CHAPITRE 14
« Encore en train de boire?! Nous sommes pourtant de service, demain matin!»
« Je ne suis qu'un minable… »
« Mais qu'osez dire là!…et qu'avez-vous donc, à vous enivrer de cette façon? »
« J'ai raté ma vie… »
« Vous n'êtes que saoul, Athos…cela ne fait pas de vous un raté. »
« Ne parlez pas de choses dont vous ne savez rien… »
« Je sais ce que je sais. »
« Vous ne savez rien de moi…de ce que j'ai fait… »
« Votre passé m'importe peu. Vous êtes mon ami, et cela me suffit. Allez, rentrons.»
« Si vous saviez… »
« Tenez-vous un peu, morbleu! Vous êtes trop lourd, et j'ai peine à vous supporter! Vous pouvez marcher jusqu'au cheval? »
« Je ne suis qu'un idiot et un imbécile… je ne mérite pas votre amitié.»
« Tout ira bien…ne vous en faites pas…nous serons toujours amis. »
Toujours affalé sur la table, Athos pouvait percevoir la pression du bras réconfortant d'Aramis enroulé autour de sa taille. Il sourit faiblement. Même lorsqu'il se croyait le pire des lâches, seulement qu'à la voir à l'entrée de l'auberge, les poings sur les hanches et le regard sévère, son fardeau s'allégeait. Les remontrances qu'elle lui dédiait étaient le baume le plus doux qui soit car elles se terminaient immanquablement par cette suprême absolution trinitaire : Tout ira bien. Ne vous en faites pas. Nous serons toujours amis. Elle le conduisait alors chez lui et le couchait. Elle revenait bientôt avec un seau et une serviette, s'assoyait sur le bord du lit et lui épongeait le visage. Cette toilette sommaire était le geste le plus lénifiant dont il pouvait se remémorer. Il se souvenait rarement des mots qu'elle prononçait à ces moments; sans doute d'autres admonestations bibliques. Seule sa présence importait. Elle le quittait seulement lorsqu'il était profondément endormi car jamais il n'avait conscience de ses départs. Au matin, il la retrouvait assoupie dans une pièce voisine ou déjà affairée à la cuisine en train de lui préparer un repas. Comment cesser de boire quand ses matins étaient si agréables!
Parfois, c'était Porthos qui le retrouvait tout aussi lamentablement éméché. Lui aussi le reconduisait chez lui. Toutefois, il le prenait sur son dos. Athos enfouissait alors sa tête dans le creux de l'épaule du colosse et enroulait ses bras autour de son large cou. Il se délectait de la douce chaleur que l'autre homme dégageait. Comment Porthos faisaient pour attraper les rênes et guider leurs deux montures alors qu'il le soutenait? Il n'en savait rien. Mais le géant le transportait ainsi, à pied, jusqu'à sa demeure. Cette promenade était propice aux confidences, mais Athos était souvent trop gris pour parler, se contentant de s'enivrer autrement en humant le délicat arôme de fleur d'oranger qui caractérisait si bien son ami. A la maison, Porthos le déshabillait, le couchait, puis s'allongeait à ses côtés dans le lit pour y passer la nuit. Athos se réveillait parfois au son du bruyant ronflement de l'autre, mais telle une apaisante berceuse, il se rendormait rapidement, heureux de compter sur la présence de ce fidèle camarade. Quelques fois, à son réveil, il trouvait un bras musclé posé contre son torse ou enroulé autour de sa taille en un geste protecteur. Impossible d'arrêter de boire quand une nuit à dormir avec Porthos était tellement plus satisfaisant qu'avec une pute!
Athos releva la tête : à l'entrée de l'estaminet de Rennes, il n'y avait ni Porthos, ni Aramis. Il avait été un bien médiocre compagnon ces derniers jours; ils lui en voulaient certainement et ne viendraient pas le chercher.
Le mousquetaire fixa le vide pendant de longues secondes. Il n'était vraiment qu'un raté s'il n'arrivait même plus à se faire aimer de ses amis…
La gorge serrée, il se releva péniblement, tituba jusqu'au comptoir pour payer son dû et sortit de l'endroit où seuls quelques retardataires encore plus ivres que lui étaient toujours présents. Son cheval, à l'écurie de fortune attenante, piaffait d'impatience. Dans un geste complètement contraire à la façon leste qu'il avait habituellement de le monter, Athos se mit maladroitement en selle. Ce n'est que lorsqu'il fut assis sur sa monture qu'il réalisa qu'il ne rentrait ni chez lui ni à l'hôtel de Tréville, et que son pauvre équidé n'avait d'instinct aucune idée où conduire son maître. Ils étaient dans une ville inconnue, au beau milieu de la nuit. Si Paris était une citée qui ne dormait pas, Rennes était tout à l'opposé; il n'y avait personne dans les rues.
Après un long moment à tourner en rond et à atterrir dans des culs-de-sacs, Athos se souvint enfin que c'était au couvent de Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle qu'il devait rejoindre son groupe. Il espérait qu'il pourrait se glisser incognito à l'intérieur des murs et éviter de se faire à nouveau tancer par son capitaine.
« Athos! C'est vous? »
Au bout d'une rue, c'était Porthos qui l'avait reconnu et qui fonçait vers lui avant de lui frotter amicalement le dos. « On vous a cherché partout! Où étiez-vous, parbleu?»
Les épaules d'Athos, crispées, se détendirent et sa respiration fut soudainement plus aisée. Oh, Porthos! Oh, Aramis! Ils m'ont cherché! Ils s'étaient inquiétés!
« J'avais besoin d'être seul...» s'excusa-t-il faiblement. Trop plein d'émotions, il ne voulait pas en dire plus, craignant que des larmes ne se joignent à ses mots. Vraiment, il ne méritait pas ses amis.
L'autre renifla l'haleine avinée de son compère.
« Seul pour boire, quelle bien mauvaise idée! Vous avez vu Aramis? »
« Non… »
Un nuage d'inquiétude traversa le front du plus grand des deux hommes.
« Bon, je vous met au lit et je pars le chercher. »
« La chercher, » corrigea Athos.
« Pas de grammaire à cette heure! Nous sommes tous les trois mûrs pour se faire engueuler par le capitaine : nous avons manqué le couvre-feu! Mais tandis que je ne vous retrouvais pas, j'ai alors j'ai sympathisé avec le portier du couvent…il nous procurera un alibi et nous laissera entrer en douce!»
« Je suis un boulet, Porthos… » lâcha Athos avec culpabilité.
« Vous êtes ivre; voilà ce que vous êtes! » ricana le géant.
Grâce au gardien soudoyé, ils se faufilèrent silencieusement jusqu'à leurs chambres en passant par des corridors à peine éclairés. Ils ouvrirent subtilement quelques portes au hasard et retrouvèrent la cellule, déserte, d'Athos. Les deux lits qu'elle comprenait étaient vides : Aramis n'était pas rentrée.
« Couchez-vous. Moi, je repars chercher Aramis, » chuchota Porthos en déshabillant rapidement lui-même Athos et le laissant torse nu.
Athos n'eut pas le temps de protester que le titan était déjà reparti. Ce dernier venait à peine d'atteindre le bout du couloir qui le ramènerait vers la sortie quand il reconnu, malgré l'obscurité presque totale, la silhouette familière de son amie.
« Aramis! Vous tombez à pic! J'ai retrouvé Athos! » fit-il à voix basse.
« Ah… » fit-elle d'une voix légèrement enrouée. Elle se racla la gorge et poursuivit. « Et où est-il? »
« Dans votre chambre. »
« ….Laquelle? »
« Bah, comme d'habitude! La dernière au bout du couloir! »
« …Bien. Merci. »
A pas de loup et sans un autre mot, elle passa outre son interlocuteur avant de s'enfermer dans sa chambre.
« Euh…bonne nuit? » exprima Porthos.
Elle ne retourna pas le souhait.
… …. … … ..
Couché sur le côté, Athos avait déjà commencé à somnoler quand la porte s'ouvrit doucement. Ses paupières peinaient à ne pas se fermer, mais au travers ses cils, il reconnu lui aussi la forme immobile d'Aramis qui lui faisait face. S'assurait-elle qu'il dormait? Il se demanda s'il devait lui parler et s'excuser de son absence, mais la tête lui tournait, il empestait le vin et sa bouche était pâteuse. Les mots ne venaient pas. Il jugea inutile d'aggraver son cas en débitant des paroles insensées et préféra se taire; Il lui parlerait demain. Il referma les yeux.
Un soupir las le retira de son demi-sommeil et, sans bouger, il regarda devant lui. Cette fois, ses pupilles s'agrandirent au maximum.
Aramis se dévêtait! Elle lui tournait maintenant le dos, mais elle était bien en train de se déshabiller! Dans un geste interminable, elle faisait glisser son pourpoint le long de ses bras. Sa chemise fut passée par-dessus sa tête et alla rejoindre la veste sur le sol. Encerclant son bras gauche, Athos distingua le pansement qu'il avait lui-même posé la veille. Un autre soupir s'échappa des lèvres de la femme alors qu'elle se massait la poitrine. Autour de celle-ci était enroulé un autre bandage, celui qui écrasait ses seins.
Athos n'osait pas bouger ni même respirer. Il ne voulait pas la voir ainsi mais échouait à dévier son regard. Ses yeux étaient rivés sur ce splendide dos nu que traversait une soyeuse cascade de cheveux blonds. Les courbes de ses hanches étaient enivrantes… Elle pivota légèrement sur elle-même. Les arrondis de ses seins – oh mon Dieu, elle avait retiré le ruban qui les dissimulait! – étaient d'une belle et généreuse rondeur.
Il retenait son souffle. Il avait refermé légèrement les yeux pour feindre de dormir tout en tentant de tout voir à travers ses cils. Il ne fallait surtout pas qu'elle sache qu'il l'épiait! Il ne voulait pas qu'elle devine l'érection qui grossissait entre ses jambes! Il n'avait jamais pensé à Aramis, la femme, de cette façon, et pourtant, c'était bien là corps qu'elle cachait! Un corps de femme, et non un corps d'homme! Un corps qu'il serait si délicieux de parcourir de ses doigts, de….NON! La situation était déjà tendue et compliquée entre eux deux, il ne fallait pas en plus qu'il se mette à fantasmer sur elle! Il sentait son pouls battre contre sa tempe; Sa respiration, qu'il voulait faire ressembler à celle du sommeil, était trop rapide : elle devinerait qu'il ne dormait pas encore et que, le visage tourné vers elle, il se délectait secrètement de sa nudité!
Elle porta ses doigts sur la corde qui retenait sa culotte et le dénoua. Allait-elle vraiment l'enlever elle aussi?! Elle arrêta toutefois son geste et ne se départit pas du pantalon. Elle se glissa plutôt sous la couverture de son lit.
Athos se sentit soulagé et reprit imperceptiblement son souffle. Il pourrait se calmer, refermer ses yeux… Pardieu, mais qu'est-ce qui lui prenait, d'avoir de telles pensées! Aramis avait bien le droit de se dévêtir! La chaleur de ce mois de juin particulièrement pénible et la petitesse de la pièce où l'air circulait mal en aurait fait dénuder plus d'un. Il était lui-même à peine vêtu! Et vraiment, voulut-il se convaincre, s'il désirait cesser de se torturer inutilement, il n'avait qu'à se retourner de l'autre côté, face au mur, pour ne plus être tenté et d'arrêter le flot d'idées impudiques qui l'assaillait.
« Mmmm… »
Son oreille aux aguets lui ordonna toutefois de rester bien éveillé et immobile. A nouveaux grandes ouvertes, les orbites d'Athos se fixèrent sur la forme allongées à quelques pas de lui. Sous le drap, Aramis faisait jouer sa main entre ses jambes et mouvait son bassin langoureusement. Elle n'allait quand même pas se...se...se faire jouir juste sous son nez? Pourtant…. oui! Indubitablement, elle se donnait du plaisir! Cambrant les reins, et rejetant la tête vers l'arrière, il devinait, sous le tissu, ses cuisses écartées laissant libre accès à des doigts qui caressaient son sexe tandis que d'autres malaxaient ses seins. De lascifs soupirs s'échappaient un à un de ses lèvres dans un crescendo licencieux…bientôt, un gémissement plus profond prouva qu'elle avait atteint l'extase. Seul le souffle laborieux de la femme brisait la quiétude de l'endroit et bientôt le silence régna à nouveau.
La bouche sèche et entrouverte, les ongles plantés dans le matelas sur lequel il était couché, l'homme se demandait s'il devait être scandalisé, agréablement excité ou juste stupéfié. Ce n'était pas la première fois qu'il assistait à un orgasme féminin, mais le fait qu'il s'agissait d'Aramis le rendait terriblement mal à l'aise. Comment lui faire face, au lendemain, sans se mettre à rougir où à ravoir à l'esprit ces images sensuelles? De plus, ne représentait-elle pas pour lui l'idéal de pureté? La guerrière entièrement dédiée à sa mission et vivant au-delà des plaisirs terrestres? Que penser de la vie secrète de cette femme alors qu'il était incapable de gérer la sienne?
Son insomnie de la nuit précédente et l'alcool aidant, il n'eut pas l'occasion de s'éterniser sur ces pensées ni de soulager l'appétit qui tenaillait son entrejambe. Il sombra dans un sommeil rempli de rêves où Aramis se penchait, nue, au-dessus de lui pour poser ses lèvres contre les siennes.
Au moins, se dirait-il plus tard au matin, il ne rêvait pas d'Anna.
…..
Lorsqu'il s'éveilla le lendemain, il était seul dans l'étroite cellule. Les souvenirs de la veille lui revinrent en mémoire et il remercia mentalement sa partenaire de lui épargner un bizarre face-à-face dont il n'était pas certain d'être capable de régir pour le moment.
Habitué aux soirées trop arrosées, il n'eut pas trop de difficultés à se tirer du lit. Un bon repas le remettrait vite sur pieds, aussi quitta-t-il le dortoir pour se rendre au réfectoire. Mais là non plus, Aramis n'y était pas et ce ne fut qu'en compagnie de Porthos qu'il déjeuna.
« Eh, Athos? »
« Oui? »
« Pourquoi Aramis n'est pas avec nous? »
« Je n'en sais rien… »
« Il s'est passé quelque chose hier soir? »
Athos déglutit. « Non, pas que je sache… » Tudieu, avait-elle remarqué qu'il avait été éveillé alors qu'elle s'était fait jouir? Aurait-il du lui dire d'arrêter? Était-elle fâchée qu'il se soit éclipsé toute la soirée pour boire? Bien qu'une part d'Athos se sentait légèrement coupable, l'autre se disculpait complètement et était insultée de l'attitude de la jeune femme. Il n'avait pas à lui rendre compte de ses allées et venues…et si elle voulait se complaire en solitaire, elle n'avait qu'à attendre d'être bien seule! « Je n'y comprends rien. » Vivement que ce voyage s'achève, qu'ils retrouvent leurs routines, leurs lieux familiers et prennent enfin le temps de discuter sérieusement!
« Je n'ai pas pu lui parler, ce matin…elle m'évitait, » fit Porthos avec une pointe de tristesse.
Athos dévisagea son ami, perplexe. Dans son cas, il pouvait comprendre…mais pourquoi Aramis éviterait Porthos? Ils n'eurent pas le temps de cogiter à ce propos car le mousquetaire Nazelle les interrompit pour les enjoindre de se rendre dans la cour intérieure.
Debout devant sa troupe, Tréville appelait un par un ses hommes, incluant Rex et Vulpes qui étaient toujours bien amusés de jouer aux soldats. Le capitaine regarda sur sa gauche : il capta le rouge du pourpoint d'Athos, l'imposante forme de Porthos, mais il manquait le blond des cheveux d'Aramis pour compléter son irréductible trio. Il fronça les sourcils et ses yeux dévièrent sur la droite. Tout à l'opposé, Aramis y était. Pourquoi ne se tenait-elle pas à côté de ses amis, fidèle à son habitude? Devait-il encore gérer des enfantillages entre ses meilleures lames? Athos semblait avoir repris ses sens, mais Aramis en faisait encore à sa tête? Lorsque tous les noms sur sa liste furent nommés, il enchaîna :
« Monsieur Aramis, je n'ai pas oublié la punition dont je vous avais chargé récemment. Vous nous ferez donc, en guise de bénédicité, la récitation de l'épître aux Corinthiens lors du souper de ce soir. Rompez, messieurs.»
Athos soupira alors que les soldats se dispersaient pour aller préparer leurs chevaux. Les choses ne semblaient pas arrangées entre lui et Aramis si Porthos et le capitaine avaient également capté un comportement étrange! Que pouvait-il faire pour se réconcilier? D'abord, il le savait : il devait faire le deuil de sa vie passée. C'était la promesse qu'il s'était fait et qu'il devait maintenant accomplir s'il voulait conserver l'amitié de son amie. C'était la seule chose qui importait! Elle ne pourrait pas l'éviter quand le convoi se remettrait en marche et qu'ils seraient forcés de cheminer côte à côté. Cette fois, pas de crise, pas de larmes, par de sarcasme! Athos était entièrement convaincu : ce n'était pas des paroles d'ivrognes. Il se maitriserait complètement!
De la tête de la caravane, une exclamation retenti : le départ était annoncé. On tenterait de parcourir une quinzaine de lieues et d'atteindre Laval avant la fin de la journée. Tous se mirent donc en selle. Toujours pas un mot de la part d'Aramis; Même son chapeau, légèrement abaissé sur ses yeux, manifestait son refus d'entrer en contact. Athos rapprocha son étalon et se pencha vers elle, ouvrit la bouche et s'arrêta aussitôt. Dans un brusque mouvement, il se retourna vers l'arrière et, inquiet, semblait scruter tous les arbres et buissons des alentours.
« Quelque chose ne va pas, Athos? » demanda lentement Aramis.
Il ne se réjouit même pas qu'elle lui ait enfin adressé la parole. Tous ses sens étaient en alerte et concentrés sur un ennemi invisible.
Maintenant que l'alcool ne le congestionnait plus autant, il pouvait percevoir autre chose que l'arôme du vin. Il renifla à nouveau l'air pour se convaincre qu'il n'avait pas halluciné. « Vous sentez ça? »
« Quoi? »
Cette odeur - autrefois adorée, maintenant honnie - de rose…Il n'y avait pourtant pas de rosiers autour d'eux. Il n'eut pas le loisir d'expliquer à sa partenaire ce qui le stressait autant quand il entendit le déclic typique que faisait le recul du chien d'un pistolet.
« Mais que…? » fit Athos en se retournant et voyant le canon de l'arme pointée vers lui. Il releva les yeux et croisa le regard d'Aramis. Il blêmit furieusement, retint son souffle et, saisit d'horreur, il cru sentir son cœur s'arrêter.
Ce n'était pas les deux saphirs qu'il aimait tant qui le narguaient. C'était deux émeraudes qui brillaient de l'éclat malicieux de la victoire cruelle.
ANNA !
