16 décembre

Drago entra dans son appartement et se laissa tomber dans un fauteuil. D'un coup de baguette, il fit léviter jusqu'à lui une bouteille de whisky Pur-Feu et un verre. Il en avait bien besoin.

Sa soirée avait été riche en émotions. Il avait accompagné Hermione visiter leur maison de vacances, aux alentours de Bristol.

Cela avait été son idée : qu'il l'emmène plusieurs fois par semaine dîner, lui faire découvrir les lieux de leur quotidien, aller au cinéma – comme elle le lui avait fait découvrir au début de leur relation – ou encore aller se promener dans leurs endroits préférés. L'objectif était de lui prouver qu'il avait changé et de lui montrer les raisons pour lesquelles elle était tombée amoureuse de lui. Le chemin était tortueux, mais elle avait accepté de l'y suivre.

Cependant, ce soir-là, Hermione avait été particulièrement silencieuse. Elle ne lui avait posé presqu'aucune question et s'était contentée de visiter chaque pièce sans un mot. Elle avait été si distante que Drago s'était demandé s'il n'avait pas quelque chose de mal.

Il n'en avait toujours aucune idée.

Alors qu'il fermait les yeux pour essayer de faire la paix avec cette soirée en demi-teinte, quelques coups furent frappés à sa porte.

— Entrez, marmonna-t-il, mécontent d'être dérangé.

Le battant s'ouvrit et révéla Blaise, vêtu d'habits de sport moldus. Drago comprit qu'il revenait de son jogging quotidien avec son mari autour du Lac Noir.

— Alors, tu avais vu juste ? Elle a aimé la maison autant qu'à votre première visite ? lança Blaise en se laissant tomber dans le canapé qui faisait face au blond.

Celui-ci grimaça. Il fallait évidemment que Blaise parle de cela.

— C'est ce que j'ai cru comprendre, oui, répondit-il simplement en haussant les épaules.

Il avala cul sec la fin de son verre et s'en servit un autre.

— Les choses se sont mal passées ? s'inquiéta son ami en fronçant les sourcils.

Drago se contenta d'hausser à nouveau les épaules. Il n'avait pas la tête à discuter.

— Vous vous êtes disputés ?

— Non. J'aurais préféré, fit Drago avec un rire sarcastique. Elle n'a pas ouvert la bouche de toute la visite. On aurait dit qu'elle attendait juste que ça se termine. Elle ne m'a même pas laissé lui embrasser la joue comme à chaque fois.

Blaise détourna les yeux, gêné. Cela alerta Drago.

— Quoi ? Que se passe-t-il ? s'inquiéta-t-il tout de suite.

— Je pensais qu'elle t'en aurait parlé et qu'elle irait mieux…

— De quoi tu parles ?

— Dean m'a dit qu'elle avait eu rendez-vous avec Pomfresh ce matin. Tu sais, pour la grossesse.

Blaise était gêné. Il n'était pas à l'aise à l'idée de parler d'une chose dont son ami aurait dû être au courant. Il savait à quel point celui-ci pâtissait de la situation.

— Je vois, répondit Drago, le visage fermé. Je n'en ai pas parlé avec elle depuis que je le lui ai annoncé. Je ne veux pas la pousser ou lui donner l'impression qu'elle subit une quelconque pression de ma part. Je suppose qu'elle avait ses raisons pour ne pas m'en parler.

— Laisse-lui le temps, vieux. Elle finira par faire un pas vers toi.

Drago hocha la tête, avant de la laisser retomber sur le dossier de son fauteuil. Il avait l'impression de ne pas avancer.

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24 décembre

Hermione se tenait déjà près des grilles du château lorsque Drago arriva. Il ne put s'empêcher de sourire en découvrant à quel point elle était magnifique. Elle portait une longue robe bleue nuit en satin, qui moulait ses formes de manière exquise. Elle avait laissé sa chevelure bouclée à l'air libre et avait entouré ses épaules avec un long châle. Tout simplement splendide.

Il avait encore du mal à croire qu'elle avait accepté une nouvelle fois de dîner avec lui.

C'était déjà leur onzième rendez-vous. Le soir de Noël était arrivé et ils comptaient le passer ensemble, comme chaque année. Drago avait proposé à la jeune femme de rejoindre le reste de leurs amis au Terrier, chez les Parkinson-Potter ou bien de le passer avec Dean et Blaise, mais elle avait refusé.

Elle voulait le passer avec lui. Cela avait fait battre son cœur bien plus rapidement.

— Tu es magnifique, lui dit-il en arrivant près d'elle.

Elle rougit sous la lumière du lampadaire magique qui illuminait le portail.

— Tu es très élégant aussi, avoua-t-elle en baissant les yeux.

Il ne put s'empêcher de sourire et dut se retenir de rire pour ne pas la mettre mal à l'aise.

— Où allons-nous ? demanda-t-elle ensuite.

— C'est une surprise, répondit-il avec un rictus énigmatique.

Il lui tendit ensuite son bras, qu'elle attrapa avec une certaine hésitation et une seconde plus tard, ils avaient disparu.

Le restaurant qu'il avait choisi était celui de leur tout premier rendez-vous "officiel". Le premier rendez-vous galant qu'Hermione avait accepté. Il se trouvait dans le Sud d'Édimbourg, pas très loin du parc The Meadows. Une adresse qu'il avait découverte en visitant la partie sorcière de la ville.

Pour s'y rendre, il fallait entrer dans une laverie moldue, faire glisser deux mornilles dans la machine la plus éloignée de l'entrée, puis traverser le mur adjacent. Une fois cela fait, un univers bien différent de la laverie s'offrait aux yeux des clients.

Un bar à l'ambiance jazz et aux lumières tamisées, des serveurs habillés comme au dix-neuvième siècle, des plats de chefs étoilés et des musiciens reconnus. C'était assez original, mais cela avait toujours beaucoup plus à sa femme.

— C'est magnifique, chuchota Hermione, ébahie.

— J'adore cet endroit. Nous avions l'habitude d'y aller au moins une fois par mois, pour…

— Respirer un peu ? le coupa-t-elle en tournant la tête vers lui.

Elle était toujours accrochée à son bras et Drago devait avouer que cela lui procurait des sensations exquises. Elle acceptait de se tenir contre lui, de le toucher !

— Exactement, répondit-il avec un rictus. Tu avais…

— Monsieur et Madame Malefoy ! Quel plaisir de vous voir ici ! les interrompit le gérant de l'établissement, en s'approchant d'eux.

C'était un petit homme d'à peine un mètre dix, que Drago soupçonnait être un demi-gobelin. Bien entendu, il n'oserait jamais poser la question, il restait un gentleman. Il ne voulait pas se mouiller et espérait chaque mois que sa femme le lui demande enfin, sachant qu'elle mourrait tout autant que lui d'envie de le savoir.

Cependant, à la vue de celui-ci, Drago grimaça. Il venait de dire ce qu'il avait redouté. Hermione n'avait pas été appelée par son nom de femme mariée depuis sa perte de mémoire, il y avait veillé. Et Marcel, le gérant, venait de mettre les pieds dans le plat.

Drago baissa la tête vers son épouse avec appréhension, néanmoins, il fut rassuré de voir qu'elle n'avait nullement été perturbée par ce qui venait de se passer. Il en fut même étonné.

Il décida donc d'agir comme si de rien n'était et se pencha vers son oreille.

— Marcel, le propriétaire du restaurant. Nous sommes amis, lui susurra-t-il pour qu'elle comprenne mieux.

Elle lui avait confié préférer ne pas mettre tout le monde au courant de sa perte de mémoire.

— Je suis contente de vous voir, feignit-elle donc lorsque le demi-gobelin s'approcha pour leur serrer la main.

— Votre table habituelle vous attend au fond, répondit celui-ci en leur indiquant le chemin.

Drago le remercia poliment et guida Hermione vers le coin du restaurant le plus éloigné, là où ils étaient le mieux isolés. Il n'osa pas poser une main dans le bas de son dos pour cela, mais l'envie se fit ressentir.

Il se permit cependant de tirer sa chaise pour qu'elle s'asseye, avant de s'installer face à elle. Il la regarda ensuite observer le restaurant sous toutes ses coutures, ne sachant quoi dire pour briser le silence qui commençait à s'installer entre eux.

— Ils ont la meilleure carte de desserts du pays, se contenta-t-il donc de dire.

Elle tourna la tête vers lui, un sourire heureux étirant ses lèvres. Ses yeux pétillaient.

— J'adore les desserts, je pourrais me contenter d'en manger pour le reste de ma vie, répliqua-t-elle avec excitation. Quand j'étais petite, ma mère nous préparait parfois ce qu'elle appelait des "repas sans plat" lors desquels il n'y avait que des desserts sucrés. Mon père et moi adorions ça.

Drago ne la quittait pas des yeux. Il se moquait du fait que son regard puisse être transi d'amour en cet instant. Ces discussions avec elle lui avaient trop manqué pour cela.

Lors des premiers rendez-vous, elle s'était contentée de le laisser parler, souhaitant tout connaître de ce qui les avait rapprochés. Elle avait à peine ouvert la bouche, elle encaissait simplement les nouvelles informations.

Cependant cette fois, elle s'ouvrait complètement à lui.

— Mes préférées étaient ses tartes aux framboises et… Quoi ? s'interrompit-elle en l'entendant rire doucement.

— Rien, mentit-il en levant innocemment les mains, le regard rieur.

— Tu le savais déjà ? comprit-elle en grimaçant d'un air déçu.

— Tu me l'as dit la première fois que nous nous sommes retrouvés tous les deux, avoua-t-il d'une voix plus douce. Tu étais complètement ivre et tu déblatérais des tas de choses qui n'avaient aucun lien entre elles. Mais c'est comme ça que j'ai eu l'idée de t'emmener ici. Blaise m'en avait parlé une fois et j'ai sauté sur l'occasion. Depuis, chaque fois que nous venons ici, tu ne commandes que des desserts. Je crois que tu les as déjà tous testés.

— Je n'en ai pas le souvenir, fit-elle tristement en observant la carte qui venait d'apparaître devant leurs yeux.

— Vois le côté positif, tu vas pouvoir tous les goûter à nouveau pour la première fois.

Et c'est ce qu'elle fit. Elle les commanda tous et Drago décida de se joindre à ce repas atypique. Ils commandèrent une quinzaine de desserts différents qu'ils dégustèrent avec plaisir, tout en discutant calmement et à l'abri des oreilles indiscrètes.

Alors qu'ils approchaient de la fin de leur repas, Drago remarqua que son épouse cherchait à dire quelque chose. Elle avait baissé la tête et tripotait sa tarte aux poires avec le bout de sa fourchette.

Il s'apprêtait à lui demander ce qui la tracassait, lorsqu'elle prit la parole.

— Depuis quand essayions-nous d'avoir un enfant ? dit-elle d'une voix plus timide que celle qu'elle avait depuis le début du repas.

Dire que cela le prit par surprise était un euphémisme. Depuis qu'Hermione avait découvert qu'elle était enceinte, elle n'avait pas une seule fois abordé le sujet avec lui.

Dean lui avait parlé des quelques questionnements de la jeune femme, sans donner plus de détail. D'après lui, il valait mieux qu'Hermione et Drago en parlent ensemble.

— Un peu moins d'un an, lui confia-t-il en bougeant légèrement sur son siège. Nous étions sur le point de voir une gynécomage pour essayer des potions fertilisantes juste avant…

Il se racla la gorge en détournant les yeux.

— Juste avant ton accident.

Elle hocha lentement la tête, avant de la baisser vers son assiette. Drago ne sut pas quoi dire, incertain de connaître l'état d'esprit dans lequel Hermione se trouvait.

— Dean m'a dit que nous n'avions prévenu personne, reprit-elle après un court silence.

— En effet. C'était ta volonté. Tu avais trop peur de subir la pitié des autres au cas où nous n'arriverions pas à… à avoir un enfant.

— Je m'y attendais ?

— Les médicomages te l'ont dit il y a quelques années. Tu étais allée à Sainte-Mangouste après t'être désartibulée la hanche, et après quelques examens, ils ont découvert que ton…

Il se racla une nouvelle fois la tête, baissant cette fois-ci la tête vers son assiette.

— Ton utérus a été endommagé à cause de… à cause des sorts de Bellatrix. Ils étaient persuadés que tu ne pourrais pas avoir d'enfant mais tu as refusé de le croire.

Il eut un léger rire au souvenir de sa femme, sortant en furie de l'hopital sorcier et répétant qu'elle finirait avec une tête en citrouille si elle se trompait. Elle était déterminée à " prouver à ce médicomage de malheur qu'elle tomberait enceinte ".

— Et tu avais raison, continua-t-il en relevant des yeux humides vers son épouse. Je n'en ai pas douté un seul instant, à vrai dire.

Hermione le regardait avec curiosité, comme si elle le découvrait pour la toute première fois.

— Tu as peur, n'est-ce pas ? demanda-t-elle avec sérieux.

Il détourna les yeux et serra la mâchoire. Il n'aimait pas parler de ses faiblesses. Il se sentait vulnérable. Pourtant, alors même qu'Hermione ne se rappelait pas de leur histoire, elle faisait partie des seuls qui parvenaient à les trouver.

— Tu as peur que je ne veuille pas de cet enfant, affirma-t-elle.

Il en frissonna presque. Il n'avait pas envie d'affronter cette réalité, qui pourtant le hantait depuis le début du mois. Depuis qu'il avait appris que sa femme était enceinte, alors même qu'elle ne se souvenait pas des sept dernières années.

Il n'avait pas osé l'accompagner aux deux rendez-vous obligatoires qu'elle avait eus avec l'infirmière, lors desquels elle avait suivi le cours de sa grossesse. Il avait eu bien trop peur de ce qui aurait pu s'y dire, tout comme il avait craint qu'Hermione se sente oppressée et forcée de faire un choix qui n'était pas le sien.

— Tu penses que je ne veux pas de cet enfant avec toi, n'est-ce pas ?

Il ne put empêcher un rire ironique de s'échapper de ses lèvres. Il braqua son regard dans le sien.

— Comment pourrais-tu, Hermione ? Je ne te forcerai jamais à avoir un enfant avec moi, alors que tu…

— Ne présume pas ce que je peux penser, le coupa-t-elle fermement.

— Je n'ai pas besoin de le faire ! renchérit-il avec force. Je suis simplement réaliste. Tu ne comptes pas prendre cette potion tout de suite et je doute que tu veuilles vivre la grossesse de l'enfant d'un homme que tu n'aimes pas !

Elle baissa la tête sur son assiette, les joues rouges.

Drago serra aussitôt les poings sous la table, agacé par sa propre réaction. Il n'avait pas voulu la mettre mal à l'aise, ni même la blesser. C'était Noël, leur soirée devait être heureuse.

— Écoute, je…

— Nous devrions rentrer, le coupa-t-elle en levant la tête.

Il s'apprêtait à répliquer, mais jugea au regard soudainement plein de larmes de colère qu'elle lui lança, qu'il ne valait mieux pas argumenter davantage. Il ne voulait pas risquer quoi que ce soit.

Il se contenta donc de hocher la tête et de marmonner quelques paroles, avant de se rendre vers le comptoir pour régler leur dîner. Lorsqu'il revint, Hermione était déjà debout et rhabillée, prête à quitter le restaurant. Il n'osa pas lui tendre le bras pour la raccompagner, préférant lui montrer le chemin, comme si elle ne le connaissait pas déjà.

L'atterrissage devant les grilles du château fut assez mouvementé pour que la jeune femme perde l'équilibre. Drago la rattrapa de justesse et elle se retrouva plaquée contre son torse, des nausées la prenant aux tripes.

Hermione leva les yeux vers lui et rougit fortement, alors même qu'il se raclait la gorge, gêné par cette soudaine proximité. Pas qu'il n'en ait pas envie, au contraire, il ne voulait simplement pas la mettre plus mal à l'aise qu'elle ne l'était déjà.

Cependant, elle garda son regard dans le sien pendant de longues secondes, comme si elle essayait de le comprendre d'un simple coup d'œil. Il pouvait sentir une certaine tension s'échapper d'elle, alors qu'il tentait de savoir ce qu'elle cherchait dans ses yeux.

Finalement, elle s'éloigna, les joues toujours aussi rouges, et se mit en marche vers le château.

Drago resta immobile pendant plusieurs secondes, encore confus par cet échange de regards. Elle lui avait semblé différente, si bien que, l'espace d'un instant, il avait eu l'impression de retrouver sa femme.

Les larmes lui montèrent aux yeux. Plus les jours passaient et moins il avait d'espoir.

Il remarqua qu'Hermione avait pris beaucoup d'avance et se décida enfin à la suivre.

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La Grosse Dame était endormie lorsqu'ils arrivèrent devant son tableau. Ils n'avaient pas prononcé un seul mot de tout le trajet. Drago était resté en arrière, la tête baissée et les mains dans les poches, ressassant en boucle les dernières semaines de sa vie.

Hermione n'avait pas été beaucoup mieux. Elle s'était contentée d'avancer, le regard braqué devant elle, sans jamais n'ouvrir la bouche pour lui adresser la parole. Drago n'arrivait pas à déterminer dans quel état d'esprit son épouse se trouvait.

Cependant, lorsqu'elle se tourna vers lui en arrivant, les yeux gorgés de larmes, Drago comprit la raison de son silence. Il se figea, incertain de savoir quoi faire. Devait-il la prendre dans ses bras ? La consoler ? La laisser tranquille ?

Il n'en avait aucune idée, il était perdu.

Pourtant, lorsqu'il l'entendit sangloter tout bas, tous ses questionnements disparurent. Il enjamba les quelques mètres qui les séparaient et la prit dans ses bras, la serrant contre son cœur.

— Je suis désolé, murmura-t-il dans ses cheveux. Je n'aurais pas dû te parler ainsi, je suis…

— Ne t'excuse pas, l'interrompit-elle en blottissant son visage dans son cou. Je suis perdue, Drago, je ne sais pas quoi faire… Je ne me reconnais pas, je ne reconnais pas ma vie et j'ai l'impression que mes choix bousculeront tout mon entourage, quoi que je fasse.

Il ferma les yeux et déglutit. Il ne savait pas quoi lui répondre. Il ne pouvait pas imaginer l'état dans lequel elle se trouvait depuis des semaines.

Perdue au milieu d'inconnus qui étaient en réalité ses amis.

— Je ne t'obligerai jamais à quoi que ce soit, Hermione, lui promit-il en fermant les yeux douloureusement. Prends tout le temps dont tu as besoin et sache que je serai toujours là pour toi.

Elle releva doucement la tête vers lui et Drago lutta pour ne pas garder les yeux clos. Cette proximité le tuait. Il était confus, il avait l'impression d'avoir retrouvé sa femme.

— Je n'en doute pas un seul instant, répondit-elle à voix basse.

Et soudainement, ses lèvres étaient sur les siennes. Drago crut défaillir. Il n'arrivait pas à y croire, tant et si bien qu'il resta figé, alors qu'elle l'embrassait avec une grande tendresse.

Finalement, après ce qui lui parut être une éternité, il passa une main derrière sa nuque et approfondit le baiser avec un amour infini.

Ses lèvres lui avaient tant manqué. Il avait l'impression de revivre, de renaître de ses cendres après une descente aux enfers, d'être soulagé d'une montagne de problèmes.

Il ne la quittait pas. Elle avait passé ses bras derrière sa nuque et il l'avait rapprochée de lui par les hanches. Il était avide d'elle.

— Par tous les fondateurs ! Nous sommes dans une école ! s'exclama soudainement la Grosse Dame.

Hermione se sépara de lui les joues rougissantes et lui sourit timidement, avant de fuir à l'intérieur de son appartement.

Drago, lui, se sentait léger, comme sur un petit nuage.