Bonjour
Que dire de vos retours sur le chapitre 5 ! Ils ont été très nombreux et je vous en remercie chaleureusement, j'ai eu le sourire toute la semaine grâce à vous. Ils m'ont faire rire aussi, notamment vos suspicions coquines sur ce chapitre 6. Je suppose que vous avez hâte de voir si vous avez eu raison de penser qu'il allait se passer des choses intéressantes dans ce dernier… la réponse juste en-dessous. J'espère qu'il sera à la hauteur des attentes que vous avez placées en lui. En tout cas, il est important pour la suite. On approfondit la relation Rey/Ben.
Gigibulle : Ce chapitre est plus long donc j'espère qu'il passera moins vite mais que tu y prendras autant de plaisir. Merci d'avoir aimé leur discussion, ça se poursuit dans celui-ci. Cédera ou cédera pas à ses désirs ? Qu'est-ce que Rey va bien pouvoir faire ? Ou bien Ben ?
Nouns07 : j'étais mdr avec cette phrase. Roo lol BB-8 a déjà vu des choses peu innocentes par le passé )
: Merci pour ton commentaire et bienvenue ! J'espère que la suite te plaira toujours autant.
Ondi-Yoko : Mdr ! Tu sais ce qu'on dit... prudence est mère de sureté ! Nous reviendrons sur Colin à un moment et la réaction de Ben, ne sois pas inquiète de ça. Ohhh tu ne l'aimes pas le gentil mécano ? Il est louche selon toi ?
Bonne lecture ) j'ai hâte d'avoir vos avis sur ce chapitre !
Chapitre 6
Elle avait détesté sa première venue sur l'Etoile de la Mort. Elle se rappelait parfaitement cette odeur de moisie, d'air marin et surtout de cette atmosphère morbide où même les poissons semblaient vouloir éviter à tout prix la zone. La vie avait repris ses droits aux alentours mais ici, tout était figé dans le temps malgré une dégradation des lieux de plus en plus visible.
Elle était moite de sueur, transpirante sur chaque centimètre carré et sa peau était luisante. Elle ne doutait pas non plus que ses cheveux s'étaient mis à frisotter contre son front et ses tempes. Elle préférait avancer et oublier la personne derrière-elle bien que son regard dans son dos ne cessait de la déstabiliser.
Il prenait visiblement beaucoup de plaisir à la regarder sauter, arpenter et fouiller les décombres en s'imaginant probablement son passé dans les vaisseaux délabrés de Jakku. Elle, ne pouvait effacer le souvenir de ces mêmes yeux qui l'avait observée grimper en haut d'un arbre majestueux. Elle n'osa rien dire. Elle se contenta donc de poursuivre sa démonstration d'agilité.
Ben avait aussi chaud qu'elle. Elle aimait la façon dont le tissu collait à sa peau, dont cette masse noire se mettait à encadrer son visage différemment. Il avançait calmement, laissant ses yeux se poser sur chaque détail, attentif à la moindre chose inhabituelle tout en lui jetant des regards appuyés de temps à autre.
Au fond, c'était presque pire qu'ils n'échangent pas un mot. La tension n'en était que plus palpable. Elle se refusait à tout contact physique néanmoins, la relative exiguïté de l'espace à moitié enseveli sous des trompes d'eau les obligeait parfois à se rapprocher lui permettant aussi quelques œillades dans sa direction.
BB-8 avait eu raison en la sentant un peu tendue à leur départ, le petit droïde ne pouvant les suivre, elle était affreusement stressée d'être seule avec lui avec un corps humide et tremblotant. Une nouvelle salve de gouttes glacées tomba justement sur elle et elle pencha la tête pour éviter de les recevoir en plein visage. Malgré leur fraîcheur, elle avait l'impression qu'au contact de sa peau, elles se transformaient tout de suite en vapeur.
Ils débouchèrent dans un long couloir où des casques de stormtroopers s'entassaient dans un coin. Elle reconnut l'endroit et savait qu'ils s'en approchaient. Elle se dépêcha donc d'avancer et de retrouver le grand trou qui leur permettrait d'accéder à l'ancienne salle du trône et à la dépendance qui avait renfermé l'orienteur.
Jusqu'à présent, elle ne nierait pas qu'elle avait été impressionnée des capacités de Ben à la suivre. Si elle ne doutait pas de sa condition physique pour avoir déjà eu sa carrure entre les doigts, elle ne l'avait pas imaginé si agile dans les exercices d'équilibristes qu'ils avaient dû réaliser pour atteindre cet endroit. Puis, elle se rappela que lui aussi avait déjà dû arpenter ces couloirs pour la trouver la première fois.
Elle observa le plafond et y reconnut le passage. Les mois écoulés avaient encore réduit l'accès. Elle tendit la main et testa la solidité pour trouver une prise convenable à son ascension. Elle était plus fine, plus légère que Ben et espéra que la structure supporterait son poids.
« Tu veux que je monte le premier ? demanda-t-il subitement. Je peux y arriver, j'ai les bras plus longs et quelqu'un, il y a quelque temps déjà, m'a poussé à monter aux arbres pour apprendre à observer l'environnement autour de moi. J'ai donc de la pratique dans l'exercice même si tu es nettement plus douée. »
Elle se refusa à lui montrer son sourire face à cette révélation, elle ne voulait pas qu'il lise sa satisfaction profonde d'apprendre qu'il l'avait écoutée. Elle resta néanmoins quelques secondes comme inerte à savourer cet instant.
« C'est juste moins solide que la première fois, finit-elle par dire. »
Elle hasarda un regard derrière-elle et leurs yeux se croisèrent lui permettant de réaliser à quel point son corps était proche du sien. Pas plus d'une trentaine de centimètres. Peut-être même moins.
« Néanmoins, reprit-elle, je crois pouvoir y arriver. Si j'ai besoin d'aide, je sais que tu es là. »
Elle laissa couler ses yeux une dernière fois sur lui avant de tendre les bras et de se hisser avec difficulté. Déjà épuisée par ses efforts précédents, elle dut en fournir davantage pour réussir à passer la tête afin d'apercevoir le vieux trône. Elle tendit les jambes et espéra y trouver un appui pour y enfoncer ses pieds. C'était difficile mais pas impossible. Cependant ce problème se résolut presque tout seul quand elle se sentit empoignée au niveau de la taille et soulevée pour être propulsée vers le haut.
Elle reconnut que cette aide fut la bienvenue bien qu'elle faillit lâcher sa prise en sentant ses mains sur son corps. Il l'avait déjà serrée de cette façon contre lui, dans des circonstances autrement plus sensuelles qu'à l'instant. Elle poussa sur ses paumes et dans une dernière impulsion réussit à atteindre l'étage supérieur.
Elle se retourna automatiquement vers lui, main tendue pour l'aider à son tour préférant oublier que dans sa montée, elle avait très clairement perçu le petit coup involontaire et très excitant qu'elle lui avait donné en plein visage avec son postérieur.
Assise, les jambes dans le vide du trou béant, elle attendait qu'il se saisisse de sa main. Même pour elle, son hésitation lui parut longue mais il finit par y glisser la sienne. Elle recula et tira pour le faire monter à son tour. Il se pencha dans l'opération, son visage proche du sien, puis s'assit à ses côtés.
Heureusement, il ne s'attarda pas et se remit debout aussi vite. Elle en fit de même et arpenta les lieux à sa suite. Elle se revit ici, des mois plus tôt, l'arme brandie vers lui.
« Comment as-tu ouvert la porte la première fois ? »
Il la tira de ses pensées et elle se mit près de lui.
« Je n'ai rien fait, je me suis approchée et ça s'est simplement déclenché. »
Elle se tourna vers l'arrière, peu concentrée, préférant revivre dans son esprit l'instant où elle l'avait vu, les doigts sur l'orienteur, face à elle. Ils avaient vécu des choses fortes ici. Elle l'avait frappé puis guéri en lui avouant déjà à quel point elle avait voulu être proche de lui. C'est aussi ici qu'ils avaient compris le décès de Leia.
« Pourquoi repenses-tu à ça ? Ça fait appartient au passé. »
Elle se retourna vivement vers lui, surprise qu'il ait pu deviner le cours de ses pensées.
« Ce n'est pas étrange pour toi de revenir ? Avec ce qu'on y a vécu. On n'en a jamais vraiment parlé. De ta mère, précisa Rey.
-C'est ici que je suis redevenu moi-même. Après ton départ, il baissa les yeux vers le sol, j'ai vu mon père. Mon sabre doit reposer au fond de cet océan, porté par les vagues au loin après que je m'en sois débarrassé … C'est pour ça que je suis arrivé désarmé auprès de toi pour affronter Palpatine. J'avais enfin fini par faire ce que j'aurais dû faire ce fameux jour sur cette passerelle. »
Elle écarquilla les yeux face à cette annonce.
« Comment est-ce possible ? Tu penses que c'est ta mère ?
-Je ne sais pas. Il était là et nous avons pu parler mais elle, je n'ai pas eu la chance de la revoir. »
Elle se refusa à lui demander davantage de détails.
« C'est sa mort, combinée à la discussion avec mon père et à ce que tu m'as dit avant de me quitter qui m'ont fait revenir. J'avais enfin le courage d'adopter le comportement que je m'évertuais jusqu'alors à faire taire. Vous m'avez tous donné la force de m'accomplir. A partir de ce moment-là, je savais parfaitement ce que je devais faire. Etre près de toi.
-C'était ta place, murmura Rey. Et ça l'est toujours. »
Il se tourna vers elle et la regarda de longues secondes.
« As-tu pu la revoir depuis ? demanda Rey pour réorienter la conversation vers Leia. Je sais que les esprits des Jedi décédés peuvent apparaître. J'en ai été le témoin avec ton oncle. Il m'a parlé après ce que je t'avais fait pour me remettre sur le droit chemin.
-Oui, je sais que tu es allée sur Ahch-To pour autant j'ignorais que tu l'avais vu. Elle haussa un sourcil, elle ne lui en avait pas parlé. La carcasse de mon TIE, je l'ai aperçue en me posant quand je t'ai suivie sur l'île. J'ai simplement fait la bonne conclusion.
-Ca ne répond pas à ma question.
-Non, répondit-il et elle remarqua sa difficulté à l'avouer. Les fantômes de force ne me sont pas apparus malgré mes demandes, je n'ai jamais entendu aucune autre voix que celle de Palpatine me murmurer à l'oreille. En quoi cette fois cela aurait pu être différent ? »
Il n'avait pas besoin de le préciser que Rey avait compris qu'il ne s'estimait pas digne de recevoir une quelconque visite bien qu'elle ne comprenait pas pourquoi ces derniers n'avaient pas tenté d'entrer en contact avec lui. Que ce soit d'anciens maîtres mais surtout les membres de sa famille, un en particulier. Elle préféra donc garder pour elle que les Jedi du passé s'étaient presque tous manifestés sur Exegol. Chose qui jusqu'à présent l'avait toujours rendue fière la mettait désormais étrangement mal à l'aise.
« Il s'agit de ta mère, reprit Rey. C'est forcément différent. Peut-être qu'elle ne peut simplement pas le faire en raison de ton bracelet. Tu as beau l'avoir trafiqué, toi comme moi savons que tu n'es qu'à 10% de tes capacités réelles. Si son dernier geste, son dernier acte de vie a été pour toi, pour parler à son fils une dernière fois, je ne peux concevoir que si elle en avait l'opportunité, son premier réflexe serait de venir te voir. Je me refuse à ce que tu crois le contraire, ça serait trop cruel.
-Nous devrions voir ce qui se cache derrière cette porte.
-Ben… pour autant elle savait qu'elle venait de perdre cette bataille. Tu comptes récupérer ton sabre ? osa-t-elle.
-Tu me poses cette question vraiment sérieusement ? Elle acquiesça. Tu sais que je n'ai pas le droit, c'est même surprenant que tu le supposes et puis, je n'y arriverai pas. Notre lien est brisé, il doit être perdu et j'ai changé, si je l'ai jeté c'est que j'avais une bonne raison de le faire.
-Pourquoi n'irions-nous pas récupérer une arme qui accepte pleinement de faire équipe avec toi ? claironna Rey en venant enfin au réel but de cette suggestion. »
Elle évoquait sans le dire clairement le sabre d'Anakin Skywalker, qu'elle avait très clairement senti vibrer lorsqu'il s'était retrouvé dans la prise ferme de Ben Solo.
« Ça ne change en rien le fait que je n'ai pas l'autorisation de l'utiliser, sans compter que j'ignore où il se trouve. Il appartient lui aussi au passé et il a le droit d'être oublié sinon, il la fixa, je ne te l'aurais pas laissé suite à mon départ d'Ahch-To.
-Il est sur Tatooine. J'ai fait des recherches dans les archives concernant ta famille et j'ai lu que Luke et ton grand-père avant lui avaient vécu là-bas. Vous avez un passé sur cette planète, même si elle me semblait peu indiquée au vu des dires de Chewie et R2 sur les sentiments de Luke de sa vie là-bas, je n'ai pas trouvé d'autre endroit. Je l'ai enterré dans les profondeurs du sable près de l'ancienne demeure des Lars. Il n'est pas seul, j'ai aussi mis celui de ta mère.
-Pourquoi irais-je troubler cette douce paix en m'en emparant ?
-Je ne sais pas, chuchota-t-elle. J'ai le sentiment que c'est ce qui doit être fait.
-Rey, il plongea ses yeux dans les siens, merci d'avoir fait ça.
-C'est normal. Ils n'étaient pas de ma famille mais ils comptaient beaucoup pour moi. Elle déglutit hésitant à ouvrir un nouveau sujet sensible. Et pour ton oncle ? Aimerais-tu pouvoir lui parler comme je l'ai fait après, elle agita les bras, ce qui s'est passé ici ? Avec lui aussi tu as des choses à éclaircir. Vous n'avez pas pu discuter et il le faudrait, tu ne crois pas ? »
Tout en le questionnant, elle réalisa tout à coup à quel point il était finalement si facile de parler avec lui. Maintenant qu'ils avaient ouvert la discussion dans le vaisseau d'abord et ici, il n'y avait rien de plus naturel que d'échanger ensemble et elle fut troublée de le constater. Elle aimait parler avec Ben. Ils avaient eu peu de temps pour le faire sur la planète et elle apprécia sincèrement qu'ils discutent simplement.
« Je ne sais pas, avoua-t-il dans un souffle. Paradoxalement, c'est sur lui que je redoute le plus de tomber si cela devait arriver. Je ne sais pas la façon dont je réagirais. Notre passif est encore plus complexe qu'avec mes parents. Enfin, c'est différent. Pourrais-je oublier qu'il a pensé à me tuer même s'il s'est ravisé ? Et lui pourra-t-il me pardonner pour mon père ? J'aimerais seulement lui révéler la vérité sur cette nuit-là au temple… »
Elle vit un voile passer dans ses yeux sombres, celui du souvenir et du regret.
« Comment ça ?
-Sur la réalité des faits. Ce n'est sans doute pas exactement ce qu'il croit néanmoins, ça c'est entre lui et moi. »
Elle ne répondit rien bien que sa curiosité avait franchement été piquée, elle comptait bien respecter sa demande et ne pas lui faire subir un interrogatoire.
« Je lui en veux, avoua Ben avec difficulté. En ayant ce geste, il a trahi notre filiation mais surtout rompu le lien de confiance que nous avions établi. J'avais mes ennuis avec mes parents mais ils n'étaient pas de cette nature. Il n'est pas responsable de tout, j'ai conscience de mes torts et je ne les lui rejette pas mais je sais aussi que les choses auraient pu être différentes si nous avions parlé. Lui comme moi. »
Rey ne dit rien, surprise et à la fois heureuse de l'entendre se confier de la sorte. Elle comprit subitement qu'il n'était pas en colère contre Luke, plutôt déçu et elle devina que cela était pire pour lui. Ben avait dû énormément admirer son oncle, elle le comprenait à travers sa façon de l'évoquer et la souffrance visible que toute cette histoire avait encore sur lui.
« Tu m'as manqué. »
Elle cligna des yeux et se força à penser à respirer suite à cette remarque incongrue. Elle resta bouche close, ne sachant quoi répondre à cette douce reconnaissance.
« Je sais que je n'ai pas le droit mais c'est la vérité et je voulais que tu la connaisses, continua Ben.
-Moi aussi, le coupa-t-elle. Elle déglutit puis reprit. Je m'étais obligée à ne pas m'y autoriser mais c'était plus fort que moi, je ne pouvais m'empêcher de penser à toi. »
Elle savait parfaitement que ni l'un, ni l'autre n'évoquait les problèmes liés à sa détention. Ils avaient dépassé ce stade maintenant et elle sentait que, pour la première fois, ils se parlaient enfin en tant que Rey et Ben.
Il se retourna et fit quelques pas vers le sas. Elle resta sur place à fixer son dos alors qu'elle savait qu'il faisait semblant de se concentrer sur l'ouverture.
« Regarde-moi, l'appela-t-elle tout à coup. »
Il pivota et s'exécuta avant de s'avancer dans sa direction et de s'arrêter à quelques centimètres d'elle. Elle déglutit puis leva son visage vers le sien.
« T'es sûre ? marmonna-t-il près de ses lèvres. Tu sais qu'on ne devrait pas. »
Le regard dans le sien, elle acquiesça d'un léger mouvement de tête. Elle ferma les yeux et entrouvrit la bouche. Ses doigts virent caresser tendrement son visage, s'entortiller autour de la mèche échappée de son chignon puis il se pencha et l'embrassa.
Après leurs confessions, cette tendresse était réconfortante et apaisante pour chacun d'eux. Elle ne s'inquiéta pas des conséquences car elle savait qu'il n'y en aurait pas. Ils étaient pleinement consentants à, pour reprendre l'expression de Ben, s'offrir cette parenthèse. Cette fois, elle savait que cela serait le cas et peu lui importait que cela n'aille pas plus loin. Il n'était pas question de relation ou de s'enfuir mais seulement de vivre et profiter.
Elle avait envie d'affection, de chaleur humaine autant que lui. De donner de l'amour et d'en recevoir pour combler une solitude trop grande. Sa langue caressa la sienne dans une danse humide, lente et délicieuse. Elle se colla à lui, serrant ses mains autour de ses bras pour l'approcher à son tour.
Les siennes descendrient contre ses hanches pour finir dans le creux de ses reins. Elle se détacha et recula légèrement pour pouvoir l'observer. Lui, la regardait toujours de cette façon à la fois troublante et terriblement attirante.
« Je t'aime toujours. »
Il l'avait comme murmuré et pourtant cette ultime confession avait été la plus douce à ses oreilles. C'était la première fois qu'il lui disait aussi clairement et elle ne s'en sentit pas troublée. La bulle qu'ils avaient réussi à construire autour d'eux était solide et éloignait toutes les mauvaises pensées qu'elle aurait pu éprouver. Rien ne viendrait gâcher ce moment. Elle se sentait simplement heureuse de se l'entendre dire, qu'il lui fasse suffisamment confiance pour l'exprimer.
Elle lui sourit et effleura ses lèvres des siennes avant d'y poser un doigt et d'en dessiner les contours.
« Je voudrais te l'entendre me le dire indéfiniment. »
S'il y avait bien une chose dont elle était sûre c'est qu'elle ne s'en rassasierait pas. Ses doigts glissèrent vers sa joue et jusqu'à sous son menton. Pouvoir le toucher avec cette simplicité suffisait à la revigorer et elle ne s'était pas sentie aussi bien depuis une éternité. Dans ses yeux, elle lui exprima à quel point il pouvait compter pour elle.
Il fondit à nouveau sur sa bouche, la saisissant par le cou pour la coller à lui dans un échange langoureux et passionné. Elle se concentra sur tout. Sur cette main qui caressait son avant-bras et qui se faisait hérisser chaque poil sur son passage. Sur ses doigts qui s'aventurèrent sous le tissu de sa tunique pour remonter jusqu'à son ventre. Sur sa bouche qui se pressait contre la sienne avec volupté.
Dans un élan commun, ils s'allongèrent sur le sol et Rey ne se soucia plus une seconde de l'humidité ambiante, ni même du lieu où ils se trouvaient et encore moins de la mission qu'ils étaient censés effectuer. Elle avait seulement besoin qu'il la touche, qu'il la caresse et la découvre. Elle passa une main dans ses boucles noires et son corps vint se presser contre le sien.
Il délaissa sa bouche pour s'occuper de sa clavicule puis se mit à de descendre de plus en plus bas. Il prenait son temps, léchant la peau par endroit et de la suçoter doucement. C'était terriblement érotique et elle souffla d'aise. Clairement, les dernières minutes avaient suffi à réveiller sa libido endormie. Un feu ardent prenait possession de son corps et un brasier s'allumait entre ses cuisses.
Lorsqu'il se mit à la déshabiller, elle l'aida, poussant elle-même sur les bouts de tissus pour les unir au plus vite. Elle le dévêtit à son tour dans des mouvements tremblotants et il la pressa contre lui. Ses gestes étaient précipités, presque hésitants comme si elle découvrirait la sexualité pour la première fois tellement son émotion était palpable. Ses petits seins vinrent se coller à son torse nu et elle se sentit rassurée, en sécurité d'être cajolée et aimée.
En cet instant, elle avait cruellement envie de lui dire, de lui avouer à quel point elle pouvait l'aimer en retour mais elle se contenta de caresser son visage et de l'inviter à poursuivre.
Il prit son temps alors qu'il aurait pu se précipiter. Il s'attarda à la toucher, à glisser ses doigts sur sa peau nue et à humer son parfum. Assise face à lui, elle leva la main en direction de ses cheveux avant, d'un geste habile, de retirer le ruban qui les retenait. Elle secoua la tête légèrement pour les éparpiller tout autour de son visage. Elle savait à quel point il adorait ça.
Elle se pencha et déposa un doux baiser sur son épaule.
« Tu aimes les sentir contre toi quand je suis dans tes bras, lui dit-elle pour lui rappeler le doux aveu qu'il lui avait confessé la dernière fois qu'ils s'étaient retrouvés à partager leur intimité.
-C'est vrai, tu es ravissante avec cette masse brune autour de ton visage. »
Elle l'entraîna dans un nouveau baiser puis poussa contre son torse pour inverser leur place et le forcer à s'allonger. Elle le chevaucha mais se refusa encore à s'empaler sur lui. Avec une assurance nouvelle, elle prit ses mains dans les siennes et les guida sur son corps frêle pour en tracer les contours. Avec délicatesse, il l'explora toujours sous son commandement.
Elle lui fit admirer la cambrure de ses hanches, le faisant dessiner des cercles sur son ventre. Puis, il passa entre ses seins. Elle écarta ses doigts pour qu'il les soupèse et vienne rouler contre leurs pointes tendues. Elle voulait prendre le temps, qu'il se souvienne des moindres détails, du moindre grain de beauté pour qu'il n'oublie jamais. Si cela devait être la dernière alors elle ne précipiterait rien. Elle ne se jetterait pas sur lui comme sous cette hutte. La passion était identique, l'envie aussi forte de le faire sien mais elle s'obligea à être patiente. Ça n'en était que meilleur.
De lui-même, il les remonta jusqu'à sa nuque et finit dans ses cheveux. Il tira pour les sentir entre ses doigts. Elle posa ses mains sur son torse et se redressa. Elle les unit et se mit à se mouvoir. Il suivit immédiatement son rythme et voir leurs corps onduler ensemble lui donna envie de sourire.
Elle gémit, galvanisée par les sensations, par ce bien-être d'être ensemble et par le plaisir qu'elle en retirait. Leurs corps emboîtés, elle se laissa porter fermant les yeux pour savourer les souffles de son partenaire.
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Elle leva le regard vers lui. Allongés compléments nus sur le sol, sa tête reposait dans le creux de son épaule. Elle se permit une nouvelle caresse sur son torse, appréciant cette proximité et une douceur après le sexe qu'ils n'avaient encore eu la chance d'explorer auparavant. Elle colla son nez sur sa peau et le passa affectueusement dessus. Pas d'abandon sur une île sacrée, ni de fête de village à rejoindre. Le temps était enfin avec eux et ils le prenaient.
Elle se sentait bien, incroyablement apaisée d'être dans ses bras. Celui qui reposait tendrement contre son flanc et la tenait contre lui semblait être un geste habituel. Ils avaient déjà fait l'amour cependant jamais de cette façon. Pour elle, c'était comme une nouvelle découverte et elle resongea à ces mots qu'il avait prononcé.
Il l'aimait, elle n'en avait jamais douté et pourtant un poids paraissait avoir disparu au fond de son cœur remplacé par un doux sentiment de réjouissance et de bonheur. Elle était heureuse, peut-être comme elle ne l'avait encore jamais été. Et apaisée, comme si tout était enfin à sa place. Ils finiraient par repartir mais elle savait que le charme de cet instant ne serait pas rompu. Il lui appartiendrait pour toujours et rien ne pourrait venir le ternir.
Il mit sa main dans la sienne et se mit à jouer avec. Elle ignorait totalement ce qui pouvait se passer dans sa tête en ce moment-même mais elle ne l'avait aucun vu aussi serein. Son visage n'exprimait aucune contrariété. Il n'était plus dans ce contrôle constant qu'il s'imposait. Elle tourna sa main dans un mouvement provocateur.
« Je ne me suis jamais sentie aussi bien, murmura-t-elle contre sa poitrine. Et pourtant, je l'ai cru à plusieurs reprises. Sur Exegol, sur Ahch-To ensuite et même au village mais ici et maintenant, c'est différent. C'est plus intense, plus fort et étrangement tout est si calme. »
Elle posa son menton sur lui pour pouvoir le regarder. Il replaça une mèche de cheveux derrière son oreille.
« Elle m'empêchait de te voir convenablement. »
Elle se contenta de lui sourire.
« J'entends ton cœur, marmonna Rey. J'aime le son qu'il produit. C'est apaisant. »
Elle posa son oreille contre son torse et se recala confortablement dans un désir de tout oublier.
« J'ai une question, demanda-t-elle en continuant à le caresser négligemment du bout des ongles. Je connais désormais la vérité sur mes parents mais ce que tu m'as dit la première fois, c'était tout de même vrai. Elle remit son menton sur son buste pour l'apercevoir. Ils sont toujours sur Jakku ? Plus d'une fois, je me suis demandée si je ne devrais pas m'y rendre pour m'y recueillir. Pour les remercier d'avoir voulu me protéger et m'excuser d'avoir douté tout ce temps de leur amour.
-Je ne t'ai pas menti. Je t'ai simplement dit ce que je savais à l'époque et que j'ai complété plus tard. En revanche, après autant d'années, je ne sais pas si tu pourras retrouver leur sépulture. Surtout, elle le vit hésiter, s'ils étaient dans une fausse commune. Il y a d'autres manières de les honorer que de te rendre là-bas. Tu pourrais faire les choses à ta façon.
-Oui, elle sourit, tu as probablement raison. C'est ce que tu as fait ? »
Il baissa les yeux vers elle et elle prenait conscience qu'évoquer leurs parents décédés après l'amour n'était peut-être pas la plus romantique des options. Puis, elle se rappela qu'avant de l'embrasser, c'était des morts dont il discutait. Pour autant, elle ne se sentait pas gênée. Au contraire c'était plutôt plaisant d'échanger avec quelqu'un d'autre des pensées qu'elle était habituée à ne garder que pour elle.
Devant le silence qui répondit à son interrogation, elle se redressa s'appuyant sur un coude pour le dévisager.
« Ma question te déplaît ? Si tu la juges trop intrusive je m'en excuse, ce n'était pas le but recherché. »
Elle le vit déglutir et réfléchir tout en regrettant de l'avoir emmené sur ce terrain. Si elle, cela l'avait apaisé de se confier, lui ne semblait pas être prêt à entamer la même démarche.
« Je pense à elle régulièrement, pour autant je n'ai rien fait de spécifique. Je me rappelle simplement de souvenirs. Je n'ai jamais pu l'oublier et j'aurais vraiment aimé avoir la chance de lui parler. Même si, dans le fond, je crois que c'est mieux comme ça. »
Rey haussa un sourcil, se décalant pour se mettre sur le ventre dans une position plus confortable. Elle sentit rapidement la main de Ben venir flatter sa chute de reins.
« Qu'est-ce que tu veux dire par là ?
-Qu'il est peut-être mieux que nous ne nous soyons pas revus.
-Pourquoi ?
-Je crois simplement que ça n'aurait rien arrangé. La rupture était profonde, les choix et les actes effectués violents et je préfère encore la façon dont cela s'est terminé, en paix plutôt qu'une rencontre difficile qui aurait pu tout gâcher. Quand elle m'a contacté, je n'ai ressenti que de l'apaisement, qu'une unique volonté de me garder près d'elle une dernière fois. C'était plus fort que tout ce qu'elle aurait pu me dire et nous nous sommes compris.
-Et si l'opportunité s'offre à toi de lui parler via son fantôme de force ?
-Cela risquerait de tout gâcher. Je le répète, bien qu'inattendue et perturbante fut cette transmission pour moi, ce que je retiens c'est que nous nous sommes quittés sur une note sereine. Parler et s'expliquer n'aurait pas permis de reconstruire une relation qui depuis toujours fut chaotique.
-Je crois que tu es le mieux placé pour le savoir. L'important c'est que tu te sentes bien avec tout ça. »
Elle se remit sur le dos et admira distraitement le plafond ou du moins ce qu'il en restait.
« Tu portes un contraceptif ? »
Cette question l'étonna fortement et elle trouva étrange qu'il s'y intéresse subitement. Après tout, ici ou sous la hutte il n'avait pas cherché à effacer ses traces comme la première fois. Pourquoi s'en préoccupait-il désormais ? Elle choisit de se montrer évasive.
« Oui, depuis un moment déjà. »
Visiblement, elle ne s'était pas encore montrée assez succincte car même sans l'observer, elle sentit un changement chez lui après sa réponse. De son côté, elle pensait plutôt que son initiative était la bienvenue en leur permettant de faire l'amour librement mais il ne partageait pas son avis. Elle allait se retourner, préférant le voir, pour creuser la question quand elle réalisa tout à coup une chose.
Elle se figea et une idée fit un cheminement dans son esprit. Elle venait d'avoir sa réponse quant à son avis sur ce qu'il avait aperçu avant leur départ. Pouvait-il croire une chose pareille ? Se trompait-elle ? Elle hésitait et pourtant, elle était persuadée d'avoir raison. Devait-elle lui avouer la vérité ou du moins la lui faire comprendre subtilement ou le laisser dans l'ignorance ?
Sa prise contre sa hanche lui apparut comme plus possessive désormais tous comme les caresses distraites mais appuyées qu'il avait toujours sur son corps. Elle n'osa pas le regarder alors qu'elle savait quelles pensées tournaient en boucle dans sa tête en cet instant.
Etait-il vraiment en train de croire qu'elle portait un contraceptif en raison de sa relation, si l'on puit dire, avec Colin ? Pensait-il sérieusement qu'elle avait pu avoir un tel lien avec ce dernier ? Elle n'aurait pas cru que ce simple petit baiser aurait eu de telles conséquences. D'autant plus que c'était totalement faux. Elle regretta qu'il ne lui ait pas simplement posé la question lorsqu'elle était venue le retrouver dans le vaisseau. Pourtant, une part d'elle l'invita à garder sa bouche close, à ne pas lui ouvrir les yeux.
Ben n'avait qu'un niveau de connaissance très faible de son rapprochement avec Colin. Il n'avait vu que le baiser, il avait dû imaginer une potentielle intimité entre eux.
Intimité qu'elle aurait brisée avec lui. Après tout, s'il réfléchissait bien elle n'avait pas hésité une seconde à coucher avec lui. Si elle avait vraiment été avec quelqu'un, elle n'aurait sûrement pas agi de cette façon. Elle réalisa qu'elle se mentait à elle-même. Colin et elle n'étaient peut-être pas un couple, ni amants mais ils étaient tout de même liés et pour le jeune homme, s'il venait à apprendre ce qu'elle venait de faire, il serait forcément déçu.
Elle se sentit honteuse. Honteuse de n'en éprouver aucun remord bien qu'elle se sentait tout de même mal à l'aise d'avoir agi de la sorte. Il l'aimait bien et elle se devrait de clarifier les choses pour ne pas le laisser espérer. Elle voulait bien être son amie mais l'autre option n'était clairement pas à l'ordre du jour pour elle. Elle hasarda un regard vers Ben, lui non plus ne s'était pas gêné pour la faire sienne alors qu'il la considérait potentiellement comme étant avec quelqu'un d'autre. Il lui avait même enfin clairement avoué ses sentiments. Cette nouvelle perspective la fit réfléchir.
Etait-il jaloux ? Avait-il cherché à la retenir ? A lui rappeler qu'il était toujours là malgré tout ? Qu'elle devait continuer à regarder dans sa direction ? Avait-il osé lui avouer ce qu'il ressentait pour, en quelque sorte, ne pas la perdre au profit d'un autre ? Après tout, avant cet incident, il avait continué à lui répéter qu'ils devaient rester séparés et finalement ils avaient facilement cédé à l'appel de leur passion. Elle n'osa l'imaginer. Ben s'était montré trop sincère pour agir de la sorte et cette horrible pensée ne devait pas venir gâcher ce moment qu'ils vivaient. Elle était la femme qu'il aime et non pas celle avec qui il couchait dans le but de rappeler à qui elle appartenait. Elle s'en voulut même d'y avoir songé.
Pourquoi se mettait-il à penser à tout ça ? Au monde extérieur et aux autres ? Jusqu'à maintenant, rien ni personne n'avait réussi à entrer dans leur parenthèse et elle n'aimait pas cette impression qu'il commençait à lui échapper.
Dans un mouvement souple, elle s'assit sur lui à califourchon et tendit les bras de chaque côté de sa tête, le dominant complètement. Elle glissa pour que ses seins touchent son torse et que sa bouche se retrouve très proche de la sienne.
« Ici, c'est juste nous. Oublie le reste. Ils n'ont aucune importance. »
Elle plongea son regard dans le sien et lui demanda par cet échange de revenir vers elle et de laisser leurs problèmes en dehors de ce moment. Il se redressa, la saisissant par la taille sous un hoquet de surprise avant de s'asseoir tout en la gardant contre lui.
Elle passa ses bras autour de son cou. Il se pencha, bascula ses lèvres vers ce dernier et se mit à y déposer de petits baisers. Elle frissonna d'amusement.
« J'ai cherché dans mes souvenirs, son nez plongea vers sa clavicule gauche et elle aima y sentir son souffle chaud, de ce dont tu m'avais parlé. De ton impression de m'avoir vu le jour où j'ai basculé. Je voulais m'en rappeler, je n'admets pas que j'ai pu oublier ma première vision de toi.
-Et donc ? Qu'as-tu trouvé ?
-Rien, avoua-t-il. Un triste néant.
-Ca ne compte pas, ce n'est pas important, minimisa-t-elle face à son air contrarié. Je préfère t'avoir dans mes bras maintenant et que ce soit bien réel plutôt que tu aies un vague souvenir de moi.
-Oui, cessons de penser au passé.
-Tu préfères parler du futur ? rebondit-elle aussitôt se saisissant de cette opportunité pour ouvrir cette discussion.
-Je préfère vivre l'instant présent. Il l'embrassa.
-Tu as raison, murmura Rey après quelques secondes d'hésitation. Elle se résigna vite à céder à son appel de profiter au lieu de s'engager dans cette voie qui risquerait de tout gâcher. »
Elle profita de cette douceur, d'être simplement blottie contre lui en soufflant de contentement.
« C'est si calme, répéta-t-elle. Si simple et naturel. J'ai l'impression d'avoir attendu ça si longtemps. Elle inspira. Il y a tout de même une chose que l'on n'a pas expérimenté toi et moi et à laquelle il m'est arrivé de songer en m'imaginant la sensation de confort et de sécurité. Et le bonheur du réveil.
-Tu aurais aimé dormir à mes côtés ? demanda Ben doucement.
-Oui, au moins une fois. Juste pour savoir ce que ça fait de sentir ta chaleur accolée à la mienne dans le cocon d'un lit. C'est, elle hésita, une autre forme de proximité. Partager sa nuit, ses rêves, ce moment unique où l'on se déconnecte de tout avec quelqu'un d'autre est un souhait que j'aimerais pouvoir exaucer. On ne doit jamais se sentir seul. »
Elle baissa les yeux et pensa soudainement à une réflexion qu'elle s'était faite il y a un moment maintenant.
« Quand je suis morte sur Exegol, tu m'as fait comprendre ce que cette perte avait provoqué chez toi et je ne suis pas prête de l'oublier mais j'aimerais savoir si tu as pu percevoir mon décès dans notre dyade. Tu as ressenti un trouble particulier ? Ça a eu un effet ? Ça ne me tracasse pas mais je dois avouer que cela m'interroge. Notre lien dans la Force est si particulier que…
-Evidemment que oui, la coupa Ben. Selon moi c'était si évident que je n'ai pas pensé à évoquer le sujet. J'étais déjà assez troublé de comprendre avec quelle clarté tu avais su lire celui qui émanait de l'être humain. Il patienta avant de poursuivre. Je ne te sentais plus. Ce n'est pas comparable en termes d'émotion mais ça ressemble pourtant étrangement à la première fois que je t'ai revue en tant que prisonnier. Il n'y avait plus rien. Après ce que l'on venait de vivre, après t'avoir perçu de cette façon si, il chercha ses mots, si fusionnelle et si complémentaire, je me suis senti affreusement vide. On avait enfin atteint notre but et tout m'était enlevé si brutalement. C'était cruel. »
Rey frissonna entre ses bras face à cette confession. Elle sentait sa difficulté à l'exprimer et les émotions négatives que cela faisait remonter en lui.
« Physiquement j'étais blessé, c'est moralement que j'ai souffert quand j'ai fini par me résigner à reconnaître ce que cela signifiait…
-Tu ne t'es pas résigné, marmonna Rey en pensant à son sauvetage.
-Je ne pouvais pas. C'était trop injuste d'être séparés maintenant.
-Pourtant on l'aurait été si je n'avais pas agi à temps.
-Tu comptais plus que moi, je te l'ai toujours dit.
-Je sais. Elle déglutit. Il y autre chose que j'aimerais savoir. Le fait d'avoir à nouveau une personne dans ta tête n'est pas trop perturbant ? Avec ce que tu m'as avoué, je me suis posée la question tout à l'heure. Ca me donne l'impression de violer ton intimité. Une intimité que tu as retrouvée il n'y a pas si longtemps.
-Ca n'a rien à voir, c'est même incomparable. Et puis, ce lien est rompu désormais. Au final, on n'a pas vraiment eu le temps d'en profiter pleinement. Ni de réellement comprendre comment tout cela fonctionne et tout ce que cela entraîne. Ta présence, contrairement à toutes les autres, était désirée. Je le voulais cette fois et je m'y sentais bien.
-Tu ne veux pas être seul ?
-C'est encore relativement nouveau et apaisant de pouvoir penser par soi-même mais notre dyade ne ressemble en rien à une intrusion. C'est…
-Comme être enfin dans son véritable foyer, poursuivit Rey car elle comprenait ce qu'il essayait de lui dire. Un foyer dans lequel on se sent si bien, que l'on ne voudrait plus le quitter. On peut être avec soi-même ou bien à deux. »
Il passa une main sur son front pour y chasser une mèche de cheveux tout en la fixant avec une rare intensité.
« Es-tu heureuse ? lui demanda-t-il subitement. Tu n'en as pas l'air et je ne parle pas de nous mais de ta vie au sein de la Grande Coalition. Me suis-je trompé ? »
Elle pinça des lèvres, ne sachant pas encore réellement ce qu'elle devait répondre.
« Qu'est-ce qui te fait dire ça ? préféra-t-elle rebondir pour le moment.
-Une intuition. Ta façon d'être et d'agir. Tu as l'air détachée. Je ne doute pas que tu sois épanouie à l'idée d'avoir pu permettre à ce système d'exister et pourtant tu ne sembles pas y trouver ta place, ni une grande satisfaction personnelle. Qu'y fais-tu exactement ? On ne me dit rien et on ne m'a pas vraiment expliqué comment tout cela fonctionne, ton rôle là-dedans et tout ce que j'ai loupé depuis mon incarcération. Je sais juste que vous traquez les restes du Premier Ordre comme la Nouvelle République autrefois avec l'Empire. »
Elle eut un petit sourire face à l'ironie de la dernière partie de son intervention. Néanmoins, elle ne pouvait nier être perturbée parce qu'il venait de lui dire. Ils s'étaient à peine vus depuis son arrivée, il n'avait eu que peu de temps pour l'observer et pourtant elle ne pouvait que constater qu'il avait très bien su analyser.
« Je crois que je ne voulais pas me l'avouer mais te l'entendre me le dire me faire réaliser que tu as sans doute raison. Je ne trouve pas ma place dans ce système. Je suis heureuse qu'il existe cependant je ne pensais pas le servir de cette façon. Je ne me sens pas utile mais pas prête non plus à devenir un professeur pour jeunes Jedi. J'ai envie de vivre autre chose d'abord, sans savoir exactement quoi. Assister à ces réunions et ces débats, je perds mon temps, ce n'est pas fait pour moi.
-Et avec Finn ?
-Je ne sais pas si l'on peut vraiment parler de formation. Entendons-nous bien, c'est un élève appliqué et patient, je n'aurais pas pu rêver mieux cependant il n'ambitionne pas d'être Jedi à part entière. Je veux dire, il commande nos armées, il fait de la politique. Il a juste voulu explorer cette chose en lui pour apprendre à la contrôler mais il n'y consacrera pas son existence. Il fait autre chose.
-Tu trouves qu'il a raison.
-Oui. Je voudrais être plus que la Dernière Jedi et faire davantage que de rester assise à écouter. Mes capacités ne servent à rien, ni à personne de cette façon.
-Que ferais-tu si tu en avais la possibilité ? »
Elle se retrouva à sourire, c'était plaisant d'enfin discuter de ses rêves à elle et non pas de ceux de toute la Grande Coalition.
« Je viens d'une planète difficile. Là-bas j'y ai vécu des choses, vu des choses et je n'étais pas la seule dans cette situation. J'ai juste eu la chance de m'en sortir mais je sais qu'à travers toute la Galaxie, des personnes souffrent, sont victimes de violence, meurs de faim et mériteraient que quelqu'un se batte pour eux. C'est une cause qui me semble juste et qui n'est certainement pas la priorité de notre Coalition. Elle ne l'a jamais été d'ailleurs. Les Républiques précédentes n'ont rien fait contre l'esclavage. Je veux être au contact des gens, les aider et leur parler. Ca, ça aurait vraiment du sens.
-Qu'attends-tu pour le faire ? rebondit Ben avec une certaine nonchalance qui la laissa dubitative. »
Cela semblait si évident pour lui. Normal, se dit-elle. Elle était libre contrairement à lui et il considérait donc qu'elle l'était aussi pour ses choix.
« Il n'y a rien qui te retienne ici, je veux dire au sein de cette structure. Tu n'y es pas enchaînée. Tu es libre de partir et de faire ce que tu souhaites. La cause que tu veux défendre est noble et juste.
-Je ne voudrais pas qu'ils croient que je déserte, que j'abandonne.
-Tu en as déjà largement assez fait. Laisse donc les politiques faire leur travail et toi faire celui que tu souhaites. Je n'en reviens pas de dire cela mais mon oncle a fait ce choix il y a longtemps. Il n'est pas resté pour construire la Nouvelle République, il a tracé sa propre voie. Tu devrais en faire de même. Si tu as besoin d'en être convaincue, je suis sûr que tu pourras en discuter avec lui.
-Inutile, elle resserra sa prise autour de lui, j'ai déjà qui il me faut pour en parler. C'est agréable de pouvoir enfin se confier sans crainte de décevoir ou d'être jugée et d'être entendue. »
Il se remit à caresser la peau nue de ses bras et elle savoura cette sensation de plénitude, ne pouvant s'empêcher de songer à cette nouvelle vie mais surtout de constater, avec regret, qu'il lui manquerait toujours quelque chose. Lui.
Elle chassa vite cette sombre pensée pour se reconcentrer sur le moment présent, néanmoins consciente qu'il ne durerait pas indéfiniment.
« Et toi ? osa-t-elle demander. Qu'aurais-tu aimé faire de ta vie après tout ça ? »
Elle le dévisagea et regretta aussitôt sa question prenant conscience qu'il était tout bonnement ridicule et malsain de la lui poser vu qu'il s'agissait d'une vie à laquelle il ne pourrait jamais espérer.
« Pardon, je croyais bien faire…
-Je n'en sais rien, avoua-t-il. Honnêtement, je n'y ai jamais songé. Non pas car c'est impossible à réaliser mais simplement car j'ignore ce que j'aurais pu faire. Je suis sûr d'une chose, j'aurais tout fait pour me reconstruire et me racheter, je ne sais simplement pas comment.
-Je comprends. »
A son tour, elle joua à le caresser faisant tendrement remonter sa paume contre sa peau. Elle osa même aller plus loin en posant ses lèvres contre son épaule. Cette douceur n'était pas celle de deux amants interdits, encore moins de deux êtres qui ne s'aimaient pas. Au contraire, Rey savait qu'ils agissaient précisément comme un couple. Elle laissa retomber sa tête contre lui, blottie dans son cou et en profita pour resserrer leur étreinte.
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Un avis ?
Pour info, je suis en vacances semaine pro (sans ordi, sans internet) donc pas de chapitre semaine pro :( retour dans deux semaines !
