Ponctualité ! J'ai trois chapitres, et la relecture avance très bien, donc je vais passer sereinement sur un rythme de un chapitre/semaine !

Katymyny : Ah ah, qui est la mystèrieuse qui vient voir Voldy ? Tout ce que je révèlerai c'est que... On croisera tôt ou tard la fameuse Emily Maitland ! Oui, il y a un lien entre les Cinq et les Trois Tisseuses. J'avoue que cette histoire tourne bcp autour des pommes... Quand au Fourchelang j'ai un headcanon qui apparaît plus tard dans l'histoire qui ne nécessite pas d'être lié à Voldemort par le sang pour être Fourchelang ! Et merci pour ta review :)

Note : En italique les extraits de HP6 (vu que c'est une fic alternative au tome 6). Double titre du chapitre : titre du chapitre présent/titre de HP6 correspondant. $Fourchelang$


Chapitre 11 : Le Temps d'un sort/Un noël glacial

Une petite routine s'installa dès les premiers jours des vacances de Noël. Assez tôt dans la matinée, Susan, Théodore et Tom se retrouvaient dans la Grande Salle désormais décorée aux couleurs de noël mélangeant le rouge et le vert, l'or et l'argent, avec des goûts pour le moins douteux. Sans accorder d'attention à Malefoy également resté pour les vacances (Tom se souvenait vaguement que Harry lui avait demandé de le tenir à l'œil), ils déjeunaient en vitesse avant de se rendre à la bibliothèque pour terminer leurs devoirs. Tom jugeait qu'il avait une bonne équipe de travail. En dehors de l'arithmancie où il éprouvait encore quelques difficultés, de l'histoire de la magie et des runes où Susan excellait particulièrement, Tom était le meilleur. Naturellement. Il appréciait donc de retrouver sa situation de supériorité où il consentait à aider à ses amis. Comme la Poufsouffle et le Serpentard avaient tous deux un esprit vif, les explications ne représentaient pas une épreuve trop laborieuse.

Ce matin-là, Tom était particulièrement de bonne humeur, sans qu'il parvînt à en déterminer la raison. Peut-être parce qu'il avait rêvé de quelques scènes particulièrement agréables (lui en maître du monde et immortel par exemple) ? Mâchant machinalement un toast couvert d'une épaisse couche de beurre, Tom ne vit que tard la petite boule de plumes cendrées qui se posa devant lui, et qui menaçait de renverser son chocolat. Tom voulut chasser l'animal mais celui-ci répliqua de méchants coups de bec, ce qui fit rire Susan.

— Je crois qu'il a une lettre pour toi, dit-elle sans se formaliser du regard noir que lui envoya l'héritier de Serpentard.

Tom vit alors le petit rouleau de parchemin accrocher à la patte de la hulotte. Une lettre… pour lui ? Son cœur s'accéléra. Il ne se souvenait pas avoir reçu la moindre lettre, ni dans le présent, ni dans le passé, ni à Poudlard, ni à l'orphelinat. C'était bien la toute première fois. Tom hésitait alors entre le ravissement et la méfiance, la curiosité et l'inquiétude. Avec une étrange crainte révérencieuse, il fixa, parfaitement indécis, le petit volatile.

— Je crois que tu ne crains rien, glissa Susan. Le Ministère surveille notre courrier.

Harry avait critiqué cette énième atteinte à la vie privée. Tom inspira puis, prenant son courage à deux mains, détacha le rouleau de parchemin. Il reconnut l'écriture ronde et policée d'Hermione. Le soulagement détendit ses épaules alors même qu'une chaleur nouvelle se répandait dans son ventre tel un flot de papillons de feu. La chaleur gagna ses joues alors qu'il parcourait la lettre. C'était assez embarrassant, surtout en subissant le regard inquisiteur de Susan.

— A toi aussi, elle te demande de répondre ? soupira Théodore à ses côtés qui tenait entre ses mains une lettre de Tracey Davis.

Tom avait entendu dire que l'issue de la soirée avait été assez heureuse pour Théodore et Tracey.

— Vous n'allez pas commencer à vous plaindre les garçons, grommela Susan. Et vous feriez mieux de leur répondre avant de reprendre le devoir de Défense contre les forces du Mal, ou je crois bien que vous allez le repousser indéfiniment.

Théodore leva les yeux au ciel alors que Tom restait dans l'expectative. Cette situation était bien étrange pour lui, si habitué à sa solitude et à ce qu'on l'y laissât. Les autres élèves de Serpentard ne s'étaient jamais réellement intéressés à lui. Il les fascinait, bien sûr, et même les intimidait. Tom maintenait toujours autour de lui une certaine froideur qui dissuadait que l'on s'occupât de lui. Et cela lui convenait. Même s'il était réticent à l'admettre, il craignait que derrière ce masque, on découvrît les dernières traces de faiblesse qu'il œuvrait à chasser. A présent, Tom se sentait un peu perdu.

En bout de table, deux Serdaigle de troisième année froncèrent des sourcils en parcourant la Gazette.

Toujours absorbé par ses pensées, il suivit Susan et Théodore dans les couloirs qui menaient à la bibliothèque. Au détour d'un escalier, ils découvrirent Tonks et Hart en pleine conversation et visiblement préoccupées. Les deux Aurors se turent à leur arrivée. Tom, soudain ramené à la réalité, se demanda s'il avait bel et bien entendu prononcer le nom d'une ancienne Schattenalter. Eleusis Gaunt. Hart jeta un regard inquiétant à Tom. Ce fut tout. Ils poursuivirent dans le plus grand silence jusqu'à la bibliothèque où ils s'installèrent à leur table habituelle, derrière le rayon de rune, face à une fenêtre donnant une vue magnifique sur les montagnes enneigées. Comme de coutume, Tom jeta un assurditio sur Madame Pince.

Ils se mirent au travail, ou plutôt Tom et Théodore furent forcés d'écrire leurs lettres respectives, sur la surveillance sévère de Susan. Mais aussi avec ses conseils. Après une telle épreuve, les deux adolescents accueillirent donc avec un certain soulagement le devoir extrêmement compliqué et particulièrement sadique de défense que leur avait infligé Rogue. De l'avis de Théodore, Rogue et Vector étaient en pleine compétition pour gâcher les vacances de leurs chers élèves.

— Faut croire que c'est une caractéristique des professeurs qui sont passés par Serpentard, grommela Tom listant les règles à suivre en cas d'attaque d'inferi.

Règle numéro 1 : avoir une bonne condition physique. La fuite, face à une horde de mort-vivants, est toujours la meilleure alternative.

— Pfff, voilà bien un préjugé de Gryffondor, grommela Théodore.

Ce qui naturellement, vexa l'héritier de Serpentard.

— Ce n'est pas un préjugé, c'est de l'observation. Tu as regardé le devoir que nous a donné Slughorn ?

Pour toute réponse, Théodore sortit son cours de potion. Les sourcils froncés, il lut la consigne, la relut. Pendant ce temps, Tom ajoutait une nouvelle règle de survie à sa liste.

Règle numéro 2 : toujours doubler son coup pour s'assurer que le mort-vivant est définitivement mort.

— C'est du sadisme à l'état pur !

— J'ai toutes les réponses dans le livre du Prince, le rassura Tom.

Au cours de toutes ces heures passées à la bibliothèque en compagnie de Susan, Théodore et Justin, Tom avait fini par leur apprendre l'existence du manuel scolaire aux milles et une remarques particulièrement utiles.

— À ce sujet, ils sont au courant que tu utilises les affaires scolaires de Rogue ? demanda Susan.

Par « ils », elle entendait naturellement, Harry, Ron et Hermione. Comme souvent, Susan était la première personne informée.

— Harry le sait. Pas Hermione, elle nous le confisquerait si elle l'apprenait. Harry estime que c'est une preuve de plus que Rogue est un Mangemort.

— Bof, Bellatrix dirait que c'est une preuve de plus que Rogue appartient à l'Ordre et qu'il l'a sciemment mis entre tes mains pour que tu apprennes des sorts, nuança Théodore qui s'y connaissait en Mangemort.

— Je me demande si Rogue lui-même sait à quel camp il appartient, soupira Susan. Enfin, il nous est bien utile ce livre… En revanche, c'est assez hasardeux de garder un tel secret envers Hermione maintenant que tu sors avec elle.

C'était tout autant hasardeux de lui révéler que depuis le début de l'année, Tom utilisait le manuel d'un professeur honni et sulfureux, contenant de nombreuses formules de magie noire et surtout des indications précieuses pour les cours de potion. Tom trichait donc, ce qui était impardonnable selon les valeurs d'Hermione.

Règle numéro 17 : ne soyez pas un héros. Les héros prennent des risques inconsidérés et sont souvent les premiers à mourir (de manière partielle ou définitive).

— Je me demande ce que te veut cette Hart, grommela soudain Susan en changeant complètement de sujet.

Ou alors elle cherchait désespérément un motif de procrastination pour fuir le devoir de Rogue.

— On devrait vraiment chercher à en apprendre plus à son sujet.

Harry avait laissé à la Poufsouffle quelques consignes pour les vacances de noël, que lui-même passait chez les Weasley, comme enquêter, surveiller Malefoy et veiller sur Tom à cause de son opale. Tom jugeait cela particulièrement agaçant, avec la désagréable impression d'être traité comme un enfant. Susan avait été entretenue à moitié dans la confidence, avec pour seule information que le pendentif que Tom portait en permanence dans la journée, n'acceptant de s'en séparer que pour la nuit (et encore, il le plaçait sous son oreiller), pouvait se révéler dangereux.

— On pourrait interroger Tonks, proposa Susan. Elles étaient dans la même année, même si Tonks était à Poufsouffle.

— Euh… je suis là, rappela Théodore en montrant ostensiblement sa cravate verte et argent.

Susan balaya l'objection.

— Si Face-de-Serpent te pose des questions, tu n'auras qu'à dire que tu nous espionnais. De toute façon, je doute honnêtement que l'on apprenne des choses qu'il ne sache pas déjà. Quant à Tonks, tu n'as rien à craindre, elle est très gentille.

Encore une fois, Tom s'étonna de voir que c'était Théodore qui portait le vert et argent et Susan le jaune et noir. Théodore obtempéra, pas plus enthousiaste que Tom lorsque l'on parlait de mener une enquête, ce qu'il qualifiait d'attitude de Gryffondor. Les deux garçons traînèrent donc des pieds pour sortir de la bibliothèque. Carte du maraudeur en main que Harry avait confiée à Tom – preuve qu'il avait su infiltrer au mieux le commandement de l'AD –, ils retrouvèrent Tonks qui patrouillait dans un couloir du troisième étage, sous une tapisserie représentant une manticore combattant une chasseuse de monstre aux yeux indigo. En dépit de son air de chien battu et de ses cheveux gris souris, l'Auror les accueillit avec un sourire.

— Eh bien, qu'est-ce qui vous amène ?

— C'est euh… commença Susan avec hésitation. C'est assez délicat. Il serait préférable…

La jeune fille chercha ses mots tout en se triturant les mains.

— Je crois qu'il serait préférable que nous en parlions dans une salle.

Intriguée, Tonks désigna une salle de classe inoccupée en ces temps de vacances. Entrant les derniers, les garçons échangèrent un regard lourd de sous-entendu. Tom était écœuré de voir avec quelle facilité Susan jouait la comédie. Pire encore, c'était elle qui avait décidé de venir ici ! Le contact des Gryffondor le ramollissait donc d'une manière inquiétante. Tom ne pouvait décemment pas laisser une Poufsouffle se comporter plus en Serpentard que lui-même ! Théodore, lui, haussa des épaules avec résignation.

— Maintenant, vous allez me dire ce qui se passe ?

— C'est Hart… Elle semble accorder une attention particulière à Tom.

Tom prit un air ennuyé le plus innocent qui fût. Tonks ne se douta de rien, car elle répondit, embarrassée :

— Je crois que c'est à cause de ce qui s'est produit dans la Forêt Interdite. Helena est obsédée par Vous-Savez-Qui. Je ne sais pas pourquoi, mais elle veut à tout prix l'affronter en duel. Curieusement, Vous-Savez-Qui s'est défilé à chaque fois.

— Elle doit être très puissante, non ?

— Oh oui ! Quand on était à Poudlard, il n'y avait qu'Ada Vector pour lui tenir tête en duel.

— Ada Vector ? releva Tom avec surprise. Est-elle liée au professeur Vector ?

— C'est sa fille. Ce qui est assez amusant, c'est que Vector avait par ailleurs adopté Helena. Je crois qu'elle avait sept ou huit ans. Mais malgré son sale caractère, Helena s'est très bien entendu avec Ada. C'était même assez étrange de les voir à Poudlard, Helena à Serdaigle, Ada à Serpentard, mais toutes deux prêtes à tomber sur le premier qui oserait s'en prendre à Évariste, le petit frère d'Ada. Très charmant, mais qui manquait cruellement de confiance en lui. Il était à Poufsouffle.

— Oui, il me semble me souvenir de lui, dit Susan en fronçant des sourcils. Il était en septième année lorsque j'étais en troisième. Très mignon. Plus d'une fille a tenté sa chance auprès de lui… Mais il n'était pas très abordable, il fuyait les filles trop entreprenantes. Un peu comme toi, Tom.

Les joues soudain échauffées, Tom lança à Susan un regard à faire pâlir d'envie un basilic.

— Pour en revenir à Hart, reprit Susan d'un ton un peu anxieux. Il n'y a rien à craindre d'elle ?

Magnifique recentrage de la conversation qui n'éveillerait pas les soupçons.

— De Helena ? dit Tonks surprise alors même que ses yeux accrochaient le vert et argent que portait Théodore. Elle n'est dangereuse que pour elle-même ou pour les mages noirs. Et je ne crois pas que vous soyez des mages no…

L'Auror se tut soudain, comme si sa langue venait de la brûler. Son regard s'attarda sur Tom.

— Je crois que j'ai répondu à votre question, s'empressa d'ajouter Tonks mal à l'aise. Je vais vous laisser.

Joignant le geste à la parole, elle sortit précipitamment de la pièce. Susan lança un regard intrigué à Tom tout en s'asseyant sur une des innombrables chaises de la salle de classe.

— Qu'est-ce qu'on a dit pour la faire fuir ? s'étonna-t-elle.

— On se le demande… ricana Théodore.

Toujours en retrait et de méchante humeur, il les dardait d'un regard furieux.

— C'est votre nouveau jeu ? Me montrer à quel point je ne suis pas digne de Serpentard ?

La gentillesse un peu rêveuse qui l'animait habituellement avait été chassée par une colère glaciale.

— Vous vouliez que je sache à quel point vous seriez mieux que moi à Serpentard ? Vous qui êtes si manipulateurs, si rusés ?

— On n'a jamais voulu te blesser, dit Susan avec une douceur qui cherchait à camoufler son propre agacement. Ce n'était que pour obtenir quelques renseignements…

— Et vous avez magnifiquement réussi ! Vous l'avez cuisinée comme des Serpentard alors qu'elle ne se méfiait pas plus de moi que du dernier des Poufsouffle ! De moi, le fils de Mangemort emprisonné à Azkaban.

— Ça n'a rien à voir ! répliqua Susan les nerfs soudain à vif.

Sous l'émotion, elle avait bondi de sa chaise. Théodore demeura stoïque, dévisagea tour à tour le Gryffondor (qui ne perdait pas une miette de la scène) et la Poufsouffle.

— Au contraire, murmura-t-il d'une petite voix. Le choixpeau voulait m'envoyer à Poufsouffle et je lui ai demandé Serpentard.

Susan garda le silence, surprise par l'aveu. Théodore tourna des talons.

— Je vous laisse entre vrais Serpentard.

— Tom n'est pas un Serpentard ! Il a même fait apparaître l'épée de Gryffondor !

Tom fut soudain assailli d'un mauvais pressentiment. Mais avant qu'il n'eût dévié la conversation, Théodore dit, la poignée de porte en main :

— Je crois que tu es loin de te douter de l'identité de Tom.

Et après avoir jeté cette huile sur le feu, Théodore sortit, laissant une Susan complètement stupéfaite et un Tom particulièrement inquiet. L'ancien Serpentard fixa ses longues et fines mains qu'il triturait avec nervosité. Très vite, il prit une décision et se mit en marche.

Caloporta ! s'écria Susan alors que Tom s'apprêtait à actionner la poignée.

Il fit volte-face, la baguette sortie. Pour qui se prenait-elle ? De quel droit osait-elle le dévisager avec une telle fureur ? Et surtout, pourquoi, lui, la version adolescente de Lord Voldemort était effrayé alors qu'il aurait pu aisément la vaincre en duel ?

— Maintenant, dis-moi qui tu es, siffla-t-elle.

— Je n'ai pas à te répondre !

Tom était complètement décontenancé, ignorant ce qu'il devait faire et ce qu'il devait dire pour effacer cet incident de la mémoire de Susan. Effacer… Oubliette ? Tom s'aperçut avec effroi qu'il approuvait de vives réticences à soumettre Susan à un tel sort. Pourquoi cette impression de tomber dans un gouffre ? Si Susan lui importait peu, pourquoi son cœur s'accélérait à l'idée terrible de perdre sa confiance et son soutien ? Il était Tom Riddle, il n'avait besoin d'aucun soutien !

— Tom Temple, réponds-moi !

Non, il était désormais Tom Temple et il appréciait Susan. Soudain désarçonné par cette prise de conscience, Tom crut que le monde toute entier vacillait. De nouveau, il fit volte-face avec la ferme intention de fuir les jugements de Susan. De fuir aussi ce qu'il était capable de lui faire si sa colère venait à le submerger. En vérité, Tom était avant tout effrayé par lui-même.

Alo...

— Experlliamus !

Instinctivement, alors même que sa baguette lui échappait des doigts, Tom appela à lui sa magie, se fondit dans son étreinte rassurante de toute la force de sa peur. Ce n'était qu'un réflexe terrifiant. Une triviale poussée de magie. Une impulsion. Il avait perdu le contrôle, tout simplement.

Avec horreur, Tom vit Susan s'élevait dans les airs, soufflée par sa puissance. Elle traversait la pièce… elle allait s'écraser contre le mur de pierre ! Non !

Elle ne le percuta pas. Susan ouvrit de grands yeux lorsqu'un coussin d'air amorti le choc pour la déposer doucement au sol où elle se laissa tomber à genoux. Une vague de soulagement envahit Tom. Ce ne fut que de courte durée. Susan reprenait ses esprits !

— Reste ! lança-t-elle alors que Tom s'apprêtait à fuir.

— Je ne peux pas !

Nauséeux, il lui semblait que ses jambes ne tarderaient plus à se dérober sous lui.

— Seulement reste, dit-elle d'une voix plus douce en se relevant.

La colère l'avait quittée mais Susan n'en était que plus effrayante, avec cet air désolé qui poignardait Tom en plein ventre.

— Je suis dangereux !

— Je n'aurais pas dû te lancer de sort, reconnut Susan.

Pourquoi ne se contentait-elle pas de hurler ? Cela aurait été beaucoup plus simple. Pourquoi les Poufsouffle devaient-ils être aussi gentils ?

— J'aurais pu te tuer !

— Mais je suis toujours vivante. J'aurais dû me méfier. Comme un sorgin, tes émotions fortes peuvent activer ta magie intrinsèque. Je t'ai agressé, tu t'es défendu. Tu as eu peur pour moi et tu m'as protégée. C'était instinctif, Tom. Tu m'as protégée sans arrière-pensée. Rien que pour cela, je ne crois pas que tu sois un danger pour moi. Alors sache bien que, quoi que tu me dises, je te considérai toujours comme un ami.

Tom la dévisagea, atterré. Elle avait prononcé cette dernière phrase sans frémir ni trembler, tout juste un peu pâle d'avoir traversé la moitié de la salle de classe dans les airs.

— Je suis une Poufsouffle, fidèle avant tout, dit-elle gravement. Harry te fait confiance, Dumbledore t'a accepté dans son établissement. Alors, même si Voldemort est ton grand-père…

Un silence éloquent lui répondit. Susan pâlit, oscillant entre l'incrédulité et la panique. Seul l'air franchement embarrassé de Tom lui permit de garder le contrôle de ses nerfs.

— C'est un peu plus compliqué que ça, nuança la version adolescente du terrible mage noir.

Pour son plus grand soulagement, Susan écouta calmement, après s'être laissée tomber sur une chaise sous le choc de la révélation. Lorsqu'il eut fini son récit, qui était Tom Riddle, comment il s'était retrouvé projeter en 1996 et l'accueil qu'il avait reçu, il se tut, guettant avec nervosité la réaction de Susan. Il réalisa à quel point il ne voulait pas perdre sa confiance. Et son amitié. Pragmatique, Tom songea que c'était encore là un point qui le différenciait de Voldemort.

— Donc, reprit Susan d'une voix blanche, Harry sait que tu es… Voldemort. Et Hermione aussi.

— Je ne suis pas Voldemort, insista Tom. Disons que nous n'avons en commun que nos quinze premières années.

— Mais tu n'as tué personne ?

— Non.

Susan se détendit un peu.

— Et Voldemort dans tout ça ? Il sait ?

— Il en sait probablement plus que moi, oui. Sur les raisons de ma venue, sur mon pendentif, sur cette influence Gryffondor que je ressens depuis que je le porte, sur le lien qui existe avec Grindelwald.

Susan avait repris un peu de contenance et fronçant les sourcils d'une manière tout à faire Hermionnienne, elle tira la Gazette de son sac.

— Grindelwald dis-tu ?

Tom hocha de la tête, sans comprendre autre chose que Susan ne se détournait pas de lui, malgré la pâleur de son visage.

— Ce matin, ils en parlaient dans la Gazette. Il y a eu une évasion à Nurmengard. Une certaine Eleusis Gaunt.

Glacé jusqu'au sang, Tom se laissa à son tour tomber sur une chaise.

— Tu la connais ?

— C'est… une sorcière au service de Grindelwald. Et ma cousine. Enfin la cousine de Voldemort et moi… Harry a dû avoir de sacrés maux de tête ce matin.

— Tu penses que Voldemort est impliqué dans son évasion ? demanda Susan d'une voix douce.

Tom fut touché par les efforts qu'elle mettait en œuvre pour dépasser sa peur. Il évita de croiser son regard cependant.

— Non, je ne crois pas. Eleusis… je ne sais pas comment ça a évolué, mais elle a tenté de me capturer à plusieurs reprises. Je crois qu'elle est d'une puissance à peu près équivalente à Voldemort, mais elle est fidèle à Grindelwald jusqu'à la moelle. Voldemort n'aurait jamais pris le risque de la libérer.

Tom tritura nerveusement son pendentif.

— Et je doute que ce soit un hasard.

De là à imaginer un possible retour de Grindelwald... Une sueur froide glissa le long de l'échine de Tom. Savoir que Voldemort s'opposerait certainement au vieux mage déchu n'était qu'une bien maigre consolation. Susan posa une main sur son épaule, le tirant de ses pensées inquiètes.

— Allons chercher Théodore, suggéra-t-elle.

Une petite voix dans sa tête qui lui murmurait que Susan prenait beaucoup d'initiative ces derniers temps et qu'il n'appréciait pas de s'entendre ainsi dicter ce qu'il devait faire. Ces réflexions furent rapidement chassées de son esprit. Une désagréable personne les attendait dans le couloir.

Nonchalamment appuyée contre le mur, un sourire sardonique aux lèvres, Hart dévisageait Tom d'un air victorieux.

— Eh bien... C'est fou ce que l'on peut apprendre en laissant soigneusement traîner ses oreilles.

La phrase avait à peine atteint le cerveau de Tom que déjà Susan bondissait pour se placer devant lui, baguette sortie. Le sourire de Hart s'étira de manière inquiétante. Quittant son mur, elle s'avança vers Tom alors même qu'une main invisible poussait Susan et l'immobilisait.

— Ainsi j'ai devant moi le double de Voldemort... je m'en doutais...

— Je ne suis pas Voldemort !

Hart se planta devant Tom. Elle le dépassait encore de quelques centimètres et utilisait cette différence de taille pour l'impressionner. Tom soutint son regard sans ciller. La magie de Hart l'enveloppa, étudiant chaque particule de son être et bientôt, s'attaqua à son esprit. Tom la repoussa. D'une même pensée, il tenta d'écarter Hart de son chemin. Elle lui opposa une résistance puissante.

— Impressionnant, constata-t-elle satisfaite. Mais ce n'est pas suffisant.

— Helena !

Théodore arrivait à grandes enjambées, une expression sincèrement inquiète sur son visage étroit.

— Laisse-le !

— Et pourquoi donc ? répliqua l'irritante Auror visiblement mécontente de l'intervention extérieure.

— Parce que je te le demande, dit Théodore. Il n'est pas dangereux.

L'ego de Tom se révolta. Néanmoins prudent, il garda le silence.

— Ça, c'est à moi d'en juger.

Hart obtempéra cependant et quitta le couloir avec un haussement d'épaule.

— Quelle saleté ! jura Susan dès qu'elle fut libérée du maléfice.

Elle se tourna vivement vers Théodore et s'approcha de lui, baguette sortie, franchement menaçante.

— Tu l'as appelé Helena ? Et d'abord, pourquoi es-tu revenu ? Comment sais-tu pour Tom ? Qu'est-ce que tu nous caches encore ? Réponds !

Tom, découvrant qu'une Poufsouffle en colère n'avait rien à envier aux autres maisons, décida d'intervenir. Il attrapa le poignet de Susan et la fixa pour lui signifier de se calmer. Elle opina à contrecœur, mais au plus grand soulagement de Théodore qui était dans l'inconfortable position d'avoir une baguette appuyant sur la paroi sensible de sa trachée.

— Je vais vous répondre mais pas ici.

Il fut donc décidé de se rendre dans la Salle sur Demande.

Arrivés dans le couloir du septième étage, ils découvrirent une petite fille qui fixait le tableau de troll en tutu. Pour une raison que Tom ne s'expliquait pas, elle portait une balance. La fillette paniqua en découvrant le trio, laissa tomber sa balance qui émit un fort bruit métallique et s'enfuit en courant. Tom fronça des sourcils. Qu'avait-il de si effrayant ? Ses yeux devenaient-ils rouges ? Chassant ces questions, il passa trois fois devant le mur de la salle sur demande. Rien. Interloqué, il recommença.

— Ça ne sert à rien, soupira Théodore.

Tom s'arrêta et lui jeta un regard interrogateur.

— Je ne peux pas vous expliquer.

— Malefoy, comprit Susan.

Harry serait certainement ravi d'apprendre la nouvelle, mais présentement, ça n'arrangeait pas Tom. Il avait besoin d'un lieu paisible pour discuter et loin des oreilles de Hart. La Chambre des Secrets ? Compte tenu du contexte, très mauvaise idée. Tom se résigna donc à prendre possession d'une autre salle de classe. Il prit le soin, cette fois-ci, de conjurer tous les sortilèges anti-espionnages qu'il connaissait, en espérant qu'ils résisteraient à l'irritante Auror.

— Je suppose que l'on pourra dire que je fais ça pour gagner votre confiance… soupira Théodore. Tout d'abord, si je suis revenu, c'est parce que… hum… une fois calmé, je me suis aperçu que ce n'était peut-être pas une bonne idée de vous laissez seuls, avoua Théodore mal à l'aise.

— Bah, Tom a seulement failli me tuer, plaisanta Susan avec un sourire devant le regard horrifié des deux garçons. Maintenant, dis-moi pourquoi tu as appelé cette saleté « Helena » ?

Le changement de sujet fut accueilli avec soulagement.

— J'aurais dû vous le dire plus tôt… mais par réflexe, j'ai gardé le secret. C'est comme ça chez moi, tout est secret, rien ne se dit… enfin bref. Mon père est son parrain. On se connaît plutôt bien. Je fais partie des rares privilégiés pour qui elle a de l'estime. Au même titre qu'Évariste… eh bien, elle me considère comme un de ses protégés. Mon père s'est un peu intéressé à sa carrière. Je sais qu'à plusieurs reprises, il l'a conseillée. Mais ils se sont disputés, très peu de temps après le retour de Vous-Savez-Qui. Je venais de rentrer de Poudlard. Je n'ai pas tout compris. Je crois que Hart demandait à mon père de l'aide pour tendre un piège à Vous-Savez-Qui et mon père l'a traité d'inconsciente, qu'elle n'avait aucune chance face à lui. Ils ont commencé à sortir leurs baguettes. Puis Lucius Malefoy est arrivé avec Crabbe et Goyle senior. Ils l'ont menacée… Cependant, elle n'était pas effrayée, au contraire. Elle n'attendait que ça. Mon père est intervenu pour rétablir le calme. Après son départ, mon père était assez furieux. Il disait que les autres s'étaient comportés comme des idiots et il leur a rappelé que le Maître avait ordonné aux Mangemorts de ne pas s'en prendre à elle, qu'il voulait s'en charger lui-même.

— Donc, elle n'est pas Mangemort, résuma Susan. Cependant, Voldemort s'intéresse à elle, autant qu'elle s'intéresse à lui. Pourquoi ? L'intérêt que Voldemort lui porte pourrait encore s'expliquer par le fait qu'elle semble redoutablement puissante. Mais pourquoi le hait-elle à ce point ? Je veux dire, beaucoup de sorciers détestent Voldemort. Mais pas comme ça, pas en cherchant la confrontation. C'est comme si elle cherchait une revanche. Une revanche sur quoi ? Elle n'était qu'une enfant lorsque Voldemort a disparu pour la première fois. Je veux dire… même Harry n'est pas autant belliqueux envers lui et pourtant, il a tué ses parents !

Tom opina, l'esprit soudain assailli par une idée qui lui déplaisait fortement. Il conforta cette intuition le lendemain en consultant un récapitulatif des élèves de Poudlard, doté d'un trombinoscope et des dates de naissance. En découvrant le visage de Hart adolescente et plus encore, sa date de naissance, le 30 septembre 1972, Tom perdit tous ses doutes. Il s'empressa de rejoindre Susan et Théodore fouillaient dans les livres de botanique sur les propriétés des pommes, à quelques tables de là.

— Il est fortement probable que Hart soit la fille de Cryoncardia, annonça-t-il dans un murmure. Voldemort a défait Cryoncardia en avril 1972, acquérant ainsi le titre de plus grand mage noir de tous les temps, mais beaucoup les soupçonnaient de délit d'entente. En fait, le duel qui les avait opposés n'était qu'un leurre pour permettre à Cryoncardia de se faire oublier, probablement parce qu'elle était enceinte. Et la ressemblance est frappante.

— Comment sais-tu ça ? demanda Susan dubitative.

Cultivant toujours le mystère et la discrétion, Cryoncardia camouflait son visage dans la plupart de ses apparitions. Très peu de personnes donc, connaissaient ses traits.

— Je l'ai pas mal côtoyé à Poudlard... avant.

Machinalement, Tom joua avec son pendentif. Il se figea.

— Repose ce livre tout de suite ! s'exclama Tom.

Terrifié par l'urgence soudaine qui perçait la voix de Tom, Théodore referma le livre d'un geste sec.

— Qu'y a-t-il ? s'étonna Susan.

— Je lisais ce livre lorsque je me suis retrouvé projeté dans le futur… je veux dire maintenant.

Soudain très pâle, Théodore considéra avec un effroi nouveau Les arbres fruitiers aux propriétés remarquables. Une magnifique vigne à grappe pourpre ornée sa couverture fatiguée par des années d'usage. En 1942, cet ouvrage était flambant neuf.

— C'est ridicule, claqua Susan. Tu t'es retrouvé ici à cause de ton pendentif, le livre n'est qu'un hasard.

Sous l'air horrifié des garçons, Susan se saisit de livre, en parcourut rapidement les pages avant de trouver le chapitre qui l'intéressait. Au bout de quelques minutes qui parurent une éternité à Tom, elle fronça des sourcils. Et pâlit.

— As-tu lu le paragraphe sur les pommes d'or ?

— J'allais le commencer

— Donc Voldemort l'a probablement lu.

— Probablement, oui… Pourquoi ? Qu'ont-elles de particuliers ?

— Si elles existent, ce dont doute l'auteur, elles auraient le pouvoir de guérir le corps, l'âme et l'esprit. Elles apporteraient également l'immortalité…

Voilà qui se révélait tout à fait intéressant… s'avisant qu'il n'avait peut-être pas la bonne réaction, Tom s'empressa de se racler la gorge et de déclarer :

— Voldemort n'en a pas trouvées. J'ignore comment il a survécu en 1981 ou quelles expériences sur l'immortalité il a pu mener, mais il n'a certainement pas croqué dans une de ses pommes. Il est peut-être puissant, mais ce n'est plus qu'un homme à l'âme mutilée. Quant à son esprit… je doute qu'on puisse le qualifier de sain.

— Peut-être, mais regarde la fontaine en illustration…

Tom fronça des sourcils alors que Théodore étouffait une exclamation. Le Serpentard soudain très blême, attrapa le livre des mains et, sans plus d'explication, l'enfourna dans son sac.

— Il faut qu'on parle dans un endroit sûr, chuchota-t-il à voix très basse. Un endroit où même Dumbledore ne pourra pas nous entendre.

Et comme Malefoy semblait décidé à monopoliser la Salle sur Demande en l'absence de l'AD, ils optèrent pour le viaduc. Le vent glacial qui soulevait des flocons de neiges dans tous les sens invitait plus à s'installer devant un feu crépitant dans une cheminée. Les joues agressées par le froid mordant et les narines douloureuses, Théodore, Susan et Tom sautillaient légèrement sur place pour se réchauffer tout en jetant des sorts anti-espionnage.

Théodore ouvrit le livre de botanique qu'il posa au sol et immobilisa par un sortilège, mais également les contes de Beedle le barde qu'il avait été cherché dans son dortoir. La fontaine qui avait attiré l'attention de Susan était strictement identique à celle qui illustrait le premier conte : La Fontaine de la bonne fortune. Un chapelet de runes ornait son rebord et parmi celles-ci, le signe des Reliques de la Mort. Machinalement, Tom tritura son pendentif.

— Il faut que tu arrêtes ce geste, dit Théodore d'un ton très grave. Tu ne dois en aucun cas attirer l'attention sur ton pendentif.

Tom le lâcha aussitôt.

— J'aurais dû faire le rapprochement plus tôt, poursuivit Théodore. Je peux voir l'autre face ?

Intrigué, Tom opina et tendit l'opale triangulaire -autant du moins, que la cordelette de cuir le permettait. Théodore tendit la main sitôt que ses doigts effleurèrent la surface, il les retira comme s'il s'était brûlé. Incrédule, il fixa tour à tour Tom et le pendentif.

— Eh bien ? demanda Tom avec impatience.

— Je ne sais pas trop… Susan, tu peux le toucher ?

Sans mot dire, Susan s'exécuta.

— Je ne vois pas ce qu'il y a, dit-elle un peu perdue alors que Tom glissait le pendentif sous son pull. Je euh… peut-être m'attire-t-il, mais c'est trop ténu pour que j'en sois certaine.

Les yeux verts de Théodore accrochèrent un les branches griffues d'un chêne malmené par le blizzard.

— Vous ne vous êtes pas demandés comment je savais pour Tom ?

Le sifflement du vent lui répondit.

— Je… Je crois que tu es grand danger, Tom. Ca n'a rien à voir avec Voldemort, précisa-t-il. Ou peut-être que si, mais pas de la manière dont on pourrait le croire. Il faudra garder secret ce que je vais te dire. Tu n'iras pas le répéter à Potter… et surtout pas à Dumbledore !

— Pour ce qui est de Dumbledore, je me méfie profondément de lui aussi, le rassura Tom. Il a tenté de faire de la légilimancie sur moi, figure-toi ! En revanche, pour ce qui est de Harry… Je ne te garantis rien.

— Il ne faut rien lui dire ! Il risque de tout répéter à Dumbledore.

— Eh bien, nous ne lui dirons rien, conclut Susan.

Tom fronça des sourcils. Il n'aimait pas devoir garder le secret devant Harry et il appréciait encore moins de réaliser cela. Mais il ne lui avait toujours pas révélé la tentative de légilimancie de Dumbledore.

— Personne ne doit savoir que j'étais présent le jour où ma mère a été tuée, déclara Théodore d'un ton grave. J'étais caché, ils ne m'ont pas vu. Ils étaient masqués, mais ce n'était pas des Mangemorts. Ils portaient des robes pourpres et l'un d'entre eux portait une chaîne d'or autour du cou, à laquelle était suspendu la marque des Trois Tisseuses. Je ne sais rien d'autres sur ces assassins, si ce n'est qu'ils cherchaient ce qu'ils appelaient l'Horcruxe. J'ignore également quels sont les pouvoirs de l'Horcruxe, mais ils doivent être immenses. Il s'agit de ton pendentif.

Théodore consulta brièvement Susan du regard qui opina.

— Tu as peut-être entendu parler de mon père. Sacharis Nott.

— Plutôt, oui ! J'étais ami avec ses jeunes demi-frère et demi-sœur. Leur rapport avec lui était un peu tendu. La rumeur courrait qu'il était Schattenalter.

Théodore grimaça légèrement.

— En vérité, il espionnait Grindelwald pour le compte d'un groupuscule de jeunes aventuriers qui se nommaient les Cinq – même s'ils n'ont jamais été aussi faisait partie des Cinq. Il en est même devenu le meneur, à la mort du précédent meneur, Meginhard. Voldemort s'y est illustré à travers de nombreux exploits. Le plus remarquable est certainement la chute de l'Alchimiste des Ombres en 1953. Je crois que c'est pour cela que mon père respecte Vol... Vous-Savez-Qui. Je veux dire, ma famille a beaucoup souffert à cause des Mages Noirs et en particulier mon père.

Tom acquiesça alors que deux visages s'imposaient à son esprit. Héliodore était un étrange Gryffondor dans la même année que McGonagal. Par certains côtés, Héliodore rappelait furieusement Justin : toujours dans un état sur-excité, il virevoltait entre les différentes maisons avec une négligence insolente envers les traditionnelles rivalités. Quant à Callidora, elle se remarquait avant tout par sa douceur et sa gentillesse. Elle était à Serpentard, et d'un an plus jeune que Tom. Héliodore avait été tué en 1945 par Eleusis Gaunt et Callidora en 1952 par l'Alchimiste des Ombres en personne. Encore des êtres que le temps lui avait volés et qu'il ne reverrait plus jamais.

— Mais avec Volde... Vous-Savez-Qui, se reprit Théodore, c'est différent. Je ne sais pas pourquoi ni comment. Mais je crois que cela a à voir avec ce signe et l'Horcruxe. Mon père sait beaucoup de choses et il m'en a apprises quelques-unes.

Théodore serrait la rambarde du viaduc d'une main tremblante.

— L'Horcruxe, les Reliques de la Mort, les pommes d'or et la fontaine sont liés. Mais quel est ce lien ? Je n'ai pas la réponse. Quant aux hommes pourpres, ils risquent de s'en prendre à toi, tôt ou tard. Ce ne sont pas des Mangemorts. À plusieurs reprises, ils ont eu à faire à eux, même si mon père a toujours voulu me le cacher. Ce n'est pas non plus l'Ordre du Phénix. Je crois que les Mangemorts en ont réellement peur.

— Ce serait donc un troisième joueur, mais qui ? s'étonna Tom. Voldemort ne tolère pas la présence d'autres Mages Noirs en Angleterre.

— Ou peut-être que Voldemort n'est pas parvenu à chasser ce troisième joueur, répliqua Théodore en omettant une nouvelle fois de ne pas prononcer le nom du Seigneur des Ténèbres. Peut-être aussi qu'il n'y a pas de troisième joueur, mais simplement un joueur au double jeu : Dumbledore.

— Je ne sais pas..., nuança Tom. Je ne crois pas. Je veux dire : s'il voulait à ce point mon pendentif, il me l'aurait déjà pris.

Tom fixa Théodore droit dans les yeux.

— Même si je ne le porte vraiment pas dans mon cœur, je dois reconnaître une chose. Il est fort peu probable que l'homme qui a tué ta mère soit Dumbledore. Son jeu est trouble, c'est vrai. Il est manipulateur, retord, et semble un peu trop vouloir agir pour le plus grand bien... mais ce n'est pas un meurtrier. Qui alors ? Qui aurait le pouvoir de tenir tête ainsi à Voldemort ? Le seul nom qui me vient à l'esprit est Grindelwald, mais il se trouve à Nurmengard.

— Et Cryoncardia ? demanda Susan.

— En duel, elle surpasse Voldemort, répondit Tom. Mais elle et Voldemort s'entendaient plutôt bien. Il l'a même aidée à disparaître en 1972 ! Je ne sais pas ce qu'elle est devenue, mais ce n'est pas elle.

— Il n'empêche, intervint Théodore, que tu dois rester extrêmement prudent. Tom…

— Je suis prudent ! Je dois déjà me méfier de Voldemort, du Ministère et apparemment, ma chère cousine vient de s'échapper de Nurmengard. Je suis prudent, mais ce n'est pas de ma faute si les ennuis viennent à moi. Je n'ai rien fait pour les chercher !

Susan et Théodore le dévisageaient d'un air sceptique.

— Mouais, grommela Théodore. Il faut croire que tu n'as pas d'égal pour t'attirer des ennuis… à part peut-être Potter.

Soudain, Théodore se rembrunit.

— Un problème ? demanda Susan alarmée.

— Eh bien… Tom s'attire des ennuis, en particulier auprès des Mages Noirs, toi tu es de bons conseils, et moi… je ne veux pas devenir roux !

Susan leva les yeux au ciel alors que Tom cherchait une raison pour laquelle Théodore deviendrait roux.

— Ce n'est pas parce que l'on se pose des questions comme notre cher trio que l'on va se transformer en eux. Déjà, il serait très mal avisé de notre part de transgresser la moitié du règlement, même si c'est pour sauver le monde. Je crois que Dumbledore ne serait pas aussi indulgent envers nous.

Un éclair de compréhension traversa l'esprit de Tom. Et il ne parvenait pas à déterminer s'il se sentait plus vexé ou bien… flatté ? d'être ainsi comparé à Harry. Ou alors inquiet. Harry manquait de mourir à chaque fin d'année.

Harry avait déjà noté une certaine ressemblance entre eux deux. De nombreuses personnes, probablement influencées par des articles peu élogieux parus dans la Gazette du Sorcier, redoutaient que Harry ne se transformât un jour en un autre Voldemort. Et lui, Tom Temple anciennement Tom Riddle, lui le double du passé du plus grand mage noir de tous les temps, se rapprochait de plus en plus de Harry. Une ironie du sort. Encore.

Il y repensait encore le lendemain matin alors qu'il traînait dans son lit. C'était noël et il avait été convenu qu'ils ne travailleraient pas ce jour-là, pas plus qu'ils ne poursuivraient leur recherche sur l'Horcruxe, les pommes d'or ou un quelconque jardin merveilleux. Avec paresse, Tom jeta un coup d'œil hors des couvertures et découvrit que de lourds flocons tombaient en silence. Silence. Depuis le début des vacances, il savourait le calme qui régnait dans le dortoir désormais désert. Il n'y avait plus ces interminables débats sur les équipes et joueurs de Quidditch, entrecoupés de commentaires plus ou moins délicats sur les filles lorsqu'ils ne partaient pas en conjectures sur le nouveau plan géniallissimement foireux de Voldemort. A présent, le calme régnait. Tom appréciait ces moments de solitude. De solitude choisie.

Il attrapa son livre de métamorphose. Il en tira la photo de sa mère. Elle lui souriait toujours, évoluant dans ce coin de forêt paisible que Tom lui avait trouvé. Il lui souriait en retour.

— Joyeux Noël, maman, murmura-t-il du bout des lèvres.

Tom resta ainsi un temps, allongé sur le dos, fixant un point loin derrière les tentures carmin de son lit à baldaquin, ses longues mains fines et délicates qu'il avait hérité de son père, serrant la photo de sa mère contre sa poitrine. Ses pensées l'emmenaient vers d'autres temps, d'autres lieux. D'autres réalités aussi. Alors, lui aussi se trouvait devant la petite chaumière, avec sa mère qui lui préparait de délicieux gâteaux, qui le couvait d'un œil affectueux. Il y avait aussi son père qui était resté auprès de sa mère, qui ne l'avait pas abandonnée. Il l'avait épousée. Il suivait avec fierté la scolarité brillante de son fils. Et puis, Tom voyait Emily, avec sa chevelure cuivrée si soyeuse, ses yeux gris perle en amande et son visage pointu qui lui donnait des airs de renarde. Tom découvrit qu'elle lui manquait affreusement. Lorsqu'il sentit que des larmes s'inviter aux coins de ses yeux, Tom se releva. Effrayé de se laisser aller à tant de sentimentalisme, il rangea la photo de sa mère dans son livre de métamorphose.

Malgré tout, Tom eut une pensée pour son double. Comment Voldemort passait-il Noël ? Et comment réagirait-il s'il découvrait le visage de leur mère ? Avec un sourire, Tom essaya d'imaginer la réaction que pourrait avoir Voldemort si jamais il lui envoyait un double de la photo. Harry aurait certainement de violents maux de tête.

Le regard de Tom tomba sur le pied de son lit. Un cri de surprise lui échappa. Il cilla. Cligna encore des yeux de crainte d'avoir eu une hallucination. Les paquets étaient toujours là. Des cadeaux. Pour lui. Il s'en approcha prudemment, presque avec respect. Ils lui étaient bien destinés. Lentement, tentant de contrôler sa nouvelle fébrilité, Tom ouvrit ses cadeaux. Hermione lui avait offert une montre avec des aiguilles en formes de serpents argentés qui ondoyaient au rythme du temps qu'elles égrenaient. Mrs Weasley, toujours extrêmement reconnaissante envers Tom pour avoir sauvé Ron, avait envoyé une grosse boîte de chocolat ainsi qu'un épais pull en laine. Vert et décoré d'un T, ce n'était certes pas le plus beau pull que Tom avait vu, mais il avait été tricoté pour lui, alors il s'empressa de l'enfiler tout en se moquant de sa niaiserie. Harry avait opté pour un livre au titre particulièrement évocateur : Ces héros qui furent les pires cauchemars des Mages Noirs par Luke Joliker, édition 1990. Un petit mot l'accompagnait.

« L'auteur a estimé qu'étant bébé lorsque j'ai échappé à Voldemort pour la première fois, le facteur chance jouait trop pour que je gagne ma place dans le palmarès. La prochaine édition aura lieu en 2000. D'ici là, il faut qu'on ait suffisamment enquiquiné Voldemort pour que Joliker daigne nous inscrire dans son livre. Je compte sur toi ! Je suis certain qu'à nous deux, nous pouvons gagner la première place.

Harry, futur plus grand enquiquineur de mages noirs de tous les temps »

Tom s'autorisa un sourire avant de dresser mentalement une liste des exploits de chacun et se demanda si Joliker accepterait de valider ses actes contre Grindelwald. Dans le cas contraire, il avait encore un retard à combler.

Il avisa alors qu'il restait un paquet, petit quoique toutes en longueur. Intrigué, Tom détacha le mot. Il eut la sensation déstabilisante de connaître cette écriture arrondie sans pour autant parvenir à en identifier l'origine.

« Fais-en bon usage,

H.H. »

Tom fronça des sourcils. Prudemment, il inspira, se relaxa et doucement, noua le contact avec la magie. Peu à peu, elle vibra avec une intensité plus forte autour de lui. Parfaitement immergé dans la magie, Tom enveloppa le paquet par la pensée. L'objet qu'il contenait était assurément magique, mais il ne ressentait aucun danger. De plus en plus intrigué, rassuré sur la nature du présent, il déchira l'emballage. Ses yeux s'ouvrirent grand de stupeur. Une baguette, il s'agissait d'une baguette ! Une étiquette indiquait ceci

« 33,75 cm, en aubépine avec poil de loup-garou, assez souple, idéale pour les sorts de guérison et les maléfices. Fabriquée par Ollivander en novembre 1981 ».

La baguette n'avait jamais servi. Dès que Tom s'en saisit, une douce chaleur irradia dans sa main, remonta son bras, comme si sa baguette cherchait à le saluer. Il essaya quelques sortilèges et découvrit avec satisfaction qu'il retrouvait la même affinité avec cette baguette qu'avec la première en if, avec plume de phénix. Que signifiaient les changements de composition ? Tom demeurait assez dubitatif. Il termina de s'habiller en vitesse et descendit à la Grande Salle où Susan et Théodore achevaient de prendre leur petit-déjeuner. A son grand désarroi, Dumbledore était également présent et le dardait d'un regard pénétrant. Tom attendit donc qu'ils fussent tous les trois sortis prendre l'air, marchant dans la neige épaisse qui s'agrippait sur les pans de sa robe de sorcier. Quand ils atteignirent les chênes tortueux qui bordaient le lac gelé, Tom leur parla de la baguette.

— C'est ennuyeux que l'on ne puisse pas en parler à un adulte, grommela Susan. Ça serait plus sûr.

— Je n'ai senti aucun danger, rappela Tom. Et puis, à qui voudrais-tu que je m'adresse ? Slughorn irait tout raconter à Dumbledore, Vector joue un jeu trouble. Ce ou cette H.H. m'intrigue de plus en plus. Vector a dans sa bibliothèque plusieurs livres lui ayant appartenu. Et visiblement, il ou elle s'attendait depuis longtemps à ce que j'arrive ici.

— C'est plus que ça, intervint Théodore. Il s'attendait à des changements. L'aubépine est souvent associée à une nature conflictuelle : elle est adaptée aussi bien pour la guérison que pour les maléfices, pour soigner comme pour blesser. Le poil de loup-garou a lui aussi un côté changeant, lunatique… C'est la baguette de quelqu'un tiraillait entre des natures contraires. La baguette de Voldemort avait de haute aspiration. La tienne au contraire, cherche sa voie.

Tom cilla plusieurs fois en dévisageant Théodore. Il se tortilla, un peu mal à l'aise d'avoir était si bien analysé, lui et ses contradictions. Théodore perçut sans doute son trouble, car il dévia la conversation sur sa propre baguette.

— 30,8 cm, pommier avec crin de licorne, très souple. Lorsque j'ai acheté cette baguette, mon père faisait vraiment une tête étrange. Ce genre de baguette, alliant pommier et licorne, est incapable de conjurer de la magie noire, mais elle est très puissante pour les sorts de protections et la magie curative. Et toi, Susan ? Quel est la composition de ta baguette.

Pour toute réponse, Susan se prit les pieds dans un fourré à moitié enseveli sous la neige.

— Un problème ? S'inquiéta Tom.

— Euh… Non… pas vraiment… Enfin…

Susan marqua une pause. Elle prit une profonde inspiration avant de sortir sa baguette et de décréter d'un air grave :

— 30,5 cm, ventricule de dragon et bois de cerisier. Ollivander ne me l'a proposé qu'après de nombreux essais infructueux et il a faillit refusé de me la vendre parce qu'il l'a trouvé trop dangereuse entre les mains d'une fillette. Le bois de cerisier a un pouvoir mortel. En particulier lorsqu'il est associé au ventricule de dragon, il s'attache à des sorciers doués d'une grande force mentale qui ne recule devant rien pour parvenir à leurs objectifs. Une vraie baguette de mage noir.

S'en suivit un silence un peu gêné. Ils s'arrêtèrent aux abords de la glace qui courrait à la surface des eaux sombres du lac. Sous les flocons qui continuaient de tomber, il n'y avait pas un bruit, pas le moindre signe de vie hormis les craquements de la glace qui relâchait quelques tensions sous les courants qui agitaient l'étendue d'eau en profondeur.

— Mais tu es à Poufsouffle, rappela Théodore.

— Le choixpeau a beaucoup hésité à m'envoyer à Serpentard, avoua Susan.

— Ce n'est pas parce que l'on est à Serpentard que l'on devient mage noir, répliqua Tom.

Puis, s'avisant qu'il n'était peut-être pas le meilleur exemple, Tom ajouta :

— Regarde Théodore.

— Le choixpeau a failli m'envoyer à Poufsouffle, rappela ce dernier du bout des lèvres.

Tom se demanda où l'enverrait à présent le choixpeau. Certes, il avait invoqué l'épée de Gryffondor, mais la part Serpentard était toujours présente en lui. Il demeurait Fourchelang et héritier de Serpentard.

— De toute façon, je veux faire archéomage, pas mage noir, claqua Susan agacée.

Tom préféra taire que, fut un temps, le titre de mage noir étant refusé aux femmes, ces dernières se tournaient vers l'archéomagie pour les trésors que l'on y découvrait… et qui permettait de conquérir le pouvoir.

— Et Théodore ? Quel métier ?

— Langue-de-plomb spécialisé dans l'étude des dragons.

— Théodore aime beaucoup les dragons, soupira Susan. Et toi, Tom ?

L'ex-futur-mage noir avait déjà réfléchi à la réponse.

— Auror, puisqu'il semblerait que je sois plus doué pour mettre des bâtons dans les roues des mages noirs que pour être mage noir.

— Auror… définitivement Gryffondor, se lamenta Susan.

— Mais à terme, je veux devenir professeur de Défense contre les forces du Mal et ensuite, directeur de Poudlard.

Et encore plus à terme, maître du monde ou au moins de l'Angleterre.

Soudain, Théodore se mit à rire s'attirant des regards interrogatifs.

— J'imaginais Justin dans le rôle de l'Hystérix – c'est le surnom que l'on donne à Bellatrix entre enfants de Mangemorts. Ô Maîtresse Susan, oui maîtresse Susan, que vous êtes belle maîtresse…

Susan prit alors un air assez effrayant. Ces yeux pétillaient avec force, ce qui était mauvais signe. Elle leva sa baguette en cerisier de potentielle mage noire.

— Théodore…

— Oui ? minauda ce dernier.

— Tu vas me payer cet affront.

PAF ! Une grosse boule de neige explosa contre le bonnet écru de Susan. Elle se tourna, furieuse vers Tom qui en préparaient une seconde, un sourire angélique sur les lèvres. Bientôt les flocons virevoltèrent joyeusement entre les trois adolescents qui s'arrosèrent de boules de neige. Et Tom riait, comme un adolescent de son âge, oubliant alors toute sa colère et tous ses ennuis. A part peut-être la neige glaciale qui s'immisçait par l'ouverture du col.

Tom était heureux.

Ainsi au grand air à jouer avec ses amis en toute insouciance, il éprouvait un bonheur tel qu'il n'en avait jamais ressenti. Il se glissa dans la magie, noua un étroit contact avec elle pour mieux étendre ses sens et profiter de ses précieux instants. Quelques rayons de soleil perçait ça et là, entre les nuages. Une neige fraîche recouvrait la nature endormie de l'hiver dans son écrin de glace. Les branches des arbres ployaient sous son poids. Un froid piquant mordait les joues. Le parfum gelé de l'hiver serrait les narines. Et les rires résonnaient.

Mû par une intuition, Tom leva sa baguette et…

Expecto Patronum !

Il éprouvait jusqu'au plus profond de son être, la joie sauvage de courir à travers les bois, de se gorger des odeurs de la nature, se délecter du doux parfum des fleurs, de savourer leurs couleurs chatoyantes et la délicatesse de leurs pétales, de ressentir la terre défiler sous ses pieds en toute liberté, mais aussi la caresse de la lune sur son visage, le bonheur simple de se reposer entouré des siens. Il y avait alors quelque chose d'unique, de primordiale et peut-être aussi de primitif qui vibrait en lui et qui semblait s'affranchir des barrières de l'espace et du temps.

Une forme argentée sortie de sa baguette. Pour la première fois depuis son impossible voyage temporel, la forme argentée ne se limita pas à un vague nuage qui se dissipait vite. Bien au contraire, elle se condensa. Elle gagna vite en consistance. Ses contours devinrent plus nets. La créature se tenait sur ses deux pattes arrières et était pourvu d'une longue queue. Elle portait un plumage généreux, en particulier sur ses pattes avant. Quant à la gueule, une belle rangée de dents pointues la décorait.

Tom fixa, un peu circonspect, cet animal chimérique, à mi-chemin entre la dinde et el dragon.

— Ca alors, un droméosauridé ! S'exclama Théodore d'un air émerveillé.

— Un vélociraptor, précisa Susan. Et avec des plumes ! Ca alors ! J'ignorais qu'on pouvait avoir un dinosaure pour Patronus !

Tom l'ignorait tout autant. En plus de voyager dans le temps, il avait désormais un Patronus tout droit sorti d'une autre époque. Sa main se porta à son pendentif.


Pourquoi un vélociraptor ? Alooooors. La réponse se trouve dans les romans que j'écris, où Selenakios est officieusement la réincarnation de Tom Temple. Et Selenakios est fortement lié aux raptors ! Selenakios est aussi un lycanthrope, d'où mon choix du poil de loup-garou dans la baguette qui transcende le temps et les dimensions.
Bref, prochain chapitre mercredi 2 février !