Chers lecteurs,
Merci pour Lilslytherdor et son comm, merci aux followitations. Voici la suite.
Potter arrive dans le prochain chapitre (don't worry).
Portez-vous bien, attention sur les passages piétons, à bientôt,
Al
PS : réponse à Lilslytherdor : bon j'ai pris au moins cinq minutes à essayer de deviner et je crois que j'ai tout bon dans ton surnom : lil pour lily (i guess), slyther pour serpentard en vo, et dor pour gryffondor. tu es fait(e) pour les drarry en vrai. ça me fait plaisir que ça t'intrigue. au plaisir de te relire
« Alors ? Tes vacances ?
- Rien à en dire. »
Drago était en train de vérifier son stock d'ingrédients quand Londubat était passé le voir dans les cachots. Ce dernier voulait lui demander s'il allait avoir besoin d'hellébore cette année-là et Drago lui avait demandé de rester : quitte à vérifier ses stocks d'herbe, autant en profiter pour tout vérifier. Londubat notait les quantités que Drago lui indiquait sur le parchemin de commande.
Autrement dit, Drago s'était encore débrouillé pour refiler le sale boulot à un Gryffondor.
« Sérieux ? Tu peux pas développer un peu plus ?
- Ma vie privée ne te regarde pas.
- Malefoy… »
Drago ricana :
« T'as toujours un peu peur du silence quand on se retrouve uniquement tous les deux ? »
Londubat ricana :
« T'as beau être devenu prof de potions, t'as pas encore suffisamment le charisme de Rogue pour me faire peur. »
Touché.
« C'est juste que c'est vraiment ultra chiant d'attendre que tu fasses maintenant le travail que tu aurais pu faire en juin dernier et que parler de tes vacances pourrait faire passer le temps plus vite.
- Tu veux vraiment m'entendre dire que j'ai torturé des moldus pendant mon temps libre et que les tables de poker sorcier à Paris ont fait faillite à cause de Blaise ? Note-moi dix kilos de racine de mandragore. »
Drago passa à son armoire suivante alors que Londubat bégayait :
« Non mais… Tu fais vraiment ça ?
- Jouer au poker sorcier ?
- Torturer des moldus. »
Fallait le laisser mariner : pas question de lui dire qu'il avait passé l'été dans la villégiature de Blaise en France, à boire du vin et se tartiner de crème solaire au bord de la piscine. Une réputation de tyran, ça ne se construit pas en un jour.
« Je n'ai rien à dire sur le sujet. Ajoute donc six kilos d'œufs de cafard : mon stock de l'année dernière est périmé. »
Drago entendit le scritch-scritch de Londubat et attendit la question suivante. Comme prévu face à la difficulté, Londubat changea de sujet.
« T'es toujours directeur de maison cette année ?
- T'as pas regardé le panneau d'affichage ? » cingla Drago.
Il détestait répéter les informations, surtout quand elles étaient placardées partout en salle des profs. Londubat était toujours tête en l'air : c'était un plaisir de lui mettre une misère quand il arrivait en retard aux conseils de classe, n'ayant pas lu les mémos de McGo qui indiquaient des changements d'heure. En revanche, c'était fatigant de devoir lui répéter les mêmes informations trois fois par semaine.
« Ben… J'ai pas fait attention.
- Ça promet. Ma maison va encore vous exploser, je peux te le dire avant même la répartition. Quatre kilos de carapace de véracrasse.
- Gryffondor a toutes ses chances, cette année. Peanuts a eu ses ASPIC : tu n'auras plus le meilleur élève de Poudlard dans ta maison. Nous, on a toujours Sanchez. Et puis, les première année peuvent changer la donne. Pilée ou pas, la carapace ?
- Peanuts a de fervents disciples à Serpentard. T'inquiète, la Coupe ne quittera pas l'étagère de mon bureau. Concassée.
- Le bureau ou l'étagère ?
- La carapace de véracrasse. »
Cela faisait deux ans que Londubat était devenu directeur de Gryffondor. Drago, lui, avait été nommé directeur de Serpentard lors son arrivée : peu d'anciens élèves de sa maison menaient une carrière dans l'éducation. Les candidats ne manquaient pas pour les autres maisons mais l'art professoral manquait de prestige pour un Serpentard. Drago avait eu le poste sans problème et, depuis qu'il travaillait à Poudlard, il s'était fait un point d'honneur à gagner la Coupe des quatre maisons chaque année. Quatre ans dans son bureau : il la regardait prendre la poussière avec plaisir et empêchait les elfes de la nettoyer, car c'était la preuve que la Coupe était faite pour son bureau.
« Tu vas plus pouvoir mettre des points sans raison à tes serpents comme avant. Ça va changer, avec les nouveaux profs qui arrivent. Eux aussi privilégieront leur maison : tous les Gryffondor vont nous permettre de remonter le niveau. »
Drago ricana, pas convaincu pour une noise :
« Primo, Granger est trop sérieuse et trop scolaire pour favoriser un élève juste parce qu'il est à Gryffondor. Deuzio, tu poses toujours des questions trop compliquées à tes étudiants donc tu n'as jamais de bonne réponse de leur part : impossible de leur ajouter des points trop facilement. Tertio, Patil est incapable de savoir où en sont les sabliers. Je crois même pas qu'elle soit capable de te dire dans quelle maison se trouvent ses élèves. Je ne crains rien : mes élèves seront les meilleurs, comme chaque année. Tu peux ajouter une cinquantaine de scarabées du Nil sur le bon de commande ?
- T'oublies Harry. Lui n'hésitera pas. »
Drago en lâcha le bocal qu'il tenait à la main et s'en voulut immédiatement d'avoir réagi ainsi à l'évocation de Potter le Putain-de-Sauveur-du-Monde-Sorcier. Les yeux de lézard contenus dans le bocal s'éparpillèrent partout et le formol dans lequel ils étaient conservés se répandit sur le sol. Impossible de les récupérer : les œufs étaient corrompus.
Drago sortit sa baguette et marmonna :
« Reparo. »
Le bocal se reconstitua alors que Londubat ricanait :
« Je te rajoute des yeux de lézard, du coup ?
- Te fous pas de moi. T'es même pas capable de lancer un Evanesco pour retirer le formol sans faire disparaître des dalles de Poudlard.
- Moi je casse pas des bocaux dès que j'entends le nom d'Harry. J'avais oublié à quel point c'est un sujet sensible pour toi.
- C'est bien pour ça que ta grand-mère t'a offert un Rappeltout à tes douze ans.
- Pas faux. »
Londubat ne prenait plus aussi facilement la mouche qu'avant. C'était dommage. Drago y perdait un peu du plaisir qu'il avait à enquiquiner son collègue.
Potter rétablirait l'équilibre bien vite, ceci dit. Comment avait-il pu oublier que Saint-Potty reprenait du service à Poudlard ?
« Il arrive quand, le héros ?
- Ce soir. Hermione et Ron vont le chercher à la gare. »
Plus que trois heures de calme avant la tempête Potter. Drago ne savait pas quoi en penser… Il s'était persuadé qu'il ne le verrait plus jamais de sa vie après les procès post-guerre et pourtant, voilà que Potter revenait à Poudlard, alors que Drago s'y était bien planqué, loin de tous, dans l'Écosse la plus reculée possible.
« Il va pas très bien, tu sais, reprit Londubat. Depuis sa rupture avec Ginny, il a quitté le bureau des Aurors. Il était plus capable de travailler dans le même service qu'elle…
- Pourquoi tu me dis ça ? Qu'est-ce que j'en ai bien à faire de la vie de ton pote Potter ? Mets-moi donc dix kilos de cannabis.
- Parce que vous allez travailler ensemble, pardi ! Je peux te fournir en cannabis, pas besoin de le demander à Fournitures & Sortilèges. C'est pour ta consommation personnelle ou tu remplis un bon de commande officiel ?
- Je m'appelle pas Lovegood, je ne consomme que du brandy. »
Drago releva les yeux vers Londubat. Il notait des trucs sur le parchemin qui ne ressemblait plus à rien : des dessins remplissaient les marges. Ça faisait désordre et Drago serra les dents.
« Donc Potter est triste. »
Pas que ça l'intéressait, non. Vraiment pas.
« Tu imagines bien que je vais en profiter, pas vrai ?
- Il est jamais mieux allé que quand tu l'emmerdais. J'ai bon espoir que tu le sortes de sa morosité. »
Attends… Londubat voulait que Drago enquiquine Potter ? Pour le faire aller mieux ?
Potter était-il masochiste ? Ça ouvrait de nouvelles perspectives…
À moins que Londubat soit juste inconscient et qu'il ne se rende pas compte de ce qu'il demandait. C'était possible. Pour un mec qui avait tué le serpent du Seigneur des Ténèbres et mené une révolte contre les Carrow, Londubat restait quand même bien naïf.
« Tu me mets un peu de poudre d'obscurité instantanée du Pérou ?
- Passe par Weasley & Weasley, elle est moins chère et de meilleure qualité que chez Fournitures & Sortilèges. »
Drago acquiesça : il faisait confiance à Londubat pour les fournisseurs. Ils partageaient les bons de commande pour réduire les frais de port : Lovegood en profitait aussi, notamment pour la nourriture des Botrucs qu'elle collectionnait. Drago laissait Londubat faire : ce dernier était passé maître en paperasserie commerciale.
Drago faisait semblant de n'y rien connaître alors qu'il était très fort à ce petit jeu. Il préférait revendre ses potions (ou les potions ratées de ses élèves) sans passer par les voies officielles : il laissait le sale travail de douane, vérification des produits et taxe écolière pour le Foyer-sorciéro-éducatif à d'autres.
Comme le silence se créait et que Drago ne voulait pas que Londubat reparle des sujets à cicatrice qui fâchent, il relança :
« T'as été invité au mariage de Théo ? »
Il commençait à réfléchir à son week-end d'Halloween. Mariage. Si seulement Londubat n'était pas invité ! Remarque, au moins, ça ferait un Gryffondor à titiller. Théo avait invité exclusivement des Serpentard de son année. Normalement, il n'y aurait que des gens convenables.
« Bien sûr que oui !, s'exclama Londubat. Je suis le témoin de Luna ! »
Ah, zut. Drago se disait bien qu'il avait oublié quelque chose.
« J'espère que tu auras un costume à ta taille. À la dernière soirée à laquelle tu t'es pointé, tu étais vêtu avec si peu de goût que le cocktail a viré aigre. »
Londubat bafouilla. Rien ne valait une petite pique pour se sentir mieux.
Drago attaqua la dernière armoire, réservée aux ingrédients inflammables. Il manipula précautionneusement une bouteille de langue-de-feu, du venin de dragon, puis vérifia sur la graduation du bocal la quantité qui lui restait.
« En vrai, je comprends pas pourquoi ils se marient maintenant. Ils en sont à leur deuxième enfant : ça fait six ans qu'ils vivent en concubinage, ça leur a jamais posé problème.
- Barbara Nott est morte. Si Théo veut toucher l'héritage et le transmettre à ses gosses, il doit avoir épousé la mère de ses enfants. C'est aussi simple que ça. C'est pas à toi que je vais apprendre les conventions sang-purs…
- Ouais, faut croire que l'appât du gain est plus fort que l'amour. Je comprends pas trop l'idée du mariage une fois qu'on a déjà un enfant : l'engagement est pris quand y a un gosse dans le lot.
- Weasley et Granger aussi vont se marier, j'ai pas l'impression qu'ils le fassent pour l'argent. Je suppose qu'il y a un truc dans le mariage qui m'échappe.
- Je pense qu'il y a beaucoup de choses qui t'échappent dans le mariage. Dans les relations tout court, même. »
Drago aurait pu se froisser mais il était suffisamment lucide pour ne pas le faire.
« Au moins je ne fréquente pas la racaille. »
Cette fois, il entendit la plume que tenait Londubat craquer.
