Bon, j'ai fait qu'une seule passe de relecture correction sur celui-là, mais flemme. J'espère qu'il n'y a pas trop de faute qui m'ont échappées. Le prochain chapitre sera posté le mercredi 22 décembre.

Katymyny : Effectivement, la confrontation à venir entre Tom et Voldemort pourrait avoir un impact important sur Tom, ses choix et son avenir !

Note : En italique les extraits de HP6 (vu que c'est une fic alternative au tome 6). Double titre du chapitre : titre du chapitre présent/titre de HP6 correspondant. $Fourchelang$


Chapitre 7 : Ridicule, mon cher Riddle !

Cette mauvaise neige jetée par le vent glacial ne cesserait donc jamais ?

Blafard avec sa face de serpent dépourvue de nez, Voldemort luisait presque d'une opalescence malsaine dans l'obscurité qui s'abattait sur la Forêt Interdite. Il s'avança vers Tom avec des gestes lents et calculés, conférant à sa démarche une allure impérieuse. L'adolescent cilla légèrement, tremblant sur ses jambes épuisées, mais tint bon, toujours en garde, serrant sa baguette, prêt à se défendre.

— $Bonjour, Tom$ siffla Voldemort d'une voix doucereuse.

— $Que veux-tu ?$ Répliqua Tom sur ses gardes.

Voldemort s'arrêta, jaugeant le garçon durant quelques instants. Un horrible sourire étira sa bouche dépourvue de lèvre.

— $Seulement discuter avec moi-même$.

Une partie de Tom voulut répliquer qu'il n'était pas Voldemort. La prudence l'emporta et il garda le silence. Pour l'instant du moins. Voldemort fit encore un pas, enjambant une branche morte qui s'enfonçait peu à peu dans la boue.

— $N'es-tu pas curieux de savoir ce qui t'a mené là ? Et je ne parle pas seulement de cette époque. Je parle aussi de cet étrange comportement de Gryffondor$.

Tom ne répondit rien, le souffle court. Son cœur battait à si rapidement qu'il en devenait douloureux.

— $Je peux t'apporter des réponses… en partie du moins, car j'avoue que de nombreuses interrogations demeurent. A nous deux toutefois, nous pourrions tant faire !$

Voldemort voulut faire encore un pas. Tom eut un geste menaçant de sa baguette.

— $N'approche pas plus !$

Les yeux de Voldemort se resserrèrent à deux fentes.

— $Simple prudence$, s'expliqua Tom.

En vérité, il était terrifié. Il n'était qu'un adolescent de quinze ans face à lui-même, en plus grand, plus âgé, plus expérimenté, en un mot, plus puissant. Et, certainement, plus cruel. Voldemort reprit un sourire qui fit frissonner sa version jeune :

— $Oui, bien sûr. Je comprends ta méfiance. Mais sache que tu n'as rien à craindre moi. Je ne suis pas venu ici en ennemi. Si je souhaitais vraiment te capturer, ne l'aurais-je pas déjà fait, plutôt que de perdre du temps en paroles inutiles ? Cependant ce ne sont pas des paroles inutiles que nous échangeons là, mais bien des mises en garde précieuses que j'ai à te faire. Il faut que tu me rendes le pendentif d'Emily Maitland. Il est dangereux pour toi. Tu ne connais pas encore assez les forces du Mal.$

Le craquement lointain d'un branchage l'interrompit. Peut-être un Sombral, ou une acromentule. Ou un espion. On ne discernait rien dans la nuit qui étendait ses tentacules ténébreux dans l'épais sous-bois. D'un signe de tête, Voldemort envoya deux Mangemorts pour vérifier sur place, puis il reporta son attention sur son double, sans accorder le moindre regard à Ron qui gisait inconscient, le genou à moitié dans une flaque d'eau.

— $Je ne crois pas qu'il soit dangereux$, répliqua Tom. $Emily ne me l'aurait jamais confié si tel était le cas$.

Voldemort perdit son rictus.

— $Emily bien sûr… Dumbledore t'a-t-il dit ce qu'elle était devenue ?$

La question sonna comme un coup de couteau dans le ventre de Tom. Non, Dumbledore ne lui avait rien dit et il n'avait jamais osé poser la question, de peur d'entendre la réponse.

— $Dumbledore est loin d'être le parfait défenseur de la lumière qu'il prétend être$, renifla Voldemort en se mettant à faire les cents pas.

Il restait à distance de Tom, qui se tenait sur ses gardes.

— $Ne t'es-tu pas demandé pourquoi il lui a fallu de nombreuses années de troubles, de morts et de disparitions, avant que Dumbledore se décide à attaquer Grindelwald ?$

Le pendentif commençait à trembloter, doucement. Cela arrivait parfois, simplement lorsque l'on prononçait le nom de l'ancien Mage Noir.

— $Qu'est-ce que cela a à voir ?$ demanda Tom d'une voix qu'il espérait ferme.

— $Cela a tout à voir. Si Emily Maitland nous l'a confié, c'est parce qu'elle espérait sans doute qu'à Poudlard, il serait plus en sécurité. La suite pourtant, a prouvé le contraire. A partir de là, Grindelwald n'a cessé de nous harceler. Il ne voulait pas seulement se venger du contretemps que nous lui avions infligé en quatrième année. Non, il voulait surtout le pendentif. Et lorsqu'il a disparu, le 20 janvier 1942, il s'est montré soudain moins pressant. Mais n'avons-nous pas remarqué qu'il vibrait à chaque fois que la magie de Grindelwald était en action ? Et qu'il vibrait parfois en la présence de Dumbledore ?$

Voldemort se tut brièvement. Les deux Mangemorts revenaient bredouille, le bas de leur robe noire crotté de boue. Ce n'était rien d'autre qu'un de ces monstres qui peuplaient la forêt. Les serviteurs des ténèbres reprirent leur place en silence.

— $Ce pendentif est imprégné de la magie de Grindelwald. J'ai quelques hypothèses à ce sujet que bien sûr, nous ne pouvions pas élaborer à l'époque. Mais laisse-moi seulement le récupérer ou mieux encore, viens avec moi ! Et je nous obtiendrai des réponses !$

Tom aurait été tenté de le suivre si le pendentif vibrait de plus en plus fort contre sa peau. Il était soulagé de l'avoir glissé sous son pull, avec le médaillon de Serpentard. Il avait trop hanté ses rêves pour n'être qu'un bijou de famille. Mieux valait le dissimuler au regard de Voldemort.

Tom aperçut soudain la baguette d'un des Mangemorts, le plus petit, qui s'était absenté. Il sourit intérieurement.

— $Et si je refuse ?$

Voldemort s'arrêta de faire les cents pas. Il dévisagea Tom d'un air peu avenant. L'adolescent retint un frisson, sans savoir si c'était le froid pénétrant, la fatigue ou bien la peur qui en était la cause.

— $C'est une possibilité, en effet. Nous pouvons nous opposer, mais nous n'avons rien à y gagner.$

— $Je ne suis pas naïf… je sais très bien ce que ma présence pourrait te permettre de faire… de réparer certains accidents de Magie Noir… de gagner en puissance…$

Un large sourire étira le visage ophidien du Mage Noir. Le sang pulsait aux tempes de Tom. Bientôt… Bientôt.

— $Voilà des hypothèses bien sombres que tu échafaudes dans ton esprit anxieux$, commenta Voldemort, $mais elles ne correspondent en rien à mes intentions. Je te l'ai dit. Je me présente à toi en allié, pas en menace. Nous y gagnerons tant… N'est-il pas déjà exceptionnel qu'un tel dédoublement nous arrive, à nous ?$

Bien sûr, il ne lui venait pas à l'esprit que lui-même pourrait s'opposer à son inestimable dessein.

— $Nous pourrions nous opposer$, poursuivit Voldemort, $nous pourrions nous entre-tuer avec chacun à l'esprit que c'est l'autre qui est de trop, qu'il n'y a pas la place pour nous deux. Nous aurions tords. Ensemble, nous nous compléterions$.

— $Peut-être, mais avant, j'aimerais savoir. As-tu tué notre père ?$

La question prit de cours Voldemort qui l'espace d'un instant, laissa paraître sa surprise. Il se ressaisit vite cependant. Le mage noir scruta l'adolescent avec la plus grande attention. Sans doute se retenait-il à grand peine d'user de legilimancie – un tel acte ne manquerait pas d'effaroucher le jeune double.

Qu'avait-il deviné, sinon que Tom cherchait à obtenir des réponses en le déstabilisant ? Un Mage Noir déstabilisé est souvent moins efficace en combat. Malgré ses récentes aptitudes de Gryffondor, Tom voulait mettre toutes les chances de son côté, maintenant que les rapports de forces étaient rééquilibrés, même si Voldemort l'ignorait encore.

— $Non. Ce n'est pas moi. Eleusis s'en ai chargé à ma place.$

Ce fut autour de Tom de laisser transparaître sa stupéfaction. Avait-il compris sa stratégie ? Peut-être. Voldemort faisait tourner, machinalement sa baguette entre ses longs doigts blancs.

— $Je te l'ai dit. Il ne sert à rien de vouloir s'affronter ou de se manipuler. Nous devinons trop bien les pensées de l'autre pour que cela soit possible.$

Il fit mine d'approcher vers Tom qui releva sa baguette. Une certaine agitation gagna les Mangemorts qui n'entendaient rien à l'échange en fourchelangue. En théorie.

— $Viens avec moi. Tu seras plus en sécurité qu'auprès de Dumbledore$

Voldemort voulait prendre un air compréhensif, presque chaleureux.

— $J'ai d'abord une dernière question$.

— $Eh bien pose-là$ encouragea Voldemort.

Cependant sa main tenait désormais bien fermement sa baguette. Il était également prêt à faire face à la confrontation qui se présageait.

— $As-tu jamais vu le visage de notre mère ?$

Le visage de Voldemort se durcit.

— $Qu'est-ce que cela a à voir ?$

Bien sûr, Voldemort retardait le duel, incertain sur le résultat d'un affrontement entre deux baguettes absolument identiques. Il préférait convaincre son double de le suivre. C'était plus élégant que de laisser ses Mangemorts s'en charger. Plus stupide aussi, mais Tom s'en arrangeait bien. Son cerveau fonctionnait à toute allure, échafaudant avec fébrilité, des hypothèses, des suppositions et des plans pour se tirer de ce mauvais pas le plus brillamment possible.

— $Cela a tout à voir. Moi, je l'ai vue et c'est pour ça que tu ne pourras pas m'utiliser comme un double de toi-même dans des rituels de Magie Noire. Je ne suis plus toi. Je connais désormais le pouvoir de l'amour, tu ne peux plus m'utiliser !$

En vérité, Tom n'en était pas certain, mais le but était d'immiscer le doute dans l'esprit de son adversaire. Sans crier gare, Tom conjura un experlliamus informulé. Voldemort, vif comme un serpent, utilisa à temps le sortilège du Bouclier et dévia son maléfice. Et ce fut tout. Perplexe, Voldemort fixa tour à tour les deux baguettes. Tom prit un air plein d'assurance, s'aidant de la part Gryffondor qui était en lui pour faire taire sa peur.

— Eh bien, tu ne comprends pas ? Lança Tom en repassant à l'anglais. Ne vois-tu pas qu'il s'agit d'une autre baguette ?

Il affichait un large sourire devant l'étonnement visible du Mage Noir. Les Mangemorts se faisaient de plus en plus nerveux, mais Voldemort leur signifia que c'était à lui de s'occuper de l'impertinent Gryffondor.

— $Que veux-tu dire ?$Siffla Voldemort d'une voix glaciale alors qu'ils se mettaient à tourner, comme deux serpents entamant une danse mortelle.

— $Nous ne sommes plus la même personne. C'est fini ! Le pouvoir de l'amour, Voldemort, c'est ça qui m'a différentié définitivement de toi. J'ai ma propre existence et je compte bien la garder !$

Tom para en catastrophe un stupéfix. Il n'y eut cependant pas de réplique et ils continuèrent à tourner, face à face, les yeux noirs fixés sur les yeux rouges.

— $Tu commences à parler comme Dumbledore$, renifla Voldemort. $C'est pathétique !$

Tom eut un sourire réjouit qui faisait un étrange contraste avec la concentration menaçante de Voldemort.

— Ridicule, mon cher Riddle ! Jamais je ne parlerai comme Dumbledore… Comme Harry Potter en revanche…

Ce fut comme un signal tacite. Profitant de la dernière phrase de Tom qui ne manqua pas d'échauffer certains esprits, deux Mangemorts en stupefixièrent deux autres alors que Voldemort devait faire face à une série de maléfice jetés à une cadence infernale par son jeune double. Cependant ils s'arrêtèrent vite pour reprendre leur cercle, se dévisageant avec froideur, chacun évaluant les forces de l'autre. Tom tenta un stupefix. Voldemort le para. Voldemort répliqua d'un sort de Magie Noir mineure. Tom le para. Chacun voulait l'autre vivant. Et pour l'instant, ils se testaient. La peur avait laissé la place à l'excitation du combat chez Tom.

— Harry, va l'aider ! Dit la plus petite des Mangemorts qui se battait contre le seul véritable Mangemort restant.

La phrase déconcentra Voldemort quelques instants. Tom profita de l'occasion pour s'essayer à un maléfice du Prince de Sang-Mêlé.

— Sectum Sempra !

Avec des gestes très souples et déliés, Voldemort se baissa de justesse évitant l'éclair pourpre qui fonçait sur lui. Le maléfice coupa net une branche, ce que Tom jugea intéressant… et il plongea à son tour pour éviter le stupéfix de Voldemort.

Harry venait d'enlever le masque, se révélant à Voldemort qui para négligemment une attaque de Tom. Vexé, Tom attaqua à nouveau, mais fut dévié avec la même aisance.

— Je vois… siffla Voldemort, son regard allant frénétiquement de Tom à Harry et de Harry à Tom. Et cela ne m'étonne pas en vérité.

Les maléfices cessèrent, après un dernier stupéfix auquel Voldemort ne daigna pas riposter. Immobiles, en triangle, les trois sorciers s'observaient. Le souffle court, rendu autant fébrile par l'excitation de la confrontation avec lui-même que par l'angoisse, Tom serrait nerveusement sa baguette. Il dévisageait Voldemort, cet être dont il partageait l'origine mais qui lui était à présent si dissemblable, avec son horrible visage marqué par les excès de magie noire.

Voldemort demeurait étrangement calme, si l'on omettait ce regard qui ne savait s'il devait se fixer sur Harry ou sur Tom.

— Tu devrais te poser cette question, Tom. Pourquoi agis-tu en stupide Gryffondor ? Ou plutôt pourquoi as-tu l'impression qu'une partie de toi te pousse à agir de la sorte et depuis combien de temps. Tu en trouveras la cause.

Le pendentif, bien sûr, le pendentif en était la cause. À cause du pendentif, Tom avait la sensation d'abriter deux êtres, l'un fourbe comme un Serpentard, l'autre audacieux comme un Gryffondor. Cependant, en cet instant, tous deux s'accordaient sur ce point : Voldemort était un ennemi, un rival peut-être, une menace du moins. Or Hermione venait d'assommer le dernier Mangemort. Ils se retrouvaient donc à trois contre un, qui certes était Voldemort. Certes, ils n'étaient encore que des enfants, mais quels enfants ! Lui, la version adolescente du plus grand mage noir de tous les temps Harry, celui qui a survécu, et Hermione l'une des plus brillantes élèves de Poudlard. Ils pouvaient le vaincre, Tom en était certain. Alors on lui ferait confiance… alors ce n'était plus qu'une question de temps pour qu'il prît la succession de son double. Voldemort comprenait-il le péril qui le menaçait ou estimait-il les enfants incapables le défaire ?

— Harry… à toi l'honneur, siffla Tom avec un rictus carnassier.

Priori Incantatem… De quoi retenir la baguette de Voldemort le temps de le mettre hors d'état de nuire. Harry saisit sa pensée.

— Experlliamus.

Malheureusement, Voldemort y avait aussi songé. Il se contenta donc d'esquiver en souplesse tout en conjurant un éclair vert en direction d'Hermione qui, par chance, l'évita. Tom attaqua également, mais son stupéfix n'atteignit que du vide. Voldemort avait transplané. Tom poussa un cri de rage et stupéfixia les Mangemort qui menaçaient de se réveiller. Sa colère fut de courte durée cependant. La peur revint en même temps de Voldemort. Sa silhouette de fauve en fil de fer venait de se rematérialiser aux milieux des ténèbres du sous-bois. Il revenait avec les deux Mangemorts dont Harry et Hermione avaient pris la place. Leurs mêmes cheveux bruns très raides encadrant un visage à la mâchoire carrée et au nez droit ne laissait aucun doute quant au lien fraternel qui les unissait. Voldemort disparut à nouveau, alors même que les Lestrange commençaient à les attaquer. Tom para sans difficulté une flamme bleue qui lui était destiné mais dont il ignorait l'effet. Il y eut un nouveau Crac de transplanage suivit d'un rire sonore à réfrigérer un iceberg.

— Rendez-vous ou je tue votre… ami.

Voldemort avait prononcé ce dernier mot avec mépris. Il se tenait au-dessus de Ron, toujours inconscient, sa longue main blafarde pointant sa baguette sur la gorge du Gryffondor.

Il y eut un dernier maléfice échangé. Puis un silence de mort tomba.

— Lâchez vos baguettes ! Ordonna Voldemort dans un sifflement aigu.

Tom le dévisagea avec froideur au travers de la neige qui voletait autour d'eux. A présent, c'était de véritable flocon de glace bien formée qui tombait, doucement, sans le moindre bruit, effrayé peut-être, par la fureur du combat.

— Parce que tu ne le tueras pas si nous nous rendons ? Répliqua-t-il en s'avançant vers Voldemort.

A peine avait-il conscience qu'il grelottait de tout son être. Le Mage Noir délaissa Ron pour marcher à pas de nundu vers son jeune double qui lui faisait effrontément face.

— Non, je ne le tuerai pas, confirma Voldemort.

Loin de s'arrêter lorsqu'ils furent proches, ils se remirent à marcher en cercle, laissant les sillons de leur pas dans la neige souillée de boue.

— Je te l'ai dit, je me présente à toi en allié, pas en menace. Pour te prouver ma bonne foi, je te concède la libération de tout tes amis.

Puis, s'adressant aux Mangemorts qui tenaient Hermione et Harry en respect :

— Laissez-les partir.

Surpris, les Mangemorts s'exécutèrent et abaissèrent leurs baguettes.

— Tom, non ne… tenta Harry.

— Tais-toi ! Coupa Tom d'un ton cassant sans perdre Voldemort du regard. C'est déjà assez compliqué comme ça pour que je n'aie pas à subir tes pathétiques remords de Gryffondor. On n'a pas d'autres options tu le sais très bien. C'est un moindre mal.

Voldemort suivit l'échange avec un intérêt non-dissimulé, alors qu'ils tournaient encore et encore, dans leur petit cercle. Harry ne protesta pas. Avec Hermione, ils se dirigèrent vers Ron. Hermione conjura un mobili corpus et le corps du Gryffondor assommé s'éleva légèrement dans les airs. Puis Tom les perdit de vue car il leur tournait le dos. Il se força à respirer calmement, profondément, cherchant le contact de la magie, cette présence chaleureuse qu'il laissa affluer en lui.

— A présent, ta baguette.

Voldemort tendit la main gauche, sa main droite se serrant sur sa propre baguette. Sa bouche se tordait bizarrement, hésitant entre la déception, le dégoût ou au contraire, la curiosité.

— J'attends encore un peu.

La déception disparut, chassée par un regain d'intérêt.

— Le problème, dit Voldemort d'une voix traînante, c'est que nous ne pouvons nous faire confiance.

Son ton se durcit.

— Ta baguette.

Et Tom la lui tendit, le cœur battant la chamade, plus proche que jamais de la magie. Elle se condensait désormais autour de lui avec une telle intensité que qu'il s'étonnait que Voldemort ne l'eût pas senti. Avec de nouveau cette expression de dégoût, Voldemort glissa la baguette dans sa poche.

— Pathétique !

Voldemort amorça un mouvement de sa baguette, un mouvement qu'il ne termina jamais. Mû par une impulsion, guidé par la magie dans laquelle il était immergé, Tom fondit sur lui. Il attrapa son bras, tenta de le désarmer. Voldemort, très vif, le repoussa et le jeta à terre, le dardant d'un terrible regard écarlate. Le Mage Noir claqua un ordre très sec pour dissuader ses Mangemorts d'agir. Tom attendit dans le sol gluant qui imprégnait ses vêtements déjà complètement trempés. Dès que Voldemort eut tourné son regard vers lui, Tom attrapa une poignée de terre qu'il lança sur le visage pâle dépourvu de nez. Se laissant guidé par le courant magique, Tom balaya les jambes du Mage Noir, se releva vivement, plongea pour éviter un sort, se releva à nouveau pour tenter de frapper Voldemort. Mais Voldemort se fendit tel un cobra et attaqua. Tom n'était déjà plus là lorsque le maléfice éclaboussa la boue et les feuilles mortes.

Des bruits de combats lui apprirent que Harry et Hermione étaient revenus lui porter secours. Peu importait. Il ne devait pas se laisser déconcentrer. Un frisson glaça sa nuque, il roule-boula, évitant un autre maléfice. Voldemort ne tarderait pas à perdre patience. Il risquait alors d'user de sortilège bien plus dangereux. Face à l'urgence, refoulant la fatigue tentatrice, Tom monta au contact, attrapa le bras droit de son double, entama une prise et découvrit que Voldemort était doté d'une sacrée force. Ses pieds se décolèrent du sol avec un bruit de succion et il percuta durement le tronc d'un arbre. Le souffle coupé, Tom regardait avec inquiétude Voldemort qui s'avançait vers lui, un air peu avenant fiché sur son visage ophidien.

Il ne pouvait se résoudre à abandonner ! De nouveau, son pendentif s'était mis à vibrer. Tom inspira, renoua le contact plus intimement encore avec la magie qui coulait dans ses veines, cherchant dans sa chaleur un baume contre l'épuisement et la panique qui menaçait de l'envahir. Il bondit. Un objet froid se matérialisa dans sa main. Instinctivement, il l'abaissa sur Voldemort qui se fendit en catastrophe pour éviter le tranchant de l'acier gobelin. Voldemort s'écarta un peu, fixant, incrédule, l'épée de Gryffondor que tenait Tom. Ce dernier eut un sourire mauvais.

— Eh bien… Gryffondor, définitivement.

L'épée haute, il attaqua à nouveau. Tel un serpent, Voldemort se glissa hors de portée de la lame, et conjura un maléfice. Était-ce la magie de l'épée ou celle de Tom qui inclina l'arme du fondateur ? Peu importait, le résultat était là : la lame avait dévié le sortilège. De nouveau, l'épée s'agita bloquant un sort. Tom s'abandonna complètement à la magie. Ce n'était plus que le prolongement en acier de son corps et la magie le guidait, tels les sorginek d'antan.

Cette fois-ci, Voldemort l'attaqua avec un sortilège de mort. Tom le renvoya dans sa direction et seuls les réflexes surnaturels du Mage Noir le sauvèrent. Voldemort conjura alors des sorts de moindres puissances, moins dangereux, mais à une cadence infernale tentant de submerger Tom sous les assauts. Il suffisait d'un seul maléfice, d'un seul… Mais Tom parait à chaque fois avec de plus en plus d'aisance qu'il se sentait faire corps avec l'épée de Gryffondor. Combien de fois avait-il rêvé de cet artefact ces derniers mois ? L'épée n'était pas alors, un prolongement de son être, de son corps et de son âme ? Parades hautes et basses, coup de tailles et d'estocs se chorégraphiaient avec un naturel mortel.

La magie crépitait autour d'eux des duellistes.

Soudain quelque changea dans le regard de Voldemort. De la peur s'y était invitée alors qu'il fixait le cou de Tom. Ses traits déformés par un mélange de terreur et de colère, il poussa un terrible cri. Comme soufflé par l'explosion d'une bombe, Tom s'envola. Le sol s'éloignait peu à peu de lui, les branchages défilaient. Et il heurta une pierre avec une violence inouïe. Il crut se disloquer sous le choc. Seule la douleur fulgurante qui vrilla son crâne lui apprit qu'il était encore en vie. L'épée lui échappa. Il perdit le contact avec la magie, et soudain un flot de douleur le submergea des toutes ses blessures qu'il avait reçues sans en prendre conscience. Recroquevillé sur lui-même, il devina que Voldemort pointait sa baguette sur son cou. Tom s'immobilisa, n'osant plus respirer.

— Où l'as-tu trouvé ? Où as-tu trouvé le médaillon de Serpentard ? Réponds !

Mais Tom ne répondit pas.

— Endoloris !

Tom avait lu des grimoires sur les Impardonnables. Des chapitres entiers étaient dédiés aux effets du doloris. Les mots ne pouvaient décrire la douleur effroyable du maléfice qui lui labourait les chairs par un torrent de souffrance. Son corps n'était plus qu'une poupée de chiffons, une marionnette martyrisée par une torture atroce.

— Où ? Comment es-tu parvenu en possession du médaillon de Serpentard !

La voix suraiguë de Voldemort trahissait sa panique. Avec ironie, Tom réalisa que son double était plus effrayé que lui.

— Le médaillon de Serpentard ? articula Tom. Quel médaillon de Serpentard ? Moi je ne vois que le médaillon de ma mère !

— Endoloris !

Il s'y était préparé pourtant. Le choc fut plus brutale encore que la première fois. A peine avait-il conscience de son corps qui s'agitait, pris de saccade, remuant la fange noirâtre dans laquelle il était tombé. La douleur occupait tout son espace mental, comme une obsession à laquelle il était impossible d'échapper.

— OÙ ?

À bout de souffle, Tom garda le silence. Voldemort se baissa et lui arracha le médaillon de Serpentard. Ainsi tout s'achevait. Tom aurait dû être terrifié, lui qui redoutait tant la mort. En vérité, il éprouvait surtout du regret. Le doux visage d'Emily s'imposa à lui.

St

Voldemort ne termina jamais sa formule. Une nuée d'animaux argentés venaient d'envahir la zone de combat alors que des bruits d'explosions et de sirènes retentissaient avec force. Tom les entendait à peine pourtant. Sa vision s'obscurcissait peu à peu… Il eut juste assez de clarté d'esprit pour découvrir des adolescents qui attaquaient sur des balais en poussant des furieux cris de guerre. Tom apperçut le reflet métallique de l'épée de Gryffondor. Il tendit la main. Docilement, la relique vint s'y lover. Rassemblant ces dernières forces, Tom leva la lame vers le Mage Noir sidéré devant la soudaineté de l'assaut. Et Tom le transperça. La lame s'enfonça sans résistance dans les chairs. Un liquide poisseux, presque brûlant, coula sur sa main.

Il vit l'éclair incrédule qui traversa les yeux rouges. Puis il y eut cet élégant chat argenté qui vint timidement à sa rencontre. Ce visage rond d'une jeune fille portant une natte auburn. Arriva alors le néant.


Voilà, voilà... Honnêtement, ce chapitre a été écrit il y a dix ans, aujourd'hui j'aurais peut-être fait des choix différents (notamment Voldemort qui se serait pointé sans ses Mangemorts) mais flemme et puis ça se tient bien aussi comme ça.
Prochain chapitre dans une semaine. N'hésitez pas à poster une petite review, ça fait toujours plaisir :)