Camélia leva les yeux vers son sauveur et, quelle ne fut pas sa surprise quand elle découvrit Olivier Dubois, baguette brandie. Julie et Eva levèrent les yeux aux ciel et Kathy, étonnée lança:

"Qu'est ce que ça peut te faire Dubois?

- Qu'est-ce qu'elle t'a fait? Rien. Alors laisse la.

- Pourquoi tu prends sa défense?

- Parce que c'est pas normal que tu t'en prenne à elle comme ça."

Camélia, profitant de cette distraction tenta de se relever mais ses bras et ses jambes étaient trop faibles pour la porter, suite aux décharges électriques qu'elle avait reçu. Kathy rangea sa baguette et la regarda avec dégoût.

"T'es comme elle, Dubois. Tu fais pitié. Reviens me voir quand tu auras compris que tu es trop bien pour elle."

Kathy et ses amies rejetèrent leur longs cheveux blonds derrière leurs épaules et s'éloignèrent. Dubois se tourna lentement vers Camélia et s'agenouilla à ses côtés.

"Ça va?

- Comme quelqu'un qui vient de se faire électrocuter, soupira-t-elle."

Dubois éclata de rire puis lui demanda:

"Tu arrives à te relever?

- Mais oui c'est bon, je ne viens pas de tomber du ciel."

Elle tenta de se redresser mais chuta violemment sur le sol.

"Tu veux de l'aide? demanda le jeune homme en souriant.

- Je ne dis pas non."

Il l'aida lentement à se relever puis fouilla dans la poche de son pantalon avant d'en sortir un caramel.

"Tiens ça va te redonner des forces."

Elle doutait grandement que ce caramel allait l'aider en quoi que ce soit mais elle l'accepta et le mangea, par politesse et aussi parce qu'elle était heureuse de passer du temps avec lui.

"Tu veux que je t'emmène à l'infirmerie? s'inquiéta-t-il.

- Puisque je te dis que je vais très bien. Je suis pas en sucre je vais survivre.

- Tu es sûre? Allons nous assoir sur un banc. Ça t'aidera à reprendre des forces."

Il l'aida à marcher et il sortirent du couloir sombre. Une bonne dizaine de centimètres de neige recouvrait tout mais le soleil brillait. Ils s'avancèrent vers ce qui devait être un banc mais qui ressemblait plutôt à une bosse dans le paysage blanc. Dubois sortit sa baguette et fit fondre la neige puis ils s'assirent tous les deux.

Partout dans le parc, des premières années faisaient une bataille de neige et Percy Weasley, portant fièrement son insigne de préfet en chef, courait en tout sens pour les faire cesser. Caché derrière une colonne, Fred et Georges avaient fabriqué une vingtaine de boules de neiges bien tassées. Georges leur jeta un sort et elles s'envolèrent environ un mètre et demi au dessus du sol. Ensuite, il effectua un coup sec du poignet et elles fondirent sur Percy, à la vitesse de la lumière. Les boules de neige s'écrasèrent sur le préfet en chef et il se mit à hurler:

"Qui a fait ça? Qui a fait ça? Qui m'a tiré dessus?"

Oliver Dubois et Camélia éclatèrent de rire et elle lança:

"Si ils sont aussi bons avec le lancer de cognards que le lancer de boule de neige, on aura la coupe cette année!

- Tu n'es jamais venue à un match?

- Non. Harry m'a demandé plusieurs fois mais j'ai refusé.

- Pourquoi?

- Je sais pas. Je n'aime pas être au milieu de la foule. Déjà que tout le monde me regarde de travers à cause de mon père, en plus j'ai toujours cette sensation d'être écrasée.

- Je trouve ça vraiment injuste que les gens te jugent juste à cause de ton père.

- Tu sais, au début c'est difficile mais on fait avec. Les gens ne changent pas du jour au lendemain. Si ils sont mauvais, ils le resteront. Je ne peux pas convaincre les gens que mon père était quelqu'un de bien. Quand il est décédé, je ne sais pas, j'ai pensé que tout le monde me verrait sous un nouveau jour. Mais les gens ne changent pas. Mon père a beau avoir été innocenté, les gens continuent à croire ce qu'ils ont toujours entendu. Au début, ça fait mal. Mais avec le temps, on s'y habitue. Quoi que je dise, quoi que je fasse, les gens auront toujours de la méfiance envers moi et je les comprends. J'ai eu la chance de trouver ma place. Il y a des gens qui m'aiment et des gens qui m'aiment pas et ça me va. "

Ils contemplèrent tout deux le paysage enneigé, qui semblait tout droit sorti d'un conte féerique en méditant sur ces paroles. Au bout de quelque minutes de silence, Dubois se tourna et demanda:

"Tu viens samedi?

- Samedi? répéta Camélia sans comprendre.

- Est-ce que tu prends seulement le temps de regarder les panneaux d'affichages de temps en temps?

- Pas vraiment.

- Samedi. Gryffondor contre Serpentard. Si on perd, on a perdu la coupe.

- Je sais pas.

- Allez. C'est presque ta dernière année à Poudlard. Je suis sûr que Fred, Georges et Harry seront très contents si tu viens. Dans dix ans, tu pourras dire: le match où les Gryffondor ont éclatés les Serpentard? J'y étais et j'ai rarement vu un gardien aussi talentueux!"

Ils éclatèrent de rire et Camélia prit le temps de réfléchir. Elle avait vraiment envie de passer son samedi dans son dortoir à lire et faire ses devoirs mais c'était Dubois qui lui avait demandé. Pas Harry. Olivier Dubois. Le garçon dont elle était amoureuse depuis la première année. Le garçon qui l'avait défendu devant Kathy, Eva et Julie. Le même garçon qui venait d'insister pour qu'elle vienne à un match de Quidditch et elle, elle pensait à faire ses devoirs?

"Tu m'as convaincue. Mon premier match ce sera samedi."

Elle sourit et Dubois ajouta:

"Dans ce cas, on a intérêt à gagner."

Ils rirent à nouveau puis se saluèrent et leurs chemins se séparèrent.