TU PEUX TOI AUSSI COMMANDER TA FICTION

Oui tu peux toi aussi commander une fiction en te rendant sur notre histoire "Commandes de fictions" ou sur notre forum, et review le mois en cours !


Hé ! Bien le bonjour (ou le bonsoir) à toi qui arrive sur cette histoire ! Amande nous a demandé un Lord M/Victoria où Lord M a accepté d'épouser Victoria.

Marina Ka-Fai, une des auteurs de notre collectif, a décidé répondre à cette commande.


Disclaimer : Victoria est l'oeuvre de Daisy Goodwin.

Résumé : Lord M n'a pas l'habitude que l'on se batte pour lui.

Le combat du coeur

L'homme l'avoue : il a tellement l'habitude de se battre pour ses idées qu'il est surpris quand on se bat pour lui. Et celle qui bataille avec lui dans le cœur, ce n'est personne d'autre que la reine d'Angleterre. La toute jeune reine de dix-huit ans, adorable, un véritable vent de fraîcheur dans le crépuscule de sa vie. Non, l'amour, il n'y croyait plus. Il ne croyait plus en Dieu non plus. Pas quand il a eu à dire au revoir à sa fille qui est morte avant d'avoir vécu. Pas quand il a dû enterrer son fils, le pire cauchemar de tout parent. Pas quand cette mort a sonné le glas de son bonheur marital.

Puis elle est arrivée, la petite Alexandrina qui le dépasse pourtant par son courage, sa pugnacité et son charisme.

Il aurait dû la repousser quand elle lui a déclaré sa flamme.

Il aurait dû la repousser quand elle lui a demandé de l'épouser.

Mais comment dire non à un ange si tendre ?

Et aujourd'hui, alors que les pamphlets la raillent en l'appelant un peu plus « Madame Melbourne », que la chambre des Lords crie qu'il cherche à la manipuler, Victoria se tient debout, royale, bienveillante mais ferme. Dans la salle du trône, les représentants sont là, et il lit dans leurs regards combien elle les impressionne.

-Messieurs. Je sais que vos reproches sont nés de votre préoccupation pour moi en raison de mon jeune âge. Commence-t-elle. Car il est vrai que je suis peut-être encore, pour certains d'entre vous, une enfant qui sort du berceau. Sans doute avez-vous des filles de mon âge et en criant pour moi, vous criez pour elles aussi. Et pour cela, Messieurs, sachez que vous avez ma gratitude, car je sens votre crainte et votre affection.

Un murmure d'approbation parcourt l'assemblée.

-Je sais aussi qu'en votre cœur, il y a une maîtresse plus grande encore : la Grande-Bretagne !

Ils opinent.

-La Grande-Bretagne est à la fois ma mère et mon enfant. Elle me nourrit comme je la protège. Messieurs, en cela, rien n'a changé depuis le discours que je vous ai prononcé alors que mon oncle, que Dieu ait son âme, nous ait quittés.

Le silence se fait, la tension est palpable.

-Toute ma vie, je serai dévouée à mon pays ! Que mon existence soit longue ou courte, chaque respiration que je prends, je la prends pour notre royaume. Vous devez me trouver têtue, inconséquente, dans le choix de l'homme que je veux pouvoir appeler mon époux. La vérité est simple, Messeigneurs : Lord Melbourne aurait été le plus humble de mes sujets, je l'aurais tout de même choisi. Car là, ce n'est pas la reine qui choisit un consort. C'est une femme qui désire demeurer aux côtés de l'homme pour qui son cœur bat.

Les yeux de Victoria parcourent l'assemblée.

-Il est vrai qu'une union avec un prince étranger renforcerait les liens entre nos pays. Les alliances créent des boucliers pour les nations. Mais combien d'hommes accepteraient de n'être que des consorts auprès de leurs épouses ? La réponse est claire : très peu.

Elle marque un point.

-Lord Melbourne sait le vœu que j'ai fait quand je suis devenue reine. Il sait mes obligations, mes responsabilités, et accepte que la couronne fasse partie intégrante de cette union. Il connaît les lois anglaises, notre mode de vie.

Et si elle ne le dit pas, il y a le fait qu'il sait rester à sa place. Il ne peut n'y avoir qu'une seule tête régnante et lui, après avoir fait tant d'années de politique, même si cela est une passion, se retrouver en coulisses lui fera du bien. Même s'il se doute qu'on croira qu'il souffle dans l'oreille de la souveraine, qu'elle est une marionnette, qu'il règne en réalité, un peu comme l'emprise qu'avait Conroy sur la mère de Victoria.

-Messieurs, le fait est qu'aujourd'hui, ce n'est pas la reine qui vous parle. C'est la femme. Entre la reine et la femme, souvent la reine doit gagner pour le bien de l'Etat. Aujourd'hui, je vous demande de laisser la femme gagner. Dans cette destinée qui est la mienne, je me dois d'être soutenue. Cela compte aussi pour la sphère privée. Vous pourriez me rétorquer que l'on peut trouver des choses à aimer dans un homme que l'on épouse par raison. Que l'amour peut même naître entre deux époux rapprochés par le devoir. Eh bien, je gagne du temps en épousant un homme que j'aime tout entier. Et je vous l'annonce ici, devant tous : si je ne peux pas épouser l'homme que j'aime, alors je n'en épouserai aucun. Comme mon aïeule, la grande Elizabeth, je serai une nouvelle Reine Vierge. Car prétendre offrir mon cœur à un autre serait un grand mensonge, et je ne saurais l'accepter.

Ils se retirent, parlent entre eux, et Melbourne entend presque ce qu'il peut se prononcer. Il les imagine bien.

« Laissons la reine épouser Melbourne s'il est le seul à éveiller ses passions ! »

« Tant qu'un héritier à la couronne sera mis au monde ! »

« Lui, au moins, ne forcera pas la dynastie à changer de nom, puisqu'il n'est rien. »

Peu importe.

Car quand ils reviennent, il devine leur réponse et soudain, le glas se change en chant radieux.

Victoria a gagné.