Avant-propos : Voici le premier chapitre et le seul écrit à ce l'instant cette histoire est donc un one-shot.


Bonne lecture


16 février 2008 – 23h25 – Petit salon – Manoir Malefoy

Théodore décroisa ses jambes et hocha de la tête à la question d'Astoria. Il attendait la fin de la conversation pour se lever et rejoindre Harry, qui avait certainement un peu trop bu au vu de la rougeur de ses joues, lui donnant un air un peu ailleurs adorable. Théodore avait bien vu son regard sur lui, avait bien senti son excitation dans ses yeux et savait que son compagnon serait très tactile cette nuit. Il s'y était préparé dès leur départ de Godric's Hollow, le regard de Harry était un livre ouvert il avait donc facilement perçu l'excitation du brun dans ses émeraudes, et dans la tension de ses muscles aussi quand il l'avait enlacé.
En deux ans il avait appris à lire les signes d'excitation chez son compagnon. Et à y faire face.

La porte s'ouvrit brusquement, attirant l'attention des quelques personnes présentes. Théodore fronça les sourcils en regardant l'arrivant.

Harry était débraillé, les cheveux encore plus en bataille que d'habitude, la chemise sortit de son pantalon et les lèvres rouges. L'ancien Serpentard n'était pas dupe, quelqu'un, surement Drago au vu de son absence, avait embrassé son compagnon et celui-ci avait été réceptif. Il bandait. C'était léger et il supposait que les autres seraient trop occupés à regarder son air ébahi pour le remarquer mais c'était parfaitement visible.

Sans perdre son air impassible, Théodore se leva et salua d'un mouvement de tête Astoria avant de l'informer qu'ils allaient les quitter. Il ignora la remarque graveleuse de Blaise qui lui souhaitait une agréable nuit et marcha droit vers Harry pour prendre son poignet et l'entraîner à sa suite vers l'entrée.

/\/\/\/\/\/\

17 février 2008 – 00h20 – Chambre des Maîtres – Square Grimmaurd

- Harry, respire, tout va bien.

Le brun inspira brusquement et s'assit sur le lit, tremblant.

- Je … je suis désolé… Je…

Harry vit Théodore s'asseoir à genoux devant lui et sentit ses mains fraîches entouraient les siennes bouillantes et tremblantes. Il avait encore l'impression de sentir les doigts de Drago sur ses poignets, les serrant pour lui maintenir les bras en l'air alors qu'il l'embrassait. Le blond l'avait plaqué au mur, lui avait tenu les mains pour l'empêcher de se dérober… alors que Harry avait pensé à tout sauf à fuir, mêlant sa langue fiévreusement à celle de l'héritier Malefoy, ondulant contre ses hanches, gémissant de cette étreinte …

- Harry. Mon cœur. Regarde-moi.

Il obéit à nouveau, respirant difficilement.

- Regarde-moi Harry, concentre-toi sur ma voix. Tout va bien Harry. Je ne t'en veux pas. Ce n'est pas grave Harry. Tout va bien. On va aller prendre une douche d'accord ? Tu vas enfiler ton pyjama et on va te coucher. Ça te convient ?
- Je… Je t'aime…

Harry sentit les larmes lui monter aux yeux en regardant son amoureux. Il savait que Théodore était pudique et rien que le fait qu'il l'appelle mon cœur était en soi quelque chose. Mais Harry avait besoin de plus, il avait besoin d'être rassuré. Il avait besoin de savoir qu'il n'allait pas le quitter, qu'il l'aimait encore, que … Harry voulait être pardonné. Il ne le méritait pas. Il ne méritait pas Théodore. Il ne mér…

- Harry, mon cœur, bien sûr que je t'aime. Ça ne change rien.

/\/\/\/\/\/\

17 février 2008 – 09h00 – Salle à manger – Manoir Malefoy

Théodore poussa la porte de la salle à manger des Malefoy et entra dans la pièce comme s'il était chez lui. Son père lui avait appris depuis tout jeune qu'il devait toujours entrer ainsi dans une pièce, pour s'imposer et faire comprendre aux autres qui il était. Il n'avait pas suivi ses conseils à Poudlard, ne souhaitant pas être remarqué, et avait ainsi réussi sa scolarité sans attirer l'attention des autres excepté de ses compagnons de dortoir. Mais avec l'âge et notamment en s'inscrivant dans son cursus de droit il avait vite compris que le Théodore effacé n'avait plus lieu d'être. Il ne se mêlait bien évidemment toujours pas aux autres si facilement, mais dès qu'il entrait dans une pièce il se devait de signaler qu'il n'était plus le gringalet de son enfance. Il était un avocat en formation – diplômé depuis avec les honneurs – et personne ne lui marcherait dessus.

- Théo ?

Astoria était encore dans sa robe de chambre, le petit Scorpius en train de boire son biberon dans ses bras, et n'était pas encore coiffée totalement. Drago n'était pas vraiment mieux. Il portait un bas de pyjama en soie et un tee-shirt simple, Théodore remarqua qu'il était pied nus aussi. Le couple ne devait pas être debout depuis longtemps.
Théodore avait fait exprès. Suivant une des nombreuses autres leçons de son père : Exploiter la moindre faiblesse des autres. Et même si cela voulait dire entrer dans l'intimité des gens, ce qu'il répugnait franchement à faire en temps normal, et les Malefoy était clairement dans une bulle familiale qui n'aurait pas dû être percée par sa présence. Drago avait horreur d'être vu autrement qu'habillé et soigneusement préparé.

En deux pas il fut devant une chaise et s'installa, ses jambes se croisant alors qu'il se servait un verre de thé d'un informulé qu'il avait travaillé avec Harry. Son Harry, qui après une de nombreux câlins, avait fini par s'endormir dans ses bras, d'un sommeil agité et sûrement peu réparateur. Il avait dû lui donner une potion de sommeil sans rêve vers cinq heures du matin et savait que le brun dormirait jusqu'à au moins onze heure, calmement.

- Bonjour Drago, bonjour Astoria. Agréable soirée n'est-ce pas hier soir ?
- Théodore, que veux-tu ?
- Savoir pourquoi tu as embrassé mon compagnon hier.

Le couple échangea un regard. Il était clair qu'Astoria était au courant de ce qu'il s'était passé. Théodore savait comment fonctionnait leur couple. Drago lui avait avoué peu de temps après leur mariage qu'ils ne s'étaient pas promis fidélité, et qu'il leur arrivait régulièrement de ramener une troisième personne dans leur lit.

- Nous en avions parlé Théodore.
- Pas tout à fait Astoria. Je vous ai dit que j'acceptais que vous courtisiez Harry. En aucun cas je n'ai accepté que l'un de vous l'embrasse, sans son accord qui plus est.
- Nous essayons depuis des semaines la manière douce. Il ne remarque pas.
- Et ? Je ne vois pas en quoi ça vous autorise à l'embrasser de force.
- Il était plus que ravi.

Théodore tourna son regard vers Drago et le fixa froidement.

- Je crois que tu ne comprends pas Drago. Vous désirez Harry, soit. Mais ne croyez pas un instant le connaître. Harry n'est pas votre jouet. Je vous l'ai déjà dit. Harry ne sera pas votre jouet. S'il accepte de venir dans votre chambre, de partager votre couche, se sera de votre plein grès et non parce qu'il est ivre ou perturbé. Essaye encore une fois d'abuser de lui et je t'écrase Drago, amitié ou non. Je ferais de ton empire un tas de cendre sans la moindre hésitation. Me suis-je fais comprendre ?

Son regard d'obsidienne resta accroché à celui de Drago. Il était sérieux. Il n'hésiterait pas un instant à détruire la réputation durement acquise de son ami. Celui-ci le savait. Tous trois le savaient.

- Bien.

/\/\/\/\/\/\

17 février 2008 – 11h30 – Salon – Godric's Hollow

Harry, assis au sol, appelait doucement Albus qui venait lentement vers lui, tanguant sur ses jambes potelées dans sa grenouillère affublée de vifs d'or, lorsque Théodore entra. Son regard scanna la pièce automatiquement, remarquant James en train de colorier un dessin de Magyar et Rose qui jouait avec des voitures en plastique – un truc moldu que Harry avait ramené dans son foyer. Il vit évidemment le cadet des Potter qui avançait vers son père, puis croisa le regard vert dudit père.

Un regard qui d'habitude aurait été pétillant, brillant de joie et de plaisir, mais qui était terriblement perturbé à l'heure actuelle. Théodore s'en voulut de le voir dans cet état, il s'en voulut de ne pas avoir réussi à assez l'apaiser hier au Square Grimmaurd. Cependant, il s'en était douté dès l'instant où il avait croisé son regard dans le salon des Malefoy : Harry aurait besoin de quelques jours pour digérer tout cela et assimiler au maximum le fait que Théo ne lui en voulait pas, que ce n'était pas sa faute et qu'il l'aimait toujours.

- Bonjour ?

L'hésitation était palpable dans la voix d'Harry alors qu'il se redressait avec son fils dans ses bras, qu'il n'avait d'ailleurs pas félicité comme à son habitude à grand renfort de bisous et de câlins. Théodore lui sourit et hocha de la tête, répondant à sa question implicite.

- Bonjour Harry. Bonjour Albus.

Le petit posa son regard sur l'adulte et fit un grand sourire en tendant les bras. L'ancien Serpentard n'hésita pas, le prenant dans ses bras sans lâcher ses grands yeux aussi magnifiques que ceux de son père.

- Da ! B'zour.
- Tu as passé une bonne nuit avec Tata Hermione et Tonton Ron ?
- Ui !

L'enfant se mit à babiller des propos quasi incompréhensibles, racontant surement sa soirée et l'histoire qu'on lui avait lue. Théodore ne comprenait pas vraiment ce que Albus racontait, à la différence de Harry qui était très doué pour cela, mais il n'y prêtait guère attention, déjà bien heureux que le petit soit toujours content de le voir. Tout comme James d'ailleurs, qui s'était accroché à sa jambe et racontait désormais lui aussi sa soirée, de manière beaucoup plus articulé. Rose resta en retrait et le brun la salua d'un hochement de tête avant d'entraîner les deux Potter vers le canapé pour s'asseoir et essayait de décrypter ce qu'ils racontaient sans s'écouter.

/\/\/\/\/\/\

22 février 2008 – 23h30 – Chambre des Maîtres – Square Grimmaurd

Harry glissa sa bouche sur la mâchoire pâle et rasé de près de Théodore, y semant une série de baisers chauds et humides alors que sa main passait sous la chemise blanche de son compagnon pour frôler sa peau.

- Harry.

L'interpelé grogna en répondant par une nouvelle série de baisers qui le rapprocha de la bouche tentatrice de son homme. Sa main remonta légèrement mais fut brusquement attrapé par la poigne douce mais solide de Théodore qui recula son visage en l'appelant une nouvelle fois. Harry, assis en tailleur sur lui, le sentit se reculer autant qu'il put.

- Pourrais-tu… Peut-on prendre une douche avant ?

Harry se redressa, la voix hésitante de Théodore le dessoulant aussi efficacement d'une potion. Théodore n'était que rarement peu sûr de lui, et c'était en général signe d'un mal-être significatif et à lien avec un contact physique. Son regard parcourut le visage tendu de l'autre et il remarqua brusquement que son corps était crispé.

Théodore n'était pas excité. Les baisers humides ne le chauffaient pas. La main remontant sous sa chemise devait le déranger. Le corps sur lui ne le faisait pas bander.

Harry inspira, comprenant qu'il était en train de forcer son compagnon à accepter sa proximité. Une proximité non désiré. Une proximité dérangeante.

- Je … Pardon… Pardon !

Le Gryffondor bondit quasiment en arrière, répétant ses excuses en bafouillant, son cœur battant à toute allure alors qu'il prenait conscience qu'il venait de gâcher leur soirée, pourtant si romantique et parfaite jusque-là, en quelques secondes à peine. En imposant son désir à Théodore.

- Harry !

Son prénom lui fit brusquement tourner la tête et il cessa de s'agiter en remarquant son calme. Pas de dégoût, ni de colère.

- Tout va bien, d'accord ? Tu as le droit d'en avoir envie.
- C'est… c'est ton anniversaire…
- C'est aussi nos deux ans Harry. Tu as le droit d'éprouver du désir. Tout va bien d'accord ? Je vais bien.
- Tu… tu n'en as pas envie.
- J'ai envie de te faire plaisir, Harry, mais j'aimerais juste qu'on prenne une douche avant. Tu veux bien ?
- Je… Oui ? Comme … d'habitude ?
- Parfait. Je te rejoins dans quelques minutes.
- D… d'accord.

/\/\/\/\/\/\

22 février 2008 – 23h48 – Salle de bain de la chambre des Maîtres– Square Grimmaurd

Harry ferma les yeux lorsque Théodore se colla à lui dans son dos. Son compagnon sentait le propre, s'étant laver dans une autre salle de bain pendant que lui-même faisait sa toilette dans leur douche, chassant la sueur et la saleté accumulées depuis sa dernière douche 6 heures plus tôt.

- Tu vas bien ?
- Oui. Et… Et toi ?
- Bien sûr. Je te le répète Harry, tu as le droit d'avoir envie de sexe. Tout va bien.

Les doigts fins de Théodore glissèrent sur son torse, étalant une dose de savon inutile sur sa peau déjà propre mais plus que réceptive à la caresse.

- Théo…
- Chut, tais-toi.

Harry obéit en se mordant les lèvres alors qu'une vague de plaisir parcourait son corps, de son téton délicieusement pris au piège à son sexe durcissant à nouveau. L'amour sous la douche le rendait généralement toujours plus vite dur, sa peau sensible réagissant positivement aux caresses de l'eau chaude lorsqu'elles étaient associées à d'autres touchers. Comme celui de la main gauche de Théodore, qui glissait sur ses abdos en malaxant légèrement la peau, allant vers le bas dans un mouvement délibérément lent afin de faire monter la pression.
Ce fut ensuite à sa nuque d'être cajolée par une bouche taquine la couvrant de baisers si profonds qu'il se sentit fondre de plaisir. Son corps se relâcha alors que la tension accumulée de sa précédente crise de panique refluait enfin. Sa magie s'éveilla, emplissant la pièce alors qu'il se laissait aller contre son amant qui continuait de le caresser, faisant aller et venir ses mains entre le bas de son ventre et son torse, malaxant ses abdos ou pinçant ses tétons. Faisant monter la tension et le désir à chaque frôlement, si bien qu'Harry se retrouva dur comme le fer, le sexe fièrement dressé contre son ventre fourmillant de plaisir.

- Théo …
- Respire Harry. Respire.
- Je … Théo… J'ai besoin …
- Je sais.

Harry hoqueta et se tut, entendant l'ordre dans la réponse un peu sèche. Il ferma les yeux et laissa sa tête se reposer sur le pectoral de Théo alors que celui-ci glissait enfin ses doigts vers le bas, touchant son pubis entièrement épilé avant de s'enrouler autour de sa verge. Un gémissement sonore lui échappa au contact tant désiré et il se crispa, dans l'attente de la suite.
Le temps sembla être suspendu un instant.
Aucun des deux ne bougeait et Harry se rappela une scène similaire au début de leur relation. A l'époque ils se connaissaient beaucoup moins puisqu'il s'agissait de leur premier réel rapprochement physique, après une séance de sports particulièrement intense et la proposition d'Harry d'une douche partagée. Théodore lui avait demandé s'il pouvait le toucher et Harry avait hoché timidement de la tête alors qu'il bandait légèrement d'avoir son copain nu avec lui. Le Serpentard l'avait pris en main, juste quelques secondes, avant de se reculer brusquement et de fuir. Harry en avait été tellement secoué qu'il avait littéralement éclaté en sanglot sous l'eau, persuadé que l'autre le trouvait trop repoussant. La vérité était autre, mais à ce moment-là, il n'avait pu qu'imaginer qu'il était le problème – comme trop souvent selon son psychomage.

La main de Théodore se mit en mouvement, imprimant un mouvement de piston lent mais délicieux. Le pouce agile de son homme passa sur son gland, le faisait hoqueter de plaisir sous la légère pression.

- Ahhh…

Il gémit quand la deuxième main de son amoureux se glissa contre ses bourses tandis qu'il le masturbait beaucoup plus franchement. La sensation était si délicieuse après un mois d'abstinence qu'il sentait le plaisir envahir tout son être, picotant son ventre délicieusement, faisant danser sa magie autour d'eux.

La bouche de Théodore embrassa à nouveau sa peau, à la jonction de son épaule et de sa nuque. Harry haleta en réponse au baiser qui lui laisserait peut-être une marque comme il les aimait. Son corps se relâcha un peu plus et il se sentit couler contre le torse de son amant dont la main gauche parcourait désormais tout son corps, réveillant chaque parcelle de sa peau frissonnante, touchant tous ses points sensibles.

Harry gronda, gémit, haleta. Théodore le menait vers la jouissance, avec dextérité et une légère rudesse dans son mouvement de main qui rendait fou le Gryffondor. Fou de plaisir. Fou d'amour.

Il attrapa brusquement le bras qui le touchait, un coin de son esprit n'ayant pas totalement plongé dans l'instant et crispa ses doigts sur la peau pour éloigner la main de l'autre et la remplacer par la sienne. Il savait que Théodore comprendrait que cela voulait dire qu'il allait jouir, il savait qu'il devrait peut-être se terminer seul, enlacé par la présence de son amoureux.
Mais celui-ci en décida autrement. Harry sentit son homme se rapprocher, embrasser sa joue et accélérer le mouvement sur son sexe.

Harry jouit en criant, vaincu par le plaisir procuré et la proximité partagée.

/\/\/\/\/\/\

27 février 2008 – 12h28 – Chemin de Traverse

- Potter.

Harry cessa de parler, coupant sa phrase en deux, et lâcha des yeux George, avec qui il discutait de sa nouvelle idée de création, pour regarder le propriétaire de cette voix légèrement trainante qu'il connaissait parfaitement.

- Malefoy.

Le blond était vêtu élégamment comme à son habitude mais sa tenue avait quelque chose de plus guindé que celles qu'il mettait lorsqu'il invitait ses amis dont Théo, et lui par extension. Le brun remarqua son air sérieux et se tendit en devinant qu'il allait sûrement vouloir lui parler de la dernière soirée.
Et donc du baiser.

- Je vais te laisser Harry.

George lui souriait, ayant surement deviné qu'il se passait quelque chose car si tous les Weasley savaient que Harry était avec Théo et donc qu'il voyait régulièrement le blond, ils savaient également que leurs relations étaient juste cordiales et qu'ils ne se parlaient pas en dehors des soirées partagées.

- Merci George. Je te tiens au courant. Tu amènes Fred demain ?
- Angelina le déposera. Je le récupèrerais.

D'un hochement de tête ils se saluèrent et Harry reporta son attention sur Malefoy qui attendait en silence.

- Tu voulais quoi ?

Le blond tiqua légèrement, sûrement à cause de sa manière brusque de poser la question, mais se ressaisit.

- T'inviter. Partagerais-tu ton repas avec moi ?
- Théo m'attend.

Le silence tomba entre eux et s'étira. Harry n'en avait rien à faire. Il en voulait au Serpentard. Il s'en voulait évidemment d'avoir été excité par le baiser, mais il en voulait surtout au blond de l'avoir embrasser sans se soucier de le blesser.

- Potter … Ecoute. Je m'excuse.

Attendant la suite, Harry croisa les bras bien qu'il lança instinctivement un sort d'intimité autours d'eux, enjoignant ainsi l'autre à continuer. S'il osait s'arrêter là Harry était certain qu'il ne s'adresserait plus au blond. Jamais.

Les yeux bleu-gris scannèrent l'air autour d'eux et le sort fut analysé, surement pour en tester la solidité et l'étanchéité.

- Nous voit-on ?
- Non. Enfin, oui, mais on ne nous remarquera pas.
- Bien… Bon. Je m'excuse Potter. Je n'aurais pas dû t'embrasser ainsi. Je n'aurais pas dû t'embrasser sans ton autorisation. Je n'aurais pas dû profiter de la situation et -
- Quelle situation ?

Le corps tendu, il attendait la réponse. Le blond était sur le fil du rasoir. Harry sentait sa magie fourmiller sous sa peau, prête à exploser, prête à le défendre si l'autre l'attaquait physiquement et surtout verbalement.

- Potter. On sait tout deux pour l'asexualité de Théo et -
- Et alors ?
- Du calme. Théo est mon ami. Je n'ai rien contre ce qu'il est. Je te dis juste ça car tu m'as demandé de qu'elle situation j'avais profité. Il est clair que tu es frustré et que -
- Tais-toi.

Sa magie gonfla et poussa contre le Serpentard qui se tendit immédiatement en résistant au besoin de reculer.

- J'aime Théodore. Notre histoire ne te concerne en rien. Ma frustration comme tu dis n'existe que dans ton imagination limitée qui ne peut concevoir les milles et une manière que Théo a pour me satisfaire. Tu n'es rien pour moi Malefoy. Rien. Je n'ai réagi à ton baiser que parce que j'étais bourré et je te soupçonne d'avoir poussé ma consommation d'alcool exprès ce qui s'apparente à une tentative de viol. Ne m'approche plus. Toi. Ou ta femme. Théo m'a dit pour vos … occupations. Ne pensez même pas à moi. Jamais.

Le regard, brillant de colère, planté dans les orbes grises, il transplanna.

/\/\/\/\/\/\

22 mars 2008 – 20h58 – Petit salon – Manoir Malefoy

- Mama ?

La voix enfantine et endormie fit relever le nez à Harry qui jusque-là regardait son glaçon fondre dans son verre. Il était seul dans le petit salon, Théodore et Drago discutant dans le bureau du second tandis qu'Astoria l'avait informé devoir aller régler un problème inopiné pour leur repas.
Le brun était tendu - mécontent de se retrouver uniquement avec le couple Malefoy alors que normalement il aurait dû y avoir Pansy et Blaise ainsi que Daphnée et son nouveau compagnon - mais se força à sourire en croisant le regard gris tendre du petit à l'embrasure de la porte.
L'enfant était vraiment petit et ne devait pas avoir plus de deux ans… Non, Harry connaissait son âge exact, Scorpius était après tout né le même jour qu'Albus. Les journaux en avait d'ailleurs fait leurs choux gras, y cherchant là un quelconque signe d'un destin commun et supputant déjà la rivalité des nouveau-nés ou leur grande amitié à venir.

- Oh. Bojor.
- Bonsoir Scorpius.

Le cristal de son verre tinta légèrement contre la table basse et il se leva pour aller s'agenouiller devant l'enfant dans un petit pyjama gris.

- Tu as un problème Scorpius ?

L'enfant nia vivement, puis hésita et hocha finalement de la tête.

- Tu veux que je t'aide ?
- Ui ?
- Que t'arrive-t-il ?
- Doudou …
- Tu as un problème avec ton doudou ?
- Ui !
- Tu m'amènes ?
- Ui !

/\/\/\/\/\/\

22 mars 2008 – 21h23 – Chambre de Scorpius – Manoir Malefoy

Harry posa le livre dans la petite bibliothèque et revint caresser le visage endormi de l'héritier Malefoy qui mâchouillait inconsciemment son doudou, un morceau de chemise usée de son père.
Jamais il n'aurait parié là-dessus d'ailleurs. Il avait imaginé l'enfant avec une peluche neuve et intacte. Le genre de doudou qu'on ne voit que dans les films. Mais au contraire l'enfant tenait dans ses petites mains un morceau de chemise noire, nouée sur elle-même, et qui semblait avoir vécu plein de choses.

- Bonne nuit Scorpius.

Il se pencha pour embrasser le front de l'enfant, laissant instinctivement sa magie entourer le petit pour le garder au chaud et en sécurité comme il le faisait avec ses propres enfants quand il dormait à Godric's Hollow, et ce même si la maison était déjà bien protégée.

- Harry ?

Le brun se retourna en se redressant et hocha de la tête en direction d'Astoria qui était à la porte. Il lui fit signe de rester silencieuse et sortit de la pièce sur la pointe des pieds avant de fermer derrière lui puis de sourire. La présence endormie et câline de Scorpius l'avait apaisé et il engagea la conversation en murmurant tout en marchant vers la salle à manger.

- Il venait te chercher, son doudou était tombé derrière son lit.
- Comment est-il sortit de sa chambre ? Il est venu au salon ?
- Oui, je pense que sa magie l'a aidé… elle flottait autours de lui.
- Elle flottait ?
- Hum… Je suis sensible à la magie.
- Oh. Je ne savais pas.
- J'en parle peu.

Elle hocha de la tête en réponse et il supposa qu'elle avait compris qu'il n'aimait pas vraiment en parler. Il n'en était pas honteux mais peu de gens comprenait cet aspect de lui et cela le pointait encore comme quelqu'un de différent.

- Harry ?
- Oui ?
- Peut-on parler du baiser ?

Sa sérénité s'effrita légèrement malgré le calme d'Astoria. Il ferma les yeux un instant, se rappelant le visage attentif et adorable de Scorpius, pour ne pas se laisser gagner par la panique.

- Harry ? Je ne veux pas te perturber. Théodore nous a fait comprendre que nous avions mal agi. Mais la vérité est ce qu'elle est. Tu me plais. Tu plais à Drago même s'il ne le dira pas si ouvertement. Je ne veux pas te forcer, Drago non plus. Penses-y juste d'accord ? Théodore nous a dit que …
- Tu parles de moi dans mon dos Astoria ?

Le duo se retourna, juste avant de rentrer dans la salle à manger où leur repas les attendait, avec du retard dû à quelques problèmes, pour faire face à Théodore qui était accompagné de Drago.

- Oui et non Théodore. Je demandais juste à Harry de prendre en compte notre proposition de partager notre couche un de ses jours.

Théodore vit son compagnon se tendre légèrement et sentit sa magie changer subtilement. Astoria et Drago ne le remarqueraient sûrement pas, mais il avait appris à lire dans les variations de magie de Harry. Il avança vers lui, sachant parfaitement qu'il n'était plus à l'aise ici et posa sa main avec tendresse sur sa joue pour avoir son attention.

- Veux-tu que nous rentrions ?

Les yeux verts brillaient un peu et Théodore se força à adoucir son expression pour qu'il comprenne qu'il était serein avec l'idée de rentrer et que cela ne le dérangeait pas. Le temps que Harry décide, il se repassa en tête les dernières semaines.
Il avait été quelque peu occupé, une affaire demandant son attention de nombreuses heures par jour, et n'avait pu rejoindre Harry que deux ou trois soirs par semaine alors qu'ils avaient l'habitude de déjeuner ensemble le midi avec les enfants lorsque Ginny ne pouvait pas les surveiller à cause d'un match ou d'un entraînement.
Il se rendait compte avec le recul qu'il avait un peu délaissé son Gryffondor et que celui-ci ne s'en était pas plaint un instant. Il n'avait d'ailleurs à aucun moment chercher à entamer un moment intime malgré le mois passé sans faire l'amour.
Théodore se nota de remédier à ce fait dès le lendemain, les enfants étant avec leur mère ou leur grand-mère, pour ne pas trop faire languir Harry. Et lui permettre de se dépenser autrement qu'en passant des heures à la salle de sport bien que cela lui sculptait un corps de rêve très agréable à regarder et caresser.

- Je … Non, c'est bon…

Il sourit de manière un peu perdue et Théodore s'avança d'un pas pour l'embrasser très brièvement, ne voulant pas s'exposer devant ses amis. Il avait progressé depuis sa mise en couple avec le brun, mais il ne se sentait pas encore très à l'aise pour les gestes d'affection devant d'autres. Cependant, le sourire amoureux de Harry le rassura et il sut qu'il avait bien fait de se forcer.
Ils se regardèrent un instant, partageant sans mot leur amour, puis Théo poussa la porte de la salle à manger pour avoir enfin de quoi se nourrir.

/\/\/\/\/\/\

24 mars 2008 – 12h14 – Salle de classe – Godric's Hollow

Harry félicita Victoire et Molly pour leurs lignes de voyelles très bien tracées. Il vérifia ensuite d'un coup d'œil le travail de Fred et le laissa ranger après l'avoir également félicité de ses jolies lettres. Le jeune roux lui répondit par un grand sourire avant de se lever d'un bond et de crier :

- Chaly !

D'un coup d'œil rapide le brun repéra en effet le dragonnier à la porte de la pièce qui servait de salle de classe pour ses enfants et la tribu des Weasley depuis qu'Harry avait pris le rôle d'instituteur des enfants de la famille après avoir démissionné du poste d'Auror.

- Pa !

Harry se pencha sur Teddy et lui sourit en lisant sa réponse à son exercice de mathématiques. Le petit avait fait une faute de calcul mais il prendrait le temps de lui expliquer dans l'après-midi, là il était l'heure d'aller manger.

- Il y a une erreur, on regardera ça cet après-midi. D'accord ?
- Oh. Ok…
- Ce n'est pas grave Teddy, tu vas aider James à ranger ?

Il sourit à son filleul qui obéit et se redressa, se retrouvant brusquement avec Charly dans son espace personnel.

- Bonjour Harry.
- Bonjour…

Le brun inspira légèrement et se retint de fermer les yeux en sentant l'odeur épicé du cadet des Weasley dont le sourire était toujours aussi lumineux.

- Tu vas bien ?
- Oui et toi ? Tu… Tu es de passage ?
- Oui.

Le regard bleu le scrutait et Charlie eut un sourire en coin.

- Tu as pris un peu de muscles.

Le sourire du roux s'était agrandi après son constat. Ils savaient tous les deux que le brun prenait du muscle lorsqu'il avait un trop plein d'énergie, ce qui allait de pair avec une activité sexuelle réduite. Cela avait commencé avec Ginny au début de leur relation, quand Harry était en formation d'auror. Un jour, frustré et énervé, après une journée compliquée concluant une quinzaine sans sexe où la rousse avait enchaîné les excuses, le brun était allé se défouler dans la salle de sport du ministère jusqu'à tomber d'épuisement. Le soir, Harry avait dormi comme un bébé et le lendemain il avait pu enfin avoir une conversation posée avec Ginny – qui à l'époque l'avait rassurée en lui disant qu'elle était juste fatiguée par les entraînements de Quidditch.
Cette habitude de s'épuiser physiquement quand il était frustré avait perduré dans le temps et le brun l'avait gardée même en se mettant en couple avec Théodore. Il n'y allait pas tous les jours mais il était vrai que les deux dernières semaines il y avait été de manière très assidue, profitant de la présence de Ginny pour s'occuper des enfants.

- Papa ?

Harry tourna la tête vers son fils qui lui signala qu'il avait faim et hocha de la tête.

- Oui, on va y aller. Charlie ? Tu viens chercher Fred, Molly, Victoire et Dominique ?

Il n'était pas rare que Molly et Arthur accueille tous leurs petits enfants à midi et qu'un de leur enfants viennent récupérer les petits pour tous les autres. Parfois Harry et ses fils y allait. Parfois, chaque parent venait récupérer son ou ses enfants. Harry ne savait plus ce qu'il en était aujourd'hui, il faudrait qu'il regarde sur le planning de la semaine. Parfois il y avait un cafouillage et les Potter avait un ou deux invités à tables, rien de bien dérangeant.

- Fred et Molly. Bill m'a dit qu'il venait chercher les filles.
- Hum, ok.
- Je pourrais revenir après ?
- Oh… Oui. Oui bien sûr.

/\/\/\/\/\/\

24 mars 2008 – 14h21 – Cuisine – Godric's Hollow

Théodore passa la porte de la cuisine pour y déposer la tarte à la mélasse qu'il avait achetée chez le meilleur pâtissier de Londres pour se faire pardonner de son absence. Cependant, alors qu'il s'était attendu à trouver la pièce vide et à devoir aller saluer son compagnon dans la salle de classe aménagée, il croisa le regard bleu ciel du cadet des Weasley qui était en train de rire et qui avait légèrement tourné la tête au bruit de son entrée.
Son regard scanna la pièce immédiatement et il vit les enfants en train de dessiner sur la table pendant que Harry et Charlie buvait un thé, le brun sur le plan de travail et le roux contre sa cuisse gauche. Proche. Très proche.
Le Serpentard se crispa légèrement, agacé de cette proximité mais avança dans la pièce d'un pas fluide, cachant ses sentiments derrière son masque durement acquis durant sa jeunesse. Il déposa la boîte, finement décorée, à l'intérieur du réfrigérateur et se tourna vers Harry. D'un rapide coup d'œil il remarqua que son brun s'était éloigné du roux et cela l'énerva brusquement mais il se força au calme.
Harry ne le trompait pas. Harry l'aimait. Harry cherchait sûrement un peu de réconfort alors qu'il avait été délaissé ces dernières semaines.

- Théo ?
- Bonjour Harry.

Mettant de côté sa pudeur, il avança vers le brun et se glissa entre ses jambes pour l'embrasser rapidement d'un baiser appuyé, ses deux mains sur sa taille. C'était sûrement puéril d'agir ainsi, mais il se sentait le besoin de réaffirmer au roux qui était le compagnon de l'ex-auror et d'assurer à Harry ses sentiments et son envie de passer du temps avec lui.

Quand il se recula, il remarqua le visage plein d'amour d'Harry et fut immédiatement soulagé. La magie du brun le frôla puis l'entoura, le baignant dans un cocon de douceur qui termina d'apaiser les tensions dans ses muscles.

- Tu es arrivé tôt. Il y a un souci ?
- J'avais envie d'être avec toi.

Le sourire de son compagnon s'agrandit et sa magie se fit plus dense, plus pétillante. Théodore plongea dans ses orbes verts émeraude qui ne regardaient que lui et l'embrassa à nouveau, très légèrement.

- Ginevra n'a rien de prévu ce soir et j'ai ramené à goûter. Je pourrais t'aider pour la classe … avec Dominique et Edward. Puis on pourrait aller quelque part ce soir. Si cela te dit ?
- On est en semaine Théo… D'habitude…
- Tu mérites que je m'occupe un peu de toi.
- Oh.

Il sourit à son Gryffondor qui rougissait, soudain timide du sous-entendu, alors que sa magie trahissait de son début d'excitation, caressant sa peau qui frissonna.

- Bon.

L'interruption de Weasley cassa leur bulle et il le regarda, reprenant son air neutre qu'il gardait devant ceux qui ne faisaient pas partie de son cercle intime. Le roux les fixait, clairement amusé et posa sa main sur la cuisse d'Harry, frôlant la peau de Théodore qui se retint de reculer d'un mouvement brusque.

- Je te laisse Harry. Je reste une semaine chez Bill. Contacte-moi si … besoin.

Le silence plana entre eux trois. Harry regardait Charlie. Charlie regardait Harry.
Et Théodore observait Harry dont les pupilles s'étaient dilatées et le corps un peu tendu. Ils savaient tous trois que le brun était excité par la proposition. Ils savaient tous trois également que rien ne se ferait sans l'accord du Serpentard qui bien qu'il ne serait pas avec eux dans le lit, avait son mot à dire. Avait le dernier mot d'ailleurs.

- C'est noté. Bonne … Journée.
- Toi aussi. Vous aussi. Théodore.
- Charlie.

Le roux s'éloigna après cette salutation et souhaita une bonne après-midi aux enfants.

/\/\/\/\/\/\

24 mars 2008 – 23h13 – Chambre des Maîtres – Square Grimmaurd

Théodore poussa la porte de leur chambre et observa Harry qui était allongé sur le lit dans son peignoir et regardait le plafond.
La journée avait été délicieuse. Il s'était occupé des deux enfants les plus vieux, faisant des maths avec Teddy et de la lecture avec Victoire, pendant que Harry gérait les plus jeunes. Puis ils avaient goûté tous ensemble, les enfants ayant le droit à une part de tarte chacun bien qu'elle fut plus petite que celle du père de famille qui se régala.
Ensuite, Théo avait amené son compagnon marcher dans Londres. Ils avaient déambulé au hasard, avait regardé un spectacle de rue puis étaient rentré dans un restaurant qui ne payait pas de mine mais qui s'était avéré assez bon pour qu'il accepte d'en retenir l'adresse. Ils étaient rentrés en marchant lentement, s'arrêtant dans un bar pour écouter un groupe de jeune chanter leurs chansons entre rock et pop.

Une fois à la maison, Théodore avait trouvé une lettre qui l'attendait et Harry l'avait laissé pour y répondre, soufflant qu'il l'aimait et qu'il allait prendre une douche.

- Théo ?

Son regard se centra sur son brun dont les pans du peignoir s'étaient ouverts, dévoilant son torse bronzé et imberbe. Et musclé. Harry avait pris du muscle dernièrement, signe évident qu'il s'était sentit seul et/ou frustré. Théodore n'allait pas s'en plaindre, car la ligne d'abdos était très agréable à regarder, mais il s'en voulait de ne pas avoir été plus présent.

Décidé à se faire encore plus pardonner, et à satisfaire les envies d'Harry, il avança vers le lit et grimpa sur son brun qui s'allongea sous lui, avant de l'embrasser. Il mena le baiser, mêlant rapidement leurs langues passionnément et faisant gémir son amoureux. Théodore avait appris à tolérer les baisers avec le temps dans ses premières relations alors qu'il n'y voyait au début qu'un échange de salive peu plaisant. Mais embrasser Harry avait toujours eu quelque chose de plus. Peut-être était-ce sa magie qui les entourait, ou peut-être que l'amour changeait ses perceptions… mais leurs baisers étaient toujours agréables et il ne rechignait jamais à la tâche quand il était l'heure de ravir ses lèvres.

Ses mains glissèrent sur la peau bronzée et il en savoura la douceur alors qu'il faisait glisser les pans du peignoir, dévoilant son corps en entier. Nu, épilé, musclé, bronzé et doux.
Il caressa le torse offert du plat de la main avant de glisser sur son ventre qui se couvrit de chair de poule.
Harry bandait déjà à moitié, toujours très réactif à ses caresses, et son regard était légèrement voilé. Son visage était beau ainsi, mais il allait le rendre encore plus beau en s'occupant de lui. Ses doigts glissèrent plus bas encore, caressant son pubis avant de s'enrouler autour de sa verge qu'il masturba avec lenteur, observant le visage de son aimé qui se tortillait en haletant.
Théo libéra son gland, ne regardant pas vraiment son sexe, se concentrant sur son visage.

- Harry, lève les bras.

Le gryffondor répondit instinctivement à son amant et leva les bras avant de gémir quand d'un sort, Théodore lui attacha avec une corde serrée. Le Serpentard avait découvert un soir que le brun était souvent plus excité lorsqu'il était contraint. De manière générale d'ailleurs, Harry réagissait de manière très positive quand il était dominé.

- Ecarte tes jambes. Genoux relevés.

Le corps sous lui obéit et Théodore se retrouva entre les jambes musclés de son amoureux, dont le sexe dur se frottait à sa chemise.

- Arrête.

Le mouvement de hanche cessa immédiatement et il put se détendre. Il n'était pas à l'aise avec l'idée de salir sa chemise, surtout avec du sperme. Même si c'était le sperme de son compagnon. Tenant toujours sa baguette il lança un sort au brun qui s'arqua sous la sensation et il revint contre lui, rassuré de savoir que l'autre ne pouvait pas éjaculer et donc tâcher son habit. La verge se pressa contre lui faisant haleter Harry qui se remit à onduler des hanches cette fois ci sans être arrêté par son amant.

Théodore revint pour l'embrasser avec plus de douceur, malgré l'excitation de son compagnon, et en profita pour caresser ses épaules larges. Harry était à point et aurait certainement joui s'il ne lui avait pas lancé de sort, le brun étant du genre rapide. Cela ne l'avait jamais dérangé, au contraire même, mais il savait que cela gênait son compagnon, alors il s'assurait de lui lancer le sort l'empêchant de jouir et jouait avec lui un peu avant de le laisser venir.

- Pas un bruit Harry. Sinon tu seras puni.

Un hochement de tête lui répondit et Théodore se releva. Il ouvrit le tiroir sécurisé de la commode et observa les objets qui s'y trouvaient. George Weasley avait étendu sa gamme de produit à des objets plus adultes qui promettaient à leurs utilisateurs de grimper au septième ciel. Harry avait acheté son premier jouet seul, peu de temps après qu'il lui ait avoué son asexualité. C'était un objet en forme de pénis, que George avait nommé un godemichet, et qui vibrait sur commande vocale. Théo avait découvert l'existence de ce « gode » en débarquant un peu trop tôt au Square Grimmaurd et en trouvant Harry assis dessus en train de se faire du bien.

Harry avait était horriblement gêné et avait refusé dans discuter pendant des jours. Mais petit à petit il avait convaincu son compagnon de s'ouvrir et ils avaient pu en discuter : Non ça ne le dérangeait pas qu'il se fasse du bien, non ça ne le dérangeait pas qu'il ait des « sextoys » et non cela ne signifiait pas que Théodore allait considérer qu'il n'avait plus besoin de le toucher.

Depuis, leur collection s'était étoffée et Théodore avait même accompagné Harry dans le rayon adulte du magasin Weasley pour y acheter quelques petites choses. Comme la paire de menotte qui brillait légèrement ou cet œuf vibrant qu'il pouvait allumer à distance grâce à sa baguette. Ou bien ce gode qu'il prit dans sa main. Il attrapa également la bouteille de lubrifiant magique et une barre extensible. Il revint vers le lit et plaça la barre entre les chevilles d'Harry pour lui tenir les jambes écartées et l'observa se tendre d'anticipation. Les yeux verts le fixaient, dilatés par le plaisir et il trouva cette vision magnifique. Sa main à l'intérieur de la cuisse gauche il observa le trou plissé qui palpitait légèrement. Il savait que certaines personnes auraient été excité par ça, Théodore trouvait juste ça… curieux. Il ne comprenait pas comment Harry pouvait aimer être pénétré ici mais il savait que le brun ne simulait pas. Il aimait ça, il adorait même.

Le Serpentard déboucha la bouteille de lubrifiant et glissa l'embout à l'intérieur d'Harry avant d'appuyer sur les bords du contenant pour faire sortir le produit.

- Ah …

Ses yeux remontèrent le long du torse et il regarda le visage de son amoureux, crispé par le plaisir. Il savait que le lubrifiant chauffait à l'intérieur de son corps et le préparait à recevoir le jouet. Théodore n'aimait pas vraiment glisser ses doigts … ici. C'était déjà arrivé mais il avait été tellement tendu que cela n'avait pas été plaisant pour le brun. Alors le produit de Weasley était un bon compromis pour détendre le corps d'Harry et l'exciter en même temps.

Théodore attrapa à nouveau sa baguette et lança un autre sort.

Harry gémit en se rendant compte qu'il ne voyait plus rien. Ses hanches poussèrent vers le haut inconsciemment.

- Thé…
- Pas de bruit Harry.

Il ravala son gémissement et se crispa. Le gel, en lui, le chauffait de manière très agréable et il pouvait sentir que son trou se détendait. Puis, la sensation s'intensifia quand il sentit la tête d'un jouet pousser contre son entrée et il respira lentement pour l'accueillir autant que possible.

- Harry. Arrête de bouger.

Le brun obéit tant bien que mal malgré son envie irrépressible d'onduler. Il put ainsi sentir l'objet glisser en lui, centimètre par centimètre, et son anus s'écarter autour. Ça le tirait un peu, mais rien de douloureux. Au contraire. La sensation était excitante et il aurait surement joui sans le sort sur son pénis. Sans oublier que le fait d'être entièrement soumis à Théodore le rendait fou de plaisir. Son compagnon l'avait attaché et rendu aveugle. Il pouvait faire ce qu'il voulait et cette idée le rendait complétement fébrile.

- Ah !

Le jouet venait de se mettre à bouger en lui, imprimant un mouvement de va et viens qui frottait contre ses parois intimes et le fit se tendre. L'objet se mit ensuite à vibrer et Harry haleta, complétement pris dans le plaisir que cela lui procurerait. La main de Théodore se posa sur sa cuisse et remonta sur sa verge pour le masturber. Une vague le traversa, partant de son sexe et se diffusant dans tous son corps. Il jeta ses hanches en avant et cria. Le mouvement du gode s'accentua en lui, le faisant trembler d'extase alors que l'objet frottait contre son point G. Le plaisir gonfla en lui.

- Théo !

La barre entre ses chevilles l'empêcha de refermer les jambes pour fuir le trop plein de sensations que lui offrait l'objet en lui, la main le masturbant et celle qui jouait désormais avec ses tétons tendus. Un cri lui échappa, puis un autre. Ses hanches se mirent à bouger plus franchement alors que l'orgasme enflait dans son bas ventre.

- Théo ! Théo !

Le brun serra les doigts sur l'oreiller, les mains toujours attachées au-dessus de sa tête. La bouche de Théodore se posa sur ses lèvres. Harry couina dans le baiser et mordit les lèvres sans pouvoir retenir son mouvement. Il voulait jouir ! Il devait jouir !

Sa magie gronda sous sa peau et explosa autours d'eux. Les sorts de Théodore se désactivèrent et l'orgasme le submergea alors que ses mains libres entouraient brusquement les épaules de son amant, l'empêchant de s'éloigner. Il l'embrassa à perdre haleine, se frottant à lui alors qu'il vivait un moment qui valait bien un gros mois d'attente et de frustration.

/\/\/\/\/\/\

25 mars 2008 – 00h16 – Chambre des Maîtres – Square Grimmaurd

Harry regarda Théodore et rougit. Son amoureux défaisait les boutons de sa chemise, tâché par son sperme, avec réluctance. Le brun se redressa et s'assit sur les bords du lit, son corps était courbaturé mais il se leva quand même pour avancer vers son amoureux et chasser ses mains.

- Laisse… je vais faire.

Nu et tremblant de l'orgasme qu'il venait de vivre, il commença à défaire les boutons, se moquant que certains soit couverts de semence et enleva la chemise sans toucher la peau pâle.

- Désolé. Je l'amènerais au pressing demain.
- Ne t'excuse pas Harry.
- Tu n'aimes pas quand je salis tes vêtements et j'ai annulé ton sort sans autorisation.

Il se sentait un peu honteux. Théodore lui offrait un moment plus que plaisant et lui le remerciait en le salissant avec son sperme, ce que son petit-ami ne supportait pas. Il plia la chemise en silence, songeant déjà qu'il avait un peu de temps demain pour aller déposer la chemise au meilleur pressing de Londres.
Ses poignets furent saisit délicatement et il releva la tête avant de couiner de plaisir sous le baiser qui fut déposé avec tendresse sur ses lèvres.

- Je t'aime Harry. C'est juste une chemise. Tu as aimé au moins ?

Harry hocha de la tête rapidement, souhaitant rassurer son compagnon.

- Oui ! Oui bien sûr ! C'était parfait !
- Alors tout va bien. Pose cette chemise et va te rincer. Je vais changer les draps et aérer un peu la chambre.
- Ok.

Ses lèvres furent à nouveau ravies et Harry se sentit fondre quand la main de Théo se posa sur le bas de son dos pour le rapprocher de lui, l'enlaçant avec tendresse malgré son corps couvert de sueur et de sperme.

- Je t'aime Harry.
- Je t'aime Théodore.


Fin ?


Mot de l'auteur : J'espère que cette histoire vous aura plu. J'ai des idées pour une suite mais je dois trouver le temps de l'écrire car mon autre histoire est la priorité.

N'hésitez pas à me laisser un petit mot.
J'ai adoré écrire l'histoire de Théodore et Harry et je pense sincèrement qu'il y aura un autre chapitre, avec un peu plus de Drago/Astoria et un peu plus de Charlie !


Merci de m'avoir lue.

Cœur

Oz'