Petit mot de l'auteure : j'ai repris White Collar hier.
Façon 2 : Kaz, Jesper, Nina et Leia [sans contexte précis]
Kaz Brekker avait un talent pour concocter les plans les plus fous.
La preuve ultime en était bien sûr le casse du palais de glace, même si la traversée du Fold quelques années auparavant avait aussi valu son pesant de kruge de folie. Jesper avait ainsi appris à se fier aux instincts et à l'intelligence étranges de ce gamin pas plus vieux que lui.
Cependant, Jesper devait admettre que ce coup-ci, il n'était pas trop certain du plan de Kaz. Il hésitait à lui partager ses doutes. Mettre au point un plan nécessitait de la communication et il fallait que tout le monde soit au clair avec son rôle pour que celui-ci réussisse. Partant de ce principe, Jesper devrait parler à Kaz. Ceci étant dit, c'était de Dirtyhands dont on parlait. Ce n'était pas forcément toujours évident d'arriver pour lui dire « t'es sûr que c'est pas de la merde ton idée à la con ? » Finalement, alors qu'ils étaient sur le point de passer à l'action, Jesper préféra exprimer ses doutes.
- Tu es sûr que ça va marcher ? Cela paraît un peu... aléatoire comme plan, fit-il prudemment remarquer au pickpocket.
- Jesper... souffla Kaz. C'est toi-même qui m'a assuré que les poules zeminis étaient les plus farouches.
- Ça, c'est sûr. Une fois j'ai oublié d'en nourrir une, elle m'a poursuivi dans tout le jardin ! Heureusement mon père...
- J'en ai rien à foutre de ton père, Jesper.
- Pardon ?
Le ton de Jesper était franchement indigné.
- Enfin, non, je ne m'en fiche pas, se rattrapa Kaz (qui appréciait de plus sincèrement le vieil homme). Disons que là, tout de suite, je me fiche du bisous magique que ton père t'as fait pour te soigner de la morsure de ta méchante poule. Tu vois, je connais l'histoire.
- Moi au moins, je raconte des histoires, grommela Jesper. Contrairement à d'autres.
- Je me ferai un grand plaisir de te raconter ma première bagarre de rue quand nous aurons terminés. En attendant, on doit vérifier que le plan se déroule bien. Et la première étape : s'assurer que notre amie est en forme.
Se disant, Kaz pointa du bout de sa canne la cage que transportait Jesper. Celui-ci la posa au sol et, après un rapide coup d'oeil dans la rue, souleva le tissu qui l'a recouvrait. Les deux jeunes hommes faisaient désormais face à une poule assez dodue. Jesper tendit à la volaille un bout de carotte et un bec impressionnant s'avança vers la victuaille. Elle ne parvint cependant pas à l'attraper, le tireur l'ayant retiré suffisamment rapidement.
- Bon, Leia est opérationnelle.
- Leia ? C'est qui, Leia ?
- Bah la poule, répondit Jesper comme s'il s'adressait à un enfant particulièrement stupide.
- Tu ressens vraiment le besoin de nommer toutes les bestioles qui croisent ta route, remarqua Kaz en soupirant.
- Oui. Je disais donc, bec tranchant, appétit féroce, réactivité, Leia est prête. Cependant, j'en reviens toujours à ma question : comment on peut s'assurer qu'elle va sauter sur Tante Heleen et pas sur quelqu'un d'autre ?
- Notre cible est seule dans la pièce où... Leia sera envoyée. Et Nina l'a suffisamment excitée pour qu'elle saute sur ce qui bougera.
Jesper acquiesça, rassuré, puis se baissa vers la poule.
- Pas de sanglots, lui murmura-t-il. Et pas de tombeaux.
- À part celui de Heleen, évidement.
.
Quelques minutes plus tard, un cri retentissait de la Ménagerie. C'était Tante Heleen, prisonnière d'une poule folle de colère, piégée dans sa chambre – un certain voleur avait réussi à bloquer la serrure de telle manière à ce qu'aucun garde du corps ne puisse l'ouvrir.
Réfugiés sur un toit proche, Kaz et Jesper observaient la scène qui se déroulait à travers la fenêtre.
- Il y a beaucoup de sang là, non ? Demanda le zemini.
- Oui. Je n'aurais jamais cru dire ça, mais Leia est une fière Corbeau.
Alors j'ai demandé des façons de mourir et Leia m'a dit "tuée par une poule". Donc voilà.
