TU PEUX TOI AUSSI COMMANDER TA FICTION
Oui tu peux toi aussi commander une fiction en te rendant sur notre histoire "Commandes de fictions" ou sur notre forum, et review le mois en cours !
Cette commande a été passée par Haru-Carnage : Du Drarry ! J'aimerai qui plus es que ça soit un UA dans le style steampunk ou dans le dix-neuvième siècle. Sans magie bien évidemment.
Note de l'auteur : Attention, certains personnages changent un peu d'attitude et de relations pour les besoins de l'histoire.
Harry se frotta le front, sa cicatrice le brûlait aujourd'hui. Il travaillait sur sa machine volante depuis des heures, et chaque fois qu'il se concentrait trop longtemps il ressentait des douleurs dans sa cicatrice. Peut-être qu'il se concentrait trop en travaillant et que ça tirait trop sur la peau ! Le brun posa donc ses outils et s'étira en regardant par la fenêtre crasseuse de son atelier. Malgré la couche de saleté sur le verre il voyait très bien que le soleil avait déjà presque disparu ce qui était assez impressionnant puisqu'il était arrivé à l'aube. Le jeune homme rangea ses outils, éteignit la lumière et partit après avoir verrouillé la porte. Harry s'amusait à inventer des choses depuis qu'il était enfant, ça avait été un moyen pour lui de s'évader car il était orphelin, et que l'oncle et la tante qui avaient été chargés de l'élever étaient des monstres. Harry avait commencé par se construire des jouets, car son cousin Dudley croulait sous les jouets, mais Harry, lui, n'avait droit à aucun objet de ce genre. Alors des jouets il était peu à peu parvenu à se construire d'autres choses : une lampe, une étagère, un vélo, puis un véhicule roulant à vapeur assez proche d'une moto. Heureusement pour lui, Harry était très doué de ses mains et très intelligent ! Cet atelier il avait pu se l'acheter car il avait travaillé comme un fou chez un réparateur d'objets en tous genres, et que son patron, très satisfait de son travail, avait décidé de lui accorder une meilleure paye au fil du temps.
Son patron, Sirius Black, était devenu un mentor et comme un second père pour lui. Et un jour il avait fini par apprendre à Harry qu'il avait connu ses parents lorsqu'ils étaient jeunes, mais que juste après leur mort il avait été envoyé en prison pour de fausses raisons et qu'il n'en était sorti que récemment. Harry avait ainsi découvert que Sirius était également son parrain, son patron l'avait prouvé en lui montrant une photo, elle représentait un petit groupe sur le pas d'une église lors d'un baptême. Harry reconnu tout de suite les parents du bébé, c'étaient les siens. Il n'avait qu'une seule photo de ses parents, celle de leur mariage, mais il n'y avait pas de doute, Sirius disait la vérité. Ce dernier avait tout de suite reconnu Harry comme étant le fils de son défunt meilleur ami car il lui ressemblait comme deux gouttes d'eau au même âge, mais il n'avait rien dit au jeune homme dès le début, de peur de l'effrayer. Alors il avait attendu que la confiance s'installe, qu'Harry lui raconte son enfance d'orphelin, et comment il en était arrivé à chercher un emploi de bricoleur pour enfin lui avouer la vérité. Sirius avait même proposé à Harry de l'héberger dans sa maison, mais le jeune homme avait poliment décliné l'offre, il voulait se débrouiller seul, même si avec le temps il était devenu très proche de son parrain.
Le jeune brun rentra dans son minuscule appartement, sous les combles d'un bâtiment élégant mais vieillot. Le loyer était faible, c'était ce qui avait permis au brun de partir de chez ses tortionnaires avec le peu d'argent qu'il lui restait après avoir pris l'atelier. Harry alluma son poêle et commença à se préparer à manger. Il avait bricolé ce vieux poêle à bois pour qu'il soit multifonctions : un espace pour faire la cuisine, puis un conduit qui menait à sa baignoire de bronze pour chauffer l'eau lorsqu'il prenait un bain, un système de récupération des cendres pour en faire des produits de nettoyage tels que de la lessive, du dégraissant ou encore du fertilisant. Car Harry s'était aussi construit un petit potager intérieur avec une petite serre. Il avait tout construit avec des matériaux de récupération, mais il s'en sortait très bien. Pour avoir de l'eau courante il avait réussi à bricoler un réservoir récupérant l'eau de pluie sur le toit qu'il avait relié à un autre réservoir à l'intérieur collé à la baignoire, et un autre système de récupération et filtration des eaux usées pour pouvoir la réutiliser au maximum. Son lit était calé dans un coin de la pièce, il l'avait surmonté sur des pieds en fer, et dessous, il avait créé des espaces de rangement pour ses vêtements. Au pied du lit se trouvait un miroir brisé qu'il avait récupéré sur l'armoire d'un client, pour lui ça faisait largement l'affaire. Un vieux vaisselier cassé trouvé dans la rue lui servait pour ranger sa vaisselle d'un côté, et de bibliothèque de l'autre. Harry ne savait pas vraiment d'où il pouvait bien puiser toute cette imagination, mais il était très heureux de l'avoir car ça lui facilitait beaucoup la vie. Au plafond il avait réussi à fixer plusieurs lampes, mais aussi des perches de bois amovibles pour étendre son linge lorsqu'il faisait sa lessive. Une table faite d'une table de billard cassée qu'il avait découpée et deux tabourets faits de différents morceaux de bois trouvés assemblés aux restes de la table de billard finissaient de compléter son petit nid. Le brun avait ses marques, même si son appartement était minuscule et que l'espace pour bouger était vraiment restreint. La lumière extérieure lui parvenait grâce à une minuscule trappe vitrée qu'il avait installée après avoir demandé l'autorisation au propriétaire de l'immeuble.
Harry finissait donc de préparer le dîner lorsque la porte s'ouvrit et se referma. Des bruits de pas faisant grincer le vieux parquet s'approchèrent de lui, et un baiser atterrit bientôt sur sa nuque :
-Tu es rentré tôt.
-Je sais, mais ma cicatrice me faisait mal, c'était le signe qu'il fallait arrêter pour aujourd'hui.
Le brun se retourna et sourit à son amant. Draco était un magnifique jeune homme qu'il avait rencontré un peu par hasard, et auquel il n'aurait jamais dû parler.
Quelques mois plus tôt
En effet le blond était fils d'un duc et donc faisait partie de la haute société, de ceux qui ne manquaient de rien ! Harry était en train de se diriger pour livrer un client lorsque Draco l'avait bousculé. Le blond s'était excusé, et avait commencé à poser des questions à Harry car il était intrigué par ce que portait le jeune brun : une jambe faite entièrement de boulons, de rouages, de métal, de cuivre, et même deux petites fioles de verre. Harry avait alors expliqué qu'il avait fait cette jambe pour un client qui avait été blessé pendant une guerre, que les fioles devaient être constamment remplies d'huile pour garantir un bon fonctionnement de l'appareil. Draco avait été impressionné par cette ingéniosité, et il avait accompagné Harry pour le voir montrer le fonctionnement de cette œuvre d'art au client. Celui-ci était un homme dans la cinquantaine, ventripotent, avec des cheveux roux mi-longs très fins et irréguliers, mais ce qu'on remarquait le plus était cet œil factice maintenu par un bandeau en cuir entourant son front, et les immenses cicatrices sur son visage. L'inconnu fixa Draco de son œil valide, mais même le faux semblait le regarder, c'était très perturbant. Il demanda avec méfiance :
-Qui es-tu ? T'es rudement bien habillé pour faire les livraisons de la boutique de réparation et d'invention de Sirius Black !
-Je m'appelle Draco.
L'autre homme le regarda avec encore plus d'insistance et finit par lancer :
-Moi c'est Alastor Maugrey, prends garde à toi petit, si tu essaies de m'entourlouper tu vas voir à qui tu te frottes !
Harry sourit et montra au roux comment utiliser sa jambe. Draco avait alors remarqué une grande canne, sûrement faite par le brun. Une tige de cuivre montait jusqu'à une boule faite de différents matériaux de récupération, mais qui avaient été assemblés de façon à former un dessin, comme le nœud d'un arbre, et une tige de cuir doublée d'une barre de cuivre aussi fine que du papier redescendrait de la boule jusqu'au pied de la canne, comme pour former un manche. C'était vraiment ingénieux, car il avait réussi à ce que l'ensemble semble fait de bois alors qu'il n'y en avait pas la moindre trace ! Draco était d'autant plus impressionné car lui n'était pas capable de faire quoi que ce soit de ses dix doigts. Après qu'Alastor ait enfilé la jambe et l'ai essayé, les deux jeunes hommes étaient partis. L'ancien combattant n'avait pas été avare d'éloges à l'intention d'Harry, avait payé la jambe et avait donné un supplément pour le féliciter de son merveilleux travail.
Dans la rue Harry s'était tourné vers Draco et avait demandé :
-Et toi, tu fais quoi pour vivre ?
-Je... c'est embarrassant mais je suis fils de duc donc je n'ai pas besoin de travailler pour gagner ma vie. Toutefois j'ai des idées révolutionnaires pour la compagnie ferroviaire de ma famille, les trains Malefoy, je ne sais pas si tu connais ?
-Je connais de nom oui, mais le prix des billets est bien au-dessus de mes moyens.
-Je sais, c'est le cas pour tous les gens « ordinaires ». C'est pourquoi quand je serai à la tête de l'entreprise, je compte bien changer tout ça ! Certes le charbon coûte cher pour faire fonctionner les locomotives à vapeur, mais ce n'est pas une raison pour rendre le billet si exorbitant ! Donc moi, je ferai des forfaits, par exemple un prix réduit pour les enfants, un tarifs dégressif pour les familles, ou pour ceux qui n'ont pas d'emploi... tu vois ce que je veux dire ? Que tout le monde puisse avoir la chance de voyager sans pour autant se ruiner.
Harry avait plissé les yeux, c'était bien la première fois qu'il voyait un riche préoccupé par les problèmes des pauvres ! Draco avait rougi sous le regard insistant du brun et s'était passé une main sur la nuque :
-Je ne suis pas comme mes parents, je n'adhère pas du tout à leur idée de la supériorité du sang. J'ai bien conscience d'être né avec de très nombreux avantages et avec beaucoup de chance, mais je ne le prends ni pour acquis ni pour une définition de qui je suis. Si on se coupe notre sang est exactement de la même couleur que celui de n'importe qui, si on ne mange pas, on meurt, comme tout le monde, si on ne se lave pas on est sale, comme tout un chacun... Je ne veux pas leur ressembler et vivre dans le luxe en me moquant bien que des centaines de pauvres gens connaissent la famine ! C'est peu, mais je suis bénévole dans une association qui aide les plus démunis, et tous les ans j'organise une soirée de charité au sein de ma communauté privilégiée.
-C'est bien la première fois que j'entends un riche parler comme ça ! Tu fais ça pour te donner bonne conscience n'est-ce pas ?
-Non, j'aimerai simplement que tout le monde puisse avoir sa chance. Par exemple je serai bien incapable de faire ne serait-ce qu'une infime partie de ce que tu arrive à faire avec tes mains ! Je suis très mauvais en bricolage !
Les deux jeunes hommes avaient continué de discuter en marchant, puis avaient décidé de se revoir. Au fil du temps ils s'étaient rapprochés et avaient fini par devenir amants.
Présent.
Harry mit la table et ils s'installèrent pour manger. Draco avait ramené de délicieux petits pains chauds qu'il avait fait faire spécialement pour l'occasion par la cuisinière de sa famille. Molly ne pouvait rien lui refuser, elle considérait le jeune blond comme l'un de ses nombreux enfants. La rousse aimait le jeune garçon car il n'était pas arrogant comme le reste de sa famille. Le mari de Molly, Arthur, s'occupait de gérer les différents domestiques qui travaillaient au Manoir Malefoy. Et cette place bien que semblant idéale ne ramenait pas une paye aussi élevée qu'on aurait pu le penser, ce qui était compliqué avec sept enfants, mais la vie était faite ainsi. Les enfants Weasley avaient dû commencer à servir les Malefoy dès leur plus jeune âge. Ils commençaient tous comme larbins à faire toutes les tâches les plus ingrates, mais les choses évoluaient parfois avec le temps. Leur aîné Bill était à présent jardinier, Charlie leur deuxième était chargé des chiens et des chevaux de chasse à courre du duc, Percy travaillait comme assistant chez un avocat, dans le but d'en devenir un lui-même dans le futur, les jumeaux Fred et George tenaient une petite boutique de jouets et de confiseries, Ron était apprenti dans une boutique fabriquant des balais, et Ginny la petite dernière était maintenant femme de chambre dans le Manoir, elle était tout juste sortie de l'enfance. Draco était devenu ami avec les enfants Weasley.
Lucius et Narcissa Malefoy voulaient voir leur fils épouser Hermione Granger, une jeune femme moins bien née qu'eux, mais très belle et intelligente, qui saurait manier l'entreprise d'une main de maître à ses côtés, ou Astoria Greengrass, une jeune femme d'une très bonne famille elle aussi. Toutefois Draco leur avait expliqué plusieurs fois qu'il refusait de faire un mariage de façade simplement pour sauver les apparences de sa société. Toutefois il ne pouvait pas avouer son homosexualité, car ce penchant était illégal et passible de la peine capitale !
Les deux jeunes hommes se voyaient donc presque tous les jours, comme ce soir. Draco demanda en souriant :
-Alors tu as passé une bonne journée ?
-Oui merci, j'ai créé une horloge en utilisant un vieil aquarium et un petit coffre en bois, le résultat était plutôt convaincant. Le client était ravi, et Sirius a décidé de me donner ma journée demain, il dit que je travaille beaucoup trop et que je vais me ruiner la santé. Alors demain, je vais pouvoir me reposer.
-Super, demain j'ai rien de prévu non plus à part aller à l'association le soir pour m'occuper de ceux dans le besoin donc on pourra passer la journée ensemble si tu veux.
-D'accord, très bonne idée.
Ils finirent de manger, puis allèrent coucher dans le lit un peu trop étroit pour deux mais leur donnant une excellent excuse pour être collé l'un à l'autre. Ils aimaient ces moments intimes, cette simplicité. Draco n'avait aucun préjugé sur la précarité de l'appartement, il contribuait à sa façon en apportant régulièrement de la nourriture ou autres choses dont son amant pouvait avoir besoin. Ils essayaient de se voir aussi souvent que possible, car il était rare qu'ils puissent se voir tous les jours. Mais chaque fois qu'ils étaient ensemble, ils essayaient de réfléchir à comment ils pourraient faire pour changer le monde. Draco tenait Harry dans ses bras et caressait son flanc avec désinvolture :
-Quand je prendrai la tête de l'entreprise familiale je veux vraiment faire mon possible pour aider les autres. Je vais créer des emplois, et même le manoir, j'en ferai profiter d'autres personnes en le divisant en appartements. Et toi ?
-Moi quoi ?
-Tu feras quoi ?
-Oh, j'aiderai les jeunes qui ont connu le même début de vie que moi. Je veux les aider à surmonter ça, à voir que la vie peut être belle même si elle ne commence pas très bien. J'aimerai aussi aider les jeunes à développer leur créativité, à avoir confiance en eux, et pourquoi pas, les aider à se découvrir une vocation grâce à ce qu'ils ont dans les mains. Car on peut réellement avoir de l'or dans les mains !
-Je sais oui, tu en es la preuve. Je suis sûre que tu y arriveras.
-Merci, je ferais tout mon possible en tout cas.
-Ensemble on y arrivera, je te le promets.
Les deux hommes s'embrassèrent tendrement, et le blond continua :
-Je sais déjà que si les choses changent, mes parents ne voudront pas contribuer à ce changement. Ils sont bien trop accrochés à leur idée de supériorité et que les autres ne méritent pas de vivre puisqu'ils sont pauvres. Quand je pourrai, j'aimerai que la perception de la famille Malefoy change, qu'ils ne nous voient plus comme des snobs qui écrasent les autres, car moi, je ne suis pas comme ça !
-Je sais que tu n'es pas comme ça, tu es un jeune homme exceptionnel. Je t'aime tu sais ?
-Oui, moi aussi je t'aime. Je suis bien avec toi, j'aime beaucoup passer du temps avec toi. Et sans vouloir nous jeter des fleurs, je trouve que nous formons un couple magnifique !
-Je trouve aussi, même si nous devons nous cacher.
-Je déteste cette loi, elle est si stupide ! On ne peut pas interdire les gens de s'aimer, c'est n'importe quoi !
-Tout va bien se passer, un jour ça changera.
-Pas tant que ce sera Voldemort au pouvoir en tout cas !
-Je sais oui, et j'espère qu'il sera bientôt remplacé ! Je sens que le temps des élections truquées est révolu, la prochaine fois, le peuple pourra vraiment faire entendre sa voix.
Harry sourit et se blottit un peu plus contre son amant. Il était heureux de pouvoir passer la journée du lendemain avec lui. Ils pourraient faire tout ce qu'ils voulaient : rester à l'appartement, se promener, ou tout autre chose qui leur passerait par la tête.
Le lendemain les deux hommes se réveillèrent, mangèrent et partirent promener. L'air était chargé de fumée, de cendres et de pollution. Il faisait une chaleur étouffante, le soleil passait difficilement à travers les épais nuages mélangeant fumée, cendres et pollution. L'industrie avait de nombreux avantages, mais aussi beaucoup d'inconvénients. Les deux hommes marchèrent côte à côte jusqu'au parc. Ils auraient voulu se tenir la main, mais en public cela équivalait à signer son arrêt de mort, car les autorités ne rigolaient pas avec ceux qu'ils prenaient en flagrant délit d'homosexualité. Dans le parc des sculptures trônaient çà et là, certaines en pierres, d'autres en bois ou en métal. Un petit étang trônait au milieu du parc, l'eau était recouverte de lentilles d'eau, prouvant la saleté de celle-ci. C'était dommage, toutes les belles choses étaient détruites à cause de la pollution et de la fumée. Ils virent alors une femme, assise dans un coin, un enfant à l'air affamé et frigorifié malgré la chaleur ambiante, assis sur ses genoux. Harry soupira, quitta le parc et revint quelques minutes plus tard. Il tendit du pain, du fromage et de l'eau pour la femme et l'enfant, puis sortit une couverture de la besace qu'il avait autour du cou. Draco sourit, Harry avait peu d'argent, mais il était toujours généreux envers les autres. Le blond s'approcha de la femme :
-Venez ce soir au bâtiment de briques rouges dans la rue de la gare, là-bas nous offrons gratuitement de la soupe et il y a une salle de bain pour vous laver si vous le voulez.
-Merci, vous y serez ?
-Oui, je suis bénévole dans cette association, j'y serai ce soir.
-Merci Messieurs, que Dieu vous bénisse.
-J'espère vous voir ce soir.
Draco lui sourit et ils partirent. Ils continuèrent de marcher dans le parc et finirent par arriver devant la gare. Draco montra à Harry les locomotives de sa famille et fit monter dans l'une d'elles. C'était la première fois que le brun avait l'occasion de voir un tel habitacle en vrai, c'était assez impressionnant avec le four, l'énorme tas de charbons, les différents cadrans et jauges qui permettaient aux conducteurs de pouvoir s'y retrouver. Harry regarda son amant :
-Tu as vraiment envie de reprendre l'affaire familiale ou tu le fais par devoir ?
-Je... je n'y ai jamais vraiment réfléchi, ça me paraissait logique de reprendre le flambeau. Et ça me conforte en me disant que je vais faire changer les choses à mon échelle. Il y aura un wagon première classe pour les riches, il sera plus luxueux car ils paieront plus cher, et le reste des wagons ne changera pas, il sera simple avec des banquettes, des toilettes et un accès au wagon restaurant, ceux-là seront pour les gens aux revenus plus modestes.
Harry sourit, il espérait que ce rêve deviendrait réalité, ce serait une révolution dans l'ordre des choses ! Car leur Président, Tom Jedusor alias Lord Voldemort comme il se faisait appeler, était pour l'écrasement des pauvres mais pour la suprématies des riches. Il ne levait pas le petit doigt pour essayer de régler le problème de la famine, pour rendre les qualités de vie meilleures car pourtant beaucoup d'inventeurs avaient trouvé des moyens de filtrer la pollution pour permettre un air bien plus respirable pour la population. Il pouvait aussi restaurer les différents bâtiments insalubres pour les transformer en logements pour les plus démunis, mais là encore il n'agissait pas, il se délectait de la misère. Le brun soupira et regarda Draco :
-Si seulement nous changions de Président, les choses pourraient changer et la vie pourrait être meilleure !
-Je sais, malheureusement je ne peux pas y faire grand-chose.
-Je sais, c'est simplement un constat.
Draco l'embrassa, puis ils finirent par s'arrêter dans un petit restaurant pour déjeuner. Après ça ils rentrèrent à l'appartement et firent l'amour avant que le blond ne doive partir pour son association.
Les semaines suivantes, Harry continua de travailler sur sa machine volante. Elle serait bientôt prête, il était très content de lui, il avait hâte de pouvoir l'essayer. Une fois que les tests se révéleraient concluants et la machine vraiment prête, alors, il pourrait emmener Draco avec lui pour s'envoler et quitter un peu cette ville pestilentielle et enfumée. Même si les deux jeunes hommes ne partiraient sûrement pas vivre ailleurs, ils pouvaient s'évader au moins pour le temps d'un week-end. Harry redoublait d'efforts à cette perspective, il avait hâte de pouvoir s'enfuir un petit peu avec son amant. D'aller dans un endroit sans personne, où ils pourraient se promener en se tenant par la main si ils le souhaitaient, sans risquer d'être arrêtés par la police. En attendant, le brun apportait les finitions à sa machine volante.
L'appareil était enfin fini, Harry fit les tests nécessaires, et heureusement, il avait réussi du premier coup. Il invita donc Draco à une petite escapade avec lui. Le blond accepta sans hésiter et ils partirent pour la campagne, loin de la grande ville. Harry avait construit deux ailes puissantes, avec des armatures en cuivre et de la toile bien solide pour aider à la prise au vent. Dessous, les passagers s'installaient dans ce qui ressemblait à une barque. Harry avait construit des bancs confortables pour qu'ils puissent s'asseoir, il dirigeait l'appareil grâce à un gouvernail qu'il avait sculpté lui-même. Sous les bancs il avait placé des couvertures, des coussins et des vivres. Tout était parfait, il avait tout prévu. Draco était impressionné par tout le travail que son amant avait accompli. Les ailes de la machine étaient rétractables, il pouvait donc les plier pour les ranger à plat quelque part. La barque aussi pouvait se plier pour être à peine plus grosse qu'une chaise, c'était impressionnant. Le blond était réellement admiratif devant l'ingéniosité de son amant, c'était vraiment impressionnant.
Les deux hommes s'envolèrent donc pour un coin isolé de campagne. Harry avait fait des repérages, il avait vu une cabane abandonnée qui pourrait les accueillir pour les deux jours qu'ils voulaient passer ensemble. Il n'y avait ni ville ni village à des dizaines de kilomètres alentours, donc personne ne viendrait les déranger.
Draco alluma un feu dans la cheminée pendant qu'Harry allait chercher de l'eau à la rivière. Il posa le seau dans la maison, et le couple décida d'aller se baigner dans la rivière. Ils s'amusaient beaucoup, nus dans l'eau. Ils s'amusaient à nager, à s'éclabousser, à essayer de trouver l'autre en ayant les yeux fermés... Le brun aimait beaucoup cette innocence, cette liberté. Draco était beau, grand, musclé, avec ses cheveux blonds et ses yeux bleus. Harry de son côté était petit, sa musculature était moins développée, mais ils se complétaient bien. Après leur petite baignade, les deux amants retournèrent dans la cabane, se séchèrent et s'habillèrent. Après ça, ils dînèrent et se blottirent devant le feu de la cheminée. Draco soupira d'aise :
-On est bien comme ça, tu ne trouves pas ?
-Si, on dirait un rêve éveillé ! J'aime tellement qu'on puisse profiter de cette liberté, même si ce n'est que pour deux jours.
-Moi aussi.
Ils s'embrassèrent et passèrent la soirée à discuter, à se câliner, jusqu'à ce que la fatigue les gagne. Harry et Draco allèrent sur le petit lit de fortune et s'endormirent dans les bras l'un de l'autre.
Le lendemain ils se promenèrent dans la vaste forêt qui entourait la cabane, puis ils se baignèrent à nouveau dans la rivière avant de rentrer dans leur abri. Draco était heureux, vivre dans une telle simplicité ne le dérangeait pas, il n'avait pas besoin de luxe pour vivre et être heureux. Ils profitèrent pleinement de cette évasion avant de retourner en ville pour y retrouver leur triste réalité.
Quelques mois plus tard.
Sans savoir vraiment pourquoi, une espèce de rumeur grondait dans les bas-fonds de la ville. Les choses allaient bientôt changer, ça devenait une évidence. Le peuple commençait à ne plus supporter cette vie misérable qu'on leur imposait, et ils comptaient bien se faire entendre lors des prochaines élections. Ils voulaient vraiment que le tyran tombe, et qu'une nouvelle chance s'offre à eux. Harry et Draco voyaient bien que la coupe était pleine pour les pauvres gens, ils avaient décidé de hausser le ton à présent. De plus, la rumeur de l'entrée en politique d'un jeune garçon issu de la classe modeste leur donnait de l'espoir. Pour l'instant ce jeune homme ne souhaitait pas divulguer son identité car il était tout en bas de l'échelle politique, mais il avait mis le pied sur le premier barreau, et ça, ça apportait une explosion d'espoir chez les personnes ordinaires.
De leur côté les riches ne prêtaient pas vraiment attention à cette nouvelle, un pauvre qui entrait en politique, ce n'était pas la première fois, mais ça ne durait jamais longtemps. Les pauvres n'avaient pas les reins assez solides pour supporter la pression de la politique et d'affronter un univers qui leur était inconnu. Car pour les riches, les pauvres ne pouvaient pas s'habituer à leur mode de vie, comme eux ne pouvaient pas s'habituer à celui des pauvres. Mais les rumeurs allaient bon train dans la partie la plus pauvre de la vie : ce sauveur inconnu qui avait fait son entrée en politique allait les libérer de l'oppression et faire changer les choses.
Harry et Draco ne savaient pas encore si c'était la réalité, mais ils l'espéraient eux aussi. Le blond avait très envie que quelqu'un mette enfin un bon coup de pied dans la fourmilière des riches pour ensuite y passer un bon coup de balai. Le blond en avait assez de voir l'immense fossé entre la communauté dont il était issu, et le reste de la population qui mourrait de faim et qui devait lutter chaque jour pour essayer de survivre afin d'affronter un lendemain tout aussi terrible.
Deux ans plus tard.
Les temps étaient toujours durs, mais un fait inattendu se produisit, Percy Weasley avait réussi à grimper les échelons dans son cabinet d'avocats, puis s'était lancé dans la politique, et il était devenu le nouveau Président ! Personne ne s'était attendu à ce que le jeune roux arrive à un point si haut, mais il était devenu populaire dès sa mise en lumière dans le monde politique car il était un homme du peuple, et il voulait donc agir pour eux. Cela ne tarda pas, dès sa prise de pouvoir il changea tout : rénovation des bâtiments pour créer des logements, filtrage de l'air, diminution des impôts pour les patrons afin qu'ils puissent embaucher plus de personnel et donc réduire le nombres de sans emploi et augmenter leur production, accès plus facile à la médecine, à l'hygiène et à l'éducation, suppression des castes pour que tout le monde puisse essayer de devenir ce qu'il voulait, ainsi, l'élite n'était plus favorisée pour les postes les plus hauts, suppression de la loi rendant l'homosexualité interdite et la mise en place de certaines aides financières pour certains cas spécifiques.
Deux ans et demi plus tard.
Malgré tous ces changements, l'économie n'en fut pas réduite, mais au contraire, elle s'améliora car elle permettait bien plus de choses ! Il n'y avait plus beaucoup de personnes sans emploi à présent, certaines femmes l'étaient car elles s'occupaient de leurs enfants, ou des personnes invalides, mais globalement la misère avait disparu en un peu moins de trois ans de temps car les plans d'action de Percy avaient été simples mais efficaces et rapides à mettre en place. La noblesse existait toujours, mais ils n'étaient plus ces dieux inaccessibles comme avant. Ils avaient encore les avantages de leur richesse, mais maintenant ils payaient des impôts et devaient aider les plus pauvres en leur offrant un emploi, en faisant des dons ou du bénévolat, sous peine d'amande. À la grande surprise de tous, la plupart des nobles s'étaient bien adaptés à ces changements pour eux. Certaines familles continuaient de se croire supérieures et donc essayaient de passer outre leurs nouvelles obligations, mais ils se calmaient rapidement au bout de deux amandes, car après la troisième ils étaient destitués de leur titre, de leur richesse, et envoyés en prison. Percy était un Président juste, il ne tenait pas rancune aux nobles malgré les mauvais traitements qu'il avait pu subir pendant son enfance chez les Malefoy, mais il avait trouvé un moyen de faire redescendre ces personnes sur Terre. En général, ceux qui avaient essayé de se rebeller en ne changeant rien à leur ancien style de vie se calmaient dès la première amande.
Harry était content de voir que les choses avaient changé, les gens souriaient à nouveau, ils voyaient beaucoup moins de personnes à l'air malade ou faisant la manche, de personnes désespérées... La vie était beaucoup plus agréable à présent. Lucius avait décidé de s'exiler après l'élection de Percy, il disait « ne plus reconnaître les valeurs de son pays, depuis l'arrivée au pouvoir de ce morveux », et avait donc cédé l'entreprise à Draco, car une nouvelle loi avait été instaurée : si un chef d'entreprise voulait quitter le pays pour vivre à l'étranger, alors il devait céder son entreprise. Il était hors de question qu'il continue de s'enrichir alors qu'il ne vivait plus ici. Draco avait alors mis en place ses idées, et les gens pouvaient ainsi voyager beaucoup plus facilement. C'était un double bénéfice car ainsi les trains circulaient beaucoup moins souvent à vide, comme avant. À l'époque de Voldemort et de Lucius Malefoy à la tête de Malefoy Railway, les trains circulaient souvent avec à peine une dizaine de voyageurs fortunés, ce qui permettait tout juste de payer le charbon pour faire tourner les machines, mais ce qui provoquait une énorme pollution de l'air pour rien. Draco était donc heureux de ce changement, car même si la pollution restait la même, au moins maintenant les trains servaient vraiment à quelque chose !
Harry était devenu l'associé de Sirius et la boutique s'était agrandie. Ron Weasley travaillait avec eux désormais, il s'occupait de l'accueil, de la caisse, et de la prise de commandes. Dans la partie réparation et construction ils restaient toujours tous les deux, si ils étaient surmenés, ils embauchaient un extra, mais cela arrivait rarement, ils arrivaient à bien gérer leur flot de commandes.
Le brun avait toujours son atelier, mais il en avait ouvert l'accès à d'autres jeunes comme lui qui se débrouillaient de leurs mains mais qui n'avaient pas d'endroit où pouvoir créer tranquillement. Les jeunes qui venaient dans l'atelier contribuaient à leur façon : un petit don monétaire, ils apportaient de quoi manger et boire pour tout le monde, fabrication d'un objet pour décorer l'atelier... Harry ne voulait pas leur prendre tout leur argent, il avait donc fixé un maximum de 10£ lorsqu'ils voulaient donner de l'argent. Il voulait que les choses soient simples, et aider ceux qui comme lui avaient dû partir de rien. Il voulait leur donner leur chance, comme Sirius lui avait donné la sienne, et ils engageaient donc les jeunes qui venaient à l'atelier quand ils avaient besoin d'aide à la boutique. Ainsi ils les aidaient à avoir confiance en eux, et valoriser leur travail, car ils précisaient toujours qu'ils avaient été aidés quand c'était le cas.
Harry vivait maintenant avec Draco dans le Manoir Malefoy, ils avaient gardé un étage pour leur résidence à eux, et avaient séparé le reste de la bâtisse en plusieurs appartements. Le parc était toujours aussi beau, soigneusement entretenu par les jardiniers. Les repas se faisaient en commun : employés et résidents mangeaient ensemble sans préjugés ni distinction. Les anciennes écuries et chenils avaient été totalement nettoyés et rénovés, ils servaient de logement pour les plus pauvres qui n'avaient pas les moyens de payer un loyer. Le brun était heureux de voir les changements que son amant avait fait au sein de sa demeure familiale et de son entreprise. Il avait même créé des emplois pour ceux qui ne trouvaient pas de travail ailleurs en tant que porteurs de bagages ou d'aides pour conduire les passagers aux bonnes voies d'embarcation. Certains étaient même chargés de la surveillance et de la sécurité pour être sûr que les passagers et employés ne risquaient rien. Les choses avaient bien changé en peu de temps, et même si les deux jeunes hommes ne savaient pas combien de temps ça allait durer, ils étaient heureux d'avoir pu contribuer à ce changement.
Harry et Draco finirent par se marier, et ils furent émus du nombre de personnes qui vinrent leur rendre hommage, les remercier ou les féliciter lors de leurs noces, beaucoup de gens avaient une meilleure vie grâce à eux, et ils tenaient à le leur faire savoir. Car Harry avait ouvert une école où il aidait les jeunes en difficulté à exploiter leur imagination et leurs capacités manuelles pour en faire un métier. Grâce à lui une jeune femme était devenue une artiste très connue, il l'avait aidée à libérer totalement son imagination, elle qui restait bloquée dans les idées raisonnables qu'on lui avait inculquées toute sa vie et qui était donc piégée et n'arrivait jamais à donner vie à ses œuvres, un autre avait réussi à ouvrir sa propre entreprise de réparation et invention, un jeune homme avait trouvé une très bonne place en tant qu'ingénieur, une jeune femme s'était lancée dans la confection de prothèses en tous genre... et en plus de ça, il avait créé un groupe de soutien pour les orphelins, ou pour les jeunes maltraités. Alors oui, Harry aussi avait contribué à changer plein de vies dans le bon sens du terme, et tous voulaient lui rendre hommage en ce jour le plus important de sa vie. Harry et Draco étaient heureux de voir les gens qu'ils avaient pu aider, et ils comptaient bien continuer ainsi. Leur couple n'en était que plus fort chaque fois qu'ils venaient en aide à ceux qui en avaient besoin, car ils avaient les mêmes convictions. Ils avaient les mêmes visions de la vie, et leur bonheur venait du fait d'être ensemble, mais aussi du fait de penser aussi aux autres en ces temps difficiles. En attendant, les deux jeunes hommes profitèrent de leur journée de mariage, et imaginaient déjà ce à quoi pourrait ressembler leur vie future, notamment en adoptant des enfants. Ils n'étaient pas encore arrivés à cette étape, mais ils avaient hâte de la concrétiser car ils voulaient fonder une famille, et c'était possible maintenant que la vie était plus douce pour tout le monde.
Fin.
