Encore un court chapitre qui sert de transition un peu tranquille. Les choses vont s'accélerer je vous rassure ^^ Sur ce, bon chapitre.
Chapitre 15 L'enquêteur
Alice de Villier
Les choses n'allaient pas vraiment mieux pour Alice. Pour une raison qui lui était inconnue, Kara et ses groupies ne l'embêtaient plus.
Cependant, elle ignorait pourquoi mais elle avait du mal à dormir. Enfin si, elle savait pourquoi. Elle avait passé plusieurs mois à se faire harceler par tous les moyens possibles et imaginables. Aujourd'hui, elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'un coup fourré se trouvait quelque part. Bien sûr, au fond d'elle, elle savait qu'il n'y avait rien la plupart du temps. Mais elle n'y pouvait rien, c'était presque devenu instinctif.
Elle voyait qu'Amélie et Éric essayaient de lui parler, de la faire se sentir le mieux possible. Et elle appréciait d'autant plus ses amis mais si elle essayait de les éviter autant qu'elle le pouvait. Son comportement de ces dernières semaines l'avait clairement catégorisé dans les personnes bizarres avec qui il ne faut pas trainer. Donc, pour éviter que cette réputation se répercute sur ses amis, elle n'avait pas d'autre choix que de ne pas les voir. Même si elle savait que ça lui faisait plus de mal que de bien.
Aujourd'hui elle était dans le bureau de son père. Celui-ci était comme à son habitude pleine à craquer de matières première nécessaires à l'alchimie, de livres et de papiers en tout genre. Sur un meuble à plusieurs dizaines d'étagères étaient posées plusieurs centaines de pierres rouges, toutes sous cloches. Alice décida d'en regarder une et vit écrit : N° 5643
C'était l'objectif de tout alchimiste : recréer la pierre philosophale. Malheureusement, personne n'a réussi en plus d'une dizaine d'années.
-Tu n'y arrives toujours pas ? demanda Alice en faisant référence à la pierre.
-Non, répondit le père d'Alice en s'asseyant sur sa chaise. La nouvelle concoction mercure et chrome que j'ai essayé n'a pas fonctionné. Les agents polymorphiques n'étaient pas assez puissants. Mais j'ai une nouvelle piste, j'essaye de voir les travaux d'Albus Dumbledore sur l'Alchimie. Apparemment, il était ami avec Nicolas Flamel.
Alice le laissait tranquillement déblatérer tout ce qu'il avait à dire. On pouvait dire que son père ne vivait que pour son métier. C'était presque la seule chose à laquelle il pensait avant de dormir.
-Enfin bref, fit l'enseignant. Je ne t'ai pas appelé pour ça. Je voulais savoir comment se passe ton année.
-Comme si tu ne le savais pas, ironisa la jeune fille.
Alice savait que son père avait déjà très certainement fait son enquête et lorsqu'il s'agissait de sa fille, il ne faisait pas les choses à moitié. Il savait probablement quelles notes sa fille a, ce qu'elle mange au Réfectoire et même avec quels amis elle trainait. Comme ça, ça peut faire peur, mais le professeur n'était pas intrusif, il voulait juste s'assurer que tout allait bien.
-Ecoute mon petit alambic, commença Mr. Villier. Je ne vais pas y aller par quatre chemins. Je sais ce qu'il se passe avec tes camarades. Je l'ai appris de la part d'Éric mais j'aimerais en savoir plus si ça ne te dérange pas.
Encore ça...
-Ecoutes papa, fit Alice en essayant de ne pas avoir l'air trop dur envers son père. Ces problèmes sont réglés et je sais que tu fouilleras partout jusqu'à trouver une réponse qui te satisfasse. Mais s'il te plait, je te demande de me faire confiance lorsque je te dis que ces problèmes sont derrière moi.
-Tu es sûre ? s'enquit le père d'Alice.
Non.
-Oui, mentit-t-elle. Je te le promets.
-Quoi qu'il en soit, l'informa l'enseignant. Je connais un endroit ou te réfugier pour rester seule si tu le souhaites. Il n'y a que Zacharias qui connaît cette salle. Elle est au deuxième étage, à côté des douches tu verras une énorme toile de tissu. Tu dois juste prononcer : Une lourde et légère légèreté. Une salle s'ouvrira sous la toile.
-Comment tu connais ça ?
-J'ai été à cette école aussi. J'ai fait bien plus de bêtises que ce que tu pourrais penser. Madame Maxime, l'ancienne directrice, doit encore se faire des cheveux blancs en pensant à moi.
-Vraiment ?
Jamais elle n'aurait vu son père en agitateur. Lui qui était aujourd'hui si sérieux dans son travail.
-Tu veux qu'on passe le Noël ensemble ou tu préfères le passer avec tes amis ? demanda l'enseignant.
-Je vais le passer avec mes amis, répondit Alice. Ça va me faire du bien.
-Je te donnes ton cadeau tout de suite du coup ?
-Heu ... Oui. Si tu veux.
Alice savait à quoi s'attendre. Chaque fois que son père lui offrait quelque chose c'était soit des livres sur l'alchimie soit des kits d'initiation. Il voulait que la fille ait la même passion que le père mais ça a malheureusement pour lui provoquer l'effet inverse : la jeune fille était dégoutée de cette matière.
Mr. Villier sortit son cadeau avec une certaine appréhension :
-Ta mère m'a aidé à la choisir...
Alice avait devant elle une magnifique robe blanche en coton égyptien avec dessus de véritables fleurs mises dessus. Ces fleurs avaient été spécialement traitées pour ne pas faner. Alice se souvenait qu'elle n'arrêtait pas de la regarder lorsque ses parents et elles allaient vers la Place cachée.
-Wouah ! Merci papa ! Elle est ultra belle.
Le professeur ne put s'empêcher de sourire devant sa fille si heureuse.
-Tu pourras l'essayer plus tard, l'informa Mr. Villier. Avant ça, j'ai juste quelques petites choses à te dire.
Alice garda d'un seul coup son calme. Visiblement ce que voulait lui dire son père était important :
-Tu n'es pas sans savoir qu'il y a eu plusieurs élèves disparus.
Et comment ! Ses amis avaient passés tout leur temps libre pour trouver le coupable.
-Tu parles de cette Linda et du gars en quatrième année ?
-Oui, confirma l'alchimiste. Une personne spécialisée sur ce genre de cas va venir du Ministère. Il a souhaité interroger une élève de première année de confiance et c'est toi que j'ai choisi. Ne t'inquiète pas, il n'utilisera pas de Légilimancie ou autre, j'y veillerais. Tu veux bien répondre à ses questions ? Ça ne prendra pas longtemps.
Alice hésita quelques secondes. Si l'enquêteur posait les bonnes questions, il pourrait comprendre que ses amis avaient enfreint beaucoup de règlements. Mais ne pas répondre aurait paru encore plus suspect à ses yeux alors elle décida d'accepter.
Un homme d'une cinquantaine d'année entra et dès la première seconde, Alice le détesta. Il avait de petites lunettes rondes, des cheveux gris mi-long avec une calvitie très avancée et des robes grises d'un autre siècle. Dès que son regard se posa sur le bureau de son père, le dégoût se lisait sur son visage. Du point de vue d'Alice, on pouvait la dénigrer autant qu'ils le souhaitaient mais pas qu'on s'en prenne à son père. C'était un homme bon, professionnel et aimant envers sa famille. On n'avait rien à lui reprocher.
Alice essaya de s'inspirer d'Amélie et prit un visage aussi aigre que possible. L'homme s'asseya en face d'Alice et remit ses lunettes d'une manière qui horripilait la jeune fille pour une raison qu'elle ignorait.
-Vous êtes..., commença l'enquêteur en farfouillant dans quelques papiers. Mademoiselle Villier, c'est ça ?
-C'est ça, confirma la jeune fille.
-Connaissiez-vous la première personne disparue, Linda Jyns ?
-Comme à peu près tout le monde je n'ai connu son nom que lors de sa disparition.
-Et la deuxième personne ?
-Pareil.
-Avez-vous remarqué que l'attitude d'un des élèves ait changé étrangement ces derniers temps ?
-On est plusieurs milliers ici Monsieur. Alors non, je ne m'occupe pas de tout le monde.
-Et en ce qui concerne vos professeurs ?
-Mr. Minsley, répondit-t-elle immédiatement. D'après des élèves plus âgés, son attitude a changé, il est devenu plus peureux et sensible.
A chaque question répondue, la plume à papote de l'enquêteur notait chaque mot à la virgule près. Alice se rappela d'ailleurs que William s'en était acheté une pour Noël.
-Mr. Minsley..., cita précautionneusement l'enquêteur. Merci. Je pense que ce sera tout.
L'enquêteur sortit avec un regard tout aussi dédaigneux que lorsqu'il était entré. Dès que la porte fut claquée, Alice se tourna immédiatement vers son père :
-Désolé Papa. Il va probablement suspecter ton collègue maintenant. L'alchimiste essaya de la rassurer comme il put :
-Ne t'inquiètes pas chérie. Tu n'as fait que répondre honnêtement à ses questions. Allez, va donc rejoindre tes amis.
Passer Noël entre amis ne s'est avéré finalement pas si différent que de le passer en famille. Les seuls étant restés au château étaient Amélie et Éric justement les deux personnes avec lesquelles elle avait passé chaque Noël. Ne manquait plus que les parents de la fille Villier et tout était bon. Ce qui se différenciait était en fait la nourriture qui était normalement fait de bons petits plats préparés par Mr. Villier. Ici, il n'y avait que bonbons et autres joyeusetés de ce genre. Même si ce n'était pas trop le genre d'Alice, elle comptait bien profiter du buffet.
Elle avait décidé d'éviter ses amis le plus possible, mais elle ne voulait pas les laisser seuls pour Noël qui n'était généralement pas leur fête préférée. En effet leur père était généralement bien trop occupé pour venir à la fête et l'absence de leur mère décédée se faisait sentir bien plus pendant cette fête.
Ils s'étaient donné rendez-vous dans leur salle habituelle. Éric était en train de manger quelques bonbons pendant qu'Amélie semblait travailler sur ses devoirs. Dès qu'elle entra dans la salle, les deux se retournèrent presque simultanément avec un sourire réservé.
-Joyeux Noël Alice, annonça Amélie.
-Joyeux Noël, leur répondit Alice. Vous faites quoi ?
-Moi j'essaye de prendre quelques kilos pendant les fêtes, expliqua Éric. Et elle, elle travaille sur ses cours d'Histoire de la magie.
Alice ne put s'empêcher de froncer les sourcils, son amie avait toujours les meilleures notes dans cette matière :
-Pourquoi tu travailles cette matière ?
-Tu va rigoler, la prévint Éric. C'est parce que William a eu une meilleure note qu'elle.
Ce n'était pas vraiment étonnant. Même si le garçon n'était pas le plus talentueux, il travaillait d'arrachepied pour réussir à avoir les meilleures notes possibles pour tenir sa promesse envers la Directrice de comportement irréprochable, lui permettant ainsi de voir sa famille chaque week-end.
-Amélie..., s'exaspéra Alice. Il faut que t'arrête de faire une fixette sur lui.
-Je ne fais pas une fixette ! s'emporta la jeune fille. C'est juste que si je n'ai pas une meilleure note que lui, il va encore me charrier pendant des semaines.
-Tu sais qu'il ne fait pas ça contre toi, informa Éric. Il m'a dit que ça le faisait marrer de te mettre en rogne.
-Je sais ! cria presque Amélie. Mais même quand il ne fait rien, il trouve quand même le moyen de m'énerver.
Ce n'est pas très étonnant, un rien peut énerver Amélie.
Alice regarda la salle de long en large et quelque chose la perturba :
-Vous n'avez pas reçu de cadeau ? demanda-t-elle.
Les deux membres de la famille Hasbourg haussèrent les épaules.
-Ca fait bien longtemps que je n'attends plus rien de mon père à la période de Noël, maugréa Amélie.
-Je suis sûr qu'il pense à vous, essaya de les rassurer Alice. Il a juste beaucoup de responsabilités.
-C'est ce que l'on entend à chaque fois qu'il est absent, dit Éric. J'ai l'impression d'être plus proche de ma gouvernante que de mon père.
-Éric..., s'attrista Alice. Tu sais que c'est faux.
La fille Villier n'eut pas le temps d'entendre la réponse puisqu'Amélie demanda :
-Sinon, qu'est-ce qui t'as retardé comme ça ?
Alice se doutait que c'était pour changer de conversation mais elle lui expliqua tout de même sa conversation avec l'enquêteur.
-Je suis bien contente que quelqu'un commence à vraiment enquêter, se rassura Amélie. Tout ça est de toute manière trop gros pour quelques élèves d'à peine onze ans. Je croyais que t'étais à la tour de botanique, tu m'avais dit que tu aimes bien y aller pour t'aérer l'esprit.
La jeune ne voulait pas vraiment la contredire, elle les avait prévenus depuis le début que c'était trop dangereux, même si à cette époque, elle était à fleur de peau à cause de ce qu'elle subissait avec Kara. Au fond d'elle, Alice savait que ces évènements ne s'effaceraient probablement jamais de sa mémoire. Elle en faisant encore des cauchemars...
-Bon, fit Éric interrompant les pensées de son amie. On en fait quoi de ce Noël ?
Alice haussa les épaules de dépit, elle n'était pas vraiment d'humeur à faire la fête... Visiblement, Amélie et Éric partageaient cet avis puisqu'aucun des deux ne proposa quelque chose. Au final, ils ne firent rien de bien intéressant à part se rappeler les anciennes fêtes de Noël.
