le froid. Faisant ce même chemin à chaque Noël. Ils connaissaient la route par cœur si bien qu'ils arrivèrent à destination avant même d'être prêt à affronter ce qui les attendait. Ils ouvrirent la grille, traversèrent des dizaines et des dizaines de nom qui leur était inconnu jusqu'à trouver le bon :

Angelina White

William s'accroupit et enleva doucement la neige au-dessus de la tombe et y déposa un bouquet de fleur :

-Bonjour Maman.

Le mari de celle-ci serra fort la main de ses deux enfants. Il s'interdisait de perdre ses moyens. Pas devant elle. Pas avec ses enfants à ses côtés.

-Joyeux Noël chérie, souhaita-t-il d'une voix qu'il espérait bienveillante.

Ils restèrent ainsi quelques minutes, chacun étant dans ses propres pensées, son propre deuil. Rien ne pourrait jamais plus unir ces personnes seules sous la neige qu'à cet endroit, qu'à cet instant. Aucune larme ne coula. Personne n'en avait la force.

Chacun racontait quelques anecdotes, des passages quotidiens de leur vie pour bien faire comprendre à cette femme qui comptait tant pour eux que tout se passait bien. Lorsque chacun eut finit, Ethan sortit une petite boîte dans sa poche qu'il ouvrit. Il y avait dedans la part de gâteau qu'il avait laissé quelques temps auparavant. Il la posa sur la tombe.

-Comme ça Maman aussi pourra y goûter..., sanglota le garçon.

-Je suis sure qu'elle le trouve délicieux là où elle est fiston, répondit son père.