- On est mal barré ! Pensa Seiya en fuyant le temple du Scorpion avec Hyoga.

Hyoga, sa longue chevelure blonde fouettant son dos et sa nuque, courrait à ses côtés en remettant en place son chemisier défait plus tôt dans l'après-midi. Elle regarda un court instant derrière elle avant de déglutir en sentant le cosmos énervé de son père adoptif et de reporter son regard sur la main de Seiya qui venait de prendre la sienne pour descendre les escaliers rapidement.

- Revenez-là tous les deux ! Cria Milo d'une voix sourde et remplie de colère.

Déglutissant à l'entente de cette voix, les deux jeunes continuèrent de descendre sans s'arrêter. Le temple de la Balance était visible, son propriétaire (le grand-père adoptif de Hyoga, c'est-à-dire Dokho) les regardait en levant un sourcil intrigué. Voyant Milo descendre les marches quatre par quatre, son cosmos visible distinctement autour de lui, et les deux jeunes se rhabillant à ses côtés. Dokho eut un rire bruyant, Milo devait avoir surpris le couple dans une situation embarrassante et connaissant son côté protecteur envers ses trois enfants, il n'avait pas dû prendre ça joyeusement et les poursuivaient pour faire payer à Seiya d'avoir touché son petit poussin blond.

- Grand-père ! Cria Hyoga en se rapprochant de lui, bien plus présentable qu'avant. Aides-nous !

- Vieux maître, s'il vous plaît ! Supplia Seiya. On est mal barré, s'il nous attrape !

- Je dirais plus toi que Hyoga, mais soit, allez-vous cacher dans mon temple. Shion s'y trouve, il vous préparera du chocolat chaud.

Les deux jeunes eurent un regard reconnaissant en fonçant vers les appartements privés du vieux maître, un sourire ornant leur visage en sentant l'odeur du chocolat chaud venant de la cuisine. Dokho les regarda, puis soupira en regardant Milo (son fils adoptif) s'arrêter devant lui, les yeux remplis de fureur. Son ongle tapant sur sa hanche avec un rythme irrégulier et tapant du pied d'agacement.

- Ils ont dix-huit ans, commença Dokho. Et de ce que j'ai pu entendre, c'est Hyoga qui porte la culotte dans leur couple. Et aussi, elle n'est plus un poussin, c'est un jolie cygne maintenant.

- Tu peux abréger papa et me dire où ils se trouvent ! S'énerva encore plus Milo. Je sais bien qu'elle n'est plus un poussin, j'ai entendu ses exploits pendant la bataille contre Zeus d'il y a deux ans et de comment elle a su se faire respecter de la déesse qu'elle combattait.

- Peut-être que tu ne la vois plus comme un poussin qu'il faut protéger absolument d'un mal que seul toi connaît, mais ce que je veux dire, c'est qu'elle n'est plus ton bébé à proprement parlé. C'est une femme, maintenant. Une femme qui a le droit d'avoir une vie !

- Je lui laisse en avoir une, je ne suis pas un tyran comme père !

- D'une vie sexuelle, Milo ! Je parle d'une vie sexuelle, ta fille a le droit d'avoir une vie sexuelle ! Elle a dix-huit ans !

Milo eut un visage coquelicot, avant de se reprendre et de souffler d'agacement. Il savait bien que son poussin avait grandi, pas qu'au niveau de ses pouvoirs et de sa maturité de chevalier du zodiaque, mais avant tout comme une femme, mais il n'y pouvait rien, c'était comme pour sa Pétrouska et son Isaak, il avait dû mal à voir ses filles et son fils grandir. Il regarda son père qui lui adressait un regard doux avant de laisser son ongle se rétrécir.

- Tu n'étais pas mieux papa, fit Milo sous le regard soudainement de ce premier. Rappelle-toi de Mû, quand elle a dit qu'elle n'était plus vierge ! Qu'elle avait enfin passé le cap avec Aldé ! Tu as poursuivi dans tout le Sanctuaire Aldé pour le massacrer. C'est même maman qui t'a calmé, tellement que tu ne voulais pas nous écouter.

- Oui. Bon. Je ne suis peut-être pas le mieux placé pour te faire la leçon, mais justement, je peux te conseiller. Laisses-là vivre, tu peux avoir confiance en Seiya, ce gosse ne fera jamais de mal à Hyoga - et ne me sort pas son comportement après la guerre sainte quand il a perdu l'utilisation de ses jambes, c'était autre chose, on le sait tous les deux -, fait confiance un peu !

- Tu as raison, accepta Milo d'une voix rempli de mauvaise fois. Mais qu'il ne lui fasse pas de mal, sinon il est mal barré, j'te le promet que je lui ferais goûter l'Antarès !