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Notes de l'auteure :

Miracle ! Cette histoire n'est pas un cauchemar !

D'ailleurs, je tiens à chaleureusement remercier mes deux seules lectrices, qui ont le courage de plonger dans l'horreur de mes aventures nocturnes.

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Cette histoire 'Original' est en revanche la suite de mon précédent cauchemar publié au nom de :

'Hissons nos couleurs'

Étant une suite parfaite, mieux vaut lire cette histoire avant celle-ci.

Mon amie Litany a trouvé mon récit 'tout mignon' (avant que la terreur nocturne ne prenne le dessus sur la fin) mais elle a voté 'oui' pour une espèce de suite, entre aventure et humour.

Donc, la voici.

Fun Fact : Lorsque j'étais adolescente (15 et 16 ans) ma meilleure amie et moi-même voulions être... Pirates ! Nous avions trouvé le nom de notre navire (L'Étalon des Mers) et le nom de notre phare (Le Nocturne), nous descendions le Rhum comme du café et un 'P' étrange ornait déjà nos poignets.

Je suis devenue Pirate... En devenant Écrivaine !

Alors, attrapez votre boussole qui n'indique pas le Nord, prenez votre longue-vue, servez-vous une chope de Rhum, accrochez-vous aux cordages, souquez les artimuses et bonne aventure... En musique !

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« My dear Prince and Princess,
Your offer is meaningless,
Don't give a damn 'bout your rank,
The gold in your sack, well it isn't worth jack,
I should make you fools go walk the plank ! »

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Nous pouvions enfin profiter d'une nuit calme et fraîche à bord du 'Jolly Roger'. L'équipage tout entier dormait à poings fermés dans les hamacs, accrochés çà et là entre les mâts du navire.

Quand je dis qu'ils 'dormaient à poings fermés', je devrais plutôt dire qu'en réalité ils décuvaient de leurs rasades de Rhum.

Ah... Les Pirates.

D'ailleurs le mien, le Capitaine Killian 'Hook' Jones, était dans sa cabine privée.

Que dis-je ?

Dans notre cabine privée. Protégée par d'épais murs en bois, avec des hublots pour voir l'immensité de l'océan qui, à cette heure de la nuit, ne semblait être qu'un vaste trou noir angoissant.

Je me suis promenée sur le pont, sous les étoiles et les galaxies scintillantes, avant de retrouver mon chéri, allongé sur le lit deux places.

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Même endormi, Killian était aussi beau que dangereux.

Ses profonds yeux bleus, clos, devaient sûrement rêver à d'intrépides aventures. Il avait toujours ses épais traits d'eyeliner noir pour assombrir son regard, et toujours ses cheveux ébène en bataille et sa barbe de trois jours qui lui rongeait le visage.

Assommé par le Rhum, il n'avait même pas pris la peine d'enlever ses vêtements pour dormir. Il portait toujours un veston écarlate en cuir et aux boutons dorés, ostentatoirement ouvert sur le devant pour laisser entrapercevoir son torse, nu et pileux. Et puis, par-dessus, il avait un long manteau noir, toujours en cuir, dont les pans tombaient jusqu'à ses genoux. Il avait un pantalon, aussi en cuir noir, avec des hautes et épaisses bottes brunes.

Sa seule main valide, la droite, possédait plusieurs anneaux d'argent à chacun de ses doigts : Tantôt des têtes de morts, tantôt d'épaisses pierres précieuses comme des rubis ou des émeraudes.

Des colliers de grosses chaînes ornaient son cou nu, supportant d'imposants bijoux, toujours des têtes de mort, mais aussi une croix et une ancre.

Et, pour terminer, ses oreilles percées avaient elles aussi des bijoux : à gauche, un bouton en onyx noir, et à droite une petite croix argentée qui pendait de quelques centimètres.

Mais ce qui donnait le surnom 'Hook' à Killian, était bien évidemment son véritable crochet affûté à la place de sa main gauche. Ce qui, avec son allure générale, lui donnait un côté dangereux.

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Vous ai-je déjà dit à quel point j'étais le total opposé de Killian ?

J'avais une peau blanche, des yeux noisette qui n'étaient en rien maquillé, et de très longs cheveux châtains coiffés en une grossière tresse qui tombait dans mon dos.

Je portais une magnifique robe azure, à la fine dentelle et aux bordures fleuries. Le pan de ma robe s'arrêtait à mes genoux nus, et mes pieds étaient chaussés de simples ballerines bleues. Je ne portais aucun bijou, ni aucune boucle d'oreille.

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« Your riches would fill other Pirates with glee,
But none of those Pirates are me !
Singin' yo-ho, keep your jewels divine,
Yo-ho ! And your manners refined... »

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Vivre parmi les Pirates ne me faisait pas peur.

Sûrement parce que je savais que Killian éventrerait le premier de ses hommes qui aurait la stupidité de s'en prendre à moi.

Il leur avait dit, et je cite :

'Un seul geste, un seul mot ou même un seul regard de travers sur ma future, et je vous vide comme un poisson pourri avec mon crochet, avant de jeter vos entrailles sanglantes par-dessus bord et de planter votre stupide tête en haut du mât pour que les mouettes viennent vous picorer.'

L'équipage avait péniblement dégluti et la menace avait eu une efficacité incommensurable.

J'ai honte de l'avouer mais, ce jour-là, j'ai souri.

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J'enviais toujours Killian, qui se réveillait les lendemains de cuite sans aucune gueule de bois. Ce qui n'était pas le cas de l'équipage, qui se traînait tels des escargots sur leurs serpillières, essayant tant bien que mal de nettoyer le pont du sel marin.

Killian était assis derrière son imposant bureau dans notre cabine privée. Sur le bois usé étaient entreposés plusieurs cartes maritimes, des bougies, une boussole, une loupe, un sextant et un compas.

Ah, et, une bouteille de Rhum, bien sûr.

Je suis rentrée de ma promenade matinale, lorsque Killian a souri en me voyant marcher vers lui :

- Hi, bien dormi, Love ?

Il terminait toutes ses phrases par 'Love' si la communication se faisait avec moi, ou par 'Mate', s'il parlait à un ami, le tout accentué d'un fort accent Irlandais.

En me dirigeant vers lui, j'ai répondu :

- J'ai regardé les étoiles une bonne partie de la nuit.

- La routine, quoi.

Il sourit jusqu'aux oreilles.

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« 'Cause even more precious than rum in a stein is,
Revenge, revenge, revenge, and it's gonna be mine,
Revenge, revenge, revenge is gonna be mine ! »

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Je me suis ensuite dirigée vers la table de nuit pour attraper une petite boîte en bois qui contenait le casse-tête d'énigmes que Killian avait lui-même fabriqué pour me l'offrir.

Il y avait des dizaines de morceaux de bois, de 4 centimètres chacun, en forme de rectangles un peu arrondis, sur lesquels étaient gravés des lettres et des chiffres.

Il me fallait mettre les mots dans l'ordre, pour composer des phrases. Des questions, en réalité, je devais ensuite trouver les réponses.

La première phrase que j'avais trouvée était :

'D3 Comment se nomme mon alter-ego ?'

Facile : Colin O'Donoghue.

La seconde :

'D1 Quel est le nom du rocher au Pays Imaginaire ?'

Facile : Le Rocher du Crâne.

La troisième :

'D5 Qui joue de l'accordéon dans mon équipage ?'

Encore facile : Starlights.

Etc, etc.

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Il ne me restait plus qu'une seule phrase, au milieu de plusieurs mots inutiles pour compliquer les choses.

J'étais assise en tailleur, sur le grand lit de la cabine, et Killian jetait des coups d'œils furtifs dans ma direction. Au bout de quelques secondes, il demanda :

- Tu en es où, Love ?

Sans quitter mon jeu des yeux, je répondis :

- Il ne me reste qu'une seule question.

Killian se racla la gorge avant d'avouer, avec mystère :

- OK, pour celle-ci, y'a un truc qui va avec...

Je tiquais et relevais la tête :

- Un truc ?

J'eus l'impression de voir mon Pirate... Rougir ? Probablement à cause du levé du soleil sur la mer, qui se reflétait à travers le hublot. Pourtant, Killian reprit :

- Ouais, un truc. Un objet, quoi.

- Euh... D'accord.

Je sentais que Killian allait répliquer, mais tout à coup, le navire s'arrêta net. Exactement de la même façon que le jour où nous étions tous les deux en tête-à-tête sur le Flybridge. Je me suis retenue de justesse par mes poignets sur la couette du lit, tandis que Killian stoppa sa chute avec son crochet planté dans son bureau.

- Je crois que le Jolly Roger a calé... badinai-je.

- Je vais les tuer... maugréa Hook en se levant.

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« I've savaged and pillaged and pilfered each village,
My conquest, I'm justly proud of,
Each time that I plunder, I leave to an asunder,
A Pirate's life is one to love. »

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Je suivis Killian, qui se dirigeait à pas rapides vers le pont pour, une fois de plus, hurler sur son équipage. La lumière matinale éclaira le visage fatigué de mon pauvre Pirate, qui cria :

- Oi ! Bloody Hell, qu'est-ce que vous faites subir à ma pauvre Jolly ?!

Les hommes se firent touts petits pour ne pas mourir sous les foudres de leur Capitaine, qui continua pourtant de déverser sa fureur sur ses matelots :

- Changez l'échelle de distance du radar et passez sur 2000 ! Stabilisez Nord en haut ! Et hissez la boule de mouillage !

- Aye, aye, Captain !

Les Pirates se mirent à courir dans tous les sens.

Killian sortit une longue-vue d'une poche intérieure de son manteau de cuir, qu'il déplia d'un coup sec tout en se dirigeant vers le bastingage, à tribord, pour scruter l'immensité de l'océan. J'étais juste à côté de lui, et je demandais, un peu perdue :

- Alors ?

Quelques secondes passèrent, puis Killian replia sa longue-vue pour la ranger dans son manteau. Il expliqua seulement :

- Une île. C'est étrange, elle n'est pas sur mes cartes.

- Et alors, c'est grave ?

- Aye, Love. Je n'ai aucune fichue idée de ce qui se trouve dessus.

- Cool ! Une nouvelle aventure !

Killian se tourna vers moi, en souriant jusqu'aux oreilles. Son inquiétude avait disparu.

- Tu devais être une Pirate dans une vie antérieure.

Je souris également, en me rapprochant de lui :

- La précédente, la présente et la suivante.

Nous nous sommes embrassés dans l'air du large, sur une mer calme, mais pourtant bien mystérieuse.

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Les Pirates couraient encore dans tous les sens pour débloquer le navire, lorsque, une nouvelle fois, un bruit strident retentit. Dépité, Killian releva la tête pour découvrir le désastre, et il râla derechef :

- Bloody Hell, ces crétins ont lâché les câbles d'une voile !

Je lui tenais la main droite, en restant contre lui, et en demandant, vraiment perplexe :

- Sérieusement, Killian, où as-tu trouvé cette équipe de bras cassés ?

- À Tortuga, pourquoi ?

Je luttais pour ne pas exploser de rire, en rétorquant :

- Tout s'explique... T'es sûr qu'ils comprennent tes ordres ? Ou alors c'est ton accent Irlandais...

- Qu'est-ce qu'il a mon accent Irlandais ?! tiqua Killian.

Je reteins de rire, encore, tout en expliquant :

- Rien. Enfin, rien pour moi. Mais, je vis à Drogheda, alors ça ne compte pas. Des comme toi, y'en a plein les Pubs.

Mon Pirate me jeta un regard langoureux et séduisant, en me rapprochant encore plus contre lui :

- Well, pas exactement comme moi, Love.

Une fois de plus, il m'embrassa amoureusement.

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« And yet my heart's hardened, as hard as a rock,
Won't rest 'til I've skinned me a croc !
Singing yo-ho ! You can beg me, bring wine,
But yo-ho ! You are wasting your time. »

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Nous sommes retournés dans notre cabine, en titubant quelque peu. Non, pas à cause du Rhum, mais à cause du navire qui chavirait dans tous les sens. Killian ne pouvait rien faire tout seul, à part vérifier une fois de plus toutes ses cartes. Derrière son bureau, debout, il avait la tête penchée au-dessus des Océans du Monde, cherchant quelque chose de précis au milieu de tout ce charabia marin.

Je me suis dirigée vers lui en souriant déjà de ma prochaine blague :

- Besoin d'un coup de main ?

Killian releva sa tête en esquissant un air taquin, presque trop sexy.

- Très drôle, Love.

Vous avez compris ?

'Un coup de main' puisqu'il n'a qu'une seule main...

OK, je sais, c'est pas fou-fou.

Mais, il a souri ! Et m'a ensuite demandé :

- Essaye de terminer ton casse-tête.

- Pourquoi ?

Il sourit avec mystère, en répondant :

- Tu le sauras quand tu l'auras terminé.

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Assis sur le bord du lit, les petites pièces en bois posées sur la couette blanche, j'essayais de mettre les mots dans l'ordre. Je n'avais que le début :

'D8 Est-ce...'

Je continuais de chercher le sens à ce puzzle, sous le regard aux aguets de mon chéri, comme s'il attendait avidement que je trouve la question.

Néanmoins, la question était assez longue, donc un peu plus compliquée à mettre dans l'ordre.

'D8 Est-ce que tu veux...'

OK, continuons...

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« That croc in my hand, wanna tear out his spine !
Revenge, revenge, revenge is gonna be mine,
Revenge, revenge, revenge is gonna be mine. »

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J'avais presque terminé le casse-tête, lorsque le navire pencha beaucoup trop violemment à bâbord. Tous les objets posés sur le bureau de Killian se mirent à tomber un par un sur le sol en bois.

Je pouvais ressentir mon chéri râler à distance, avant qu'il ne finisse par hurler :

- Oi !

Puis, il se leva d'un bond. Le Jolly Roger retrouva une position un peu plus stable, et Killian en profita pour courir vers ses hommes pour leur hurler dessus.

Encore.
Je suis restée sur mon lit, à rire et à continuer de mélanger les pièces pour trouver la dernière question. Il y avait plein de mots pièges pour compliquer le jeu.

Seulement, au fur et à mesure que je réussissais à mettre les mots dans l'ordre, mon ventre se noua et mon cœur tambourinait fortement dans ma poitrine.

Et puis... Cinq minutes plus tard, la phrase fut finalement complète.

Mes yeux ne purent quitter les petits morceaux de bois, alignés les uns à côté des autres sur la couette.

J'entendis un craquement dans mon dos.

Je me suis retournée en sursaut, pour découvrir Hook, calme et serein, le dos posé contre la porte.

Il sortit quelque chose d'une de ses nombreuses poches, le fameux 'truc', l'objet qui allait avec la dernière question. Sa main valide tenait dans son creux une petite boîte noire, en velours.

Puis, du crochet de sa main gauche, il ouvrit le couvercle de ladite boîte, en disant d'une voix douce et timide :

- Aye, Love, est-ce que tu veux m'épouser ?

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« Once I sailed toward a horizon where I might find happiness waiting,
Until that croc destroyed my life and filled me with hate unabaiting,
Some say, "Let it go" but I say, "Hell no!"
I'm finally on the right path,
Soon the Dark One will feel,
The fire of this Pirate's wrath. »

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C'était une magnifique bague de Claddagh, une bague de fiançailles typiquement Irlandaise. Avec une couronne posée sur un cœur en rubis, tenu par deux mains. Mise à part la pierre rouge sang, le reste était en or blanc.

Killian souriait toujours, même s'il affichait une mine un peu émue :

- C'est la dernière question du jeu, Love. Tu dois y répondre.

J'avais le souffle coupé tellement tout ceci était inattendu. Après quelques secondes de choc, je répondis enfin :

- Oui !

Mon Pirate souffla de soulagement et sortit enfin l'anneau de sa boîte pour me le passer au doigt.

Nous nous sommes embrassés de longue secondes, profitant de ce moment magique.

Lorsque, tout à coup, le navire s'arrêta net. La cabine trembla, la coque venait de violemment heurter l'île inconnue. Les lèvres de Killian quittèrent les miennes avec angoisse. Puis, il maugréa dans le silence pesant qui suivit l'impact :

- Bloody Hell.

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« Singing yo-ho ! I'll slaughter this swine,
Yo-ho ! Must be fate's design,
At last our tales will again intertwine,
Revenge, revenge, revenge is gonna be mine ! »

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THE END

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11.09.2022
Chanson :

« Revenge Is Gonna Be Mine » lyrics © Touchstone Pictures Music & Songs Inc.

Once Upon A Time, épisode 'The Song in Your Heart' 6x20.