Comme promis, la suite.

Katymyny Tom, un coeur de Poufsouffle ? Booon, c'est pas totalement faux, mais il ne faut pas lui dire : il se vexerait très fort ! Et oui, Ginny l'a reconnu grâce au journal. J'utilise les ($) depuis trèèèèèès longtemps pour signifier le fourchelang (15 ans !). Je ne peux pas les enlever, ça me perturberait trop #maniaque, mais je peux aussi mettre en gras ou souligné si ça te facilite la lecture.

Remarque : Les passages en italique sont les passages qui proviennent directement du tome 6 et que je me suis contentée de recopier. Les passages encadrés par des $ sont en fourchelang.


Chapitre 2 : Le coup du sort

Un brouhaha infernal s'était emparé de la Grande Salle. Partout les élèves piaillaient, les hiboux hululaient et les plumes s'éparpillaient au petit bonheur. Tom retint une grimace de dégoût lorsque l'une d'entre elles tomba dans son chocolat chaud. Comme il avait très mal dormi cette nuit à cause du déphasage temporel et de la somme d'informations qu'il devait ingurgiter, il réagit benoîtement lorsque Lavande Brown lui proposa son chocolat : il la remercia avec un sourire niais. L'affaire lui valut un regard acéré de la part de Potter.

Potter mettait un point d'honneur à s'acquitter de sa délicate mission : surveiller Tom, analyser ses faits gestes pour déterminer si oui ou non, il pouvait être sauvé. Sauvé au sens des Gryffondor, s'entend. En d'autres termes, il s'agissait non pas de lui permettre de rentrer chez lui, dans son époque, mais plutôt de l'extirper de la fascination malsaine que les forces du Mal exerçaient sur lui. Merlin ce que les Gryffondor étaient bornés ! Sans oublier Neville Londubat qui ce matin encore, avait tenté de lui faire gentiment la conversation pour lui permettre de s'intégrer dans le cercle amical des Gryffondor. Il n'avait pas besoin d'ami ! L'amitié n'était qu'une illusion destinée aux vulgaires, à ceux qui se servaient des autres pour étouffer leurs propres peurs. Un jour, Tom parviendrait à se défaire de ces craintes qui l'affaiblissaient. Pour l'instant cependant, il était terrifié par son nouvel environnement, par la surveillance dont il faisait l'objet, par les menaces que l'on avait proférées, et par son double qui tôt ou tard le retrouverait.

Sans y prendre garde, Tom se mit à jouer avec son pendentif.

Un frisson parcourut l'échine de l'adolescent alors qu'une image brumeuse, issues des réminiscences oniriques, s'imposait à lui. Un grand sorcier blond aux contours indistincts le menaçait de la pointe d'une épée. La netteté de la lame tranchait avec le flou qui régnait dans le domaine des rêves. L'épée de Gryffondor. Pour tenter de chasser ce fantôme de cauchemar, Tom avala une gorgée de chocolat délicieusement crémeux.

Encore une fois, ses pensées inquiètes le menèrent vers le terrible Mage Noir allemand. Non ! Grindelwald avait été défait, vaincu, et emprisonné à Nurmengard. Il n'était plus une menace… Ce dont Tom doutait fortement. Même enfermé, Grindelwald demeurait redoutable et dangereux.

— $Pourquoi Grindelwald n'a-t-il pas reçu le baiser du Detraqueur ?$ siffla-t-il à voix basse.

Potter, jusqu'alors absorbé dans une conversation dans laquelle le nom de Malefoy revenait régulièrement, lui jeta un regard surpris.

— $Personne ne mérite le baiser du Detraqueur, pas même Grindelwald… $

Potter marqua une brève hésitation. Il n'eut pas le temps d'aller plus loin dans ses réflexions, car McGonagall avait quitté la table des enseignants pour leur distribuer leurs emplois du temps. Vérifiant les BUSEs de chacun, elle procédait au cas par cas.

« Bien, Potter, à nous, maintenant… Potter, voyons…, dit le professeur McGonagall en consultant ses notes tandis qu'elle se tournait vers Harry. Sortilège, défense contre les forces du Mal, botanique, métamorphose… tout ça a très bien marché. Je dois dire que j'ai été très contente de votre note en métamorphose, Potter, très contente. Mais pourquoi n'avez-vous pas demandé à poursuivre les cours de potions ? Je croyais que vous aviez l'ambition de devenir Auror ? »

Tom tendit l'oreille, soudain intéressé. Ainsi, Potter avait l'intention de devenir Auror… en un sens, c'était logique. Son futur-lui, Voldemort, lui avait déjà permis d'acquérir une certaine expérience dans le domaine de la lutte contre les Mages Noirs.

« En effet, vous m'aviez prévenu que ce serait impossible si je n'avais pas un "Optimal" à ma BUSE, professeur.

— C'était vrai lorsque le professeur Rogue enseignait cette matière. Mais le professeur Slughorn sera... »

Tom n'écoutait plus, analysant avec soulagement les informations qui lui parvenaient. Il échappait à Rogue pour le cours de Potions. Mieux encore, il retrouverait ce vieux morse affable de Sulghorn qui avait toujours adulé l'élève exceptionnel qu'était Tom Riddle, présentement Tom Temple ! Tom aimait bien Slughorn. Il ne se lassait jamais de l'adoration que lui vouait le vieux professeur. Plus généralement, Tom appréciait être au centre des attentions des adultes, être admiré et félicité, chose qui n'arriverait certainement pas dans le cours de Rogue.

Quelle matière enseignait Rogue ? Avec un peu de chance, ça serait une matière stupide, telle que la divination ou bien le soin aux créatures magiques. Auquel cas, Tom n'aurait pas à supporter son regard cuisant de haine. Un point était certain cependant : il n'enseignerait certainement pas la défense contre les forces du Mal, matière dans laquelle Tom excellait particulièrement. Têtenjoy ne tarissait jamais d'éloges à son sujet, pour le plus grand ravissement de Tom. Combien de sorciers pouvaient prétendre, à son âge, avoir survécu à une confrontation avec le plus grand mage Noir de tous les temps ? Car tel était le titre de Grindelwald, en 1942 ! Tom croisa le regard de Potter qui attaquait avec conviction une tranche de bacon et se rembrunit.

— Temple, à votre tour… dit McGonagall d'une voix légèrement tremblante.

Elle fronça des sourcils.

— Compte tenu de votre situation… particulière, je pense qu'il est préférable de vous laisser choisir les matières que vous souhaitez.

La nouvelle n'étonna pas Tom. Bien sûr ! Il était un élève exceptionnel, le plus brillant de toute l'histoire de Poudlard. Tom marqua un instant de réflexion, avant de répondre d'une voix très polie, à même d'endormir la méfiance d'Alastor Maugrey, un petit deuxième année issue de la maison maudite des Gryffondor :

— J'aimerais poursuivre l'étude des Potions, des Sortilèges, des runes anciennes, de la botanique, de la métamorphose, l'arithmancie, l'histoire de la Magie et la défense contre les forces du Mal, professeur.

— La défense, naturellement, grommela McGonagall.

Tom supposa que Voldemort (il appelerait ainsi son double du futur) avait également fait parler de lui dans cette matière.

Une fois son emploi du temps en main, Tom fila à la suite de Granger vers le cours de runes de la première période. En chemin, entre deux rangées d'armures qui patientaient froidement dans le couloir, il croisa un groupe de Serpentard, ceux-là même qu'il avait rencontrés la veille alors que Potter le menait vers la tour des Gryffondor. Les Serpentard lui jetèrent des regards peu avenants que Tom ignora avec superbe. Il rattrapa Granger après quelques enjambées. Il sentait encore la colère des Serpentard lui piquer la nuque, lorsqu'il demanda à voix basse :

— Quelle matière enseigne Rogue ?

Granger sursauta à son arrivée, pâlit légèrement, cilla, se ressaisit et répondit enfin :

— La défense contre les forces du Mal.

Tom se raidit et fit appel à toute sa maîtrise de digne descendant de Serpentard pour ne rien montrer de son inquiétude. Peut-être se trompait-il. Peut-être que la haine qu'il avait perçue chez Rogue était destinée non pas à lui, mais à Potter ? Vain espoir ! Voldemort était, encore une fois, passée par là. Bon. Ce n'était pas si dramatique. Après tout, ça ne serait pas le premier enseignant qui voudrait le tuer.

Diverses tables de caractères décoraient la salle d'étude des runes anciennes. Pictogrammes et idéogrammes se mélangeaient joyeusement, alternant les formes anguleuses des cunéiformes sumériens ou des runes norroises avec les courbes arrondies des glyphes hébraïques et démotiques.

Batheshelba Babbling se tenait derrière son bureau, un chaleureux sourire sur son visage aux larges bajoues encadrés par des boucles dorées. Petite et dotée d'un certain embonpoint, elle transpirait d'une telle bonne humeur que s'en devenait écœurant. Babbling présenta Tom Temple au reste de la classe avec un enthousiasme qui ne laissait aucun doute : elle ignorait sa véritable identité. Malefoy glissa un commentaire en chuchotant à Nott, suffisamment fort cependant pour que toute la classe puisse en profiter.

— Il faut bien être un Gryffondor pour revenir en Angleterre alors que le Seigneur des Ténèbres est de retour.

Si Tom parvenait à revenir à son époque, Abraxas entendrait parler de lui !

La suite du cours se déroula cependant sans heurt. Ils étudièrent les glyphes des alchimistes de Cracovie, réputaient pour leurs travaux portant aussi bien sur l'astronomie que sur l'étude de la matière. Malgré les quelques mois qu'il avait manqués (ou quelques années, selon les points de vue), Tom parvint à suivre le cours. Il fut surpris par la rapidité de Granger à répondre aux questions et se jura de lui faire de l'ombre au plus vite. C'était honteux que la primeur des réponses revienne à une Gryffondor !

Il tenta d'oublier la couleur de l'écusson qui se trouvait désormais sur sa robe d'occasion.

Avec une rapidité qui l'avait étonné, on lui avait rapporté le nécessaire en fournitures scolaires : uniformes, parchemins, plumes et encriers. Les livres viendraient plus tard. Par ailleurs, chanceux dans son malheur, Tom avait conservé sa précieuse baguette lors de son impossible et pourtant bien réel voyage dans le temps. Celle-ci se trouvait alors dans sa poche.

Le premier cours de l'année se termina et ils étaient déjà assommés par le travail. Ils se dirigèrent alors en silence vers le cours de défense et attendirent, tout autant en silence, devant la porte dans le couloir. Granger ne savait-elle pas parler que pour répondre aux questions des professeurs ?

Potter et Weasley arrivèrent. Granger retrouva soudain la parole et déclara, les bras chargés de livres, l'air débordé :

— On a plein de devoirs en runes (…). Une dissertation de quarante centimètres de long, deux versions et il faut encore que je lise tout ça d'ici mercredi.

— Pas drôle, marmonna Ron en bâillant.

Doux euphémisme, songea Tom qui se demandait si le plan de Dumbledore pour que la version adolescente de Voldemort se tienne tranquille n'était pas de l'assommer de travail.

— Attends un peu, lança-t-elle avec aigreur, je te parie que Rogue va nous surcharger de travail.

Quand on parle de la chauve-souris, on en voit les cheveux graisseux. Tom sursauta lorsque la porte s'ouvrit, révélant le très effrayant professeur de défense contre les forces du Mal. À la fois inquiet et fasciné, Tom pénétra dans la sombre pièce à la décoration sordide. Ca foisonnait de représentations de membres atrocement déformés et de visages horriblement défigurés par des maléfices les plus obscurs. Tom identifia moins de la moitié des sortilèges de magie noire évoqués. La faible luminosité des lieux n'aidait en rien. Les rideaux avaient été sauvagement tirés, si bien qu'il ne restait guère que quelques chandelles pour fournir une piètre lumière aux étudiants.

— $Peut-être redoute-t-il que le soleil abîme son magnifique teint cireux$, siffla Tom à Potter.

Dans les années 40, Tom avait coutume de se moquer avec Eutropia Grayson, des enseignants qu'ils n'aimaient pas. Comme Eutropia était également fourchelang, ils s'en donnaient à cœur joie sans crainte d'être compris. La plaisanterie attira un regard surpris de la part de Potter et un autre très noir de la part de Rogue. Tom se tendit aussitôt.

— Peut-être que notre nouveau camarade aura l'amabilité de faire part de son intéressante réflexion aux pauvres sorciers que nous sommes, incapable de comprendre le fourchelangue.

Malefoy nota avec intérêt cette nouvelle information. Malgré toute la haine qui transperçait les pores embourbés de sébum de Rogue, Tom répondit le plus naturellement du monde d'une voix presque innocente, en désignant un homme méchamment carbonisé :

— Je disais que j'étais étonné de voir une représentation des effets du pyrendo.

La réponse prit de cours Rogue, ce que savoura Tom. Un petit bonheur bien appréciable. Depuis son arrivée impromptue dans le futur, où tout était à la fois si différent et si semblable, Tom était déstabilisé. Un rien suffisait à l'effrayer et il avait parfois envie de hurler son désespoir. Lui qui était exceptionnel, qui n'avait jamais eu besoin de personne, trouvait malgré lui, un certain réconfort en la présence de Potter dont le fourchelang résonnait à ses oreilles comme une douce mélodie. À son contact, il y avait quelque chose de familier, quelque chose auquel il pouvait se raccrocher alors que tout son univers avait basculé. Une ironie du sort, lorsque l'on savait que Voldemort avait assassiné les parents de Potter.

Rogue s'était désintéressée de l'adolescent du passé. Il venait de poser une question sur les informulés. Tom connaissait la réponse bien sûr, mais par prudence, préférant se faire oublier de Rogue, il garda le silence. Rogue reprit son discours sur les forces du Mal, parlant d'elles avec un certain délice qui hérissa les cheveux de Tom. Il n'avait rencontré qu'une seule personne parlant des ténèbres avec une telle voix caressante, une telle délectation : Grindelwald.

La dernière phrase de l'enseignant (que Tom, perdu dans ses pensées, n'avait pas écoutée) semblait viser Potter. Potter dévisageait désormais Rogue d'un regard noir transpirant de haine, sans ciller, jusqu'à ce que Rogue détourne le sien.

Vous allez maintenant vous répartir en équipes de deux. L'un des deux partenaires essayera d'ensorceler l'autre sans parler et l'autre tentera de repousser le maléfice en restant tout aussi muet. Allez-y.

Tom craignit un instant que Potter ne se mette en binôme avec lui. Compte tenu du contexte, à savoir un enseignant que le détestait avec virulence et un sorcier à même de survivre à une rencontre avec Voldemort, Tom jugeait déraisonnable une telle confrontation. Granger intervint. Elle désigna du regard les baguettes et finalement, Tom fut le partenaire de Granger. Alors que beaucoup d'élèves se lançaient dans de pitoyables tentatives de tricherie, murmurant l'incantation, le tandem Temple-Granger travaillait avec le plus grand sérieux. Ils échangeaient régulièrement les rôles, en silence et avec application. Granger parvint au bout de dix minutes, à lancer un maléfice de jambencoton que Tom repoussa sans prononcer le moindre mot. Un tel exploit méritait d'être récompensé par au moins trente points, ce dont s'abstint Rogue. L'enseignant quitta le binôme le plus doué de l'histoire de Poudlard avec une moue de dégoût.

Virevoltant entre les duels muets, Rogue ressemblait plus que jamais à une chauve-souris géante. Ne perdant pas une occasion pour cracher son aigreur, il s'arrêta finalement devant Weasley et Potter. Après un commentaire désobligeant à l'encontre de Weasley, il entreprit d'ensorceler Potter.

Protego ! s'exclama Potter.

Son charme du bouclier fut si puissant que Rogue perdit l'équilibre et tomba sur la table. Toute la classe se retourna vers lui et le regarda se redresser, l'air mécontent.

— Vous souvenez-vous que j'avais parlé de sortilèges informulés, Potter ?

— Oui, répondit Potter avec raideur.

— Oui, monsieur.

— Il n'est pas nécessaire que m'appeler « monsieur », professeur.

À l'instar de plusieurs élèves, dont Granger, Tom sursauta. Les Gryffondor étaient donc toujours aussi stupides et suicidaires en cette époque que dans la sienne. Tom songea avec amertume que cette époque était désormais la sienne et qu'il n'avait, à priori, aucune possibilité de rentrer chez lui, lorsqu'il était encore à Serpentard, lorsque les élèves de sa maison le respectaient tandis que d'autres avaient appris à le craindre, lorsque tout était simple et qu'il recherchait la Chambre de Secret quand il ne contrecarrait pas un nouveau plan de Grindelwald.

Potter écopa d'une retenue pour son insolence. Il fulminait encore alors qu'ils quittaient la classe, sous les félicitations de plusieurs Gryffondors. Granger, elle, se montra plus nuancée. Encore une fois, Tom eut la sensation désagréable que face à lui se trouvait un futur Mage Noir. Potter fut alors hélé par un Gryffondor, Jack Sloper, qui courait vers lui un parchemin à la main.

Ils parlèrent de Quidditch, sport que Tom jugeait particulièrement inutile et chronophage, mais rapidement l'attention de Potter se détacha de Sloper pour lire le mot, l'abandonnant au milieu d'une phrase. Sloper ne protesta pas. Il secoua simplement la tête, désolé, tout comme l'aurait fait Rosier si Tom Riddle l'avait délaissé en 1942.

Potter, Granger et Weasley formèrent un petit conciliabule se perdant en conjecture à voix basse sur le mot. Ils se turent aussitôt que Tom approcha. Durant la récréation, ils échangèrent des banalités (dernier match de Quidditch, invention farfelue des frères de Weasley et même la météo) après quoi, Tom se rendit avec Granger au cours d'arithmancie.

La salle était de petites dimensions. Les murs disparaissaient entièrement sous des diagrammes plus ou moins complexes et des tables de calculs. Posés sur le bureau, quelques instruments alambiqués en laiton fournissaient des représentations tridimensionnelles des théorèmes, lemmes et autres corollaires étudiés.

Déjà du temps de Tom, l'arithmancie avait la réputation d'être l'une des matières les plus complexes. À présent, il n'y avait guère de six élèves qui avaient eu le courage, si ce n'était l'inconscience, de se lancer dans cette étude ardue : Tom Temple naturellement, Hermione Granger, un Serpentard et trois Serdaigle. Les Serdaigle prirent place sur le rang de devant tandis que les deux Gryffondor et le Serpentard s'asseyaient derrière. Tom se retrouvait donc coincé entre Miss-Je-Sais-Tout et un potentiel serviteur de son lui du futur. Ce dernier dévisageait Tom avec une certaine curiosité tandis qu'ils sortaient plumes et parchemins. À la grande surprise de Tom, le Serpentard salua la Gryffondor avec une certaine chaleur et elle lui rendit son salut en retour. Le Serpentard lui tendit une main. Malgré ses réticences anxieuses, Tom accepta de la serrer. Il devait étouffer le moindre soupçon.

— Je m'appelle Théodore Nott, se présenta le Serpentard.

Les accents chantants de sa voix firent presque sursauter Tom. Nott était un adolescent plus dégingandé encore que Weasley, avec un visage fin et des traits très doux. Il avait le même nez droit et les mêmes yeux verts flamboyant comme de l'herbe fraîchement coupée de Callidora Nott. Il semblait plus calme que le fantasque Heliodore Nott, si amateur de pyrotechnie explosive. Avec une gentillesse irritante, Nott s'excusa pour la conduite de Malefoy.

Le professeur Septima Vector entra, coupant court aux conversations. Du fait des effectifs réduits, l'enseignante salua ses élèves avec un peu moins de distance que les autres enseignants. Elle s'adressa à Tom avec un grand sourire — encore une qui n'avait pas été entretenue dans la confidence.

— On m'a informée du caractère un peu chaotique de votre scolarité, Tom, dit Vector en l'appelant par son prénom. L'arithmancie est une matière extrêmement complexe et seules quelques rares personnes arrivent à en analyser les formules. Si les cours sont déjà difficiles à suivre avant les BUSEs, ce n'est rien en comparaison de ce qui vous attend pour vos ASPICs. C'est pourquoi, d'ordinaire je n'accepte dans mon cours que les étudiants ayant obtenu un Optimal à leur BUSE. On m'a cependant assuré que même si vous risquiez d'éprouver quelques difficultés au début, vous vous révéleriez certainement brillant. Aussi je vous accorde une période d'essai de deux mois. D'ici là, si vous n'avez pas rattrapé votre retard, je me verrai dans l'obligation de vous refuser en cours.

Vector était une femme d'une quarantaine d'années, d'une taille un peu supérieure à la moyenne et assez sèche. Tout chez elle, trahissait son goût pour la rigueur : des cheveux cuivrés au carré impeccablement coiffé, une robe sobre dépourvue de faux plis et un nez droit. Même si elle s'adressait à ses élèves avec une certaine chaleur, Tom ne pouvait s'empêcher d'éprouver de la méfiance.

Le cours débuta à une vitesse infernale et bientôt, Tom devint incapable de recopier le tableau que Vector grattait à toute allure, tout en écoutant son flot incessant d'explications sur les méthodes de dérivations magiques et pour finir, il abandonna l'espoir de comprendre les intégrations enchantées. Dans l'heure du moins. Vector leur donna alors une série d'exercices à chercher, pendant qu'elle retournait derrière son bureau pour couvrir un parchemin de son écriture régulière.

Tom réalisa alors que si six malheureux petits mois ne représentaient aucun retard en runes ou en défense où, par lui-même, il avait déjà acquis une bonne année d'avance, le cas était tout autre en arithmancie. L'arithmancie était l'une des rares matières qu'il étudiait au rythme des cours et qui lui opposait une certaine difficulté. Désormais, se trouvant cinquante-quatre ans et quelques mois dans le futur, Tom cherchait désespérément à comprendre l'énoncé : « En utilisant la méthode de Bose-Albert, intégrer les formules magiques suivantes ».

Ses doigts se crispèrent sur sa plume, broyant les délicates barbes cendrées, lorsqu'il découvrit que Granger entamait déjà le deuxième exercice.

— Elle est agaçante par moment, hein ? glissa Nott.

Tom crut, l'espace d'un instant, voir ces agaçantes bubulles danser dans le regard de Nott. Ce n'était qu'une illusion.

— Honnêtement, des fois je me demande si elle est humaine, souffla Nott sur le même ton de la confidence.

Granger releva la tête du diagramme qu'elle était en train de tracer à grand renfort de couleurs, pour foudroyer Nott du regard.

— Je t'ai entendu.

Nott lui adressa un sourire contrit qui fit fondre la colère de la Gryffondor. Granger réalisa alors que Tom n'avait pas encore écrit le moindre glyphe. Jamais il ne s'était senti aussi humilié que lorsque la Gryffondor proposa de l'aider.

Alors que ses deux camarades de classe lui expliquaient patiemment ce qu'était la méthode Bose-Albert ainsi que la régression linéaire par les moindres enchantements, Tom sentait le regard de Vector lui brûlait la nuque. Il accueillit la fin du cours avec un certain soulagement. Enfin, il échaperait cette salle qui avait été le témoin de sa faiblesse, aussi passagère fût-elle !

Vector le retint.

Granger l'attendit à l'entrée, plus par méfiance que par solidarité.

Tom s'avança vers Vector qui le détailla avec attention. Son regard gris perle accrocha les yeux de jais de l'apprenti mage noir (ou enquiquineur de mage noir selon l'humeur) qui se félicita aussitôt de maîtriser l'occlumancie. Aussi discrète qu'un nundu, aussi délicate qu'une plume, Vector avait tenté de s'immiscer dans son esprit ! Puis, comme si rien ne s'était produit, Vector déclara d'une voix sévère.

— Où vous êtes-vous arrêté dans le programme ?

— Aux fonctions linéairement enchantées, répondit Tom le plus poliment possible.

Elle avait fait usage de la legilimancie sur lui ! Jamais un professeur, pas même Dumbledore dont il se méfiait pourtant profondément, n'avait osé commettre un tel acte !

Vector opina, presque sévère.

— Cela fait un retard de plus de six mois. C'est assez important.

— Je parviendrai à le combler.

Avait-elle perçu l'agacement de Tom ? Peut-être. Vector fronça des sourcils.

— De vous-même, je ne sais pas. Bien sûr, Hermione pourrait vous aider, mais son emploi du temps sera chargé cette année. Il est plus pertinent que je vous donne des cours particuliers en supplément.

Possibilité que Tom n'envisageait qu'avec très peu d'enthousiasme. Son nouvel environnement était déjà suffisamment hostile pour qu'il se passe de quelques heures enfermé avec une legilimens !

— Je ne vous laisse pas le choix.

Et Tom se demanda si ses ennuis auraient un jour une fin.

— Que voulait-elle ? s'enquit Granger lorsqu'il l'eut rejoint dans le couloir.

Furieux de s'être fait forcer la main, Tom lui rapporta l'échange dans son intégralité, y compris la tentative de legilimancie dont il avait été victime, ce qui ne manqua pas d'alimenter la conversation du repas. Le trio infernal débattit pour savoir si oui ou non Tom mentait, si oui ou non, Vector se doutait de quelques choses. Cette discussion que Tom supporta plus qu'il n'y participa, eut le mérite de lui apprendre une chose. Weasley le détestait.

De plus en plus taciturne, agacé par les gloussements ridicules de quelques adolescentes boutonneuses qui le croisaient, Tom se rendit en cours de potion. Il découvrit qu'une douzaine d'élèves seulement avaient été admis en classe d'ASPIC : quatre Serpentard dont cet irritant Malefoy, quatre Serdaigle dont trois se trouvaient déjà en arithmancie, et un Poufsouffle (Granger lui apprit qu'il s'appelait Ernie MacMillan) qui s'adressa à Potter avec des manières plutôt ampoulées.

Harry, dit Ernie d'un ton solennel en lui tendant la main, je n'ai pas eu l'occasion de te saluer ce matin en classe de défense contre les forces du Mal. J'ai trouvé le cours intéressant, mais le charme du Bouclier, bien sûr, c'est un peu réchauffé pour nous, les vieux briscards de l'A.D... Comment ça va, Ron ? Et toi Hermione ?

MacMillan s'avisa alors de la présence de Tom.

— Et toi... Tom, c'est ça ?

À peine Tom avait-il eu le temps de préparer une réplique cinglante que la porte du cachot s'ouvrit et l'énorme ventre de Slughorn le précéda dans le couloir. Le pouls de Tom s'accéléra. De son temps, Tom était l'élève favori de Slughorn qui se montrait alors généreux en félicitations. Qu'en était-il à présent que Voldemort terrorisait l'Angleterre ? Parviendrait-il à retrouver dans son ancien maître de maison, un allié, un admirateur ?

Plus pâle que d'ordinaire, Slughorn évita Tom du regard.

La pièce était à l'image exacte que Tom en conservait. Des vapeurs bizarres flottaient dans le cachot chargé en odeurs étranges. Plusieurs chaudrons mijotaient déjà. Les quatre Serpentard s'assirent à une même table, imités par les quatre Serdaigle. Les Gryffondor cependant, toujours fidèles à leur image particulièrement niaise, eurent des remords à laisser MacMillan seul, aussi il fut décidé de Weasley et Granger s'assiéraient avec MacMillan, alors que Potter surveillerait Tom pour le plus grand soulagement de Slughorn.

Tom se trouvait assis tout près d'un chaudron dans lequel une substance d'une couleur dorée dégageait l'un des parfums les plus exquis que [Tom] ait jamais senti. Il lui rappelait tout à la fois la tarte à la myrtille, l'odeur des parchemins neufs et l'arôme des fleurs d'aubépine qui s'épanouissaient dans un parc non loin de l'orphelinat. Un sentiment d'immense contentement se répandit en lui. Tom retint en catastrophe un sourire béat.

Voyons, voyons, commença Slughorn dont la silhouette massive semblait trembloter derrière les vapeurs chatoyantes qui s'échappaient des chaudrons. Sortez vos balances et vos nécessaires à potion, sans oublier vos exemplaires du Manuel avancé de préparation des potions...

— Monsieur ? Dit [Potter] en levant la main.

— Harry, mon garçon ?

— Je n'ai ni livre, ni balance, ni rien — Ron [et Tom] non plus... Nous n'avions pas prévu de pouvoir suivre vos cours en ASPIC...

Tom nota avec intérêt que Potter n'était probablement pas aussi doué que lui en potion. Cependant, cette hypothèse était à considérer avec prudence. Coeur-de-Glace lui laissait encore un souvenir cuisant. Cette Serdaigle, pour étouffer les soupçons, se cantonner volontairement à des résultats bons, sans être exceptionnels.

Après avoir farfouillé pendant un certain temps dans un placard, Slughorn leur rapporta trois exemplaires très abîmés du livre de cours qu'il donna à ses étudiants en évitant toujours Tom du regard. Slughorn leur fournit également trois balances en métal terni.

Slughorn débita quelques paroles que Tom ne prit pas la peine de retenir, puis il indiqua un chaudron situé près de la table des Serpentards dont le contenu ressemblait à s'y méprendre à de l'eau bouillante.

La main bien entraînée de Granger prit Tom de vitesse (de quelques fractions de seconde, mais c'était déjà trop). Elle donna la réponse, pour le plus grand contentement de Slughorn. Du véritaserum. Tout enjoué, Slughorn désigna le chaudron à la table des Serdaigle. Cette fois-ci, Tom fut plus rapide.

— C'est du polynectar, monsieur, dit-il.

Pour la première fois, Slughorn posa son regard sur Tom. L'énorme professeur hésitait visiblement entre la panique d'avoir face à lui la version adolescente de Voldemort et le ravissement de retrouver son élève préféré. Tom oeuvrerait pour que le deuxième sentiment l'emporte sur le premier.

— Excellent, Tom, dit Sulghorn, son imposante moustache de morse frémissante.

Il montra le chaudron qui se trouvait à côté de Tom. Il en ignorait hélas le contenu. Ce ne fut pas le cas de Granger.

C'est de l'Amortentia !

Un philtre d'amour ? Quelle potion idiote et complètement dépourvue d'intérêt. Malgré l'agréable fumet qui s'en dégageait, Tom ne put s'empêcher de la considérer avec un certain dégoût.

Puis-je savoir votre nom, chère amie ? demanda Slughorn sans prêter attention à la gêne d'Hermione.

— Hermione Granger, Monsieur.

— Granger ? Granger ? Seriez-vous parente d'Hector Dagworth-Granger, fondateur de la Très Extraordinaire Société des Potionnistes ?

— Non, je ne crois pas, monsieur. Je suis d'origine moldue.

Tom faillit tomber de son siège en entendant la nouvelle. Quoi, Granger, une Sang-de-bourbe ? Non, c'était impossible. Elle était bien trop douée pour cela ! Une personne capable de le prendre de vitesse en potion ne pouvait être Sang-de-bourbe !

— $Et oui, c'est surprenant de voir qu'une née-de-moldus te fait de l'ombre$, sifflota discrètement Potter.

Tom lui envoya son regard le plus noir, à même de faire fondre en larmes Druella Rosier. Potter cependant, resta de marbre. Slughorn déblatéra quelques platitudes sur l'amour et les effets de l'amortentia, poussant le ridicule jusqu'à la qualifier de potion puissante et dangereuse. Elle créait selon lui une forte attirance ou une obsession. L'amour obsessionnel, voilà une bêtise qui n'affecterait jamais Tom ! Il laissa brièvement vagabonder son esprit dans le passé avant d'être soudain ramené à la réalité par MacMillan qui interrogeait sur la nature de la potion contenue dans le petit chaudron noir posé sur le bureau de Slughorn. La potion qu'il contenait bouillonnait joyeusement. Elle avait une couleur d'or fondu et de grosses gouttes sautaient à sa surface comme des poissons rouges, sans que la moindre particule n'en déborde.

Tom laissa échapper une exclamation lorsqu'il identifia le mélange.

Même s'il tremblait encore, Slughorn adressa un sourire à Tom.

— Oui, Tom, une idée sur cette potion ?

— Il s'agit du Felix Felicis, monsieur, de la potion de chance, répondit Tom en contenant avec difficulté son excitation. Celui qui en boit possède une chance exceptionnelle.

Suffisamment de chance, peut-être, pour retourner chez soi. Avec tout ce qu'il venait d'apprendre sur le futur, Tom aurait un avantage considérable sur ses ennemis ! Lorsque Slughorn annonça que celui qui parviendrait le mieux à réaliser le philtre de MortVivante, gagnerait un petit flacon de Felix Felicis, Tom se mit à l'ouvrage avec le plus grand entrain. Il ne fut pas le seul : Malefoy feuilletait fébrilement son Manuel avancé de préparation des potions. Tom se pencha à son tour sur le vieux livre miteux que Slughorn lui avait prêté.

À son grand agacement, il vit que son précédent propriétaire avait griffonné sur toutes les pages, si bien que les marges étaient aussi noires d'encre que la partie imprimée. Cependant, l'agacement laissa rapidement place à de l'excitation, lorsque Tom réalisa que les petites pattes de mouches étaient en réalité des instructions détaillées, visant à améliorer la recette. Très vite, il plongea dans une intense concentration. Il écrasait les fèves soporifiques avec le plat d'une lame d'argent, pour mieux en extraire le jus. Tom ne prêtait plus la moindre attention à l'agitation nerveuse qui avait gagné le cachot. Chacun s'espionnait, se jetait des coups d'œil à la fois suspicieux et intéressé, mais lui, Tom Riddle récemment renommé Tom Temple, lui seul était réellement concentré sur sa potion. Alors coupé du monde, il n'existait plus que ses ingrédients, que son chaudron contenant un liquide bleuâtre. Tom jeta le jus de fève soporifique dans sa préparation qui prit une magnifique teinte lilas, conformément à ce qui était écrit dans le livre. Il fallait ensuite remuer sept tours dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, puis une fois dans le sens direct et recommencer. La potion passa à du rose pâle.

Tom s'autorisa un demi-sourire satisfait, lorsqu'il constata que la potion de Potter et de Granger était toujours violette. Quant à celle de Weasley, elle tirait pathétiquement sur un marron grisé lui conférant l'aspect de la réglisse liquide. Quand bien même il était habitué à réaliser les meilleures potions, il éprouva une vive satisfaction de voir que même perdu dans le futur, il demeurait le plus habile.

Et voilà, le temps est... écoulé ! déclara Slughorn. Arrêtez, s'il vous plaît !

Il passa entre les tables pour évaluer les résultats de ses élèves. Il jeta un regard navré à la substance jaunâtre qui avait coagulé dans le chaudron de Nott, eut un hochement de tête approbateur en découvrant les beaux violets des potions de Malefoy, Granger et Potter. Et il découvrit la potion de Tom. Un large sourire s'étira alors sur sa imposante et rayonnante face. Une agréable chaleur s'empara de l'ancien Serpentard : il avait désormais la certitude d'avoir retrouvé sa place d'élève préféré de Slughorn.

Le vainqueur incontestable ! s'écria-t-il à la cantonade. Excellent, excellent Tom. Dieu du ciel, il est évident que vous n'avez rien perdu de votre talent.

S'apercevant de sa une maladresse, Slughorn s'empressa d'attraper le flacon.

Alors, le voilà, il est à vous — un flacon de Felix Felicis, comme promis, et faites en bon usage !

Bon usage, Tom le ferait certainement, songea-t-il avec une ironie acide. Il glissa la minuscule fiole remplie d'un liquide doré tout en imaginant avec délice, ce qu'il ferait lorsqu'il serait de retour chez lui. Il perdit bientôt ce fantôme de sourire qu'il s'était autorisé. Potter le tançait d'un regard menaçant.

— Donne-nous le flacon, ordonna ce dernier sitôt qu'ils furent dans un couloir désert.

— Non !

La réponse était sortie d'elle-même. Le monosyllabe avait quitté ses lèvres avant même que son cerveau n'ait analysé la question. À présent, par fierté, il tiendra sa position. Tant pis si les trois Gryffondor le dévisageaient d'un air peu engageant. Il était Tom Riddle ! Il n'avait pas à se plier aux ordres des autres !

— Je l'ai gagné !

Presque honnêtement ! Le flacon lui appartenait de droit. Et ils voulaient le lui retirer, tout comme ils l'avaient dépouillé de tous ses repères, en allant jusqu'à le placer à Gryffondor ? Tom s'y refusait.

— Il est à moi.

Les yeux de Potter se resserrèrent à deux fentes. Une subtile lueur écarlate les traversa, si fugace que Tom crut avoir rêvé. Potter tendit la main.

— Donne-nous le flacon, répéta-t-il fermement.

Comme Dumbledore, il ne manifestait aucune agressivité. Ce ne fut pas le cas de Weasley, qui ricana bêtement.

— Faites en bon usage qu'il a dit Slughorn... Ce philtre n'est certainement pas pour toi Tommy.

— Ron ! intervint la Sang-de-bourbe.

La mâchoire de Tom se contracta. Il se força à se concentrer sur sa respiration. Rester calme, ne pas s'énerver. Mais Weasley poursuivait de sa voix insupportable :

— Quoi ? Pourquoi croyez-vous qu'il veut la fiole ? C'est pour tenter de retourner dans son époque et/ou de prendre la place sa version adulte ! On ne peut pas se permettre d'avoir deux Tommy !

— Tais-toi ! siffla Tom d'une voix dangereuse.

Des ordres, donner des ordres. Il aimait tant cela. Le sang bâtait de plus en plus vite à ses tempes. Tom serrait ses poings de manière saccadée.

— Ron... intervint Potter.

— Non ! Il faut mettre les choses au point. Il ne nous donne pas d'ordre. Il ne donne plus jamais d'ordre. Pour vous, c'est facile, vous n'avez pas grandi avec la crainte de ce qu'il allait devenir, oui, même toi Harry. Moi, depuis tout petit, ces histoires me terrifient... Avez-vous seulement idée de toutes les horreurs qu'il a pu commettre ? Ou qu'il va commettre ? Si on le laisse dès à présent n'en faire qu'à sa tête, si on le laisse nous donner des ordres, jusqu'où ira-t-il ?

Weasley reporta son attention que l'ancien Serpentard qui tremblait de rage.

— Tu ne me fais pas peur, tu n'es que l'ombre de celui qui tu aurais pu devenir. Tu n'es plus qu'un ridicule petit serpent que le sort, par jeu, à détacher de son époque pour le perdre sur notre chemin. Tout ceci n'est qu'un ridicule jeu du sort.

Le sang de Tom ne fit qu'un tour. Il ne se servit pas de sa baguette. Sa réaction fut beaucoup plus primaire, beaucoup plus instinctive et irréfléchie. Une réaction impulsive donc, digne de cette maudite maison Gryffondor dans laquelle on l'avait enfermé. Il frappa Weasley. Ce n'était qu'un coup de poing, un simple coup de poing, mais c'était déjà trop. Effaré par son propre geste, il se souvint des avertissements de Potter. Et Tom paniqua.

Avant que les Gryffondor ne sortent de leur stupeur, Tom tourna des talons et s'enfuit à toutes jambes.


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