CHAPITRE 22 :

La route était poussiéreuse et rocailleuse. La terre, battue et piétinée des milliers de fois, était d'un brun très pâle. Il y avait ici et là du crottin de cheval, boules de bouse à la fois brunâtres et verdâtres. Le doux clapotis d'une rivière non loin de là pouvait être entendu.

Le sol, c'était bien et immensément confortable. Aramis y serait restée couchée pendant encore de longues heures si cela signifiait être épargnée de se relever et de faire face à un criminel qui la découperait en morceaux à l'instant où il la reconnaîtrait. Elle appréhendait son immense colère lorsqu'il réaliserait qu'il avait entre ses mains un de ces mousquetaires désarmé – il ne commettrait pas la même erreur que sur Belle-Isle – mais également que ce mousquetaire était un des responsables de la chute de son génialissime complot et l'avait floué en déguisant son véritable sexe. Certains hommes, elle l'avait appris, digéraient mal son travestissement….Là, le front dans la poussière, les cheveux en bataille couvrant son visage, elle ne risquait rien. Elle posa furtivement la main sur le bas de son crâne, là où la tête et le cou se rejoignaient en formant un creux. Sous ses doigts, une forme cylindrique, pas plus grosse qu'un pouce, se révéla. Oui, elle était là. La petite fiole au liquide noirâtre se tenait prête à rendre l'ultime service.

« Lève-toi, » ordonna la voix mâle. Le timbre résonna jusqu'à l'intérieur de ses entrailles et, craignant que la peur qui l'empoisonnait petit à petit lui fasse perdre contrôle jusque sur sa vessie, elle serra ses cuisses l'une contre l'autre.

Quoi, son sursis prenait déjà fin? Elle mourrait au milieu de nulle part, les restes de son cadavre seraient poussés avec dédain, du bout du pied, en bordure de chemin? Des loups, des renards, ou d'autres charognards feraient rapidement disparaitre sa main, son bras ou sa jambe. On ne pourrait même pas la reconnaitre grâce aux vêtements qu'elle portait, ce n'était pas les siens. Peut-être distinguerait-on ses cheveux malgré la poisse de sang coagulé qui les couvrirait.

Peut-être aurait-elle de la chance. Peut-être ne la reconnaitrait-il pas et qu'il se contenterait de la violer. Elle n'avait pas entendu d'histoires bien rassurantes à ce sujet mais les femmes y survivaient généralement. A quel point elles en sortaient traumatisées, c'était une autre affaire. Mais elle était Aramis; Si elle avait pu surmonter les horreurs de Poitiers, elle pouvait tout endurer. Dans la situation courante, subir un viol serait indubitablement un signe de bonne fortune!

Ou il la tuerait sans la faire souffrir. Bang. Une balle derrière la nuque, c'était vite fait bien fait, et il pouvait garder entre elle et lui une distance qui lui permettrait de ne pas se faire éclabousser de sang. Tous les criminels devraient avoir un pistolet à leur ceinture pour simple question de praticité.

Elle eut une pensée pour François. Lorsqu'il avait vu le Masque de Fer, Manson et les autres arriver, avait-il eu peur? S'était-il demandé si c'était la fin? Avait-il calculé ses chances de survie? A bien y penser, ce qui était le plus effrayant n'était pas la mort en soit, mais la souffrance. François avait souffert avant de rendre l'âme; il avait du se sentir soulagé lorsque son dernier souffle l'avait enfin quitté. C'était comme les prisonniers qu'on torturait et qui réclamaient à grands cris la corde ou la hache qui les délivrerait…

Si elle subissait la torture, supplierait-elle son bourreau? S'évanouirait-elle? Elle n'eut pas le temps de creuser la question : devant son inertie, deux sous-fifres avaient attrapé ses bras pour la forcer à se redresser. Il ne fallait pas faire patienter le maitre outre mesure. Aramis gardait toutefois la tête penchée; il était inutile de précipiter sa mort en lui présentant d'emblée son visage.

« Tu me donnes un sérieux fil à retorde, tu sais? »

La voix était moqueuse, joyeuse même.

« Tu avais meilleure allure hier, quand tu as quitté l'auberge. Il va falloir te laver. Pas question que je couche avec une telle souillon. »

Que Dieu soit loué! Un viol! C'était étrange de se réjouir d'une telle chose, mais c'était sans doute mille fois mieux que de se faire arracher les ongles ou de se faire briser les os un par un! Tiens, quand il enfoncera son sexe dans le sien, elle aura une pensée pour chacun de ses ongles. Ça lui occuperait l'esprit pendait au moins vingt coups de reins. Puis elle penserait à chacun de ses dix doigts et dix orteils. Sursis de vingt coups de plus. Combien de temps durait un viol? Bon sang, quelle question macabre!

Elle sentit la main de l'autre sous son menton et il lui souleva délicatement la tête. Dans quelques secondes, son regard croiserait le sien. Avant qu'il ne la maltraite, elle verrait enfin l'homme qui se cachait derrière le masque. Son faciès ne lui dirait rien; elle ne reconnaîtrait pas cet inconnu.

A moins….à moins que, comme dans son cauchemar, il ne s'agisse de François?

Plus que la crainte de la mort et de la torture, une profonde inquiétude la submergea….elle voulait voir les traits de cet homme. S'assurer que ce n'était pas ceux de François. Elle aurait du les garder baissés, mais instantanément ses yeux s'étaient levés vers lui. Au travers ses cheveux sales, elle le détailla très brièvement avant de se dérober à nouveau. Dieu merci, ce n'était pas son fiancé. Ses heureux souvenirs étaient intacts; François avait été parfait jusqu'au bout et rien ne pouvait entacher sa mémoire.

« T'es pas aussi jolie que Milady. » Le malfrat écarta les mèches qui la dissimulaient encore et passa son pouce un peu trop près de son œil tuméfié. « Avec ces marques, on dirait même que tu…»

Le reste des mots ne franchit pas ses lèvres. Son expression, d'abord joviale, passa lentement par l'étonnement, le questionnement, l'incrédulité. Ses yeux dévièrent vers sa poitrine, remontèrent vers le visage. Son front se plissa. Des doigts tremblotants repoussèrent encore quelques mèches rebelles; une main, maintenant rude, attrapa sa mâchoire pour la forcer à tourner la tête vers la gauche, puis vers la droite tandis qu'il la scrutait et faisait coïncider ses souvenirs avec la vision qu'il avait devant lui. Son souffle s'accélérait, Aramis le sentait sur ses joues. Elle risqua un autre regard vers lui : elle n'avait jamais vu autant de haine.

Elle retint sa respiration; elle su qu'il l'avait reconnue.

« TOI! » hurla-t-il.

On aurait dit une panthère qui, dans un rugissement félin, s'élançait pour déchiqueter sa victime. Même les deux sbires qui la tenaient se rétractèrent légèrement à l'élan de fureur de leur chef. Ils n'avaient plus de raison de la retenir : le Masque de Fer s'en chargeait, s'étant jeté sur Aramis et l'étranglant à pleines mains. Il changea rapidement de tactique en utilisant plutôt ses poings pour la frapper, accompagnant ses coups d'insultes de tous calibres. Charogne! Garce! Fumier! Râclure! Pourriture! Sac à merde! Truie! Tous les mots les plus grossiers étaient bons pour la qualifier. De son côté, elle se couvrait la tête du mieux qu'elle pouvait pour ne pas mourir le crâne éclaté.

Vite! Sa fiole! Une mort rapide et sans souffrance! Pas la longue agonie dont elle avait lu toute l'étendue dans le brun dément des iris de son futur meurtrier! Comment, quelques secondes plus tôt, avait-elle pu contempler banalement la torture, elle n'en savait rien! Toutes les fibres de son être voulaient fuir, partir loin, très loin! Elle eut juste le temps d'attraper la bouteille, arrachant ce faisant plusieurs de ses cheveux. Elle ne put toutefois la débouchonner et la porter à ses lèvres: l'homme lui avait asséné un autre violent coup, le minuscule flacon avait glissé hors de ses doigts et était tombé quelque part au-dessus de sa tête. Aramis lâcha un cri de désespoir.

« Tu ne t'en tireras pas à si bon compte, poufiasse!» s'exclama-t-il avec noirceur en ayant deviné en quoi consistait la chose qui avait roulé dans la poussière.

Non! Pas la torture! Tout mais pas ça! Elle avait vu et entendu des histoires de torture horribles! Les écorchés pendus à l'arbre dans la forêt de Poitiers se présentèrent clairement à sa mémoire : les chairs déchirées et sanguinolentes, les yeux arrachés, les pieds brûlés…Les bourreaux ne manquaient jamais d'imagination quand venait le temps d'inventer des façons de faire hurler leurs victimes! Quant au Masque de Fer, on lui avait décrit dans quelles conditions ses amis avaient retrouvé ce pauvre Monsieur Bonacieux…qui n'avait pourtant pas joué un rôle prédominant dans l'échec du plan de son ravisseur! Ce qu'il lui réservait, à elle, était au-delà de toutes ses spéculations!

Penchée sur elle, il la plaquait dos au sol en maintenant ses poignets de chaque côté de sa tête. Dans un effort surhumain – comment avait-elle put tenir tête à cet homme mut d'une force supérieure à celle de Porthos! - elle parvint à rouler sur elle-même, ramper à l'aide de ses coudes et libérer une de ses mains pour l'étendre vers la fiole salvatrice. L'homme, avec un sourire cruel, se releva légèrement pour la laisser volontairement filer, puis planta ses ongles dans ses hanches pour attraper ses jupes et la traîna dans la poussière en l'éloignant du poison. Le geste soudain lui fit émettre un autre cri. La main tendue vers le récipient libérateur, elle fut en séparé. Le désespoir, il le savait, tuait la volonté.

Le criminel abattit violemment son genou dans le milieu de son dos et lui coupa le souffle. Il attrapa encore son poignet et plaqua la paume au sol non loin de sa tête. Enfin, dans le sable, il enfonça son poignard à peine à quelques millimètres de ses doigts. Le geste la fit sursauter de peur et lui arracha un gémissement affolé. Elle tenta de se relever mais, sous le poids de son assaillant, c'était peine perdue.

« Non! » s'écria-t-elle en devinant ce qui allait bientôt se produire.

« Je vais t'apprendre, moi, putain de salope de chienne! » Dans un crescendo au débit rapide, il poursuivit : « Je vais d'abord te couper les doigts un par un! »

La lame, pressée contre son petit doigt, fit couler un petit filet rouge et la fit crier. Il allait lui couper le doigt! Il allait lui couper tous ses doigts! Ses yeux écarquillés étaient remplis de larmes mais aucun pleur ne sortait. De sa bouche, ouverte d'horreur, plus aucun mot intelligible ne sortait.

« Celui-là, je vais l'envoyer à Tréville! Dans un bel écrin de velours. 'Avec tout mon amour, votre dévoué Masque de Fer'! » ironisa-t-il.

« NON! » hurla-t-elle encore en secouant la tête tout en voulant retirer sa main de toutes ses forces. La manœuvre fonctionna et seule une légère coupure fut infligée lorsqu'il donna un rapide coup de poignet pour trancher son auriculaire.

Il émit d'abord un grognement avant de parler : «T'as raison, sale emmerdeuse! Faisons durer le plaisir! Je vais d'abord t'arracher tous tes ongles pour les envoyer au roi. Tu crois qu'il aimera? Mais d'abord, sait-il qu'il y a une PUTAIN de fille parmi ses soldats?»

La pointe de son poignard poussait déjà douloureusement sous l'ongle de son pouce, provoquant là aussi un saignement.

« RÉPONDS QUAND JE TE PARLE! »

Sous le regard dubitatif et confus des complices, leur échange n'était qu'un mélange d'insultes et de cris. Elle tirait sur son poignet pour le soustraire à son tortionnaire, fermait les poings pour l'empêcher d'accéder à ses doigts. Lui répondait à l'aide d'une claque ou d'un coup de genou. Au travers ce vacarme, aucun des deux n'entendit le bruit de sabots qui s'approchait et qui s'arrêta juste à quelques pas d'eux.

« Patron! Je les ai retrouvés! » s'écria fièrement le cavalier en se jetant lestement au bas de sa monture, sans se soucier de l'activité qui était en cours.

« QUI, ÇA? » aboya le Masque de Fer en se tournant vers le nouveau venu, mécontent de se faire interrompre.

« Le roi et ses mousquetaires, monsieur! »

Le sourire carnassier du maitre s'étendit d'avantage.

« Et il en manque UN! » jubila-t-il en agrippant de tous ses doigts la chevelure d'Aramis pour la forcer à relever la tête. Sous la force du geste, son cou craqua douloureusement et elle laissa échapper un cri où se mêlait souffrance et effroi.

Le messager regarda ses compères, incertain. Ces derniers haussaient discrètement les épaules.

« Non, monseigneur, ils sont tous là… » finit par dire le cavalier.

« Il manque Aramis! » hurla encore le chef en désignant la femme.

« Mais c'est une femme, ça, patron! » vint la réponse nerveuse.

« Oui! Stupéfiant, n'est-ce pas! » Il posa sa dextre sur la gorge d'Aramis et enchaîna entre ses dents serrées : « Je vais lui briser le cou, à cette enfoirée! »

Encore un coup d'œil vers les sbires qui haussaient toujours les épaules.

« Aramis est là-bas, patron! » dit le messager en pointant du doigt le chemin par où il venait d'arriver.

Le maitre, incrédule, le dévisagea silencieusement.

« Aramis est là-bas, en train de se faire engueuler par Tréville! » précisa le subalterne qui se demandait de quelle forme de folie son chef était maintenant infecté.

L'information se frayait lentement un chemin dans le cerveau du dictateur. Il scruta à nouveau la jeune femme qu'il avait à sa merci.

« T'en est certain? » requestionna-t-il son homme de main.

« Je saurais reconnaitre ce pédé n'importe où, monseigneur! »

Il y eut un moment de silence où le Masque de Fer, immobile, semblait se demander quoi faire pour ne pas perdre la face : continuer à maltraiter le 'cadeau' que lui avait offert Milady? Admettre son erreur? Une tache écarlate attira son attention : dans ses mouvements précipités, la plaie qu'il avait à la cuisse s'était réouverte.

Il lâcha avec violence la chevelure d'Aramis et la tête de la jeune femme alla percuter le sol.

« Il faut que je vois ça de mes propres yeux! » déclara l'incrédule en abandonnant sa victime. Il se soignerait d'abord puis irait lui-même espionner le convoi royal. D'un doigt, il désigna un de ses sous-fifres. « Toi! Surveille-la! »

Un sanglot d'espoir s'échappa des lèvres d'Aramis. Il avait déjà fini? Il n'allait pas la torturer tout de suite? Elle avait encore une chance de s'en tirer? La chute d'adrénaline lui donna subitement la nausée. Sa poitrine fut secouée de spasmes et elle se mit à vomir.

« Urgh, c'est dégoûtant!» se plaignit le criminel.

Ignorant l'amertume dans sa bouche, elle renifla et prit une profonde inspiration saccadée qui fit trembler ses épaules. Tout son corps la faisait souffrir, aussi se redressa-t-elle péniblement et se mit en position assise en encerclant ses bras autour de ses genoux. Elle fixa silencieusement son pouce endolori sans oser y toucher : l'ongle, dont le dessous était rempli de sang, n'avait pas été arraché mais la lame avait tout de même infligé des dommages.

« C'est quoi ton nom, pétasse? » demanda-t-il en fouillant dans la besace accrochée à la selle de son cheval. Il y sortit un petit paquet dont le contenu tintait : sa trousse de chirurgien.

Elle sursauta quand, devant son silence, il hurla un autre « RÉPONDS! »

Elle était encore bien trop énervée et elle craignait ne pas être en mesure de bien mentir. Elle pourrait dire son vrai prénom. Ce n'était pas un nom bien rare et rien ne l'attachait aux mousquetaires.

« Re...Renée, » bégaya-t-elle.

Le silence suspect du récipiendaire de la réponse ne présageait rien de bon.

« Re…NÉE?! »

La même haine furieuse déformait les traits de l'homme qui se réapprochait maintenant d'elle avec la démarche du prédateur prêt à fondre sur sa proie. La même peur paralysante s'était réemparée d'Aramis qui reculait instinctivement.

« D'où viens-tu? » Il était littéralement suspendu à ses lèvres, attendant la réponse qui allait mettre un terme à des années de questionnement.

« La Fère, » articula-t-elle d'une voix blanche. Pourquoi avait-elle songé au patelin d'Athos au lieu de n'importe quel autre endroit du pays? Peu importait : tout était bon pour ne pas parler de Noisy….le Masque de Fer était passé par Noisy, six années plus tôt. Il ne fallait pas qu'il lui pose des questions sur François. Elle ne pourrait pas mentir.

« Tu mens! » devina-t-il. Il avait aussitôt bondit et avait repris possession de sa chevelure.

« La Fère! » insista-t-elle dans un cri.

« J'y suis déjà allé, à La Fère! Décris-le moi! »

« C'est laid, La Fère! » implora-t-elle se remémorant les paroles d'Athos. « Il y a des marques de tirs de mousquet et de canon! Les arbres sont rasés! »

« Tu aurais pu me nommer n'importe quel endroit que tu as entrevu et m'en faire une description! Tu me prends pour qui?»

Que dire? Que répondre? Il avait parfaitement raison! Désespérée, elle croisa les yeux du cavalier messager et implora sans bruit son aide.

« Patron, vous perdez votre temps, » fit ce dernier. « Et votre jambe est en mauvais état… »

Le messager pointa la femme à leurs pieds :

« Croyez-vous qu'Aramis se serait pissé dessus? »

La phrase la frappa plus violemment que tous les coups du Masque de Fer lorsqu'elle réalisa, qu'en effet, ses cuisses étaient mouillées.

Mortification totale.

Le sous-fifre avait raison. Il n'y avait plus rien du fier Aramis dans cette dépouille tremblante et nauséabonde. Milady avait raison : Elle ne savait rien du monde des hommes, rien du monde des femmes. Elle ne savait plus rien d'elle-même. Une salve de pleurs incontrôlables s'empara d'elle et, remplie de honte, elle s'étendit sur le sol en se cachant la tête de ses bras. Elle voulait Athos et Porthos! Pourquoi ne venaient-ils pas la chercher? Et le capitaine qui ne semblait même pas avoir constaté sa disparition! Personne ne viendrait la sauver! Toutes ces années d'entraînement, de dévouement, pour rien! Une solitude immense prit possession de son cœur. Ils l'avaient abandonnée! Elle était toute seule! Ils ne viendraient pas la chercher! Son Athos! Son Porthos!

Le Masque de Fer roula des yeux. Décidemment, Milady avait un étrange sens de l'humour…Il s'éloigna de sa prisonnière pour s'occuper de sa blessure.

« Jeter-moi ça dans la rivière. »

Elle n'offrit aucune résistance quand un des acolytes la traina vers un petit pont non loin de là, la passa par-dessus la rambarde et la poussa dans le vide.

Mieux valait être morte que de vivre avec le souvenir d'une pareille infamie. Mieux valait être morte que la douleur de l'abandon.