« Ne vous demandez pas pourquoi les gens deviennent fous.

Demandez-vous pourquoi ils ne le deviennent pas.

Devant tout ce que l'on peut perdre en un jour, en un instant …

Demandez-vous ce qui fait qu'on tiennent le coup... »


/!/ AVERTISSEMENT /!/

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. De plus, l'alcool est interdit aux mineurs pour de bonnes raisons. Ne prenez pas exemple sur Alone car elle n'est pas absolument pas un exemple!


Chapitre 06 : Une petite aventure à Saobody !

Alone.

Alone se promenait dans les rues de Saobody, la ville où se situait l'immeuble où elle habitait.

Ce lieu était connu pour être une zone de non-droit. Même les héros professionnels hésitaient à s'aventurer ici la nuit. C'était sale, sombre et parfait pour tous types de meurtres. Il était possible de voir des ordures et des poubelles un peu partout. L'endroit dégageait une odeur nauséabonde. Les bâtiments étaient vieux et non-entretenus.

La plupart des commerces du quartier était composés de maisons de plaisirs ou de casinos gérés par la mafia et par les yakuzas.

C'était une ville grouillant de malfrats où tout s'achète si on y met le prix. Un seul code liait tous ces mendiants, ces rejetés et ces oubliés de ce monde. La loi du silence.

Silence devant les flics. Silence devant les héros. Silence devant les puissants de ce monde. Si tu enfreignais ce code, tu étais mort ! En fait, mieux valait être mort que d'enfreindre la loi du silence. Le silence était tout ce qui restait à ces gens.

Normalement Alone évitait de sortir en plein jour. Elle préférait l'obscurité de la nuit. C'était dans le noir qu'elle se sentait le plus en sécurité mais elle espérait vivement que son déguisement actuel lui éviterait tout ennui. Elle avait remplacé son vieil uniforme par une ancienne grosse veste verte kaki à l'odeur nauséabonde. Elle avait rajouté à sa tenue un vieux bonnet en laine gris et elle portait de grosses lunettes pleines de poussière.

Les enfants des rues n'étaient pas rares ici. Quoi qu'ils fussent invisibles le jour. Et rester invisible était l'un des grands atouts d'Alone. Les gens voient mais ne regardent pas. Ils se fient seulement aux apparences. Et en ce moment, elle n'était personne. Elle n'était rien. Seulement une de plus. Une des victimes de la pauvreté. Et pour le moment, ça lui allait.

Si elle était sortie aujourd'hui, c'était pour aller à une rencontre secrète tenue par un groupe appelé : « le cercle ». Cette organisation avait pris de l'ampleur depuis plusieurs années.

C'était un lieu où les gens se réunissaient pour rendre le monde meilleur. Ils organisaient des manifestations pacifiques, des boycotts, et des grèves pour promouvoir l'égalité et la liberté.

Normalement ils refusaient les membres mineurs mais Alone avait pu se montrer convaincante. Comprendre têtue comme seule elle pouvait y arriver.

Avant d'arriver sur les lieux de la réunion, elle s'arrêta devant un vendeur ambulant appelé Hikaru. Hikaru était un des nombreux enfants nés dans cette décharge. Á 10 ans, ses doigts de fées lui permettaient de faire les poches de n'importe qui. Á 15 ans, il est devenu un chauffeur assez doué pour mettre à mal la police. Aujourd'hui, à 19 ans, il vendait des informations. Sur l'actualité des gangs, sur la police, sur les héros ...

« - La matrone ne veut plus qu'on te parle. » Dit le jeune homme avant qu'Alone ait pu dire quoi que ce soit.

- « Mais ... » rétorqua la jeune fille avant de se faire interrompre d'un geste de la main par le garçon.

- « Va la voir si tu n'es pas contente. »

- « Ce n'était pas Tarte aux pommes ! »

Le garçon haussa des épaules avant de continuer à faire ce qu'il avait à faire.

La jeune fille soupira. C'était peine perdue. Finalement, « le cercle » allait attendre.

Hikaru lui souffla quand même un : « bonne chance » alors que la jeune fille s'en allait. Elle allait en avoir besoin.

Avant de s'éloigner, Alone put entendre le garçon faire une remarque sur l'odeur de sa veste.

« - Et par pitié, prend une douche avant. Tu pues ! »

La voleuse lui fit un coucou de la main avant de partir (comprendre doigt d'honneur).

La matrone aussi surnommée la Reine des chuchotements était sûrement la personne la plus mystérieuse de cette ville et celle qui possédait le plus de pouvoir. C'était une femme âgée pleine de sagesse qui prenait les orphelins sous son aile pour les transformer en arnaqueur, en voleur, en informateur. Elle dirigeait aussi le cabaret. Un club où toute la vermine de la ville aimait se réunir pour discuter et se saouler. Mitsuki travaillait justement au cabaret.

Oui, contrarier la matrone n'était pas vraiment conseillé et malheureusement pour notre héroïne, elle l'avait rendue furieuse. Elle ne savait pas comment, ni quand. Mais elle l'avait fait.

Notre héroïne décida de passer dans son dressing récupérer un gilet par balle au cas où. Ce n'était pas parce que la matrone était une amie de son père qu'il ne fallait pas prendre de précaution.

Pendant le chemin jusqu'au cabaret, la jeune fille réfléchit intensément à ce qu'elle aurait pu faire de mal pour énerver la vieille dame.

L'incendie de Mufasa ? Non.

Ce truc avec le F.B.I ? Impossible que quelqu'un ait remarqué un lien avec elle.

L'histoire avec le dixième Vongola? Non. Ce n'était pas sa faute. Elle ne pouvait pas savoir que le futur chef de la mafia italienne était ... un nul. Et pour sa défense, le tuteur de l'enfant ne lui avait pas précisé qu'il était interdit d'utiliser des explosifs ou des lignes hautes tensions pour entraîner le petit.

Oui, Alone se demandait ce qu'elle avait pu encore faire pour énerver la matrone. Puis d'un coup, elle se rappelait le résultat des dernières missions que lui avait confiées la matrone.

Et bizarrement, elle commençait à s'en souvenir.

Oui, un bouquet de fleurs ne permettrait pas de faire oublier ses résultats catastrophiques. Elle allait plutôt opter pour un gâteau au chocolat mélangé avec un peu (noter beaucoup) de calmant.

Oui mais aussi, lui donner des missions qui demandent de la patience, de la délicatesse, du temps et du charme pendant un certain moment n'était vraiment pas très malin. Donc tout est de la faute de la matrone !

Elle sortit rapidement son portable et envoya un message à Freed pour qu'il prépare en urgence un gâteau ou des cookies. Elle lui demanda aussi de mettre dedans le contenu de la fiole étiquetée « Hippie » qui se trouvait dans l'un des tiroirs de son laboratoire. Puis, elle commença à nouveau le chemin vers chez elle. Tous ces allers-retours commençaient à l'énerver !

En sortant de nouveau avec un gâteau tout frais en mains, elle vérifia sur son portable la position des patrouilles de police. Ils étaient faciles à localiser grâce à leur radio. La plupart des gens de ce quartier étaient comme elle : des experts pour ne pas les approcher. Ce qui l'inquiétait, c'était qu'elle n'avait pas le nom des héros qui patrouillaient dans la ville aujourd'hui. D'habitude, les petits oiseaux de la matrone lui donnaient les itinéraires que les héros empruntaient. Puisque les héros sont obligés de donner le chemin de leur ronde à la commission avant de l'effectuer.

Elle détestait ne pas savoir. Ne pas savoir était une faiblesse très dangereuse à avoir. Une faiblesse qui pourrait lui coûter sa liberté.

De toute façon, marcher dans la rue n'est pas un crime ? Non ?

Elle avait soudainement un doute. Oui, sortir en plein jour était mille fois plus effrayant que prévu.

Alone sortit de sa rêverie alors qu'elle entendait un bruit qu'elle aurait reconnu n'importe où. Celui d'un combat. À cette heure-ci, il n'était pas impossible que ce soit quelqu'un du coin ou un règlement de compte.

L'instinct qu'elle possédait lui disait ardemment de partir et de faire comme si elle n'avait rien vu, ni rien entendu. Mais son cœur la sermonnait avec la voix du chef :

Ne sois pas comme eux. Ne ferme pas les yeux face aux injustices ! Oui le chef avait toujours su comment la faire culpabiliser. De son vivant comme dans sa mort.

Elle se dirigea silencieusement vers l'endroit d'où elle avait entendu les bruits. Elle se répétait en boucle : calme et sérénité. Calme et sérénité. Calme et sérénité. Calme et sérénité...

Arrivée sur place, elle vit un homme se faire tabasser par deux grands gars en costume de héros. Elle les a reconnus immédiatement. C'étaient des acolytes d'Eyeshield. Un des héros chargés d'administrer ce quartier. Il était connu pour faire partie des 300 meilleurs héros du monde. Ironiquement, c'était aussi le chef de la mafia de cette ville. Enfin, mafia est un bien grand mot. Disons que Eyeshield est le chef d'un groupe dangereux qui prête de l'argent en échange d'un taux d'intérêt très élevé. Mathématiquement, s'installer ici était un très bon choix pour le business puisque aucune banque n'accepterait de prêter aux démunis qui vivaient dans cette ville.

Elle aurait pu faire comme si elle n'avait rien vu. Mais elle connaissait celui qu'ils tabassaient. C'était monsieur Iruka, un enseignant qui travaillait dans la seule école présente ici. Et malheureusement pour l'intégrité physique d'Alone, c'est quelqu'un de vraiment bien. Il habitait dans un immeuble de deux pièces avec sa femme et ses enfants. Alone, se demandait justement comment il avait fait pour payer les soins médicaux de son fils cadet qui était tombé très malade. Maintenant elle avait la réponse. Bizarrement, elle ne se sentit pas mieux.

Mais si elle devait regarder positivement les choses, son testament était à jour. Elle léguait tout ce qu'elle avait à Tarte aux pommes. Cependant, sa journée qui craignait était devenue une journée de merde.

« - Combien ? ». Dit Alone d'une voix forte. Les deux zigotos se retournèrent vers elle.

« - Alone ... Pars vite. » Tenta de dire monsieur Iruka alors qu'il était à terre après la raclée monumentale qu'il venait de se prendre.

C'est vrai. Il pensait qu'Alone était une adolescente totalement normale qui avait eu la malchance de naître ici. Pourtant, monsieur Iruka devait se douter que tous les enfants qui avaient grandi ici n'avaient rien d'ordinaire. Ou d'innocent.

« - Combien ? ». Répéta la jeune fille. Elle avait une voix encore plus déterminée que précédemment.

L'homme de main dit un prix tellement élevé que le répéter dans ce récit serait indécent.

« ... » Ce fut la seule réaction d'Alone. Cela et ses yeux écarquillés.

Après plusieurs minutes de choc. La jeune fille dit : « Combat » .

C'est ainsi qu'Alone a défié Eyeshield. S'il était impossible de rembourser, il fallait se battre et gagner pour effacer la dette. C'était le seul moyen.


Ils étaient actuellement en route pour l'agence du héros. Monsieur Iruka et Alone étaient assis sur les sièges arrière de la voiture pendant que les deux gorilles étaient à l'avant.

« Vous avez prévenu votre patron de notre arrivée ? » Demanda Alone.

« Oui, ne t'inquiète pas gamine. » Répondit l'abruti numéro 1.

Zut, elle espérait qu'il ne serait pas là...

« Alone, je t'en supplie. Arrête cette folie. Je trouverais un moyen de rembourser ! ». La jeune fille était clairement en train de penser à l'assommer.

Mais pour le moment, il fallait qu'elle se concentre. Eyeshield est un héros très doué avec un alter très puissant. Trois choses étaient inquiétantes chez lui. Premièrement, ses capacités physiques. Il faisait au moins 5 fois la taille de l'adolescente. Un coup la tuerait sur le champ. Deuxièmement, son intelligence n'était pas à sous-estimer. On n'était pas aussi doué dans le crime sans se faire attraper sans un minimum de cellule grise. Enfin, le dernier danger était son alter.

La vie craignait ! Ou la mort, si elle ne s'en sortait pas.

Le groupe est arrivé devant le bâtiment. Il était possible de voir le logo d'Eyeshield accroché devant. Ils ne tardèrent pas à entrer dans l'agence.

Ps : Elle avait fini par assommer monsieur Iruka.

« Le patron est au sous-sol. »

Devrait-elle vraiment préciser qu'elle n'avait toujours pas de plan ?

Le sous-sol était composé d'un grand espace vide et d'aucune fenêtre. L'endroit parfait pour tuer quelqu'un et ne pas laisser de témoin. Charmant !

Elle pouvait enfin voir Eyeshield. C'était un homme musclé 5 fois plus grand qu'elle. Il avait les cheveux gris et un air dur. Son costume était composé d'un haut fait de côte de maille et d'un pantalon ample en cuir noir.

« C'est toi qui veux me défier ? » Dit-il d'une voix bourrue.

« Oui, monsieur. ». Dit poliment la jeune fille. Ne la jugez pas. Pour une fois, elle refusa d' utiliser toute insulte. Cette politesse et ce changement de comportement étaient dû à une chose : il était 5 fois plus grand qu'elle !

« Je n'ai pas vraiment envie de frapper une petite fille. Abandonne maintenant et je ferai comme si je ne t'avais jamais rencontrée. »

Une chose se répéta en boucle dans la tête d'Alone.

Petite fille, petite fille, petite fille, petite fille, petite fille, petite fille ...

« Oui, vous avez raison. Je ne crois pas que vos hommes veuillent voir deux petites filles se battre ! Oui, cela m'étonnerait beaucoup » Rétorqua la voleuse.

« Tu ne me laisses pas le choix. Quels sont les gains du combat ? »

« Si je gagne, vous annulez les dettes de tous les habitants de Saobody. Et ... Vous devenez mon obligé. Á vie ! »

L'homme se mit à rire.

« Tu en as là-dedans, petite ! Je t'aime bien. Si je gagne et que tu survis, tu bosses pour moi à vie et gratuitement ! »

Gratuitement, gratuitement, gratuitement, gratuitement, gratuitement, gratuitement, ... JE VAIS GAGNER ! Pensa immédiatement la jeune fille.

« Marché conclu ! Les règles de l'affrontement ? » Dit rapidement Alone.

« Alter et armes autorisées. Le premier qui perd connaissance ou qui abandonne perd. La mort de l'un de nous est aussi synonyme de défaite. »

Eyeshield attaqua directement après la fin de sa phrase. Il fit pousser ses cheveux et les lança sur la jeune fille qui esquiva. L'impact avait laissé un grand trou dans le sol.

Nom : Eyeshield.

Alter : Contrôle de sa pilosité.

Son alter permet de manipuler ses cheveux et ses poils à volonté. Il peut aussi les durcir.

La jeune fille lança directement une bombe de fumée. Hors de question de l'affronter de front.

Eyeshield dissipa la fumée à l'aide de ses cheveux mais Alone avait déjà disparu.

« Elle a fui ? » Demanda l'un des abrutis qui servait d'acolyte au héros.

« Non. Ce n'était pas le regard de quelqu'un qui s'apprêtait à fuir. »


Eyeshield avait raison. Alone n'avait pas fui. Elle avait juste besoin de temps pour mijoter une surprise. Elle profitait du fait qu'aucune règle ne l'empêchait de quitter le terrain pour préparer sa tactique. Elle était actuellement cachée dans les toilettes pour dame. Elle faisait chauffer de l'eau avec le laser qui lui servait d'habitude à découper les vitres des fenêtres. Elle mit dans la préparation les sucres qu'elle avait prévus pour son café. C'était un gaspillage nécessaire mais au combien douloureux.

Sucre + eau + quelques fioles de produits chimiques sorties tout droit de son sac est égale à de la laque pour les cheveux.

Avec, elle espérait au moins ralentir la vitesse de ses cheveux mais personne n'y croyait vraiment. Y compris elle.

Certes, ce n'était pas suffisant mais c'était un commencement. Elle fouilla les placards et trouva une bombe anti-moustique. Elle la prit au cas où. Elle pourrait toujours lui lancer en pleine figure dans le pire des cas.

Puis, miraculeusement, lui vient enfin une idée pour s'en sortir.

Qu'est-ce-qui règle tous les problèmes ?

Oui ! Des explosifs !

Finalement, elle n'allait peut-être pas avoir besoin de sa laque maison.


Alone se trouvait devant le héros.

« Tu m'as fait attendre ! »

« Je m'étais perdue. » Répondit la jeune fille.

Eyeshield envoya de nouveau ses cheveux sur elle. Alone savait qu'elle ne pouvait pas l'attaquer de front car ses poils arrêteraient toutes ses attaques. Mais rien n'était encore joué.

Elle esquiva ses attaques à l'aide de figures acrobatiques assez impressionnantes mais elle se fit toucher plusieurs fois. Elle avait subi une énorme coupure au niveau de sa cuisse gauche. Ça saignait abondamment. Son pantalon était foutu.

Un mauvais mouvement pendant l'esquive d'une attaque lui foula la cheville gauche. Cette fois, c'était sa jambe gauche qui était foutu.

Les attaques de Eyeshield étaient de plus en plus rapides. Elle tenta de lancer la laque maison qu'elle avait fait précédemment mais cela n'eut que pour effet d'énerver le héros qui lui cassa quelques côtes en représailles.

La jeune fille était haletante et en mauvaise position vu les blessures qu'elle avait subies. Elle enleva rapidement sa veste et la mise entre elle et l'attaque du héros. Les cheveux avaient tranché la veste en son milieu. Elle resta donc coincée. Quand Eyeshield raccourcit ses cheveux, il le sentit. Une odeur nauséabonde. Il mit directement ses mains sur son nez.

« C'est quoi, ça ! » Il avait les yeux qui piquaient.

« Savais-tu qu'on pouvait reproduire n'importe quelle odeur si on avait le matériel adapté ? Techniquement c'est de la pisse d'un chat en chaleur qui marque son territoire. Mais d'accord, je l'avoue, sur cette veste, l'odeur n'a pas été créée en laboratoire. C'est Tarte aux pommes, mon perroquet qui s'est servi de cette veste comme litière ! »

« Putain ! ». Eyeshield détruit la veste qui était piégée dans ses cheveux.

« En revanche, l'odeur dans la fiole de ma main est réellement une reproduction d'urine. » La jeune fille avait dit cela avec un sourire des plus innocents.

Le héros se servit de ses cheveux pour dévier la fiole. Puis, d'un coup une petite explosion se fit entendre proche du plafond. La jeune fille avait lancé la fiole puante en diversion pendant qu'elle lançait en réalité une grenade au plafond.

D'un coup de l'eau tomba du ciel. C'étaient les extincteurs d'urgence qui avaient été activés par l'explosion de la grenade.

Elle le savait. Les explosions règlent tous les problèmes même ceux concernant les cheveux rebelles. En effet, l'eau rendait les cheveux d'Eyeshield trop lourds pour qu'il puisse les contrôler ou les durcir.

Et BAM !

Elle profita du choc du héros pour lui renvoyer une autre fiole puante en plein visage. L'odeur lui fit perdre connaissance.


Le héros n'avait pas cessé de rire depuis son réveil. En effet, il avait trouvé la jeune idiote qui l'avait défié accrocher au plafond avec un grappin. Elle essayait d'empêcher ses acolytes de l'achever pour avoir battu leur chef. Et elle ne trouvait rien de mieux que de les narguer. Cette gamine n'avait aucun réflexe d'auto-préservation.

Après avoir empêché ses hommes de liquider l'adolescente, Eyeshield était allé prendre une douche et s'était aspergé de parfum. Pourtant l'odeur refusait de le quitter.

Il était actuellement en face de la fillette. Les deux avaient fini par s'asperger de sauce tomate dans l'espoir d'apaiser l'odeur. Une autre douche serait nécessaire.

Les deux n'avaient pas ouvert la bouche. Non. Le héros s'était contenté de rigoler à chaque fois qu'il voyait la jeune fille. Ça et lui donner une tape dans le dos qui l'avait mise à terre.

Alone était actuellement en train de gémir en même temps qu'elle se recousait la jambe. Où est l'anesthésie quand on en a besoin ?

« Si tu pouvais voir ta tronche ! » S'exclama le héros.

« Si vous pouviez voir la vôtre. » Répondit la voleuse en grimaçant. Elle était pleine de bleus et d'ecchymoses. Eyeshield ne l'avait pas raté.

« Comment as-tu su que l'eau était ma faiblesse ? » Demanda plus calmement le héros.

« Le '' Word Fight Hero '' de l'année dernière. C'est le plus grand tournoi international qui existe. Il oppose les meilleurs héros du monde. C'est en vous démarquant à cette compétition que vous avez acquis votre rang. Vous avez gagné tous vos combats mais vous n'êtes pas venu à votre 42ème affrontement. Vos fans ont mis cette absence sur votre comportement instable et ne se sont pas inquiétés. Mais je me demandais pourquoi ? Pourquoi quelqu'un qui aime autant se battre que vous a raté une chance aussi importante de mettre une raclée à un adversaire fort ? Votre amour du combat est connue de tous donc ce n'était pas logique. Et puis, je me suis rappelé que le combat était à l'extérieur. Et ce jour-là, il pleuvait. J'avais une théorie et j'ai décidé de tenter ma chance ! »


Alone était en train de marcher (noté boiter). Les événements ne lui avaient pas fait oublier son urgence de se faire pardonner par la matrone. Mais la tâche s'annonçait plus compliquée maintenant que son gâteau au chocolat avait disparu.

Quand ? Personne ne le savait. Cela restera un des grands mystères qui composent ce monde.

Elle avait échangé son numéro avec Eyeshield qui lui avait promis d'annuler toutes les dettes de la ville. Elle avait maintenant un super héros qui lui devait un nombre illimité de services. Elle s'imaginait déjà tout ce qu'elle allait pouvoir en tirer. Le sourire sadique qui apparut sur son visage était une preuve suffisante des idées qui lui traversaient la tête :

Bijoux, argent, musée, trésor, tableau, richesse, richesse, richesse, richesse, richesse, richesse, richesse, richesse, richesse, richesse, ...

Avant de partir, Eyeshield lui avait fourni un survêtement noir et un sweet trois fois trop grand pour elle. Elle avait l'impression d'être Freed.

Les points de sutures qu'elle s'était infligés avaient l'air de tenir à grand mal mais elle commençait vraiment à souffrir. Peut-être que la matrone aurait pitié d'elle et lui pardonnerait.

Comme d'habitude en début de soirée, la file d'attente devant le cabaret (l'établissement appartenant à la matrone) était immense. D'habitude, Alone passait devant ignorant les regards noirs. Elle fit de même aujourd'hui mais Sasuke, celui chargé de la sécurité n'a pas voulu la laisser passer. Il lui sourit et lui fit un signe vers la fin de la file d'attente.

« Franchement !? »

Sasuke continua à sourire et à montrer le fond de la file.

« S'il te plaît ? »

Il fit un non de la tête.

D'accord, elle allait essayer la carte des émotions.

« Toi et moi, on se connait depuis des années. Rappelle-moi combien de tournées je t'ai offertes ? Combien de fois avons-nous fait équipe pour séduire des pédophiles et les saigner de tous leur argent ? »

Le garçon de 16 ans lui sourit de nouveau. Puis il lui refit un geste de la main vers la fin de la file.

Puisque les sentiments n'avaient aucun effet, la jeune fille décida d'employer la manière forte. Car ami ou pas, il n'y avait aucun moyen qu'elle attende une vie avant d'aller voir ce qui n'allait pas avec la matrone !

Elle prit donc sa jambe valide pour la lancer à vitesse rapide sur les bijoux de famille de Sasuke. Mais le garçon la connaissait et a pu arrêter sa jambe juste avant qu'elle n'atteigne son but. Si Sasuke n'était pas muet, il l'aurait sûrement insulté. Mais il se contenta seulement d'utiliser son alter pour la paralyser. Il la prit ensuite par la jambe pour la traîner jusqu'à la fin de la file d'attente. Alone était pleine de terre. Elle était même sûre d'en avoir mangée. Quand elle pensait qu'elle venait juste de prendre une douche !

La paralysie prit fin quelques minutes après. La jeune fille se leva rapidement. Elle était devenue trop prévisible !

Si elle ne pouvait pas passer par l'avant, elle allait rentrer par le toit. Elle avait pratiquement grandi ici. Elle connaissait l'endroit par cœur. Mais grimper le toit avec sa jambe blessée ? Car peu importe qu'elle soit ceinture noire de plusieurs arts martiaux. Une jambe cassée, reste une jambe cassée !

Mais avait-t-elle réellement le choix ?

Si elle ne faisait rien, elle serait encore dans la file d'attente demain !

Il lui fallait une idée. De préférence intelligente.

Pourtant, rien ne lui venait à l'esprit. Elle aurait pu appeler Freed pour qu'il puisse essayer de distraire Sasuke mais son meilleur ami tentait en général d'éviter ce genre d'endroit.

L'utilisation de bombes ou d'armes était totalement proscrit. Le cabaret était un endroit neutre. Sortir une arme était du pur suicide, et il y avait des moyens bien moins douloureux pour en finir.

Elle pourrait peut-être tenter d'envoyer Tarte aux pommes pour faire fuir les personnes qui composaient la file d'attente ?

Elle n'eut pas le temps de continuer à chercher une réponse car elle perdit connaissance. Ces points de sutures avaient fini par lâcher.


Alone se réveilla dans un lit. La première chose qu'elle put voir en ouvrant les yeux fut la matrone qui lui soufflait de la fumée dessus.

La matrone était une vieille femme aux yeux marrons. Ses cheveux gris foncé étaient attachés en un chignon avec un ruban violet gardant sa coiffure en place. Sur son visage et son corps, des rides s'étaient formées. Son âge exact était incertain ; cependant, Alone avait déduit qu'elle avait environ soixante-dix ans. Elle était habillée d'un châle violet foncé posé sur une robe de couleur lilas. Elle avait une paire de boucles d'oreille pendantes avec un ornement en forme de cloche. Comme d'habitude, la matrone était avec sa pipe. Alone ne se rappelait pas un jour où elle ne l'avait pas vu fumer.

Elle s'aperçut qu'elle avait été changée dans un kimono noir et que sa jambe avait été bandée. De plus, son gilet par balle n'était nulle part en vue. Super !

« Vous avez l'air bien ! » Rétorqua Alone. Elle ne supportait pas le regard sévère que la matrone posait sur elle.

« Qu'est-ce-qui se passe dans ta petite tête ? » Le ton calme que la veille femme était meurtrier. Encore plus meurtrier que si elle criait.

« - Si c'est pour cet accident avec l'homme que tu m'avais demandé d'espionner pour des informations et que j'ai poignardé, sache qu'il l'avait mérité, il avait gravement brutalisé plusieurs de tes prostituées en pensant s'en sortir. Je sais que je ne t'ai pas tout dit en te disant qu'il avait disparu du jour au lendemain. Mais d'une certaine manière, il a vraiment disparu du jour au lendemain ! En plus, tu allais t'en débarrasser dans tous les cas ! Il avait blessé tes filles ! Je t'ai évité de perdre ton temps à le faire toi-même ! ... »

Face au silence, ce ne devait pas être cela le problème.

« - Attend, c'est par rapport à cette histoire avec le Staranko ? Il fallait que j'essaye. Tout le monde sait que c'est le meilleur système de sécurité du monde. J'étais obligé de tenter ma chance même si je risquais gros ! »

...

« Non, je sais ! C'est encore par rapport au fait que j'ai rejoint le gang de la brume. Je sais que tu n'étais pas d'accord mais je pensais que l'on avait dépassé ce stade. Ce sont mes amis. Je ne peux pas les laisser ! Surtout après ce qui s'est passé ! Et je sais que je ne te l'ai pas encore dit mais je suis maintenant le chef du gang. Alors hors de question de les abandonner ! »

...

« Pourquoi ne pas me dire simplement pourquoi tu m'en veux avant que le trou dans lequel je m'enfonce soit si profond que je n'arrive plus à remonter à la surface ? »

La matrone commença par soupirer.

« Poignarder ? Depuis quand espionner veut dire massacrer ? Le Starenko ! Es-tu suicidaire ? As-tu un minimum de cellule grise ? Non, ne répond pas ! Je t'en voulais seulement de ne pas m'avoir dit que tu avais survécu ! Je t'ai cru morte quand j'ai appris que le gang des corbeaux de la brume avait été massacré dans la nuit par des assassins envoyés par la commission des héros ! C'était il y a plus de trois mois et depuis, je n'ai eu aucune nouvelle de toi ! »

« Mais ... tes espions ont dû te dire que je continuais à leur acheter le parcours des patrouilles des héros. »

« Ferme-là ! Je ne t'ai pas autorisé à parler ! C'était à toi de me dire que tu étais vivante ! Ce n'était pas aux autres ! Tu n'as aucune excuse ! »

Alone baissa les yeux.

« Je suis désolé. Je n'avais pas pris conscience ... »

« C'est ça le problème ! Tu ne prends jamais conscience de rien ! Quand tu meurs, cela ne touche pas uniquement toi ! Ça concerne tous ceux qui tiennent à toi ! Ton père, moi, tes amis. Mais non, tu préfères faire l'égoïste ! »

En ce moment, la culpabilité d'Alone lui faisait beaucoup plus mal que sa blessure. Elle avait vraiment merdé. La seule chose qu'elle pouvait faire était de promettre que cela ne se reproduira plus.

« Je ferais mieux ! » Promis la jeune fille.

Le regard de la matrone devint plus doux. Elle alla vers le placard pour prendre une bouteille d'alcool et servit un verre à Alone.

« - Tu sais, je me rappelle quand je t'ai rencontrée pour la première fois. » Elle souffla dans sa pipe. « Ton père m'avait demandé une seule chose. Faire de toi la meilleure. Je me rappelle de ton regard à cette époque. Un regard sauvage qui ne t'a jamais vraiment quitté. J'ai essayé de t'enseigner tout ce que je savais. Comment se faire sous-estimer pour frapper plus fort après. Comment manipuler, tromper et se servir des autres. Comment survivre. Comment ne jamais te laisser dominer par tes émotions. J'ai essayé par tous les moyens d'éteindre ce feu sauvage dans tes yeux. Et un beau jour, j'ai finalement compris en te regardant grandir que finalement tes émotions étaient ta plus grande arme. Mais j'ai continué à avoir peur pour toi. Car tes émotions te rendent dangereuse. Vraiment dangereuse. Autant pour toi-même que pour les autres. »

« Je vais bien. Ce n'est pas parce que j'ai vu mes aînés du gang mourir devant moi que je vais faire quelque chose d'imprudent ! » La voix d'Alone était tranchante. Elle n'aimait pas où allait la conversation. La matrone la connaissait trop bien.

« C'était sanglant ? » Demanda calmement la vieille femme. Elle essayait d'évaluer la situation.

Alone ne répondit pas. Elle se contenta de finir son verre d'une traite et de se recoucher en faisant semblant de dormir. Non, elle ne voulait vraiment pas parler de ce qui c'était passé.


OMAKE :

ALONE : Pourquoi avoir choisi Eyeshield comme pseudonyme de super héros ? Ça n'a aucun rapport avec votre alter.

EYESHIELD : Tu aurais préféré Hair-man ? Prince Raiponce ? Shampoing Boy ?

ALONE : J'aurais préféré un truc cool !


OMAKE 2 :

ALONE : J'ai compris ! Je ne recommencerais plus jamais ! Oh, grande matrone, par pitié ! ARRETEZ DE POINTER CE FLINGUE SUR MOI !

MATRONE : Je ne t'ai toujours pas autorisé à parler !

BANG !

C'était une balle à blanc mais Alone s'était évanouie.


Alors ?

J'ai essayé d'étoffer un peu l'univers.

Je me suis pas mal inspiré de Gotham pour crée Saobody.