Ce texte est une mini-fic écrite lors de la participation à l'ASPIC (Ateliers Scripturaux Promouvant l'Imagination et la Créativité) organisé par le serveur Discord Potterfictions.

Mes personnages imposés sont : Dramione, Blaise Zabini et la Grosse Dame

Prompt 1 : Memory Loss (perte de mémoire)

Prompt 2 : Smut with plot

Mes mots imposés : Dessert / Obligatoire / Montagne / Timbre / Mouiller / Silencieux

Bonne lecture !


Hermione avait l'impression d'être dans du coton. Du coton d'une extrême douceur et qui la coupait complètement du monde qui l'entourait. Tout était silencieux. C'était agréable. Elle ne pensait à rien d'autre qu'à ce coton. C'était apaisant.

Cela ne dura pas longtemps. Ce fut comme si un seau d'eau glacé lui avait été jeté sur le visage et que le coton s'était durci autour d'elle. Elle fut sortie brusquement de sa tranquillité.

Elle ouvrit les yeux et une lumière aveuglante les lui fit refermer. Aussitôt, une alarme retentit et des bruits de pas résonnèrent à sa droite.

Elle entendit des voix mais celles-ci étaient incompréhensibles, floues. Une main se posa sur sa joue et on lui ouvrit les paupières, probablement pour vérifier ses pupilles.

— Professeure Granger ? Professeure Granger, est-ce que vous m'entendez ?

Hermione papillonna des yeux et croisa le regard bleu de l'infirmière de Poudlard, Poppy Pomfresh. Elle fronça les sourcils. Comment l'avait-elle appelée ?

— Professeure Granger, est-ce que vous avez mal quelque part ? demanda-t-elle calmement.

Elle secoua la tête, confuse.

— Où suis-je ? Que s'est-il passé ? demanda-t-elle d'une voix enrouée.

— Nous sommes à l'infirmerie de Poudlard, vous avez eu un accident de potion il y a deux jours, expliqua-t-elle en lançant un sort de diagnostic. Avez-vous mal quelque part ?

— Au crâne, acquiesça-t-elle.

Pomfresh hocha la tête et se retourna pour attraper un flacon de potion dans une armoire.

— Comment m'avez-vous appelée ? demanda Hermione, perturbée.

L'infirmière se tourna vers elle, les sourcils froncés.

— Professeure Granger ?

Hermione comprit alors que quelque chose n'allait pas. Elle n'était pas encore professeure. À vrai dire, personne n'était encore informé de sa future mutation.

Pomfresh sembla comprendre que quelque chose clochait puisqu'elle reposa le flacon de potion.

— En quelle année sommes-nous, Pro– Miss Granger ? lui demanda-t-elle.

— En 2004, répondit Hermione avec aplomb.

Pomfresh écarquilla les yeux.

.

— Laissez-moi voir ma femme ! s'exclama Drago Malefoy en déboulant brusquement dans le bureau de la directrice de Poudlard, Minerva McGonagall.

Celle-ci ne prit pas la peine de lever la tête, habituée aux excès de colère de son collègue. Elle plongea le bout de sa plume dans l'encre et continua d'écrire.

— Bonsoir, Monsieur Malefoy. Prenez place, je vous prie. Une tasse de thé ?

Drago bouillonnait et se contenta d'avancer jusqu'au bureau de son ancienne professeure, face auquel il se tint, les poings serrés.

— Sauf votre respect, Minerva, j'ai tout sauf envie d'une tasse de thé en cet instant. Je veux voir ma femme et l'on me l'interdit !

— Vous a-t-on expliqué la raison de cette interdiction ? demanda-t-elle en se reculant dans son grand siège pour le jauger du regard.

— Non, gronda-t-il.

— Asseyez-vous, Monsieur Malefoy, insista la directrice avec un regard appuyé.

Il affronta celui-ci pendant quelques secondes avant de finalement céder et s'asseoir. Il croisa aussitôt les bras sur son torse et commença à taper du pied.

Il était dans un état de stress incroyable depuis deux jours. Il n'avait pas dormi depuis l'accident de potions de sa femme. En plus de s'en vouloir atrocement, puisqu'il avait lui-même préparé ce qui avait causé le drame.

Ses amis avaient fait plusieurs allers-retours au château pour prendre des nouvelles d'Hermione et le soutenir, mais rien n'y avait fait. Sans nouvelles de sa femme, rien n'aurait pu le rassurer.

Et désormais, alors même qu'elle était réveillée, on lui interdisait de la voir, sans lui donner aucune explication ? Il ne pouvait accepter cela. Il avait aussitôt accouru dans le bureau de la directrice, après s'être fait retenir par son ami Blaise et Thomas, lorsqu'il avait tenté de forcer l'entrée dans l'infirmerie.

Il était furieux.

— Poppy m'a transmis les nouvelles par patronus quelques minutes avant votre arrivée, expliqua-t-elle d'une voix calme.

— Vous voulez dire que, moi, son mari, la seule personne sur cette foutue planète à avoir un droit de décision sur la santé de ma femme , n'ai pas été le premier informé sur sa putain de condition ? gronda-t-il d'un ton dangereusement menaçant.

Le visage de la directrice changea drastiquement et devint d'une froideur à faire peur.

— Je vous prierai de surveiller votre ton et votre langage, Monsieur Malefoy, je pourrais tout aussi bien vous renvoyer dans votre appartement et attendre que vous vous calmiez pour vous donner une quelconque information !

Il la fusilla du regard mais ne répliqua pas. Il était bien conscient que cela le desservirait. Il détourna les yeux, la mâchoire serrée.

— Bien, reprit McGonagall d'un ton moins froid. Tout d'abord, sachez que votre femme est en bonne santé. Les effets de la potion n'ont nullement atteint son système immunitaire, ni quoi que ce soit qui puisse être inquiétant.

Le soupir que Drago laissa échapper libéra une grande partie de l'anxiété qu'il subissait depuis deux jours. Il posa ses coudes sur ses genoux et se prit le visage entre les mains.

Il avait cru mourir de chagrin en portant sa femme jusqu'à l'infirmerie après avoir assisté en direct à sa chute, suite à l'explosion de sa potion.

— Cependant…

Il releva vivement la tête.

— La raison pour laquelle vous n'avez pas eu accès à son lit est simple. Votre femme a subi une altération de sa mémoire, elle se croit en 2004, annonça-t-elle gravement.

Le cœur de Drago manqua un battement. Ses mains commencèrent à trembler en réalisant la signification des paroles de la directrice.

Mémoire. 2004.

— D'après les estimations de Poppy, ces effets indésirables sont dus au mélange des gaz présents dans la pièce après l'explosion. Mais c'est temporaire. Elle peut dès à présent lui donner de quoi inverser les effets.

— Eh bien qu'elle le fasse ! s'exclama-t-il en fronçant les sourcils.

— Ce n'est pas si simple. Une telle potion ne peut pas être donnée sans le consentement du patient. Autrement dit, si votre femme n'accepte pas elle-même de retrouver ses souvenirs, Poppy ne pourra pas lui faire ingérer la potion.

Drago crut défaillir.

Il n'arrivait pas à y croire. Il avait des vertiges. Il se sentait nauséeux. Comment une telle chose avait-elle pu arriver ? Il avait commis l'une des plus grosses erreurs de sa carrière. Il avait mis sa femme en danger. Il ne pourrait jamais se le pardonner.

Et en plus de cela, elle le détestait.

Car bien que les années aient passé, elle se pensait en 2004. Or, ils étaient en 2011 et sept ans plus tôt, Hermione Granger avait bu jusqu'à s'en rendre malade en apprenant que Drago Malefoy serait son nouveau collègue. Elle n'accepterait jamais de retrouver des souvenirs qui la liaient à lui d'une quelconque façon.

À cette époque, bien que leurs amis se soient tous rapprochés grâce à la liaison amoureuse de Blaise Zabini et Ginny Weasley. Et bien que ce couple n'ait pas fait long feu, cela avait permis de souder des liens amicaux forts entre eux tous.

Cependant, bien qu'Hermione se soit entendue avec les autres, ce n'avait pas été le cas avec lui. Drago se souvenait parfaitement de la froideur cordiale qu'il y avait entre eux.

Non pas parce qu'ils ne s'appréciaient pas, du moins pour ce qui était de Drago, mais surtout parce que celui-ci leur imposait une certaine distance. Il ne voulait pas risquer de gâcher le cesser le feu qu'il y avait entre eux. La raison était simple : à cette époque, Drago avait déjà développé des sentiments pour la jeune femme. Néanmoins, persuadé de ne pas la mériter, il avait préféré s'éloigner, rester dans son coin et faire semblant de ne pas l'apprécier.

Il n'y avait donc aucune raison pour qu'elle accepte soudainement l'idée qu'ils puissent être mariés. À cette époque, il feignait encore de la détester…

Il n'arrivait pas à y croire. Ce devait être un cauchemar. Il allait se réveiller d'une minute à l'autre. On lui faisait une farce. Sa femme allait bien, elle avait toute sa tête et ce soir, ils se coucheraient ensemble dans leur appartement partagé.

La directrice lui parlait, mais il n'entendait plus rien. Sa tête tournait. Ses oreilles s'étaient bouchées et il voyait flou. Il appuya son index et son pouce sur ses yeux, mais rien n'y faisait. Il était complètement perdu.

— Cela n'a pas atteint la grossesse, Poppy me l'a certifié.

Cette fois-ci, rien ne retint sa perte de connaissance.

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— Drago Lucius Malefoy ! Ouvre cette putain de porte ! cria Blaise en frappant inlassablement sur le battant de l'appartement de son meilleur ami.

— Va te faire voir, Zabini, marmonna-t-il en réponse.

Blaise comprit à sa voix que son ami n'était pas dans son état normal. Il avait l'air complètement bourré.

Il dégaina sa baguette et enfonça la porte avec un sort. Il n'avait plus accès aux appartements de Drago depuis quelques années. Depuis qu'il était en couple, à vrai dire.

Il le trouva avachi dans un fauteuil, une bouteille de whisky Pur-Feu à la main, torse nu, les yeux fermés et cernés. Pitoyable, en somme.

— Tu vois, tu n'as pas besoin de moi pour entrer, plaisanta-t-il en éclatant de rire.

— Salazar, je ne t'ai pas vu dans un tel état depuis quoi ? Notre sixième année ? répliqua Blaise en s'approchant de lui et en essayant de lui retirer la bouteille des mains.

— Noooon ! C'est ma bouteille ! Interdiction de la prendre, sinon je te mets une heure de colle pour mauvaise conduite envers un professeur, Zabini !

Blaise soupira et leva les yeux au ciel. Il n'était pas sorti de l'auberge. Un Drago Malefoy alcoolisé était probablement l'une des pires choses qu'il pouvait avoir à affronter.

Après une manticore. Et un loup-garou. Et un dragon. Bon, peut-être pas la pire

— Elle est enceinte, tu y crois ça ? s'exclama Drago avec un rire fou, en se levant.

— Enceinte ? répliqua Blaise en le rattrapant de justesse avant qu'il ne tombe par terre. Vous vouliez un enfant ? Vous n'en avez parlé à personne !

— On essaye depuis des mois, mais ça marchait pas, et là, il fallait qu'elle soit enceinte quand elle se rappelle à peine de moi ! Elle ne le sait même pas ! Pomfresh dit qu'il faut attendre pour lui dire !

Blaise aurait aimé filmer son ami comme les moldus le faisaient. C'était Dean, son mari et aussi professeur d'Etude des Moldus qui lui en avait parlé. Il était devenu complètement fasciné par le cinéma depuis. Il s'était même acheté une petite télévision dans son appartement à Londres. Il avait été très déçu d'apprendre que la technologie moldue ne fonctionnait pas à Poudlard. Du moins, seule Hermione Granger avait été capable de trafiquer un téléviseur et avait refusé – sous l'influence malicieuse de son mari – de partager son secret.

Étant professeur de Vol, il avait plus de temps libre que les autres, et aurait apprécié de pouvoir le passer devant des émissions moldues.

Il se reconcentra sur son ami, qui baragouinait des paroles vulgaires et incompréhensibles. Si Drago en venait à parler d'une manière si vulgaire, on pouvait être certain qu'il n'était pas dans son état normal.

— D'après Minerva, elle retrouvera la mémoire si elle le souhaite, le contredit-il en le faisant se rasseoir et en récupérant enfin sa bouteille de whisky.

— Et tu crois vraiment qu'elle le voudra ?! Elle se croit en 2004, Blaise, se lamenta-t-il en commençant à sangloter. Comment vais-je faire ? C'est à peine si elle peut me supporter ! Je suis allé à l'infirmerie tout à l'heure et elle a failli me jeter un sort quand je me suis approché de son lit !

Blaise commençait à s'inquiéter. Drago avait rarement l'alcool triste.

Il devenait de plus en plus sérieux dans ses paroles et des larmes coulaient le long de ses joues. Le timbre de sa voix était grave et brisé.

— Elle m'a oublié, Blaise. Elle ne m'aime plus. Comment puis-je vivre sans elle ?

— Ce n'est que temporaire, vieux, elle va retrouver la mémoire. Nous réussirons à la convaincre.

— Et quoi ? En attendant, je vais devoir agir comme si nous n'étions pas mariés depuis trois ans et qu'elle n'était pas enceinte d'un enfant que nous voulons depuis des mois ?! Je ne peux pas supporter une telle chose… Tu n'as pas vu la colère qu'elle avait dans les yeux, elle a cru que je venais me moquer et m'a hurlé de dégager. Nous ne pouvons même pas tout lui expliquer d'un coup, Pomfresh dit que c'est trop dangereux.

Blaise se mordit la lèvre. Il ne savait pas quoi faire pour le sortir de sa litanie.

Il se contenta donc de poser une main sur son épaule et de s'accroupir face à lui.

— Nous allons trouver une solution, Drago. Je te le promets. Nous allons y réfléchir ensemble demain. Mais en attendant, tu devrais aller te coucher.

— Comment suis-je censé dormir sans elle, Blaise ? sanglota-t-il en se prenant la tête dans les mains. Je n'ai pas dormi sans elle depuis des années ! Elle est la seule avec qui j'arrive à dormir sans faire de cauchemar ! Je ne peux pas me coucher, je ne veux pas revivre tout ça.

Blaise grimaça. Il était bien conscient que les rêves de la guerre avaient hanté les nuits de son meilleur ami pendant des années et y avait même plusieurs fois été confronté. Il savait à quel point ils étaient violents.

— Tu veux venir dormir chez moi ? proposa-t-il en se grattant l'arrière du crâne. Je suis sûr que Dean comprendra…

— Tu ferais ça ? demanda Drago avec une pointe d'espoir dans la voix.

— Si ça peut te faire te sentir mieux, acquiesça-t-il en haussant les épaules. Mais je veux que tu me promettes une chose, Drago.

— Oui ?

— Tu as interdiction de vomir dans mon lit, sinon je t'assure que je te maudis !

.

Hermione avait enfilé un gros pull d'hiver, par-dessus le sweat-shirt que Dean lui avait prêté. Il avait passé l'après-midi à ses côtés à l'infirmerie pour la réconforter. Elle ne se serait jamais doutée qu'il puisse se révéler être un si bon ami.

Même s'ils n'étaient pas proches lors de leurs études, elle avait compris qu'ils l'étaient devenus avec les années.

L'infirmière lui avait expliqué qu'il ne valait mieux pas forcer sur sa mémoire pour tenter de retrouver et comprendre ses souvenirs perdus, ce qui avait particulièrement attristé la jeune femme. Personne n'avait voulu lui parler des années de sa vie qu'il lui manquait. C'était étrange. Comme s'ils avaient peur qu'elle ne veuille pas les retrouver complètement.

Des personnes qu'elle n'aurait jamais imaginé ici étaient venues lui rendre visite et elle avait eu le sentiment que beaucoup trop de choses avaient changé.

Cela avait été le cas de Drago Malefoy. Il s'était présenté à l'infirmerie, d'un air déterminé, comme s'il s'attendait à ce qu'elle ne réagisse pas mal, ce qui aurait sûrement dû être le cas, sans qu'elle ne sache pourquoi..

Elle n'était absolument pas au courant qu'il était aussi professeur. C'était Dean qui le lui avait dit. Malefoy enseignait les potions. Il lui avait aussi appris que Blaise, avec qui elle s'entendait plutôt bien, enseignait le Vol. Dean était chargé de l'Étude des moldus et elle des Sortilèges.

Elle n'avait pas eu besoin d'explications pour comprendre que sa proximité avec eux n'était plus la même qu'en 2004. Elle avait tenté d'en savoir plus, mais Pomfresh avait fermement refusé. Elle lui avait de nouveau demandé des explications.

D'après elle, Hermione avait subi trop de chocs pour la journée et devait se reposer. De plus, ce n'était pas à eux de lui révéler les parties les plus importantes de sa vie et les choses devraient se faire en douceur.

Elle avait fini par accepter sans plus de négociation. Elle avait compris que cela serait inutile, d'autant que la directrice s'en était mêlée. Et Hermione Granger, celle de 2004 ou de 2011, ne se permettait jamais de désobéir à Minerva McGonagall.

Cette dernière lui avait ouvert une chambre pour sa période de rétablissement. Il s'agissait d'un petit appartement situé près de la salle commune de Gryffondor. Elle avait appris par la même occasion que les vacances de Noël venaient tout juste de commencer, ce qui expliquait le peu d'élèves dans le château. Avec les années, celles-ci s'étaient allongées et duraient désormais tout le mois de décembre.

Cela avait quelque peu rassuré Hermione. Elle n'aurait pas à retourner en cours tout de suite, ni même à croiser trop d'élèves. Elle aurait quelques semaines de répit.

Elle se rendait donc dans son appartement, dirigée par des traces de pas magiques, provenant d'un sort lancé par la directrice elle-même.

Elles s'arrêtèrent face à un tableau bien connu d'Hermione, qui écarquilla les yeux en le reconnaissant.

Il s'agissait de la Grosse Dame !

— Miss Granger-M… Granger ! Cela fait bien longtemps que je ne vous ai pas vue ici ! s'exclama-t-elle joyeusement.

— Bonsoir, Madame, la salua-t-elle d'un air plus gêné qu'autre chose. Je n'étais pas au courant que votre tableau avait été déplacé.

— Ne m'en parlez pas ! Une décision de cette nouvelle directrice, expliqua-t-elle avec une grimace de dégoût. Selon elle, les élèves se trouvaient dérangés par mes récitals quotidiens et s'en plaignaient beaucoup. J'ai donc été reléguée dans un couloir éloigné ! Vous pouvez le croire ?

— Oh… Eh bien… C'est affreux, bafouilla Hermione, incertaine de quoi lui répondre.

Elle ne voulait pas se la mettre à dos, souhaitant à tout prix rentrer dans son appartement pour se coucher.

— M'enfin ! Je ne veux pas vous déranger plus longtemps, très chère ! Vous devez être épuisée par cette journée ! dit-elle avant d'ouvrir le passage pour la laisser passer.

Hermione fronça les sourcils en comprenant qu'elle avait ouïe-dire de son accident, mais ne fit aucun commentaire. Elle se faufila derrière le tableau et s'empressa de retirer ses vêtements, avant de se laisser tomber sur le lit qui se trouvait au centre de la pièce. Elle n'avait plus aucune force.

Elle s'endormit sans plus attendre.

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Le lendemain matin, Hermione peina à sortir de son lit. Elle passa plus d'une demi-heure à ruminer à propos des événements de la veille. Elle se sentait extrêmement seule, plus que jamais elle ne l'avait été.

Tous ses proches connaissaient sa vie, savaient ce qu'il lui était arrivé, mais, elle, était dans le flou total. Elle ne savait rien.

Ce fut une envie soudaine de vomir qui la fit sortir de son lit. Heureusement pour elle, la chambre que la directrice lui avait attribuée comportait une petite salle de bain adjacente. Elle vida son estomac jusqu'à en pleurer. Elle ne se souvenait pas avoir un jour vomi autant.

Elle prit une douche et se lava les dents plusieurs fois, avant de retourner au lit. Elle se sentait malade. Peut-être un effet secondaire de son accident de potions, se disait-elle. Ou bien son dessert de la veille qui était mal passé.

Alors qu'elle se laissait tomber sur son matelas, quelques coups furent frappés à sa porte.

— Entrez, marmonna-t-elle, le visage plongé dans son oreiller.

La porte s'ouvrit lentement et Dean Thomas se faufila à l'intérieur.

— Tout va bien ? s'enquit-il en venant s'asseoir près d'elle.

— Malade, grogna-t-elle simplement.

Dean se mordit la lèvre, mal à l'aise. Il était parfaitement au courant de sa condition, mais savait que ce n'était pas son rôle de l'en informer. Drago avait exigé de le faire lui-même, peu importait ce qu'Hermione pensait de lui.

– Est-ce que tu comptes enfin répondre à mes questions, ou tu vas rester là sans rien me dire toute la journée ? demanda Hermione sans bouger de l'oreiller.

Dean ne put s'empêcher de rire doucement. Si son amie avait perdu la mémoire, elle n'avait pas perdu son caractère pour autant.

— Pomfresh m'a donné le feu vert pour répondre à quelques-unes de tes questions, répondit-il en faisant le tour du lit pour s'allonger à côté d'elle, par-dessus les couvertures.

Si Hermione trouva cela étrange, elle ne fit aucun commentaire. Elle gardait en tête que les choses avaient changé.

— Je ne pourrais pas répondre à tout, ce n'est pas mon rôle, mais je devrais pouvoir te dire quelques petites choses.

Hermione hocha la tête. C'était déjà ça, songea-t-elle.

Cependant, face au fait accompli, elle ne sut pas quoi lui demander. Elle avait trop de questions, et pourtant, se trouvait incapable d'en choisir une.

Finalement, elle opta pour celle qui la tourmentait le plus :

— Je suis mariée, n'est-ce pas ? J'ai vu l'alliance que je porte…

Dean déglutit. Elle venait de mettre les deux pieds dans le plat. C'était typiquement le sujet dont il n'avait pas vraiment le droit de parler. Il se fit cependant la réflexion qu'il pouvait au moins répondre à cela.

— Oui.

— À qui ? enchaîna-t-elle sans surprise.

Il aurait dû s'y attendre.

— Ce n'est pas à moi de te répondre, Hermione. Ce serait injuste.

Elle soupira, mais hocha tout de même la tête. Elle aurait essayé.

— Et toi ? Tu es marié ?

— Oui, répondit-il sans pouvoir s'empêcher de sourire.

— Comment s'appelle-t-elle ? demanda-t-elle en tournant à moitié le visage vers lui.

Il s'appelle Blaise Zabini, pouffa Dean.

Hermione écarquilla les yeux et la culpabilité se lut sur son visage.

— Désolée, je ne savais pas que…

— T'en fais pas, tu ne pouvais pas savoir, lui répondit-il avec un clin d'œil. Nous avons commencé à sortir ensemble il y a cinq ans. Je ne savais même pas que j'étais attiré par les hommes. Enfin, je pense surtout que je suis attiré par Blaise, pas par les hommes en général.

— Tu es Blaisosexuel ? plaisanta-t-elle.

— Exactement !

S'il fut surpris qu'elle ne réagisse pas vraiment à sa relation avec un Serpentard, ni au fait que celui-ci ne soit plus avec Ginny, il ne fit aucun commentaire à ce propos. C'était plutôt bon signe, puisqu'elle semblait accepter les changements. Il espérait simplement que la pilule passerait aussi bien lorsqu'elle apprendrait qu'elle était mariée à Drago Malefoy.

Elle avait accepté que sa vie ait pu changer. Elle était elle-même surprise par son ouverture d'esprit et sa souplesse par rapport à la situation.

Hermione se tourna sur le dos, riant encore légèrement, et fixa le plafond. Leurs rires se calmèrent petit à petit, jusqu'à ce que le silence prenne place.

Son cerveau tournait à toute vitesse. Elle ne pouvait pas s'en empêcher.

— Je crois savoir à qui je suis mariée, avoua-t-elle à voix basse.

Dean se figea, ne sachant quoi répondre.

— Je suis mariée à Malefoy, n'est-ce pas ? chuchota-t-elle en fermant les yeux, ayant du mal à affronter cette réalité. Il est venu me voir hier, il avait l'air triste, même s'il ne voulait pas le montrer.

Dean ne répondit pas. Il se sentait mal.

— Je sais que j'ai raison, soupira-t-elle. Les choses ont changé. Je comprends que vous n'ayez pas voulu tout m'annoncer d'un coup.

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Drago n'avait jamais bien géré ses gueules de bois. Il passait toujours sa matinée vautré dans son canapé, à se lamenter sur son sort. Sa femme était la seule à avoir trouvé un moyen de l'en sortir. Elle lui préparait une tisane, lui faisait prendre une douche fraîche et lui préparait une pommade qu'elle massait sur son torse.

Comment était-il censé faire sans elle ? D'autant qu'il n'avait pas été dans un état aussi pitoyable depuis des années.

Il se traîna sous la douche mais la simple vue de sa cuisine lui donna la nausée. Il était retourné chez lui après son réveil, histoire de ne pas trop déranger les Zabini-Thomas.

L'eau froide lui fit le plus grand bien et, aussitôt lavé, il s'allongea dans son canapé. Il n'arrivait pas à entrer dans sa chambre. Les affaires de sa femme lui donnaient envie de pleurer. Il faisait de son mieux pour ne pas y penser.

Alors qu'il était sur le point de s'endormir, quelques coups furent frappés à sa porte. Il grogna, la tête plongée dans un coussin. Il n'avait aucune envie de voir quelqu'un. De plus, les visites de ses amis la veille lui avaient suffi. Il ne voulait plus de leur pitié.

Il attendit que la personne s'en aille, mais cela ne sembla pas fonctionner, puisque d'autres coups furent frappés, cinq minutes plus tard.

— Je ne suis pas là, dégagez ! fit-il d'une voix forte et agacée.

Il devait s'agir de Blaise, probablement venu lui remonter le moral ou tenter de le sortir de chez lui. Il n'en avait aucune envie.

— Male… Drago, c'est Hermione.