Chapitre 20 Quarante-cinq pour cent

Amélie de Hasbourg

S'il y a bien un cours qu'Amélie détestait plus que tout, c'était bien les soins aux créatures magiques. La jeune fille avait toujours eu une répugnance pour énormément de créatures quelle qu'elle fut. A la maison, Éric avait tanné leur père pour avoir un Fangieux, mais la jeune fille avait protesté rigoureusement. Cette affaire était d'ailleurs toujours sources d'engueulades entre les deux membres de la famille Hasbourg.

C'était aujourd'hui le cours auquel assistait les élèves. Cette matière est généralement celle que les étudiants détestent parce qu'ils étudient généralement des créatures pas très engageantes. Le professeur Roset, lui, avait une autre approche de la chose. Il essayait d'aborder des créatures plus agréables en termes d'aspect mais aussi dont le comportement est facile à comprendre. Pas question d'amener un escargot géant à cinq branches et demander aux élèves de récupérer leur bave. Aucun enfant de onze ans n'aimerait ça.

L'enseignant de soins aux créatures magiques était bâti comme une véritable armoire. Il mesurait dans les deux mètres et n'était presque fait que de muscle. Malgré son crâne chauve et sa carrure impressionnante, nulle personne n'aurait pu le prendre pour quelqu'un de violent tant son visage respirait la gentillesse et la joie de vivre. C'était simple, tout semblait le rendre heureux, en particulier lorsqu'il parlait de ses créatures magiques.

A côté de lui se trouvait un oiseau ressemblant au flamant rose dans le sens où il avait de longues et fines pattes, cependant la créature était bien plus massive et avait une forme un peu ronde à la manière d'un poulet ce qui donnait un contraste amusant entre ses pattes fines et son corps imposant. La créature avait de grands yeux globuleux qui semblaient regarder un peu partout de manière frénétique. Un bec long d'au moins un mètre à la couleur noire et un plumage à la texture terreuse et aux couleurs du sol que jonchait à créature, c'est à dire couleur de terre anormalement sombre. L'oiseau semblait être en harmonie totale avec son environnement.

Derrière Mr. Roset se trouvait plusieurs toiles-caméléons représentant des environnements très différents l'un de l'autre étaient placés. Chaque biome était assez grand pour y mettre une trentaine d'élèves.

-Bon, commença l'enseignant d'une voix forte. Aujourd'hui, on va étudier une créature assez rare, vivant principalement dans les Etats-Unis. Quelqu'un pourrait-t-il me dire de quelle créature il s'agit ?

Aucun des élèves ne savait réellement de quoi il en retournait.

-C'est un Flamant à cape, les informa l'enseignant. Il a une capacité partagée avec quelques créatures magiques qui est la morpho-synthèse. Quelqu'un peut-t-il me dire à quoi cela correspond ?

Encore une fois, personne n'avait la réponse ou ne souhaitait la donner :

-Eh bien je vois qu'on a bien étudié les pages que je vous avais demandés de lire, commenta Mr. Roset qui n'avait aucune colère dans sa voix. Bon, un exemple vous aidera peut-être. Aller, viens là ma jolie.

Le professeur déplaça le Flamant à cape dans un des biomes formés par les toiles magiques et arriva dans l'environnement neigeux. Immédiatement, la teinte des plumes prit une texture neigeuse, toute trace de terre ayant disparu. De la glace recouvraient le bout de son bec et ses griffes prenant une teinte bleue ciel et ses yeux devinrent blancs. Toute cette transformation prit à peine une seule seconde devant la surprise de quelques élèves.

-Vous l'aurez sans doute maintenant compris, enchaîna le professeur. Mais la morpho-synthèse est la capacité à s'adapter à son environnement de manière instantanée. Comme les plus attentifs d'entre vous l'ont remarqué, ce n'est pas un camouflage qui est effectuée ici mais une véritable transformation physique. Pour schématiser, ce serait comme si des branchies apparaitraient sur votre corps à chaque fois que vous entrez dans l'eau.

Plusieurs élèves prirent des notes, la plupart des choses qu'expliquait l'enseignant aura une chance d'être à l'examen de fin d'année.

-Quelques petites choses sont encore à savoir, les prévint Mr. Roset. Le Flamant à cape n'a aucun besoin de protéger ses œufs puisque la coquille de ceux-ci est une des matières les plus solides que l'on connaisse. Bien plus que l'acier ! Ensuite. Les soins devant être apportés sont différents à chaque biome auquel elle s'adapte. Préparez-vous donc à voir cette créature pendant longtemps puisqu'elle nous occupera jusqu'au reste de l'année. Choisissez chacun un biome et occupez-vous de votre Flamant à cape par groupe de 4 ou 5. Allez, les instructions sont avec le matériel.

Amélie s'est retrouvée avec son frère et Nathan, comme à chaque fois, et avec Victoria et Alain, le camarade de chambre de William. Celui-ci avait toujours paru sympathique à la jeune fille avec sa carrure de gros nounours mais pour une raison qu'elle ne connaissait pas, le jeune garçon évitait son regard. Le pauvre avait l'air tout aussi effrayé du Flamant à cape.

-Ne t'inquiètes pas, essaya de le rassurer Nathan. Elle ne va pas te manger.

-Je sais, mentit Alain. C'est juste que d'habitude William était toujours là pour me rassurer...

Maintenant qu'il en parlait, Amélie avait effectivement remarqué que Will restait toujours avec Alain en cours de soins aux créatures magiques.

-Comment ça se passait généralement dans votre dortoir ? demanda Amélie.

Honnêtement, ce n'était pas vraiment quelque chose qu'elle voulait savoir, mais elle avait posé la première chose qui lui passait par la tête pour oublier la présence de la créature à côté d'elle.

-Ca se passe très bien, répondit le garçon les étoiles plein les yeux. Malgré ses cours particuliers et les révisions qui le fatigue, il m'aide souvent à faire mes devoirs et me rassure toujours lorsque je manque de confiance en moi. Parfois, la nuit, je fais des cauchemars et quand je me réveille, il reste avec moi. Parfois on discute même pendant des heures. Au départ, les camarades de chambres n'arrêtaient pas de se moquer de moi et de m'embêter mais il les a mis remis à leur place. Je le trouve intelligent, courageux et très gentil.

-Tu as l'air de l'admirer, constata Victoria avec un sourire.

Du point de vue d'Amélie c'était bien trop exagéré mais bon, elle ne voulait faire aucun commentaire véhément sur Will vu dans l'état ou il était.

-C'est comme ça que je veux devenir plus tard, les informa Alain.

-Hé ! intervint Mr. Roset en voyant le groupe discuter. Vous là-bas ! Travaillez au lieu de parler.

-Pardon monsieur ! s'excusa Victoria.

Le groupe se mit donc au travail. Ils étaient tombés sur l'environnement rocheux donnant une texture minérale aux plumes de l'oiseau. Le travail consistait à enlever à la pince les excroissances cristallines qui gênaient la créature puis de le laver et enfin poncer la pierre pour rendre la pierre plus lisse. C'était un travail long, fastidieux et précis. Chose qui faisait dire à Amélie qu'elle ne deviendrait jamais magi-zoologiste. Elle n'avait pas assez de patience.

C'est cet après-midi que le père de Will et son frère venaient. Nathan, Amélie et Éric étaient venu avec l'autorisation de la Directrice. Alice, quant à elle, cela faisait deux jours que personne ne la voyait mais son père, Mr. Villier, avait assuré au groupe qu'elle allait bien.

-Je vous ait autorisé à venir, a annoncé Mme Monet. Mais on demandera l'autorisation au père de Will si vous pouvez rester ou non. Ce sont des informations personnelles que nous donnerons.

Evidemment, aucun des trois ne contesta quoi que ce soit. De toute manière ils n'avaient pas vraiment le choix. Ils se retrouvèrent donc dans le bureau de la Directrice, les proches de Will étaient censés les rejoindre par poudre de cheminette.

Ils ne durent attendre que quelques minutes pour voir le feu de la cheminée s'affoler et devenir tout à coup vert émeraude pour laisser apparaître trois personnes : Le père de William et son fils Ethan et enfin Mr. Grayson qui les accompagnait.

Le paternel de Will n'était pas du tout comme ce à quoi elle s'était attendue : Il était maigre, les cheveux décoiffés, une barbe mal rasée et des vêtements de menuisier un peu sales. On peut dire que Will était la totale antithèse de son père, lui qui était toujours si impeccablement coiffé et habillé. Le petit frère de Will avait lui un maillot de football, un sport de non-magique, sur le dos et un simple jeans. Amélie l'aurait rencontré dans la rue, jamais elle n'aurait dit que ce petit garçon était le frère de William. Ils ne se ressemblaient pas du tout.

Le père semblait incroyablement nerveux et terrifié, mais on voyait bien qu'il essayait de conserver une certaine contenance. Le fils, lui, était nettement plus enthousiasmé, ce qui était plutôt compréhensible pour un enfant découvrant un monde de magie.

Le premier à parler fut Ethan qui observait la Directrice de Beauxbâtons :

-Wouah ! Vous êtes très belle Madame.

L'insouciance du garçon fit sourire l'assemblée et plus particulièrement Mme Monet qui répondit :

-Merci. Bienvenue à Beauxbâtons.

Louise regarda Ethan, essayant de savoir comment aborder tous les sujets délicats qu'elle devait aborder devant lui. Elle essaya donc une approche qu'elle pensa bonne :

-Ecoute Ethan. Tu ne voudrais pas aller visiter le terrain de Quidditch ? Regarde. Il y a les amis de William ici. Ils t'accompagneront, d'accord ?

Le garçon se tourna vers Amélie, Éric et Nathan, puis vers la Directrice et dit :

-Je sais très bien que vous voulez discuter tout seul, maugréa le garçon. Je vais partir.

Ouais. Bon, le petit était loin d'être bête. C'était le frère de William après tout. Le concerné sortit donc accompagné de Nathan. Une fois parti, Mme Monet serra la main au père de William :

-Merci d'être venu Mr. White. Je vous en prie, asseyez-vous. Vous souhaitez quelque chose à boire ? Un whisky peut-être ?

-Volontiers, répondit en hésitant quelques secondes l'interrogé.

La marraine de Nathan servit donc deux verres, un pour elle et un pour lui.

-Mr. White, commença la directrice en pointant du doigt Amélie et Éric. Ces deux personnes ainsi que la personne accompagnant Ethan sont des amis de votre fils. Ils l'ont côtoyé tout au long de l'année et aimeraient avoir votre autorisation pour connaître plus avant l'état de santé de William.

Le père de William regarda Amélie, puis Éric et répondit avec un sourire réservé :

-Je sais ce qu'aurait dit William. "De toute façon je n'ai rien à cacher !". Alors oui, vous pouvez rester.

-Merci Monsieur, répondirent simultanément les jeunes sorciers.

-Mr. White que savez-vous sur l'état de votre fils ? questionna La directrice.

-Je sais seulement ce que l'homme qui m'a accompagné m'a dit. Que mon fils était dans un état végétatif. Mais on ne m'a donné aucune autre explication.

Le pauvre homme tremblait à chaque mot qu'il prononçait. Il semblait être sur le point de craquer mais faisait tout son possible pour se contenir. Il n'arrêtait pas de fixer son verre d'alcool comme s'il contenait du poison.

-Je vais honnête avec vous, commença Louise de Monet. Un kidnappeur a sévi dans cette école tout au long de l'année. Et il se trouve qu'il a porté son dévolu sur votre fils ainsi que deux de ses amis. Ceux-ci ont réussi à s'enfuir mais votre fils a tenté de retenir le kidnappeur. Malheureusement, il n'a pas réussi à s'enfuir à temps...

-C'est tout lui, intervint l'interlocuteur. Toujours à vouloir sauver la veuve et l'orphelin.

Le commentaire était tellement dénué d'émotion que l'assistance pensa qu'il avait annoncé ça plus pour lui-même qu'autre chose.

-Le kidnappeur a..., continua doucement Mme Monet. Il a utilisé un sortilège sur votre fils. Un sortilège de torture. Comprenez bien que c'est un sortilège très dangereux Mr. White et il a été réitéré plusieurs fois sur William.

-Combien de fois ? s'enquit le père qui ne semblait plus qu'assimiler les informations sans rien ressentir d'autre.

-Nous ne connaissons pas le nombre exact. Mais d'après les spécialistes, une trentaine de fois.

-C'est ça qu'il a rendu végétatif ?

-Oui. Le sortilège utilisé peut avoir de graves conséquences neurologiques et psychologiques.

Ricky White prit le verre qu'il n'avait pas touché depuis le début de la conversation et s'apprêta à le boire d'une traite, jusqu'à ce que, arrivé au bord des lèvres, il s'abstint. Sa main pressa le verre qui se brisa en morceaux, blessant la main de la personne portant le verre au passage. Amélie ne put s'empêcher un petit cri de surprise à ce moment-là. La jeune fille et son frère essayaient de se faire le plus discrets possible. Ils étaient bien conscients de ne pas être autorisé à être ici normalement.

-Il peut guérir ? demanda le père de Will sans se soucier de sa main en sang.

-Ça dépend de beaucoup de facteur, tempéra son interlocutrice. Mais d'après les spécialistes, votre fils réagit particulièrement bien au traitement. C'est encourageant.

-Vous n'avez pas répondu à ma question. Quelles sont les chances ?

-45 % de chance de guérir. Nous ne pouvons le savoir que dans un mois.

Amélie dut faire tous les efforts du monde pour ne pas pleurer. Elle n'aime pas beaucoup William, mais elle l'avait côtoyé pendant une année entière et il était lui aussi devenu un ami précieux pour elle, même si elle ne l'aurait jamais admis.

-Quarante-cinq pour cent, répéta Nathan. Et les spécialistes sont surs ?

-D'après ta marraine, répondit Amélie. C'est certain. Hé ! Ne va pas trop haut Ethan, d'accord ?

Amélie se retrouvait avec Nathan en train de surveiller Ethan. Le fils avait absolument tenu à entraîner le jeune homme au vol de balais. Et on peut dire que le petit ne s'est pas fait prier ! Chaque après-midi, il aboyait presque sur Nathan pour qu'il vienne avec lui s'entraîner et son père n'avait pas vraiment le cœur à refuser. Ethan était à seulement quelques mètres du sol. Il avait heureusement pris une potion de Chute-Plume avant de voler. Mais Amélie ne pouvait pas s'en empêcher, à chaque fois que le petit frère de William accélérait, le cœur de la jeune fille se stoppait.

-T'es sûr que ce n'est pas un peu dangereux ? demanda l'élève de Beauxbâtons.

-Non, lui assura Nathan. Ne t'inquiète pas. C'est un balai pour les très jeune, il a une vitesse maximum d'à peine dix kilomètre à l'heure.

-Quand même... Je ne suis pas rassurée.

-C'est bon. Lâche-lui un peu la bride. Et puis ça le fait penser à autre chose.

Là, elle ne pouvait rien dire. Si ça permettait à ce petit boutchou d'oublier la possibilité de perdre son grand-frère chéri, alors qu'il fasse autant de vol en balai que nécessaire.

Finalement, la famille de William avait décidé de rester un mois ici, jusqu'à la date limite pour connaître si la guérison était possible. C'était assez étrange de voir le père et son fils de 8 ans marcher dans les couloirs du château. Avec leurs habits de non-magiques, il détonait avec les habits de sorciers des étudiants. Et même si cette situation a étonné plus d'un élève, la plupart ont accepté leur présence. La condition de Will était devenue aujourd'hui connue dans tout le château. On ne pouvait que comprendre la volonté de rester auprès de son fils ou de son frère quand un proche est dans un tel état.

Ethan avait l'air de gérer la situation bien mieux que son père dont les cernes grossissaient jour après jour. Le pauvre homme veillait sur son fils chaque nuit. Il avait d'ailleurs posé quelques questions à Amélie en ce qui concerne ce qu'elle faisait à l'Académie. La jeune fille comprenait que son père s'intéresse à ce que faisait son fils, mais elle avait du mal à lui expliquer certaines choses. Etant, de sang sorcier et lui non-magique, il y avait des choses qui coulaient de source pour Amélie, mais qui étaient des choses totalement inconnues à son interlocuteur.

-Et sinon, demanda celui-ci. Qu'est-ce que tu penses de William. Je suis curieux de voir comment le voient ses amis.

-Honnêtement monsieur, commença Amélie. De mon point de vue, votre fils est quelqu'un d'exaspérant. Il cherche toujours à avoir raison, d'être le meilleur, et de m'agacer exprès pour m'énerver.

Le père de Will eut un léger sourire :

-S'il te fais quelques piques comme ça c'est parce qu'il t'apprécie beaucoup. Et il a toujours été comme ça depuis tout petit. C'est quelqu'un qui pense qu'il y a toujours capacité à s'améliorer dans n'importe quel domaine. Sa mère était pareil.

-Était ? s'aperçut la jeune fille. Comment ça ? Le visage de Ricky se figea de surprise :

-Oublie ça... J'en ai trop dit. Je n'aurais pas dû aborder ce sujet sans l'autorisation de William.

Il la connaissait mal. Lorsqu'Amélie souhaite ronger un os, elle ne laisse même pas la moelle. Mais elle n'avait pas besoin de beaucoup pour trouver la réponse. Elle la trouva sur le visage du père de William puisque le père d'Amélie avait exactement la même lorsque l'on mentionne sa femme décédée.

-Elle n'est plus de ce monde n'est-ce pas ? devina la jeune fille.

Son interlocuteur ne disait rien mais elle voyait bien à son visage qu'elle avait raison. Elle ignorait totalement que William était dans la même situation qu'Amélie et Éric. Rien ne le montrait.

-N'en parles à personne d'autre s'il te plait, supplia presque l'homme en face d'elle. C'est à Will et à lui seul d'aborder ce sujet avec un ami.

-Il ne parle jamais de lui, concéda la sorcière. Il a passé tant de temps à se poser des questions sur nous qu'on n'a même pas pensé à lui en poser. Au final, on ne le connaît pas beaucoup.

-Ne t'en fait pas pour ça. Mon fils est devenu un spécialiste pour ne pas parler de lui ou de ce qu'il ressent. C'est le genre de personne qui aime garder ses sentiments pour lui seul. Ce n'est pas qu'il ne vous fait pas confiance ou quelque chose comme ça. C'est seulement sa façon d'être. Si tu souhaites côtoyer William, il faut une bonne dose de patience... Quoi qu'il en soit je suis content qu'il ait des amis comme toi ou ce Nathan. Il vient voir Will presque tous les jours.

-Désolé... J'aimerais le voir plus que ça mais c'est bientôt les examens de fin d'année. D'ailleurs à ce propos. Il faut que j'aille réviser.

-Je vais te laisser dans ce cas. J'ai déjà pris bien trop de ton temps.