Les Maternelles
A cause de Momo et Nano, du discord YYM Doe, voila cette chose.
je sais pas. Je sais plus. Mais ça existe.
C'est leur faute XD
N'attendez pas de mise a jour régulière.
Comme je suis une vile fainéante, j'ai pas fait l'effort de me pencher sur le système scolaire chinois et je reprends comme une sale le système français. Pardon aux familles, tout ça…
Pour mes lecteurs non français, le système français se construit ainsi :
Maternelle :
à partir de 2/3 ans = trois ans de maternelle (Petite section, moyenne section, grande section)
Le point le plus important pour passer de grande section de maternelle au CP est surtout de ne plus faire la sieste.
Primaire:
a 6 ans environ : CP (cours préparatoire)
7 ans : CE1 (cours élémentaire 1)
8 ans : CE2 (cours élémentaire 2)
9 ans : CM1 (cours moyen 1)
10 ans : CM2 (cours moyen 2)
Collège :
11 ans : 6-ème
12 ans : 5-ème
13 ans : 4-ème
14 ans : 3-ème et Brevet des collège, premier examen formel des enfants
Lycée :
15 ans : Seconde et entrée au lycée
16 ans : Première
17 ans : Terminale et Baccalauréat qui est l'examen final avant l'entrée à l'université.
Ce n'est, bien sûr, que le cas général moyen.
Chapitre 1Une jambe passa sous la couette pour tester la température extérieure. Un grognement échappa au propriétaire de la jambe qui la rentra au chaud. Il ne se passa rien pendant quelques instants puis un zombie se redressa sur le lit avant de grogner encore.
Le mort vivant se sortit au radar de sous la couette pour la salle de bain.
Lorsqu'il en sortit, le zombie avait évolué en humain propre et habillé même si toujours ronchon.
Le café et quelque tartines s'occupèrent de lui redonner la parole mais guère d'améliorer son humeur.
On était le premier septembre.
La rentrée scolaire allait avoir lieu dans quelques heures et le jeune professeur des écoles allait faire sa rentrée comme les autres. Il avait rencontré ses deux nouveaux collègues l'avant-veille, avait eut le temps de faire le tour de l'école pour vérifier les travaux en même temps que les autres (allaient-ils avoir du chauffage cet hiver autrement que par le poêle de la cuisine ?) et il avait même eut le temps de se faire draguer pour de rire par une des autres maitresses. Ce n'était que sa troisième rentrée ici. Les deux années d'avant, il s'était occupé des CM1 puis des CM2 en remplacement de leur maitresse qui était partie pour se marier.
Cette année, il allait avoir les plus petits, à peine plus que des bébé.
leur école était toute petite et allait de la maternelle à la dernière année de primaire.
Il n'y avait qu'une classe de maternelle qui était maintenant la sienne. Les autres classes étaient un peu plus nombreuses, mais uniquement parce qu'elles regroupaient des enfants qui venaient des autres villages et des autres maternelles des alentours.
Boya vérifia qu'il avait bien sa bouteille d'eau et son travel mug de thé chaud, ses chaussons d'intérieur pour la cuisine, sa blouse et son déjeuner. Il ne cuisinait pas vraiment, mais depuis son divorce, il avait bien dû apprendre.
C'était à cause de ce divorce qu'il avait été muté au fin fond de la campagne. Ça lui convenait tout à fait. Être au calme était un soulagement après des années à subir le caractère de la femme que ses parents qui avaient choisit et qu'il avait du épouser. Maintenant qu'elle avait décidé de partir pour un autre, il pouvait se concentrer sur ce qu'il aimait faire : s'occuper de ses élèves.
Peut-être que s'il avait été plus enclin à lécher des culs pour obtenir un poste dans une grande université, son épouse aurait été satisfaite. Mais lui, il aimait apprendre aux plus petits. Il aimait voir les plus jeunes s'émerveiller du monde autour d'eux. Il aimait leur donner les bases de ce qui serait toute leur vie. Boya n'avait vraiment d'autre ambition que celle d'être tranquille et de bien s'occuper de ses petits élèves.
Il enfourcha sa grosse moto qui était son seul luxe et son seul caprice pour rouler jusqu'au vieux traditionnel bâtiment en bois qui était leur école. C'était les restes d'un vieux domaine oublié là par l'avancée technologique et les plans quinquennaux de réfection du pays. Le vieux bâtiment avait un charme suranné qui ne manquait jamais de le faire sourire. Un petit mobile d'une dizaine de grues (l'oiseau) en métal fait de cannettes de coca découpées carillonnait doucement, accroché à une des poutres du préau. Il avait été fait par sa classe l'année d'avant. Les enfants adoraient faire des choses avec leurs mains. Chacun de ses nabots avait fait sa grue, l'avait peinte, puis Boya les avait attachées avec des fils en leur assurant qu'avec ça, il se souviendrait toujours d'eux maintenant qu'ils allaient partir à la grande école.
Ils avaient fait un gouter, les enfants lui avait offert chacun un petit cadeau, il leur avait offert aussi un petit souvenir chacun sous la forme de leur premier stylo plume pour qu'ils n'oublient pas leur vieux maitre. Même si c'était une petite chose en plastique à pas cher, c'était quand même le leur.
Et maintenant, il était devant ses collègues qui lui faisaient signe de se dépêcher. Pourtant, la rentrée n'était prévue qu'à neuf heures ! Ils avaient plus d'une heure devant eux.
"- Bonjour Boya !"
"- Long Ye !"
La pétulante maitresse des CM2 cette année avait comme toujours un jeans sur les fesses et une chemise d'homme sur le dos. Et des crocs aux pieds. C'était immonde mais ils en avaient tous. C'était plus simple de nettoyer les accidents sur ces monstruosités que sur du cuir. Allez nettoyer un accident de vessie, un vomis ou de la peinture renversée sur des mocassins à gland ! Il avait appris ça à la dure dans sa précédente école. Ici, on lui avait fournit les sabots en plastique avec un grand sourire après son premier accident de cantine.
Les siens étaient rouges.
"- Tout le monde est là ou presque."
Boya salua les différents professeurs déjà là. Ils avaient deux nouveaux qui étaient arrivés pour la pré-rentrée. Un jeune homme au visage hautain qui s'était révélé avoir un humour froid absolument tordant, et une jeune dame qui s'était déjà prise de bec avec le Directeur de l'école.
Une fois tous rassemblés dans la salle des professeurs autour de viennoiseries et d'un café, Monsieur Hongruo, le Directeur, fit l'appel des professeurs.
"- Xie She ? Où est…"
"- Je suis là."
Le petit nouveau leva la main. Il était à moitié caché derrière le piano.
"- Ha ! Fangyue ?"
"- Là."
"- Boya ?"
"- Ici !"
"- Long Ye, j'ai senti son parfum."
"- MAIS !"
Cela fit glousser leurs collègues.
"- Et il nous manque He Shouyue ?"
"- Là !"
"- Parfait."
Hongruo n'avait pas besoin de faire l'appel alors qu'ils étaient six pour toute l'école si on ne comptait pas l'homme de service qui faisait tout, du ménage à la plomberie en passant par de la maçonnerie, et la cuisinière qui doublait comme infirmière. A eux huit, ils s'occupaient d'à peine une centaine d'élèves sur huit niveaux.
Leurs classes étaient petites mais pleines d'enthousiasme.
Hongruo reprit une dernière fois leur plan de bataille.
"- Alors cette année la Maternelle sera gérée par Boya. Je suis sur que tu t'occuperas très bien des plus jeunes." En deux ans, le masque calme et froid du jeune maître d'école avait été quasi immédiatement brisé par les petits qui l'adoraient irrémédiablement. Sans doute parce qu'il parlait toujours d'une voix douce même quand il les grondait et n'avait aucun problème à prendre un petit dans ses bras pour consoler un gros chagrin. Sa douceur et son calme naturel serait parfaitement à sa place avec les plus jeunes. "He Shouyue, tu prendras les CP. Il ont besoin d'une main un peu plus sévère." C'était à cet âge-là qu'il fallait leur faire respecter l'école. Le trentenaire hocha la tête avec enthousiasme. C'était un niveau qu'il n'avait encore jamais eut. Le plus dur ne serait pas de tenir les mômes en laisse mais leurs parents. Ils avaient tendances à trop en demander de leurs enfants même aussi jeunes. "Je prends les CE1." Hongruo doublait son travail de directeur. C'était un niveau qu'il appréciait. "Fangyue, vous prendrez les CE2, Xie She les CM1 et Long Ye les CM2." La plus part d'entre eux concevraient finalement les élèves qu'ils avaient l'année d'avant et les suivaient jusqu'au CM2. Il n'y aurait que Boya à ne pas bouger des maternelles s'il s'y plaisait bien.
Ce n'était qu'une redite de l'avant-veille mais redire ce qu'ils savaient déjà était un moyen simple de les calmer. Il n'y avait pas que les enfants qui angoissaient pour leur rentrée.
Boya rassembla ses poussins autours de ses jambes une fois l'appel de sa classe finit.
Pour les plus petits, il avait laissé les parents qui le souhaitaient venir dans la classe avec eux pour rassurer autant les petits qu'eux.
Il n'avait put retenir un large sourire lorsqu'une petite fille parmi les plus jeunes avait finit par aller serrer les jambes de sa mère.
"- C'est bon maman, tu peux t'en aller."
Sa mère avait été plus scandalisée par la petite et son rejet rapide qu'autre chose mais Boya l'avait gentiment conduite vers la porte.
"- Votre fille va très bien s'integrer, rassurez-vous."
Au bout de deux heures, il venait de mettre dehors le dernier parent, une dame bien plus stressée que son fils qui l'avait oublié à la seconde où il avait vu la petite piscine à balles.
Maintenant que Boya était seul avec ses poussins, il tapa doucement dans les mains.
"- Allez, venez tous autour de moi. On va tous se présenter."
Les bambins s'assirent sur les coussins de sol mis en cercle autour de leur maître d'école. Boya commença le premier.
"- Je m'appelle Boya, j'ai vingt neuf ans et je suis votre professeur pour l'année."
"- T'es vieux monsieur !"
"- Oui, j'imagine que je suis vieux pour vous."
Chacun son tour, les douze enfants se présentèrent. Boya leur souriait, attendrit. Chaque petit avait tenté de se présenter comme lui. A cet âge-là, ça apprenait surtout par la copie des adultes après tout.
Puis il fut rapidement l'heure d'aller déjeuner.
Boya rassembla encore ses poussins autour de lui. Lorsqu'ils commencèrent à s'énerver un peu, il fronça juste les sourcils.
"- Les enfants…" Les petits se figèrent une seconde sous le ton grondeur. "En rang deux par deux, les plus petits devant, les plus grands derrière. Tenez la main de votre copain ou de votre copine et nous allons à la cantine."
Les enfant, même les plus petits, obéirent avec prudence sous le regard noir de leur maître d'école. Boya leur sourit avec douceur et approbation devant leur obéissance.
Il prit la main du plus petit tout à l'avant et les guida dans la cour de l'école jusqu'à un bâtiment qui avait été sans doute très longtemps avant, un mix d'écurie, de réserve, de grange et de logement pour des serviteurs. Il avait été refait à l'intérieur pendant l'été pour enfin faire salle polyvalente et cantine. Les enfants n'auraient plus besoin de manger sous le préau l'hiver. Comme l'école était petite, les classes mangeaient par groupe, assis par terre sur ses coussins devant de petites tables basses qui avaient probablement été trouvées là tellement elles étaient vielles. Au moins, maintenant, ils mangeraient au chaud et loin des courants d'air.
La cuisinière apporta le riz, les légumes et la viande. Boya l'aida à servir les enfants puis les surveilla qu'ils n'en mettent pas partout. Il aida aussi les deux plus jeunes qui avaient à peine plus de deux ans à manger proprement avec leur cuillère.
Lui, il mangerait sa boite à déjeuner dans la cour avec ses collègues quand les enfants seraient tous en train de jouer avant les cours de l'après-midi.
"- Hé ! Boya ! Ça a été ?"
Long Ye s'assit près de Boya dans la cours. Les deux jeunes gens étaient amis depuis que Boya était arrivé dans la petite école deux ans avant. Il y avait eut des rumeurs sur leur relation mais ils étaient juste amis. Boya n'avait aucune envie de se retrouver dans une relation quelconque après son mariage cataclysmique et Long Ye était venue s'enterrer là pour échapper aux idées de mariage de sa famille. Ce n'était pas pour se trouver un copain au milieu de nulle part. Elle était reconnaissante à son oncle de lui avoir proposé de venir dans son école lorsqu'une place s'était libérée, quatre ans avant. Hongruo avait toujours surveillé sa nièce de loin. Plus fine mouche que les parents de la jeune femme, il savait que si elle devait se mettre en ménage un jour, elle aurait autant de chance de trouver un jeune homme qu'une jeune femme. Il avait beau être un vieux con, c'était sa nièce rétrograde. Sa nièce avait tous les droits à ses yeux. Celui de choisir ses amours loin de la pression de son frère et de sa femme aussi. Il veillerait à ce qu'elle les conserve. S'il fallait qu'il mente un peu à son frère pour ça, ce n'était pas bien grave.
"- Les petits sont adorables. Et les tiens ?" Les CM2 avaient tendances à être insupportables.
"- Ce sont des poisons violent. Je les aime déjà." Sourit la jeune femme.
Un gloussement de leur nouvelle collègue les fit sourire. Elle s'assit a coté d'eux, vite rejointe par Xie She, He Shouyue et Hongruo.
Les six professeurs déjeunèrent tranquillement pendant que leurs élèves courraient en tous sens pour s'épuiser. Ils n'avaient pas encore leurs élèves depuis très longtemps mais les connaissaient déjà tous à part les plus jeunes de maternelles qui n'étaient que trois. Les plus inadaptés encore était les nouveaux professeurs, pas les élèves. Ils étaient un peu hésitant d'avoir été mutés dans cette école du bout du monde mais finalement étaient sur qu'ils allaient s'y plaire.
Boya posa soudain sa gamelle presque vide sur la terrasse de bois usé pour courir vers un de ses élèves qui venait de faire une chute aussi spectaculaire que peu grave sur l'herbe.
"- Ha, c'était étonnant qu'il ait pu manger autant sans intervention." Souriait Hongruo.
Boya avait relevé le bambin qui hurlait de toute la force de ses poumons. Sans doute était-il en train de décéder de son genou écorché, comme n'importe quel petit de quatre ans dans une situation similaire. Boya le cajola jusqu'à ce que les hurlements se transforment en reniflements puis le porta jusqu'à l'infirmerie où le petit eut droit à un pansement tout propre après avoir désinfecté l'égratignure.
Lorsqu'il en sortit, il courait déjà comme un lapin pour rejoindre ses copains à qui il semblait très fier de leur montrer son pansement.
"- Il y a quelque chose sur le pansement ?" S'étonna He Shouyue.
De là où ils étaient, le petit groupe de professeurs voyaient qu'il y avait quelque chose dessus.
"- J'ai dessiné un oiseau dessus." Sourit Boya.
"- Ha !" Forcement, le gros chagrin était oublié et le gosse très fier de son oiseau.
Ils gloussèrent tous gentiment avant de reprendre leur repas jusqu'à ce qu'il soit l'heure, pour les plus grands de reprendre les cours, plus les plus petits de faire la sieste.
Boya rassembla une fois de plus ses poussins autours de ses jupes pour retourner à leur salle de classe. Les enfants sortirent d'eux même les tapis de sol et les petits duvets avec les oreillers pour la sieste. Boya aida les trois plus jeunes à s'installer confortablement puis prit sa flute pour jouer doucement une berceuse jusqu'à ce que tout le monde dorme. A cet âge, une très grosse heure de sieste n'était pas du luxe. Et encore les laissait-il se réveiller à leur rythme. Il laissa les plus jeunes dormir encore pendant qu'il occupait les plus grands avec un atelier de coloriage qu'il combina avec un atelier de silence pour commencer à leur apprendre en douceur à se tenir dans une salle de classe sans courir ni hurler.
Lorsque les parents, surtout les mamans, vinrent chercher leurs rejetons à l'école à la fin de la journée, Boya laissa partir ses petites charges avec un mélange de soulagement et de tristesse. C'était toujours ainsi. Il adorait ses élèves autant qu'ils l'épuisaient. Il les attendrait avec impatience le lendemain alors qu'il était déjà épuisé à l'idée de les retrouver.
C'était la vie d'un professeur des écoles.
Après une dernière réunion de rentrée avec ses collègues, Boya reprit sa grosse moto pour rentrer chez lui avant que la nuit ne tombe. Il avait acheté à vil prix une toute petite maison de trois pièces avec un jardin minuscule lorsqu'il était arrivé, juste en face d'une maison bien plus grosse entourée de très gros murs. La petite maison était sans doute l'ancienne maison d'une famille se serviteurs qui travaillaient dans la grosse maison. Les lieux étaient déjà occupés par une famille de renards que Boya voyait souvent courir au fond du jardin non entretenu. Ils s'entendaient bien avec son vieux chat mité.
Boya gratta l'échine du vieil animal lorsqu'il vint l'accueillir en se frottant dans ses jambes.
"- Je t'ai manqué ?"
"- Miaaaaouuu !"
Forcement qu'il lui avait manqué, la gamelle de croquettes était vide. Le vieux chat se désintéressa de son maître dès que la gamelle fut pleine.
"- Sale bête." Mais le ton était affectueux pour le vieil animal.
La rentrée scolaire était derrière eux depuis plus d'un mois lorsque le directeur Hongruo convoqua ses collègues à une réunion imprévue après les cours en milieu de semaine.
Les six professeurs se rassemblèrent dans la salle des professeurs qui était l'ancienne cuisine de la maison lorsqu'elle était encore un simple domaine privé. Il y faisait toujours chaud même en plein hiver et des canapé-lit étaient poussés contre les murs pour accueillir les professeurs au besoin si une tempête de neige imprévue les bloquait comme ça arrivait tous les hiver une ou deux fois. En plus rendre la pièce affreusement confortable, c'était un endroit pratique pour que les adultes se retrouvent. Hongruo avait beau habiter sur place et y être logé par nécessité de service, il n'avait jamais rechigné à laisser un collègue s'installer dans une des petites pièces non utilisée quelques semaines au besoin.
"- Alors, qu'est ce qui se passe ?" Pesta Xie She.
S'il était absolument adorable avec les enfants, il était infiniment plus brusque avec les adultes. Ses collègues n'en prenaient pas ombrage. Leur petite communauté était suffisamment petite pour qu'ils se fichent un peu des canons sociétaux les plus alambiqués.
Hongruo posa des dossiers sur la table, entre les tasses de thé.
"- Nous allons avoir de élèves en plus de manière imprévue."
Les professeurs se partagèrent les six dossiers avec surpris. Six enfants ? C'était ENORME !
Boya remarqua le premier autre chose.
"- Attendez… Anbei ? Ils s'appellent tous Anbei ? Six enfants de la même famille ?"
Long Ye fit la grimace.
"- Je plains la pauvre maman."
"- Il n'y en a pas." Répondit drôlement Fangyue qui lisait le dossier d'un des enfants. "He Shouyue, tu vas avoir une paire de jumeaux de plus dans ta classe."
"- PARDON ?"
"- Fangyue a raison. La famille est composée d'une fille ainée de neuf ans qui ira dans la classe de Fangyue et de jumeaux qui iront avec toi. Boya, les trois derniers ont six, cinq et trois ans. Ils seront dans ta classe."
"- Mais c'est quoi cette famille ?" S'étonna Xie She.
"- J'ai rencontré le père ce matin avant l'ouverture. Ils se sont installés ce week-end dans le domaine vide à l'est du village."
"- Et bien ils doivent avoir un portefeuille confortable !" Même si les maisons et le terrain de coutaient rien ici, il fallait encore payer les réparations et l'entretient.
"- Monsieur Anbei est veuf. Il a adopté tous ses enfants. Il travaille à domicile pour pouvoir s'occuper de ses gamins. Le petit dernier a été adopté il y a quelques semaines à peine. Tous ses enfants ont été récupérés de familles à problème ou ont été abandonnés et trouvés dans la rue. Lui-même a été adopté."
Les professeurs s'étaient partagés les dossiers en fonction des nouveaux élèves qu'ils allaient avoir.
"- Des jumeaux…" Avec ces six enfants, l'école prenait cinq pourcent d'élèves en plus. Ils allaient avoir davantage de budget avec ça ! et peut-être même ouvrir une classe en plus l'an prochain. Hongruo avait déjà fait les demandes nécessaires dans la journée.
"- Les enfants nous rejoindront dès demain. A part l'ainée qui va mieux, j'ai cru comprendre que tous les enfants sont profondément traumatisés par ce qu'ils ont vécut avant d'arriver dans leur nouvelle famille."
"- Les services sociaux ont laissé un homme seul adopter SIX enfants ?" Fangyue était étonnée.
"- Les services sociaux sont tellement débordés qu'ils sont bien content de se débarrasser d'enfants, surtout s'ils ont des besoin spéciaux. Du moment que le parent qui les prends peut les assumer financièrement, c'est tout ce qui compte" Soupira Xie She. Et tant pis s'il était abusif du moment que ça ne se voyait pas.
Lui aussi était un enfant des services sociaux. Il pouvait aussi comprendre que l'homme vienne s'installer dans un trou comme le leur pour économiser sur le logement. Et il y avait moins de chance que ses enfants soient maltraités par d'autres gamins.
"- Boya, He Shouyue, Fangyue, c'est vous qui allez devoir vous occuper des petits nouveaux mais je compte sur tout le monde pour aider les enfants à s'adapter. Signalez moi le moindre problème que vous pourriez voir."
Chacun rentra chez soi. Boya attendait avec impatience de rencontrer ces nouveaux élèves.
Anbei QingMing s'était réveillé à l'heure. C'est-à-dire a cinq heures. Il s'était préparé, avait prit son petit déjeuner pendant que ses enfants dormaient encore, puis avait été les réveiller à sept heure.
Sans surprise, il les trouva tous ensembles roulés en boule dans le même lit. Leur déménagement précipité n'avait pas aidé leur confiance.
QingMing eut un triste soupir. Il ne comprendrait jamais sa famille adoptive. Son père adoptif avait fait au mieux pour lui mais le conseil de famille avait même refusé qu'il porte leur nom. Tout ça parce que sa mère était une fille-mère et que personne ne savait qui était son père biologique. Lorsqu'elle était morte et que Zhong Xing l'avait trouvé, la famille de son nouveau père adoptif avait hurlé. L'héritier du clan ne pouvait adopter un bâtard sortit de nulle part. il l'avait fait quand même malgré tout. Et QingMing en avait payé le prix. Qu'il porte le nom de sa mère malgré son adoption en bonne et due forme n'en était que le stigmate le plus visible.
Le trentenaire s'assit sur le bord du lit.
"- Mes trésors ?"
L'ainée fut la première à ouvrir les yeux. Elle passa par-dessus ses frères et sœur pour venir s'installer dans le giron de son papa. L'un après l'autre, tous les enfants finirent par se réveiller et venir s'asseoir sur ses genoux. Il était encore heureux que QingMing soit grand. Sans ça, il n'aurait pas pu tous les prendre dans ses bras.
Le câlin se poursuivit encore quelques minutes, jusqu'à ce que les six bambins soient bien réveillés.
"- Papa, faim" La voix était si basse que QingMing faillit ne pas l'entendre.
"- On va très vite vous nourrir alors." Il cajola l'enfant qui venait de parler, très fier de lui. "J'aime beaucoup entendre ta voix, trésor. Je suis très content de l'entendre."
TianGou enfouit son nez dans le sweat trop grand de son père adoptif. L'enfant avait été lourdement maltraité par sa famille avant d'arriver dans les mains de QingMing. Il était rare qu'il parle et toujours d'une voix quasi inaudible. Son visage calme pouvait paraitre trop grave, voir hautain pour les autres, mais ce n'était qu'un masque. Ne pas laisser voir la souffrance empêchait les autres de s'exciter sur sa douleur. Même après trois ans dans sa nouvelle famille, il avait du mal à se laisser aller.
QingMing lui déposa un bisou sur le crâne. Il baissa soudain les yeux sur le plus jeune de la famille qui se mit à pleurer.
"- Ho, trésor… Il fallait me dire. Viens, on va te changer. Allez tout le monde ! A la salle de bain pour vous laver et vous habiller !"
MiChong était assez grande maintenant pour faire sa toilette tout seule, aussi son père lui avait-il assigné une chambre avec une toute petite salle d'eau. La petite fille de neuf ans était très fière de la confiance que leur papa lui faisait.
QingMing garda ShengShi à cou pendant que les quatre autres enfants les précédaient à la salle de bain.
"- Les dents, la douche et on s'habille !"
Avec autant d'enfants très jeune, il tentait de les rendre indépendant le plus vite possible sans les pousser trop fort non plus. Il aida ShengShi à retirer son pyjama mouillé pour le mettre dans une bassine remplie d'eau puis le posa dans le bassin. C'était l'avantage de ces vieilles bicoques. La plomberie était antique, mais elle était justement ancienne, adaptée aux anciennes habitudes. Il pouvait mettre les cinq enfant dans le même bassin pour les laver. Les jumeaux aidèrent HuaShi et TianGou à laver leurs cheveux pendant que leur papa lavait le plus jeune de ma maison. Puis QingMing leur brossa et leur sécha les cheveux à tous non sans les encourager et les féliciter d'être de plus en plus indépendant. Il soigna les cicatrices, les plaies encore ouvertes et donna les médicaments des cinq enfants puis les aida à s'habiller. Il tentait de respecter leurs gouts à tous mais les trois plus jeunes récupéraient surtout les vêtements des ainés. Comme il y avait deux filles et un seul garçon, il n'était pas rare que QingMing achète surtout de l'unisexe. Les jeans, les jogging et les baskets, surtout à leur âge, il n'y avait pas grand-chose de mieux.
Une fois la marmaille habillée sans trop de problème ni drame, MiChong était déjà dans la cuisine à les attendre. Déjà grande fille, elle avait mit le lait à chauffer pour le chocolat dans le micro-onde et était montée sur un petit tabouret pour servir le riz que leur papa avait fait cuire dès qu'il s'était levé. Des baozis à la viande était tout juste cuit.
"- Qui veut des œufs ?"
Les jumeaux approuvèrent bruyamment. TianGou se satisfit de porridge avec des fruits. HuaShi se rabattit sur des tartines de confiture pendant que MiChong dévorait du fromage frais avec du miel.
QingMing installa son petit dernier sur ses genoux pour l'aider à manger sans tout cochonner. Le pauvre enfant n'avait que trois ans mais avait passé la majorité de sa vie enfermé dans un placard dans la cave de la maison de ses parents. S'ils n'étaient pas mort dans un accident de voiture alors qu'il était dans le coffre, personne ne l'aurait sans doute jamais trouvé. Ils comptaient l'abandonner en forêt. En tout cas, c'était ce que la police avait conclus lorsqu'ils lui avaient confié le petit garçon. Il était connus pour faire famille d'accueil. Il n'était pas rare qu'en plus de ses petits adoptés, il ait des enfants de passage pour quelques jours ou quelques semaines.
QingMing était triste pour ces enfants d'avoir dut partir mais il devait penser à ses petits à lui avant tout de chose.
La campagne serait un bénéfice pour tout le monde.
"- Tout le monde à son cartable ?"
Les enfants n'étaient pas réjouit à l'idée de quitter leur papa.
"- Je viendrai vous chercher ce soir, d'accord ? TianGou, HuaShi, vous allez être dans la même classe avec ShengShi. Vous vous occupez bien de lui, d'accord ?"
Les deux enfants hochèrent la tête, leur petit front plissé de détermination. Leur papa leur donnait une mission, ils n'échoueraient pas. Ils prendraient soin de leur petit frère.
"- L'école est toute petite. Les jumeaux, vous serez ensemble. MiChong, tu es une grande fille. Mais tu sais que même si tu es grande, je serai toujours là pour toi aussi, n'est-ce pas ?"
Elle était sa première. Il l'avait trouvé dans la rue alors qu'elle n'avait pas plus de dix-huit mois. Elle errait toute seule sans que personne ne se soucie d'elle. Il l'avait amené à la police qui avait prévenu les services sociaux. Il avait eut le choix entre la laisser partir dans un orphelinat ou la garder avec lui le temps qu'on trouve ses parents. Il connaissait intimement les orphelinats. Il l'avait gardé avec lui et les parents de la petite n'avaient jamais été retrouvés. Il l'avait adopté un an plus tard.
MiChong hocha vigoureusement la tête.
ZhiFeng et ZhiFang se tenaient évidemment par la main. Eux aussi étaient déterminés.
les trois plus grand avaient bien comprit que c'était à cause d'eux qu'ils avaient quitté la grande ville pour ce nulle part. C'était à cause d'eux que leur papa ne voyait plus la dame qu'il espérait voir devenir leur nouvelle maman et c'était aussi en partie à cause d'eux que leur papa ne voyait rarement leur papi Zhong Xing. Ils n'avaient jamais vu le reste de la famille de leur papa.
QingMing passa ses petits en revue pour s'assurer qu'ils avaient tout, qu'ils étaient bien habillés et qu'ils avaient leurs chaussons. Il avait aussi un sac à part pour les plus jeunes qu'il donnerait à l'instituteur. Avec ce qu'ils avaient vécu, les accidents n'étaient pas rares.
"- Tout le monde est prêt ?"
"- Ouiiiii !"
"- Alors câlins !"
QingMing se mis à genoux pour ouvrir les bras à ses petits qui se jetèrent contre lui à part HuaShi qui restaient en retrait, comme toujours. Il les cajola jusqu'à ce que les petits le lâche puis attendit que HuaShi vienne très vite se serrer contre lui avant de le lâcher aussi.
"- C'est l'heure. On y va ?"
La petite troupe sauta dans la grosse voiture de leur papa. QingMing les attacha dans leurs sièges enfants, vérifia qu'ils étaient tous bien installé puis se mis au volant.
Ils étaient parmi les premiers a arriver. Quelques parents disaient au revoir à leurs enfants lorsque QingMing sortit de la voiture pour détacher sa progéniture.
Le petit groupe d'enfant se serra contre leur parent. Les plus jeunes attrapèrent l'espèce de truc blanc qui pendouillait de la poche arrière de son jeans pour le suivre comme des petits canetons effrayé.
Hongruo approcha de deux pas pour le saluer.
"- Monsieur Anbei, bonjour. Je vois que vous êtes venus avec tous vos enfants ?"
"- Oui, ce sont de braves petits très courageux."
QingMing posa une main sur la tête des deux plus petits qui s'accrochaient de toutes leurs force à lui et à leurs peluches. Le plus petit tétait très fort l'oreille de la peluche de renard blanc qu'il serrait contre lui.
"- Je vais vous présenter à nos professeurs si vous voulez bien."
