Je tiens juste à vous prévenir que ce chapitre est plus dur que les autres en terme d'ambiance. J'espère tout de même qu'il vous plaira ^^

Chapitre 18 Découverte

William White

Lorsqu'il se réveilla, William se retrouva assis les mains attachées.

La première chose qu'il vit fut Nathan et Alice dans les mêmes conditions, à peine réveillés eux aussi. Lorsqu'il regarda autour de lui il vit l'une de ces pièces qu'utilisait le groupe d'amis pour se réunir quelques fois. Quelle ironie, qu'une de ces pièces servent au kidnappeur pour se cacher.

Lorsqu'il leva la tête il vit Zacharias effectuer différents sorts sur la porte puis faire les cents pas. Sa posture frêle avait complètement disparue et la pointe d'espièglerie dans ses yeux n'était plus qu'un lointain souvenir. Il portait la même cape que lors de la course poursuite de la dernière fois sauf que cette fois-ci, il n'avait pas pris la peine d'activer son sort de Sombre-cape.

-Qu'est-ce que je vais faire d'eux ? murmura-t-il. Qu'est-ce que je vais faire d'eux ? Ils ont peut-être déjà prévenu des personnes... Les mettre avec les autres ? Non. Non... Ils sont une gêne pour toi. Il faut que tu t'en débarrasse.

A cette annonce, le visage d'Alice se décomposa. Nathan, lui demanda sans aucun son si ça allait, Will répondit d'un mouvement de tête que tout allait bien. Zacharias continuait de murmurer pour lui-même. Ces paroles étaient complètement incohérentes :

-Non ! Non ! Il ne faut surtout pas leur faire de mal. Ce n'est pas ce qui était prévu. Si ! Il faut le faire, on a plus le choix maintenant.

Pendant tous ces baragouinages, Will essaya de se contorsionner sans trop se faire remarquer pour accéder à sa baguette. Le kidnappeur avait pris la peine d'enlever leur baguette à Alice et Nathan mais pas de vérifier si le fils White avait sa baguette puisque celui-ci avait mentit en prétendant ne pas l'avoir sur lui avant de se faire kidnapper. En vérité, la course-poursuite et sa discussion avec Zacharias tout à l'heure avait donné assez d'indices au jeune homme pour savoir que c'était lui le kidnappeur. Il aurait voulu juste après aller prévenir Mr. Grayson mais il n'en a pas eu le temps.

William réussit enfin à atteindre le bout de sa baguette sur le bout de ses doigts. Il n'y avait plus qu'à espérer qu'il était possible de faire des sorts dans ces conditions. Le jeune garçon essaya de voir mentalement ce qu'il avait sur lui. Bon, il avait toujours ces pierres noires instantanées du Pérou qu'il avait pris dans le magasin de farces et attrapes à la Place cachée. S'ils réussissaient à s'enfuir, ça permettrait de couvrir leurs traces. Oui mais non, Zacharias connaissait le château comme sa poche, il aurait largement le temps de les rattraper. Il n'avait pas le choix, il allait falloir le retenir pour permettre à ses amis de s'enfuir.

Il avait aussi un dernier artifice fuse-boum dans son sac mais il était impossible pour lui de l'atteindre, il était à quelques mètres de lui et avec les mains attachées, ça revenait à parcourir plusieurs kilomètres.

Il lui fallait un plan mais le problème, c'est que la porte était bloquée et qu'ils avaient les mains attachées. Un sort Alohomora permettrait peut-être de déverrouiller la porte. Avec sa condition de sans-limite, le sort devrait être assez puissant pour forcer les sortilèges mis par Zacharias sur la serrure et en même temps détacher lui et ses amis de ses liens. Autre problème, l'ouverture de la serrure ferait du bruit et leur kidnappeur le remarquera certainement. Heureusement pour lui, ils avaient les mains attachées derrière le dos, il suffisait que lui et ses amis fassent semblant d'être toujours attachés pour que la supercherie fonctionne.

Zacharias devenait de plus en plus incohérent et instable pour une raison obscure. Il n'arrivait pas à décider de ce qu'il devait faire de ces élèves. Deux personnes semblaient se battre pour savoir qui allait avoir le dernier mot : celui qui voulait les tuer, ou celui qui voulait seulement les mettre avec les autres. William avait bien l'intention de faire s'enfuir ses amis avant qu'un des deux prenne une décision.

-Qu'est-ce que vous allez faire de nous ? demanda Nathan en essayant de garder un maximum de son courage.

La question ne plaisait visiblement pas à Zacharias puis ce que celui-ci se tint la tête, cette question semblant encore plus augmenter son indécision :

-Tais-toi ! ordonna-t-il en lançant un sortilège sur le fils Clermont. J'ai besoin de réfléchir !

Immédiatement après ça, Nathan cria de manière atroce et tout son corps convulsa de manière inhumaine. Le jeune roux cria de toutes ses forces jusqu'à ce que le kidnappeur utilisât un sort pour atténuer ces cris qui semblaient continuer encore quelques secondes. Le visage de l'ami de William resta quelques instants livides devant la douleur, puis, réussit à se ressaisir et son visage reprit une composition normale. Il semblait néanmoins sous le choc.

Pendant ces cris, Will en profita pour effectuer du bout des doigts avec sa baguette le mouvement du sort d'ouverture de serrure et prononça l'incantation aussi doucement qu'il put :

-Alohomora.

Visiblement les cris avaient réussi à prendre le dessus sur la voix de Will et sur le petit clic que fit la serrure. Les yeux de Nathan et d'Alice sortirent de leur orbite au moment où ils se rendirent compte que leurs mains étaient détachées. Heureusement, ils eurent la présence d'esprit de faire comme si rien ne s'était passé.

William essaya de tenir une conversation de quelques mots muets avec Nathan pendant Zacharias prenait une décision et celle-ci commençait de plus en plus à pencher vers la solution la moins enviable. Les quelques mots qu'échangèrent Nathan et Will furent :

T'es prêt ?

Ouais

A trois. Un, deux, trois !

A ce moment-là, William lança sa pierre instantanée du Pérou au sol. Celle-ci produisit immédiatement une fumée noire si épaisse qu'il était impossible d'y voir à plus de deux mètres ce qui était la distance séparant Nathan de la porte. Nathan qui prit d'ailleurs la main d'Alice et qui courra vers la porte aussi vite qu'il put. Zacharias débuta l'incantation d'un sort mais n'en eut pas le temps. Will avait déjà sa baguette en main. Il raffermit sa prise sur celle-ci malgré son corps fatigué du premier sort. La colère monta soudain en lui, il se tourna vers leur kidnappeur et cria de toute ses forces :

-INCENDIO !

Une gerbe de flamme d'une vélocité exceptionnelle sortit de la baguette du jeune homme, les runes en or sur la baguette de celui-ci s'illuminèrent. Zacharias eut à peine le temps d'activer un sortilège de protection. William ne se concentra que sur son sort, il en oublia toute cette situation, tout ce contexte, il n'entendait même pas le bruit de course de ses amis qui traversaient un couloir. Mr. Grayson avait dit que la colère rendait le sort Incendia plus puissant ? Eh bien le jeune garçon sortit toute sa colère accumulée depuis toutes ses années lui qui était si calme et se contenait à chaque frustration ou colère faisait maintenant sortir tous ces sentiments accumulés d'un seul coup. Il pensa à la mort de sa mère, à l'état déplorable de son père et à son incapacité à l'aider, à son pauvre frère qui était désormais tout seul, à Nathan qui avait reçu ce sort qui l'avait fait tant souffrir...

Le sort était tellement puissant que William eu du mal à tenir sa baguette tant celle-ci tremblait, les runes étaient d'une clarté jamais vue jusqu'alors. Les flammes elles même commencèrent à bleuir tant la chaleur était intense. Il sentait son corps sur le point de défaillir devant ce deuxième sort mais il tint le coup. Chaque minute, chaque seconde de gagnées était du temps en plus pour permettre à ses amis de fuir. Il fallait qu'il tienne aussi longtemps que possible. Zacharias luttait contre les flammes avec son pauvre sort de protection qui commençait à ne plus tenir à tel point que son bras était noir de calcination. William ne sut même pas combien de temps cette situation dura, une minute ? Une heure ? Aucune idée, il était bien trop occupé à retenir son adversaire.

Après quelques minutes qui parurent durer des heures, le corps de Will lâcha. Le sort s'arrêta, ses jambes ployèrent sous le poids de son corps. Il avait le corps entier rempli de spasme et de sueur dû à l'effort exceptionnel fourni.

C'était un miracle qu'il soit encore conscient. Le kidnappeur, lui, essayait de lui aussi se remettre de ses émotions et lutta contre la douleur de son bras entièrement noir. Ils restèrent ainsi quelques secondes. Puis, ils reprirent tous deux un semblant de lucidité, se rendant compte dans quel contexte ils étaient. William tenta vainement de parcourir les quelques mètres qui le séparaient de son sac voulant récupérer le dernier fuse-boum pour aveugler son adversaire. Ses muscles le suppliaient d'arrêter à chaque mouvement qu'il dut faire à même le sol, il n'avait pas la force de se tenir à genoux. Il eut tout juste le temps d'atteindre sa plume à papote qui s'activa mollement, malheureusement pas son artifice fuse-boum, et se retrouva saucissonné par des dizaines de cordes. Très certainement un sort invoqué par Zacharias.

Celui-ci se releva, les yeux emplis d'une folie jamais vue.

-Regardes ce que tu as fait ! cria-t-il dans une rage folle. Tout ça c'est de ta faute ! Tu as voulu me faire rater mon plan ? Tu vas voir ce que c'est que la vraie souffrance. Endoloris !

William eut l'impression que de l'électricité passait à travers tout son corps qui convulsa sous la douleur. Un cri de souffrance sortit de la bouche du jeune homme qui n'avait jamais rien ressenti de pareil. Il avait l'impression de recevoir la douleur reçue lorsque sa jambe était cassée mais dix fois plus forte et à son corps entier. Lorsque son corps finit de convulser, il tremblait encore.

-Ou vous allez m'emmener ? demanda miteusement William.

-Tu remercieras Mr. Villier, c'est lui qui m'a donné la planque. Tu croyais que c'était fini, hein ? murmura Zacharias. Ne t'inquiète pas. On est loin d'en avoir fini toi et moi. Endoloris !

Cette fois, la douleur fut pire encore. William était sûr et certain que de la lave coulait à travers les veines de son corps. Il avait l'impression de brûler de l'intérieur. Tous ses muscles se contractaient de manière inhumaine pour provoquer le plus de douleur possible. Le cri que poussa le sorcier était à peine humain, des larmes coulaient le long de ses joues. Il voulait que ça s'arrête, il fallait que ça s'arrête, il ne savait pas si son esprit allait tenir longtemps. Une minute passa qui semblait être l'équivalent d'une semaine pour le garçon. Son corps convulsa encore une ou deux minutes après les effets du sort. Son corps tout entier lui faisait encore atrocement mal. Quelques râles de douleur sortirent encore se bouche mêlés à des pleurs. Il n'avait même plus la force de lui demander d'arrêter.

-T'es moins fier maintenant hein ? exulta le kidnappeur. Endoloris !

La douleur était si omniprésente que le corps de William n'eut même pas l'idée de crier ou même de pleurer. Tout son cerveau ne pensait qu'à une seule chose. La douleur. L'esprit de William commençait à s'effacer. Son corps était au sol, son visage n'avait plus rien de tel, ses yeux roulaient vers l'inconscience, la langue pendue. Sa conscience avait l'air de disparaître.

-Endoloris !

Il souhaitait en finir. Son esprit suppliait mille fois de mourir.

-Endoloris !

Il oublia tout. Le nom de ses amis, de son école, de sa famille. Il ne savait même plus son propre nom, il ne savait même plus pourquoi il était là. Ses souvenirs s'effaçaient petit à petit pour être remplacés par du vide.

-Endoloris !

Cette fois-ci. Il oublia le concept de vie. Toute volonté quitta son corps. La volonté de mourir avait complètement disparue. Pour vouloir mourir, il fallait déjà comprendre ce qu'était vivre. Ce que l'esprit de Will avait oublié il semblerait il y a un million d'année.

Nathan de Clermont

Une fois sorti de la salle, Nathan entendit immédiatement son ami incanter un sort Incendio dont il ressentit la chaleur d'ici. Le premier réflexe du garçon fut d'aider William mais il ne pouvait pas. Il fallait absolument partir le plus loin possible pendant que Zacharias était retenu.

-Et Will ? demanda Alice en courant.

-On doit partir pour prévenir les professeurs, répondit Nathan. Allons au Réfectoire !

Le duo courra tellement vite qu'ils eurent du mal à se diriger correctement. Nathan avait en plus du mal à courir, son corps tremblant encore du sort endoloris qu'il avait reçu. Alice, elle, semblait avoir beaucoup plus de mal à se ressaisir. Elle pressait le bras du fils Clermont jusqu'à lui faire mal. Ses bras tremblaient de peur.

Il décida de s'arrêter pour que chacun puisse reprendre ses esprits. Ils venaient de traverser deux longs couloirs. Nathan s'accroupit en face d'Alice et essaya de la rassurer :

-Ecoutes Alice. Je sais que tu as peur et pour être honnête avec toi j'ai peur aussi. Mais William et tout seul et si on ne l'aide pas vite...

Soudain, tous les deux entendirent un cri de William, inhumain. Nathan préférait ne pas penser à ce qu'il subissait là-bas.

-Tu es prête ? demanda Nathan.

Alice se releva et hocha difficilement la tête. La peur composait toujours son visage mais ses tremblements s'arrêtèrent. Le fils Clermont en profita pour courir de toutes ses forces vers le Réfectoire. On entendait encore les cris de Will...

Faites qu'il tienne, supplia intérieurement Nathan. Faites que j'arrive à temps.

Malheureusement, le Réfectoire était au rez-de-chaussée et ils se trouvaient au troisième étage. Même en courant, il lui faudrait une quinzaine de minutes pour atteindre son objectif. Et s'il arrivait trop tard ? Non ! Non. Il ne fallait pas penser à ça. Ce qu'il faut, c'est se contenter de courir.

Les murs défilaient tellement vite que Nathan et Alice était à quelques centimètres de se prendre le mur un tournant sur deux. Beaucoup d'élèves les regardait de manière incongrue mais ça importait tellement peu dans la situation présente. A chaque nouveau couloir, Nathan priait pour qu'un professeur soit là. Malheureusement, la prière ne fut pas exhaussée.

Ça faisait déjà dix minutes qu'ils sprintaient de toutes leurs forces. Leurs cœurs commençaient à devenir de plus en plus lourd, ils peinaient à respirer, leurs jambes commençaient à flancher. Mais ils n'avaient pas le temps de se soucier de ça. La priorité c'était de trouver de l'aide, même si pour ça son cœur devait exploser.

Après cinq minutes qui étaient cinq minutes de trop, ils arrivèrent enfin au Réfectoire qui était rempli de monde. Nathan poussa sans aucune vergogne les élèves qui obstruaient le chemin en les invectivant de manière brutale. Après quelques bousculades, il aperçut enfin la table des professeurs. Mme Monet et Mr. Grayson étaient déjà tourné vers lui, puis, voyant le visage terrorisé de leur élève se dirigèrent vers lui.

-Qu'est-ce qui se passe ? demanda Mme Monet.

-C'est Will ! s'emporta l'esprit de Nathan qui, n'avait plus l'esprit très clair avec cette course effrénée. Non ! C'est Zacharias ! C'est lui qui a... Et après Will... J'ai couru et...

-Calme toi Nathan, l'intima Mr. Grayson. Inspire et expire un grand coup. Malgré son excitation, il s'exécuta :

-C'est Zacharias le kidnappeur. Il nous a capturés moi, Will et Alice. William a réussi à nous faire sortir.

-Et où il est ?

-Il a tenté de le retenir ! cria Nathan sentant les larmes couler une fois la pression relâchée. Il nous a permis de fuir mais je crois qu'il s'est fait avoir. J'ai entendu ses cris...

-Ou se trouve-t-il ?

-Je... Je ne sais pas... Je

-Nathan !

-Je ne sais pas ! On s'est fait capturée au troisième étage et on s'est retrouvé dans une vieille salle de stockage...

Mr. Grayson transplana aussitôt. Mme Monet, elle, prit Alice et Nathan dans ses bras qui pleuraient tous les deux.

-C'est fini maintenant, murmura la directrice. C'est fini.

-William..., sanglota. Je l'ai laissé tout seul. Je voulais l'aider mais...

-Tu as fait ce qu'il fallait Nathan. Tu as été très courageux.

-Il a utilisé le sort Endoloris ! Et il l'utilise sur Will... Il se fait torturer ! J'ai laissé mon meilleur ami se faire torturer Louise...

Nathan continua de pleurer dans les bras de sa Marraine et devant le reste des élèves médusés devant l'évènement.